275 – postjorion est-il encore utile?

Je pose cette question puisque (enfin) la création monétaire, n’en déplaise à Jorion, est (enfin) clairement expliquée aux ados dans le programme de  PREMIÈRE  ES
Vous pouvez télécharger cette note de l’éducation nationale si vous ne me croyez pas, mais la voici in extenso.
http://media.eduscol.education.fr/file/SES/85/6/LyceeGT_Ressources_SES_1_eco_4-3_Creation_de_monnaie_185856.pdf

________________________________________________________________

Ministère de l’éducation nationale

Sciences économiques et sociales – Première ES

Science économique

4. La monnaie et le financement

Fiche 4.3 : Qui crée la monnaie ?

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES : On présentera, à laide dexemples simples, le processus de création monétaire par les banques commerciales (« les crédits font les dépôts »). On montrera le rôle central du marché monétaire. On citera les autres sources de la création monétaire (créances sur le Trésor et devises). Pour ce faire, on définira la banque centrale comme la « banque des banques » et on montrera limportance de son rôle pour assurer la liquidité (notamment lors des crises de confiance) et préserver le pouvoir dachat de la monnaie.

NOTIONS : Masse monétaire, marché monétaire, banque centrale, prêteur en dernier ressort.

Savoirs de référence sur la question

Dans les systèmes bancaires contemporains, les banques de second rang sont placées sous l’autorité de la banque centrale et sont dans l’obligation d’avoir, auprès d’elle, un compte dont le solde est obligatoirement créditeur : la banque centrale est la « banque des banques » ; il s’agit, au sein de la zone euro, de la BCE. La monnaie détenue par les banques sur leurs comptes à la banque centrale est appelée « monnaie banque centrale » ou « monnaie centrale » ; tous les règlements interbancaires s’effectuent en monnaie centrale par des virements de compte à compte dans les livres de la banque centrale. Celle-ci gère également le compte du Trésor public, dont elle est l’unique banque. Contrairement à une vision largement répandue, la création monétaire n’est pas principalement le fait de la banque centrale qui, bien qu’ayant le monopole de l’émission des billets, ne crée pas directement de la monnaie : émission de billets et création monétaire sont deux opérations distinctes qui ne doivent pas être confondues.

Le processus de création monétaire

On désigne par l’expression « création monétaire » toute opération qui conduit à augmenter le stock de monnaie en circulation et par « destruction monétaire » l’opération inverse. Ce stock de monnaie en circulation, ou « masse monétaire », est constitué des moyens de paiement détenus par les agents économiques non bancaires et utilisables à court terme pour régler leurs dépenses. La masse monétaire est mesurée par différents indicateurs, ou agrégats, mais comprend principalement les billets en circulation, les dépôts à vue et à terme dans les banques et les comptes sur livret. La monnaie détenue par les banques sur leur compte à la banque centrale ne fait pas partie de la masse monétaire, mais de la « base monétaire ». Il y a une relation entre la base et la masse monétaire, la création de monnaie par les banques induisant un besoin de monnaie centrale pour couvrir les « fuites » qui résultent des retraits en billets des clients, des exigences réglementaires et des règlements interbancaires.

La monnaie est toujours créée en liaison avec une contrepartie. Si cette contrepartie a longtemps été constituée de métaux précieux, notamment l’or, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Dans les économies contemporaines, la création de monnaie est une monétisation de créances. Elle a trois origines : l’octroi de crédits par les banques de second rang, le financement monétaire du déficit public, les entrées nettes de devises. La monnaie, inscrite au passif des banques, a pour contreparties les créances monétisées (inscrites à l’actif des banques). La monnaie est donc à la fois une créance et une dette.

Aujourd’hui, ce sont les créances correspondant aux crédits accordés par les banques aux entreprises et ménages qui constituent les principales « contreparties » de la masse monétaire, autrement dit qui sont à l’origine de la création de monnaie. Si les banques, en tant qu’intermédiaires financiers, ont comme fonction de collecter des dépôts et d’octroyer des crédits, elles ont une spécificité qui les distingue des intermédiaires financiers non bancaires : les crédits accordés ne se font pas sur la base de ressources préexistantes ; pour accorder un crédit, le banquier n’a pas besoin de disposer de la monnaie qu’il prête. Ce n’est pas le cas des intermédiaires financiers non bancaires qui octroient des crédits en transformant les caractéristiques d’une épargne préalable, autrement dit par des opérations de « recyclage » de ressources collectées antérieurement.

Lorsqu’une banque octroie un crédit, elle crédite le compte de dépôt de l’emprunteur et inscrit simultanément la créance correspondante à l’actif de son propre bilan. Il s’agit d’un simple jeu d’écriture comptable. Les dépôts sont au passif du bilan des banques, les créances à leur actif. Le crédit du compte de dépôt de l’emprunteur se traduit par une augmentation instantanée de la masse monétaire. La monnaie est donc créée ex nihilo. Lorsque le crédit arrive à échéance et donne lieu à remboursement, le compte de dépôt de l’emprunteur est débité, et la quantité de monnaie correspondante n’est plus en circulation : elle est « détruite ».

Une deuxième source de création monétaire à laquelle les banques de second rang contribuent est celle qui correspond à des crédits accordés à l’État : la banque achète des bons émis par le Trésor public pour financer le déficit budgétaire et dispose, en contrepartie, d’une créance sur le Trésor public ; celle-ci est inscrite à l’actif du bilan de la banque sous la rubrique « Créance sur l’État ». Le règlement des achats de bons du Trésor s’effectue par virement du compte de la banque sur le compte du Trésor à la banque centrale, autrement dit en monnaie centrale. Ce n’est pas ce virement qui est en lui-même créateur de monnaie, mais le fait que le Trésor utilisera ensuite les ressources empruntées pour financer ses dépenses et que les sommes seront ainsi virées sur les comptes d’agents économiques non bancaires. Les statuts de la Banque centrale européenne lui interdisent de financer directement les États. Cette règle, qui fait l’objet de débats, a été instaurée afin de lutter contre la tentation d’un financement inflationniste des déficits publics.

Les banques de second rang sont également amenées à créer de la monnaie scripturale lorsqu’elles acquièrent des devises étrangères : elles portent sur le compte du client l’équivalent en monnaie nationale et inscrivent la contrepartie « Extérieur » à l’actif de leur bilan. Cette contrepartie, constituée de devises, représente une créance sur le pays d’émission des devises concernées. Lorsque la banque vend des devises à un de ses clients, elle prélève la somme correspondante sur son compte bancaire : il y a destruction de monnaie. Lorsque la banque vend des devises à la banque centrale, celle-ci accroît ses réserves de change.

L’évolution du stock de monnaie en circulation dans une économie, autrement dit de la masse monétaire, résulte ainsi d’un processus de création et de destruction monétaire. Si les opérations à l’origine de la création monétaire l’emportent sur les opérations de destruction, la masse monétaire en circulation s’accroît et inversement.

Les limites au pouvoir de création monétaire des banques de second rang

Le pouvoir de création monétaire des banques, exercé lors de chaque octroi de crédit, se heurte à une double contrainte. D’une part, une partie du crédit alloué est demandée sous la forme de billets. Ne disposant pas du pouvoir d’émission des billets, dévolu à la banque centrale, la banque doit se refinancer auprès de cette dernière et lui emprunter le montant correspondant. Les billets émis sont donc au passif de la banque centrale et les prêts octroyés aux banques à son actif. En contrôlant le volume et le prix du refinancement, la banque centrale contrôle indirectement la création monétaire. D’autre part, la monnaie scripturale créée au profit d’un emprunteur peut se retrouver, lors d’un paiement, sur le compte d’un bénéficiaire situé dans une autre banque. Cette dernière va donc réclamer à la première le montant correspondant, matérialisé par un virement sur son compte banque centrale. La première banque ne disposant pas du montant requis, elle est contrainte de l’emprunter à une autre banque sur le marché interbancaire. Sur ce marché, les banques se prêtent et s’empruntent chaque jour, sur des durées courtes, le montant du solde, créditeur ou débiteur, issu de la compensation des chèques et virements qu’elles ont eu à traiter.

Les transactions sur le marché interbancaire s’effectuent sous formes de prêts ou emprunts avec ou sans remise de titres en contrepartie, pour une durée généralement très brève et moyennant le versement d’un taux d’intérêt : les transactions sur le marché monétaire ont une durée comprise entre 24 heures et 3 mois, rarement supérieure. Le taux du marché monétaire interbancaire se répercute sur les taux des crédits accordés par les banques à leur clientèle. La plupart des banques sont tantôt prêteuses tantôt emprunteuses sur ce marché ; les règlements entre elles s’effectuent par virements de compte à compte à la banque centrale, pour qui l’opération est neutre. La banque centrale peut intervenir sur le marché monétaire pour apporter (ou plus rarement retirer) de la base monétaire, dans le cadre de ses opérations d’open-market (marché monétaire « ouvert » à la banque centrale).

Le rôle de la banque centrale

La banque centrale peut agir sur la quantité de monnaie en circulation dans l’économie de deux façons. Elle peut tout d’abord obliger les banques à détenir, sous forme de réserves obligatoires (dépôt sur leur compte banque centrale), une fraction des dépôts qu’elles gèrent : en augmentant cette fraction, la banque centrale limite la quantité de crédits que les banques peuvent accorder. Elle peut également agir en faisant varier les liquidités disponibles sur le marché monétaire (en modulant son offre de monnaie centrale) ainsi que la rémunération qu’elle demande aux banques pour leur en fournir. Cette rémunération correspond au taux directeur : plus il est élevé et plus il devient coûteux pour une banque de se refinancer. Cela peut avoir deux effets : amener la banque à freiner son offre de crédits, d’une part, répercuter le coût de son refinancement sur les crédits qu’elle octroie et décourager ainsi le recours à l’endettement bancaire des agents économiques, d’autre part.

La banque centrale est garante de la confiance accordée à la monnaie qu’elle gère. Elle a pour rôle principal de préserver le pouvoir d’achat de la monnaie, défini par la quantité de biens et services qu’une unité monétaire permet d’acquérir. Sur le plan interne, le pouvoir d’achat de la monnaie varie en fonction du niveau général des prix : l’objectif prioritaire de la politique menée par la BCE est ainsi d’assurer la stabilité des prix. Sur le plan externe, le pouvoir d’achat de la monnaie se mesure par la quantité de devises étrangères (et donc de biens et services achetés à l’étranger) qu’une unité monétaire permet de se procurer : une dépréciation de la monnaie sur le marché des changes correspond à une baisse de son pouvoir d’achat et réciproquement ; la banque centrale peut ainsi être amenée à intervenir sur le marché des changes.

La banque centrale est également garante de la liquidité bancaire : en tant que « prêteur en dernier ressort », elle fournit une sorte d’assurance contre le risque d’illiquidité et de blocage du système financier dans son ensemble. Prêter en dernier ressort consiste à créer de la monnaie centrale pour assurer la liquidité des banques ou encore pour injecter massivement des liquidités sur le marché monétaire afin d’éviter des faillites bancaires en chaîne. Une telle situation résulte en général de prises de risque trop importantes de la part de certaines banques, en raison notamment d’une mauvaise estimation du risque de crédit (fiche 4.2.). Ce rôle de prêteur en dernier ressort ne doit pas être confondu avec les interventions habituelles de la banque centrale évoquées ci-dessus dans le cadre du refinancement des banques sur le marché monétaire. Il intervient lorsque la situation de trésorerie d’une banque est telle qu’elle ne parvient plus à emprunter auprès des autres banques sur le marché interbancaire. Durant la crise de confiance de l’été 2007, lorsque les banques refusaient de se prêter de la monnaie centrale, y compris sur des durées très courtes, la Banque centrale européenne fut contrainte d’intervenir tous les jours pour apporter, sous forme de prêts à 24 heures, environ 200 milliards d’euros, montants que les banques s’échangeaient entre elles quotidiennement avant la crise de liquidités et « l’assèchement » du marché monétaire.

Ressources et activités pédagogiques proposées

Activité 1 : Masse monétaire et base monétaire

Finalité : Distinguer les différents agrégats monétaires ainsi que masse monétaire et base monétaire. Étapes et ressources préconisées :

Placer les termes suivants sur le schéma : réserves des institutions financières auprès de la banque centrale, titres de créance < 2 ans, dépôts à vue, dépôts à terme, billets et pièces en circulation, OPCVM monétaires, masse monétaire.

(nous l’avons fait pour vous …)

base_et_masse_monétaires - 012013

[On peut remplir une partie du schéma avec les élèves et les laisser en autonomie pour placer des données. Ce schéma met bien en évidence la distinction entre masse monétaire et base monétaire.]

Activité 2 : Les spécificités du bilan bancaire

Finalité : initier à la lecture d’un bilan bancaire afin de faire comprendre ce que représentent, pour une banque, les ressources et les emplois ; introduire l’idée que la banque centrale est la banque des banques et la notion de monnaie centrale.

Étapes et ressources préconisées :

■ En référence à la question 2.2., rappeler ce qu’est un bilan (lecture en termes de ressources / emplois ou encore reflet du patrimoine).

■ Demander aux élèves de classer en ressources (passif) et emplois (actif) quelques postes (avec montants fictifs) qui figurent au bilan d’une banque (notamment : des capitaux propres, quelques actifs immobilisés, des créances diverses, un compte à la banque centrale, les comptes des clients…).

■Dresser le bilan.

Proposer quelques opérations, notamment l’octroi d’un crédit, afin d’envisager leurs effets sur le bilan de la banque (ne pas intégrer d’opérations faisant intervenir d’autres banques – cf. activité 4 – ni se poser, ici, la question de l’incidence sur la masse monétaire, objet de l’activité n° 3).

Activité 3 : Monnaie en circulation et création monétaire

Finalité:  faire  comprendre   le  sens  des  expressions  « création   monétaire »   et  « destruction monétaire » et montrer que « les crédits font les dépôts ».

Étapes et ressources préconisées :

■ Partir d’une économie fictive dans laquelle il n’y a que quatre agents : une banque, deux entreprises A et B, un ménage ; pour simplifier, considérer qu’il n’y a pas de billets en circulation et que la seule monnaie est scripturale.

■ Supposer que les entreprises et le ménage disposent chacun d’une certaine somme d’argent disponible sur leur compte à la banque : donner des montants et faire calculer la masse monétaire (monnaie en circulation) ; présenter de façon très simplifiée le bilan de la banque

■ Proposer quelques opérations n’ayant pas d’incidence sur la masse monétaire (exemples : l’entreprise A verse un salaire au ménage, le ménage achète des produits à l’entreprise B, une des entreprises achète des biens à l’autre), et se demander quels sont leurs effets sur la monnaie détenue par chacun des agents et sur le montant total de la monnaie en circulation ; inscrire les effets de ces opérations dans le bilan de la banque.

■ Introduire une (ou plusieurs) opération(s) d’octroi de crédits au ménage ou à une entreprise ; se demander quels sont les effets sur la monnaie détenue par chacun des agents et sur le montant total de la monnaie en circulation ; inscrire les modifications dans le bilan de la banque (impacté dans les postes « compte client » au passif et « créances sur clients » à l’actif) ; supposer l’utilisation du crédit pour paiement scriptural afin d’éclairer la formule selon laquelle « les crédits font les dépôts » ; faire rechercher les effets de cette ou de ces opérations.

■ Supposer que le ménage ou l’entreprise rembourse une partie de sa dette. Faire rechercher les effets sur la monnaie détenue par chacun, sur la masse monétaire, sur le bilan de la banque.

■ Conclure.

■ [Remarque : il n’y a pas lieu, dans cet exercice, de recourir à une présentation des effets sur le bilan des entreprises]

Activité 4 : La création monétaire et le rôle de la banque centrale dans un système hiérarchisé

Finalité : faire comprendre le fonctionnement du système bancaire et les différentes opérations à l’origine de la création monétaire ; initier au principe de la compensation bancaire.

Étapes et ressources préconisées :

■ Partir d’une économie fictive dans laquelle le système bancaire est composé d’une banque centrale et deux banques de second rang qui détiennent chacune le compte d’une entreprise et d’un ménage ; supposer, au départ, que les banques de second rang ne détiennent pas de billets.

■ Proposer les bilans simplifiés de départ de chacune des banques de second rang et celui de la banque centrale (avec, au passif, le compte de chacune des banques et le compte du trésor public).

■ Lister quelques opérations entre les entreprises et les ménages afin de faire apparaître leurs effets dans les bilans bancaires ; parmi ces opérations, certaines devront conduire à des règlements interbancaires et donc avoir des effets sur le bilan de la banque centrale

■ Introduire, afin d’analyser leurs effets sur la masse monétaire et les bilans : un achat de devises (une des entreprises remet des devises à sa banque); une opération de demande de billets par un client d’une des deux banques ; l’octroi d’un crédit à l’un des clients ; l’achat par une des banques de bons émis par le Trésor public ; une opération effectuée par le Trésor public (paiement des salaires de fonctionnaires ou achat à une des entreprises).

■ Observer le bilan de la banque centrale et des deux banques de second rang pour faire apparaître les contreparties de la masse monétaire.

________________________________

Bibliographie

Bibliographie sélective et commentée à lusage du professeur

De Boissieu C., Les systèmes financiers, mutations, crises et régulation, Economica, 2009, 3ème édition. [Un article sur la réglementation bancaire – pp. 149-169 ; La fonction de prêteur en dernier ressort – pp. 171-182]

Marteau D., Monnaie, Banque et Marchés financiers, Economica, 2008. [Présentation complète, pour le professeur, des sources de la création monétaire et des contreparties de la masse monétaire, pp.72 à 99]

Plihon D., La monnaie et ses mécanismes, coll. Repères, La Découverte, 2009. [Le processus de création monétaire et le rôle de la banque centrale – pp 17 à 24 ;

Site « la finance pour tous » : http://www.lafinancepourtous.com/-Tout-sur-la-banque-.html [Les banques et la crise]

Bibliographie complémentaire

Banque de France, Leuro, la Banque de France et nous, DVD publié en octobre 2009.

Bordes Ch., La politique monétaire, La Découverte, Coll. Repères, 2007.

Couppey-Soubeyran J., Monnaie, banque, finance, PUF, 2010.

Farvaque E., La banque centrale européenne, La Découverte, Coll. Repères, 2010.

Giraud P.N., Le commerce des promesses, Seuil, 2009, 2ème édition.

Site de la Banque de France, http://www.banque-france.fr/index.htm.

Ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative (DGESCO)       

Sciences économiques et sociales Série ES

http://www.eduscol.education.fr/

Cet article, publié dans Banques, Compléments de "postjorion", Débat monétaire, Monétisation, est tagué , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

7 commentaires pour 275 – postjorion est-il encore utile?

  1. brunoarf dit :

    Le blog POSTJORION est encore utile parce que ses idées n’ont pas encore atteint le grand public.

    Donc il faut continuer le travail.

    Vendredi 14 juin 2013 :

    Hans-Olaf Henkel, Professeur honoraire à l’université de Mannheim (Allemagne), ancien dirigeant d’IBM en Allemagne, a présidé le « Bundesverband der Deutschen Industrie », l’équivalent allemand de l’organisation patronale française, de 2000 à 2005.

    En 1992, Hans-Olaf Henkel était pour l’euro.

    Mais ça, c’était avant.

    Aujourd’hui, il vient de changer d’avis.

    Hans-Olaf Henkel écrit :

    Si l’on veut sauver l’amitié franco-allemande, renonçons maintenant à la monnaie unique.

    Le constat est indéniable : les relations franco-allemandes n’ont jamais été aussi tendues depuis soixante ans, époque où de Gaulle embrassait Adenauer. J’estime que cette dégradation doit être imputée principalement à l’euro. Moi qui en étais jadis un fervent partisan, je reconnais avoir commis là une faute professionnelle grave et je me rends à l’évidence : l’euro est désormais trop fort pour la France et trop faible pour l’Allemagne.

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/06/14/si-l-on-veut-sauver-l-amitie-franco-allemande-renoncons-maintenant-a-la-monnaie-unique_3430120_3232.html

    Sa conclusion est claire :

    L’Europe méridionale tenait jadis l’Allemagne dans le plus grand respect. Lors de la récente visite d’Angela Merkel à Athènes, il a fallu déployer 7 000 policiers pour assurer sa protection. Le fossé entre les pays de la zone euro et les autres est de plus en plus alarmant. Seuls les Roumains sont encore désireux d’adopter la monnaie unique. L’éventualité d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’est sans doute pas étrangère aux décisions prises au sein de la zone euro en vue de centraliser, d’égaliser et d’harmoniser. Avant que l’amitié franco-allemande n’en soit la victime collatérale, finissons-en avec la monnaie unique !

    J'aime

  2. sasha dit :

    bravo à tous ceux qui se sont battus pour démonter la charlatanerie du charlatan
    c’est sans doute grâce à cette lutte que le manuel a été révisé

    J'aime

  3. Hadrien dit :

    Je suis du même avis que BA sur l’utilité de Postjorion…

    Quant à la crise spécifique à la zone euro, elle sera non seulement permanente mais divergente, tant qu’une monnaie unique sera imposée à des économies différentes sous un régime libéral.
    C’est en effet une singulière ironie historique que ceux-là même qui ont voulu l’Europe libérale, ont oublié la plus élémentaire des règles du bréviaire libéral: lorsque des pays aux développements différents pratiquent le libre échange, celui-ci ne peut survivre que par ajustement des monnaies de part et d’autre (dévaluations/réévaluations).
    C’est pourquoi plusieurs économistes (dont J Sapir, JJ Rosa, JP Vesperini, etc.) ont lancé le manifeste dont l’essentiel apparaît ci-dessous:

    EUROPEAN SOLIDARITY IN THE FACE OF THE EUROZONE CRISIS
    A Strategy under the auspices of European Solidarity :

    Our view is that the strategy that offers the best chance of saving the European Union, the most valuable achievement of European integration, is a controlled segmentation of the Eurozone via a jointly agreed exit of the most competitive countries. The euro may then remain – for some time – the common currency of less competitive countries. It would ultimately mean a return to the national currencies or to different currencies serving groups of homogeneous countries. This solution would be an expression of European solidarity. A weaker euro would improve the competitiveness of southern European countries and help them escape recession and return to economic growth. It would also reduce the risk of banking panic and the collapse of the banking systems in the countries in southern Europe, which would occur if they were forced to leave the Eurozone or decided to do so due to internal public pressure prior to an exit from the Eurozone of the most competitive countries.

    Mais cette stratégie (coopérative) suppose que l’on sorte de la seule logique libérale à courte vue (dilemme des deux prisonniers). C’est, en effet, la solution qui fut évoquée ici-même, sous un autre vocabulaire:

    COMMENT EN SORTIR EN DOUCEUR

    La solution consistant à ce que l’Allemagne et ses satellites, comme ils commencent à l’évoquer, reviennent à une monnaie séparée comme le mark, résoudrait tous les problèmes à la fois:
    Il est important pour que cela fonctionne que les autres pays gardent nominalement l’euro, mais aux mains d’une nouvelle BCE rendue possible par l’absence de l’Allemagne et de l’orthodoxie héritée de l’école autrichienne. Au lieu de cela, on aurait, par exemple, une politique monétaire par monétisation directe sans intérêts, contingentée évidemment par un accord préalable.
    La dévaluation factuelle de cet euro par les marchés réduirait alors continuellement le service de la dette libellée en euros, débloquant la situation pour les pays méditerranéens et la favorisant encore plus pour l’Allemagne et ses satellites dans leur nouvelle monnaie forte.
    Dans ce scenario, il est crucial que ceux qui s’accomoderaient de l’euro-mark actuel (Allemagne, Autriche et, vraisemblablement Pays-bas, Finlande) soient ceux qui sortent de l’euro actuel, pour permettre aux autres pays de retrouver leur souveraineté sur cet euro en redonnant son statut normal à la Banque Centrale (privilège d’émission).
    L’euro redeviendrait ainsi une monnaie comme les autres (y compris le dollar), tout en laissant la force de l’euro-mark à ceux qui s’en accomodent.

    Le schéma est trés souple: en cas de recours abusif à la monétisation de la part de membres du «Club Med », un pays comme la France pourrait à son tour sortir pour retrouver son franc, qui deviendrait plus fort que l’euro nominal restant, mais moins que l’euro-mark, etc.
    L’essentiel est de laisser l’euro nominal à ceux qui en ont le plus besoin pour rembourser en euros dévalués.
    Le schéma comporte un autre avantage: plus les spéculateurs dévalueraient l’euro nominal restant, plus ils se punieraient eux-mêmes en dévaluant leurs remboursements nominaux dans cette monnaie.
    Evidemment, tous les banquiers et rentiers de la planète protesteront à l’encontre de ce schèma, mais c’est la seule issue à l’erreur d’aiguillage historique d’une monnaie unique pour des économies divergentes.

    Cette solution “en douceur” n’est ni un défaut du Sud (qui supposerait un non paiement), ni un paiement en monnaie de singe (qui supposerait une hyperinflation), mais un alignement de la monnaie au Sud sur sa politique et son économie, en libérant une contrainte soutenue aujourd’hui artificiellement. Ce serait plutôt une “réduction” partielle… comme on l’a fait pour la Grèce.
    Sauf qu’elle se ferait automatiquement de façon étalée, et en permanence, à la valeur idoine sur les marchés, ce qui mettrait fin à la divergence que l’on cherche actuellement à cacher.

    Ce nouvel euro (ou plus exactement cette nouvelle politique monétaire en euros) aurait l’avantage de ne léser aucune nation, au Nord comme au Sud, puisque chacune verrait sa dette accumulée en euros, ainsi soulagée. Seuls les détenteurs de titres de dette connaitraient une dévaluation. Mais n’est-ce pas ce qui prévalait autrefois à chaque dévaluation en Europe (durant les Trente Glorieuses, nous avons eu dix dévaluations/réévaluations!) ?
    Le passage entre les deux devrait sans doute s’entourer des mêmes précautions qu’alors, de manière à éviter les mouvements
    d’évasion de fonds peu avant une dévaluation préssentie.
    Mais, là encore, n’est-ce pas ce qui se passe déjà en Grèce, de crainte de la voir sortir de l’euro?

    J'aime

  4. brunoarf dit :

    Mardi 18 juin 2013 :

    François Leclerc écrit :

    il n’est pas inutile de lancer un pavé dans la mare, comme vient de le faire le quotidien financier français « Les Échos ». L’ensemble des structures de défaisance (bad banks) créées en Europe depuis le début de la crise logerait actuellement, selon ses calculs, environ 1.000 milliards d’actifs douteux ou illiquides (invendables). L’hypothèse d’une bombe à retardement est évoquée par un journal qui ne verse pas dans les titres à sensation en règle générale.

    Quel est en réalité le choix qui se profile, que les débats en cours n’explicitent pas ? Il n’y a à terme que deux solutions :
    – soit les États porteront la charge financière de ces pertes,
    – soit le système financier risquera de s’écrouler si les créanciers et gros déposants sont fortement impliqués, car les banques sont débitrices ou créditrices entre elles.

    On croit dans ces conditions deviner par avance la tournure que ces discussions prennent – le recours aux finances publiques – avec la circonstance aggravante d’une absence de mutualisation de la dette entre les États, ou de son plafonnement si le MES intervient. Ce qui aura comme conséquence d’amplifier les déséquilibres au sein de la zone euro, d’augmenter la dette publique et d’alourdir la charge du désendettement, avec comme seule solution de rallonger encore son calendrier déjà étiré. Ou bien même de rendre insolvables des États, avec comme seule issue de restructurer leur dette. En prenant leurs distances avec le FMI, qui le souligne avec l’exemple de la Grèce, les autorités européennes se voilent la face une fois de plus. Telle est la dynamique dans laquelle nous nous trouvons, si rien ne vient l’interrompre.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=55020

    J'aime

  5. brunoarf dit :

    Et la crise de Chypre ?

    Plus personne ne parle de la crise de Chypre ?

    La crise de Chypre ne fait que commencer.

    Lisez cet article du mercredi 19 juin 2013 :

    Chypre appelle à nouveau à l’aide.

    Le président chypriote a écrit à ses homologues pour leur demander de venir en aide à la première banque du pays, Bank of Cyprus. Une invitation à revoir l’aide mise en place en avril en profondeur.

    Chypre appelle à nouveau à l’aide. Le président de la république hellénophone a, selon le Wall Street Journal, envoyé une lettre aux dirigeants européens pour les appeler à «soutenir une solution de long terme concernant la liquidité de Bank of Cyprus (BoC). »

    « J’insiste sur l’importance systémique de BoC non seulement pour le système bancaire, mais aussi pour l’ensemble de l’économie », ajoute Nikos Anastasiadès.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130619trib000771165/chypre-appelle-a-nouveau-a-l-aide.html

    J'aime

  6. ALBIN dit :

    La monnaie est l’ensemble des moyens de payement, matériels ou immatériels.
    La richesse est autre chose que le moyen de payement; donc ne pas confondre monnaie et richesse.
    La richesse est l’expression de l’avidité d’autrui; cette avidité dépend d’une autre notion: la valeur.
    La valeur est une notion essentiellement émotionnelle.
    Ex: je vous remets contre reconnaissance de dette de X euros payable le soir même avec clause de rachat du reliquat un cageot contenant Z oranges et vous vous installez au coin d’une rue pour les vendre. Le soir vous avez tout vendu.
    Questions: Y a t-il eu création de monnaie ? Quelle est votre richesse si vous n’aviez rien au départ ?
    Question supplémentaire: si l’on rassemble la richesse de ceux qui vous ont acheté les oranges pour les manger et votre richesse personnelle, y a t-il eu accroissement ou diminution de richesse totale ? Quel est donc l’intérêt de consolider la richesse d’une entité économique ? Dans quelles conditions la richesse d’un pays augmente t-elle ?
    Un pays ruiné est il un pays « pauvre » ?

    J'aime

    • bebecadum dit :

      Totalement d’accord avec vous.

      Ma définition de la monnaie est autre, mais elle dit exactement la même chose.

      Dans un système donné, la monnaie est l’unité de mesure qui quantifie la richesse (comme le mètre, dans un système donné, est l’unité de mesure qui quantifie la longueur d’une étoffe).

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s