283 – Keynes sur la création monétaire

Traité sur la monnaie

John Maynard Keynes

« A Treatise on Money: The Pure Theory of Money » (1930), p23-24

Pour la représentation des transactions, nous avons vu comment le transfert de titres sur de la monnaie peut être aussi efficace que la monnaie elle-même. Ainsi, les membres du public, ayant pris conscience de ce fait, se contenteront souvent de détenir ces titres sans les convertir en monnaie fiduciaire. De plus, il y a un certain nombre d’avantages à détenir de la monnaie bancaire et non du liquide.

Une banque moderne est une institution rendue possible par des habitudes de cet ordre. Historiquement, une banque a pu évoluer à partir d’une activité liée aux métaux précieux ou au transfert de monnaie d’un pays à un autre, ou qui offrait ses services d’intermédiaire pour établir des prêts ou pour la garde d’objets de valeur, ou qui empruntait les économies du public grâce à sa bonne réputation pour les investir à sa guise et à ses propres risques. Mais pour ce qui suit, nous nous occuperons des banques modernes totalement développées et qui opèrent en tant qu’entreprises.

Il existe deux manières pour une telle banque de créer des créances envers elle-même afin de mettre au monde de la monnaie, c’est-à-dire ce que nous appellerons ici des dépôts.

D’abord, elle peut créer des dépôts en faveur d’un déposant individuel en contrepartie d’une valeur reçue sous la forme soit de monnaie fiduciaire, soit de tout autre titre (un chèque par exemple) autorisant le transfert d’un dépôt dans une banque (une autre banque ou elle-même). Un membre du public présente du liquide ou un chèque, et obtient en retour un droit à une créance en liquide (un dépôt) qu’il peut exercer ou transférer à quelqu’un d’autre.

Mais il y a une seconde façon pour la banque de créer une créance envers elle-même. Elle peut elle-même acheter un actif, c’est-à-dire augmenter ses investissements, et les payer, en première instance du moins, en établissant une créance envers elle-même. Ou la banque peut créer une créance envers elle-même en faveur d’un emprunteur, en échange de sa promesse de celui-ci de rembourser plus tard ; la banque fait ainsi des prêts ou des avances.

Dans les deux cas, la banque crée les dépôts ; car seule la banque elle-même peut autoriser la création d’un dépôt dans ses livres, permettant ainsi au client de retirer du liquide ou de transférer sa créance à l’ordre de quelqu’un d’autre ; et il n’y a aucune différence entre les deux à part dans la nature de la cause pour la banque de créer le dépôt.

Il s’ensuit qu’une banque en activité sera, d’une part, en train de créer continuellement des dépôts en contrepartie soit de valeurs reçues soit de promesses, et d’autre part, en train d’annuler des dépôts parce que les créances en contrepartie de ces dépôts sont retirées en liquide ou transférées vers d’autres banques.

Donc elle reçoit et distribue du liquide constamment ; et constamment elle reçoit des créances payables par d’autres banques et elle doit honorer des créances payables à d’autres banques.

Maintenant il est évident que la banque doit gérer ses affaires de telle sorte que ces processus opposés s’annulent approximativement l’un l’autre, c’est-à-dire que le montant des liquidités payées chaque jour et le montant des créances venant des autres banques ne soient pas trop différents du montant des liquidités reçues et du montant des créances présentées aux autres banques. Le problème concret du banquier, par conséquent, est d’arranger ses affaires de telle sorte que le total de ses entrées journalières sous forme de liquide et de créances soit autant que possible égal à ses sorties journalières sous ces mêmes formes.

Il suit de cela que le rythme auquel la banque peut, en sécurité, activement créer des dépôts en prêtant et en investissant doit être en relation avec le rythme auquel elle en crée passivement en contrepartie de la réception de ressources liquides de la part de ses déposants. Car ces opérations passives augmentent les réserves de la banque même si seulement une partie en est conservée à la fin par la banque, alors que les opérations actives diminuent les réserves même si seulement une partie en est payée aux clients d’autres banques ; en fait on pourrait exprimer nos conclusions plus fermement que cela, puisque les clients emprunteurs empruntent en général avec l’intention de dépenser tout de suite les dépôts ainsi créés en leur faveur, alors que les déposants n’ont en général pas cette intention.

Les banquiers pragmatiques ont tiré de cette conclusion que pour le système bancaire dans son ensemble l’initiative revient aux déposants, et que les banques ne peuvent pas prêter plus que ce que les déposants leur ont confié. Mais les économistes ne peuvent pas accepter cela comme étant le bon sens que cela prétend être. Je vais par conséquent, tenter de rendre évident une matière qui ne doit pas, certainement, rester obscure.

Même si nous considérons cette affaire du point de vue d’une seule banque parmi les autres, il est apparent que le rythme auquel elle crée passivement des dépôts dépend partiellement du rythme auquel elle les crée activement. Car bien que les clients emprunteurs vont probablement dépenser promptement le montant de leur prêt, certains de ceux à qui ils le transfèrent peuvent être des clients-déposants dans la même banque. Dans la mesure où cela se produit, les dépôts créés activement sont bien loin d’être le fruit des dépôts créés passivement, c’est le contraire. Cela illustre en petit ce qui se passe pour le système bancaire dans son ensemble. Car, dans la mesure où les clients-emprunteurs payent leurs dépôts aux clients d’autres banques, ces autres banques se trouvent renforcées par l’augmentation de leurs dépôts créés passivement dans la même mesure que la première banque a été affaiblie ; et de la même façon notre banque individuelle se retrouve renforcée à chaque fois que les autres banques créent activement des dépôts. Si bien qu’une part de ses dépôts créés passivement, même quand ils ne sont pas le fruit de ses propres dépôts créés activement, est néanmoins le fruit des dépôts créés activement par les autres banques.

Si nous supposons un système bancaire fermé, sans relation avec le monde extérieur, dans un pays où tous les paiements sont faits par chèque et où aucune liquidité n’est utilisée, et si de plus nous supposons également que les banques n’estiment pas nécessaire dans de telles circonstances de détenir des réserves de liquidités mais règlent leurs engagements interbancaires par le transfert d’autres actifs, alors il est évident qu’il n’y a pas de limite au montant de monnaie bancaire que les banques peuvent créer pourvu qu’elles marchent toutes d’un même pas. Les mots en italiques sont la clé du comportement du système. Tout mouvement en avant par une banque individuelle l’affaiblit, mais tout mouvement identique par une de ses banques voisines la renforce ; de telle sorte que si elles avancent ensemble, personne n’est affaibli en moyenne.

Donc le comportement de chaque banque, bien qu’elle ne puisse pas avancer de plus d’un pas an avance des autres, sera gouverné par la moyenne des comportements des banques dans leur ensemble, moyenne à laquelle, cependant, elle peut apporter son quota petit ou grand. Chaque président de banque dans son bureau peut se considérer comme l’instrument passif de forces extérieures sur lesquelles il n’a aucun contrôle ; et pourtant, les « forces extérieures » ne peuvent être rien d’autre que lui-même et ses collègues présidents, et certainement pas ses déposants.

Un système monétaire de cette sorte possèderait une instabilité intrinsèque ; car tout événement qui aurait tendance à influencer le comportement de la majorité des banques dans la même direction, que ce soit en avant ou en arrière, ne rencontrerait aucune résistance et serait susceptible de déclencher un mouvement violent du système tout entier. Nous verrons que les systèmes monétaires ne sont en général pas aussi mauvais que cela et que des dispositifs pour limiter leur instabilité intrinsèque ont été conçus. Cependant, cette tendance pour des mouvements de résonance de la part d’éléments individuels à l’intérieur d’un système bancaire est toujours présent dans une certaine mesure et doivent être pris en considération. De plus, quand les conditions d’un système clos sont réunies, comme dans le cas d’un pays qui dispose d’une devise papier inconvertible ou dans le cas du monde pris dans son ensemble, la tendance à l’instabilité due aux mouvement de résonance est une caractéristique de la plus haute importance.

Dans le cas hypothétique que nous venons de considérer, nous avons supposé que tous les paiements étaient effectués par chèque et que les banques membres ne subissent aucune obligation ou nécessité de maintenir des réserves de liquidités. Nous devons maintenant ôter ces limitations. Si certains paiements sont réalisés en espèces, le montant d’espèces ainsi utilisé représentera généralement une proportion, plus ou moins stable, du montant de monnaie bancaire. Dans ce cas la création de plus de monnaie bancaire par les banques dans leur ensemble conduira à une fuite de liquidités pour les banques dans leur ensemble, ce qui fixera une limite à la possibilité des banques de créer de la monnaie bancaire, sauf si elles sont en mesure d’obtenir la livraison d’une plus grande quantité d’espèces.

Mais pour tout banquier donné, les espèces ne sont pas suffisantes pour satisfaire à cette condition. Même quand il avance du même pas que ses voisins, il y aura des différences journalières entre ses créances sur eux et leurs créances sur lui, et la grandeur de ces différences dépendra en partie de l’étendue de son entreprise, qui peut être mesurée approximativement par le volume de ses dépôts. En conséquence, afin de traiter les divergences mineures qui ne manqueront pas d’apparaître sur de courtes périodes, un banquier conservera toujours quelques ressources liquides sous la main, en partie sous forme d’espèces et en partie sous forme de dépôts dans une autre banque ou dans d’autres banques – lesquelles ressources, appelées ses « réserves », montent et descendent avec le volume de ses dépôts et parfois, par la loi ou la coutume, sont en rapport rigide avec eux. Pour traiter la question des créances interbancaires, les banques ont mis en place un organisme appelé Chambre de Compensation, qui calcule chaque jour combien est dû pour équilibrer les comptes entre une banque donnée et chaque autre banque et entre chaque autre banque et cette banque donnée. Pour régler les différences éventuelles, des espèces pourront, si nécessaire, être utilisées ; mais pour une question de commodité, les banques acceptent généralement pour les règlements journaliers une créance sur une seule banque sélectionnée – la Banque du banquier comme on l’appelle parfois – qui est habituellement la Banque Centrale ou Banque d’État. De plus, les dépôts d’une Banque Centrale ne sont pas seulement là pour régler les différences en Chambre de Compensation, mais encore peuvent aussi devenir des espèces quand la partie espèces des réserves d’une banque ont besoin d’être reconstituées.

Une banque doit, par conséquent, d’abord décider quel montant de réserves il sera prudent de viser – ou parfois, cette matière est décidée par la loi. Le chiffre, dont nous parlerons en détail dans le Volume II, dépend d’une part des habitudes des déposants, gouvernées par les habitudes du pays et de l’époque et par le genre d’activité conduite par les clients d’une banque en particulier, et d’autre part de la part de marché de la banque qui dans ce cas se mesure généralement par le volume de ses dépôts.

Donc chaque banque se fixe pour elle-même une certaine proportion de ses dépôts (par exemple 10%) qu’elle visera de maintenir en réserve – une proportion qui n’est pas nécessairement la même pour des banques différentes et qu’une banque individuelle peut faire varier selon les saisons et les époques, à moins que la loi ne les oblige à s’aligner de manière uniforme. Ayant fixé cette proportion, la banque ne souhaitera ni voir s’élever ses réserves au-dessus de ce chiffre, ce qui signifierait que son activité n’est pas aussi profitable qu’elle le pourrait, ni les voir descendre en-dessous. En conséquence, elle créera activement des dépôts en prêtant et en investissant sur une plus petite ou une plus grande échelle, selon que ses réserves, compte non-tenu des fluctuations quotidiennes, montreront une tendance à diminuer ou à augmenter.

Nous voyons maintenant qu’il existe une contrainte, non seulement sur les banques individuelles qui doivent garder le même pas, mais aussi sur les banques dans leur ensemble. Car si les banques dans leur ensemble créent des dépôts à un rythme qui va amener les réserves dans leur ensemble à tomber trop bas, certains banquiers vont se retrouver avec des ratios insuffisants et vont être obligés par conséquent de faire un pas en arrière ; alors que si les dépôts en agrégé sont en-dessous de leur ratio normal par rapport aux réserves, certaines banques vont se retrouver avec des ratios de réserves excessifs et seront incitées à faire un pas en avant. Donc c’est l’agrégat des ressources en réserves qui détermine le « pas » qui sera commun au système bancaire dans son ensemble.

Prolonger la discussion pour découvrir ce qui détermine l’agrégat des réserves-ressources des banques-membres anticiperait sur les chapitres suivants. Mais nous pouvons tout aussi bien indiquer les éléments du problème ici.

Considérant que la Banque Centrale est aussi l’autorité d’émission des billets, l’agrégat des réserves-ressources des banques-membres sera sous le contrôle de la Banque Centrale, pourvu que cette dernière puisse contrôler l’agrégat de son émission de billets et de ses dépôts. Dans ce cas, la Banque Centrale est le chef d’orchestre et bat la mesure. Il se peut, cependant, que le montant des dépôts créés par la Banque Centrale elle-même soit placé, par la loi ou la coutume, en dehors de son contrôle discrétionnaire et régulé par une règle rigide, auquel cas nous pouvons décrire cela comme un système « automatique ». Finalement, il se peut que les Banques-Membres elles-mêmes aient un peu de pouvoir, peut-être dans certaines limites, et puissent augmenter à leur gré leurs dépôts à la Banque Centrale ou le montant des billets qu’elles retirent de ses guichets émetteurs de billets. Dans ce cas, des mouvements de résonance de la part des Banques-Membres s’amplifieront au fur et à mesure et se nourriront eux-mêmes sous la forme de ressources-réserves grandissantes, avec pour résultat qu’il sera difficile de contenir l’instabilité inhérente du système.

J’ai essayé d’en dire assez pour montrer que la controverse habituelle, à savoir : Comment et par qui les dépôts bancaires sont-ils « créés » ?, est quelque peu illusoire. Il n’y a guère de doute que, si l’on emploie un langage aussi convenable que possible, tous les dépôts sont « créés » par la banque qui les détient. Il n’est certainement pas exact que les banques sont limitées à cette sorte de dépôts qui sont nécessairement créés à chaque fois que des déposants viennent de leur propre initiative apporter du liquide ou des chèques. Mais il est clair également que le rythme auquel une banque individuelle crée des dépôts de sa propre initiative est soumis à certaines règles et limitations ; – elle doit rester au même pas que les autres banques et ne peut pas élever ses propres dépôts relativement au total des dépôts hors de proportion avec son quota dans le domaine bancaire du pays. Finalement, le « pas » commun à toutes les Banques-Membres est gouverné par l’agrégat de leurs réserves-ressources.

La monnaie courante est principalement de la monnaie bancaire.

L’importance en proportion de monnaie de base (monnaie centrale, ou monnaie d’État) et de monnaie bancaire créée comme ci-dessus dans le total de la monnaie en circulation varie grandement à différentes périodes et dans différents pays, selon le niveau qui a été atteint dans l’évolution des pratiques monétaires. Mais la tendance est bien vers une prépondérance de la monnaie bancaire – qui, dans des pays comme les États-Unis ou la Grande Bretagne constituent peut-être les 9/10èmes de la monnaie circulante agrégée – la monnaie d’État occupant une position catégoriquement subsidiaire.

On pourra par conséquent simplifier l’argument, sans porter gravement atteinte à sa généralité, si l’on suppose non seulement que toute la monnaie de Banque Centrale est détenue par les Banques-Membres, mais encore que toute la monnaie circulante détenue par le public est de la monnaie des Banques-Membres, c’est-à-dire des dépôts bancaires. Cette version simplifiée, bien entendu, ne représente pas les faits réels. Mais elle permet d’économiser bien des discours et peut facilement s’adapter à la réalité des faits. En outre, les conséquences d’une telle hypothèse seront presque identiques à la réalité, dans la mesure où les proportions selon lesquelles le total de monnaie de base est détenu par le Public, les Banques Membres et la Banque Centrale, ont tendance à être constantes. Quand les faits diffèreront de manière significative de ce schéma simplifié, je ferai de mon mieux pour les ramener dans le cadre.

[…] Ainsi, en Grande-Bretagne et aux États-Unis et de plus en plus ailleurs l’utilisation de la monnaie bancaire est maintenant tellement dominante que beaucoup moins de confusion sera causée en en faisant un cas général et l’utilisation d’autres types de monnaie un cas particulier, qu’en traitant la monnaie de base comme le cas général et en présentant la monnaie bancaire comme une complication ultérieure. Cette dernière pratique, largement confirmée par les faits, conduit à négliger de mettre l’accent sur l’une des caractéristiques les plus fréquentes de l’économie moderne, et à traiter ces caractéristiques comme des anomalies ou des exceptions.

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8 commentaires pour 283 – Keynes sur la création monétaire

  1. brunoarf dit :

    Le référendum suisse et le sondage Ifop du samedi 15 février 2014 disent la même chose :

    les peuples veulent vivre à l’intérieur de frontières NATIONALES.

    Au XXème siècle, l’Europe a vu plusieurs constructions supranationales s’effondrer, mais ça, c’était à l’est de l’Europe.

    Et ça ne nous concernait pas : c’était loin, ça se passait en Europe de l’est, ce n’était pas nos proches voisins.

    Nous avons lu dans les journaux ce qui se passait en Europe de l’est : l’effondrement de l’Autriche-Hongrie, l’effondrement de la Tchécoslovaquie, l’effondrement de la Yougoslavie, l’effondrement de l’URSS, l’effondrement des constructions supranationales situées en Europe de l’est.

    Mais au XXIème siècle ?

    Qu’allons-nous voir au XXIème siècle ?

    Nous allons voir, comme d’habitude, l’effondrement des constructions supranationales. Mais il y a une grande différence :

    l’effondrement des constructions supranationales, ça va se passer en Europe de l’OUEST.

    Les 28 peuples d’Europe de l’OUEST vont détruire une construction supranationale, mais cette fois-ci, nous n’allons pas le lire dans les journaux, nous n’allons pas le regarder à la télévision.

    Cette fois-ci, nous allons le vivre, nous allons le faire nous-mêmes, dans nos 28 nations.

    Cette fois-ci, nous allons reprendre le contrôle de nos lois nationales, nous allons reprendre le contrôle de nos frontières nationales, nous allons reprendre le contrôle de notre monnaie nationale, etc.

    En Europe de l’ouest, le XXIème siècle sera le siècle du retour des nations. Le XXIème siècle sera le siècle du retour des peuples.

    Surtout, le XXIème siècle sera le siècle du retour des souverainetés nationales.

    L’expérience supranationale aboutit à un désastre.

    La parenthèse supranationale est en train de se refermer.

    http://www.atlantico.fr/decryptage/59-francais-favorables-restriction-conditions-circulation-et-installation-europeens-dans-cadre-accords-schengen-jerome-fourquet-982672.html?page=0,0

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  2. brunoarf dit :

    Italie, Espagne : cataclysme bancaire à l’horizon.

    Les banques italiennes ont dans leurs livres 149,6 milliards d’euros d’actifs pourris, soit 9 % de l’ensemble des crédits.

    Les banques espagnoles ont dans leurs livres 197,045 milliards d’euros d’actifs pourris, soit 13,6 % de l’ensemble des crédits.

    Dimanche 9 février 2014 :

    Les banques italiennes se trouvent, elles aussi, confrontées à une forte augmentation de leurs créances douteuses. Celles-ci atteignent, selon l’Association de banques italiennes, 149,6 milliards d’euros, soit 9% de l’ensemble des crédits, ce qui les situe à un niveau proche des sommets atteints fin 2008, au plus fort de la crise financière ayant suivi la faillite de la banque Lehman Brothers.

    http://www.lefigaro.fr/societes/2014/02/09/20005-20140209ARTFIG00236-l-italie-se-dechire-sur-le-traitement-de-sa-crise-bancaire.php

    Mardi 18 février 2014 :

    Espagne : record historique de créances douteuses fin 2013 à 13,6%.

    Le taux de créances douteuses des banques espagnoles a atteint fin 2013 son plus haut niveau en cinquante ans à 13,6%, alors que le pays vient de sortir du programme d’aide européen au secteur, a annoncé mardi la Banque d’Espagne.

    Ces créances, surtout présentes dans l’immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s’élevaient à 197,045 milliards d’euros en décembre, soit 4,6 milliards de plus qu’en novembre, lorsque leur taux avait atteint 13,07%.

    http://www.romandie.com/news/n/Espagne_record_historique_de_creances_douteuses_fin_2013_a_13617180220141116.asp

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  3. Hadrien dit :

    Illustrant à merveille ces propos de Keynes, un article récent sur l’équilibre entre « monnaie de base » (ou monnaie d’État) et « monnaie de banque » :

    COMMENT LES AMÉRICAINS VOIENT L’AUSTÉRITÉ EN EUROPE…

    Dans un nouveau texte récemment mis en ligne sur le site du Cato Institute de Washington, le professeur Steve Hanke dénonce l’opération de diversion et de camouflage de la réalité qui se cache derrière les virulentes critiques adressées à ce qui se passe du côté de la croissance monétaire européenne.

    La « monnaie d’état » correspond à ce que l’on appelle la monnaie de base (ou base monétaire) produite par la banque centrale. Le terme « monnaie de banque » s’applique, lui, à la monnaie créée par le circuit des banques commerciales à partir du mécanisme de multiplication…
    Keynes consacre de nombreuses pages à la monnaie de banque. Cela n’a rien de surprenant dans la mesure où, dans les années trente, comme il le fait clairement apparaître, le volume de monnaie d’origine bancaire dépassait déjà largement le volume de monnaie d’origine spécifiquement publique. C’est encore plus vrai aujourd’hui. La monnaie créée par les banques représente désormais rien moins que 91% du total de la masse monétaire (M3) en circulation dans la Zone euro, alors que la monnaie « banque centrale » n’en fait que 9%.
    Il suffit de regarder attentivement comment la masse monétaire « au sens large » a évolué depuis le déclenchement de la crise pour comprendre pourquoi l’économie de la Zone euro a continué à évoluer sur le fil du rasoir, toujours au bord de la récession, depuis ce jour de septembre 2008 où Lehman Brothers a fait faillite : De 2002 jusqu’à Lehman Brothers, la croissance monétaire a été de 8,7 % par an. Depuis lors, elle est tombée en moyenne à 1,07% .
    A priori, cela paraît plutôt étrange. Au cours de toute cette période, la Banque centrale européenne n’a -t-elle pas considérablement accru son offre de monnaie ? C’est vrai. Mais la monnaie banque centrale, comme nous venons de le rappeler, ne représente qu’une toute petite partie de l’offre globale de monnaie.
    L’éléphant dans le système, c’est la monnaie de banque. Or, en Europe, les banques, elles, n’ont pas créé beaucoup de monnaie. Cela apparaît clairement lorsque l’on regarde les crédits à l’économie, qui constituent la principale contrepartie de cette création monétaire. Le graphique qui figure ci-dessus montre que le volume des crédits au secteur privé, dans la Zone euro, reste encore aujourd’hui inférieur au chiffre atteint lors de la chute de Lehman Brothers, en septembre 2008.
    Soumise à une très intense pression des autorités de régulation, les banques européennes se sont engagées dans une gigantesque politique de réduction de leurs bilans (deleveraging). En Europe, le crédit bancaire est l’élément vital dont dépend la vie des affaires, et la mise en place des nouvelles réglementations bancaires instituées par Bâle III a eu pour effet paradoxal de le rendre plus rare et plus cher. Malheureusement, il y a peu d’espoir que la situation s’améliore. Au cours de l’année qui vient, il est prévu que, dans le cadre de ses procédures de stress tests, la BCE passe au crible la situation bilantielle de plus de 120 banques européennes. Il faut donc s’attendre à ce que les contraintes exercées sur les banques pour qu’elles réduisent encore davantage leurs bilans s’intensifient, avec pour conséquence un resserrement suplémentaire du crédit et un frein toujours renforcé à la création de monnaie bancaire en Europe.

    Le risque est que, se greffant sur un climat économique déjà très anémique, ce nouvel accès d’austérité monétaire ne fasse de nouveau basculer l’Europe dans la récession.

    (traduction Henri Lepage)

    Et, pendant ce temps, un remake du cauchemar de 2008 reste possible : http://resistanceauthentique.wordpress.com/tag/produits-derives/

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  4. Hadrien dit :

    Un article de Michel Santi… qui devrait faire date, sur Marianne.fr aujourd’hui :
    http://www.marianne.net/Le-neo-liberalisme-est-une-relique-barbare-_a235795.html
    Et le clin d’oeil à la formule de Keynes sur « l’or, cette relique barbare » en matière monétaire, a de quoi en faire son pendant en matière économique.

    En effet, il fut rappelé ici même, dans un billet invité antécédent
    (LES NÉCESSAIRES CAPITULATIONS DE LA STABILITÉ MONÉTAIRE), un autre type de consensus frauduleux des « austériens », celui, que l’on entend encore parfois aujourd’hui, d’un ancrage stable de la monnaie sur le prix de l’or.
    Là encore, le contre-exemple que fournit l’effort collectif en temps de guerre ne fut pas étranger à son abandon:
    Car c’est le déclenchement du premier conflit mondial qui « obligea » les États belligérants, pour financer les dépenses de la guerre, à suspendre en âout 1914, en apparence provisoirement, en fait définitivement, l’étalon-or…
    Une fois la guerre de 14-18 terminée, les dirigeants politiques des grands pays occidentaux songent à refermer ce qu’ils croient être la parenthèse de la suspension de l’étalon-or.
    Déjà, ressuscité en Allemagne en 1924 pour mettre fin à l’hyperinflation qui a ravagé le pays, le mark-or a ouvert la voie.
    Rappelons qu’en régime d’étalon-or, tout pays déficitaire est obligé de rétablir sans délai l’équilibre de sa balance de paiements… par un rétablissement de sa compétitivité sur les marchés étrangers (ça nous rappelle quelque chose…!).

    LA CAPITULATION MONÉTAIRE DE SA MAJESTÉ
    Le mardi 28 avril 1925, le Royaume-Uni annonce le rétablissement de la convertibilité-or de la livre sterling à la parité d’avant-guerre de 4,86 dollars, soit 7, 32 grammes d’or fin.
    Cette réévaluation aura très vite des conséquences désastreuses sur le commerce extérieur britannique. La croissance est bridée. Le chômage, qui, déjà, avait atteint un niveau élevé, augmente encore…jusqu’à ce que le gouvernement soit chassé du pouvoir par la défaite des conservateurs aux élections de 1929. L’année du krach de Wall Street…(encore un rappel) !
    Deux ans après, la livre est dévaluée en catastrophe: le 21 juillet, le GOLD EXCHANGE AMENDMENT ACT légalise la suspension de l’étalon-or décidée la veille par le gouvernement britannique, « jusqu’à ce que Sa Majesté en ordonne autrement par proclamation ».

    LA CAPITULATION MONÉTAIRE DES ÉMULES
    L’or avait fait un émule: Mussolini…le Duce se lance dans une politique de lire forte, faisant adopter par ses ministres de sévères mesures déflationnistes. Le résultat ne se fait pas attendre longtemps: diminution de la production et augmentation du chômage, incitant l’Italie à s’enfoncer plus avant dans la voie calamiteuse de l’autarcie, corrélative d’un durcissement du régime fasciste, qui ne s’en relèvera jamais.
    La France a été plus raisonnable… Quand elle se décide enfin, le 25 juin 1928, à définir de nouveaux taux de sa monnaie par une parité métallique, elle le dévalue franchement. Poincaré opte pour la parité de 58,95 milligrammes d’or fin pour un franc, contre 230,32 avant guerre pour un franc germinal.

    LA CAPITULATION MONÉTAIRE DE L’ONCLE SAM
    Malheureusement, l’origine réelle de la crise, à savoir une mauvaise « institution monétaire », est méconnue. Le seul résultat salutaire est l’abandon de l’étalon de change-or, mais il est ignoré. Les dirigeants occidentaux oublieront que la plupart des vices qu’ils prétendent combattre proviennent de l’ersatz d’étalon-or. Il le remettront en selle au seul profit du dollar lors de la conférence monétaire internationale réunie à Bretton Woods.
    Le GOLD EXCHANGE STANDARD est réinstauré… par le fait que son prix officiel, 35 dollars l’once, n’a pas bougé depuis la dévaluation opérée par Roosevelt en 1934. Tous les autres prix ont doublé, triplé, voire quintuplé. Mais cette parité de 35 dollars l’once est considérée par les américains comme sacro-sainte… jusqu’à la honteuse capitulation monétaire de Nixon.
    Le 15 août 1971, le dollar est détaché de l’or par une décision unilatérale de Richard Nixon, alors président des États-Unis. Dans toutes les capitales du monde, on s’interroge sur les conséquences juridiques, financières, économiques, politiques du « coup » de Nixon… Aujourd’hui, les Européens n’en sont toujours pas sortis, avec l’euro!

    LA CAPITULATION D’EUROPA…?
    À l’origine de la naissance de l’euro, le marchandage franco-allemand entre Mitterrand et Kohl se sera présenté ainsi: d’accord pour la « Grande Allemagne », mais il faut alors que le Deutschemark se fonde dans la monnaie européenne. Mais l’Allemagne n’accepte d’entrer dans le processus qu’à condition que la future monnaie européenne soit « au moins aussi forte que le mark ».
    Autrement dit, on impose aux peuples des pays qui composent la zone euro, pour les mêmes éternelles raisons de politique monétaire, de faire un choix fondamental de société – choix que les peuples, et notamment le peuple français… ont rejeté à plusieurs reprises.
    Les petits génies du marketing politique qui ont lancé l’expression « règle d’or » ont fourni en fait aux princes qui nous gouvernent une occasion supplémentaire de montrer à quel degré d’impudence ils sont capables d’accéder… Nos gouvernants ont essayé de vendre au bon peuple ainsi qu’aux méchants marchés quelque chose qui brille dans la nuit de cette crise interminable, quelque chose d’inaltérable comme l’or qu’on essaye de faire revenir dans le système au moins au plan symbolique – bref, un ersatz de papier d’étalon-or.. [jusqu’à la prochaine capitulation ?]

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  5. brunoarf dit :

    Les 17 Länder de l’Allemagne.

    Depuis la réunification en 1990, l’Allemagne est composée de 16 Länder :

    Bade-Wurtemberg, Basse-Saxe, Bavière, Berlin, Brandebourg, Brême, Hambourg, Hesse, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Rhénanie-Palatinat, Sarre, Saxe, Saxe-Anhalt, Schleswig-Holstein, Thuringe.

    Et puis, petit à petit, sans faire la guerre, dans la paix et dans la discrétion, l’Allemagne a annexé un 17ème Land.

    L’annexion de ce 17ème Land s’est très bien passée : il n’y a eu ni mort, ni blessé.

    Aujourd’hui, mercredi 19 février 2014, la chancelière Angela Merkel ne réunira pas son conseil des ministres à Berlin.

    Aujourd’hui, c’est un conseil des ministres décentralisé : Angela Merkel tiendra son conseil des ministres dans le 17ème Land.

    Aujourd’hui, Angela Merkel réunira tous ses ministres dans le Land de Frankreich.

    http://lentreprise.lexpress.fr/gestion-entreprise/les-gouvernements-francais-et-allemand-reunis-au-grand-complet-a-paris_46109.html

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  6. brunoarf dit :

    Aujourd’hui, l’Allemagne a voulu emprunter 5 milliards d’euros sur les marchés. Durée de l’emprunt : 10 ans.

    Résultat : échec.

    Vous avez bien lu : l’Allemagne a échoué.

    Les investisseurs internationaux n’ont pas voulu prêter les 5 milliards d’euros que l’Allemagne voulait emprunter.

    Lisez cet article :

    L’Allemagne lève 3,80 milliards d’euros, en souhaitait 5.

    L’Allemagne n’a pas réussi à attirer autant de demande que ce qu’elle offrait pour une émission obligataire à 10 ans (Bund), a annoncé mercredi la Banque centrale allemande chargée de l’opération, soit une première depuis septembre 2012.

    L’Allemagne proposait un volume de 5 mrd EUR de titres à échéance février 2024 et n’a reçu des offres qu’à hauteur de 4,33 mrd EUR, rendant cette opération « techniquement sous-souscrite ».

    Le taux de rendement moyen est ressorti à 1,64%, contre 1,77% lors de la dernière émission de même échéance fin janvier.

    Finalement, le pays a choisi de ne lever que 3,80 mrd EUR, ce qui lui permet d’indiquer que l’opération a été sur-souscrite selon un ratio de 1,1.

    Comme à son habitude, l’Allemagne a retenu le reste de la mise, 1,20 mrd EUR, pour la placer progressivement sur le marché secondaire.

    Il s’agit de la première fois depuis septembre 2012 qu’une émission obligataire allemande à 10 ans attire moins que voulu, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’Agence financière, l’organisme gérant la dette publique du pays.

    http://www.romandie.com/news/n/BONDSL_Allemagne_leve_380_mrd_EUR_en_souhaitait_571190220141426.asp

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  7. brunoarf dit :

    Jeudi 20 février 2014 : une déclaration fracassante.

    – Les Echos : Est-on sorti de la crise financière ?

    – François Pérol, président du directoire de BPCE : Je pense qu’il y aura d’autres chocs financiers. La création monétaire mondiale reste extrêmement importante et se traduit dans l’augmentation du prix de certains actifs. Cela peut créer des « bulles ».

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0203326219297-francois-perol-francois-perol-il-y-aura-d-autres-chocs-financiers-651595.php

    Depuis 2008, aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume-Uni, en zone euro, les banques centrales sont devenues folles.

    Depuis 2008, les banques centrales sont devenues des machines à créer des bulles.

    Les banques centrales ont injecté des milliers de milliards de liquidités : involontairement, elles ont créé des gigantesques bulles sur les marchés actions, et elles ont créé des gigantesques bulles sur les marchés obligataires.

    Par exemple, la Banque Centrale Européenne a prêté 1019 milliards d’euros aux banques de la zone euro. Malheureusement, les banques de la zone euro n’ont pas utilisé cet argent pour le prêter au secteur privé : chaque banque a préféré prêter à son Etat.

    Les banques italiennes ont acheté des centaines de milliards d’euros d’obligations de l’Etat italien. Les banques espagnoles ont acheté des centaines de milliards d’euros d’obligations de l’Etat espagnol. Etc.

    La question est donc :

    « QUAND vont éclater toutes ces bulles des marchés obligataires ? »

    « QUAND vont éclater toutes ces bulles des marchés actions ? »

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  8. brunoarf dit :

    Italie, Espagne : les records sont battus.

    Les banques italiennes ont dans leurs livres 156 milliards d’euros d’actifs pourris. Record historique battu.

    Les banques espagnoles ont dans leurs livres 197,045 milliards d’euros d’actifs pourris, soit 13,6 % de l’ensemble des crédits. Record historique battu.

    Vendredi 21 février 2014 :

    Vers des besoins en capitaux accrus pour les banques italiennes.

    Les créances douteuses ont atteint un record de 156 milliards d’euros en décembre, le double de leur niveau de 2010.

    http://www.boursorama.com/actualites/vers-des-besoins-en-capitaux-accrus-pour-les-banques-italiennes-8cfca4cf3c0464650db65b65f4c020f7

    Espagne : record historique de créances douteuses fin 2013 à 13,6%.

    Le taux de créances douteuses des banques espagnoles a atteint fin 2013 son plus haut niveau en cinquante ans à 13,6%, alors que le pays vient de sortir du programme d’aide européen au secteur, a annoncé mardi la Banque d’Espagne.

    Ces créances, surtout présentes dans l’immobilier (crédits de promoteurs et de particuliers risquant de ne pas être remboursés), s’élevaient à 197,045 milliards d’euros en décembre, soit 4,6 milliards de plus qu’en novembre, lorsque leur taux avait atteint 13,07%.

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