287 – Mauvaise compréhension des dépenses publiques

Sachez d’abord, si vous l’ignorez, que la valeur ajoutée des administrations est mesurée essentiellement par les salaires versés. En effet la valeur  ajoutée administrative n’est pas, contrairement aux entreprises, la différence entre ce qu’elle vend (ses productions) et ce qu’elle achète (matières premières, sous-traitants…)

Travail de décryptage de Robert Joumard d’Attac  » La pression ou la part des administrations publiques dans l’activité devrait être mesurée par la part du PIB attribuée aux administrations publiques. Cette part qui s’est stabilisée à 18% depuis une trentaine d’années est beaucoup moins accusatrice pour le public que l’extraordinaire 50 % du PIB, qui sert manifestement des objectifs idéologiques, loin de toute cohérence méthodologique. »

Ce qui donne le graphique suivant ou l’on voit que la part des administrations publiques (État, Administrations centrales, Administrations régionales et sécurité sociale) est quasi stable depuis les années 1980  :

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32 commentaires pour 287 – Mauvaise compréhension des dépenses publiques

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  2. brunoarf dit :

    Construction européenne : les courbes se sont croisées !

    Question :

    Diriez-vous qu’aujourd’hui pour votre pays c’est plutôt une bonne chose ou plutôt une mauvaise chose d’appartenir à l’Union Européenne ?

    Réponse :

    – plutôt une bonne chose : 48 % des personnes interrogées

    – plutôt une mauvaise chose : 52 % des personnes interrogées.

    C’est la première fois que les Français interrogés répondent en majorité : « plutôt une mauvaise chose ».

    C’est la première fois que les courbes se croisent.

    Regardez l’évolution des courbes à la page 11 :

    http://www.ifop.com/media/poll/2587-1-study_file.pdf

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  3. brunoarf dit :

    La Révolution française n’est pas terminée.

    Mardi 8 avril 2014 :

    Banques françaises : les salaires des patrons en forte hausse en 2013.

    Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas) : 3 440 375 euros.
    Augmentation de 8,1 % par rapport à 2012.

    Frédéric Oudéa (Société Générale) : 2 711 995 euros.
    Augmentation de 8,5 % par rapport à 2012.

    Jean-Paul Chifflet (Crédit Agricole) : 2 140 439 euros.
    Augmentation de 38,8 %. Je dis bien : augmentation de 38,8 %.

    Laurent Mignon (Natixis) : 1 766 120 euros.
    Augmentation de 14,8 %.

    François Pérol (BPCE) : 1 446 286 euros.
    Augmentation de 29,4 %. Je dis bien : augmentation de 29,4 %.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203430862642-banques-francaises-les-salaires-des-patrons-en-forte-hausse-663164.php

    En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
    En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 de repas.
    En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 de repas.
    En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 de repas.
    En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 de repas.
    En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 de repas.
    En 2006-2007, les Restos du Cœur ont distribué 81 700 000 repas.
    En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 de repas.
    En 2008-2009, les Restos du Cœur ont distribué 100 000 000 de repas.
    En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 de repas.
    En 2010-2011, les Restos du Cœur ont distribué 107 000 000 de repas.
    En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 de repas.
    En 2012-2013, les Restos du Cœur ont distribué 130 000 000 de repas.

    C’est pas bientôt fini ?

    C’est la question que les Restos du Coeur se posent en voyant le chiffre effrayant du million de personnes accueillies franchi cet hiver.

    http://www.restosducoeur.org/content/bilan-de-la-29e-campagne

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  4. brunoarf dit :

    Mercredi 9 avril 2014 :

    Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie : les banques de ces sept pays ont dans leurs livres 800 milliards de dollars d’actifs pourris, soit 580 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Ces sept pays sont en faillite.

    Les banques de ces sept pays sont en faillite.

    La question est donc : « En zone euro, QUAND va éclater la prochaine crise bancaire ? »

    Lisez cet article :

    Zone euro : le FMI inquiet du « fardeau » des créances douteuses.

    Le Fonds monétaire international (FMI) a mis en garde mercredi contre le « fardeau » grandissant des créances douteuses dans la zone euro à l’heure où le secteur financier européen est soumis à un examen de santé.

    « Les banques dans les pays en difficulté de la zone euro restent plombées par un stock important et grandissant de créances douteuses, résultant du poids de la dette au sein des entreprises et du ralentissement économique », écrit le Fonds dans son rapport sur la stabilité financière mondiale.

    Ce stock a doublé depuis 2009 et s’élève aujourd’hui à « plus de 800 milliards de dollars » sur l’ensemble de la zone euro, affirme le Fonds, qui se penche plus particulièrement sur les pays européens en difficulté financière (Chypre, Grèce, Irlande, Italie, Espagne, Portugal et Slovénie).

    http://www.romandie.com/news/Zone-euro-le-FMI-inquiet-du-fardeau-des-creances-douteuses/466552.rom

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  5. brunoarf dit :

    Bernard Maris vient de comprendre.

    L’économiste Bernard Maris vient de publier une chronique explosive dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo, mercredi 9 avril 2014, page 6 :

    « Je vire ma cuti.

    J’ai voté oui à Maastricht, oui au traité constitutionnel. Aujourd’hui, je pense qu’il faut quitter la zone euro. »

    Lisez la suite à la page 6 de Charlie Hebdo.

    Bernard Maris dans Wikipedia :

    Diplômé de Sciences Po Toulouse en 1968, Bernard Maris obtient ensuite un doctorat en sciences économiques à l’université Toulouse-I en 1975 avec la thèse intitulée « La distribution personnelle des revenus : une approche théorique dans le cadre de la croissance équilibrée », préparée sous la direction de Jean Vincens.

    Maître-assistant (puis maître de conférences à partir de 1984) à l’université Toulouse-I, il devient professeur des universités par concours d’agrégation (science économique générale) en septembre 1994 à l’Institut d’études politiques de Toulouse.

    Il est actuellement professeur des universités à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-VIII.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Maris

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  6. brunoarf dit :

    Jeudi 10 avril 2014 :

    FMI/La Grèce va « dans la bonne direction », selon Christine Lagarde.

    La Grèce, qui a levé de l’argent sur les marchés jeudi pour la première fois en quatre ans, va « dans la bonne direction », a estimé la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde.

    « La Grèce va dans la bonne direction et son retour complet sur les marchés se profile à l’horizon », a indiqué Mme Lagarde lors d’une conférence de presse à Washington.

    Voici la Grèce qui, selon Christine Lagarde, va dans la bonne direction :

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  7. brunoarf dit :

    L’austérité, c’était le hors d’oeuvre.

    Maintenant, nous allons avoir le plat principal : c’est l’hyper-austérité.

    Avec l’hyper-austérité, nous allons avoir encore plus de concurrence, encore plus de libéralisation, encore plus de dérégulation, encore plus de flexibilisation, encore plus de privatisations, encore plus de baisse des retraites, encore plus de baisse des salaires.

    Avec l’hyper-austérité, nous allons courir vers la falaise comme un troupeau de lemmings.

    Tous ensemble vers le suicide collectif.

    Samedi 12 avril 2014 :

    Le G20 s’apprête à prendre des mesures impopulaires.

    Réunis à Washington, les ministres des finances du G20 ont essentiellement évoqué les mesures structurelles nécessaires pour favoriser la croissance et l’emploi. Des mesures qui ne seront pas forcément populaires.

    Comme l’a rappelé Joe Hockey, le ministre des Finances australien, à la fin de la réunion, « nous allons accroître nos investissements, favoriser les créations d’emplois, libéraliser le commerce et favoriser la concurrence ».

    Investissements dans les infrastructures, dérégulation et flexibilisation des marchés du travail, amélioration du taux d’emplois des femmes, accroissement de la concurrence sur le marché des biens et services pour abaisser les prix et les coûts sont ainsi au programme dans les différents pays.

    « Dans le domaine des nouveautés, la France n’a pas à rougir par rapport à d’autres pays du G20 qui sont nettement en retard », témoignait Michel Sapin. Avant d’ajouter qu’il sera extrêmement difficile de mettre tout cela en œuvre à la satisfaction de tout le monde.

    En effet, une mesure nationale visant à accroître la compétitivité du pays peut se faire au détriment des autres partenaires. « Qu’arriverait il si l’Allemagne renforçait encore sa compétitivité ? », s’interroge une source proche du dossier. En outre, l’instauration de mesures structurelles peut aussi, à court terme, détruire des emplois. C’est donc un subtil dosage que les membres du G20 devront trouver dans les prochains mois. Une chose est cependant sûre : toutes ces mesures évoquées sont fortement teintée de libéralisme.

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0203439623538-le-g20-s-apprete-a-prendre-des-mesures-impopulaires-664210.php

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  8. brunoarf dit :

    En tout, 197 nations sont représentées à l’Organisation des Nations Unies.

    Que voyons-nous en observant ces 197 nations ?

    179 nations gardent précieusement le contrôle de leur monnaie nationale.

    Et seulement 18 nations ont détruit leur monnaie nationale pour créer une monnaie unique : l’euro.

    C’était vraiment une expérience de tarés : 18 nations détruisent leur monnaie nationale pour créer une monnaie unique.

    Aujourd’hui, nous pouvons constater quel est le résultat de cette expérience de tarés : un désastre.

    Le retour aux 18 monnaies nationales sera simplement la fin d’une expérience de tarés.

    Le retour aux 18 monnaies nationales sera simplement le retour à ce qui se fait partout ailleurs, sur tous les autres continents, dans les 179 autres nations.

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2014/04/11/euro-bernard-maris-ny-croit-plus/

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  9. brunoarf dit :

    Mardi 15 avril 2014 :

    « C’est un jour sombre pour la France et les Français. Nous avons un écoeurement immense car notre produit phare, la Gauloise, va être fabriqué à l’étranger. La production des deux usines (Nantes et Riom, ndlr) va être transférée en Pologne », a estimé Eric Comparot, délégué CGT à l’issue du Comité central extraordinaire.

    http://lexpansion.lexpress.fr/entreprises/la-seita-ferme-la-plus-grande-usine-de-cigarettes-en-france_1508857.html

    Les cigarettes Gauloises seront dorénavant fabriquées en Pologne.

    Mais pourquoi en Pologne ?

    Réponse : les coûts horaires de la main d’oeuvre ne sont pas les mêmes dans l’Union Européenne.

    En France, le coût horaire est de 34,30 euros.

    En Pologne, le coût horaire est l’équivalent de … 7,60 euros !

    Conséquence :

    Les usines ferment en France. Et de nouvelles usines ouvrent en Europe de l’est en général, en Pologne en particulier.

    L’Union Européenne, c’est la désindustrialisation de la France.

    L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.

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  10. brunoarf dit :

    L’économiste Bernard Maris publie une série d’articles explosifs dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo.

    Cette série d’articles explique pourquoi l’économiste Bernard Maris, qui était favorable à l’euro depuis 25 ans, a changé d’avis : aujourd’hui, il est pour la sortie de l’euro.

    Charlie Hebdo, mercredi 16 avril 2014, page 6 :

    « Le sophisme de Benoist Apparu.

    Faut-il sortir de l’euro ? Oui. Est-ce possible ? C’est une autre paire de manches. Comment vivait la France avant l’euro ? Sa monnaie fluctuait au gré des dévaluations par rapport au dollar, décidées par les gouvernements en fonction des attaques contre la France (autrement dit, des ventes massives de francs par les résidents ou les étrangers, autrement dit, des sorties massives de capitaux). En ce temps-là, les marchés de capitaux étaient plus faciles à contrôler. D’abord, il n’y avait pas de capitaux offshore, flottant entre les Etats. Ensuite, le volume de l’épargne cherchant à se placer ici ou là était beaucoup plus faible. Malgré tout, le capital circulait et les Etats contraient cette circulation par le contrôle des changes ou la dévaluation. Arrivé au pouvoir, de Gaulle dévalue de 20 %. L’économie repart à tour de bras.

    Les temps ont changé. Les marchés de capitaux offshore, internationaux, brassent des sommes considérables. En zone euro, les marchés ne peuvent plus attaquer directement les monnaies (le franc a disparu), mais les contreparties de l’euro, les supports de l’euro. Il y en a trois : l’or (négligeable), les créances sur les économies (la dette Suez, la dette Renault, etc) et, surtout, les dettes publiques, les dettes sur les Trésors publics. Tout se passe exactement comme avant, sauf que les Etats ne peuvent plus répliquer en jouant sur la valeur de leur monnaie.

    Avant d’envisager de sortir de l’euro, il faut réfuter le sophisme de Benoist Apparu. Sur une chaîne de télé, il dit : « La dette française est de 2000 milliards (dont 1300 milliards sont détenus par des étrangers). Sortir de l’euro dévalue l’eurofranc (la nouvelle monnaie) de 25 %. Automatiquement, on doit 400 milliards de plus. Autrement dit, un budget annuel de l’Etat. Donc on ne peut pas sortir, CQFD. »

    Sauf que c’est faux. La dette, le jour où l’on sort de l’euro, n’est plus libellée en euros, mais en eurofrancs. Donc on doit illico 2000 milliards d’eurofrancs. Et on rembourse en eurofrancs émis par la Banque de France. Benoist Apparu raisonne comme si on changeait de monnaie sans sortir de la zone euro. Sophisme. Le 15 août 1971, Richard Nixon a aboli la convertibilité du dollar, pourtant garanti urbi et orbi 35 dollars l’once d’or. L’or s’est mis à flamber, et la FED à émettre des dollars. A un journaliste du Monde qui lui demandait si un jour les Etats-Unis parviendraient à rembourser leur dette colossale, l’économiste Milton Friedman répondit justement : « Notre dette est en dollars, donc on ne vous doit rien. »

    Petit bémol, néanmoins, car tout semble trop facile. De quelle juridiction dépend une dette ? Les pauvres pays d’Afrique se sont endettés jusqu’à l’os et n’ont jamais pu rembourser leurs dettes, parce qu’elles étaient gérées et défendues par les tribunaux des nations prêteuses. Pour passer en douce de l’euro à l’eurofranc, encore faut-il que les dettes publiques françaises dépendent de juridictions françaises. Est-ce le cas ? Oui, à 93 %. 93 % des contreparties de la dette, des OAT (Obligations Assimilables du Trésor, les bons entre cinq et cinquante ans émis par le Trésor et garantis par l’Etat), sont de droit français. Il n’en va pas de même pour les banques et pour les entreprises : elles sont endettées pour 300 milliards d’euros, et sont soumises au droit luxembourgeois, au droit britannique et, pour certaines, au droit des îles Caïmans.

    Difficile d’imaginer une renationalisation de la dette. Donc il faudrait refinancer les banques et les entreprises en eurofrancs, afin de leur permettre de rembourser leurs dettes. Mais alors … l’inflation ? (A suivre)

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  11. Hadrien dit :

    TRAVAIL ET SOCIAL: LE MASSACRE VALLS (dernière édition!)

    Gel des salaires de la fonction publique, gel des retraites et gel des prestations sociales… au moins jusqu’en Octobre 2015!
    C’est l’annonce faite par Valls après le conseil des ministres de ce mercredi.

    En voilà un ministre qu’il est bon, dirait Coluche à la tête de la commission européenne…
    Là où ni Sarkozy ni Fillon n’avaient osé mécontenter le salariat à ce point, Valls n’a d’yeux que pour plus d’austérité !
    Au moment où l’Allemagne de Merkel (CDU) adopte timidement un SMIC a minima, l’alignement du gouvernement sur la déflation interne de l’Allemagne de Schröder (SPD) se confirme. Il y a des parentés « social-libérales » qui ne se trompent pas !

    C’est malheureusement conforme à l’analyse lucide que faisait Guillaume Duval de l’alternance façon PPE dans son livre « Made in Germany », il y a un an:
    « L’Allemagne… après le départ de Schröder, c’est un peu comme « ça fait tellement de bien quand ça s’arrête! » :
    Du côté de l’emploi, on avait assisté à une multiplication… [d’emplois sous-payés]. Ils ne donnent lieu qu’au versement de cotisations sociales très réduites et aucun droit à pension de retraite et autres prestations. Mais ces personnes… sortent des statistiques du chômage !
    Bref,… l’économie allemande sous Angela Merkel, elle n’a pour l’essentiel que compensé les effets massivement négatifs de la période Schröder, tant en termes d’emploi que de revenus. »

    Ce midi, sur les antennes, le député PS Christian Paul qui venait à peine d’expliquer son vote de confiance au premier ministre auprès des électeurs PS, cocufiés en direct, faisait peine à voir: « ça va passer devant le parlement, on ne se laissera pas faire…[comme la semaine dernière pour la confiance?]
    Voilà au moins un positionnement des uns et des autres qui facilitera la tâche à l’électeur de gauche pour ces européennes toutes proches…

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  12. Hadrien dit :

    On ne peut même pas dire que Valls ne savait pas… ce qui émane de résidents allemands eux-mêmes: L’allemagne des patrons exportateurs se porte bien, mais pas celle des travailleurs…
    L’économie politique n°60 (Trimestriel-Octobre 2013)
    ALLEMAGNE: UN MODÈLE À NE PAS SUIVRE

    Ernst Hillebrand
    Chef du Département d’analyse politique internationale à la
    Friedrich-Ebert-Stiftung (FES, Berlin)

    Depuis 1999, l’économie allemande a connu une croissance nettement inférieure à la moyenne de l’Union européenne et de la zone euro. Les investissements sont insuffisants, la répartition des richesses est devenue beaucoup plus inégale et les emplois à bas salaires se sont fortement développés. L’augmentation du nombre de (faux-)emplois s’est accompagnée d’une précarisation du travail et d’un développement considérable des emplois à temps partiel. De même, le patrimoine de l’État a nettement diminué pendant les dix dernières années: alors qu’en 1999 il se situait encore aux alentours de 20% du PIB, il a fondu jusqu’à 0,5% du PIB en 2011 !

    L’institut allemand de recherche en économie (Deutsches Institut für Wirtschatsforschung, DIW) résume ainsi l’évolution de la situation économique au cours de la dernière décennie: « Dans bien des domaines, l’Allemagne n’a pas vraiment progressé; dans certains d’entre eux, elle est retombée nettement derrière d’autres pays » [DIW, Berlin, 2013]

    Un regard critique s’impose surtout quant à la situation des salariés allemands. Alors qu’en 1993, l’Allemagne figurait à la 3ème place de l’Union Européenne pour le revenu par habitant (mesuré en parité de pouvoir d’achat), elle est redescendue à la 7ème place en 2012. Après une longue période de stagnation, les salaires horaires en Allemagne ne tiennent plus que le 11ème rang, en dessous de la moyenne des 27 pays membres de l’UE [Aigainger, 2013]
    La part des salaires dans le revenu national a diminué encore plus nettement en Allemagne que dans les autres pays européens. La part des salaires nets – c’est à dire ce que les salaires gagnent après déduction des prélèvements obligatoires, impôts et cotisations sociales – a même chuté encore plus fortement. Alors qu’elle avoisinait les 48% en 19990, elle ne représentait plus que 42,9% du produit national en 2012.

    [cf Schäfer, 2012]: Ces chiffres sont le résultat de la stratégie consistant à alléger les charges fiscales et parafiscales sur les bénéfices et les plus-values et à les faire supporter davantage par les salaires.
    Au total, ces évolutions font que l’Allemagne, en dépit de sa réputation de pays « riche », a une population comparativement pauvre. Selon les calculs de la Banque centrale européenne, le patrimoine net médian des ménages se situe en Allemagne à 51 200 euros, loin derrière des pays comparables comme la France (113 500 euros), l’Italie (173 500 euros) ou la Belgique (206 200 euros).

    Même les anglo-saxons nous rappelaient la réalité allemande cachée, dès janvier 2012 (World Socialist Web) :

    The Federal Employment Agency (BA) boasts that more German workers are employed than ever before. The current official unemployment total of fewer than 3 million is supposedly the lowest in many years. These apparently positive figures, which result partly from statistical manipulation, actually conceal a bitter reality: most of the recent rise in employment has been achieved through a massive growth in the low-wage sector and insecure part-time jobs.

    According to government statistics, the number of those employed in Germany in November 2011 increased (in comparison to the previous year) by more than half a million, to 41.6 million. However, only about 29 million of these jobs were socially insured positions; 7.3 million were so-called “mini-jobs”, where the workers are paid €400 per month or less, while the rest consist of civil servants, soldiers and self-employed persons.

    The BA emphasises that the increase in employment is directly related to the growth in the number of socially insured jobs—an increase of 700,000 last year. However, almost half of these new jobs turn out to be part-time jobs in low-wage sectors. About 5.5 million people currently work in such jobs.

    The long-term unemployed over the age of 58 are just one of the categories that are not counted in unemployment statistics. Continuing education students, interns, single parents of children under three years old, and persons who are newly unemployed or cannot work due to illness (and who therefore do not yet meet eligibility criteria for ALG) are also not included.
    The official German unemployment figure for December 2010 was just under 2.8 million. But in that same month, more than 5.2 million employable persons between the ages of 15 and 65 were receiving ALG I or II. If one subtracts from this total the growing number of low-paid workers claiming “top-ups”, this results in a total of 4 million unemployed. And even this figure does not include everyone.

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  13. Hadrien dit :

    Excellent sujet que ce billet, qui pourrait même être développé:

    Sur un autre blog (banquier Ugeux), je faisais remarquer aux inavertis que notre pourcentage de « dépense publique » telle que mesurée actuellement est sensiblement identique au pourcentage américain (54% pour les deux, avant la crise, cf James Galbraith: « L’État prédateur »!), et… inférieur au pourcentage britannique !

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  14. Hadrien dit :

    Bernard Maris aura mis longtemps à se décider…!
    Charlie Hebdo publie, ce mercredi 16 avril 2014, en page 6 , la deuxième partie de sa chronique consacrée à la sortie de l’euro:

     » Le sophisme de Benoist Apparu.
    Faut-il sortir de l’euro ? Oui. Est-ce possible ? C’est une autre paire de manches… »

    Bernard Maris serait-il un faux dur ?

    Je voudrais pas avoir à rajouter Bernard Maris au rang des déceptions, ne serait-ce qu’en souvenir de nos études de jeunesse ensemble au même lycée.
    Ma (petite) déception tient, comme en d’autres circonstances similaires le concernant, à sa prestation lundi soir, dans l’émission « Mots croisés » de Yves Calvi, l’animateur chéri des pépés et mémés assidus de « C dans l’air », un temps d’antenne journalier diffusant la « pensée unique » à un horaire plus convenable pour ceux qui se couchent avec les poules.
    Qu’on me permette de rappeler ici quelques extraits de sa première chronique (Partie 1) sur le sujet dans Charlie hebdo :

    ————————————————————-
    « JE VIRE MA CUTI » (Partie 1), par Bernard Maris
    Sous titré:
    J’ai voté oui à Maastricht, oui au traité constitutionnel.
    Aujourd’hui, je pense qu’il faut quitter la zone euro.

    « Il n’est jamais trop tard (même s’il est bien tard) pour reconnaître qu’on s’est trompé. J’ai cru, pauvre nigaud, qu’une monnaie unique nous mettrait sur la voie d’une Europe fédérale. (Pourquoi une Europe fédérale et non la « France éternelle » d’ailleurs? Parce qu’une Europe unie me semblait plus civilisée que le reste du monde…)
    Donc monnaie unique, pouvoir régalien de battre monnaie supra nationale, tout ça conduisait à un État fédéral. Idiot. Les États conservant l’autonomie fiscale , il n’y avait pas de budget fédéral. Dès lors, au lieu de s’unir, à cause de la monnaie unique, les États allaient se lancer dans une concurrence fiscale et budgétaire: ils allaient organiser leur budget à leur manière, sous le parapluie de l’euro… De sorte que les emprunts en monnaie unique n’empêchaient pas la séparabilité des dettes: une dette grecque vaut du fromage [et de l’huile d’olive!], une dette allemande, des machines-outils et de la technique de pointe. Chacun son truc.
    Les français ont également payé affreusement la politique de l’euro fort.
    Une monnaie forte est faite pour les prêteurs (les rentiers), une monnaie faible pour les emprunteurs (les ménages, les entreprises… en bas de l’échelle de production, si leurs produits sont en concurrence).
    L’euro fort a détruit l’industrie française. D’autres facteurs ont aidé: la nullité des patrons français, l’insuffisance de la recherche, le transfert massif des « intelligences » (sic) vers la finance au détriment de l’industrie.
    Soit on reste dans l’euro – et on accepte qu’il n’y ait plus aucune industrie en France… – soit on sort de l’euro et on sauve ce qui peut être sauvé.
    Mais si on sort de l’euro, tout se casse la gueule, non ?
    Eh non… (À suivre) »
    ————————————————————-

    Au prochain numéro, c’était (et c’est encore cette semaine) le cas de le dire !

    En attendant cette suite, qu’il me soit permis d’expliquer un peu ma petite déception à l’écoute de l’émission sus-dite:
    Relancé par Yves Calvi citant cette « partie 1 », qui lui demandait avec insistance: vous vous prononcez donc pour la sortie de l’euro?…
    on entendit Oncle Bernard bredouiller: heu… l’euro de Merkel, en tous cas !
    Et pourquoi donc?… parce que l’Allemagne n’a pas la même structure démographique que nous, et donc, pas les mêmes intérêts… de sa population vieillissante dans un euro fort !
    Quoi?… ont du s’interroger tous les pépés et mémés devant leur télé (tel Coluche à propos du nouvel OMO!) il y a un intérêt pour nous à l’euro-fort et on ne nous le disait pas ?
    C’était plus qu’il n’en fallait pour que les autres reprennent la parole et qu’on oublie cette fausse sortie qui ne tenait décidément pas ses promesses…
    Car, enfin, outre que la monnaie forte n’a d’intérêt que pour riches retraités rentiers ayant recours à la capitalisation et désireux, de surcroît, de la dépenser à l’étranger, il y avait bien autre chose à dire de la part d’Oncle Bernard…
    Car, comme l’indiquent les chiffres, où est donc la prétendue « locomotive » allemande avec une croissance (à peine évoquée) restant voisine de zéro, malgré ses efforts de compétitivité externe par une « politique de l’offre » draconienne et se nourrissant du marché captif de la zone euro-mark?
    Cela seul devrait inquiéter après la mise en avant de ce mot d’ordre du MEDEF adopté par Hollande dans sa conférence de presse de début d’année.
    Sans se transformer en trublion, on pouvait en effet perturber cette noble assemblée des Woerth, Le Guen, Goulard, et Aghion en faisant le parallèle social avec la distribution du patrimoine:
    Depuis qu’ils nous vantent tous les « succès » de la frugalité allemande (y compris, sans en faire état, son faible taux de propriétaires immobiliers), quel est le bénéfice d’une telle politique… pour la grande majorité d’un peuple dont on constate que son patrimoine médian, au total, s’avère si faible (le dernier de la zone euro) et accroît les inégalités (la médiane y est quatre fois plus faible que la moyenne, contre deux fois seulement en France) ?

    —————————————————————————————
    Témoin ce lien, parmi tant d’autres, qui tente désespérément de justifier l’injustifiable: http://www.lejdd.fr/Chroniques/Axel
    celui-ci se terminant par le très « objectif » commentaire:
    – Les Allemands ont bien de la chance… d’être « pauvres », c’est une richesse économique!
    Le Journal du Dimanche 14 avril 2013,
    par Axel de Tarlé, animateur de « C’est à dire », l’émission d’échauffement avant le conditionnement journalier à la pensée unique de « C dans l’air », par Yves Calvi (Quand ce n’est pas Sylvie Goulard ou Philippe Aghion, c’est Elie Cohen ou Philippe de Sertine qui s’y collent !)
    —————————————————————————————

    Que l’Allemagne soit un pays vieillissant, dont la proportion de ménages âgés devrait favoriser le patrimoine après une vie entière de dur labeur, est au contraire un fait inobservé par la situation, qui pose donc problème. Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?
    La réponse a malheureusement été donnée par Gaël Giraud et Cécile Rouard dans leur livre (Le facteur douze):
    « les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre 300 en France) », soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi toute la population mondiale, faisant désormais de l’Allemagne le pays le plus inégalitaire des grands pays développés!
    Là encore, un fait qui est soigneusement dissimulé par la doxa libérale qui nous engage à suivre ce modèle: les excédents allemands s’exercent au détriment des bas salaires et viennent gonfler la fortune des actionnaires d’entreprises (ce qui explique pourquoi on ne voit rien dans le patrimoine moyen qui intègre indistinctement les deux).
    On ne s’étonnera pas, après tout cela, que Alain Minc ait pu pousser ce cri du coeur dans le titre de son dernier livre: « Vive l’Allemagne » !

    En revanche, on pourrait s’étonner que Hollande ait suivi la même pente, au lieu de celle que lui recommandait tantôt Michel Santi:
    «François Hollande n’a plus grand-chose à perdre et je pense qu’à ce stade il devrait prendre la tête d’un front du Sud, avec l’Italie, l’Espagne, le Portugal, pour infléchir la Commission européenne, changer en profondeur les institutions européennes et sauver l’Europe de la catastrophe déflationniste. » http://bourse.lesechos.fr/infos-con
    On n’a pas fini d’être désenchanté par la « social-démocratie » qui vire à une « économie sociale de marché » d’un ordo-libéralisme de plus en plus teuton. Il est vrai que ce dernier fut inventé par le chancelier Erhard et consciencieusement appliqué par Kiesinger, tous deux connus pour leurs rapprochements nazis durant la dernière guerre, au point que ce dernier se vit publiquement giflé par Beate Karstfeld en raison de ses agissements…!

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  15. brunoarf dit :

    Jeudi 17 avril 2014 :

    L’économiste Frédéric Lordon : « il faut sortir de l’euro »

    La video dure 19 minutes 41 :

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  16. brunoarf dit :

    L’économiste Bernard Maris était pour l’euro depuis 25 ans.

    Aujourd’hui, il vient de changer d’avis : il est pour la sortie de l’euro.

    Il explique pourquoi dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo, dans une série d’articles tous plus explosifs les uns que les autres.

    Mercredi 9 avril, puis mercredi 16 avril, puis mercredi 23 avril 2014, etc, lisez ces articles d’un économiste qui vient juste de comprendre son erreur : c’est édifiant.

    Pour lire le premier article de Bernard Maris du mercredi 9 avril 2014, cliquez ici :

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2014/04/18/bernard-maris-vire-sa-cuti-1/

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  17. bebecadum dit :

    Revenir au franc pour sortir de la crise, c’est passer de Celsius à Fahrenheit. Quand nous on se les gèles à 0°C, eu ils ils sont au chaud à 32°F. Toutefois ils se les gèles aussi.

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    • A-J Holbecq dit :

      Non, ne serai ce que parce qu’on récupère la capacité de monétiser et de ne pas se bloquer sur les déficits budgétaires ; mais il est vrai qu’il faut aussi changer de paradigme concernant les équilibres budgétaires.

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      • bebecadum dit :

        Vous répondez plus vite que votre ombre, c’est bien.

        Sur le fond, à ce jour, quand vous avez soif, physiologiquement rien ne vaut un verre d’eau claire. Les vendeurs de sodas ne sont pas d’accord avec cela. Ils ne gagneraient plus un rond. Alors, économiquement, en tout temps et en touts lieux, dans toutes les langues du monde ils martèlent un autre discours.
        C’est dans l’ordre des choses, dans LEUR ordre des choses.

        Il en est de même des équilibres budgétaires, ceux qui les creusent et ceux qui les comblent ne sont pas les mêmes. Pire, ceux qui creusent se désaltèrent de la sueur de ceux qui comblent.
        Il ne faut pas avoir fait Cambridge pour comprendre qui est pour et qui est contre.

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    • bebecadum dit :

      Lisez « ils se les gèlent aussi »

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    • Hadrien dit :

      Votre commentaire semble ignorer:

      1/ la réalité MONÉTAIRE HISTORIQUE: POLITIQUE DE L’OFFRE ET MONNAIE FORTE: LA DOUBLE PEINE !

      La France a appliqué après 1949 une politique inflationniste keynésienne alors que l’Allemagne a appliqué le dogme de l’école autrichienne. Résultat sur la richesse patrimoniale après tant d’années:
      Les statistiques internationales (cf Piketty: Le capital au XXIe siècle) confirment que, partant après la guerre d’un capital national détérioré équivalent à 250-300% chacun en termes de revenu national annuel, la France est remonté à 600%, contre 400% seulement pour l’Allemagne !

      Voici, en valeur absolue (euros), le rapport original de l’étude récente de la BCE tant commentée par les médias avec une gêne évidente, concernant le patrimoine net des ménages en zone euro: http://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/other/ecbsp2en.p

      Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte bien, en effet:
      – Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
      – Financial assets (avoirs financiers)

      NET WEALTH OF HOUSEHOLDS ( = MÉNAGES)

      Table 4.1 Net wealth by [demographic and] country characteristics (p.76)
      (en milliers d’euros)
      Luxemb.: 398
      Chypre: 267
      Malte: 216
      Belgium: 206
      Spain: 183
      Italie: 173
      France: 116
      Paysbas: 104
      Grèce: 102
      Slovénie: 101
      Finlande: 85
      Autriche: 76
      Portugal: 75
      Slovaquie: 61
      Germany: 51
      OUI, LE MÉNAGE MÉDIAN EN ALLEMAGNE EST LE PLUS PAUVRE DE LA ZONE EURO !

      On comprend que ce rapport ait fait scandale en Allemagne!
      Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?
      La réponse a malheureusement été donnée par Gaël Giraud et Cécile Rouard dans leur livre (Le facteur douze):
      « les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre 300 en France) », soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi toute la population mondiale, faisant désormais de l’Allemagne le pays le plus inégalitaire des grands pays développés!
      Là encore, un fait qui est soigneusement dissimulé par la doxa libérale qui nous engage à suivre ce modèle: les excédents allemands s’exercent au détriment des bas salaires et viennent gonfler la fortune des actionnaires d’entreprises (ce qui explique pourquoi on ne voit rien dans le patrimoine moyen qui intègre indistinctement les deux).
      On ne s’étonnera pas, après tout cela, que Alain Minc ait pu pousser ce cri du coeur dans le titre de son dernier livre: « Vive l’Allemagne » !

      Conséquence :
      QUAND LES FOURMIS ONT MOINS DE PROVISIONS QUE LES CIGALES…

      Patrimoine médian PAR PERSONNE (zone euro):
      Belgique: 95 KE
      Espagne: 70 KE
      Italie: 70 KE
      France: 55 KE
      Pays bas: 47 KE
      Finlande: 45 KE
      Grèce: 42 KE
      Autriche: 40 KE
      Portugal: 30 KE
      ALLEMAGNE: 30 KE

      ELLES SE MONTRENT MOINS PARTAGEUSES QUE LES AUTRES…
      http://www.inegalites.fr/spip.php?article1835
      Dépense publique EN % DU PIB (Europe):
      Danemark: 57,6
      France: 56
      Grèce: 51,8
      Suède: 51,2
      Italie: 49,9
      Pays bas: 49,8
      Royaume-Uni: 48,6
      ALLEMAGNE: 45, 3
      Espagne: 45,2

      ET OBLIGENT TOUT LE MONDE À FAIRE COMME ELLE !
      http://fortune.fdesouche.com/322587-europe-vente-

      Le patrimoine des ménages et du secteur public ne sont pas les seul indicateurs de richesse à prendre en compte. Une partie significative est en effet détenue par les entreprises dont le stock de capital constitue un indicateur exhaustif. Il indique en effet le montant du capital détenu par le secteur public (dont on a vu plus haut ce qu’il en est) ainsi que par les capitalistes industriels résidents et non-résidents. Corrigé de la position extérieure nette (donc du capital ou des dettes détenus par des résidents à l’étranger), on obtient un indicateur global du patrimoine… capitaliste !
      Là, les choses sont fort différentes puisque l’Allemagne est bien dans le peloton de tête des inégalités avec l’Autriche, la Belgique et les Pays-bas, montrant ainsi comment la politique de « l’offre » peut arriver à extirper la plus value du travail des ménages, tout en faisant d’eux les plus pauvres d’Europe:
      http://www.ladocumentationfrancaise.fr/pages-euro

      2/ la réalité ÉCONOMIQUE:

      L’implacable logique keynésienne est rappelée par l’économiste Michel Santi…
      http://www.gestionsuisse.com/depenser-gagner/#more-4751

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      • bebecadum dit :

        Auriez-vous « fait » Cambridge?

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        • Hadrien dit :

          Non, mais j’ai « fait » University of London (3ans) et University of Berkeley (1 an).
          En revanche, vous devez avoir « fait » la London school of economics lorsque Thatcher était au pouvoir, à entendre votre discours néo-conservateur… sans justificatif !

          Oui, le schéma des « Jours heureux » (programme CNR de 1944), qui fit effectivement les beaux jours des Trente Glorieuses, s’est arrêté net avec l’arrivée de la « révolution conservatrice » au profit de la finance privée qui a pu relever ses taux:

          HISTORIQUE DES TAUX D’INTÉRÊT (10 ans) RÉELS
          http://perspective.usherbrooke.ca/b…

          FRANCE
          1961 0,10
          1962 -1,12
          1963 -2,70
          1964 -0,38
          1965 0,66
          1966 0,44
          1967 0,16
          1968 -0,06
          1969 0,28
          1970 2,60
          1971 0,98
          1972 -0,49
          1973 0,77
          1974 0,58
          1975 -3,20
          1976 -1,57
          1977 0,60
          1978 -0,11
          1979 -0,40
          1980 0,93 <—— Révolution conservatrice (Thatcher, Reagan)
          1981 2,35
          1982 1,36
          1983 2,30
          1984 4,72
          1985 5,39
          1986 4,45
          1987 6,86
          1988 5,96
          1989 6,38
          1990 7,61
          1991 7,37
          1992 7,91
          1993 7,02
          1994 6,69
          1995 6,80
          1996 5,23
          1997 5,38
          1998 5,46
          1999 6,17
          2000 5,05
          2001 4,86
          2002 4,29
          2003 4,51
          2004 4,84

          Le lien donné ci-dessus permet de visualiser la nette correlation inversée avec la variable "croissance du PIB".
          …Une parfaite démonstration du rôle de la création monétaire "réelle" !

          35 ans plus tard, nous n'y sommes toujours pas revenus malgré la baisse désespérée, mais tardive, des taux de la BCE et la crise subie a créé de considérables inégalités avec le monde du travail… que les rentiers, banquiers et spéculateurs de toutes sortes veulent évidemment conserver !

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  18. brunoarf dit :

    Mardi 22 avril 2014:

    La deuxième guerre civile.

    Par Bernard Maris

    En 1992, François Mitterrand a ouvert une deuxième guerre de 30 ans en croyant par la monnaie unique arrimer l’Allemagne à l’Europe.

    L’Allemagne réalise sans le vouloir par l’économie ce qu’un chancelier fou avait déjà réalisé par la guerre : elle détruit à petit feu l’économie française. Certes, elle n’est pas responsable de cette situation, au contraire ; elle n’est jamais intervenue dans la politique intérieure de la France, elle a tendu la main aux Français du temps de Balladur pour réaliser un début d’unité fiscale et budgétaire (qui lui fut refusée).

    C’est François Mitterrand qui à deux reprises a voulu arrimer la politique monétaire de la France à celle de l’Allemagne, détruisant une industrie française qui n’allait pas bien fort : en 1983 d’abord, avec le tournant de la rigueur et la politique du « franc fort », en 1989 ensuite, en paniquant après la réunification Allemande, et en avalisant celle-ci au prix d’une monnaie unique et d’un fonctionnement de la BCE calqué sur celui de la Bundesbank.

    Plus de vingt ans de guerre économique ont passé, et l’industrie Allemande a laminé les industries italienne et surtout française. Aujourd’hui la guerre est terminée et gagnée. La part des exportations de l’Allemagne en zone euro représente 10% du total. Le reste est hors zone euro, aux Etats-Unis et en Asie. L’Allemagne n’a plus besoin de la zone euro. Au contraire : la zone euro commence à lui coûter cher, à travers les plans de soutien à la Grèce, au Portugal, et à l’Espagne, à tel point qu’elle songe elle aussi à quitter l’euro.

    Il est bien évident que ni la Grèce, ni le Portugal, ni l’Espagne, ni même la France et l’Italie ne pourront jamais rembourser leur dette avec une croissance atone et une industrie dévastée. La zone euro éclatera donc à la prochaine grave crise de spéculation contre l’un des cinq pays précités.

    La Chine et les Etats-Unis contemplent avec ravissement cette deuxième guerre civile interminable, et se préparent (pour les Etats-Unis une deuxième fois) à tirer les marrons du feu. La Chine et les Etats-Unis pratiquent une politique monétaire astucieuse et laxiste. On pourrait ajouter à la liste des pays pratiquant une politique monétaire intelligente la Corée du Sud, et aujourd’hui le Japon. La Grande-Bretagne, elle, prépare tout simplement un référendum pour sortir de l’Europe.

    On a le choix : sortir de l’euro ou mourir à petit feu. Sinon, le dilemme pour les pays de la zone euro est assez simple : sortir de façon coordonnée et en douceur, ou attendre le tsunami financier.

    Une sortie coopérative et en douceur aurait le mérite de préserver un peu de construction européenne, un tsunami sera l’équivalent du Traité de Versailles, les perdants étant cette fois les pays du Sud. Et au-delà des pays du Sud, toute l’Europe.

    La sortie douce et coordonnée est assez simple, et a été déjà envisagée par nombre d’économistes. Il s’agit tout simplement de revenir à une monnaie commune, servant de référentiel aux différentes monnaies nationales. Cette monnaie commune, définie par un « panier de monnaies » nationales, atténue les spéculations contre les monnaies nationales.

    C’est un retour au SME (Système monétaire européen) ? Oui. Des marges de fluctuations autour de la monnaie commune. Une stabilisation de la spéculation par des limitations des mouvements de capitaux, stabilisation qui pourrait être accrue par une taxe type Tobin sur ces mêmes mouvements de capitaux.

    Mais le SME a échoué direz vous… Oui, parce que le SME ne s’était pas donné les moyens de lutter contre la spéculation, et n’avait pas adopté une « Chambre de compensation » comme la souhaitait Keynes dans son projet pour Bretton Woods (abandonné au profit du projet américain).

    Le meilleur moyen de rendre l’Europe odieuse, détestable pour longtemps, de faire le lit des nationalismes les plus étroits, est de poursuivre cette politique imbécile de monnaie unique associée à une « concurrence libre et non faussée » qui fait se pâmer de joie ceux qui en profitent, Chinois, Américains et autres BRICs.

    Bien évidemment la mainmise du politique sur la monnaie ne suffit pas à faire une économie puissante : la recherche, l’éducation, la solidarité sont certainement aussi importantes. Mais laisser les « marchés » gouverner les pays est tout simplement une honteuse lâcheté.

    (A suivre)

    Bernard Maris.

    http://alternatives-economiques.fr/blogs/raveaud/2014/04/20/sortie-de-leuro-bernard-maris-vire-sa-cuti-3/

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  19. brunoarf dit :

    Mercredi 23 avril 2014 : Eurostat publie les chiffres de la dette publique du quatrième trimestre 2013.

    Dans l’Union Européenne, neuf pays sont en faillite.

    1- Médaille d’or  : Grèce. Dette publique de 318,703 milliards d’euros, soit 175,1% du PIB.

    2- Médaille d’argent  : Italie. Dette publique de 2069,216 milliards d’euros, soit 132,6 % du PIB.

    3- Médaille de bronze  : Portugal. Dette publique de 213,631 milliards d’euros, soit 129 % du PIB.

    4- Irlande  : dette publique de 202,920 milliards d’euros, soit 123,7 % du PIB.

    5- Chypre  : dette publique de 18,442 milliards d’euros, soit 111,7 % du PIB.

    6- Belgique  : dette publique de 387,159 milliards d’euros, soit 101,5 % du PIB.

    7- Espagne  : dette publique de 960,676 milliards d’euros, soit 93,9 % du PIB.

    8- France  : dette publique de 1925,292 milliards d’euros, soit 93,5 % du PIB.

    9- Royaume-Uni : dette publique de 1460,975 milliards de livres sterling, soit 90,6 % du PIB.

    La question est :

    “QUAND ces neuf pays vont-ils se déclarer en défaut de paiement ?”

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  20. Hadrien dit :

    Aujourd’hui, un sujet est plus que jamais sur la scène des élections européennes: Quid de la monnaie unique ?
    En cette période anniversaire de Jaurès, l’indécision entre patriotisme et internationalisme ne saurait être de mise en pensant à celui qui déclarait à la chambre, dans son fameux discours de 1895:

    « PATRIOTISME et Internationalisme »
    (Capitales dans le texte:http://fr.wikisource.org/wiki/Patri…)

    « Nous sommes internationaliste pour préparer l’abolition des iniquités sociales, qui sont la cause des guerres, et l’abolition des guerres qui sont le prétexte des armées.

    Mais, en attendant cette réalisation de la paix internationale par l’unité socialiste, il est du devoir de tous les socialistes, dans tous les pays, de protéger chacun leur patrie contre toutes les agressions possibles. (Exclamations au centre. — Très bien ! très bien ! à l’extrême gauche.)

    Je m’étonne des marques de satisfaction étonnés qui semblent accueillir ces paroles, comme si l’on avait jamais pu sérieusement et honnêtement nous prêter une autre pensée. (Très bien ! très bien à l’extrême gauche.)

    Ce sujet actuellement sur la scène en côtoie un autre, fortement lié:

    N’est-ce pas la même indécision qui permet aux européistes et internationalistes inconditionnels d’oublier ces propos presque aussi connus de Jaurès:

    ———————————————————–
    Extrait de la motion défendue par le député de Carmaux JEAN JAURÈS, lors de séance parlementaire du 8 mars 1887 :

    « Je dis que lorsqu’on vient acheter sur le marché français des produits agricoles, du blé, par exemple, qui ont été obtenus par des travailleurs réduits à un salaire dérisoire, c’est exactement comme si on jetait dans les campagnes de France, pour faire concurrence à nos paysans, les ouvriers qui au dehors travaillent à des salaires dépréciés. Et voilà pourquoi, pour ma part, je ne me refuse nulllement à protéger l’ensemble de la production agricole ; mais j’ajoute : à condition – et vous vous y êtes engagés vous-mêmes – que par des mesures complémentaires vous assuriez à la communauté rurale, à ceux qui travaillent véritablement, le bénéfice exclusif de cette mesure. Voilà pourquoi, lorsque vous aurez voté les surtaxes que vous préparez, nous viendrons vous demander d’en assurer directement le bénéfice aux travailleurs des champs. »

    » De même, nous protestons contre l’invasion des ouvriers étrangers qui viennent travailler au rabais. Et ici, il ne faut pas qu’il y ait de méprise :
    Nous n’entendons nullement, nous qui sommes internationalistes… »
    [Rumeurs et interruptions sur divers bancs]
    « Vous entendez bien que ce n’est pas nous qui voulons éveiller entre les travailleurs manuels des différents pays les animosités d’un chauvinisme jaloux ; non, mais ce que nous ne voulons pas, , c’est que le capital international aille chercher la main d’oeuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jetter sans contrôle et sans règlementation sur le marché français, et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont les plus bas. »
    [Applaudissements]
    « C’est en ce sens, et en ce sens seulement, que nous voulons protéger la main d’oeuvre française contre la main d’oeuvre étrangère, non pas, je le répète, par un exclusivisme d’esprit chauvin, mais pour substituer l’internationale du bien être à l’internationale de la misère. »
    [Applaudissements à l’extrême gauche. Mouvements divers]
    ————————————————————

    Oublier son époque, ou s’oublier, ce fut le cas des dernières présidentielles où JLM s’était laissé aller dans son discours de Marseille à un internationalisme trotskyste, façon Besancenot, qui a coûté cher au FG: de 16% en pleine ascension pouvant supplanter le FN, dégringolade brutale des jours suivants à 11%… pour ne plus en bouger !

    Raison de plus pour conclure par une dernière citation Jauressienne:

    « Les nations, systèmes clos, tourbillons fermés dans la vaste humanité incohérente et diffuse, sont donc la condition nécessaire du socialisme. Les briser, ce serait renverser les foyers de lumière distincte et rapide pour ne laisser subsister que l’incohérente lenteur de l’effort universel, ou plutôt ce serait supprimer toute liberté, car l’humanité ne condensant plus son action en nations autonomes, demanderait l’unité à un vaste despotisme asiatique. La patrie est donc nécessaire au socialisme ».

    Le Patriote socialiste Jean-Jaurès, revue de Paris, 1898

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  21. bebecadum dit :

    @ Hadrien

    J’avais dit:
    Pire, ceux qui creusent (les déficits) se désaltèrent de la sueur de ceux qui comblent.

    Vous dites:
    … que les rentiers, banquiers et spéculateurs de toutes sortes veulent évidemment conserver !

    Nous disons donc exactement la même chose!!!!!!

    Ce que je vous reproche, c’est de pester sans arrêt sur les organismes supra-nationaux (FMI, BEI, BCE…) ce qui est salutaire, mais quand vous avez fini de pester, vous LES PRENEZ COMME REFERENTS.
    Cette pègre qui nous gouverne, car c’est bien elle qui gouverne, n’est pas fiable, n’est pas crédible, n’est pas fréquentable.

    Je rêve d’une valeur, d’une référence style fil à plomb, c’est a dire une direction absolue.
    Mais je dis bien que je rêve.

    Cordialement.

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    • Hadrien dit :

      J’avais peut-être mal compris ce qui allait sans dire, mais ça ira encore mieux en le disant…
      Que les politiques soient corrompus par les lobbies, ici comme ailleurs, encore faut-il en persuader le public, otage de nos médias. Car il y a plus indécent que les agissements des financiers ou même leurs salaires, ce sont leurs commentaires et ceux de leurs complices:
      Ainsi de l’inénarrable Philippe Dessertine, cet économiste de la pensée unique, devenu par sa soumission au système directeur de l’Institut de Haute Finance et membre du Haut Conseil des finances publiques, on ne compte plus les plaidoyers pro domo :

      – « Peut-on réconcilier l’économie réelle avec la finance internationale ? » et surtout pas l’inverse…
      car « La société française doit concevoir qu’elle est dans une situation intenable à terme » !

      – Interrogé sur les bons chiffres de l’emploi et de la croissance américains, il attribue cela aux injections importantes de liquidités de la Fed depuis 2011, estimant que cela pénalise notre économie, mais qu’il ne faut surtout faire la même chose: « Cette idée d’injecter des liquidités sans limite… », non! car « Le monde entier est obligé de soutenir le dollar ».

      – La dette… Il faut la payer. Mais sur le rôle de la BCE, sur la PAC … sur l’indépendance de la France: nous sommes trop petits et nous n’avons pas les moyens d’être indépendants, fondons-nous dans l’Empire des étoiles et la force sera avec nous !…

      – Sur le déficit démocratique de l’Union européenne et les suicides d’agriculteurs : le gouvernement français applique de façon trop rigide les directives de Bruxelles (sic !)

      – En revanche, à l’emission « C dans l’air » d’aujourd’hui, Dessertine n’avait pas de mots assez durs pour notre désindustrialisation, ce « manque de compétitivité » de la France à l’ombre du « modèle allemand », tout de rentabilité et rigueur avec ses boulots sous le smic, et de dégraissage avec ses 5 millions de chômeurs dissimulés sous le temps partiel des petits boulots à 400 euros mensuels, quand ce n’est pas à un euro de l’heure !

      Ah! le brave homme, lui qui s’y connait si bien en travaux grassement payés pour ne produire que de la salive… et mieux cracher sur ceux qui le nourrissent !
      Il a repris aujourd’hui avec insistance un mot qu’il aime bien, pour dire que 50 milliards pris au monde du travail, ce n’était pas assez, et combien il fallait « marteler » cela aux français, une expression qu’il réservait d’habitude à « cette vérité… qu’une sortie de la France de l’euro serait une catastrophe » !

      Allez, il aura bien mérité de la pensée unique distillée chez Yves Calvi… C’est d’ailleurs pour ça qu’on l’y invite si souvent !

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  22. Hadrien dit :

    L’INCREVABLE NEW DEAL par James (fils de John) GALBRAITH

    ( À propos des dépenses publiques… américaines, identiques aux françaises à la veille de la crise: 54% du PIB ! )

    Qu’est-ce qui explique la force de résistance du modèle économique américain?

    La réponse est à chercher dans les institutions très robustes qui ont été créées il y a plus d’un demi-siècle par le « New Deal », et par les politiques d’inspiration semblables qui l’ont suivi. Ces institutions sont toujours bien vivantes.
    Ce sont les éléments d’un Etat-providence américain, mais vêtus à la mode du pays: déguisés en système de marché. Si la vérité avait été bien en vue, la théorie économique conservatrice se serait effondrée depuis longtemps.
    Aujourd’hui, aux Etats-Unis, nous avons notre propre version de ces institutions privilégiées, soutenues par les dépenses de l’Etat.

    Le secteur militaire est l’une de ces institutions: c’est un secteur public traditionnel, qui puise directement dans le budget et la base fiscale de l’Etat. L’agriculture en est une autre: des subventions massives vont à la petite fraction de la population active qui y travaille, pour des raisons liées au pouvoir politique qu’ont reçu les zones rurales quand elles sont devenus des états fédérés.
    Et il y en a plusieurs autres, toutes dans des secteurs qui fournissent des éléments de confort aux classes moyennes, essentiellement la santé, l’enseignement supérieur, le logement et les retraites. Ce sont les secteurs qui ont été créés par le New Deal, le Fair Deal, la Nouvelle Frontière et la Grande Société, puis, dans les decennies suivantes, isolés plus ou moins délibérément des rigueurs du budget comme de celles du marché.

    Les dépenses publiques de santé directement inscrites au budget de l’Etat représentent 6,8% du PIB; en dollars, la dépense publique moyenne par habitant pour la santé aux Etats-Unis est supérieure à la dépense totale moyenne par habitant en Grande-Bretagne.
    Pour le reste de la population couverte, les soins médicaux sont payés par des compagnies d’assurance privées qui jouissent d’avantages fiscaux. Globalement, la part financée par l’impôt se situe au-dessous de 60% des dépenses totales de santé, soit 9% du PIB. C’est à peu près le double du budjet militaire, même augmenté du coût de la guerre d’Irak.

    Les dépenses américaines pour l’enseignement supérieur public sont du même ordre que les dépenses européennes TOTALES: 1,22% du PIB contre 1,14% en Allemagne et 1,13% en France. Et il faut y ajouter la part privée (1,07% de PIB en plus) centrées sur des institutions dont les dotations de plusieurs milliards de dollars sont motivées au premier chef par le système fiscal.
    Enfin, puisque les universités remplissent toute une gamme de fonctions publiques, elles jouissent de subventions directes de l’Etat.

    Enfin, les versements de la Caisse de retraite publique, la Social Security, aux personnes agées et d’autres programmes de s »curité des revenus financent environ 8% du PIB américain (la Social Secyrity en finance à elle seule 4 à 5%).

    Essayons d’additionner tous ces éléments: la santé, l’enseignement supérieur, le logement et la Caisse de retraite publique. Ensemble, ils représentent près de 40% de la consommation totale de biens et services aux Etats-Unis. Et nous n’avons pas encore compté la contribution directe des dépenses publiques, qui pèse 14% du PIB (2% pour les dépenses fédérales, 12% pour celles des Etats et des autorités locales). Une importante fraction de ces ressources va à l’enseignement public primaire et secondaire.
    Faisons le total [54%] et nous constatons que les Etats-Unis ne sont pas une économie de « marché libre » assortie d’un secteur d’Etat sous-développé ou limité. Il s’agit bel et bien d’un pays post-industriel… où le secteur public assure nettement plus de la moitié de l’activité économique [tout comme en France et en Scandinavie, et plus qu’ailleurs en Europe]
    Les Etats-Unis sont simplement un peu moins organisés et efficaces à certains égards, et infiniment plus prodigues à d’autres, qu’il n’est d’usage en Europe. Et particulièrement doués pour déguiser ces interventions de l’Etat et pour faire participer des institutions parapubliques à l’action.

    L’histoire des trois dernières décennies a souvent été décrite comme une lutte entre l’esprit de Milton Friedman et les fantômes de Keynes et de Roosevelt -entre le marché et l’État.
    La révolution [conservatrice] Reagan a réussi essentiellement à imposer des changements dans la façon de penser et de parler: elle a resuscité Adam Smith et Friedrich Von Hayek et créé une nouvelle « Eglise du marché libre », assurant ainsi à la droite de la profession des économistes une publicité sans précédent pour ses idées les plus extrémistes.
    Mais, en ce qui concerne les principales institutions de soutien social à la classe moyenne créées par le « New Deal », Reagan n’a pratiquement rien changé aux réalités de terrain. Globalement, le New Deal a survécu à Reagan presqu’intégralement, et l’économie a repris sa croissance. Non parce que les conservateurs qui entouraient Reagan étaient en voie de réussir, mais parce qu’ils avaient échoué.

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  23. brunoarf dit :

    Pendant l’année 2013, les pays européens ont dépensé des dizaines de milliards d’euros pour le Mécanisme Européen de Stabilité.

    Malheureusement, le Mécanisme Européen de Stabilité est incapable de stabiliser quoi que ce soit !

    – Pendant l’année 2013, l’Italie a payé 44,156 milliards d’euros

    – la France a payé 50,3 milliards d’euros

    – l’Allemagne a payé 67 milliards d’euros

    – l’Espagne a payé 29 milliards d’euros.

    Lisez cet article du Corriere della sera :

    E infatti nel 2013 l’Italia ha speso 44,156 miliardi di euro per gli aiuti ai paesi dell’eurozona sotto programma di assistenza internazionale, in particolare Grecia, Irlanda e Portogallo. Il contributo della Francia è stato pari a 50,3 miliardi (e il suo deficit è ammontato a 87,566 miliardi), quello della Germania a 67 miliardi (e i conti pubblici hanno registrato un’eccedenza di 190 milioni), e quello della Spagna a 29 miliardi (deficit a 72,577).

    http://www.corriere.it/economia/speciali/2014/europa/notizie/crisi-44-miliardi-conto-dell-italia-gli-aiuti-stati-difficolta-8e5396cc-cb00-11e3-9708-d10118a39c2a.shtml

    L’Union Européenne, c’est des pays surendettés qui se surendettent encore plus pour prêter de l’argent à des pays en faillite qui ne les rembourseront jamais.

    L’Union Européenne, c’est un suicide collectif.

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  24. Hadrien dit :

    Je fulminais, hier soir en assistant à l’émission « Mots croisés » d’yves Calvi, dont une bonne moitié fut consacrée à Alst(h)om (dont le h a été enlevé dans les années 80, pour éviter le hyatus aux anglo-saxons) :

    Geoffroy Roux de Bézieux, le jeune vice-président du Medef de formation purement commerciale, s’est empressé de placer le leitmotiv des patrons:
    – Tout ça, c’est de la faute au « coût du travail », les chinois n’ont pas ces contraintes, etc.
    Ces mêmes « patrons » ne cessaient d’expliquer il y a peu, lors d’émissions antecédentes, que l’industrie française péchait par défaut de « haut de gamme ».
    Et de citer l’automobile allemande dont les grosses cylindrées sont vendues par les allemands aux milliardaires chinois.
    Or, il n’y a pas plus haut de gamme qu’Alstom qui détient notamment, dans le domaine ferroviaire, tous les records du monde depuis les années 50 (avec les BB, CC, puis TGV) !
    Ils encensent maintenant le « TGV chinois », pire symbole du « made in China » après l’accident meurtrier de Wenzhou, comme le fait malheureusement G. Ugeux qui en remet une couche en évaluant (à tort) son prix de revient à 10% des prix français (c’est environ la moitié, pour des salaires dix fois inférieurs et une qualité sans rapport).
    Pourtant, le choix public français (Alstom/SNCF) fut clair: autant il est naturel d’investir en fiabilité haut de gamme pour des transports publics appelés à faire gagner plusieurs heures à des centaines de passagers à la fois, autant il est douteux que pétarader en ville entre deux feux rouges, ou rouler sur le plat entre deux limitations de vitesse, nécessite un 4×4 Porsche Cayenne 8-cylindres à 100 000 euros !

    La même malhonnêteté intellectuelle s’est manifestée dans la diatribe engagée vis à vis de l’État par le patronat, concernant leurs « charges », c’est à dire les cotisations sociales acceptées comme parti intégrante du salaire depuis 1944 (programme du CNR). Tout d’abord, remettre en question ces prestations c’est tout simplement baisser les revenus des salariés qui devront les payer autrement. C’est ce qui s’est pratiqué aux États-Unis, mais les salaires y sont établis en conséquence !
    Mais c’est surtout dans un autre domaine que la tromperie est manifeste:
    On ne compte plus les innombrables subventions dont bénéficient les patrons, à commencer par le scandaleux crédit d’impôt « recherche », attribué pour tout et n’importe quoi à des entreprises qui n’ont jamais fait de recherche de leur vie. Et quand, pour les plus grosses d’entre elles, il y a matière à recherche, elles s’empressent de la faire financer par l’État ou les régions.
    Je sors d’une réunion, au label de ces fameux pôles de compétitivité (domaine aerospatial), où l’on côtoie des privées ou privatisées vivant du financement de projets où l’essentiel est effectué par des universitaires ou établissements de recherche publics (CNRS, ONERA, CNES, etc.) payés par l’État. Pour ces entreprises, c’est tout bénefice,… payées à récolter les innovations des autres !
    Sans parler de celles dont l’existence même ne doit le jour qu’à leur passé nationalisé dont elles s’évertuent à compromettre ainsi leurs acquis (bien d’autres qu’Alstom, aux activités tout aussi stratégiques, sont en cause).
    Pas étonnant que nos succès remontent tous aux Trente Glorieuses (TGV, Airbus, Ariane, Nucléaire, etc.), et que la source se soit tarie avec les privatisations !

    AUTRE BÉTISE (RE-)ENTENDUE : la part excessive de nos dépenses publiques totales…
    Sait-on que leur niveau réel est analogue à celui des États-Unis (à la veille de la crise, James Galbraith comptabilisait 54%, pourcentage de PIB identique pour les deux pays) ? Eh oui, aux États-Unis, il faut ajouter les états fédérés comme chez nous les régions !
    Sait-on, plus près de nous, que le déficit public britannique est supérieur au notre depuis 2004, et évolue depuis la crise entre -6% et -12% ? Eh oui, c’est même à son augmentation récente par Cameron que l’on doit leur petite différence de 1% de croissance… Mais pour les patrons, c’est l’austérité (des autres, bien entendu) qui sauve !
    (cf. http://www.les-crises.fr/idee-recue-austerite-uk/)

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  25. brunoarf dit :

    A propos de l’Italie :

    2007 : dette publique de 1605,1 milliards d’euros, soit 103,3 % du PIB.
    2008 : dette publique de 1671 milliards d’euros, soit 106,1 % du PIB.
    2009 : dette publique de 116,4 % du PIB.
    2010 : dette publique de 119,3 % du PIB.
    2011 : dette publique de 120,8 % du PIB.
    2012 : dette publique de 127 % du PIB.
    2013 : dette publique de 2069,216 milliards d’euros, soit 132,6 % du PIB.

    La question est :
    « QUAND l’Italie va-t-elle se déclarer en défaut de paiement ? »

    Italie : chômage de 13 %.
    Chômage chez les jeunes : 42,3 %.

    Mardi 29 avril 2014 :

    Italie : les ventes au détail baissent de 0,2% en février sur un mois.

    Les ventes au détail en Italie ont baissé de 0,2% en février par rapport à janvier, selon des chiffres diffusés mardi par l’Institut national de la statistique (Istat).

    Sur un mois, les ventes de produits alimentaires ont baissé de 0,1% et celles des autres produits ont reculé de 0,2%, précise Istat.

    Sur un an, les ventes de détail se sont repliées de 1%, en raison notamment d’une baisse de 1,2% des ventes dans les petites surfaces.

    Les ventes en grandes surfaces ont également reculé de 0,5%.

    Sur un an, les ventes de produits alimentaires ont baissé de 0,7%, et celles des autres produits ont reculé de 1,2%.

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