160 – Nikonoff : la sortie de l’euro

Paru sur le site du M’PEP sous le titre : Un spectre hante l’Europe : la sortie de l’Euro !
mercredi 23 mars 2011
Auteur :  Jacques Nikonoff  – Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) et ex-président d’Attac. Ancien Attaché financier à New York. Prochain ouvrage à venir : « Sortons de l’euro, vite ! », Mille-et-une-nuits.

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Une opération d’affolement de la population est en cours sur l’euro. Elle est menée par ceux qui étaient pour le « oui » aux référendums de 1992 et de 2005. Ils utilisent les mêmes arguments fallacieux qu’à l’époque. En 1992, ils disaient que ce serait la « catastrophe » de ne pas voter pour le traité de Maastricht et la monnaie unique. En 2005, ils affirmaient que ce serait l’ « explosion de l’Europe » si on ne votait pas pour le projet de constitution européenne. Aujourd’hui, ils soutiennent que ce serait le « chaos » si un ou plusieurs pays quittaient la zone euro.

Le journal Le Monde (15/12/2010) titre : « L’euro va-t-il tuer l’Europe ? ». Sous-titres : « Qui serait prêt à renoncer à la monnaie unique ? Quels sont les scénarios de sa disparition ? Quels seraient les effets d’un éclatement ? » Il cite The Economist, icône de la pensée unique ultralibérale, qui affirme que « Démanteler l’euro n’est pas impensable, seulement très coûteux ». C’est l’inverse ! C’est l’euro qui est coûteux ! Pour les classes populaires et moyennes ! Car c’est soi-disant pour le « sauver » que l’austérité a été décrétée dans toute l’Europe !

Le Monde explique que la sortie de la Grèce et de l’Irlande de l’euro et le retour à leurs monnaies nationales permettrait de les dévaluer. Ces pays pourraient ainsi développer leurs exportations, relancer leur activité économique et réduire leurs déficits publics. Le Monde ajoute cependant que « cette stratégie comporte de graves dangers ».

Le premier serait une « panique bancaire », les déposants grecs et irlandais retireraient leurs euros des banques. Mais qu’en feraient-ils ? Les mettre sous leur matelas ? Dans une lessiveuse ? Dans une banque à l’étranger ? Soyons sérieux ! Un pays qui sortira de l’euro devra rendre sa monnaie non convertible avec les autres, dont l’euro, et restaurer le contrôle des changes. Ceux qui auront retiré leurs euros devront obligatoirement les convertir en drachmes, livres irlandaises, francs français, etc., après autorisation, s’ils veulent continuer à exercer une activité dans leur pays d’origine…

Le Monde imagine un second risque : l’ « écrasement des ménages, des entreprises et des États grecs et irlandais » sous le poids de leurs crédits libellés en euros. Non ! Le retour aux monnaies nationales se fera dans les mêmes conditions que le passage de ces dernières vers l’euro, mais en sens inverse. Ceux qui avaient des crédits ou des titres (actions, obligations…) libellés en livres irlandaises, en drachmes, en francs français, etc., ont vu ces crédits et titres tout simplement convertis en euros. Par un simple jeu d’écriture et en une seule nuit !

Troisième risque que Le Monde met en avant : les banques européennes « possédant des obligations grecques ou irlandaises enregistreraient de lourdes pertes ». Oui, là c’est vrai ! Mais disons-le clairement : tant mieux si les banques qui ont spéculé sur la dette des États de la zone euro réalisent de « lourdes pertes ». Le prix de leurs actions baissera, ce sera le moment pour les États de les racheter (les nationaliser). Les actionnaires des banques, coresponsables de la crise, seront ainsi justement sanctionnés. Les banques centrales des pays concernés (pas la Banque centrale européenne !) donneront les fonds à l’État, par création monétaire, comme le fait la Banque centrale américaine.

Le Monde voit un quatrième risque : « un pays qui sort de l’euro risque de perdre énormément en crédibilité vis-à-vis des investisseurs ». Le malheureux journaliste n’a pas compris qu’il faut mettre un terme au financement des États par les marchés financiers. Comment faire ? En fermant le marché obligataire ! Les États ne se financeront plus sur le marché obligataire, mais de trois manières simultanées : en faisant appel à leur épargne nationale ; en imposant des quotas d’achat de titres d’État aux banques et compagnies d’assurance ; en vendant des titres d’État à la banque centrale de chaque pays concerné, sans intérêts à rembourser. Le marché secondaire des obligations sera lui aussi fermé : les ménages ou les banques qui voudront revendre leurs obligations avant l’échéance pourront le faire, dans certaines conditions, mais seulement à l’État. La spéculation sera ainsi totalement et définitivement éradiquée.

Fini le besoin de « rassurer » les marchés financiers en baissant les salaires, les retraites et la protection sociale en général, il n’y aura plus de marché financier obligataire en euros ! Au revoir, les agences de notation, il n’y aura plus rien à noter ! Bye-bye les traders et leurs bonus, il n’y aura plus rien à trader ! Adieu les CDS (Credit Default Swaps), ces produits financiers hyper sophistiqués qui servent à spéculer sur la faillite des États !

Le Monde citait Nicolas Sarkozy (19 et 20 décembre) : « Qui peut penser que la France, seule dans le monde d’aujourd’hui, serait plus forte ? ». Retournons-lui la question : qui peut croire que la France « serait plus forte » dans le cadre de la mondialisation néolibérale ? Qui peut croire qu’un monde nouveau, tout simplement humain, adviendra de l’action des piliers de l’ordre néolibéral mondial que sont l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, l’OCDE et l’Union européenne ? C’est en sortant de ces institutions, gardiennes du « monde d’aujourd’hui » dans lequel veut nous enfermer Sarkozy – et non en voulant illusoirement les transformer de l’intérieur – que nous pourrons aller de l’avant. Il faut agir pour la construction d’un nouvel internationalisme. La France, de par son histoire, doit y jouer un grand rôle.

Le 21 décembre, Le Figaro prenait le relais avec un énorme titre en « Une » : « Ce que coûterait à la France un abandon de l’euro ». Sous-titre : « Ce scénario qualifié d’ ‘‘irresponsable’’ par Nicolas Sarkozy serait catastrophique pour le pays ». Diable ! Pour le journal officiel de la droite, la sortie de l’euro aurait pour « résultat inéluctable un alignement par le bas des revenus et du pouvoir d’achat… » Incroyable ! Voilà que la droite défend le pouvoir d’achat ! Mais l’alignement par le bas des salaires, c’est aujourd’hui, avec l’euro ! C’est d’ailleurs notamment pour cette raison que l’euro a été inventé par les classes dirigeantes européennes.

L’un des présupposés « théorique » ayant conduit à la création de l’euro et à sa gestion par une banque centrale européenne « indépendante » se trouve à l’article 120 du traité de Lisbonne : « Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources… » L’expression « allocation efficace des ressources » reprend mot pour mot la pseudo théorie ultralibérale de l’ « efficience des marchés financiers ». D’après elle, il est urgent de développer les marchés financiers et de les faire fonctionner sans « entraves », avec le minimum de réglementation. La raison ? Ils seraient (contrairement à l’État) le seul mécanisme d’ « allocation » efficace du capital. Autrement dit, ils seraient capables de distinguer les « bons » projets à financer en évitant les gaspillages de ressources financières. Toutes les politiques menées par l’Union européenne reposent sur ce mythe. C’est pourquoi la « libéralisation » des marchés de capitaux a été organisée au sein de l’UE, par des directives, afin de construire un marché financier mondialement intégré. Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui explique la poursuite systématique d’une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. L’euro était le vecteur permettant la libre circulation des capitaux : il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation !

Les oligarques européens ont donc fait des marchés obligataires (principalement celui de la dette des États) les « surveillants » des politiques publiques. Le raisonnement est simple : les marchés financiers (surtout le marché obligataire) n’aiment pas les pays trop endettés car ces dettes peuvent les conduire à ne plus pouvoir ou vouloir les rembourser. Pour continuer à acheter la dette des États, les investisseurs (spéculateurs) vont donc demander des taux d’intérêt plus élevés afin de rémunérer leur risque. Conséquence : si les États veulent emprunter à des taux d’intérêt raisonnables, ils devront réduire leur dette (en abaissant les dépenses publiques, principalement les dépenses sociales). La meilleure « discipline » pour contrôler les dépenses publiques (sociales) est donc le « marché », à condition qu’il soit totalement dérégulé, qu’aucune intervention extérieure – en particulier des États – ne vienne perturber son « équilibre spontané ». Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été volontairement poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ne trouvent pas d’autre explication. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener une politique pleinement de gauche si la politique monétaire reste de droite. Sortir de l’euro de manière unilatérale est la condition absolument nécessaire, indispensable, urgente pour pouvoir mener une vraie politique de gauche. Mais cette condition n’est pas suffisante. Il faut dans chaque pays, selon les rythmes des mobilisations populaires et des élections, définir un vrai programme de gauche et agir pour une monnaie non plus unique, mais commune.

Des sondages montrent une montée du mécontentement populaire vis-à-vis de l’euro. Entre 29% et 39% des Français interrogés, selon les sondages, veulent quitter l’euro. Entre 42% et 50% des ouvriers ; entre 38% et 48% des employés sont dans le même cas. En juin 2010, un sondage réalisé en Europe par un institut américain faisait apparaitre la réponse « non » à la question « L’euro est-il une bonne chose pour l’économie ? » : France (67%), Portugal (60%), Espagne (56%), Allemagne (55%), Italie (53%)…

Ce sont les milieux populaires – ouvriers, employés, peu ou non diplômés – qui sont les plus nombreux à contester l’euro ou même à vouloir en sortir. C’est l’électorat traditionnel de la gauche ! Attention à ce que la gauche ne décroche pas de son électorat et qu’elle offre ainsi un boulevard aux forces d’extrême droite, nationalistes et xénophobes, qui s’engouffreront dans la brèche !

Sortir de l’euro, c’est sortir de l’ordre monétaire néolibéral. C’est la suite logique des combats de 1992 contre la création de l’euro, et de 2005 contre le projet de constitution européenne. C’est un projet de gauche !

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Je me dois d’ajouter que  » C’est un projet de gauche  » me semble trop restrictif… disons plutôt que c’est un projet « souverainiste » qu’il soit gaullien, de droite ou de gauche: beaucoup d’autres sujets permettent la différence entre droite et gauche.

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A propos postjorion

Le blog d'André-Jacques Holbecq
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70 commentaires pour 160 – Nikonoff : la sortie de l’euro

  1. égalité et désintégration dit :

    Il va FALLOIR DONC veauter tout court,Et pour Marine qui est la seule à vouloir redonner la souveraineté à la banque de France, j’y pense et puis j’essuie, très bon bouquin de Soral la Nation contre l’empire qui LUI, à mis les mains dans le cambouis.
    C’est déjà joué tout cela, Dominique Strotsky président et Ségo 1ere mini stresse.Un couple Royale de gôche de la Finance Magique International sans équivalent, tout le reste n’est que roman pour les écrans plats.NE VOTEZ JAMAIS !

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    • Catherine dit :

      c’est fou ce qu’on peut leur faire dire aux mots, bravo Georges, j’aime ta po(h)ésie comme l’écrivait Jacques Vaché , une figure qui t’aurait ravi le dit Monsieur, des mecs comme lui, comme ils nous manquent, comme ils me manquent en tout cas, je suis sûre qu’il doit en exister encore de ci de là, mais où sont-ils donc?

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  2. gdm dit :

    L’entré dans l’euro était une décision uniquement politique. Ce choix de l’euro était condamné par les économistes universitaires. Ce choix d’une même monnaie sur une zone économique ayant des politiques économiques et fiscales différentes était une erreur technique évidente.

    Il est utile que l’Etat français sorte de l’euro. La libre circulation des monnaies en France permettrait plus de concurrence sr le marché du crédit. Et donc permettrait des crédits à moindre prix. Et donc enrichirait les acteurs économiques.

    Cette libre circulation des monnaies en France est encore plus utile que la sortie de l’euro.

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  3. gdm dit :

    @A-J Holbecq
    Des prix Nobel d’économie sont favorables à ce que une monnaie nationale soit mise en concurrence avec des monnaies émises par des banques indépendantes ou étrangères. Cette idée n’est pas du « n’importe quoi ». C’est une thèse universitaire raisonnable.

    En effet la mise en concurrence fait toujours baisser les prix au profit des consommateurs. C’est évident pour les fraises ou pour les chaussures. C’est tout aussi évident pour les monnaies.

    L’État est un piètre investisseur, un piètre industriel, et un piètre employeur. L’État veut avoir le monopole monétaire par cupidité. Il n’existe aucune autre raison économique au monopole monétaire de l’État. Comme l’État est bien encombré avec son monopole monétaire, il coproduit la monnaie avec les banques commerciales. La monnaie est une chimère, un être hybride, une coproduction entre l’État et qq banques privilégiées.

    Ce système monétaire hybride sous le contrôle de l’État fonctionne mal. Entre 1900 et 2000, le franc a perdu 99% de sa valeur en 100 ans. Une telle inflation est de la spoliation légale. Récemment le président de la FED, Ben Bernanke, a dit que l’inflation était un impôt. Le peuple devrait s’indigner des impots qu’il subit. L’État est un voleur de pauvres.

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    • A-J Holbecq dit :

      L’Etat, que vous haïssez, redistribue tout ce qu’il perçoit. Point final de ma discussion avec des anarchistes…

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  4. BA dit :

    Emmanuel Todd : « Face au FN, il faut rompre avec deux concepts-zombies : le libre échange et l’euro »

    http://www.marianne2.fr/E-Todd-Face-au-FN-il-faut-rompre-avec-deux-concepts-zombies-le-libre-echange-et-l-euro_a204202.html

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    • A-J Holbecq dit :

      Excellent article, sauf une phrase à la fin :  » Je pense tout à fait que la France doit continuer à être gérée par une alternance entre les grands partis décents de la droite et de la gauche. « 

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  5. gdm dit :

    @A-J Holbecq
    1. Rien ne vous prouve que je haïrai l’Etat. Je le critique en donnant des arguments sérieux.

    2. Vous prétendez que l’Etat redistribue « tout » ce qu’il perçoit. Ce n’est pas exact. La théorie des choix publics traite de la redistribution par l’Etat. Le coût direct et indirect de la redistribution par l’Etat est presque égal au montant de l’impôt. De plus, ceux qui reçoivent l’argent de l’Etat n’en profitent que rarement. A cause de certaines lois de l’incidence économique, d’autres en profitent réellement.

    3. Vous semblez confondre un libertarien et un anarchiste. C’est différent. Le sénateur US Ron Paul est libertarien. Le libertarianisme est un courant de pensée de philosophie politique et économique.

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    • A-J Holbecq dit :

      C’est quoi « le coût direct et indirect de la redistribution… » si ce n’est des salaires, charges et investissement dont profitent les fonctionnaires et entreprises qui travaillent pour les équiper, et qui, ensuite, vont irriguer l’économie: vous faites des arrêts sur images de la circulation de la monnaie: ce n’est pas l’Etat qui va planquer de l’argent aux Bahamas…

      Je ne confonds pas anarchistes et libertariens : je les mets dans le même sac du « chacun pour soi »

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  6. gdm dit :

    @A-J Holbecq
    Le cout de la redistribution par l’État se décompose de multiples familles de coûts. Un coût évident et visible est le montant des salaires des employés des services fiscaux. Il y a aussi le coût de l’immobilisation et de l’entretien des bâtiments nécessaires. Plus le cout direct pour les contribuables qui doivent remplir leur déclaration de revenu. Le cout pour les entreprises qui doivent faire une comptabilité aux normes fiscales.

    Il y a aussi les couts d’opportunité des contribuables qui produisent moins du seul fait de la taxation. Ou qui s’expatrient. Il y a le cout d’opportunité des investisseurs qui préfèrent investir dans un autre pays. Ces couts d’opportunité sont des richesses françaises qui ne sont pas produites à cause des impôts.

    Chaque subvention de l’État est une redistribution qui vise certains citoyens bénéficiaires. La valeur des services qui parviennent à ces bénéficiaires est faible, parfois dérisoire. Chaque étude administrative montre cet inquiétant phénomène systématique. Le gaspillage est la différence entre la subvention et la valeur reçue par les bénéficiaires. Ce gaspillage systématique est un cout de redistribution.

    La raison théorique de ce système de gaspillage est donné par la loi d’équilibre général de Pareto lorsqu’elle est appliquée aux sommes distribuées par l’État. Il y a une offre et une demande de redistribution. Ce sont les plus vifs qui échappent à l’impôt. Ce sont les plus vifs à se mettre sous les fenêtres l’État qui attrapent le mieux l’argent qui en est jeté. Chacun « pseudo-investit » pour échapper à l’impôt, ou pour bénéficier de la redistribution. Chaque pseudo-investissement est un cout de redistribution.

    La comptabilité publique considère que la valeur d’une production est égale à son cout de production. Elle est donc inopérante pour connaitre la valeur des services gratuits offerts par l’État aux citoyens et aux entreprises.

    Vous parlez des investissements de l’État. L’investisseur privé investit un million d’euros. Il a des sueurs froides qui lui coulent dans le dos lorsqu’il prend ce risque. L’investisseur est sait que cela devrait produire de la richesse, mais son risque d’échec existe. Il lui faudra veiller attentivement la réalisation de chaque détail. S’il échoue, il perd son million d’euro.

    Le fonctionnaire qui investit un million d’euros ne pend pas autant de précaution car ce n’est pas son argent. De plus, il n’est lui-même responsable sur ses biens du risque d’un échec. Il applique une politique décidée ailleurs. Il s’ensuit que l’investissement public est moins rentable que l’investissement privé.

    Un « pseudo-entrepreneur » est celui qui dépense de l’énergie et de l’argent pour bénéficier d’une partie des subsides distribués par l’État. Le terme « pseudo-entrepreneur » a été inventé par l’économiste Gordon Tullock, collaborateur du Prix Nobel Arrow. Des particuliers pseudo-investissent pour bénéficier des subventions pour les pauvres. Par exemple, certains renoncent à travailler pour recevoir une allocation chômage. Ce refus de travailler est un cout d’opportunité, c’est une richesse non produite.

    Derrière chaque redistribution, derrière chaque subvention, il existe des « pseudo-entrepreneurs » qui ont investit en temps, en structures, afin de profiter les largesses de l’État dans tel secteur. L’existence de ces pseudo-investissement découlent d’une source de profit. Toute source de profit attire les investisseurs. Un investisseur investira tant que son investissement est rentable. Donc un investisseur investit son argent et son temps jusqu’au montant du gain espéré.

    Il en est de même pour un pseudo-investisseur. Le pseudo-investisseur investira autant d’argent et de temps que le montant de la subvention espérée. Cette égalité provient du modèle théorique de l’équilibre général. C’est donc une tendance, au mieux une approximation. Mais elle éclaire le cout réel de la redistribution. Le cout de la redistribution est donc, en tendance, égal au montant de l’impôt.

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  7. BA dit :

    Vendredi 25 mars 2011 :

    Le Portugal et l’Irlande viennent de battre leurs records : leurs taux à 10 ans n’ont jamais été aussi élevés.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 4,758 %.

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 5,173 %.

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 7,786 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 10,119 %.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 12,576 %.

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  8. Werrebrouck dit :

    Je suis entièrement d’accord avec les conclusions du billet de Jacques Nikonoff.
    Concernant maintenant la position libertarienne de GDM, il y a beaucoup de bons arguments.Les libertariens disposent d’une grille de lecture qui est irremplaçable pour comprendre le monde.Malheureusement ils concluent que le monde est mal fait et qu’il faut le rebatir…exactement comme un keynésien. la science n’à pas à être normative, elle se doit simplement de comprendre le monde empirique à partir d’un raisonnement. Et je pense que fort curieusement, si les libertariens cessaient de s’indigner de la réalité, ils pourraient rejoindre ce qu’ils pensent être leur pire ennemi c’est à dire Marx. Il se trouve que la théorie de l’Etat chez les libertariens ( comment et pourquoi l’Etat)est très comparable à la vision marxienne de l’Etat, qui elle aussi s’intéresse de très prêt aux causes de sa naissance.Et personellement je pense qu’en combinant les deux théories, il est possible d’aller beaucoup plus loin dans la compréhension du monde.
    Pour en revenir à l’euro, je crois que c’est la combinaison libertarienne et marxienne qui nous permet de saisir les turbulences actuelles et sa probable déconfiture.

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  9. Werrebrouck dit :

    j’ai commencé à aborder ces questions sur mon blog:
    http://www.lacrisedesannees2010.com/

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  10. gdm dit :

    @Werrebrouck
    Nikonoff a quelques bonnes raison de vouloir quitter l’euro. Les libertariens sont opposés à la construction européenne et à l’euro. Les libéraux le sont aussi. L’Etat français ponctionne et redistribue la moitié de la production du pays. C’est très loin d’un pays qui serait libéral. Nikonoff parle de régime « ultra-libéral » en France.

    La liberté économique est le produit de la science économique, bien plus que de l’idéologie libérale. Toute entrave à la liberté du commerce, c’est de la richesse qu’ont interdit de créer. Tout prof d’économie, gauche ou droite, enseigne en micro-économie des processus proches de cette vérité.
    Les divers cartels OMC et autres, sont des organisation, des cartels inter-étatiques. Ils sont condamnés par les libéraux. Les vrais libéraux sont critiques envers les « machins » inter-étatiques. Il n’existe aucun politicien français connu libéral. Si un politicien avait le temps et la curiosité d’ouvrir un livre, il découvrirait ce qu’est le libéralisme.

    En ce qui concerne le gaspillage dans le redistribution, vous avez raison de voir qu’il existe des arguments sérieux. Il existe plusieurs manières d’évaluer le gaspillage induit par le prélèvement de l’impôt et par sa redistribution. Je soutiens et démontre que le montant de ce gaspillage égale presque celui de l’impôt. La logique de mon raisonnement économique est sérieuse. Si le gaspillage est aussi grand que je le soutiens, cela pose un problème fondamental de philosophie politique.

    Vous dites une phrase profondément exacte et dont la porté est immense. « la science n’a pas à être normative, elle se doit simplement de comprendre le monde empirique à partir d’un raisonnement ». Je suppose que vous parlez de la science économique. Et j’en suis entièrement d’accord. La science économique se construit par un raisonnement de nature philosophique, c’est à dire conceptuel et logique. La science économique n’est pas une science expérimentale. C’est précisément l’approche libertarienne de la science économique.

    Les théories monétaires enseignées aujourdhui prédisent une déconfiture de l’euro. Les libéraux contestent aussi l’euro. C’est de la logique universitaire classique. Il ne s’agit ni de libertarien, ni de Marx. L’euro a été imposé uniquement comme première étape d’une union politique. Les libéraux s’opposent à un super-Etat européen. Il serait utile que Monsieur Nikonoff s’informe mieux des thèses politiques et économiques libérales.

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  11. BA dit :

    En France, quand un traité européen est rédigé, que font les partis politiques se réclamant du libéralisme économique (Démocratie Libérale, Liberté chérie, etc.) ?

    Réponse :

    les partis politiques se réclamant du libéralisme économique appellent à voter « oui » (traité de Maastricht en 1992, Constitution européenne en 2005, traité de Lisbonne en 2008, etc.)

    Pourquoi ?

    Parce que la construction de l’Union Européenne est une construction libérale.

    Un article du traité de Lisbonne est très révélateur. L’article 206 grave dans le marbre le libre-échange mondial généralisé :

    « Par l’établissement d’une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l’Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu’à la réduction des barrières douanières et autres. »

    http://consilium.europa.eu/uedocs/cmsUpload/st06655.fr08.pdf

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  12. gdm dit :

    @BA
    Je ne vote pas. Je ne suis d’aucun parti politique. Je ne lis pas l’actualité. Je ne répondrai donc pas à votre interrogation sur les raisons du vote de tel parti politique. La politique est l’art du possible. Pas du souhaitable. J’ignore tout des partis politiques que vous citez. Ils ne souhaitaient pas nécessairement telle clause du contrat de Maastricht. Ils voyaient peut-être un intérêt tactique à soutenir ce vote.

    La liberté des échanges est avantageuse pour l’exportateur et pour l’importateur. Le protectionnisme est une erreur théorique car il viole des lois économiques. En effet, un échange commercial profite au vendeur et profite à l’acheteur. Tous deux s’enrichissent nécessairement. Sinon, ils n’accepteraient l’échange. Donc, interdire l’échange, c’est interdire une création de richesse. C’est un gaspillage. Le protectionnisme est du gaspillage.

    Et le protectionnisme ne protège nullement ceux qu’il visent. Ceux qui en profitent ne sont jamais ceux qui étaient visé par le protectionnisme. La raison en est la loi de l’incidence économique. Celui qui profitera réellement d’une mesure protectionniste est impossible à prévoir a priori.

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    • A-J Holbecq dit :

       » la loi de l’incidence économique  »
      C’est vous qui l’avez découverte ?

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Ce processus de l’incidence économique a été découvert par les physiocrates au 18e siècle. En 1815, JB Say parlait de la loi de l’incidence dans son « catéchisme d’économie politique ».

        La charge de l’impôt n’est pas supporté entièrement par celui qui verse l’impôt. Par exemple, les charges patronales sont versées par l’employeur, mais supportées par le salarié. Faites « incidence fiscale » sur google.

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        • A-J Holbecq dit :

          les charges patronales sont versées par l’employeur, mais supportées par le salarié.

          Non, elles sont toujours supportées par le consommateur, comme toutes les coûts d’ailleurs!

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          L’incidence fiscale est un cas particulier d’application de la loi de l’offre et de la demande. Il suffit de l’appliquer pour faire les déductions de la loi de l’incidence. Ces raisonnements schématiques sont tous « en tendance » et dans l’hypothèse de toutes choses égales par ailleurs. C’est à dire « ceteri paribus ».

          Si la production du salarié est en concurrence avec une sous-traitance étrangère, alors, la charge patronale incombe entièrement au salarié.

          Si la production de l’entreprise est en concurrence avec un autre pays, le client préfère acheter le produit le moins cher. Là encore, les charges patronales sont supportées par le salarié.

          Si la production de l’entreprise est du service non délocalisable, et que le travail du salarié ne peut pas être substitué par un autre service étranger, alors, la charge patronale st supportée uniquement pas le client. C’est à dire ces charges patronales sont une partie dans le prix de vente du produit.

          Si le « cout du capital » est égal dans tous les pays, le rendement est le même dans tous les pays. L’entrepreneur ne supportera donc pas les charges patronales. Ainsi, l’investisseur ne supporte pas les charges patronales.

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  13. BA dit :

    L’article 206 que j’ai recopié place en concurrence directe l’ouvrier français et l’esclave chinois.

    La désindustrialisation de la France s’accélère.

    Les classes populaires et les classes moyennes s’appauvrissent de plus en plus.

    Etc.

    Nous pouvons comparer les belles promesses des partisans de la monnaie unique au moment de la création de l’euro (septembre 1992 : référendum sur le traité de Maastricht), et ce qui s’est produit dans la réalité.

    Les partisans de l’euro ont menti au peuple français.

    Les partisans de l’euro nous ont trahis.

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    • égalité et désintégration dit :

      Nous ont mentis, trahis….euh, et alors c’est de bonne guerre,si vous ne veautez pas vous ne le seriez pas. Le je m’en foutiste devient sérieux, enfin.

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      • gdm dit :

        @égalité et désintégration
        L’Etat ne produit pas exactement des mensonges. L’Etat fabrique sans cesse de nouvelles illusions. Ces illusions étatiques sont utiles et même nécessaires à la paix sociale. Tout politicien contribue, consciemment ou inconsciemment, à entretenir ces illusions étatiques.

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        • égalité et désintégration dit :

          OK des illusions renouvelables.Mais maintenant c’est l’ultimatum le marché où la nation, NON ?

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        • Catherine dit :

          Enlevez, enlevez, ce qui restera ce sera peut-être ça qui sera possiblement « bon » pour nous jusqu’à ce qu’à nouveau il ne faille enlever et encore enlever, rien n’est inscrit dans la Pierre, car dès lors que c’est inscrit, c’est déjà faux, mais pourtant inscrire est le passage nécessaire au même titre que la brique est nécessaire pour construire la maison. Il revient donc de rendre hommage à la brique mais d’aller au-delà d’elle…!

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    • BA dit :

      Les jours d’élection, je vais voter, mais plus jamais pour les ouistes.

      Quant à ceux qui ne vont pas voter, c’est leur problème.

      Rien à foutre.

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      • égalité et désintégration dit :

        C’est LA SOLUTION, au fond vous aimez la déception comme tant d’autres, se faire chier savamment est une raison d’être

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        • catherine dit :

          Ben, ouais, c’est même la raison essentielle qui fait tenir tout le bidule, se faire chier « ça- va -ment » non? c’est le b à ba , la glu du système qui fait se lier, s’unir, des éléments disparates entre eux, la glu colle bien, il suffit de regarder autour de nous, malgré toutes les saloperies, tout tient encore! c’est magnifique quand même les pouvoirs de cette colle-là!

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      • BA dit :

        Ne pas voter, c’est la solution ?

        T’es un comique, toi !

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        • gdm dit :

          @BA
          La probabilité que votre vote influence le résultat de la votation est inférieur à un sur un milliard de milliard. Votre influence sur la société est infiniment plus grande par le choix de vos achats dans les magasins.

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        • BA dit :

          GDM, tu n’es qu’un gros CONsommateur.

          CONtinue à CONsommer.

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          Je vous demande de bien vouloir supprimer le message de BA qui m’insulte. Vous pourrez alors supprimer le présent message.

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        • égalité et désintégration dit :

          Pardon, j’avais oublié que l’on était dans la cour de récréation des grands, j’avais oublié aussi une autre plaisanterie, NE TRAVAILLEZ JAMAIS çà aide pour ne pas veauter, c’est un cercle très vicieux voir pervers.

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  14. Ping : Un spectre hante l’Europe : la sortie de l’Euro ! | Cellule de crise

  15. gdm dit :

    @BA
    Oui, l’ouvrier français est en concurrence avec l’ouvrier chinois. Chaque producteur de travail ou de produits, chaque vendeur a des concurrents. Ces concurrents sont dans le même pays ou à l’étranger. Les besoins de l’Homme ne sont pas limités. Les produits nouveaux, les offres nouvelles révèlent des besoins insatisfaits des clients. Lorsqu’un produit se vend moins bien, le producteur choisit une autre production.

    La concurrence induit une baisse des prix pour les clients. La concurrence enrichit toujours les clients. La concurrence n’est pas une cause de chômage. Les mauvaises prévisions de l’entreprise causent le chômage. Si l’entreprise prévoit de produire un produit trop cher, il ne le vendra pas. L’entreprise doit donc choisir une autre production. Quelque soit le niveau de la concurrence, il existe toujours des produits qui donneront un profit à l’entreprise. C’est la théorie de l’avantage comparatif.

    Une autre cause du chômage sont les multiples interdictions légales de travailler. Les plus frappés par ces interdictions sont les plus pauvres. Ainsi, lorsqu’un smicard reçoit 1000 euros, 950 euros de charges partent dans les caisses de l’État. Cette charge presque égale au salaire n’est pas un prix normal d’une assurance. C’est un impôt, c’est une taxe. Tout produit taxé à 100% et substituable induit une « surproduction ». C’est une loi bien connue de la micro-économe. Dans un marché du travail, cette surproduction se nomme le chômage.

    Vous citez l’ouvrier chinois. Le salaire minimum légal interdit de travailler aux français dont la productivité est inférieure au smic. C’est une des causes du chômage des moins favorisés par la naissance ou de ceux que la vie a brisé. L’entreprise n’est alors pas responsable. Il s’agit d’une interdiction légale de travailler. L’entreprise ne peut pas enfreindre la loi.

    En aucun cas, la concurrence de l’ouvrier chinois, ne serait une cause du chômage en France.

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  16. BA dit :

    GDM écrit : « Je ne vote pas. Je ne suis d’aucun parti politique. Je ne lis pas l’actualité. »

    Oui, ça se voit.

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    • A-J Holbecq dit :

      Il faut rajouter qu’il n’a jamais lu aucun livre sur la création monétaire (et je me demande même sur l’économie en général), mais qu’il a tout compris 😉

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Votre affirmation est erronée. Votre ironie n’est pas utile au débat. Vous ne répondez à aucun de mes arguments.

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        • A-J Holbecq dit :

          Il est évident que quand on lit – sur votre blog – les inepties sur la monnaie et la Banque Centrale (que vous avez d’ailleurs plusieurs fois corrigées)on peut se poser des questions.
          Je n’ai pas du tout l’intention de débattre avec vous, ce serait (pour moi) une perte de temps, et j’en manque un peu.
          Votre position libertarienne n’est pas du tout la mienne et je n’ai aucun espoir de vous faire changer d’avis (en plus, je m’en fiche)… donc continuez à faire de la pub pour elle sur ce blog si vous voulez, mais je n’ai pas le temps de « contrer » tous vos arguments que je trouve erronés: le lecteur se fera son propre avis, il y a assez de billets qui expliquent ma propre position.

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  17. A-J Holbecq dit :

    Voir l’onglet « natixis »
    https://postjorion.wordpress.com/natixis/ et l’article « qui a le mieux résisté à la crise »

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  18. BA dit :

    Mercredi 30 mars 2011 :

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes.

    Les obligations de l’Etat portugais sont en train d’exploser. Les taux atteignent des records historiques.

    Regardez ces trois graphiques :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 7,788 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 8,990 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,024 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

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    • égalité et désintégration dit :

      La finance veut la guerre pour se refaire et tout se fragmente même ici, noyé sous les chiffres, la centrale économie s’emballe aussi.

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      • Catherine dit :

        Espérons qu’elle explose bientôt la centrale économie, nous rassemblerons les morceaux si nous ne faisons pas partie des morceaux!

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        • égalité et désintégration dit :

          J’étais à une lecture enthousiaste de Jovanovic le 25 Mars, on a bien ri, les gens découvrent que l’argent et ses intérêts c’est le nerf de la guerre de tous contre tous, une multiplication qui divise, un miracle.
          Excellent livre, Blythe Masters, les CDS sont déjà dans nos assiettes, la Marie Curie de la finance, plus fort que jésus et la multiplication des petits pains.Cette femme est définitivement une bombe très anonyme.
          PS sur le site de Paulo son acolyte Juju m’a dénoncé publiquement, je suis ravi, un vrai feuilleton, le maitre chanteur est aussi chanteur depuis le 1er Avril.

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  19. BA dit :

    Jeudi 31 mars 2011 :

    Les investisseurs internationaux n’ont plus aucune confiance dans la capacité du Portugal à rembourser ses dettes. Les obligations de l’Etat portugais sont en train de battre des records historiques.

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 8,777 %.

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 9,616 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,408 %.

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  20. BA dit :

    – Emprunt à 12 mois :

    En juillet 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 12 mois : le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de 3,159 %.
    Vendredi 1er avril 2011, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 12 mois : il a dû payer un taux d’intérêt de … 5,793 % ! (Par comparaison, la France doit payer un taux d’intérêt de 0,475 % pour un emprunt à 12 mois).

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 8,721 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 9,740 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,501 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

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  21. « Ceux qui auront retiré leurs euros devront obligatoirement les convertir en drachmes, livres irlandaises, francs français, etc., après autorisation, s’ils veulent continuer à exercer une activité dans leur pays d’origine… »

    Autrement dit, on va spolier par voie d’autorité les épargnants de leur patrimoine prudemment libellé en une monnaie sérieuse (l’euro) pour le convertir dans la monnaie d’Etats clientélistes et incompétents (en somme latins), en profitant de ce qu’il est sous forme de monnaie bancaire. C’est un vol inflationniste typiquement socialiste. Grecs et Portuguais: n’attendez pas que l’Etat voleur méditerranéen vous dépouille de votre vrai argent pour le convertir en billet de monopoly de l’ex RDA: sortez vite vos avoirs tant que les souverainistes n’ont pas le pouvoir et mettez le à Francfort ou à Luxembourg, chez les sérieux rhénans.

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    • Trubli dit :

      En même temps ils ont le choix entre cela et la chômage car les gentils rhénans auront détruit complètement leur industrie.

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  22. Trubli dit :

    « La concurrence enrichit toujours les clients. »

    ah ces liberaux ou libertaires ou libertariens. C’est incroyable ces gens qui vivent sur des dogmes ! L’état est mauvais, seul le marché est capable de prendre de bonnes décisions. Mon cul oui! le marché est court termiste. Le marché est moutonnier entre autres qualités.

    Bref, marché ou état, ce sont des hommes derrière tout ça. Il n’y aura donc jamais d’entité parfaite. Mais l’équilibre entre les deux est je pense ce qu’il y a de plus profitable à la société.

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  23. gdm dit :

    Vous parlez de libertariens. J’accours. Oui, l’Etat est mauvais puisqu’il est financé par l’impôt et que l’impôt est du vol. Le vol est une appropriation sans le consentement du propriétaire. Or le contribuable n’a pas donné son consentement à l’impôt. CQFD.

    Oui, le marché est la décision de vous et moi d’acheter ou de vendre. Le marché, c’est votre argent que vous dépensez pour acheter ce que VOUS voulez. Contester le marché, c’est admettre que l’Etat vous prend dans votre poche pour dépenser pour vous. A la base du totalitarisme, il y a toujours des gens qui pensent être de la race supérieure, et qui veulent dépenser, à votre place, votre propre argent.

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    • Trubli dit :

      C’est là que vous avez tout de suit tort. Non l’impôt n’est pas du vol.

      Tout d’abord parce que cela signifierait que les êtres vivants grégaires seraient tous sous la coupe d’une entité néfaste. La vie a inventé l’état (ARN ou ADN) bien avant le marché. Les être vivants ont toujours vécu dans un état quelque soit la forme que celui-ci ait pu prendre au cours de le l’Histoire ou des histoires humaines.

      Ensuite sur l’impôt en tant que vol, laissez-moi rire. Ceci est plutôt un aveu de cupidité et d’égoïsme qu’autre chose. Si l’on compare la société à un organisme vivant, votre réaction est typique de la cellule cancéreuse. L’état n’est pas prêt de disparaître parce que de tout façon les libéraux ont besoin de lui pour mater et dissuader ceux qui voudraient renverser l’ordre libéral dominant.

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  24. gdm dit :

    @Trubli
    Le commerce et la monnaie sont antérieurs à l’apparition des premières cités-Etat de l’Histoire vers 1800 BC. Oui, État est une « entité néfaste ». Tout investissement de l’État est moins productif qu’un investissement fait par le privé. La prétendue production de l’État est donc négative, c’est à dire c’est une destruction nette de richesses sociales.

    Le prétexte étatique d’un impôt pour aider les pauvres ne me fait pas rire. L’intervention de l’État est la principale cause de la pauvreté dans le monde, et en France aussi. L’État prélève la moitié de la production nationale. Et cet argent ne va pas aux les pauvres. Comme les très riches savent fuir, ils ne payent pas ou peu d’impôt. L’État ponctionne la moitié du salaire+charge d’un smicard. L’État vole les pauvres pour leur distribuer qq miettes avec l’argent qu’il leur a pris dans leur poche. L’État illusionniste sait faire croire que ces miettes seraient des trésors.

    Ensuite l’État croit que l’homme, par nature, ne serait pas généreux. Sous ce prétexte, l’État spolie légalement le citoyen de la moitié de sa production. Pour aider les pauvres? Auriez-vous la crédulité de croire à cette farce?

    L’État n’est pas libéral puisqu’il ponctionne la moitié de la production nationale. Le libéralisme, c’est la non-agression, le respect du droit de propriété et du contrat. On est très très loin.

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    • A-J Holbecq dit :

      GDM, arrêtez de dire des bêtises.
      C’est par nos votes donc nos élus que nous décidons librement du montant des recettes fiscales (ca s’appelle la démocratie). De plus l’Etat redistribue tout ce qu’il perçoit (et même un peu plus, c’est ce qui forme la dette quoique en ce qui concerne cette dernière ce sont plutôt le cumul des intérêts – payés aux plus riches – qui l’ont formée).

      Vous pouvez choisir un État minimum ou un État très redistributif: c’est un choix politique. Présentez vous donc aux prochaines élections en expliquant que chacun pour soi et qu’à partir de votre élection les riches garderont tout ce qu’il ont « gagné » et les pauvres n’auront qu’a devenir riches…. sinon qu’ils se démerdent…

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Un bulletin de vote n’est pas un mandat pour agir au nom de l’électeur. Un élu n’a reçoit aucun mandat d’aucun électeur. Un élu représente l’État, et non pas le peuple. L’État donne à l’élu son mandat électif. Eh oui! Le Code Électoral ne dit pas le contraire. Un élu est un fonctionnaire de l’État désigné par un vote. Une votation est ainsi un sondage d’opinion.

        Je vous ai déjà démontré que l’État que l’État détruit autant de valeurs que la quantité qu’il distribue. C’est un peu plus haut dans cette même page https://postjorion.wordpress.com/2011/03/24/160-nikonoff-la-sortie-de-leuro/#comment-6204 . Si vous aimez les mathématiques ou la philosophie, vous pourrez admirer la logique de ma démonstration.

        « État minimum ou État redistributif ». Vous posez bien le problème politique concret. L’argument de l’aide aux « pauvres » pour justifier l’impôt est une illusion Et vous êtes victime de cette illusion étatique. Ensuite, avec un peu d’imagination, ou un peu de connaissance historique, vous pourriez deviner comme les hommes s’organisent pour lutter contre la pauvreté, la maladie et la misère.

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        • Trubli dit :

          Mon cher monsieur votre argumentation n’a pas prise ici pour la bonne raison que nous savons que la crise actuelle est la crise d’une idéologie – la votre – qui a prospéré de 1970 à nos jours, ses grands prêtres étant Laffer ou Friedman.

          Non l’état n’est pas mauvais en soi parce que l’état c’est nous. L »tat c’est ce que nous en faisons ou ce que nous laissons d’autres en faire.

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        • Trubli dit :

          « L’État prélève la moitié de la production nationale. Et cet argent ne va pas aux les pauvres. Comme les très riches savent fuir, ils ne payent pas ou peu d’impôt. L’État ponctionne la moitié du salaire+charge d’un smicard. L’État vole les pauvres pour leur distribuer qq miettes avec l’argent qu’il leur a pris dans leur poche.  »

          Tant de choses fausses.
          D’abord l’état produit lui aussi de la richesse. De plus l’état est aussi soumis aux prélèvements obligatoires.

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        • catherine dit :

          Vous dites Trubli: » l’état n’est pas mauvais en soi parce que l’état c’est nous. L état c’est ce que nous en faisons ou ce que nous laissons d’autres en faire. »

          On ne saurait mieux dire je crois et d’ailleurs il en est de l’Etat comme de toute chose, rien n’est mauvais en soi et tout est question de faire à faire ou à défaire, de manière et dans manière il y a main et ce qui va de la bouche au coeur est de la valeur d’une main, observez bien sur vous, en vous, par vous.

          La manière c’est notre mode d’être et les manières ça s’apprend! on fait des liens et on voit ce que ça donne les liens, c’est ça ma foi apprendre et quand on constate la récolte on voit que certains liens n’étaient pas adéquats et là on peut alors poser ce fameux discernement.

          L’état actuel de notre soi disant Etat, furieusement branlant, dit bien de sa maladie (mal à dit ) . Faisons lui dire autre chose à cet Etat au travers de nos manières qui se déclinent en terme d’acceptations et de refus et l’Etat pourra retrouver ses titres de noblesse au travers d’un dire plus juste, car l’Etat n’est qu’une enveloppe et c’est nous qui le remplissons de substance, mais si l’on renonce à dire autre chose que ce qui se dit en son nom alors ne nous plaignons pas, c’est que nous n’aurons rien fait pour faire entendre autre chose que la maladie qui se répand comme la peste au jour d’huis(huis c’est la porte, et la porte c’est le passage, c’est l’état quoi!) offrons-nous de beaux passages, un beau passage, reprenons nos habits de noblesse, de lumière, et l’état retrouvera ses titres dont il n’aurait jamais du se démunir!

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        • gdm dit :

          @catherine
          L’Etat, ce n’est pas « nous ». Un élu ne représente pas un électeur. Je l’ai démontré plus haut. Un élu représente l’Etat. L’Etat ne représente pas le peuple. L’Etat est une mafia qui a réussit à durer.

          Néanmoins, une votation change les dirigeants tous les cinq ans. C’est bien lorsque cette mafia change souvent de dirigeants. Cela limite un peu la corruption. Quoique…

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        • gdm dit :

          @Trubli
          L’idéologie des libertariens est l’Etat minimum. Pour un libertarien, l’Etat ne finance pas et n’intervient pas ni dans l’enseignement, ni la monnaie, ni la recherche, ni de l’assurance-maladie, ni la Culture, ni les routes, ni le logement, ni les poubelles, ni l’environnement.

          Donc, l’idéologie libertarienne n’est pas au pouvoir.

          L’Etat détruit plus de richesses qu’il n’en produit. Au total, l’Etat détruit des richesses.

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        • catherine dit :

          Je vous réponds Gdm sans savoir où atterrira la dite réponse.

          Bon, nos espaces personnels, le vôtre, le mien, celui du voisin, nous emprisonnent, nous coupent du reste des autres espaces, construisent des murs parfois infranchissables qui sont responsables de la coupure ou de l’atrophie pour être plus mesurée, des liens sociétaux que nous construisons.

          Si nous trouvions le moyen d’inclure notre petit espace limité dans un espace plus grand, dont les buts seraient aussi les nôtres et ceux de tous les autres, alors nous aurions fait notre boulot d’homme et notre existence prendrait tout son sens.

          Nous ne savons que trop, c’est notre vécu qui nous le dit, que cette mission est difficile, voire impossible, n’empêche il faut quand même orienter l’énergie, se fixer un objectif, un cadre qui permette les mouvements du dynamisme sociétal sinon ce serait pure confusion, un peu comme un corps sans colonne vertébrale.Et ce cadre, c’est bien nous qui le créons, le faisons exister au travers de nos permissions et de empêchements.Alors bien sûr que l’état ce n’est pas nous, l’état c’est une image, une représentation, un cadre, une structure qui s’incarne dans les actes qu’il produit et c’est sa production qui nous le rend perceptible. Mais notre colonne vertébrale, si elle n’est pas nous en notre entier, elle est quand même un peu de nous et la qualité de notre colonne dépend aussi de ce qu’on lui fait subir ou du repos qu’on lui offre, il y a donc interaction entre les deux, mouvement de va et vient, donc interdépendance, l’un ne vaut pas sans l’autre n’est-ce-pas puisque sans relation plus rien n’existe, tout s’anéantit. Aussi colonne et état s’ils sont coupés de leur substrat n’existent plus car il n’y a plus personne pour les faire exister. C’est nous et pas tout à fait nous l’état, puisque l’état est le pont, l’intervalle, l’esprit de la relation qui fait tenir les éléments d’un ensemble entre eux. Vous avez donc raison et tort à la fois, puisque l’état est ce qui codifie nos liens , mais que ces liens sont codifiés par nous-mêmes.

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        • gdm dit :

          @catherine
          Votre texte a une dimension poétique. Il exprime un sentiment charnel d’un être humain plongé dans la société. Il exprime des relations formelles et informelles que chacun peut ressentir entre lui et les autres, entre lui et les choses.

          Chacun a tendance à interpréter le monde au travers du prisme dans lequel son esprit a été bercé. Un biologiste aimera comparer le fonctionnement social à des processus biologiques. C’est ainsi que la systémique fut un essai intéressant de compréhension générale du monde. Il y eut aussi les ingénieur amoureux des concepts mathématiques abstraits. Les sciences physiques leur avait permis une représentation presque exacte de la matière et de ses comportements. Il y a aussi la tentation holiste qui consiste a voir une société comme un tout. L’individu serait alors un fragment d’un tout.

          Il y a aussi l’approche individualiste. Selon l’individualisme méthodologique, le respect de l’individu est au centre de l’explication humaine. Il y a aussi une approche juridique. la société est une « structure juridique ». La question est alors de savoir d’où vient le Droit. D’un Droit Naturel porté par nos gènes? ou bien le droit provient-il de la décision arbitraire d’une autorité politique. Le Juste est-il le négation du sentiment de l’injuste. Le sociologue observera des comportement sociaux et universels. L’éthologue sera frappé des correspondances existant entre certains traits des espèces animales et la nature humaine.

          Toutes ces facettes de la réalité du monde contribuent aux explications des comportements humains et sociaux. Votre propos me semble être un mélange entre ces diverses tendances explicatives du monde. En ce qui me concerne, j’ai choisi l’individualisme méthodologique. Le respect de l’être humain est au centre de mon analyse sociale. C’est l’approche morale du libéralisme. C’est une construction juridique. C’est une théorie du Droit. C’est une morale qui prend sa source dans une vision chrétienne de l’homme. Puis cette vision fut laïcisée au 17e siècle par John Locke, professeur de théologie et fondateur du libéralisme.

          Un socialiste sera holiste et raisonnera globalement sur la société comme un grand tout. Les lois globales, sauf exceptions, nous échapperaient nécessairement. Les considérations morales sont alors le véritable fondement de l’action. Le libéralisme et le socialisme ont des démarches intellectuelles et morales incompatibles entre elles.

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        • catherine dit :

          Excusez-moi GDM, mais je n’ai pas tout compris.

          La réalité quelle qu’elle soit de toute façon, ne me semble pas identifiable en son entier à un système particulier et jamais elle ne le saura.

          Le tout est le tout plus quelque chose.

          C’est ouvert et pas fermé le vivant, c’est pourquoi une vérité avec un v minuscule il va sans dire, cesse d’être vraie à peine énoncée.

          A peine énoncée, elle part déjà dans le mouvement, et le mouvement s’il s’arrête signe la mort le plus souvent.

          En revanche, la discrimination par le négatif me semble plus probante, et dès lors il est possible de dire que l’Etat dans lequel nous vivons aujourd’hui ne peut avoir le nom d’état, il n’a d’état que le nom car il n’est pas au service de tous mais au service d’intérêts très particuliers et l’on ne saurait médire du concept-état au regard de l’état de déliquescence du simili-état actuel, le pôvre.

          Je n’ai rien contre les gens de droite ou les gens de quelque obédience qu’ils soient, je respecte tous les courants à condition que le faire s’accorde avec le dire.

          En revanche, quand le dire divorce du faire, là, c’est très très grave, et c’est ce que nous vivons aujourd’hui.

          Si nous arrivions à faire que le Un (intérêt particulier) n’annule pas le NOUS (intérêt général)et le NOUS(intérêt général) n’annule pas le UN( intérêt particulier), seuls les détenteurs de priviléges d’aujourd’hui verraient à y redire, pour le reste, nous ne saurions que nous en satisfaire, mais en maintenant toujours une vigilante attention, car rien n’est jamais gagné bien sûr, rien n’est jamais acquis et c’est tant mieux!ça oblige à avoir des rêves et ça évite de voir mourir notre âme! sourire!

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  25. A-J Holbecq dit :

    GDM écrit

    Ensuite, avec un peu d’imagination, ou un peu de connaissance historique, vous pourriez deviner comme les hommes s’organisent pour lutter contre la pauvreté, la maladie et la misère.

    Non, c’est vous qui faites la promo des libertariens qui devez nous expliquer …
    Mais je pense qu’à part de parler de charité, vous allez avoir quelques difficultés.

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  26. gdm dit :

    @A-J Holbecq

    La principale anomalie observée dans le monde n’est pas la pauvreté, mais la richesse. L’extinction de la paupérisation fut une préoccupation des économistes du 19e siècle. La paupérisation s’éteignit par l’accroissement des richesses crées par les succès du capitalisme d’alors.

    L’État tente de justifier son existence en prétendant qu’il serait la seule solution pour aider les pauvres. Or pour donner à un pauvre, il faut bien le prendre à un riche. Le vol légal est donc nécessaire. L’État est le seul détenteur de la force armée légale. L’État se charge donc de la telle mission de spolier les riches afin de subvenir aux besoins des pauvres.

    Quelle justification morale l’État adopte-t-il pour aider le pauvre? Est-ce la nécessité de réduire des inégalités entre les individus? L’État doit-il viser une égalité dans le bonheur? dans la santé? dans la richesse? Dans le salaire? Dans le revenu? Dans la culture générale? Dans le succès scolaire? Doit-il seulement réduire les inégalités, Mais alors jusqu’à quel point l’État doit-il réduire les inégalités dans la santé, dans la richesse, dans l’enseignement, dans le bonheur?

    L’État doit-il donner plus à un pauvre ou à un malade? Et dans quelles proportions devra-t-il exécuter cette mission impossible? En effet, un pauvre en bonne santé doit-il recevoir plus ou moins qu’un riche en bonne santé? Le riche doit-il bénéficier gratuitement des soins médicaux payés par l’État? L’équation des utilités entre ces catégories d’utilités est impossible à résoudre. C’est donc par l’arbitraire des influences des groupes de pressions que l’État versera plus à une catégorie qu’à une autre.

    Mais qui sont ces pauvres? Et comment définir un pauvre? Comment rencontrer un pauvre? Il ne peut pas exister des critères objectifs de la pauvreté. Les économistes ont renoncé à une définition objective de la pauvreté. Ils indiquent ainsi un indice de pauvreté par pays. Un pauvre américain serait ainsi un riche dans la plupart des autres pays du monde.

    Et que signifie la pauvreté en France au 21e siècle? La tâche d’une telle définition est arbitraire. Un pauvre ayant sa santé peut rapidement gagner de l’argent en travaillant. L’État doit-il donner de l’argent à un pauvre en bonne santé? Ce pauvre préfèrera alors ne pas travailler pour obtenir la subvention légèrement inférieure à un travail salarié. L’État fabrique ainsi des pauvres subventionnés en les décourageant d’aller travailler.

    Les clochards sont les pauvres qui viennent d’abord à l’esprit. 88% d’entre eux sont divorcés ou célibataires. C’est le même proportion en France et aux USA. 60% sont soignés pour alcoolisme, toxicomanie ou dépression nerveuse. La moitié des clochards peuvent être aidés par leur famille. Ce sont des drames personnels individuels. Le manque d’argent n’en est pas la cause mais plutôt la conséquence. Mais alors, où sont les autres pauvres? Continuons notre enquête sur la pauvreté en France.

    Il y le pauvre qui, pour des raisons personnelles ou familiales, ne peut pas travailler. Certains soufrent un handicap léger. Tel l’age, ou une maladie bénigne, ou parlant mal le français, ou dans un logement insalubre. Le salaire minimum légal est une interdiction légale de travailler pour ceux dont la productivité est inférieure au smic. C’est alors le smic imposé par l’État qui est la cause de cette pauvreté là. En effet, sans salaire minimum, sans une règlementation sociale étouffante, il existe toujours du travail qui rend service à autrui.

    C’est l’intervention de l’État qui crée l’essentiel de la pauvreté. Et c’est bien logique. En violant les droits de propriété, l’État provoque invariablement un déséquilibre, une destruction de richesses. En effet, cette intervention brise une harmonie sociale naturelle, brise un processus d’homéostasie. L’intervention de l’État, quel qu’en soit le secteur d’activité, détruit de la richesse.

    L’être humain est spontanément capable de générosité, de charité. C’est lui faire offense de croire qu’il en serait incapable. De plus chaque être humain travaille pour ses proches, ou pour un projet qui motive sa vie. Implicitement, l’État affirme que l’être humain serait égoïste au point d’ignorer son prochain. Et ce souci constant de faire de sa vie une belle oeuvre pour la société n’est pas incompatible avec la nécessité individuelle d’un égoïsme bien compris.

    La manière moderne d’organiser la charité n’est plus le don au mendiant. Des sociétés de charité sont très actives et reçoivent des dons. En l’absence d’intervention d’un État, des compagnies d’assurance proposeront une option de prise en charge en cas de déchéance morale ou physique. Le propriétaire d’un territoire pourra exiger une telle assurance pour un visa d’entrée sur son territoire. Il pourra aussi exiger une assurance de déchéance morale sur les enfants ou sur les invités sur son territoire.

    L’État veut donner l’illusion que, sans lui, les services qu’il rend ne seraient plus rendu par quiconque. Il en est ainsi, entre autres domaines, de l’assurance-santé, de la police, de la Justice, de la monnaie, de l’enseignement, de l’environnement. C’est de la propagande étatique. C’est de l’illusion étatique astucieuse. Des sociétés commerciales peuvent fournir des services analogues et de meilleures qualité. La prise en charge des pauvres et des miséreux peut être pris en charge par des sociétés de type commercial. Les organisations charitables sont parmi celles-ci.

    Mais surtout, l’absence d’intervention de l’État permet d’accroitre plus vite la production des richesses. L’argent des impôts sera dépensée plus efficacement par le contribuable que par l’État. Une augmentation de la production des richesse et du niveau de vie s’en suivra. C’est bien le développement du capitalisme qui a, au 19e siècle, éradiqué la pauvreté. C’est la production libérée de ses chaînes étatiques qui permettra de réduire les pauvretés.

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  27. Ping : 168 – Sapir: s’il faut sortir de l’euro « Plus loin que Jorion

  28. sonia dit :

    sortir de l’euro : c’est possible, quand on n’a pas de dette

    http://www.cnbc.com/id/44887188

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  29. sonia dit :

    quand on n’a pas de dette importante

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