331 – Relance keynésienne et dette publique!

La France va mal: déficits, dette, chômage, pauvreté, désindustrialisation, balance extérieure  et notre incapacité à retrouver notre « autonomie » (agricole et industrielle) qui nous oblige de plus en plus à importer nos besoins ou ce que nous considérons comme nos besoins. « La Tribune » titrait avant hier « Commerce extérieur : c’est la Bérézina ! »

Pour nous sortir de cette spirale due à la protection sociale que nous offrons, par rapport à nos concurrents, il n’y a que 2 solutions « fortes »:
– La première c’est quitter l’UE et l’euro afin de retrouver une compétitivité par une dévaluation monétaire face, en particulier, à l’Allemagne.
– La seconde, beaucoup plus rapide, serait de prendre un certain nombre de décisions, désobéissant frontalement aux Traités, afin d’impulser, dans notre pays, une forte relance keynésienne.

C’est cette dernière que je propose ici en attendant que le Peuple français soit majoritairement décidé à quitter l’UE et l’euro.

Comment  procéder?

Diminuer les dépenses ou augmenter les impôts ? Ni l’un ni l’autre mais utiliser la capacité de création monétaire de la Banque de France,  pour financer  cette relance keynésienne nécessaire et  les investissements dont ont besoin les entreprises installées sur le sol français, ce qui se traduira nécessairement par une augmentation des déficits publics pendant quelques années,

C’est aussi vers un grand plan d’indépendance énergétique orienté vers l’isolation par l’extérieur des bâtiments collectifs existants (poste important de consommation d’énergie fossile donc d’importations) et le remplacement des systèmes de chauffage existant (fossile ou électrique) par des pompes à chaleur de fabrication exclusivement française (> 90% des composants et main d’œuvre)

La Banque de France fera croître chaque année la masse monétaire, soit en monnaie permanente (non remboursable) et dans une proportion égale au taux de croissance du PIB constaté pour l’année en cours, soit, pour le complément, en prêts directs au Trésor Public, au taux dit « de refinancement » tel qu’en bénéficient les banques commerciales. Il faudra néanmoins veiller à ce que cette monnaie soit orientée vers les investissements et non pas le fonctionnement de l’État.

La Banque de France ou l’État abonderont un FONDS POUR L’INVESTISSEMENT ET LA RELOCALISATION,

L’État aura aussi recours à cette source monétaire directe pour orienter l’investissement (commande publique) dans des infrastructures d’avenir, productrices de richesses : réseaux très haut débit, nouveaux axes de transport, production d’énergie, etc. En particulier : aménagement de zone rurale lorsqu’une entreprise  s’y installe, rééquilibrage des territoires, formation et mise à niveau des personnels embauchés, etc.

De plus, le rachat des titres arrivant à échéance, par la Banque de France permettra de diminuer progressivement le poids des intérêts dans les déficits (actuellement près de 42 milliards, mais les taux remontent!)

Diminuer la dette publique due aux marchés financiers (banques, fonds de pension, assurances-vie) en la transférant sur la Banque de France comme le font plusieurs pays, par exemple, le Japon (la Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays et l’augmente chaque année de 13%), l’UE via la BCE et son Quantitative easing qui a dépassé 1200 milliards d’euro de rachat de dette dont 160 pour la Banque de France en tant qu’actionnaire de la BCE, la Grande Bretagne.

La Banque de France procédera au fur et à mesure de leurs échéances au rachat des titres de dette arrivant à échéance (pour l’État seul, le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017, puis de 135 (2018),160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 48 (1 semestre 2022) http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts. Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%.

Bien sur , tout ceci est interdit par les Traités … et alors? Que risque la France, de se faire éjecter de la zone euro? Merci dans ce cas!

En fait, nous savons qu’il faudrait aller encore beaucoup plus loin et passer à la « monnaie pleine » c’est à dire un système monétaire où seule la collectivité pourrait émettre la monnaie nécessaire, en laissant aux banques commerciales leur seul rôle d’intermédiaire entre l’épargnant et l’emprunteur.
Mais en attendant que les citoyens comprennent les avantages de ce système, si nous voulons nous en sortir, c’est d’une relance keynésienne appuyée par des actions directes de la banque de France dont nous avons besoin.

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ANNEXE: PRÉCISIONS

1- En 2017  l’État devra emprunter 185,4 milliards dont 70 milliards au titre du déficit budgétaire (celui-ci incluant 41,8 milliards d’intérêts sur les dettes) et 116,1 milliards au titre du renouvellement des titres arrivant à échéance.

2 – Au lieu de refinancer sur les marchés les titres d’obligation arrivant à échéance, la Banque de France procédera à leur rachat (le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017 et, selon prévisions de l’agence France Trésor de 135 (2018) ,160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 97 (2022) http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html 

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts (voir tableau Jacques Sapir) mais les chiffres des intérêts ne sont que des « potentialités » qui sont fonction du taux d’intérêt auquel la France emprunterait sur les marchés sur la période 2017 => 2022.

Gains liés au seul refinancement à taux « 0% » (article de Jacques Sapir)

2017 (mai-
décembre)
2018 2019 2020 2021 2022 (janvier-
avril)
Montant du gain annuel 0,5 4,35 7,58 11,24 13,83 16,24
Gain cumulé 0,55 4,89 12,47 23,71 37,54 53,78

(Racheter les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie nouvelle dans l’économie réelle : c’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été “consommé” par l’économie réelle)

 

 

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