351 – abc du déficit budgétaire (3)

La différence cruciale entre un système monétaire basé sur une monnaie convertible en or et une monnaie fiduciaire (fiat) est que sous un système étalon-or, le gouvernement national doit émettre de la dette pour couvrir ses dépenses au delà des revenus de l’impôt.
La fin de Bretton Woods fut l’interruption finale entre les matières premières qui ont une valeur intrinsèque et les monnaies nominales.
Depuis ce moment, les gouvernements ont utilisés la monnaie fiduciaire (fiat) comme base du système monétaire.Une des conclusion fondamentale de MMT est qu’il n’y a pas de différence fonctionnelle (pour un État souverain émetteur en monopole de sa monnaie dans un monde à taux de change flottant) entre un « bon du Trésor » et la « monnaie », sauf en ce qui concerne le terme (intérêts contre aucun intérêt) et la durée.

Ainsi, il n’y a pas de différence entre un déficit « financé » par l’émission d’obligations et par la création monétaire directe – les deux sont « inflationnistes » (ou non) dans le sens où ils ajoutent à la demande globale, et les deux ajoutent des actifs financiers nets (monnaie) au secteur privé.

Le croque-mitaine de la « planche à billets » est une relique de l’époque de l’étalon-or, dans lequel la « monnaie » était convertible en or et la « dette » ne l’était pas.
Les ressources réelles peuvent être « imprimées » à la condition qu’il y ait des capacités inutilisées dans l’économie. Si le gouvernement embauche les chômeurs, le travail qui est effectué est un travail qui n’aurait pas été réalisé autrement et représente une production qui aurait été perdue à jamais.

L’abc du déficit budgétaire – Troisième partie

2 Mars 2009

Bill Mitchell est Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia.

C’est la troisième partie de l’abc du déficit budgétaire, qui est une série que j’écris pour aider a comprendre pourquoi nous ne devons pas avoir peur des déficits. Dans ce blog nous considérons les impacts du déficit sur le système bancaire pour dissiper les mythes récurrents que les déficits augmentent les besoins d’emprunt du gouvernement et qu’ils poussent les taux d’intérêts a la hausse. Les deux arguments sont apparentés.

Les conclusions importantes sont: (a) les déficits introduisent des dynamiques qui mettent une pression a la baisse sur les taux d’intérêts; et (b) l’émission de dette par le gouvernement ne « finance » pas sa dépense.
La dette est émise pour soutenir la politique monétaire qui s’exprime par la volonté de la RBA (banque centrale australienne) de maintenir un taux d’intérêt ciblé.

Dans L’abc du déficit budgétaire – Première partie, (V.O. ici) j’ai fourni un diagramme qui décrivait la relation verticale entre le gouvernement et le secteur non-gouvernemental par lequel les actifs financiers nets (monnaie) entrent et sortent de l’économie.
Quelles sont ces transactions verticales entre le gouvernement et le secteur non-gouvernemental et quel est leur importance dans la compréhension du fonctionnement de l’économie?
Voici un autre diagramme apparenté (pris de mon dernier livre « Le plein emploi abandonné: sables mouvants et échecs politiques« ) pour aider a la connexion des pièces.
Je vous suggère de cliquer sur l’image ci-dessous pour l’afficher dans une nouvelle fenêtre et l’imprimer pour l’avoir à côté de vous pendant que vous lisez le reste du texte.

Relations monétaires verticales et horizontales

Vous verrez que ce diagramme comporte plus de détails que le diagramme original de la Première partie, qui montrait les relations essentielles entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental arrangés verticalement.

En vous concentrant d’abord sur la chaine verticale, vous verrez que l’assujettissement à l’impôt se trouve tout en bas du composant vertical, exogène, de la monnaie. Le secteur gouvernemental consolidé (le Trésor et RBA (banque centrale)) est au sommet de la chaîne verticale parce qu’il est l’émetteur exclusif de la monnaie. La section du graphique du milieu est occupée par le secteur (non-gouvernemental) privé. Il échange des marchandises et des services pour les unités monétaires de l’état, paie des impôts, et accumule le résiduel (qui est dans le sens comptable, les dépenses fédérales) sous la forme: d’especes en circulation, des réserves (soldes bancaires detenues par les banques commerciales a la RBA) ou des obligations (bonds du Trésor) gouvernementales ou des titres (dépôts; offert par la RBA).

Les unités monétaires utilisées pour le paiement des impôts sont consumées (détruites) dans le processus de paiement. Étant donné que le gouvernement national peut émettre des unités monétaires papier ou des informations comptables a la RBA à volonté, les paiements des taxes ne fournissent pas a l’Etat une capacité supplémentaire (reflux) de dépense.

Les deux branches du gouvernement (le trésor et la banque centrale) ont un impact sur le stock d’actifs financiers accumulés dans le secteur non-gouvernemental et la composition des actifs.
Le déficit gouvernemental (les opérations du trésor) détermine le stock cumulé d’actifs financiers dans le secteur privé. Les décisions de la banque centrale déterminent alors la composition de ce stock en termes de billets et pièces de monnaie (espèces), de réserves bancaires et d’obligations d’État.

Le diagramme ci-dessus montre comment le stock cumulé est détenu dans ce que nous désignons par « la boite a trésor » du Secteur Non-gouvernemental, qui entrepose les stocks de monnaie fiduciaire (fiat), les réserves bancaires et les obligations d’État. J’ai inventé cette analogie de « boite a trésor » pour désabuser le public de la notion que quelque part à Canberra (capitale australienne) il y avait un endroit de stockage où le gouvernement national mettait à part tous ces excédents budgétaires pour une utilisation postérieure — ce qui était l’affirmation principale du régime fédéral précédent. Il n’y a en réalité aucun endroit de stockage parce que quand un excédent est exécuté, le pouvoir d’achat est détruit pour toujours. Cependant, le secteur non-gouvernemental a certainement un « boite a trésor » dans le système bancaire et ailleurs.

Tous les paiements provenant du secteur gouvernemental en direction du secteur non-gouvernemental qui ne finance pas l’assujettissement à l’impôt, restent dans le secteur non-gouvernemental sous forme d’espèces, de réserves ou d’obligations. Donc nous pouvons comprendre le stockage d’actifs financiers dans la « boite a trésor » comme étant l’image en miroir des déficits budgétaires cumulés.

Les impôts sont au bas de la chaîne verticale exogène et vont droit au dépotoir, ce qui souligne qu’ils ne financent rien. Tandis que les impôts réduisent le solde des comptes bancaires du secteur privé, le Gouvernement n’obtient en réalité rien — les réductions du solde sont comptabilisées, mais ne vont nulle part. Ainsi le concept d’épargne faite par un gouvernement émetteur de sa propre monnaie fiat n’a aucune pertinence. Les gouvernements peuvent utiliser leurs dépenses nettes pour acheter les actifs stockés (dépensant les surplus en or par exemple ou, comme en Australie, d’actifs financiers du secteur privé stockés dans le « Future Fund ») mais ce n’est pas la même chose de dire que, quand les gouvernements font des surplus budgétaires (les impôts sont en excès par rapport aux dépenses), les fonds sont stockés et peuvent être dépensés dans l’avenir. Ce concept est erroné. Finalement, les paiements résultant de la vente d’obligation sont aussi comptabilisés comme une ponction sur la liquidité, mais vont aussi au « dépotoir ».

Les marchés du crédit privés représentent les relations horizontales (décrites par les flèches horizontales) et logent l’activité de crédit par effet de levier par les banques commerciales, entreprises, et ménages (y compris étranger) que de nombreux économistes de tradition Post Keynésienne considèrent être un circuit endogène de la monnaie. La distinction cruciale est que les transactions horizontales ne créent pas d’actifs financiers nets — tous les actifs créés sont compensés par une dette équivalente donc le résultat net de ces transactions est égal a zéro.
Les implications de cela vont être examinées bientôt quand nous considèrerons l’impact de la dépense nette du gouvernement sur la liquidité et le rôle de l’émission d’obligation d’État.

L’autre point important est que l’activité d’endettement privé, dont le résultat net est zéro, n’est pas une partie opérationnelle de la « boite a trésor » ou sont stockés monnaie, réserves ou bons.
Les banques commerciales n’ont pas besoin de réserves pour générer du crédit, contrairement a la représentation populaire faite dans les livres économiques standards.

Les opérations de la banque centrale ont pour but de gérer la liquidité dans le système bancaire, de façon a ce que le taux d’intérêt a court terme corresponde a la cible officielle qui définit la position courante de la politique monétaire. En achevant ce but, la banque centrale peut: (a) intervenir sur le marché interbancaire pour administrer journellement l’offre et la demande de fond;
(b) acheter certain actifs financiers a un taux réduit aux banques commerciales; et (c) imposer un taux de pénalité sur les banques qui requiert des fonds en urgence. En pratique, la gestion de la liquidité est en grande partie achevée a travers (a).
Cela étant dit, la fonction des opérations de la banque centrale existent pour compenser les facteurs opérationnels dans le système bancaire en changeant la composition des réserves, des espèces et titres, et n’altère pas les actifs financiers nets du secteur non-gouvernemental.

Les marchés de capitaux sont la où les banques commerciales (et d’autres intermédiaires) négocient des instruments financiers à court terme entre elles pour satisfaire aux exigences de niveau de réserves légal ou cherchent des fonds pour des fins commerciales. Selon le diagramme, toutes ces transactions sont horizontales et leur résultat net est égal a zéro.

Les banques commerciales maintiennent des comptes a la banque centrale, ce qui permet a leur réserves d’être administrer et aussi, au système de compensation de bien fonctionner. En plus d’établir le taux de prêt (taux d’escompte) la RBA fixe également le taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) qui est payé sur les réserves des banques commerciales. De nombreux pays (comme l’Australie, le Canada et les zones telles que l’Union Monétaire Européenne) maintiennent un rendement par défaut sur les comptes de réserve en surplus (par exemple, la RBA paie un rendement par défaut égale à 25 points de base, inférieur au taux au jour le jour sur le surplus des comptes de règlement d’échange). D’autres pays, comme le Japon, ne proposent pas de paiement d’intérêts sur les réserves bancaires ce qui signifie que l’excédent de liquidités persistant pousse le taux d’intérêt à court terme à zéro (comme au Japon jusqu’à la mi-2006) à moins que le gouvernement ne vende des obligations (ou augmente les impôts). Le taux de soutien devient le taux d’intérêt plancher pour l’économie. Le taux d’intérêt cible opérationnel, qui représente la position de politique monétaire actuelle, est fixé par la banque centrale entre le taux de soutien et le taux d’escompte. Cela effectivement crée une bande [de variation] ou un écart dans lequel les taux d’intérêts à court terme peuvent fluctuer en même temps que la variabilité de liquidité. C’est cet écart que la banque centrale administre dans ses opérations quotidiennes. Dans la plupart des nations, les banques commerciales doivent maintenir conformément à la loi des soldes de réserves positifs à la banque centrale, accumulées au cours d’une période spécifique. À la fin de chaque jour, les banques commerciales doivent évaluer le statut de leurs comptes de réserves. Celles qui sont en déficit peuvent emprunter les fonds requis a la banque centrale au taux d’escompte. Alternativement, les banques qui ont des réserves en excès ne vont gagner que le taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) qui est en-dessous du taux d’intérêt du marché au jour le jour. Il est clairement profitable pour les banques qui ont des fonds en excès de prêter a d’autres banques en déficit au taux du marché. La compétition entre les banques qui ont un excès de réserves font pression a la baisse sur le taux a court terme (taux au jour le jour) et selon l’état des liquidités globale, peut conduire le taux interbancaire en dessous du taux d’intérêt cible opérationnel (taux de refinancement a la BCE). Quand le système est en excèdent cette compétition fait baisser le taux au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts). La demande pour les fonds a court terme sur le marché des capitaux est une fonction négative du taux d’intérêt interbancaire puisqu’à un taux plus élevé, moins de banques sont enclines à emprunter a d’autre banques leurs manques de réserves prévus, comparé au risque, à la fin du jour, de devoir emprunter a la banque centrale pour couvrir les prévisions erronées de la position de leur réserves. L’instrument principal de gestion de cette liquidité sont les opérations de marché, c’est-à-dire acheter et vendre la dette gouvernementale. Quand les pressions compétitives sur le marché de fonds au jour le jour conduisent le taux interbancaire en-dessous du taux cible voulu, la banque centrale draine la liquidité en vendant de la dette gouvernementale. Ces interventions de marché aboutiront donc à une valeur plus élevée pour le taux au jour le jour. De façon importante, nous caractérisons l’émission de dettes comme une opération de politique monétaire conçue pour fournir la maintenance du taux d’intérêt. C’est en contraste complet avec la théorie orthodoxe qui affirme que l’émission de dette est un aspect de la politique budgétaire et est requise pour financer le déficit.   Le point significatif de cette discussion que nous bâtissons est d’exposer le mythe de l’effet d’éviction en montrant que la dépense nette du gouvernement (déficits) qui n’est pas prise en compte par la banque centrale dans sa décision de liquidité, se manifestera en tant qu’excès de réserves sur les soldes provisoire (réserves bancaires) des banques commerciales a la banque centrale. Nous appelons cela un excédent a l’échelle du système. Dans ces circonstances, les banques commerciales feront face à un taux de soutien inférieur sur leurs réserves en surplus si elles ne cherchent pas d’échange plus profitables avec d’autres banques qui peuvent être déficiente en réserves. La compétition qui s’ensuit pour se débarrasser de l’excèdent de réserves met une pression a la baisse sur le taux au jour le jour. Cependant, parce que ce sont des transactions horizontales et leur résultat net est nécessairement zéro, l’échange interbancaire ne peut pas se débarrasser de l’excédent qui existe a l’échelle du système. En conséquence, si la banque centrale souhaite maintenir l’objectif de taux au jour le jour, elle doit donc drainer cette liquidité en excédent en vendant de la dette gouvernementale, qui est une transaction verticale.

Le mythe de l’effet d’éviction

Nous savons maintenant que c’est un mythe pour perpétuer l’idée qu’un gouvernement souverain dans sa monnaie est financièrement contraint. Ce mythe sous-tends les arguments d’économistes orthodoxes qui sont opposés a l’intervention du gouvernement dans la politique macroéconomique. Il y a un autre mythe persistant qui doit être dissipé – que les dépenses du gouvernement évincent les dépenses privées par leurs effets sur le taux d’intérêt.

Nous avons vu que la banque centrale administre nécessairement le taux d’intérêt et n’est pas soumise aux forces directes du marché. L’approche macro-économique orthodoxe soutient que les déficits persistants réduisent l’épargne nationale … [et exigent] … des taux d’intérêt réels plus élevés et réduisent les niveaux de dépenses d’investissement privés.

Malheureusement, les partisans de cette logique qui lie automatiquement les déficits budgétaires avec l’émission croissante de dette, et donc des taux d’intérêt en hausse, échouent à comprendre comment les taux d’intérêt sont fixés et le rôle que l’émission de dette joue dans l’économie.
Clairement, la banque centrale peut choisir de fixer et laisser le taux d’intérêt à zero pour cent, indifféremment, si cela doit être favorable aux taux d’investissement de maturité plus longue.

Tandis que nous avons vu que les fonds que le gouvernement dépense ne viennent de nulle part et la collecte des impôts ne va nulle part, il y a des impacts substantiels de la liquidité issue de la dépense nette du gouvernement. Si les fonds qui achètent les obligations viennent de la dépense du gouvernement, comme la logique de la comptabilité l’impose, alors toute notion que la dépense du gouvernement rationne l’épargne finie qui pourrait être utilisées pour l’investissement privé est un non-sens.

Un expert financier aux États-Unis, Tom Nugent le résume comme cela :

« On peut aussi voir que la crainte de la hausse des taux d’intérêt face a des déficits budgétaires en hausse n’a pas beaucoup de sens quand l’impact de la dépenses du déficit gouvernemental est pris en compte, parce que l’offre de titres du trésor offerts par le gouvernement fédéral est toujours égale aux fonds nouvellement créés. L’effet net est toujours fictif (« wash ») et le taux d’intérêt est toujours celui que la Réserve fédérale décide.
Notez qu’au Japon, qui a la dette publique la plus haute jamais enregistrée, déclassée de façon répétée, le gouvernement Japonais émet des bons du trésor à .0001 %! Si les déficits causaient vraiment la hausse des taux d’intérêts, le Japon aurait fermé il y a longtemps! « 

Comme je l’ai précédemment expliqué, seule les transactions entre le gouvernement fédéral et le secteur privé changent le solde du système. La dépense du gouvernement et les achats de titres gouvernementaux (bons du Trésor) par la banque centrale ajoute la liquidité et la taxation et les ventes bons du Trésor draine la liquidité. Ces transactions influencent la situation de trésorerie du système sur une base journalière, et pour n’importe quel jour, peuvent aboutir à un excédent (déficit) dans le système en raison de la sortie de fonds du secteur officiel étant au-dessus (au-dessous) de l’afflux de fonds en direction du secteur officiel. La situation de trésorerie du système a des implications cruciales pour la politique monétaire de la banque centrale parce que c’est un déterminant important dans l’utilisation d’opérations de marché (vente et achat de bons) par la banque centrale.

Voici un autre diagramme que j’ai dessiné pour vous aider a faire sens de cette partie de l’argumentation. Je vous suggère de cliquer sur l’image pour l’afficher dans une nouvelle fenêtre et l’imprimer en référence pour rendre l’argumentation plus facile a suivre.

Vous pouvez voir que les fonctions des branches du gouvernement sont résumés: (a) Le Trésor conduit la politique fiscale (budgétaire) que nous résumons par dépense du gouvernement et taxation qui ont un impact sur l’économie — soit par un excèdent (G > T) ou un déficit (G < T); et (b) La RBA (banque centrale Australienne) conduit la politique monétaire en fixant un taux d’intérêt cible. Elle doit aussi administrer le solde de trésorerie a l’échelle du système pour garder le contrôle de son taux cible. Elle fait cela en vendant/achetant de la dette gouvernementale pour influencer les positions des réserves des banques commerciales.

Donc pourquoi le gouvernement émet de la dette si ce n’est pas pour financer ses dépenses? C’est en fait plutôt pour maintenir ces réserves bancaires d’une façon telle, qu’un taux au jour le jour particulier peut être défendu par la banque centrale. Vous pouvez voir sur le diagramme que G ajoute des réserves et T les draine. Donc, a n’importe quel jour particulier, si G > T (un déficit budgétaire) alors les réserves sont globalement en hausse. N’importe quelle banques peut être a court de réserves mais globalement la somme totale des réserves bancaires est en excèdent. En Australie, les réserves au jour le jour rapportent moins que le taux cible (tandis que dans certain pays elles ne rapportent rien).
Donc c’est dans l’intérêt des banques commerciales d’essayer d’éliminer toutes les réserves indésirables a la fin de chaque journée. Les banques en excèdent vont essayer de prêter leur excédent de réserves sur le marche interbancaire. Certaines banques en déficit vont clairement être intéressées par ces prêts pour consolider leur position et éviter de devoir aller a la fenêtre d’escompte de la RBA qui est plus chère.

Le résultat, cependant, est que la compétition entre les banques en excèdent pour se débarrasser de leurs excès de réserves conduit le taux d’intérêt à court terme a la baisse. Mais, si vous avez compris la discussion ci-dessus au sujet des transactions horizontales (leur résultat net est égal a zéro!) alors vous êtes conscient que le système bancaire non gouvernemental ne peut pas par lui-même (conduire des transactions horizontales entre des banques commerciales – c’est-à-dire emprunter et prêter sur le marché interbancaire) éliminer l’excès de réserves a l’échelle du système que le déficit budgétaire a crée.

Ce qui est nécessaire est une transaction verticale – c’est-à-dire, une interaction entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental. Dans le diagramme vous verrez que les ventes d’obligation peuvent drainer les réserves en offrant aux banques un titre productif d’intérêt attractif (dette gouvernementale) qu’elles peuvent acheter pour éliminer leur excès de réserves.

C’est-à-dire, les ventes d’obligation (émission de dette) permettent a la RBA de drainer n’importe quel excès de réserves dans le système et restreindre la pression a la baisse sur le taux d’intérêt. En faisant cela, la banque centrale maintient son contrôle sur la politique monétaire. Point important:

*les déficits budgétaires font pression a la baisse sur le taux d’intérêt;

*la vente d’obligation maintient le taux d’intérêt cible de la RBA;

En conséquence, le concept de monétisation de dette est illogique. Une fois que l’objectif de taux au jour le jour est fixé, la banque centrale devrait seulement échanger des titres gouvernementaux si des changements de liquidité sont exigées pour soutenir cette cible. Étant donné que la banque centrale ne peut pas contrôler les réserves alors la monétisation de la dette est strictement impossible. Imaginez que la banque centrale négocie des titres gouvernementaux avec le trésor, qui alors augmenterait la dépense du gouvernement.
Les réserves en excès forceraient la banque centrale a vendre la même quantité de titres gouvernementaux aux marchés privés ou permettraient au taux au jour le jour de chuter au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE). Ce n’est pas de la monétisation, mais plutôt la banque centrale agissant simplement comme courtier dans le contexte de la logique du fixement du taux d’intérêt pour la politique monétaire.

En fin de compte, les agents privés peuvent refuser de détenir les nouveaux stocks de monnaie ou d’obligations supplémentaires. Sans émission de dette, les taux d’intérêts chuteront au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) de la banque centrale (qui peut être zéro).
Il est alors aussi clair que le secteur privé, au niveau microéconomique, peut seulement se débarrasser du solde de trésorerie indésirables, en l’absence de dette gouvernementale, en augmentant son niveaux de consommation (désépargne).
Étant donné la structure fiscale actuelle, cette volonté de réduire l’épargne nette produirait une expansion privée et réduirait le déficit, reconstituant finalement l’équilibre du portefeuille a un niveaux d’emploi privé plus élevé et baisserait le déficit budgétaire requis aussi longtemps que les désirs d’épargne restent bas. Clairement, il n’y aurait aucune volonté de la part du gouvernement pour accroitre l’économie au-delà de sa limite réelle.
Que cela produise de l’inflation dépend de la capacité de l’économie d’accroitre la production réelle pour satisfaire la demande nominale en augmentation. Cela n’est pas compromis par la taille du déficit budgétaire.

Voici un résumé des conclusions principales de ce blog.

* La banque centrale (RBA) fixe le taux d’intérêt à court terme basé sur ses aspirations de politique monétaire. Du point de vue opérationnel, les déficits budgétaires mettent une pression a la baisse sur le taux d’intérêt contrairement au mythe qui apparaissent dans les livres macroéconomiques au sujet de l’effet d’éviction. La banque centrale peut contrecarrer ces pressions en vendant des obligations d’État, qui sont équivalentes à l’emprunt du gouvernement au public.

* La pénalité pour le non emprunt (par l’Etat) est que le taux d’intérêt chutera en bas de la bande [de variation] prévalant dans le pays et qui peut être zéro si la banque centrale n’offre pas de paiement sur les réserves,
Par exemple, le Japon a pu maintenir une politique de taux d’intérêt zéro pendant des années avec des déficits budgétaires records simplement en dépensant plus qu’il n’emprunte.

Cela illustre aussi que les dépenses du gouvernement sont indépendantes de l’emprunt, avec ce dernier mieux pensé comme venant après les dépenses.

* L’émission de dettes gouvernementales est une considération de politique monétaire plutôt qu’être intrinsèque à la politique budgétaire; et

* Un excédent budgétaire décrit, depuis une perspective comptable, ce que le gouvernement a fait et non pas ce qu’il a reçu.

En bref, nous devrions rejeter toute notion affirmant que les déficits fédéraux émergeants sont destructeurs et endetteront les générations futures. Le gouvernement a choisi de maintenir un taux d’intérêt à court terme positif et cela exige l’émission de dette s’il y a des pressions a la baisse sur ce taux venant du système bancaire.

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A propos postjorion

Le blog d'André-Jacques Holbecq
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Un commentaire pour 351 – abc du déficit budgétaire (3)

  1. brunoarf dit :

    Zbigniew Brzezinski vient de mourir.

    Cette ordure était le plus important théoricien de notre époque.

    Ce fumier était le théoricien du « tittytainment ».

    Rappel, pour ceux qui ne savent pas ce qu’est le « tittytainment » :

    Du 27 septembre 1995 au 1er octobre 1995, à San Francisco, le grand hôtel Fairmont accueille 500 membres de l’élite mondiale : chefs d’Etat, hommes politiques, dirigeants d’entreprises multinationales, universitaires, chercheurs, etc.

    Cette réunion du Fairmont se déroule dans le cadre de la fondation de Mikhaïl Gorbatchev. Elle a une grande importance historique. Elle fait intervenir George Bush père, George Schultz, Margaret Thatcher, Ted Turner de l’entreprise CNN, John Gage de l’entreprise Sun Microsystems, des dizaines d’autres personnalités de tous les continents … et bien sûr l’incontournable Zbigniew Brzezinski. Elle a pour thème « l’avenir du travail ».

    Lisez cet extrait :

    « L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».

    Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.

    Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.

    Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.

    L’expression « tittytainment », proposée par ce vieux grognard de Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »

    Source :

    Hans-Peter Martin, Harald Schumann, « Le piège de la mondialisation », Solin Actes Sud, page 12.

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