298 – Le banquier du diable

 

xerfi

Vidéo : Le banquier du diable
09/03/2015

Politique déflationniste, niveau de dette record, chômage de masse, gouvernement affaibli et montée des extrémismes…. Voilà des tendances qui peuvent résumer l’époque que nous vivons. Mais ces tendances ne sont pas une premières dans l’histoire : l’Allemagne, au tournant des années 30, était exactement dans la même situation. Mais à l’époque, il y avait un homme qui a permis de juguler ces problèmes (sauf, malheureusement, de la montée des extrêmes). Il s’agit d’Hjalmar Schacht, l’homme fort de l’économie allemande d’alors. Pour en parler, Xerfi Canal TV a reçu Jean-François Bouchard, haut fonctionnaire, économiste et auteur du livre « Le banquier du diable », retracant la vie d’Hjalmar Schacht.

Une interview menée par Thibault Lieurade.

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22 commentaires pour 298 – Le banquier du diable

  1. Renaud dit :

    Le plus grand drame de cette époque est que lorsque Hitler s’aperçut concrètement de la réussite du plan de Hjalmar Schacht, il marginalisa Schacht et se servit ce cette réussite économique d’abord civile pour fabrique à tire-larigot de l’armement et de quoi agresser tout le monde. La suite on la connaît. S’il n’y avait pas eu Hitler et les nazis, donc la tragédie qui s’en suivit, les plans de H. Schacht furent la démonstration majeure qu’un pays du classement de l’Allemagne (et cela vaudrait pour d’autres) instruit et organisé peut, par lui-même, se passer des créanciers et des usuriers, créer sa propre monnaie représentant exactement sa production et donc ne pas devenir ruiné par les intérêts bancaires, l’usure et maintes ponctions et pénalités financières à payer sans fin. L’un des coups de génie du Dr Schacht aura été que les bons mefo qu’il fit émettre n’étaient pas comptabilisés comme de la monnaie, ce qui leurra les créanciers de l’Allemagne d’alors. Lorsque la City de Londres s’aperçut (trop tard) que l’Allemagne pouvait se passer de ses « services » et se développait avec succès (alors que, de son côté l’Urss remboursait ‘sagement’ ses dettes à la City à 8% d’intérêts), ce fut une sorte d’affolement à Londres et les événements se précipitèrent dramatiquement. À noter que Hjalmar Schacht fut parmi les 3 acquités au procès de Nuremberg.

    L’un de mes très bons amis argentins, le Dr Renzo Cirnigliaro, fut pendant 18 mois durant les années 80 ministre des finances de la province Argentine de Tucumán. Je n’ai pas eu l’occasion de lui demander s’il connaissait le procédé de Schacht. Mais Renzo Cirnigliaro procéda de manière comparable à Schacht en émettant des bons provinciaux pour payer tout le personnel de la Province de Tucumán. L’administration avait de moins en moins d’argent pour verser les salaires dont les retards de paiements atteignaient des délais dangereux et dramatiques. Renzo Cirnigliaro fit donc émettre des bons de Tucumán sous sa signature et celle du gouverneur de la Province, des bons payables tous les mois entre le 20 et le 28 du mois. Le premier mois ce fut la ruée pour changer immédiatement tous les bons en monnaie tellement les gens avaient peu confiance et en étaient arrivés à accepter seulement ces bons proposés faute de mieux. Le deuxième mois, il n’y eut que 65% des bons échangés en argent. Le troisième mois il n’y en eut plus que 30% et ensuite les bons circulèrent en parallèle avec la monnaie légale. Ce processus fit économiser à la Province de Tucumán presque l’équivalent de 2 millions de dollars. Toute la presse (presse gouvernementale, avec la presse mainstream nous disons aujourd’hui) y compris la presse étrangère tirait sur Renzo à boulets rouges. Mais il tint bon et parvint à ses fins pour le soulagement de tous. Car être responsable des finances dans un pareil contexte c’est, presque quotidiennement, recevoir des banques nationales et étrangères des propositions de prêts pour la Province qui étaient autant de pièges tous plus « alléchants » les uns que les autres, mais surtout, avec des « commissions irrésistibles » qui sont autant de ponts d’or pour ceux qui se laissent corrompre, les remboursements étant bien sûr payés par le petit peuple à travers les impôts… C’était évidemment tout le schéma financier lamentable à très grande échelle d’aujourd’hui…

    Enfin ce complément, relativement à ce contexte des années 30. On peut rappeler que Staline (qui était un national-communiste panslaviste) qui, comme d’autres, n’avait pas prévu la guerre (ainsi, parmi les purges qu’il ordonna, il venait de faire assassiner une énorme proportion de son état-major…) Staline put se ‘rattraper’ in extremis grâce à des renseignements décisifs qu’il obtint sur le monde Anglo-Américain, venant d’interrogatoires de dirigeants trotskistes (lesquels étaient pour l’essentiel des mondialistes) qu’il poursuivait et arrêtait, et qu’il fit presque tous assassiner à de très rares exceptions près. Ceci lui permit de gagner du temps dès 1939 avec le pacte de non agression germano-soviétique, puis son « alliance » avec les Alliés Anglo-Américains contre l’Allemagne nazie, sauvant alors son régime et l’Urss. Sinon Staline aurait sans doute fini pendant, ou juste après la 2èmeGM, comme les Ceausescu ont fini quelques 50 ans plus tard en 1989, et tout l’après 2èmeGM aurait été évidemment différent. La 2èmeGM, non « prévue », différa de environ 20 ans la formation de l’ « Europe » que nous avons actuellement. Une « Europe » alors en gestation « stoppée » en 1939 et reprise durant les années 50 (1957). Donc une « Europe » concoctée durant les années 20 et non durant les années 50. C’est une des raisons principales qu’il y a aujourd’hui les mêmes forces financières se mondialisant (ramifiées aux États-Unis), qui sont des forces actualisées, encore plus mondialisées derrière cette « Europe » actuelle qui fut donc projetée au cours des années 20 et 30.

    Quoique lointaine, cette épopée terrible de l’Urss, ses relations avec l’Allemagne nazie, son basculement du côté des Alliés, son effondrement tardif en 1989-1991, sont des faits alors décisifs qui (déjà!) inclinent à montrer que la politique, dans le fond et à long terme, est taraudée décisivement par sa perte de maîtrise sur la monnaie, partant, sur la souveraineté des pays et des peuples. La maîtrise sur la création monétaire et son contrôle, quelque soit l’échelle, nationale ou mondiale, est d’une importance décisive à comprendre et à saisir un minimum, ce qui permet d’élucider un peu mieux l’histoire et bien sûr l’actualité des pays, des continents et du monde et de mettre en chantier les réformes bancaires et monétaires décisives appropriées.

    Mais l’exemple de Schacht est à méditer (et tous les exemples comparables car il y en a). Les tragédies nazie et communiste vinrent occulter complètement la preuve décisive apportée par Schacht que ce sont —les producteurs —et seulement eux— (mais hélas les sociétés civiles productrices n’en ont presque pas conscience, ce qui est, à mon sens, une tragédie) sont le —facteur décisif donnant sa valeur à la monnaie— (ce dont les producteurs n’ont donc pas conscience en croyant aux chimères et aux couleurs politique socialo-communo-machin-chouette et ceci est terrible) ce sont les producteurs, dis-je, qui donnent sa valeur à la monnaie et non les banquiers sans couleurs politiques, lesquels se gaussent de la politique qu’ils bafouent et représentent une gêne fatale et les pires tourments, même indirects, aux pays, aux peuples toujours bernés.

    De plus en plus d’exemples, d’actes économiques créatifs, d’inventions, d’attitudes, d’études, d’écrits, d’informations, de prises de conscience, doivent finir par former une masse critique pour édifier la Vérité économique productrice monétarisée en conséquence. La monnaie reflétant, enfin, les progrès techniques et technologiques (ce qui n’a pas lieu aujourd’hui où c’est plutôt une régression) et que puisse s’établir, sans retour à l’usure, l’ordre tout naturel d’accession aux biens et services produits qui existent déjà par le fait que la distribution des biens ne soit plus hypothéquée par la monnaie de crédit voleuse, mais par une couverture à 100%-monnaie, ce qui sera alors une vraie libération.

    Pour terminer, voici un -échantillon- dans la plus -brûlante actualité- du pire qui puisse arriver et qui, à mon sens se rapporte et prolonge ce qui est écrit ci-dessus. À méditer, la dialectique politique ne mène qu’au néant, y compris le vrai berceau historique de la démocratie qu’est la Grèce, telle serait la démonstration ci-dessous. On préfère la dialectique politique nuisible et hautement toxique qui sape les bases des civilisations plutôt que d’entreprendre les réformes fécondes et saine en matière financière :

    http://news360x.fr/afin-de-masquer-sa-trahison-du-peuple-grec-tsipras-met-en-garde-contre-le-populisme-en-europe/

    Renaud

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  2. brunoarf dit :

    La Grèce se finance en émettant des obligations à trois mois et aussi des obligations à six mois.

    Problème : personne au monde ne veut acheter ces obligations pourries.

    Du coup, il n’y a plus que les banques privées grecques qui acceptent d’acheter les obligations de l’Etat grec.

    Ensuite, les banques privées grecques refourguent ces obligations pourries à la Banque centrale de Grèce.

    La Banque centrale de Grèce accepte ces obligations pourries en collatéral, et elle prête des milliards d’euros aux banques privées grecques : c’est le mécanisme ELA (en français : « Prêt de liquidités en urgence »).

    Encore un tout petit problème : la Grèce est INCAPABLE de rembourser ces obligations d’Etat, et la Banque centrale de Grèce est en faillite.

    Conclusion : mercredi 25 mars, la BCE ne veut plus que la Banque centrale de Grèce continue d’accepter toutes ces obligations pourries. Pour couper complètement le financement de l’Etat grec, la BCE vient d’interdire aux banques grecques d’acheter les obligations pourries.

    MAIS ALORS …

    … MAINTENANT, QUI VA ACCEPTER D’ACHETER LES OBLIGATIONS DE L’ETAT GREC ?

    Mercredi 25 mars 2015 :

    La BCE demande aux banques grecques de ne plus acheter de dette d’Athènes.

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/la-bce-demande-aux-banques-grecques-de-ne-plus-acheter-de-dette-d-athenes-463735.html

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  3. brunoarf dit :

    1- La Grèce est en faillite.

    2- Les banques privées grecques sont en faillite.

    3- La Banque centrale de Grèce est en faillite.

    4- Mais à part ça, ça va.

    Vu la situation financière fragile du pays, la Banque centrale européenne (BCE) a enjoint cette semaine les banques grecques à arrêter d’acheter de la dette émise par Athènes, car cela fait peser un risque sur leur solidité financière

    Les banques grecques se refinancent à l’heure actuelle auprès de la banque centrale de Grèce, avec des prêts d’urgence, plus onéreux pour elles, dans le cadre d’un mécanisme d’urgence (ELA) de la BCE.

    Mercredi, la BCE a relevé à 71 milliards d’euros, contre 69,8 milliards précédemment, le plafond de ce financement d’urgence.

    Les coffres des banques grecques ont été fortement ponctionnés par les épargnants depuis décembre, début de la séquence électorale qui a porté Syriza au pouvoir. En février ainsi, où il a fallu attendre le 20 pour qu’un premier accord soit trouvé entre le nouveau gouvernement grec et ses créanciers, 7,6 milliards d’euros ont été retirés par les ménages et les entreprises, selon les chiffres publiés jeudi par la Banque de Grèce.

    Ces retraits font suite à d’autres de 4,2 milliards d’euros en décembre et de 12,8 milliards en janvier. A 140,47 milliards d’euros en février, cette épargne est au plus bas depuis mars 2005.

    Après la rencontre lundi du Premier ministre grec Alexis Tsipras avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le gouvernement espère qu’une solution à ses problèmes sera trouvée très prochainement.

    Après cette rencontre, le climat politique a changé, a souligné le ministre grec de l’Economie M. Georges Stathakis.

    Toutefois, la bourse d’Athènes reflétait jeudi l’inquiétude des marchés, l’indice général a terminé dans le rouge, à -3,74% à 764,88 points.

    http://www.romandie.com/news/Athenes-optimiste-sur-un-accord-avec-lUE-au-debut-de-la-semaine/578927.rom

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  4. brunoarf dit :

    Grèce / Union européenne : la rupture est inévitable.

    Les deux camps se préparent à la rupture.

    Lisez cet article :

    La perspective d’une rupture semble désormais de plus en plus proche et il semble que chacun s’y prépare. Lors du défilé de la fête nationale du 25 mars, une femme a lancé un message d’encouragement à Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances. Ce dernier a répondu : « il faudra nous soutenir aussi après la rupture. » Faut-il y voir la preuve que cette rupture est acquise ? L’accord avec les créanciers semblent en tout cas désormais très difficile.

    http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/grece-pourquoi-le-blocage-semble-indepassable-464866.html

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  5. brunoarf dit :

    La France en avril 2015 :

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  6. brunoarf dit :

    1- La Grèce est en faillite.

    2- Les banques privées grecques sont en faillite.

    3- La Banque centrale de Grèce est en faillite.

    4- Mais à part ça, ça va.

    Jeudi 2 avril 2015 :

    Grèce : la BCE relève encore le plafond de l’ELA, à 71,8 milliards d’euros.
    La Banque centrale européenne (BCE) a encore relevé mercredi soir de 700 millions d’euros, à 71,8 milliards, le plafond de son financement d’urgence (ELA) des banques grecques, a-t-on appris de source bancaire grecque.
    La BCE aide par ce seul biais les banques grecques depuis début février.

    romandie.com/news/Grece-la-BCE-releve-encore-le-plafond-de-lELA-a-718-mrd-EUR/580903.rom

    Sur son blog, Olivier Berruyer vient juste de lancer une alerte.

    Lisez cet article :

    ALERTE Grèce

    J’ai hésité à rédiger ce billet, mais bon…
    J’ai discuté cette semaine avec plusieurs spécialistes du dossier grec, y compris des personnes ayant rencontré des ministres de Syriza.
    Les conclusions étant inquiétantes, je les partage avec vous.

    http://www.les-crises.fr/alerte-grece/

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  7. Catherine B dit :

    Notre monde illustré… Ecoutez, on ne saurait mieux dire!

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    • Catherine B dit :

      Quelques phrases citées par le conférencier, Roland Gori:

      Il cite Georges Canghillem:

      « Proposer pour les sociétés humaines dans leur recherche de toujours plus d’organisation, le modèle de l’organisme, c’est au fond, rêver d’un retour non pas même aux sociétés archaïques mais aux sociétés animales.  »

      Bref, nous sommes devenus des animaux et avons perdu le statut d’humain même et surtout si nous nous gargarisons de ce mot!

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    • Catherine B dit :

      Je continue pour ceux qui n’auront pas le goût ou pas le temps d’écouter.

      Cette fois, il cite Guy Debors: « Là où le monde réel se change en simples images, les images deviennent des êtres réels et les motivations d’un comportement hypnotique. Le spectacle est le contraire du dialogue. »

      Puis, Camus, Albert: « Nous avons remplacé le dialogue par le communiqué. »

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    • Catherine B dit :

      Et puis encore, Philippe Lyotard: « Dans un univers où le succès fait gagner du temps, penser n’a qu’un défaut mais incorrigible, d’en faire perdre »

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    • Catherine B dit :

      Encore une autre citation, très éclairante !

      Celle de Giorgio Agamben: » Le citoyen libre des sociétés démocratico-technologiques, les nôtres, est un être qui obéit sans cesse dans le geste même par lequel il donne un commandement. »

      Et Monsieur Roland Gori de poursuivre ainsi: » Cela dit à quel point nous sommes pris dans une chaîne de production des comportements, dans un système qui nous assigne à des places, des places fonctionnelles, des places instrumentales qui ne requièrent pas d’avoir à penser( lien avec la citation de P Lyotard), qui ne requièrent pas plus à avoir un état d’âme. C’est le gros problème de nos sociétés techniques. C’est que l’emprise de la technique est telle que la technique ne requiert pas de penser et n’exige pas de réfléchir, de réflexion morale, elle n’a pas d’état d’âme. La technique exige une éxecution et donc même une fonction de commandement est une fonction de servitude. »

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    • Catherine B dit :

      Je ne peux pas résister tellement c’est juste.

      « L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture ! Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes.

      L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre. Soeur siamoise du conformisme, l’imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l’hypocrisie des bons sentiments. De cette civilisation du faux-semblant, notre démocratie de caméléons est malade, enfermée dans ses normes et propulsée dans l’enfer d’un monde qui tourne à vide. Seules l’ambition de la culture et l’audace de la liberté partagée nous permettraient de créer l’avenir. »

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  8. brunoarf dit :

    Vendredi 3 avril 2015 :

    La Grèce prépare un plan de retour à la drachme, se prépare à manquer un remboursement au FMI.

    « Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », explique un haut-fonctionnaire grec.

    La Grèce est en train d’élaborer des plans drastiques pour nationaliser le système bancaire du pays et pour introduire une monnaie parallèle destinée à payer les factures, à moins que la zone euro prenne des mesures pour désamorcer la crise et adoucir ses exigences.

    Des sources proches du parti Syriza ont déclaré que le gouvernement est déterminé à maintenir les services publics et à payer les pensions alors que les fonds disponibles sont dans une situation critique. Le gouvernement peut être contraint de prendre la décision sans précédent de manquer un versement au Fonds Monétaire International la semaine prochaine.

    La Grèce n’aura plus assez d’argent pour payer 458 millions d’euros au FMI le 9 avril, ni pour couvrir les paiements des salaires de ses fonctionnaires et pour la sécurité sociale le 14 avril, à moins que la zone euro s’engage à verser la prochaine tranche de son renflouement à temps.

    « Nous sommes un gouvernement de gauche. Si nous avons à choisir entre faire défaut au FMI ou faire défaut à notre propre peuple, notre choix est évident », a déclaré un haut-fonctionnaire.

    « Nous pourrions être amenés à ne pas rembourser le FMI. Cela provoquerait un tollé sur les marchés et cela accélèrerait le cours des évènements », a dit cette source au journal The Telegraph.

    Le gouvernement de la gauche radicale Syriza préférerait limiter son litige à ses créanciers de l’Union Européenne, mais les premiers paiements à venir sont dûs au FMI. Alors que le parti Syriza ne souhaite pas déclencher un défaut de paiement vis-à-vis du FMI, il considère de plus en plus un glissement avant défaillance comme une escalade nécessaire dans son bras de fer avec Bruxelles et Francfort.

    Vu d’Athènes, les créanciers de l’UE n’ont pas encore compris que le paysage politique a radicalement changé depuis l’élection de Syriza en janvier, et ils devront faire de réelles concessions si ils veulent éviter une rupture désastreuse de l’union monétaire, un résultat que les créanciers ont écarté à plusieurs reprises comme impensable.

    « Ils veulent nous humilier et nous forcer à la capitulation. Ils essaient de nous mettre dans une position où soit nous faisons défaut à notre propre peuple, soit nous signons un accord qui est politiquement toxique pour nous. Si c’est leur objectif, ils devront le faire sans nous », a dit la source.

    Faire défaut vis-à-vis du FMI – même pour quelques jours – est une stratégie extrêmement risquée. Aucun pays développé n’a jamais fait défaut aux institutions de Bretton Woods. Bien qu’il y aurait une période de grâce de six semaines avant la décision du FMI de déclarer la Grèce en défaut technique, le processus pourrait devenir hors de contrôle.

    Les sources proches de Syriza disent qu’ils sont pleinement conscients que la ligne dure avec les créanciers risque de déclencher une réaction en chaîne inévitable. Ils insistent sur le fait qu’ils sont prêts à envisager le pire plutôt que d’abandonner leurs promesses électorales faites au peuple grec. Un plan de repli d’urgence est déjà en œuvre.

    « Nous allons fermer les banques et les nationaliser, puis nous allons émettre des reconnaissances de dette si nous y sommes obligés, et nous savons tous ce que cela signifie. Ce que nous ne ferons pas, c’est devenir un protectorat de l’UE », a déclaré cette source. Il est bien entendu à Athènes qu’une telle action équivaudrait à un retour à la drachme, même si Syriza préfèrerait plutôt parvenir à un accord amiable et rester dans l’union économique et monétaire.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11513341/Greece-draws-up-drachma-plans-prepares-to-miss-IMF-payment.html

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  9. brunoarf dit :

    Pour l’année 2015, quelles sommes devront être remboursées par la Grèce ?

    Réponse :

    Quand on regarde l’échéancier de l’année 2015, on constate que le pire, ce ne sera pas le mois d’avril.

    Le mois de juin sera encore pire qu’avril 2015.

    Le mois de juillet sera encore pire qu’avril 2015.

    Le mois d’août sera encore pire qu’avril 2015.

    Le mois de septembre sera encore pire qu’avril 2015.

    Et après septembre 2015, la crise de la Grèce sera finie !

    Après septembre 2015, la Grèce ne sera plus en faillite !

    Poisson d’avril.

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  10. brunoarf dit :

    L’Islande est en train de faire une révolution.

    Et même : l’Islande est en train de faire LA Révolution.

    Lisez cet article :

    Un changement radical dans l’histoire de la finance moderne : l’Islande veut redonner le monopole de la création de monnaie à sa banque centrale.

    Le gouvernement islandais envisage de retirer des banques la création monétaire pour la confier à la seule banque centrale de l’île.
    Dans un rapport de 113 pages commandé par le Premier ministre islandais, intitulé «A better monetary system for Iceland » (« Un meilleur système monétaire pour l’Islande » – voir ce rapport ci-dessous), Frosti Sigurjonsson recommande au Framsóknarflokkurinn (Parti progressiste) au pouvoir de confier entièrement la création de l’argent à la banque centrale, avant de remettre cette prérogative au parlement.
    L’Islande veut ainsi mettre fin à un système qui s’est caractérisé par une série de crises, y compris la crise financière de 2008, qui a mis le pays en quasi-faillite.
    Si ce plan est approuvé par le parlement islandais, il changera totalement la donne et apportera un changement radical dans l’histoire de la finance moderne.

    On peut donc supposer que les banques commerciales du monde occidental doivent suivre cette initiative avec beaucoup d’attention, et d’inquiétude, dans la mesure où elle vise à les déposséder d’un certain pouvoir.

    L’Agence France Presse a présenté ce projet :

    Selon l’étude, à laquelle ont participé quatre banquiers centraux, l’île a connu plus de 20 crises financières de divers types depuis 1875, avec six crises graves qui se produisent environ tous les 15 ans. Frosti Sigurjonsson précise que ces passages de crise surviennent à des moments bien déterminés :

    « Le problème survient à chaque fois à partir d’une bulle de crédit pendant un cycle économique fort. »

    Selon Frosti Sigurjonsson, les banques centrales n’ont pas le pouvoir de restreindre cet emballement du crédit, ce qui fait grimper l’inflation, favorise les prises de risque excessives et la spéculation, fragilise les banques et mène à des interventions coûteuses de l’État.
    En Islande, comme dans les autres pays développés, la banque centrale contrôle l’émission des pièces et des billets, mais ce n’est pas elle qui est à l’origine de la création de la plus grande partie de la masse monétaire (« M1 »). Celle-ci provient des lignes de crédit que les banques octroient à leurs clients. La seule possibilité de la banque centrale, c’est de tenter d’influencer le rythme de cette création monétaire au travers de sa politique monétaire.

    Le rapport indique ainsi que les banques commerciales en Islande ont créé environ 91% de l’argent en circulation, comparativement à 9% pour la banque centrale islandaise.

    En vertu de la proposition nommée « Sovereign Money » (« Argent souverain »), la banque centrale islandaise deviendrait la seule instance ayant le pouvoir de créer de l’argent.

    « De façon essentielle, le pouvoir de création de la monnaie est isolé du pouvoir de décider comment cet argent sera utilisé », a écrit Frosti Sigurjonsson dans sa proposition. « Comme pour le budget de l’Etat, le Parlement débattra sur ​​la proposition du gouvernement concernant la répartition de la monnaie nouvellement créée ».
    Les banques poursuivraient leurs activités de gestionnaires des comptes et des transferts bancaires et elles agiraient comme des intermédiaires entre les prêteurs et les emprunteurs en matière de crédit.

    Frosti Sigurjonsson est un homme d’affaires et économiste, et il est l’un des cerveaux à l’origine du programme d’allégement de la dette pour les nombreux ménages islandais qui se sont retrouvés en 2014 en situation de surendettement à la suite de la crise de 2008.

    La réforme monétaire de l’Islande :

    http://www.express.be/business/fr/economy/un-changement-radical-dans-lhistoire-de-la-finance-moderne-lislande-veut-redonner-le-monopole-de-la-creation-de-monnaie-a-sa-banque-centrale/212481.htm

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  11. brunoarf dit :

    La Grèce est hyper-endettée.

    La Grèce est complètement écrasée sous des montagnes de dettes.

    Avril 2015 :

    Le 9 avril, la Grèce devra rembourser 458 millions d’euros au FMI.

    Le 14 avril, la Grèce devra rembourser 1,4 milliard d’euros, et le 17 avril, elle devra rembourser 1 milliard d’euros de bons du Trésor.

    Problème : en avril 2015, la Grèce est en faillite.

    Solution ( ? ? ? ) du problème :

    Mercredi 8 avril, la Grèce a … emprunté 1,14 milliard d’euros sur les marchés. Durée : 6 mois. Taux : 2,97 %.

    Et en mai 2015 ?

    Le 8 mai, la Grèce devra rembourser 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.

    Le 12 mai, la Grèce devra rembourser 763 millions d’euros au FMI.

    Le 15 mai, elle devra rembourser 1,4 milliard d’euros de bons du Trésor.

    Problème : en mai, la Grèce sera en faillite.

    Solution du problème :

    En mai, l’Allemagne paiera à la Grèce les 279 milliards d’euros qu’elle lui doit depuis la Seconde Guerre Mondiale.

    Et comme ça, la crise de la dette grecque sera finie.

    Et comme ça, tout le monde sera content.

    Et tout est bien qui finit bien.

    Non, je déconne.

    http://www.euractiv.fr/sections/euro-finances/berlin-rejette-les-demandes-de-reparation-de-la-grece-313608

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  12. brunoarf dit :

    C’est terminé : il n’y a plus de politique européenne commune.

    La Grèce vient de détruire la politique européenne commune.

    Mercredi 8 avril 2015 :

    Le Grec Alexis Tsipras veut la fin des sanctions contre la Russie.

    Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a appelé mercredi à Moscou l’UE à « abandonner le cercle vicieux des sanctions » contre la Russie. Il a estimé que la mise en oeuvre des accords de paix de Minsk reste « la clé » pour résoudre la crise ukrainienne.

    http://www.romandie.com/news/Le-Grec-Alexis-Tsipras-veut-la-fin-des-sanctions-contre-la-Russie/582456.rom

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  13. brunoarf dit :

    Nous volons tous dans le ciel, le cul posé sur une bulle.

    La base monétaire, c’est la création de monnaie par les banques centrales.

    Pour suivre l’évolution de la base monétaire depuis 2008, regardez bien le graphique 2 :

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=83417

    Aux Etats-Unis, la base monétaire était de 800 milliards de dollars en 2008. Depuis, elle a explosé. En 2015, elle est de 4500 milliards de dollars.

    Et au Royaume-Uni ?

    Au Royaume-Uni, la base monétaire était de 70 milliards de livres sterling en 2008. Depuis, elle a explosé. En 2015, elle est de 370 milliards de livres sterling.

    Et au Japon ?

    La banque centrale du Japon augmente la base monétaire de 80 000 milliards de yens par an ! C’est une augmentation équivalent à 620 milliards d’euros supplémentaires par an !

    Et en Europe ?

    La Banque Centrale Européenne a annoncé qu’elle allait injecter 1140 milliards d’euros supplémentaires dans le circuit ! C’est 60 milliards d’euros supplémentaires par mois, jusqu’en septembre 2016 !

    Conséquence :

    Depuis 2008, les banques centrales ont SANS LE VOULOIR créé de gigantesques bulles boursières et de gigantesques bulles financières.

    Depuis 2008, les banques centrales ont INVOLONTAIREMENT placé toute l’économie mondiale sur des bulles boursières et sur des bulles financières.

    Aujourd’hui, toute l’économie mondiale est en lévitation.

    Malheureusement, une bulle ne peut pas gonfler jusqu’au ciel.

    Malheureusement, une bulle finit toujours par éclater.

    Préparez-vous au grand « Plop ! »

    Vous avez aimé la crise financière de 2008, vous allez adorer la prochaine.

    lenouveleconomiste.fr/vous-avez-aime-la-crise-financiere-de-2008-vous-allez-adorer-la-prochaine-26731/

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  14. brunoarf dit :

    Mercredi 15 avril 2015 :

    La Grèce « a de l’argent pour deux semaines. »

    Le temps presse pour la Grèce : le gouvernement a jusqu’au 20 avril pour présenter aux autres membres de la zone euro la liste des réformes qu’il entend mener, un dossier sur lequel Grecs et Européens ont déjà étalé leurs désaccords à trois reprises. Mais où en est le pays à moins d’une semaine de cette échéance décisive ? Kostas Botopoulos, président de l’autorité grecque des marchés financiers, était l’invité d’Europe 1 mercredi matin. Et il n’a pas caché la situation difficile du pays.

    Des caisses vides dans « deux semaines ».

    « Le gouvernement lui-même a admis qu’il y a de l’argent dans les caisses pour deux semaines, jusque début mai. Après, il y aura des problèmes pour honorer nos obligations intérieures et extérieures », a reconnu le président de l’autorité grecque des marchés financiers.

    http://www.europe1.fr/economie/la-grece-a-de-l-argent-pour-deux-semaines-2428349

    Dette publique de la Grèce :
    2007 : dette de 107,4 % du PIB
    2008 : dette de 112,9 % du PIB
    2009 : dette de 129,7 % du PIB
    2010 : dette de 148,3 % du PIB
    2011 : dette de 170,3 % du PIB
    Début 2012, la Grèce fait défaut : 107 milliards d’euros de dette sont effacés.
    2012 : dette de 157,2 % du PIB
    2013 : dette de 175 % du PIB
    2014 : dette de 177,1 % du PIB

    La Grèce a enregistré en 2014 un déficit public de -3,5% du PIB, supérieur aux prévisions, tandis que la dette publique a atteint 177,1% du PIB, et l’excédent primaire (hors charge de la dette) 0,4%, selon la première estimation publiée mercredi par le service des statistiques grecques (Elstat).

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  15. brunoarf dit :

    Samedi 18 avril 2015 :

    La Grèce face à l’hybris européen

    par Jacques Sapir

    http://russeurope.hypotheses.org/3744

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  16. brunoarf dit :

    Dans l’Union Européenne, il n’y a pas que la Grèce.

    Neuf pays de l’Union Européenne sont en faillite.

    La Grèce, l’Italie, le Portugal, l’Irlande, Chypre, la Belgique, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni sont en faillite.

    Chiffres Eurostat publiés le mardi 21 avril 2015 :

    1- Médaille d’or : Grèce. Dette publique de 317,094 milliards d’euros, soit 177,1 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : Italie. Dette publique de 2134,920 milliards d’euros, soit 132,1 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : Portugal. Dette publique de 225,280 milliards d’euros, soit 130,2 % du PIB.

    4- Irlande : dette publique de 203,319 milliards d’euros, soit 109,7 % du PIB.

    5- Chypre : dette publique de 18,819 milliards d’euros, soit 107,5 % du PIB.

    6- Belgique : dette publique de 428,365 milliards d’euros, soit 106,5 % du PIB.

    7- Espagne : dette publique de 1033,857 milliards d’euros, soit 97,7 % du PIB.

    8- France : dette publique de 2037,772 milliards d’euros, soit 95 % du PIB.

    9- Royaume-Uni : dette publique de 1600,862 milliards de livres sterling, soit 89,4 % du PIB.

    http://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/6796761/2-21042015-AP-FR.pdf/7466add3-3a70-4abb-9009-bc986a5d2c0a

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