346 – Jean Jegu sur monnaie commune

L’EURO MONNAIE COMMUNE  ?
Le grand n’importe quoi ?

             Si un candidat à la Présidence le dit, surtout un candidat  énarque et de surcroit connu pour avoir  oeuvré   quelques années  en milieu bancaire,  si  donc ce candidat à la Présidence de notre République le dit, on peut penser que le concept même de monnaie commune n’est qu’une grosse bêtise. Pour ma part je ne le pense pas.

Cette situation pourrait bien illustrer la difficulté de communiquer sur les réalités monétaires.  Ce texte est une tentative de clarification, elle-même sujette à la difficulté signalée. Si un lecteur y trouvait une erreur, voire une ambiguïté ou bien une  imprécision, je l’invite à me le faire savoir.

Traditionnellement   la monnaie est définie, non par sa nature comme il serait souhaitable, mais par  ses trois principales  fonctions : unité de compte pour  exprimer la valeur des biens et services, moyen de paiement et réserve de valeur.  Mais, comme le dit wikipédia à l’article « unité de compte  » :  la monnaie est une unité de compte mais il existe également des unités de compte qui ne sont pas de la monnaie.  En d’autres termes tant qu’il s’agit de discuter de la valeur des choses, il est souhaitable de l’exprimer dans une valeur commune aux interlocuteurs mais quand il faudra payer , chacun ne pourra utiliser que la monnaie véritable dont il dispose c’est à dire, le plus souvent, celle dont il fait régulièrement usage.  En principe et dans tous les cas, chacun doit aussi respecter la loi dont il relève.

Un exemple bien vivant d’unité de compte est celui des  DTS (« droits de tirages spéciaux » créés en 1969 par le FMI) Il suffit de consulter l’article correspondant sur wikipédia. On y lit par exemple :  »  Le DTS sert aussi d’unité de compte au FMI et à certains autres organismes internationaux »  ;  » Néanmoins, le DTS n’est pas une devise à proprement parler. Le FMI n’est pas un émetteur et ne garantit pas les valeurs en DTS par ses propres réserves ; les fonds de réserves déposés au FMI par les États ne sont pas libellés en DTS mais dans chacune des devises composant le panier. ».

Ainsi donc, il serait bien plus clair d’utiliser deux termes et de les utiliser à bon escient. L’euro « monnaie unique » dans la zone euro exprime le fait qu’aucun des pays de cette zone n’utilise de monnaie nationale. Mais si cette zone de coopération économique revenait en totalité aux monnaies nationales, rien ne s’oppose à ce qu’elle maintienne néanmoins une « unité de compte monétaire commune » et qu’elle la nomme « euro commun ». En ce cas le terme « euro monnaie commune » me parait inapproprié. Cependant,  si une partie seulement  de la zone euro  revenait aux monnaies nationales, l’autre partie conservant l’euro comme monnaie unique, rien ne s’opposerait à ce que les pays revenus à leurs monnaies nationales ne conviennent entre eux et avec les autres d’user de la « monnaie euro » comme « unité de compte monétaire commune ». En ce cas et à terme, les uns continueraient à effectuer leurs paiements en euros, mais pas les autres.

Sur ce dernier point, il faut néanmoins ajouter un complément indispensable. Une monnaie nationale n’a de sens que si sa maitrise revient à la nation (engagements publics dans cette monnaie et perception des impôts dans cette monnaie )  et si les nationaux l’utilisent quotidiennement.  Mais les contrats et paiements à l’international peuvent, à ma connaissance, se faire en monnaies prévues aux contrats. A chacun de gérer ses risques de change, avec les contraintes et les secours  légaux. Il est notamment tout à fait envisageable pour la France d’accorder, au moins temporairement, des facilités de paiement dans ce qui serait l’ancienne monnaie si elle continue d’exister. Ignore-t-on que le pétrole que nous importons, est semble-t-il systématiquement payé en dollars.

Ajoutons que je m’étais livré dès 2010 à une modélisation  pour  rechercher de quelle manière la coopération monétaire pourrait être conçue dans une zone coopérante où chacun conserverait sa monnaie nationale. La réponse est simple : avec une gestion contractuelle et périodiquement révisable des taux de change entre les monnaies de la zone. Le modèle reste d’ailleurs tout à fait valable pour le cas envisagé consistant à choisir une des monnaies de la zone comme unité de compte monétaire commune pour l’ensemble de la zone. Il suffit de noter que ceci impose simplement de fixer  à  1  le taux de change entre l’unite monétaire commune et la monnaie choisie en référence, ce que permet justement l’indétermination du modèle.

Gardons-nous donc de taxer de « grand n’importe quoi », fut-ce par un candidat qui fut banquier, ce qui pourrait bien  ne pas l’être du tout. Ignorance ou volonté de brouiller les pistes ?

J.J. le 04/05/2017

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345 – Franc souverain et UCC

Juste mon avis.

Comment pourrait se traduire le projet de « monnaie commune » de Marine Le Pen / Nicolas Dupont-Aignan, après négociation et accord avec d’autres membres de l’UE (1 autre pays, au minimum) et, bien sur, acceptation par les citoyens français lors d’un référendum.

La première question qu’il faut évacuer c’est celle de savoir pourquoi on parle de « monnaie commune » et même « d’euro-franc », il serait tellement plus simple de parler de monnaie nationale (en le nommant par exemple « Franc souverain ») adossé à une Unité de Compte Commune (UCC) ou Unité Commune de Comptabilité, car bien évidemment la « monnaie commune » ne sera pas une monnaie au sens où nous l’entendons généralement, du moins pour les particulier. Seuls certains grands comptes, des banques commerciales, des Etats et des Banques Centrales pourront avoir des comptes libellés en ces UCC.  Cette UCC, c’était simplement l’ECU  « l’Unité de Compte Européenne » mise en service en 1979 et qui a disparu lors de son remplacement par l’euro

Donc la proposition est d’abord de venir sur une nouvelle monnaie nationale. Comment ? Simplement en transformant l’intitulé des comptes bancaires : 1 euro devient, du jour au lendemain, 1 Franc souverain.

Avons-nous « le droit » ?

Si le Peuple le décide, via ses courroies de transmission (élus, administration) , l’Etat a tous les droits !

La Banque de France qui appartient en totalité à l’Etat (Article 6 « La Banque de France est une institution dont le capital appartient à l’Etat. » ) est « réquisitonnée » pour mettre en œuvre la nouvelle politique monétaire. La monnaie nationale devient, appelons-la le « Franc souverain » pour éviter de pense à l’ancien ou au nouveau franc) et remplace la dénomination euro , au cours d’un week end, sur TOUS les comptes en euros des titulaires (de la même manière que ça c’est passé, avec un coefficient diviseur de 6,55957 lors du passage en 2002 du Franc à l’Euro) : c’est d’ailleurs sur ce taux fixé que le bât blesse et sur l’impossibilité pour la France de le faire évoluer.

Reprenons : cette fois par contre, la parité est de 1 pour 1. Si vous avez 1000 € sur cotre compte il deviendra simplement 1000 Fs, si le litre d’essence vaut 1,43 € il deviendra instantanément 1,43Fs et vos biens, s’ils valent 100000 € deviendront 100000 Fs .
De même un salaire de 1700 € deviendra 1700 Fs lorsqu’il sera versé à la fin du mois suivant cette décision … etc,

Que devrons-nous faire ?

1- Il s’agirait, pour ne pas laisser le temps aux « marchés » de s’affoler de réquisitionner la Banque de France. Donc d’abroger les articles 1,2,3  de la loi n° 93-980 du 4 août 1993, loi en cours,  relative au statut de la Banque de France et à l’activité et au contrôle des établissements de crédit .

  • Article 1: La Banque de France fait partie intégrante du Système européen de banques centrales, institué par l’article 4 A du traité instituant la Communauté européenne, et participe à l’accomplissement des missions et au respect des objectifs qui sont assignés à celui-ci par le traité.  Dans ce cadre, et sans préjudice de l’objectif principal de stabilité des prix, la Banque de France apporte son soutien à la politique économique générale du Gouvernement. Dans l’exercice des missions qu’elle accomplit à raison de sa participation au Système européen de banques centrales, la Banque de France, en la personne de son gouverneur, de ses sous-gouverneurs ou d’un autre membre du Conseil de la politique monétaire, ne peut ni solliciter ni accepter d’instructions du Gouvernement ou de toute personne.
  • Article 2 :Dans les conditions fixées par les statuts du Système européen de banques centrales, et notamment l’article 30 du protocole sur les statuts du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne, relatif au transfert d’avoirs de réserve de change à la Banque centrale européenne, et l’article 31 dudit protocole relatif à la gestion des avoirs de réserve de change détenus par les banques centrales nationales, la Banque de France détient et gère les réserves de change de l’Etat en or et en devises et les inscrit à l’actif de son bilan selon des modalités précisées dans une convention qu’elle conclut avec l’Etat.; Dans le respect des dispositions de l’article 109 du traité instituant la Communauté européenne, notamment relatives aux instances internationales dans lesquelles les Etats membres peuvent négocier et aux accords internationaux qu’ils peuvent conclure, ainsi que dans le respect de l’article 6, paragraphe 2, du protocole sur les statuts du Système européen de banques centrales et de la Banque centrale européenne, relatif aux institutions monétaires internationales auxquelles la Banque centrale européenne et, sous réserve de son accord, les banques centrales nationales sont habilitées à participer, la Banque de France peut participer, avec l’autorisation du ministre chargé de l’économie, à des accords monétaires internationaux.
  • Article 3 : Il est interdit à la Banque de France d’autoriser des découverts ou d’accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. L’acquisition directe par la Banque de France de titres de leur dette est également interdite. Des conventions établies entre l’Etat et la Banque de France précisent, le cas échéant, les conditions de remboursement des avances consenties jusqu’à la date d’entrée en vigueur de la présente loi au Trésor public par la Banque de France. Les dispositions du premier alinéa ne s’appliquent pas aux établissements de crédit publics qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par la Banque de France, bénéficient du même traitement que les établissements de crédit privés.

2 – Imposer le changement des intitulés aux banques lesquelles sont, par définition, tenues à obéir aux ordres de la Banque de France, aux lois aux décrets et aux ordonnances. Ce changement se fera, je le redis, lors d’un week end avec peut être une journée supplémentaire.

3 – Se pose seulement pour un certain temps le problème des billets et des pièces en euros qui circulent sur le territoire. Un Gouvernement prévoyant aura prévu leur remplacement rapide.

Ensuite, revenons à l’UCC

Il est évident que pour faire une UCC il faut être au moins deux. Si nous restons seuls à vouloir ce système, nous aurions notre monnaie nationale comme une grande majorité des pays du monde, point ! Laquelle serait négociée sur les marchés des devises ( le FOREX) afin de trouver son point d’équilibre par rapport aux autres devises (euro s’il poursuit sa vie, dollar US, dollar canadien, dollar australien, , livre sterling, rouble, yen, etc…)

Admettons que nous soyons deux, trois ou 18 à vouloir transformer l’euro en UCC, celui-ci serait considéré comme un « panier de monnaie » dans laquelle chaque devise aurait un « poids » en rapport avec le poids économique et la valeur de chaque monnaie nationale de chaque pays.

Certains souhaitent que les parités des monnaies nationales soient fixées donc relativement les unes par rapport aux autres au sein de l’UCC.  Ceci imposerait (à mon avis) une limitation de circulation des monnaies nationales et des « tensions » , non souhaitables. De toute façon, autant il doit être possible de se mettre d’accord à 2 ou 3, autant il me semble impossible de trouver des accords de parité respective avec des pays plus nombreux qui seraient parties prenantes dans l’UCC.

Dans tous les cas l’UCC serait aussi négociable sur les marchés des changes, comme quasiment toutes les « monnaies » du monde ou presque (rappelons que ce n’est pas une monnaie à proprement parler.

J’espère avoir pu vous éclairer un peu.

 

 

 

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344 – Monnaie commune

Et voilà, même le 1 er mai, Bruno Lemaire travaille, alors que moi, dans mon coin, j’étais en train de préparer aussi un petit billet sur le sujet (il viendra ces jours prochains).
Mais à tout seigneur, tout honneur… et il y a des dizaines de billets aussi intéressants sur le blog de Bruno que je vous conseille d’aller visiter souvent…

lundi 1 mai 2017

Euro et monnaie commune: la désinformation en plein délire

Une monnaie commune est-elle une monnaie : oui et non, cela dépend !

(mais il n’y a , quoiqu’il en soit, qu’une seule monnaie dans un pays donné)

 

Par Bruno Lemaire, économiste, club Idées Nation

J’ai été assez surpris par l’humble position du professeur Agnès Benassy, qui avoue ce soir sur BFM Business qu’elle ne sait pas ce qu’est une monnaie commune.

Au lieu de la renvoyer à mon billet précédent, je vais prendre deux cas, celui de la Turquie qui échange avec l’Inde, et le cas de la France qui échange avec l’Allemagne.

Dans ces deux cas, chacun (et chacune dirait l’ineffable Macron) paye avec sa propre monnaie, qu’il achète un bien fabriqué localement ou à l’étranger. En Inde c’est la roupie, en Turquie, la « Türk lirası » (merci Google), en France et en Allemagne, pour le moment, c’est l’euro, monnaie de la zone euro, comme si la France et l’Allemagne étaient, sur ce point, le même pays.

Traitons d’abord le cas Turquie-Inde, le plus ‘complexe’. Même si chacun paye en sa propre monnaie, pour tous les échanges internationaux, il faut bien que le turc supposé exportateur soit payé en sa propre monnaie, l’importateur indien doit alors se procurer de la « lira » contre des « roupies ». Il faut donc une conversion, qui se traduira in fine par le fait que l’exportateur turc se sera enrichi de liras, ou plutôt de roupies converties, et que l’importateur indien se sera appauvri en roupies ou plutôt en liras converties.

L’accord de change peut se passer de diverses manières, soit par l’intermédiaire d’un marché des changes, alimenté et alimentant en dernier ressort les banques nationales de Turquie et d’Inde, soit en utilisant éventuellement une monnaie intermédiaire, une ‘vraie’ monnaie, qui pouvait être le dollar même si deux pays semblent avoir décidé de ne plus l’utiliser.

Il n’y a donc pas nécessairement une monnaie commune existant réellement pour que deux pays puissent échanger, il faut simplement qu’il y ait des accords internationaux. On pourrait imaginer une banque centrale intermédiaire, une banque de compensation, qui gère les flux financiers, mais cette banque peut même n’être que virtuelle, et correspondre à un simple système informatique de type Target. De fait, une « monnaie commune » peut ne pas être une véritable monnaie, elle peut n’être qu’un étalon, une unité de compte. Appelons là, par exemple, une roupie-lira.

Les deux pays concernés, Turquie et Inde, peuvent décider que cet étalon sera basé sur un taux de change fixe sur une certaine période, mais ajustable tous les ans, par exemple, en fonction de l’évolution des échanges commerciaux entre eux.

Cette roupie-lira, si elle est simplement fondée sur une convention politique et technique, n’a aucune raison d’être disponible sur un marché quelconque. Dans ce cas, aucune spéculation ne pourra se produire sur le marché de la roupie-lira, puisque ce marché n’existera pas. La monnaie commune, qui n’est pas une monnaie, la roupie-lira, ne sera qu’un artifice de calcul.

Un autre choix aurait pu être décidé : se passer de monnaie commune, et laisser fluctuer librement à la fois la roupie, et la lira, ou éventuellement, passer par l’intermédiaire d’une autre monnaie, le dollar, ou le yen. Dans ce dernier cas la monnaie commune serait une monnaie.

Mais, redisons-le encore une fois, dans chacun de ces deux pays, il n’y a qu’une seule monnaie en circulation, même si, parfois, certains commerçants peuvent accepter, illégalement, d’être payés en une monnaie étrangère.

Prenons maintenant le cas de la France et de l’Allemagne, chacun ayant actuellement la même monnaie nationale, l’euro.

Si l’on décide, du jour au lendemain, que chaque pays doit avoir une monnaie différente, disons le franc 2017 et le mark 2017, il n’y aura toujours qu’une seule monnaie circulant dans chaque pays, le franc en France, le mark en Allemagne.

Et nous serons ramenés au problème précédent, comme l’on dit, à savoir le cas de la Turquie et de l’Inde.

Le français paiera en francs en France, l’allemand paiera en marks en Allemagne, et il faudra simplement trouver un accord technique, automatique ou non, pour les échanges internationaux.

On peut reprendre l’exemple de la lira-roupe, qu’on appellera plutôt l’euro, ou l’écu, avec un taux de change que la plupart des économistes évaluent à 1 mark pour 1.20 francs (à peu près le ratio du déficit commercial français par rapport aux échanges commerciaux franco-allemands).

Le système target2 permet d’intégrer ce taux de change, fixe mais ajustable, par exemple tous les ans, dans sa gestion des flux financiers. Cela ne prendrait qu’un petit week end pour cela. Bien entendu, cela ne peut se faire que si l’on en a la volonté politique.

Si on retient ce système, la monnaie commune ne serait pas une monnaie, mais simplement un dispositif automatique pour gérer les échanges entre la France et l’Allemagne.

Bien entendu, si d’autres pays sont concernés, la monnaie commune, toujours pas une monnaie, devra être ajustée pour correspondre aux différences de compétitivité entrer les pays concernés, ce qui est impossible à faire dans le cadre d’une zone monétaire ayant une monnaie unique. Plus il y a de pays, plus la négociation peut être longue, mais le calcul de la monnaie commune n’est qu’un simple calcul technique, le calcul d’un barycentre du niveau d’un élève de collège.

Et, avec cette monnaie commune, qui n’est encore et toujours pas une vraie monnaie, chacun – et chacune, n’utilise toujours qu’une seule monnaie, sa monnaie nationale.

En espérant que ce billet un peu long aura permis aux apprentis experts, ou aux experts confirmés, de ne pas se fier à toutes les bêtises entendues ces jours-ci depuis que Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont décidé de faire un programme commun patriote et d’avancer lentement, mais sûrement, vers une monnaie nationale, le franc 2017 ou franc 2018, la dite monnaie commune n’étant qu’un artifice technique, mais utile dès lors que l’on commerce avec d’autres pays.

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343 – Lex Monetae

Lex Monetae et droit européen

On se souvient de ce que certains opposants à une dissolution de l’Euro, ou une sortie de l’Euro, opposent à ceux qui sont convaincus que c’est la seule solution aujourd’hui pour l’économie française, l’argument des dettes. Selon ces opposants, les dettes de la France seraient multipliées du simple fait de la dépréciation du Franc retrouvé. Ils affectent de ne pas croire en ce principe du droit international, la Lex Monetae, ou Loi Monétaire, qui indique précisément que toute dette émise dans le droit d’un pays peut-être re-dénominée dans une nouvelle monnaie, si ce pays se décide à changer de monnaie. Un ancien président de la République, Nicolas Sarkozy pour le nommer, s’était fait la spécialité de discours apocalyptiques sur cette question. L’Institut Montaigne avait repris ce thème, et affectait de ne pas croire en l’existence de la Loi Monétaire.

Lex Monetae et droit européen

Pourtant, cette « loi », qui fut évoquée en droit international dans les années 1920-1930 quand fut réglé le problème des dettes des Etats successoraux de l’Empire Austro-Hongrois, figure bel et bien dans le droit de l’Union européenne. C’est d’ailleurs en vertu de ce principe de droit international que la dette publique émise en Francs fut convertie en 1999 en Euro.

On trouve la référence dans le Règlement (CE) nº 1103/97 du Conseil du 17 juin 1997 fixant certaines dispositions relatives à l’introduction de l’euro, règlement publié dans le journal officiel[1], et qui peut être consulté sur internet[2]. Cette référence apparaît dans le paragraphe (8) et on la reproduit ici :

« (8) considérant que l’introduction de l’euro constitue une modification de la loi monétaire de chacun des États membres participants; que la reconnaissance de la loi monétaire d’un État est un principe universellement reconnu; que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers; »

Bon, c’est déjà assez nigaud de prétendre défendre une institution sans en connaître le droit. Car, et c’est un point important, il est dit « que la confirmation explicite du principe de continuité doit entraîner la reconnaissance de la continuité des contrats et autres instruments juridiques dans l’ordre juridique des pays tiers ». Autrement dit, si le gouvernement français décide de repasser au France avec un taux de conversion de 1 euro pour 1 franc, il en a le droit pour l’ensemble des instruments juridiques et des contrats émis dans l’ordre juridique français. Mais il est à tout le moins étrange que des « experts » européens ignorent leur propre droit. C’est un peu comme si le Président de la République nous disait que, dans la Constitution, le Président est élu par le Parlement…

Suite de l’article de Jacques Sapir sur http://russeurope.hypotheses.org/5835

 

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342 – Hommage à Jean-Baptiste Bersac

Juste un hommage sur ce blog à Jean-Baptiste Bersac décédé beaucoup trop jeune, il y a quelques jours. Il avait beaucoup à nous apprendre sur l’économie et en particulier sur le néochartalisme.

Lisez son blog, vous verrez !

Extrait de « les bases »

 » Vous vous êtes toujours demandé comment se fait-il qu’il y ait toujours de l’argent pour les banquiers, mais que l’État du peuple soit chroniquement déclaré « en faillite » ? Comment l’économie peut à la fois être toujours plus productive, plus efficace, et pourtant voir l’argent se raréfier, le chômage augmenter, les salaires stagner ?
Voici un résumé condensant tous les arguments nécessaires pour convaincre quelqu’un qui est intéressé par les questions monétaires, du réel fonctionnement de la monnaie, de la nécessité et de l’authenticité du néochartalisme (alias Modern Monetary Theory, MMT).
Vous pouvez également trouver une version de cette page sous forme d’un pas-à-pas simplifié, en 10 articles, et plus ample en fin de page avec la série Les Bases. »

https://frappermonnaie.wordpress.com/les-bases/

Requiescat in pace Jean-Baptiste

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341 – Les dépenses de l’Etat

Dépenses de l’Etat, selon le PLF du 28 septembre 2016
Enseignement scolaire 50,06 12,84%
Pensions 48,00 12,41%
Collectivités territoriales 47,30 12,33%
Intérêts de la dette 41,80 10,81%
Défense 32,44 8,39%
Enseignement supérieur et recherche 26,75 6,92%
Budget UE 19,08 4,93%
Égalité territoires et logement 18,11 4,68%
Solidarité et insertion 17,65 4,56%
Travail et emploi 15,30 3,93%
Sécurité 12,98 3,36%
Écologie, mobilité dév. durable 8,99 2,32%
Gestion des finances publiques 8,17 2,11%
Justice 6,89 1,78%
Régimes sociaux 6,25 1,62%
Actions extérieures 2,88 0,70%
Culture 2,70 0,65%
Aide publique au développement 2,62 0,63%
Anciens combattants 2,55 0,63%
Administration générale et territoriale 2,32 0,62%
Outre Mer 2,03 0,49%
Économie 1,64 0,40%
Direction de l’action du Gouvernement 1,37 0,33%
Santé ? 1,26 0,30%
Immigration, asile, intégration 1,06 0,26%
Pouvoirs publics ? 0,99 0,24%
Sport, jeunesse, vie associative 0,74 0,18%
Politique des territoires 0,69 0,17%
Média, livres et industries culturelles 0,57 0,14%
Conseil et contrôle de l’État 0,51 0,12%
Crédits non répartis 0,02 0,00%
Total ( ? 387) 383,72 98,85%
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340 – Rachat des dettes par la BdF

Je ne vais surement pas me plaindre qu’enfin Nicolas Dupont-Aignan ait intégré dans son projet présidentiel la nécessité – mon insistance depuis plusieurs années sur ce sujet semble avoir porté ses fruits –  d’une part du rachat par la Banque de France des titres de dette arrivant à échéance, d’autre part du financement (monétisation) des déficits.

(ce que le programme de financement dit à la dernière page)

Le projet de NDA arrive à un gain total de  53,8 milliards (avec néanmoins l’année 2022 entière), ce qui équivaut à un taux moyen de 2,5 % . J’avoue que c’est une hypothèse « optimiste » sur les gains réalisés, mais après tout, les taux peuvent remonter très vite.

Quel serait le montant des gains en intérêt, sur la prochaine mandature, si la Banque de France pouvait sur cette période racheter les dettes de l’État (dettes arrivant à échéance) ?

En estimant que les taux d’intérêts moyens soient de 1,5% , c’est 30,8 milliards

En estimant que les taux d’intérêts moyens soient de 2% c’est 41 milliards.

PS: je dois signaler que je n’ai aucune responsabilité dans la présentation de ce projet et dans les calculs réalisés par son équipe dont , comme signalé, je ne fais plus partie depuis février.

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