276 – Sapir : euro, la mauvaise foi du PCF

Il nous arrivait souvent de diffuser les articles de Jacques Sapir… ce que nous ne faisions plus depuis qu’il a ouvert son propre blog
Mais cet article que nous diffusons cette fois est particulièrement vulgarisateur car il réponds  à deux questions que se posent tous ceux à qui nous parlons de la possibilité de quitter l’euro. Il faut aussi rétablir la vérité vis à vis des fausses allégations du Parti Communiste Français.

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Quand la mauvaise foi remplace l’économie: le PCF et le mythe de “l’autre euro”

La revue « officielle » du PCF sur l’économie, Économie et Politique vient de publier un article d’une rare nullité sur la question de l’Euro1. Il ne vaudrait pas la peine d’être cité s’il ne contenait de telles erreurs qu’il en devient un bon exemple d’un discours d’aplatissement complet devant Bruxelles et la BCE. Cet article, sans les citer, se veut une « réponse » aux différentes notes qui ont été publiées sur le carnet « RussEurope ». C’est une deuxième raison de l’analyser.

Il commence tout d’abord par une affirmation :

«Le commerce extérieur de la France, souffre d’un déficit annuel de 60 à 70 milliards d’euros. Le retour au Franc, qui se ferait alors au prix d’une dévaluation de l’ordre de 25 % par rapport à l’euro, entraînerait automatiquement un enchérissement du même ordre du coût de nos importations. »

Visiblement les auteurs de cet article qui se prétendent économistes semblent manifestement ignorer la notion d’élasticité-prix qui est pourtant fondamentale dès que l’on parle de dévaluation ou de réévaluation d’une monnaie. Cela signifie que, sauf pour les produits pour lesquels il n’existe pas de substituts directs ou indirects, une hausse des prix (dans le cas d’une dévaluation) va provoquer un changement plus ou moins importants des quantités importées. Ce changement s’explique par le fait que les consommateurs vont se tourner soit vers le même produits, mais fabriqué en France, soit vont se tourner vers des produits légèrement différents dont le coût est moindre mais dont l’usage procure une satisfaction équivalente, ce que l’on appelle l’effet de substitution. La hausse des prix ne concerne pleinement QUE les produits considérés comme non-substituables (par exemple les carburants). Cependant, là, il faut savoir que le prix à l’importation (hors taxes) ne représente que 25% du prix du produit. Donc, une dévaluation de 25% n’augmentera d’un quart que le quart du prix, soit de 6,25%. Par ailleurs, ces produits non-substituables ne représentent qu’environ 30% de nos importations. Croyez vous que l’on trouvera de tels chiffres dans l’article ? Que nenni ! Messieurs les économistes du PCF sont bien au-dessus de ces considérations qui leurs semblent terre à terre.

Par ailleurs, la question des élasticités-prix doit être aussi évalué non seulement pour les importations mais pour les exportations. Nos produits, dans le cas d’une dévaluation, coûteraient 25% de moins. Les volumes consommés par les clients étrangers augmenteraient et ceci même en économie stationnaire. En fait, ces élasticités ont été calculées par de nombreuses sources (dont l’équipe de recherche économique de NATIXIS2 ) et tous les résultats sont très favorables pour la France dans le cas d’une dévaluation. En réalité, la valeur de l’élasticité totale du commerce extérieur (importations et exportations) dépend du montant de la dévaluation (ou de la réévaluation). Si l’on postule une dévaluation de 25% par rapport au Dollar mais de probablement 35% par rapport au « nouveau » Deutschmark on obtient des élasticités encore plus favorables dans le cas de la France.

L’article affirme ensuite la chose suivante:

«C’est ne pas comprendre à quel point le surcroît de compétitivité-prix que cela prétendrait donner aux exportations françaises se ferait surtout au détriment de nos partenaires d’Europe du sud, l’Allemagne voyant au contraire son excédent commercial gonflé par une dévalorisation du travail des Français qui rendra meilleur marché ses importations en provenance de son principal partenaire commercial. Tout cela dans un contexte de spéculation déchaînée. »

Ici encore on combine les approximations avec la mauvaise foi. La compétitivité-prix ne se ferait pas au détriment des pays de l’Europe du Sud, dont toutes les estimations montrent qu’il auraient intérêt à dévaluer plus que nous. Les gains quant aux exportations se feraient essentiellement au détriment de l’Allemagne qui verrait son excédent commercial de 5% du PIB se transformer en un déficit de -3% du PIB. La situation de l’Italie serait en réalité plus favorable que celle de la France. C’est ce que l’on a montré dans une note publiée sur RussEurope3. Ensuite, on prétend que l’excédent commercial de l’Allemagne sera gonflé, ce qui est une affirmation contraire non seulement à toutes les estimations mais au simple bon sens économique. En réalité, l’Allemagne verra son excédent se transformer temporairement en déficit, mais devrait bénéficier d’un effet de baisse des prix non négligeable4. Enfin, et c’est là où les auteurs de l’article ne sont pas simplement de mauvais économistes mais sont aussi d’une mauvaise foi remarquable, c’est quand ils affirment que Tout cela [se passerait] dans un contexte de spéculation déchaînée. Or, il est très clair qu’une dévaluation, autrement dit une sortie de l’euro, ne pourrait avoir lieu que dans le cas où l’on aurait un contrôle des capitaux des plus stricts, comme celui existant actuellement pour Chypre. On a dit et répété que la crise chypriote avait été l’occasion de vérifier la possibilité matérielle d’un contrôle des capitaux au sein de la zone Euro et en contradiction avec le Traité de Lisbonne. Non seulement nos auteurs de l’article d’Économie et Politique sont aveugles mais à l’évidence, ils sont sourds !

Troisième point, et c’est là ou éclate toute la mauvaise foi des auteurs de cet article, on trouve l’affirmation suivante :

« Notre dette publique a été très internationalisée depuis les années 1980. Aujourd’hui elle est détenue à 60 % par des opérateurs non résidents, banques, sociétés d’assurances, fonds de pension… Le retour au Franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25 % sur les quelques 1140 milliards d’euros de titres de dette détenus hors de France ».

Rappelons ici que le problème n’est pas dans le statut de l’opérateur mais dans le lieu d’émission du contrat. C’est un fait de droit international que nos auteurs soit ignorent superbement (et ils devraient d’urgence aller suivre des cours) soit cachent à leurs lecteurs, et donc font de la désinformation. En réalité, 85% des montants de la dette française est émise dans des contrats de droit français. Ces contrats stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans notre pays. Cela signifie qu’en cas de sortie de l’Euro cette dette sera re-libellée en Francs pour les mêmes montants qu’en euro. L’effet de réévaluation de la dette ne portera que sur les 15% restant. Ici encore 15% augmenté de 25% ne représentent que 3,75% du total et non de 25% comme il est affirmé. Il est clair que les auteurs jouent sur la méconnaissance de leurs lecteurs, et cherchent à provoquer un effet de peur afin d’écarter toute discussion sérieuse sur une sortie de l’Euro. C’est bas, et c’est lamentable !

Les affirmations qui suivent ne sont qu’une manière de farder la vérité. Croire que l’on peut faire changer la structure de la zone Euro sans en passer par une crise majeure et par une dissolution de la monnaie unique est une vue de l’esprit, qui sied peut-être à des discussions de café du commerce mais certainement pas à un débat raisonné sur les alternatives à la crise actuelle. Les auteurs de cet article n’ont pas seulement commis un mauvais coup contre les peuples de France et des pays de l’Europe du Sud, ils ont, par les inexactitudes et fausseté répétées que cet article contient, déshonoré le nom d’économiste qu’ils se donnent à des fins de pur et simple propagande.


  1. Paul BOCCARA, Frédéric BOCCARA, Yves DIMICOLI, Denis DURAND, Jean-Marc DURAND, Catherine MILLS, « Contre l’austérité en Europe luttons pour un autre euro » , 16 juin 2013 []
  2. Artus P., (rédacteur) « Quels pays de la zone euro profiteraient d’une dépréciation de l’euro ? », NATIXIS, Flash-Economie n° 148, du 13 février 2013. []
  3. Sapir, J., Quels scénarii pour une dissolution de la Zone Euro ? , note publiée le 21 mai 2013 sur RussEurope, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1254 []
  4. Sapir, J., Excursions allemandes, note publiée le 24 mai 2013 sur RussEurope, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1278 []
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20 commentaires pour 276 – Sapir : euro, la mauvaise foi du PCF

  1. Jégu J. dit :

    Ayant pris connaissance de ce texte de Jacques Sapir sur son blog, je l’ai évidemment très apprécié, d’autant qu’il me semble assez seul – parmi les économistes – à tenir ce langage direct de vérité. J’ai éprouvé le besoin de l’interroger sur sa position à propos de ce que pourrait être la mise en place d’une « unité de compte monétaire commune » pour maintenir l’objectif d’une Europe ouverte et pacifique, objectif compatible à mon avis avec le retour aux monnaies nationales.
    Mais Monsieur Sapir a sûrement d’autres chats à fouetter que la modération des commentaires de son blog, ce qui fait que le mien reste en attente de modération depuis 2 jours … Il ne m’en voudra pas, j’espère, si je le livre tel quel aux lecteurs de celui-ci .

    Merci, Monsieur Sapir.

    Si certains, selon vous, déshonorent le nom d’économiste, par la clarté de votre positionnement, peut-être sauverez-vous la mise.

    Un jour ces économistes, contraints de s’aligner sur les faits, nous expliqueront sans doute que sortir de l’euro était inéluctable et inscrit dans une mécanique qu’ils finiront bien par comprendre. Mais aujourd’hui, on peut s’interroger : comment se fait-il que nos savants économistes de tous bords ou bien restent quasiment muets, ou bien soutiennent de leur notoriété la destruction persévérante et régulière de la solidarité sociale que, malgré ses lacunes, nous avions réussi à mettre en place.
    Une hypothèse : le fonctionnement de la monnaie, son histoire qui conduit à questionner sa nature, constituent des secteurs oubliés ou opacifiés de l’enseignement universitaire et plus encore de l’enseignement commercial. En éclairer les tours et détours de manière crue en révélerait le fétichisme ancestral et irrationnel. On en reste donc à la bonne pratique bancaire. Il faut financer, investir et assurer un bon retour sur investissement. Aucun examen du mécanisme global ; on vénère toujours le veau d’or. C’est sans doute pourquoi, avec quelques amis qui en traitent confidentiellement depuis plus d’une dizaine d’années, je constate que ceux qui ont le plus de difficultés à comprendre la monnaie sont ceux qui depuis leur vingt ans ont été endoctrinés par cette science économique qui pourrait bien ne pas en être une. Au contraire, ceux qui, venant des sciences dures, ont à la fois la culture de la remise en cause et celle de la rigueur voient clairement le biais du système en faveur de ceux qui génèrent l’argent et sa contradiction avec les valeurs communes que nous affichons.

    Aujourd’hui qui soutiendrait encore la féodalité même si elle a eu ses aspects positifs ? Demain quand des collectivités humaines solidaires feront de leurs reconnaissances de dette leurs seules monnaies légales, qui défendra encore les monnaies bancaires de crédit fallacieusement adossées à des monnaies centrales également de crédit et génératrices de dettes inextinguibles ? Mais la-dessus, la ligne de fracture ne passe pas entre les traditionnelles droite et gauche selon lesquelles s’ordonnent les partis et leurs vues « partisanes », mais entre les humanistes libres et informés et ceux qui, non moins humanistes parfois, s’accrochent néanmoins encore aveuglément aux clivages anciens.

    Puissent ces derniers, de quelque famille politique qu’il soient, étudier sérieusement la situation avant que les misères sociales ne la rendent ingouvernable. Il est quand même affligeant que vouloir quitter l’euro monnaie unique et techniquement inopérante soit encore compris comme renoncer à la construction d’une Europe prospère et pacifique. La gestion collective et bienveillante des taux de changes entre les monnaies nationales des états européens dans le cadre d’une monnaie de compte commune, comme l’avait préfiguré l’ ECU, est-elle donc un concept si difficile ?

    Je ne vous ai pas assez lu, Monsieur Sapir, pour savoir si vous vous êtes déjà prononcé sur ce point. Peut-être serait-il utile d’y revenir.

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  2. brunoarf dit :

    Mercredi 19 juin 2013 :

    Chypre est bien partie pour redevenir le cauchemar des Européens.

    Car, pendant ce temps, l’économie chypriote se désintègre progressivement. Les prévisions de la troïka étaient de toute évidence irréalistes. Le PIB chypriote va reculer de 9 % cette année, peut-être 5 % selon le FMI l’an prochain, En deux ans, la richesse du pays sera réduite de 15 %. Même la Grèce n’a pas connu une telle cure. Les mesures d’austérité imposées par la troïka pèsent bien sûr, mais c’est surtout l’absence de vrai secteur bancaire et d’investissement en raison du contrôle des capitaux qui asphyxie l’économie chypriote. Tout ceci amène l’absence absolue de confiance dans l’avenir qui gèle encore le fonctionnement de l’économie. Et cette fois, il sera difficile de faire admettre que cette potion permettra d’assurer la « croissance future » du pays.

    Quitter l’euro est-il une solution ?

    En réalité, la zone euro est devenue un enfer pour Chypre. Il est désormais difficile de penser qu’une sortie du pays de l’UEM – aussi catastrophique soit-elle – donne lieu à une situation pire que celle que connaît le pays aujourd’hui. Sans doute, les Chypriotes devront-ils compter avec l’inflation générée par la dévaluation rapide de leur monnaie. Sans doute, l’Etat chypriote, devenu insolvable et incapable d’emprunter sur les marchés, devra-t-il serrer les vis. Mais, du moins, une nouvelle monnaie permettrait de faire fonctionner à nouveau l’économie, en particulier le système bancaire.

    Prendre le risque de laisser sortir Chypre ?

    La question se pose donc à nouveau de savoir si Chypre doit rester ou non dans la zone euro. Si l’Europe pense pouvoir régler le problème en l’ignorant, elle se trompe. Une sortie de l’île de la zone euro pourrait coûter cher à cette dernière. L’OMT, dont se vante tant Mario Draghi, le gouverneur de la BCE mais qui n’est encore qu’une menace, pourrait bien alors devoir être actionné. Les marchés seraient en effet tentés de tester la BCE sur le fameux « whatever it takes » (quoi qu’il en coûte) pour sauver l’euro de Mario Draghi. Or, ce dernier doit craindre un tel scénario, lui qui n’a pas encore, malgré ses promesses, publier le cadre légal de l’OMT (9 mois après son annonce !). Sans compter que si Nicosie quitte la zone euro, il y a fort à parier que le MES et la BCE doivent encaisser des pertes. Que l’Europe se méfie donc : la bombe chypriote est encore bourrée d’explosifs. Et c’est ce qu’a voulu dire Nikos Anastasiadès avec son appel au secours. L’ignorer serait inconscient.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130619trib000771239/chypre-est-bien-partie-pour-redevenir-le-cauchemar-des-europeens.html

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  3. brunoarf dit :

    Vendredi 21 juin 2013 :

    La zone euro renforce l’architecture de l’union bancaire.

    Sur les 500 milliards d’euros du Mécanisme européen de stabilité (MES), 60 milliards d’euros seront consacrés à la recapitalisation directe des banques. Ce montant pourra être révisé par le conseil des gouverneurs du MES si cela est « jugé nécessaire », a précisé M. Dijsselbloem.

    http://www.romandie.com/news/n/La_zone_euro_renforce_l_architecture_de_l_union_bancaire18210620130156.asp

    En réalité, le MES n’a pas les 500 milliards d’euros dont parle l’article ci-dessus.

    En réalité, ces 500 milliards d’euros n’existent pas.

    En réalité, le MES disposera de près de 80 milliards d’euros de capitaux propres, dont 27,1% sont financés par l’Allemagne et 20,4% par la France. Et ensuite, grâce aux fonds qu’il pourra lever sur les marchés, sa capacité de prêts s’élèvera EN THEORIE à 500 milliards d’euros en 2014.

    Je rappelle les sommes que vont payer les Etats européens surendettés pour doter le MES du capital :
    – Capital du MES : 80 milliards d’euros.
    – Sur ces 80 milliards d’euros, l’Allemagne va devoir payer 21,717 milliards d’euros.
    – La France va devoir payer 16,308 milliards d’euros.
    – L’Italie va devoir payer 14,330 milliards d’euros.
    – L’Espagne va devoir payer 9,522 milliards d’euros.
    – Etc.

    Pour aider les Etats européens surendettés, les neuneus ont créé une coquille vide, le MES. Mais pour doter cette coquille vide de 80 milliards d’euros de capital, ce sont les Etats européens surendettés qui vont devoir se surendetter encore plus !

    Les Etats européens surendettés vont emprunter des milliards d’euros sur les marchés, et avec cet argent ils vont ensuite doter le MES de 80 milliards d’euros de capital !

    Etape suivante : le MES va emprunter sur les marchés des sommes pouvant atteindre EN THEORIE 500 milliards d’euros. Ensuite, le MES pourra prêter ces sommes aux banques en difficulté.

    La phrase qui tue : « Si besoin est, les Etats devront aussi mettre au pot avec une contribution pouvant aller jusqu’à 20% de la somme injectée dans les banques pendant les deux premières années du plan d’aide. Ce ratio sera ensuite ramené à 10%. »

    Et enfin, le bouquet final, si les banques aidées ne peuvent pas rembourser les prêts accordés par le MES, la France s’est engagée à garantir 142,701 milliards d’euros !

    La zone euro, c’est un suicide collectif.

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  4. brunoarf dit :

    Grèce : crise gouvernementale avec le départ du parti de gauche Dimar.

    Après avoir publiquement exprimé son désaccord sur la fermeture brutale de la radiotélévision publique ERT, Fotis Kouvélis, dirigeant de la gauche démocratique Dimar, a convoqué vendredi son groupe parlementaire et son bureau exécutif qui devraient décider de leur maintien ou non au sein de la coalition formée dans la douleur il y a un an avec M. Samaras et les socialistes d’Evangélos Vénizélos.

    Si le retrait est confirmé, le gouvernement serait amputé des 14 députés de Dimar, restant avec une faible majorité de 153 sur 300 — 125 députés de la Nouvelle-Démocratie et 28 députés des socialistes Pasok — , bien faible pour continuer efficacement les réformes structurelles, regroupées sous le nom générique de mesures d’austérité, qui bousculent les intérêts acquis, imposées par les créanciers du pays.

    Vendredi 21 juin 2013 :

    ALERTE – Grèce : le petit parti de gauche Dimar confirme son départ du gouvernement.

    ATHENES – Le petit parti de gauche grec Dimar va quitter la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, a indiqué vendredi le ministre de la Réforme de l’administration, Antonis Manitakis.

    A l’issue d’une réunion du groupe parlementaire Dimar sur fond de désaccord sur l’audiovisuel avec le chef du gouvernement, M. Manitakis a indiqué qu’il allait présenter sa démission après la décision du parti de se retirer du gouvernement.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Grece_le_petit_parti_de_gauche_Dimar_confirme_son_depart_du_gouvernement_39210620131410.asp

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  5. brunoarf dit :

    Vendredi 21 juin 2013 :

    Grèce : un petit parti claque la porte de la coalition.

    La Gauche démocratique compte deux ministres et 14 élus.
    La Bourse d’Athènes chute de 6,11%.
    Pas d’accord sur la réouverture de la TV publique.

    La Gauche démocratique (GD, ou Dimar), plus petit parti de la coalition au pouvoir en Grèce, a confirmé vendredi après-midi son intention de quitter le gouvernement d’union nationale, après l’échec des discussions sur la réouverture de la société d’audiovisuel public ERT.

    Ces dissensions coïncident avec un nouveau hic dans l’application du plan de renflouement international de la Grèce, certaines banques centrales européennes rechignant à reconduire les créances qu’elles détiennent sur la dette grecque.

    Le rendement des obligations à dix ans a atteint de ce fait son plus haut niveau depuis la fin avril, avec un rendement de 11,30%. Vendredi à la clôture, la Bourse d’Athènes s’effondrait de 6,11%.

    « Vu l’évolution de la situation et la politique suivie par le Premier ministre, la Gauche démocratique a décidé de se retirer du gouvernement », a déclaré à Reuters Dimitris Hatzisokratis, membre du comité exécutif de la Gauche démocratique, à l’issue d’une réunion extraordinaire des élus du parti.

    (Dépêche Reuters)

    L’euro plombé par la Grèce.

    L’euro pâtit d’un regain de craintes sur la situation en Grèce et repart à la baisse face au dollar.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-euro-plombe-par-la-grece-622114a92d8505c9f1bb107c3b851638

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  6. Hadrien dit :

    Si j’approuve les deux premières remarques de J. Sapir, je ne suis pas d’accord avec la troisième qui est un sophisme de la plus belle eau:
    « 85% des montants de la dette française est émise dans des contrats de droit français. Ces contrats stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans notre pays. Cela signifie qu’en cas de sortie de l’Euro cette dette sera re-libellée en Francs pour les mêmes montants qu’en euro. L’effet de réévaluation de la dette ne portera que sur les 15% restant. »

    Le problème n’est pas de savoir, nominalement, combien de (nouveaux) francs représentera la dette. C’est de savoir combien elle représentera en termes de (nouveau) pouvoir d’achat pour les français, c’est à dire en quantité de travail à fournir pour la payer !
    Peu importe l’unité, qu’on peut appeler, par exemple, le franco…
    En décidant que 1 franco = 1euro, on pourrait ainsi tout aussi bien dire que rien ne change: on continue avec un autre nom!

    Le plus fort, c’est que c’est bien près d’être vrai si l’on sort seuls de l’euro, pour une raison bien simple mais qui n’est pas donnée par Sapir ni personne d’autre:
    La valeur de l’euro actuel est la résultante d’un équilibre sur les marchés, entre ce que vaudrait économiquement 1 euro-nord et 1 euro-sud s’il y avait 2 zones euro. Les libéraux diraient que « la valeur de l’euro actuel dans les échanges représente une moyenne entre la frugalité des fourmis au nord et le gaspillage des cigales au sud »…
    La France étant à peu près au milieu en termes de balance courante, il n’y aurait guère de risque à sortir seuls de l’euro, contrairement à ce que serine la pensée (irréfléchie) unique à longueur de media !

    En revanche, dans le cas d’une sortie groupée avec le sud, on serait plombés par ce même effet de moyenne… incluant le sud seulement.
    C’est pourquoi il faudrait dans ce cas, comme expliqué en commentaire du billet précédent, que tous les pays du sud gardent l’euro nominal, qui se dévaluerait ainsi d’autant dans le libellé de leur dette, pendant que l’Allemagne et ses satellites formeraient une zone « marko » dont la réévaluation ne pourrait que diminuer la charge de la dette.
    C’est, en fait, la position affichée par Sapir lui-même dans le manifeste qu’il a signé (avec JJ Rosa, JP Vesperini, etc.):

    EUROPEAN SOLIDARITY IN THE FACE OF THE EUROZONE CRISIS
    A Strategy under the auspices of European Solidarity :

    Our view is that the strategy that offers the best chance of saving the European Union, the most valuable achievement of European integration, is a controlled segmentation of the Eurozone via a jointly agreed exit of the most competitive countries. The euro may then remain – for some time – the common currency of less competitive countries. It would ultimately mean a return to the national currencies or to different currencies serving groups of homogeneous countries. This solution would be an expression of European solidarity. A weaker euro would improve the competitiveness of southern European countries and help them escape recession and return to economic growth. It would also reduce the risk of banking panic and the collapse of the banking systems in the countries in southern Europe, which would occur if they were forced to leave the Eurozone or decided to do so due to internal public pressure prior to an exit from the Eurozone of the most competitive countries.

    Bien entendu, les marchés (i.e. les détenteurs de titres) sont les seuls à perdre dans cette opération toute « en douceur »…
    Pas étonnant qu’on n’en parle guère !

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    • Hadrien dit :

      Après réflexion…
      Désolé, AJ , ma critique du troisième point de Sapir est sans doute injustifiée, car c’est méconnaître les capacités de régulation de la Banque centrale nationale après qu’elle aura repris sa souveraineté (un point crucial que Sapir oublie tout de même de développer) :
      Quelle que soit l’attitude des marchés et leurs « anticipations rationnelles » sur la part de monétisation, le « jeu » avec la Banque centrale sera le même que celui qu’il fut auparavant avec le franc au sein du serpent SME: une monétisation plus forte que le point neutre de la stabilité des prix dans l’orthodoxie austro-allemande, avec les mêmes résultats:
      Au fil du temps, les valeurs du franc et du mark divergeront en change flottant, le franc rejoignant les autres monnaies et laissant le mark à sa singularité (moins de croissance et plus d’inégalités).

      En fait, pour sortir de l’euro, les deux schémas sont effectivement valables: la seule différence est la part des 15% de notre dette libellée en droit étranger, dans le schéma de ce billet.

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  7. Hadrien dit :

    (suite)

    Mais peut être l’ « anticipation rationnelle » des marchés est-elle que les fanatiques de l’Euro(pe) voudront soutenir jusqu’au bout l’impossible monnaie unique pour tous… jusqu’à l’éclatement et le sauve qui peut ?
    C’est en tous cas ce que nous réservent les inconditionnels comme Michel Aglietta, pourtant répertorié « à gauche », dans son dernier livre:
    UN NEW DEAL POUR L’EURO(PE) [sic], dont voici le résumé des géniales anticipations:

    » La polarisation létale entre pays excédentaires et pays déficitaires ne peut être surmontée en rendant tous les pays excédentaires par la baisse forcenée des salaires. La première étape est d’inverser la déflation compétitive généralisée à laquelle conduisent les politiques d’austérité engagées [jusque là, d’accord, mais voyons comment!]…
    La première application de la coopération budgétaire est donc une politique fiscale en Allemagne pour stimuler la demande intérieure et pour élever le taux d’inflation au-dessus de celui des pays déficitaires [ce qui est contraire au dogme de son orthodoxie monétaire] …
    Et la Banque centrale européenne, en anticipation du lien organique futur qu’elle entretiendra avec le Trésor fédéral comme dans n’importe quel autre pays, pourrait intervenir sur les marchés des dettes publiques [ce qui est contraire à la Bundesbank qui, en Allemagne, fait partie du cadre institutionnel du marché]… C’est la proposition faite début septembre 2012 par Mario Draghi d’effectuer des achats illimités sur les marchés secondaires [c’est à dire d’en débarrasser à bon compte les banques] de titres souverains des pays qui feraient une demande d’aide préalable auprès du MES…
    Il serait alors possible de commencer à mutualiser les dettes publiques en émettant des eurobonds [dont l’Allemagne ne veut pas entendre parler].
    Dans une seconde étape… il serait temps de convoquer une convention parlementaire réunissant des représentants du Parlement européen et des parlements nationaux pour élaborer la constitution portant union politique des pays décidés à construire la fédération européenne [Rien que ça!].
    L’objet de cette constitution étant essentiellement d’instituer un Trésor fédéral rendant irréversible l’union budgétaire et de lui donner une légitimité démocratique [sans aucun référendum, bien entendu!] « .

    Heureusement que l’auteur n’oublie pas de préciser:
    » Or, la loi fondamentale allemande pose un problème concernant la subordination des lois nationales à la loi européenne…
    Comme le constate à juste titre Marie-France Garaud [son livre « Impostures politiques », 2010], le garant ultime de la loi n’est pas le Bundestag, c’est la cour constitutionnelle de Karlsrhue [une paille!]. En France, le suffrage universel [on peut donc s’en servir en le contournant!] crée le droit, en Allemagne il découle du droit [comme c’est dommage…] « .
    Et de conclure:
    » Ces problèmes hantent les questions de l’union bancaire, de l’émission des eurobonds et des interventions de la Banque centrale sur les marchés obligataires. Un mécanisme doit être créé pour briser le cercle vicieux entre la crise souveraine et la crise bancaire [si possible en faveur des banques… et pour le plus grand bien de l’Euro(pe), bien entendu!] « .

    Comme disait de Gaulle dans ses conférences de presse lorsqu’il voulait conclure à sa guise, « il me semble que quelqu’un avait posé une question » ou fait une remarque… N’était-ce pas: utopie, utopie ?

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  8. brunoarf dit :

    Mardi 25 juin 2013 :

    Anglo Irish Bank : les deux dirigeants auraient menti aux autorités irlandaises.

    Les dirigeants de la banque irlandaise Anglo Irish Bank nient avoir trompé les autorités de Dublin pendant la crise financière en 2008, suite à la publication de discussions enregistrées au téléphone.

    Ces discussions révèlent que les dirigeants de l’Anglo Irish Bank – qui n’existe plus sous ce nom aujourd’hui – avaient sciemment sous-estimé les sommes nécessaires au sauvetage de la banque.

    Selon l’Irish Independent qui s’est procuré les enregistrements, les deux dirigeants de la banque parlaient de 7 milliards d’euros pour ne pas risquer un refus de Dublin, alors que l’addition pour les contribuables irlandais allait finalement avoisiner les 30 milliards d’euros.

    http://fr.euronews.com/2013/06/25/anglo-irish-bank-les-deux-dirigeants-auraient-menti-aux-autorites-irlandaises/

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  9. brunoarf dit :

    Les enregistrements des deux dirigeants de la banque Anglo Irish Bank sont ici :

    http://www.independent.ie/business/irish/inside-anglo-the-secret-recordings-29366837.html

    Les enregistrements audio de Anglo Irish Bank révèlent pour la première fois comment les dirigeants de la banque ont menti au gouvernement au sujet de la véritable ampleur des pertes de l’établissement.

    Ces incroyables enregistrements montrent le dirigeant John Bowe, qui avait été impliqué dans les négociations avec la Banque centrale irlandaise, riant et plaisantant avec un autre dirigeant, Peter Fitzgerald, et racontant comment Anglo Irish Bank avait trompé l’État pour qu’il lui donne des milliards d’euros.

    M. Fitzgerald n’avait pas été impliqué dans les négociations avec la Banque centrale irlandaise, et il a confirmé qu’il n’était pas au courant de toute cette stratégie, ni de l’intention de tromper les autorités.

    M. Bowe, dans un communiqué hier soir, a catégoriquement nié avoir trompé la Banque centrale.

    Les enregistrements audio proviennent de son propre système téléphonique interne, et ils datent du cœur de la crise financière qui a amené l’Etat irlandais à genoux en Septembre 2008.

    Anglo Irish Bank était à quelques jours de l’effondrement complet – et dans les années suivantes, les contribuables allaient lui donner 30 milliards d’euros. M. Bowe parle de la façon dont il avait demandé à l’Etat 7 milliards d’euros pour renflouer Anglo – mais les négociateurs d’Anglo savait depuis le début que ce n’était pas assez pour sauver la banque.

    Le plan était le suivant : une fois que l’État aurait commencé à donner de l’argent à la banque, il serait incapable de s’arrêter.

    M. Fitzgerald demande à M. Bowe comment ils étaient arrivés à ce chiffre de 7 milliards d’euros. M. Bowe éclate de rire en répondant : « Comme le batteur disait (le batteur est le surnom du PDG David Drumm) : « j’ai sorti ce chiffre de mon cul. »

    Il dit aussi : « S’ils avaient vu l’énormité du sauvetage avant, ils auraient pu décider qu’ils avaient le choix. Tu vois ce que je veux dire ? »

    « Ils auraient pu dire que le coût pour le contribuable était trop élevé … tandis que si la somme ne semblait pas trop grande au début … si elle est assez grosse, mais pas trop grande pour que ça gâche tout, alors je pense que tu as une chance qu’ils acceptent de payer. Donc maintenant je pense que le montant du sauvetage va augmenter.  »

    M. Fitzgerald, le directeur des services bancaires de détail, dit : « Ouais, ils ont mis le doigt dans l’engrenage. »

    Les commentaires de M. Bowe dans l’enregistrement audio révèlent que la stratégie d’Anglo Irish Bank était d’attirer l’Etat, en ne laissant aux contribuables d’autre choix que de continuer à fournir des prêts à la banque et à « soutenir leur argent ».

    L’enregistrement montre également M. Bowe et M. Fitzgerald éclater de rire en déclarant qu’il n’y a aucune chance pour que la banque rembourse les prêts.

    Pour la première fois, les contribuables obtiennent un aperçu exclusif des magouilles bancaires qui ont coûté à l’Irlande notre souveraineté.

    Paul Williams, « Irish Independent », lundi 24 juin 2013.

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  10. brunoarf dit :

    Samedi 19 novembre 2011 :

    Voici ce qui s’était passé le samedi 19 novembre 2011 : la Commission européenne avait proposé de porter le budget de l’Union Européenne à 1083,3 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

    La Commission européenne a proposé une augmentation de 5% par rapport au précédent budget sur 7 ans, portant les dépenses à 1.083,3 milliards d’euros, soit 1,11% du PIB européen.

    Mais neuf pays – Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni -, ont rejeté cette proposition jugée trop élevée dans un contexte de rigueur généralisée.

    http://www.20minutes.fr/economie/826126-budget-2012-europe-impose-rigueur

    Jeudi 27 juin 2013 :

    Deux ans après, nous apprenons que le budget de l’Union Européenne ne sera pas de 1083,3 milliards d’euros, mais qu’il sera en baisse pour la période 2014-2020 !

    Pour la période 2014-2020, le budget de l’Union Européenne baissera à 960 milliards d’euros, soit au niveau minable de 1 % du PIB de l’Union Européenne !

    Les soi-disant « Etats-Unis d’Europe » , ça n’existe que dans les belles paroles !

    Les soi-disant « Etats-Unis d’Europe » , c’est du pipeau pour les bisounours !

    Union européenne : accord politique sur le budget pour 2014-2020.

    Les présidents des trois institutions de l’Union européenne (la Commission, le Conseil qui représente les Etats, et le Parlement) ont annoncé jeudi être parvenus à un accord politique sur le budget de 960 milliards d’euros pour la période 2014-2020.

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  11. brunoarf dit :

    Vendredi 28 juin 2013 :

    Qui sont les futurs membres de l’Union européenne ?

    1- Turquie.
    2- Islande.
    3- Serbie.
    4- Monténégro.
    5- Macédoine.
    6- Albanie.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130626trib000772471/qui-sont-les-futurs-membres-de-l-union-europeenne-.html

    Quel est le futur budget de l’Union Européenne ?

    Pour la période 2007-2013, le budget de l’Union Européenne était au niveau ridicule de 1,10 % du PIB de l’Union Européenne.

    Pour la période 2014-2020, les bisounours fédéralistes voulaient que le budget de l’Union Européenne augmente. Le samedi 19 novembre 2011, les bisounours fédéralistes ont demandé que le budget passe à 1,11 % du PIB, soit 1083,3 milliards d’euros.

    Mais neuf pays – Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni -, ont rejeté cette proposition jugée trop élevée dans un contexte de rigueur généralisée.

    Résultat : pour la période 2014-2020, le budget de l’Union Européenne sera en baisse !

    Pour la période 2014-2020, le budget de l’Union Européenne baissera au niveau minable de 1 % du PIB de l’Union Européenne, soit 960 milliards d’euros !

    Conclusion : l’Union Européenne accueillera de plus en plus de pays très pauvres, et elle aura un budget de plus en plus faible !

    L’Union Européenne n’est qu’un gigantesque château de cartes.

    Et le vent qui se lève va le faire s’effondrer.

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  12. Hadrien dit :

    Après le livre noir du libéralisme (http://siolgnal.unblog.fr/2013/06/17/le-livre-noir-du-liberalisme/), c’est son bétisier qui mériterait d’être établi en matière de libre échange…
    Au premier rang, figure la « théorie des avantages comparatifs » que la plupart des économistes libéraux anonent avec délectation comme défense inconditionnelle du libre-échangisme, sans en comprendre les hypothèses sous-jacentes:

    Rappelons ici le schéma théorique élaboré par Ricardo (1772-1823) pour convaincre ses compatriotes de l’inocuité du libre-échange, à son époque d’industrie naissante, c’est à dire encore en économie de pénurie :
    Si l’Angleterre et le Portugal, deux nations aux échanges maritimes intenses, produisent à la fois du vin et du drap, le Portugal ayant une productivité supérieure dans les deux produits, celui-ci a néanmoins intérêt à se spécialiser dans le domaine (vin) ou le rapport de sa productivité à celle de l’Angleterre est le plus favorable, laissant à ce dernier le domaine (drap) ou le rapport lui est le moins défavorable.
    Les deux pays en sortent bénéficiaires, par un accroissement net de leurs productions respectives.

    On note immédiatement que ce schéma ne fait aucunement mention de la demande. En d’autres termes, la demande est supposée absorber la production, quelle qu’elle soit, ce qui est conforme à une économie de pénurie.
    D’où la première hypothèse sous-jacente:

    Hypothèse 1: On est en économie de pénurie, dite « contrainte par l’offre », dans chaque pays.

    On note d’autre part qu’il n’est pas fait mention non plus de la monnaie, les échanges des deux denrées pouvant être effectués directement sur la base de leurs valeurs travail. C’est, au contraire, sur cette même base que l’on peut établir le cours du change entre les deux monnaies respectives ayant cours dans les deux pays.
    Celles-ci apparaissant ici comme « un voile », selon l’expression des monétaristes, elles sont équivalentes à une monnaie commune.
    D’où la deuxième hypothèse sous-jacente:

    Hypothèse 2: Il y a monnaie commune, le change ne reposant que sur la valeur travail de chacun des deux pays.

    On notera, au passage, que le schéma induit sous ces hypothèses implique des rendements constants pour les deux denrées.
    On notera, enfin, l’absence de toute autre ressource que le travail dans ce schéma. C’est évidemment préjudiciable à sa validité à l’époque de Ricardo (provenance du coton, possession des terres à vigne…?), mais ça l’est moins aujourd’hui pour nos produits à forte valeur ajoutée.

    Nous en resterons donc aux deux hypothèses mises en évidence ci-dessus…

    1. Point n’est besoin d’être économiste pour comprendre l’absurdité de la première hypothèse à notre époque:
    Elle stipule l’adéquation au schéma de Ricardo d’une économie de pénurie comme le fut l’économie de type soviétique entre ses états-républiques après la guerre… Elle ne concerne absolument pas l’économie d’abondance actuelle qui est au contraire « contrainte par la demande »: la (sur)production est asservie à la demande. D’où le chômage (absent du schéma ricardien) en présence des limites de la demande. Cette simple intervention dans les équations classiques le démontre immédiatement.
    Aussi est-il particulièrement inquiétant de lire un « prix Nobel d’économie » (Paul Krugman: « La mondialisation n’est pas coupable! ») nous faisant l’apologie de la mondialisation actuelle sur la base de ce schéma ricardien dont un autre « prix Nobel » (Samuelson) disait qu’il mériterait un « prix de beauté de l’économie »…!

    2. Quant à la deuxième hypothèse, elle est contredite par le système financier en place qui est une structure parallèle à celle du travail (la fameuse « économie réelle »):
    Ainsi, la Chine manipule son taux de change en rachetant massivement la dette américaine en dollars obtenus par ses exportations. C’est une manière de maintenir un taux artificiellement bas de sa monnaie, privant ainsi son peuple d’un pouvoir d’achat mérité par son travail, mais permettant d’abattre la concurrence.
    Le même phénomène a lieu plus discrètement sur l’euro à chaque accès de faiblesse de celui-ci, nonobstant notre absurde politique d’euro-mark fort… De sorte qu’il est particulièrement hilarant d’entendre, à chacune de ces occasions, le coeur des européistes béats clamer: même les Chinois s’inclinent en confiance devant note monnaie… unique !

    Aussi doit-on dénoncer avec vigueur l’imposture d’énoncés pseudo-scientifiques clamant ce (faux) théorème sans hypothèses :
    « Dans le libre échange de deux produits du travail, entre deux pays aux coûts de production différents, la spécialisation engendre une richesse totale supérieure à l’autarcie pour chacun des pays, même si la compétitivité de l’un est supérieure à celle de l’autre pour chacun des produits. »

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  13. brunoarf dit :

    Dans la zone euro (ZE17), le taux de chômage corrigé des variations saisonnières s’est établi à 12,1% en mai 2013, en hausse par rapport au taux de 12,0% relevé en avril.

    Aujourd’hui, il y a deux Europe :

    – l’Europe des pays périphériques : ces pays sont en faillite. Le chômage atteint des niveaux catastrophiques ;

    – l’Europe des pays du nord : ces pays sont en train de sortir de la crise.

    Ces deux Europe s’éloignent l’une de l’autre de plus en plus vite.

    Zone euro : chômage pour le mois de mai 2013 :

    1- Médaille d’or : Espagne. 26,9 % de chômage.

    2- Médaille d’argent : Grèce. 26,8 % de chômage.

    3- Médaille de bronze : Portugal. 17,6 % de chômage.

    4- Chypre : 16,3 % de chômage.

    5- Irlande : 13,6 % de chômage.

    6- Italie : 12,2 % de chômage.

    Ces six Etats européens périphériques s’enfoncent dans la crise de plus en plus profondément. Leur situation devient désespérée.

    Et les pays qui ont le moins de chômage ?

    Pays-Bas : 6,6 % de chômage.

    Luxembourg : 5,7 % de chômage.

    Allemagne : 5,3 % de chômage.

    Autriche : 4,7 % de chômage.

    http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-01072013-BP/FR/3-01072013-BP-FR.PDF

    Chômage des jeunes de moins de 25 ans :

    Grèce : 59,2 % de chômage des jeunes de moins de 25 ans.

    Espagne : 56,5 % de chômage des jeunes.

    Portugal : 42,1 % de chômage des jeunes.

    Italie : 38,5 %.

    Slovaquie : 34,6 %.

    Irlande : 26,3 %.

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  14. brunoarf dit :

    Un organisme connaît cinq phases :
    1- La naissance.
    2- La phase ascendante.
    3- La phase de plateau : l’organisme est alors à son zénith.
    4- La phase descendante : l’organisme commence à vieillir, tout se déglingue.
    5- La mort.

    J’interprète la construction européenne de la même façon :

    1- La naissance : 25 mars 1957, signature du traité de Rome.
    2- La phase ascendante : 1957 – 1992. La construction européenne monte en puissance.
    3- La phase de plateau : 1992 – 2008. Avec le traité de Maastricht, avec la suppression des frontières intérieures et avec la monnaie unique, la construction européenne est alors à son zénith.
    4- La phase descendante : 2008 – ???
    La crise financière de 2008 est devenue une crise économique, une crise sociale, une crise politique. Elle a montré au monde entier que, face à la crise, la soi-disant « solidarité européenne », c’était du pipeau.

    Elle a montré au monde entier que, face à la crise, chaque nation européenne revient dans le monde réel :
    – le sentiment national, ça existe ;
    – l’égoïsme national, ça existe ;
    – la raison d’Etat, ça existe.

    Par exemple, les budgets de chaque nation européenne continuent à augmenter, en pourcentage du PIB. Mais en revanche le budget de l’Union Européenne, lui, est en baisse !

    Pour la période 2007-2013, le budget de l’Union Européenne était au niveau ridicule de 1,10 % du PIB de l’Union Européenne. Pour la période 2014-2020, il baissera au niveau minable de 1 % du PIB !

    La Commission européenne et le parlement européen voulaient faire augmenter le budget à 1083,3 milliards d’euros. Mais les chefs d’Etat et de gouvernement ont refusé : ils ont exigé de le faire baisser au niveau minable de 960 milliards d’euros pour la période 2014-2020 !

    L’égoïsme national l’a emporté, comme d’habitude.

    http://www.20minutes.fr/economie/826126-budget-2012-europe-impose-rigueur

    C’est la phase descendante.

    Tout se déglingue.

    Au Portugal, en Irlande, en Italie, en Grèce, en Espagne, à Chypre, en Slovénie, tout se déglingue.

    Aujourd’hui, la périphérie tombe en ruines. Demain, le coeur de l’Union Européenne sera touché à son tour.

    Chaque nation reprendra le contrôle de ses lois nationales, chaque nation reprendra le contrôle de ses frontières nationales, chaque nation reprendra le contrôle de sa monnaie nationale, etc.

    L’Union Européenne se dirige tranquillement vers sa mort.

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  15. Hadrien dit :

    Sur le blog de G. Ugeux, comme d’habitude, habsb répond n’importe quoi à BA (Bruno Arf) qui fait très justement remarquer que tout s’est joué depuis la « cassure » dite de 1974, cassure que l’on attribue d’ailleurs à tort (cf Maurice Allais) au choc pétrolier, car :

    1/ Dans l’année qui a précédé, se sont produits en réalité quatre évènements majeurs:
    – l’entrée de la G.B. dans le marché commun (1erJanvier 73), qui a fait cesser la « préférence européenne », début de la libéralisation.
    – l’abandon par Giscard-Pompidou, au bénéfice des banques commerciales, du « circuit du Trésor » qui permettait la monétisation sans restriction de la part de la Banque de France. (Il est assez comique d’observer que cela a conduit à l’inverse de l’objectif visé).
    – l’abandon officiel des accords de Bretton Woods, avec l’adoption (Mars 1973) du libre cours des changes en flottant.
    – le premier choc pétrolier (Octobre 1973)

    2/ C’est de cette époque que date la cassure de la croissance, le seul indice qui importe (égal en moyenne à celui de l’Allemagne) car il est évalué en déflaté :
    De plus de 5% en moyenne avant la cassure, il subit un plongeon jusqu’à -1,5% en 1975, pour remonter l’année suivante jusqu’à 4% après absorption du choc pétrolier.
    C’est ensuite que survient la décrue progressive, d’abord avec:
    – l’approche de l’entrée dans le SME en 1979, dont les critères imposés avaient fait redescendre la croissance à 2%.
    – le tournant de la rigueur de 1982-83, à l’issue duquel la croissance chuta jusqu’à 1,2%.
    – au total, pour la décade écoulée:
    1980-89: 1,7 % de croissance moyenne

    3/ Bis repetita, avec les critères imposés en vue de l’entrée dans « l’euro »:
    1990-99: 1,4 % de croissance moyenne
    Enfin, l’entrée glorieuse dans l’euro lui-même:
    2000-2010: 0,5% de croissance moyenne…
    Et pour finir, le couronnement:
    2010- : croissance négative (cf http://www.lacrisedesannees2010.com/)

    Durant le même temps (i.e. depuis 1980), la Chine a utilisé le change flottant en maintenant un cours bas sur le yuan par son inflation artificielle (demande de devises en dollars, puis euros, par rachats de dettes publiques)
    Les américains ont une consolation dans leur panade: ils surconsomment… et s’y sont donc mis tout seuls !
    Les européens n’en ont aucune: c’est la monnaie unique qui les y a mis !

    A part ça, comme disait Hayek: « La monnaie n’est qu’un voile… »!

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  16. brunoarf dit :

    Lundi 8 juillet 2013 :

    Sur son blog, Frédéric Lordon écrit un article très important.

    Je recopie simplement ce passage fondamental :

    Le souverainisme de droite n’est donc rien d’autre que le désir d’une restauration (légitime) des moyens de gouverner, mais exclusivement rendus à des gouvernants qualifiés en lesquels « la nation » est invitée à se reconnaître – et à s’abandonner. Le souverainisme de gauche est l’autre nom de la démocratie – mais enfin comprise en un sens tant soit peu exigeant.

    http://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas

    Ce blog est hébergé par le mensuel « Le monde diplomatique ».

    A mon humble avis, Frédéric Lordon vient de publier un article qui va le brouiller avec beaucoup de ses amis, … et qui va l’ostraciser encore un peu plus.

    Frédéric Lordon incarne simplement le courage en politique.

    Respect total.

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  17. brunoarf dit :

    Jeudi 11 juillet 2013 :

    330 milliards d’euros. La fortune totale des 500 Français les plus riches a progressé de presque 25 % en un an. De quoi donner le tournis. Et fournir quelques arguments à une France qui a toujours détesté ses riches, surtout en période de crise.

    Jamais depuis 1996, année où Challenges a lancé son classement des « 500 », leur fortune globale n’avait atteint de tels sommets.

    En une décennie, ce chiffre a plus que quadruplé, alors que le produit intérieur brut (PIB), lui, n’a fait que doubler.

    http://www.challenges.fr/classement/20130709.CHA1933/classement-niel-free-rejoint-arnault-et-bettencourt-au-top-10-des-plus-grandes-fortunes-de-france.html

    Je relis cette phrase :

    « La fortune totale des 500 Français les plus riches a progressé de presque 25 % en un an. »

    Et je relis ces chiffres :

    En 1985-1986, les Restos du Cœur ont distribué 8,5 millions de repas.
    En 1987-1988, les Restos du Cœur ont distribué 22 000 000 de repas.
    En 1991-1992, les Restos du Cœur ont distribué 29 000 000 de repas.
    En 1994-1995, les Restos du Cœur ont distribué 50 000 000 de repas.
    En 1996-1997, les Restos du Cœur ont distribué 61 000 000 de repas.
    En 2005-2006, les Restos du Cœur ont distribué 70 000 000 de repas.
    En 2006-2007, les Restos du Cœur ont distribué 81 700 000 repas.
    En 2007-2008, les Restos du Cœur ont distribué 91 000 000 de repas.
    En 2008-2009, les Restos du Cœur ont distribué 100 000 000 de repas.
    En 2009-2010, les Restos du Cœur ont distribué 103 000 000 de repas.
    En 2010-2011, les Restos du Cœur ont distribué 107 000 000 de repas.
    En 2011-2012, les Restos du Cœur ont distribué 115 000 000 de repas.
    En 2012-2013, les Restos du Cœur ont distribué 130 000 000 de repas.

    Nous n’en sommes pas encore au moment précis où l’élastique se brise.

    Mais ce moment approche.

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  18. brunoarf dit :

    C’était il y a neuf mois :

    Mercredi 10 octobre 2012 :

    Le sauvetage de l’euro a déjà coûté 1100 milliards.

    Les experts du FMI ont calculé que depuis décembre 2009, les fonds publics engagés pour porter secours aux «pays de la périphérie» (Grèce, Irlande, Italie, Portugal et Espagne) s’élèvent à plus de 1100 milliards d’euros. Il s’agit d’une part des capitaux prêtés par le Fonds de soutien européen (FESF), et surtout par la Banque centrale européenne. Cette dernière a non seulement acheté des titres d’État, pour un peu plus de 200 milliards d’euros, mais elle porte désormais à bout de bras les banques de ces cinq pays : les refinancements de la BCE ont plus que triplé, dépassant 600 milliards de d’euros.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/10/09/20002-20121009ARTFIG00756-le-sauvetage-de-l-euro-a-deja-coute-1100milliards.php

    Mais ça, c’était il y a neuf mois.

    Résultat aujourd’hui : échec total.

    L’échec total de tous ces soi-disant « plans de sauvetage » est visible aujourd’hui : la dette publique de ces cinq pays a explosé.

    Et je ne parle même pas de Chypre, de la Slovénie, de la Belgique (pour la Belgique, la dette publique est de 375,389 milliards d’euros, soit 99,6 % du PIB), etc.

    La question est donc :

    Pour les CONtribuables, combien de centaines de milliards d’euros va coûter la faillite de tous ces pays ?

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