369 – Commentaires d’Hadrien (2)

NOTRE EFFONDREMENT CLIMATIQUE… ?

Dans mes précédents commentaires, j’ai tenu à illustrer deux des trois aspects énumérés en introduction du billet:
– notre effondrement financier (par soumission des politiques aux lobbies de la finance mondiale)
– notre effondrement économique (par complicité des mêmes avec la globalisation libérale)
Si le troisième aspect reçoit un gros point d’interrogation de ma part, c’est qu’il risque fort d’être l’alibi d’une diversion face au plus grave effondrement, social et démocratique celui-là.
Sa particularité est d’être propice à l’enrôlement convaincu des meilleures volontés, comme c’est souvent le cas sur les questions touchant à l »écologie.
J’en veux pour preuve ce que l’on a pu lire à ce sujet sur le blog d’Olivier Berruyer, élu naguère meilleur blog de France (économie/finance) pour la qualité de sa documentation et de son illustration. Il s’était pourtant, déjà, opposé aux thèses d’AJ Holbeck sur le rôle crucial de la monnaie comme instrument de la politique publique, citant comme exemple à ne pas suivre l’inflation de l’immédiat après-guerre, en oubliant que c’est cette abondante création monétaire qui remit la France au travail dès la Libération et permit la Reconstruction ainsi que la mise en oeuvre des mesures sociales dictées par le CNR que Macron veut aujourd’hui mettre à bas.
C’était mettre dans un même sac la cause et ses effets secondaires.
O. Berruyer a depuis lors élargi sa thématique (et son audience), notamment aux thèmes de l’environnement et singulièrement celui du réchauffement climatique, bien fait pour exacerber les mêmes erreurs d’optique si l’on n’y prend garde.
Sa série impressionnante de billets sur le climat est la suivante, d’abord quant aux causes présumées :
1 – Les gaz à effet de serre
2 – CO2 et Méthane
3 – Les pays émetteurs
4 – Le Cycle du Carbone
5 – Concentration atmosphérique des gaz à effet de serre
6 – Le réchauffement climatique global
7-1 – Le réchauffement climatique local (Europe, France…)
7-2 – Le réchauffement climatique local (Paris)
8 – Analyse du réchauffement climatique
9 – Le Soleil
10 – Les taches solaires
11 – En direct du Soleil…
12 – Les cycles solaires courts
13 – Les cycles solaires longs
14 – Les cycles de Milankovitch
15 – Modélisation millénaire des températures
16 – El Niño et La Niña
17 – Modélisation des températures récentes
La série continue ensuite, par autant (ou presque) de billets supplémentaires sur le réchauffement qui développent abondamment les conséquences envisagées dans tous les domaines, constituant un résumé du bréviaire GIEC auquel se réfèrent tous les décideurs « progressistes » à l’instar de Macron.
Et voici la conclusion essentielle terminale (billet 17) sur laquelle tout repose:
–  » Les scientifiques ont montré que la tendance à la hausse est très probablement liée à l’effet de serre du CO2. Rapprochons donc cette tendance de celle de la concentration en CO2 (cf fig.) impressionnant, non ?
…il y a une incroyable corrélation entre les deux. [Et] la tendance récente est criante…
On peut donc dire qu’il semble bien que 100 ppm de CO2 induisent 1°C de plus à conditions identiques. »

J’y retrouvais l’essentiel de mon très antérieur commentaire, posté dès les billets 4,5 et rappelé au billet 8 :

CORRÉLATION CO2 ET RÉCHAUFFEMENT

» Je suis fort aise de retrouver ici sous la plume d’Olivier Berruyer l’essentiel de mes remarques faites il y a plusieurs mois […]. Je retrouve également avec plaisir les deux courbes d’évolution durant les dernières centaines de milliers d’années, permettant de remettre sur la sellette la question essentielle restée sans réponse :
– les concentrations reconstituées du CO2 (ppm) au cours des millénaires font apparaître des variations totales de 100 ppm, périodiques tous les 100 000 ans, pour une variation totale de température de l’ordre de… 10°C.
– une variation supplémentaire des mêmes 100 ppm depuis 1880 a donné une variation totale de la température… de 0,9°C, soit plus de dix fois plus faible !  »

Face à cette anomalie qui crève les yeux, Olivier Berruyer conclue néanmoins:
–  » Il n’est guère besoin de long commentaire : la corrélation est jusqu’à présent parfaite… »

J’avais pourtant accompagné cela de quelques attendus instructifs:
“L’astronome Milutin Milankovitch (1879 – 1958) a étudié les variations de la rotation de la terre autour du soleil ainsi que l’inclinaison de l’axe de la terre. Il a développé une théorie expliquant comment ces variations cycliques et les interactions qui existent entre elles sont à l’origine des variations climatiques à long terme.
À sa suite, quelques scientifiques russes comme Khabiboullo Abdoussamatov, ont expliqué le réchauffement global du climat de la Terre varie par l’intensité de l’énergie diffusée par le Soleil.
Et l’augmentation de la concentration de gaz carbonique qui en découle dans l’atmosphère, comme une conséquence de l’élévation de la température de l’océan mondial, due à l’augmentation de l’intensité du rayonnement solaire.
Il y a 40 000 milliards de tonnes de CO2 dissous dans les océans, en interaction permanente avec l’atmosphère, car le phénomène est réversible, sans compter 100 000 000 de milliards de tonnes sédimentées.
Or, l’homme n’a brûlé que 200 milliards de tonnes de pétrole durant l’ère industrielle depuis 1880.
Par conséquent, l’idée, largement répandue, du rôle déterminant de l’activité industrielle de l’homme dans le réchauffement climatique global, serait due au fait que l’on a pris la conséquence pour la cause, explique le chercheur cité.”
Si, comme le pense le scientifique russe Khabiboullo Abdoussamatov, c’est la température qui est la cause et non l’effet, l’inertie étant exclue (cf. site CNRS), cela expliquerait que nos rejets anthropiques actuels n’aient qu’une influence si marginale sur elle…
Ce qui devrait inciter à la prudence tous les extrapolateurs hatifs. »

» Cela explique sans doute pourquoi, depuis le début de l’ère industrielle, la température ne s’est élevée que de 0,9°C malgré les 200 Gt de pétrole déjà brûlé, soit la moitié du stock total estimé !
Cela explique aussi, inversement, pourquoi le passé récent post-glaciaire a connu des variations de température moyenne dix fois plus importantes, avec moins de gaz à effet de serre qu’aujourd’hui.
L’effet causal primaire est en effet dans l’autre sens: 10°C de plus ont produit l’équivalent nos rejets anthropiques de façon naturelle (dégagements des gaz dissous dans les mers), mais cette même quantité de rejets apportée en supplément par l’homme ne produit, en sens inverse, que 0,9°C d’augmentation !
Il serait donc sage, pour une information objective, de représenter sur les mêmes graphiques (i.e. depuis 800 000 ans) les variations de température en même temps que les concentrations. On y verrait la faible correlation inverse évoquée, sous la forme d’une température qui ne suit pas l’augmentation de concentrations brutale affichée à l’âge industriel.

Ces attendus justifièrent plus tard les billet 14 (Les cycles de Milankovitch) et 15 (Modelisation millénaire des températures) de la part d’O. Berruyer, ce qui ne l’empêchait pas de déclarer, au stade précoce sus-dit :
“les modèles montrent que ces variations d’ensoleillement devraient entraîner des variations de température d’environ 0,5 à 1°C”
Apparemment, la nature, tous les 100 000 ans environ, faillit gravement à de tels modèles…
Avertissons-là d’urgence de bien vouloir s’y conformer et marcher dans les clous !

AMPLITUDE DES VARIATIONS

Dans un autre billet précédent, je relevais les remarques pertinentes de l’intervenant Kandide
(C’était moi, sous un autre pseudo, pour ne point encourir les foudres de la censure qui s’était déjà manifestée) :
» L’abondance de considérations savantes sur le passé et le présent cache mal l’insignifiance relative des projections finales.
C’est la même impression de malaise qu’à la lecture du dernier numéro de La Recherche qui titre en couverture “Climat, ce qui nous attend vraiment” pour introduire la paléanto-climatologue V. Masson-Delmotte dont le livre (Climat, le vrai et le faux) est pourtant plus qu’ambigu à cet égard, comme on peut en juger::

Idées reçues (encadré dans le texte):
“L’accélération du réchauffement: L’impact radiatif des rejets… n’est pas proportionnel à leur concentration, mais au logarithme de leur concentration” (donc, effet de forte saturation et non d’amplification exponentielle).
“L’emballement par rejets de méthane: Les mesures récentes de la composition isotopique du méthane emprisonné dans les glaces suggèrent qu’une telle déstabilisation ne s’est pas produite pendant la dernière déglaciation, qui représente pourtant une réorganisation massive du système climatique.”

Cela rend d’autant plus incrédule à la lecture du passage, dans ce billet:
“On estime que l’extinction massive d’espèces lors du Permien-Trias il y a 250 millions d’années (disparition de 95 % de la vie marine et 70 % des espèces terrestres) pourrait avoir été causée par un tel emballement”,
surtout lorsqu’on apprend (Wikipedia) que cela fut d’origine tellurique, provoqué par une vague d’éruptions volcaniques liées à la tectonique des plaques, et privant l’athmosphère de la majorité de son oxygène.
On est loin de l’échelle anthropique !

En définitive, ce n’est pas la concentration en rejets qui est indicative pour nos conditions de vie, mais la variation de température elle-même, et surtout ses conséquences.
Or, les prévisions les plus pessimistes à ce égard restent très inférieures au réchauffement qu’a connu l’homme à la dernière déglaciation, il y a moins de vingt mille ans.
A titre indicatif, V.Masson-Delmotte rappelle que la variation du “niveau moyen des océans” fut alors “de 120 à 130 m”, alors que le GIEC prévoyait en 2007 pour la fin du siècle une fourchette de 18 à 59cm (à peine celle de la marée moyenne en méditerranée, qu’on considère habituellement comme négligeable voire inexistante). Même pas de quoi reculer sa serviette en bord de plage ! Sans doute est-ce la raison des révisions du GIEC en 2013: la fourchette devient 26 à 98cm en 2100. Là, il faudra être carrément en bord de plage atlantique ! On tremble à l’idée des migrants de la Côte d’azur demandant l’asile en Côte basque, au nom du droit au moindre effort…

C’est cette insignifiance relative des projections finales qui m’a fait dire en commentaire du billet “Cycle du carbone” qu’elles laissent une impression de malaise, face à l’activisme déployé par certains (GIEC, etc).
En revanche, l’épuisement des ressources fossiles elles-mêmes est en vue pour bientôt, et personne ne semble en prendre la mesure: ainsi, cette semaine, un député écologiste intervenait à l’assemblée pour critiquer les crédits alloués au programme ITER ! Là, les arguments inverses sont évoqués: une issue en 2050, voire la fin du siècle, semble alors une éternité aux impatients, plus nostalgiques, semble-t-il, de “la lampe à huile et la marine à voile”, comme disait le Général !

RAPIDITE DES VARIATIONS

Je ne voudrais pas laisser l’impression d’une quelconque « roublardise » d’O. Berruyer, qui fait montre, au contraire d’une honnêteté peu commune chez les auteurs en mettant en exergue lui-même (billet 8) un autre commentaire apocryphe critique (Jérémie), et non des moindres puisqu’il détruit l’une des dernières lignes de défense des « alarmistes » :

» Dans la série de graphiques, vient celui de l’évolution des températures sur 800 000 ans. A première vue, ce graphique prouve que sur une échelle de temps suffisamment grande, la situation qui nous “affecte” aujourd’hui n’a probablement rien d’anormale, surtout que nous voyons tous qu’elle correspond en gros au cycle (en fait, toutes ces données ont achevé de me convaincre).
Vous le savez, et reprenez alors le contrôle du lecteur :
– Ce que nous vivons est unique, car le réchauffement s’opère à une vitesse jamais vu : le réchauffement observé durant les 30 dernières années s’observait dans le passé plutôt sur 1 500 à 3 000 années !
Puis, plus loin :
– Ce qui se passe actuellement est sans conteste possible de nature différente de ce qui se passait lors des périodes de glaciations-déglaciations.

Pour commencer, si, désolé, mais c’est parfaitement contestable. Et j’entends même démontrer que votre affirmation ne repose sur rien à la lumière des données présentées.

Je voudrais m’adresser à tous et rendre une chose parfaitement claire sur les graphiques et les données à grande échelle de temps. Si vous constatez que les courbes sont nettement plus lisses à mesure qu’on s’éloigne de notre ère, c’est parce que lorsqu’on remonte loin dans le temps, il n’est POSSIBLE d’estimer la température moyenne QUE sur de très longues périodes. C’est pour CETTE raison que les 4 précédents réchauffements majeurs apparaissent si joliment réguliers (sur le graphique 800k ans), et EN AUCUN CAS parce qu’ils l’étaient réellement.
Il est impossible, étant donné les moyens à notre disposition, d’estimer les variations de la température moyenne il y a 100 000 ans sur des périodes inférieures à 5 000 ans (et je suis gentil).
PERSONNE, sur cette PLANÈTE, ne peut affirmer quoique ce soit sur les variations, de l’ordre du degré à peine et sur des périodes de 30 ans, qui s’opéraient il y a 20 000 ans et ne parlons pas de 200 000 ou 800 000.
Vous ne pouvez donc absolument pas affirmer que “le réchauffement observé durant les 30 dernières années s’observait dans le passé plutôt sur 1 500 à 3 000 années” dans le cadre de cette démonstration. Ni dans aucun autre cadre, puisqu’il n’existe pas de moyens de collecter les données qui permettrait cette affirmation.
La seule chose que ces graphiques prouvent, c’est qu’il est PROBABLE que notre situation actuelle n’ait rien d’anormale au vue des cycles à grande échelle qui rythment la Terre.
Pour le percevoir, il faut garder en tête : l’échelle des variations “anormales” observées dans le présent et le passé proche (< 1°), l’amplitude des variations à très grande échelle de temps (~12°) et l’imprécision des données quand on dépasse quelques milliers d’années.

Pour finir, mesdames et messieurs, je vous prie de croire que la communauté scientifique ne serait pas divisée si quoi que ce soit était prouvé (revoir la définition d’une preuve scientifique). D’autre part, les « spécialistes » que les médias choisissent d’éclairer ne sont pas forcément ceux qui ont raison ; en revanche vous savez tous que les prophéties de fin du monde font couler plus d’encre et imprimer plus de papier que les « ben non tout va bien en fait ». Just saying.
J’aimerai donc vous soumettre une devinette pour conclure mon argumentaire :
A votre avis, quelle espèce, après 7000 magnifiques années d’Histoire et de développement technologique, décide en une décennie et sur la foi d’hypothèses, qu’il faut drastiquement réduire sa production globale et mettre au rebut les technologies assurant 80% de sa production d’énergie et de ses transports ?
Mon avis à moi ? Une espèce menacée. »

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368 – Commentaire d’Hadrien

Merci Hadrien


Cher André-Jacques,

Heureux de constater que tes analyses sont toujours prémonitoires de l’actualité, à l’heure où l’insurrection des gilets jaunes bat son plein, alors que le billet ci-dessus est antérieur de dix semaines, date à laquelle personne ne présentait la précipitation des événements.
Mieux: personne ne peut nier que s »y entremêlent les trois aspects énumérés:
– L’effondrement financier,
– L’effondrement économique,
– L’effondrement climatique,
J »oserai même en ajouter un quatrième:
– L’effondrement démocratique,
qui renvoie au partenariat avec Etienne Chouard et sa croisade pour une réhabilitation de la démocratie directe à l’Athénienne (stochocratie), plus que jamais d’actualité.
En regard, ta remarque « Moi, j’ai l’impression d’avoir fait tout mon possible pour prévenir, depuis de longues années, tous ceux qui me lisent ou m’écoutent » prend tout son sens et paraît même bien modeste…
J’avais moi-même été initié au premier des trois thèmes par la lecture de « La dette publique…, A qui profite le système? » et amené à m’interroger naturellement aux autres, dans mes interventions antérieures sur ce blog. Ma retraite et mon retour à mes anciennes amours scientifiques, m’ont paradoxalement éloigné des blogs mais je profite d’un bref séjour au vert pour y déroger en empruntant l’e-mail de mon hôte.
Sur le premier thème, je ne résiste pas au plaisir d’une récapitulation dans laquelle tu reconnaîtra tes petits:
On a fait sans le marché financier pendant les « Trente glorieuses » et on s’en est très bien portés, avec une croissance moyenne annuelle de 5,6%. De Gaulle avait déclaré « je ne gouverne pas à la corbeille » et la période Gaulliste jusqu’à la mi-mandat Pompidou fut effectivement caractérisée par une longue décrue des cours boursiers, comme en atteste leur historique.
Il est donc intéressant de savoir comment on en est arrivés aujourd’hui là… où l’on a voulu nous mener, c’est à dire à « la servitude volontaire » des Etats en faveur du « monde de la finance » !

Mais rappelons tout d’abord l’origine des temps qui nous concernent:

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367 – Phase terminale?

Pour Pablo Servigne, co-auteur de l’ouvrage « Comment tout peut s’effondrer », le mot crise n’est plus approprié à notre situation présente. C’est le terme d’effondrement total qu’il convient désormais d’évoquer.

En l’occurrence, dit Pablo Servigne il n’est plus possible de revenir en arrière, plus possible d’enrayer la chute. L’effondrement en cours est trop avancé. D’autant qu’il existe plusieurs foyers d’effondrement qui se complètent et se renforcent :

  • L’effondrement financier,
  • L’effondrement économique,
  • L’effondrement climatique,

Pourquoi allons-nous vers une crise monétaire, financière et économique « terminale » ?

Quelques chiffres issus du livre de  François Morin,  [Professeur émérite en sciences économiques à l’Université de Toulouse 1, qui  a également été membre du Conseil Général de la Banque de France  (de 1985 à 1993) et du Conseil d’analyse économique]

Une poignée de banques dites systémiques – 28 sur les 8 000 établissements bancaires exerçant actuellement dans le monde – sont constituées en un oligopole bancaire. La puissance économique et politique de cet oligopole nous prive des moyens d’empêcher l’avènement d’un cataclysme d’ampleur inédite. Si l’une de ces banques tombe, elle entraînera TOUT le système bancaire et financier dans sa chute. Les Etats n’auront aucun moyen d’intervenir sur ces montants .

– Le montant total des bilans de ces 28 banques représente à fin 2012,  50 350 milliards de dollars soit # 45 000 milliards d’euros (PIB France = 2000 milliards d’euros). Quasiment le montant de la dette publique mondiale.

– 10 des plus grosses parmi les 28 banques dites « systémiques »  ont une taille de bilan qui dépasse le PIB de la France . Dans celles ci, 4 américaines, 2 françaises, 1 allemande, 1 anglaise,  1 japonaise, 1 chinoise

– Mais il y a mieux, ce sont les produits dérivés, hors bilan.

Un produit dérivé ou contrat dérivé est un instrument financier  :

·     dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un autre produit appelé sous-jacent ;

·     qui ne requiert aucun placement net initial ou peu significatif ;

·     dont le règlement s’effectue à une date future.

Ce produit consiste en un contrat entre deux parties,  fondé sur un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier.

L’actif sous-jacent, ce sur quoi porte l’option, peut être par exemple :
·     une action cotée en Bourse ;
·     une obligation ;
.    un indice boursier, comme le CAC 40  ;
·     une  matière première (blé, pétrole, cuivre, sucre…) ;
·     un taux de change ;
·     un taux d’intérêt
·     des flux financiers liés à la réalisation d’un événement prévu dans le contrat, comme le défaut de paiement d’une entreprise, un événement climatique, une catastrophe naturelle, etc.

L’instrument principal est le credit default swap dit CDS. Il s’agit d’un contrat entre un vendeur de protection et un acheteur de protection sur une entité (entreprise, collectivité locale, pays, etc.) de référence pour une durée fixée par lequel :
·     l’acheteur s’engage à payer un montant périodique et régulier pendant la durée du swap ;
·     en échange du paiement par le vendeur d’une certaine somme dans le cas où se produirait, pendant la durée du CDS, un certain type d’événement, prévu par le contrat, affectant le crédit de l’entité de référence (défaut de paiement d’intérêts, surtout).

90 % des transactions de produits dérivés sont négociées de gré à gré. Ce type de négociation est plus discret et moins cher que le passage par des marchés organisés. Il est notamment utilisé par les hedge funds et des sociétés créées par les banques. Les engagements pris n’affectent pas les bilans ni les chiffres officiels de solvabilité

– Fin 2014, seulement 18 des 28 banques systémiques détenaient pour 720 000 milliards de produits dérivés.  Pour prendre un élément de comparaison, le PIB  de la France se monte à 2000 milliards soit quasiment 300 fois moins !

– Rien que pour la France : le bilan des 4 banques systémiques françaises est égal à 3 fois le PIB français et leurs produits dérivés à 44 fois (pour  86 fois au Royaume Unis)

Prenons un exemple, celui du marché des changes :

Le volume des transactions sur le marché des changes atteints 5.300 milliards de dollars par jour en avril 2013.

5.300 milliards de dollars par jour, c’est presque 2 millions de milliards par an, soit 25 fois le PIB mondial nominal en 2013 (73.000 milliards), rien que pour les échanges de devises !

Cela revient à dire que les simples échanges de devises représentent 25 fois l’économie réelle ! Si l’on ajoute à cela l’ensemble des transactions qui ne sont pas directement rattachées à l’économie réelle des ménages et des entreprises, c’est-à-dire à l’activé économique traditionnelle, nous atteignons des sommes qui dépassent l’entendement.

Ce que l’auteur, François Morin,  démontre dans son ouvrage c’est que les banques systémiques occupent des positions dominantes sur plusieurs marchés fondamentaux de la finance globale. Il met en évidence les liens d’interdépendance entre les membres de cet oligopole bancaire, tant financière qu’institutionnelle, à travers leurs participations aux institutions internationales. Tout cela leur donne la capacité réelle de déstabiliser la planète entière à travers leurs abus qui ont été mis en évidence lors des nombreux scandales révélés ces derniers temps : subprimes, manipulation du Libor, du marché des changes ou des produits dérivés. Ce fonctionnement frauduleux est à l’origine d’une partie du surendettement public actuel et les amendes que se sont vues infliger certains établissements ne changeront rien aux pratiques en vigueur.

Le constat étant fait, on en arrive à la question fondamentale de savoir si nous avons les moyens d’éviter le scénario catastrophe qui se profile à l’horizon, provoqué soit par l’éclatement de la bulle obligataire ou du marché des actions, soit plus probablement par la faillite d’une banque systémique, et qui verrait toutes les tensions internes et géopolitiques existantes, pour le moment, contenues, provoquer des affrontements en tout genre.

François Morin propose une solution pour remédier aux graves dysfonctionnements de la finance : la mise en place d’une monnaie commune internationale et la réintroduction des taux de change fixes. Mais comme il l’écrit lui-même, cela « suppose une communauté internationale suffisamment rassemblée pour définir ses intérêts collectifs ». En aurons nous les capacités et les volontés internationales? Certainement pas à mon sens.

J’ai prôné en son temps  la pure et simple nationalisation de la monnaie et la limitation de l’émission de celle ci par la seule Banque de France au bénéfice du Trésor Public (cette proposition impose une souveraineté totale que nous n’avons plus avec l’euro) donc l’interdiction pour les banques commerciales de créer leur propre monnaie de crédit, simultanément à une garantie totale par la Banque de France de l’ensemble des comptes de transaction (les montants des « dépôts à vue » des particuliers et des entreprises) qui seraient, à partir de cette décision politique,  totalement garantis.

Que ce soit l’une ou l’autre des solutions proposées par quelques économistes, elles ne seront malheureusement pas mises en place avant un effondrement, et après il sera trop tard.

Il est difficile de prévoir toutes les conséquences d’un tel « crash », mais on peut citer l’arrêt des transactions économiques induisant à très faible délai l’effondrement des réseaux de distribution (alimentaire, eau, électricité, gaz, carburants). Le traitement des eaux grises, l’assainissement en général, la production et distribution de médicaments et de soins, etc., ne seront plus assurés. Le « sauve qui peut » sera général et les pires « hordes sauvages » feront tout pour survivre.

On peut répondre et argumenter qu’en cas de prémisses d’un tel crash les Gouvernements réagiraient rapidement… je ne le pense pas; ce sera trop brutal.

Aujourd’hui, vous le savez, l’économie fonctione à « zéro stocks » ce qu’on appelle aussi le « flux tendu » ; l’autonomie alimentaire d’une ville moyenne n’est que de quelques jours.

Pour ma part je suggère à mes amis de mettre de coté, dans la mesure de leurs moyens, une somme importante en espèce, quelques pièces d’or et des biens échangeables, d’organiser pour leurs enfants ou petits enfants des « bases autonomes durables » en les orientant vers les métiers indispensables dans des sociétés qui pourraient très bien se retrouver « féodales » ou dictatoriales. Je leur dis aussi de s’équiper de quoi survivre plusieurs mois et se défendre, enfin de ne surtout pas rester en ville dès que les premiers « symptomes » apparaîtront (fermeture des banques, DaB vidés, magasins fermés, queue aux pompes à essence, panique consumériste, voitures brulées, grève des transports, blocage d’autoroutes, etc) : lorsque la loi martiale sera décrétée, il sera déjà trop tard !

Mais l’attitude majoritaire reste sans conteste au déni de la réalité, tous étant obnubilés par leurs profits à courte vue. Moi, j’ai l’impression d’avoir fait tout mon possible pour prévenir, depuis de longues années, tous ceux qui me lisent ou m’écoutent.

 

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366 – écomonétarisme

Je pense vraiment qu’il est trop tard comme je le signale dans le précédent billet : les 0,001% ont gagné ! Leur but est de s’accaparer tous les actifs des banques qui feront faillite, tout en imposant aux débiteurs (ceux qui ont des dettes envers les banques) de payer celles ci. Bien sur, toutes les banques qui auront fait faillite ne rembourseront pas leurs dettes : les comptes bancaires et les épargnes. Il en sera sans doute de même des assurances-vie et peut être des pensions versées par les fonds de pension.

Quel système social, écologique et monétaire pourrions-nous espérer sur le très long terme, quand le balancier de l’histoire chassera cette caste ?

Application du système monétaire préconisé dans l’Ecosociétalisme: l’écomonétarisme.
Explications (1) selon 
Brieuc Le Fèvre

Par écomonétarisme, nous entendons le système monétaire propre à l’écosociétalisme, qui est lui-même l’architecture économique propre à la société sociétale. L’écomonétarisme est donc un système monétaire sociétal, et se trouve au coeur de la seule l’alternative socio-économique aujourd’hui crédible pour remplacer le système capitaliste ultra-libéral: l’écosociétalisme.

Pour entrer dans l’écomonétarisme avec quelque chance de le comprendre, il faut commencer par abandonner tous nos préjugés, toute notre culture, toutes nos croyances et certitudes actuelles sur la monnaie, car l’ensemble des concepts présents n’est applicable qu’aux monnaies capitalistes. La monnaie écosociétale est tout autre, et, hormis le nom de monnaie et la fonction d’échange, elle ne possède rien de commun avec les monnaies capitalistes.

En particulier, la monnaie écosociétale, appelée le « merci », ne possède pas de valeur en elle-même, ce qui interdit tout jeu boursier où elle pourrait s’échanger, se coter, s’achèter et se vendre. La monnaie écosociétale n’a de valeur que parce qu’elle permet d’acheter un bien ou un service, que parce qu’elle est, dès l’origine, la contre-partie d’un travail.

De fait, l’écomonétarisme propose que chacun, pour son travail, reçoive une certaine quantité de mercis, créés pour l’occasion. Cette rémunération est variable en fonction de critères écosociétaux (utilité, pénibilité, dangerosité du travail, qualification du travailleur), et surtout indexée sur le temps. Le travail lui-même, ou plutôt la production résultante a pour prix de vente brut la somme des mercis reçus par le producteur pour le réaliser. Ainsi, il y a sur le marché juste autant de monnaie en possession des citoyens que la valeur des production disponibles.

La monnaie reste dans le portefeuille électronique de chaque travailleur jusqu’à ce que celui-ci décide d’acquérir quelque chose, bien ou service. Alors, la monnaie est purement détruite, effacée. En effet, la monnaie « dépensée » à cette occasion correspond à la somme des mercis émis pour « remercier » le producteur du bien. Une fois ce bien acquis, il est retiré du marché. La monnaie ayant rempli son office, elle n’a plus lieu d’être. Elle est donc détruite.

Le principe écosociétal de création/destruction de la monnaie fait que sans production, la monnaie, non seulement n’a pas de valeur, mais même elle n’existe pas, puisqu’elle n’est créée qu’à l’occasion d’un travail!

Pas de travail, pas de richesse, pas de monnaie symbolisant la richesse. Ce constat simple et lumineux est au coeur de l’écomonétarisme. Nous devons soigneusement le conserver dans un coin de notre esprit, car nous aurons bientôt à affronter de nouveau le lien qui subordonne le symbole à la richesse, et qui interdit au symbole d’exister quand la richesse n’est pas.

La monnaie ainsi créée à l’occasion d’un travail permet l’échange direct et immédiat entre praticuliers-producteurs, et n’est guère à ce stade qu’une amélioration du troc. Elle doit donc trouver le moyen de répondre également aux nombreux transferts de matières et produits du monde industriel d’aujourd’hui. Nous pouvons y arriver, mais à condition là encore de rejeter vigoureusement nos réflexes capitalistes.

L’écosociétalisme instaure la liberté d’entreprendre sans propriété privée de l’outil de production et sans capital d’investissement. L’entrepreneur, comme dans le capitalisme, commence par établir un dossier, qui prouve que le marché existe pour la production envisagée, et que la dite production est respectueuse de l’environnement et de la société (voire est bénéfique, donc sociétale). Dans ce cas, la communauté autorise l’entrepreneur à recevoir les équipements nécessaires pour démarrer immédiatement son entreprise.

La gestion écomonétaire comptabilise tout ce qui entre dans l’entreprise (machines, consommables, matière première, équipement, mobilier, etc), et y fait correspondre le prix brut de vente de la production, avec étalement du report de prix sur la période d’amortissement présumé de chaque item. Il s’agit donc de reporter le prix de chaque bien entrant dans l’entreprise, divisé par le nombre présumé d’objets qui seront produits au cours du temps présumé de vie de l’équipement, sur le prix de chaque objet fabriqué. Il faut aussi, bien sûr, ajouter à ce prix brut de production l’ensemble des salaires versés au sein de l’entreprise durant le temps de la production de l’objet (par exemple: 10000 mercis quotidiens de salaire, 1000 objets fabriqués par jour, prix de vente brut de l’objet, hors amortissement: 10 mercis).

L’écomonétarisme est donc organisé pour pouvoir « transférer » sur le prix de vente final l’ensemble des mercis utilisés pour transformer une matière première en objet fini. Il est par conséquent possible d’appliquer le schéma de création/destruction de la monnaie présenté ci-dessus à chaque étape de la transformation impliquant un travail humain, y compris la fabrication des machines, des outils, des bâtiments, etc.

Le consommateur final paiera, au total, une somme de mercis qui correspondra assez fidèlement au nombre d’heures de travail qui auront été nécessaires pour produire l’objet convoité, puisque chaque intervenant est payé en relation directe avec son temps de travail.

En conséquence du report des amortissements sur le prix de vente final, ce sont les consommateurs qui détruisent, in fine, la monnaie créée pour remercier les travailleurs qui ont fabriqué les machines, équipements, consommables, etc. L’entreprise, elle, les a reçus sans rien débourser, et n’est donc en rien propriétaire de ses outils; elle n’en est que le dépositaire, sous contrat avec la communauté. L’entrepreneur n’est donc pas propriétaire de son entreprise, mais il n’est pas non plus responsable financièrement en cas de problème! Il est un salarié comme les autres, dont le rôle est d’organiser au mieux le production.

Cette situation, éventuellement moins gratifiante sur le plan personnel, est aussi beaucoup plus reposante, et permet d’envisager des actions qui, pour la capitalisme, seraient qualifiées de « risquées ». En effet, l’écomonétarisme supprimant le recours aujourd’hui obligatoire à des fonds d’investissement privés, et libérant de ce fait l’entreprise aussi bien de la nécessité de remboursements à échéance que du contrôle absolu d’actionnaires anonymes, rend au chef d’entreprise toute sa liberté de mouvement quant à ses choix stratégiques.

Ce schéma de production est cohérent et satisfaisant, mais ne prend pas en compte le fait qu’une grande partie de la population ne travaille pas encore, ne travaille plus, ou bien ne peut travailler, pour quelque raison que ce soit. Sachant qu’il est impossible de créer du symbole monétaire sans contre-partie réelle, comment permettre la répartition de la richesse commune entre tous les membres de la société?

Le capitalisme crée des taxes. L’écomonétarisme crée le transfert de valeur, bien supérieur à la taxation en ceci que la somme des symboles distribués (la monnaie) ne dépend pas de la production, ce qui implique que la monnaie n’est jamais trop rare. Par contre, le pouvoir d’achat des symboles sera fonction de la quantité de biens produits. Ceci est exactement le contraire d’une taxe, dont le montant dépend de la production, mais qui ne fait pas varier le pouvoir d’achat des symboles.

Notre transfert de valeur est appelé ainsi car il transfère sur les biens produits la valeur des symboles créés pour celles et ceux qui ne travaillent pas. Cette monnaie constitue le Revenu Sociétal, qui est unique et inaliénable pour tous les humains, sauf les enfants pour lesquels il est proportionnel à l’âge (besoins croissants avec l’âge).

L’écomonétarisme possède donc une « anti-taxe » unique, le Transfert EcoSociétal, que nous appelons toutefois, par souci de compréhensibilité « Taxe EcoSociétale » ou TES (parfois noté « Contribution Eco Sociétale » => CES) , qui permet en fait de « diluer » le pouvoir d’achat des travailleurs, en en donnant un peu aux non-travailleurs. Ce Revenu Sociétal, aussi appelé « viatique », est donc de la monnaie créée sans travail, ce qui semble contraire à notre principe primordial: pas de symbole sans richesse. Sauf que, par le jeu de la TES, les dits symboles sont désormais « assis » sur la richesse.

Comme conséquence, il y a qu’une société écosociétale ne saurait faire vivre ses membres du seul viatique. En effet, si il n’y a pas de travail, donc pas de richesse, les symboles pourront toujours être créés, mais ils n’auront pas de pouvoir d’achat. Ce sera de la monnaie de singe. Ainsi, par un mécanisme auto-régulateur, une société qui verrait son activité ralentir verrait parallèlement le pouvoir d’achat de ses symboles diminuer, ce qui imposerait à ses membre de travailler pour en acquérir plus (car le salaire s’ajoute au viatique). Par suite, la richesse augmente, donc le pouvoir d’achat des symboles aussi.

Mais allons encore un peu plus loin. Puisque l’écomonétarisme permet de créer des symboles monétaires en les « asseyant » sur la richesse, il va être possible de créer des revenus pour du travail qui ne crée pas de richesse marchande, palpable, commerciale. C’est-à-dire qu’il est possible de fonder une société civilisée complète en finançant l’indispensable service public. En effet, par le jeu du TES, il est possible de transférer sur la richesse « marchande » la valeur des symboles créés pour remercier tous ceux qui travaillent au service de la communauté, comme les médecins, les infirmières, les professeurs et éducateurs, les chercheurs, les artistes, etc.

Toutes les personnes qui travaillent pour l’ensemble de la communauté reçoivent de la monnaie, laquelle sera in fine détruite par la consommation de biens et de services par l’ensemble de la même communauté. L’écomonétarisme est un système économique réellement solidaire, puisque les producteurs de biens et services « marchands » construisent, en travaillant, l’assise du TES. Par suite, ils permettent de « remercier », par la création de monnaie, les producteurs de biens et services « non marchands » dont tous profiteront (routes, ponts, réseaux d’eau, de télécom, d’électricité, hôpitaux, garderies, personnel d’accompagnement, de santé, etc).

Ces quelques lignes ont déjà défini l’essence de l’écomonétarisme, et les bases d’un système sociétal. En effet, il suffit désormais d’énoncer ces trois règles simples pour inventer l’écosociétalisme:

(1) Le salaire est proportioné à la sociétalité de la production, et maintenu dans une fourchette de 1 (salaire de base) à 3 (salaire maximum), afin d’éviter la création de profondes inégalités anti-sociétales, sources de conflits.

(2) La Taxe EcoSociétale (TES) est proportionné à la sociétalité de la production, de telle sorte que les productions les plus sociétales soient favorisées.

(3) Le viatique (« revenu de base » ou « revenu citoyen ») est fixé de telle sorte qu’il permette une vie digne à ceux qui ne vivent que de cette monnaie (nourriture, vêtement, logement).

Le détail des manières de fixer les salaires et le TES, ou encore le montant du viatique ou la façon de le calculer, ainsi que les biens et services entrant dans le « service public », peuvent être variables d’une communauté à l’autre. Mais le noyau dur, incontournable, de l’écosociétalisme est bien là: l’écomonétarisme fonde le seul système socio-économique post-capitaliste qui soit aujourd’hui crédible.

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365 – Trop tard

Les 0,01% , c’est-à-dire les grands banquiers, les grands capitalistes et autres « grands » qui travaillent pour eux, ont gagné, c’est pour moi évident. Voyant que la population continue à croître et veut augmenter son niveau de vie (donc sa consommation globale), que la pollution s’installe, que les réserves d’énergie fossiles et celles de matériaux s’amenuisent, que le climat se réchauffe trop, que les océans s’acidifient et leurs ressources naturelles disparaissent, que voulez vous qu’ils fassent pour sauver leur classe, leur mode de vie et leurs descendants, puisqu’il n’est pas question de partager et que même le partage ne suffirait pas?

Selon moi, et sans chercher à être complotiste, leur seule solution – je dis bien « de leur point de vue » – consiste à créer les troubles amenant partout aux guerres et aux guerres civiles, afin de laisser se réduire drastiquement les populations et peut être ensuite de se poser en sauveurs / dictateurs avec la pauvreté installée partout mais beaucoup d’argent à prendre en taxes et reconstruction.

C’est à mon avis le plan mis en œuvre: attendez vous dans un délai très court à un effondrement global (voir lien wikipédia) de nos sociétés de consommation,et nous ne pourrons rien y faire si ce n’est « sauver les meubles »

C’est dans cet esprit que nous avons créé sos maires, parce que les Maires des communes rurales restent le seul canot de sauvetage collectif.

Et c’est dans cet esprit que nous avons créé   entraide-humanum parce que la coopération entre ruraux et urbains sera pour beaucoup le gilet de sauvetage individuel.

N’attendez pas trop!

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364 – S.O.S.

Vous le savez: comme des dizaines d’économistes , de chercheurs, de politiques, je considère que nous nous rapprochons dangereusement d’un effondrement.

A mon avis, celui-ci sera double. D’une part un effondrement de long terme du au réchauffement climatique, à la pollution, au pic des produits pétrolier, à la surpopulation, et donc je rejoins Meadows sur ces points (faites une recherche sur ce nom dans ce site, il y a plusieurs articles), d’autre part , au sein de cet effondrement long, un effondrement brutal qui sera causé comme la plus part des crises financières et économiques : spéculation effrénée, effondrement d’une banque « systémique », effondrement marché boursier / devises / obligations, suivi d’un effondrement du système bancaire, lui même suivi d’un effondrement économique et des réseaux (électricité, eau, alimentation, santé, etc… ). … je vous laisse imaginer ce futur dystopique qui, a mon avis, ne devrait pas tarder et sera extrêmement brutal, de l’ordre de quelques jours.

Avec quelques amis, nous avons considéré que si nous n’avons aucun espoir d’empêcher ce collapse, nous pouvons au moins essayer d’en limiter les conséquences pour quelques uns de nos concitoyens qui auront bien voulu nous écouter. Pour ce faire, nous avons créé deux sites internet:
https://entraide-humanum.org/ qui propose de mettre en relation urbains et ruraux
https://sosmaires.org/ qui propose d’alerter et d’aider les Maires des communes rurales

Merci à mes lecteurs de diffuser ces deux adresses.

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363 – Yves Cochet

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