262 – Déflation par la dette

La danse de l’euro

26-11-2012

Dans le cadre de la mise en place de l’Union européenne, des quotas stricts en matière de dépense publique furent arrêtés tout en éloignant des États membres toute possibilité et toute tentation d’exploiter les vertus de la création monétaire. Pour ce faire, une Banque centrale européenne fut mise en place selon un modèle en déconnexion totale avec les politiques budgétaires et fiscales des membres. Autiste, la Banque centrale européenne le fut dès le départ. Les fondateurs de cette Europe ultralibérale considéraient (à la suite de Milton Friedman) que l’argent est tellement suspect que son usage doit être strictement surveillé par un organisme sur lequel les États – pourtant souverains – n’auraient aucun droit de regard. L’argent était cette boîte d’allumettes que l’on enlève à l’enfant, non sans le réprimander.

Ce contre-exemple européen est aujourd’hui particulièrement éloquent car on se rend compte que, ce faisant, tous les ingrédients d’une conflagration pire encore que celle de la Grande Dépression furent volontairement mis en place. Alors qu’il est tout à la fois naturel et légitime que l’État use de l’argent comme levier vis-à-vis de l’activité économique, pour subvenir aux besoins de certains groupes sociaux, pour faire payer (ou contribuer) d’autres, ou pour monopoliser des ressources. Cet acte lourd et fondamental de « monétisation » est donc omniprésent dans l’expression de l’État. En période de crise, seul l’État en effet donc nager à contre-courant en affichant plusieurs lignes de défense.

Sa banque centrale peut ainsi accorder des prêts sans limite aux établissements financiers qui subissent une dévalorisation de leurs investissements et des retraits massifs de leurs dépôts. En outre, la banque centrale agit à un autre niveau qui consiste à racheter les actifs à risques et ceux dont plus personne ne veut, jusque-là détenus par les banques et par les entreprises. Le but étant d’éviter le mal absolu qu’est la « déflation par la dette » décrite par Irving Fisher. L’utilisation par la banque centrale de sa monnaie prévient la vente généralisée des actifs, des titres et autres valeurs de la part d’opérateurs en mal de liquidités. Ventes qui provoqueraient une spirale baissière affectant toute la classe des investissements. La banque centrale peut enfin mettre à disposition du Gouvernement les sommes pour assurer la relance de la demande agrégée, avec un impact bénéfique sur la croissance. Seule cette « danse du dollar », pour reprendre l’expression significative de Fisher, étant à même d’assurer la reprise économique.

Pourtant, les États ont été persuadés par les « experts » qu’ils ne pouvaient strictement plus se permettre de dépenser plus. Pendant que les économies dépérissaient et que les gouvernements européens étaient menottés par leurs déficits, les interventions de la BCE se limitaient donc à leur plus stricte expression contre toute attente et en dépit du bon sens. Car une banque centrale n’est restreinte par aucune limite dans sa faculté de création d’argent, quand un gouvernement peut au même moment se retrouver à court de fonds sans être en mesure de sauver son économie. Un État qui refuse de faire appel à sa banque centrale ne peut donc invoquer aucun prétexte légitime le prévenant de redresser son activité économique et de rétablir l’emploi.

C’est pourquoi il est crucial de comprendre comment ce monopole de création d’argent fonctionne et comment il peut – et doit – être mis au service de l’intérêt général. En l’absence de cette détermination, l’action de l’État est inefficace, ou ne l’est que pour une minorité. Ce qui dégénère en « pauvreté au milieu d’abondance », pour reprendre les termes de Keynes, qui illustrait parfaitement son propos en décrivant un contexte « où les maisons viennent à manquer mais où nul ne peut habiter dans celles qui existent par manque de moyens » !

L’État doit donc mettre l’ensemble de ses ressources et de ses possibilités – y compris monétaires, bien sûr – au service de la nation. À cet effet, les déficits publics ne doivent rencontrer aucun obstacle ni aucune limite, si ce n’est l’accomplissement de la raison même d’exister d’un État, à savoir le rétablissement du plein emploi et la stabilité des prix. Les dettes font donc partie intégrante du fonctionnement et du train de vie d’un État.

Extrait de « Splendeurs et misères du libéralisme », éd. L’Harmattan

 

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23 commentaires pour 262 – Déflation par la dette

  1. Shadok dit :

    Le blocage mental sur ces sujets est devenu tel qu’on a l’impression que nulle méthode autre que celle de la dette n’est possible, ce qui est FAUX ..

    Il faut penser autrement , sortir de la boite , changer de paradigme.
    Mais il semble que cette simple liberté de penser soit désormais devenue interdite .

    Shadok P

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  2. L'enfoiré dit :

    La déflation, la récession ne seraient pas trop graves.
    C’est la stagflation est la plus dure à supporter.

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  3. brunoarf dit :

    Vendredi 30 novembre 2012 :

    Zone euro : le chômage grimpe à 11,7% en octobre, un niveau record.

    Le taux de chômage de la zone euro s’est établi à 11,7% de la population active en octobre, contre 11,6% le mois précédent, a indiqué vendredi l’office européen de statistiques Eurostat.

    Il s’agit d’un niveau record, qui se traduit par 18,70 millions de personnes au chômage en octobre, dans les 17 pays de l’Union monétaire.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Zone_euro_le_chomage_grimpe_a_117_en_octobre_un_niveau_record15301120121105.asp

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

    Vous vous rappelez toutes les belles promesses pour nous convaincre de voter « oui » à la création de l’euro ?

    – « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

    – « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

    – « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

    – « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

    – « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

    – « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

    – « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

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  4. Hadrien dit :

    Je complèterai volontiers le commentaire de shadok en faisant remarquer que le bloquage mental observé ne concerne pas que les nouveaux paradigmes, mais aussi les anciens:

    Ainsi peut-on lire sous la plume d’Arnaud Parienty d’ « Alternatives économiques »:
    « Le point fort traditionnel de la France est le montage de projets colbertistes, très coûteux et sophistiqués, pour lesquels l’alliance du public et de quelques champions nationaux privés donne de bons résultats. Mais le nucléaire ou Airbus ne peuvent pas être facilement reproduits, car cette logique de grands programmes va mal avec la réactivité et la multiplication des alliances internationales qui dominent de nos jours. »
    Ben voyons!… au cas où ça donnerait de mauvaises idées à tout le monde:
    La nationalisation du secteur du crédit, par exemple…
    N’était-ce pas déjà la séparation imposée avec les banques d’affaires, que l’on appelle aujourd’hui de ses voeux, après l’avoir fustigée en 1945 et en 1981 ?
    Et puisque sont évoqués les « projets colbertistes » où le secteur public « donne de bons résultats » de même que les nationalisations en général, pourquoi donc les libéraux se sont-ils ingéniés à en dépouiller l’Etat, sinon pour s’emparer de leur « résultats » à des fins tout autres que nationales ?
    Regardons-y de plus prés :
    Entre 1986 et 1988, Chirac cédait au privé 10 milliards de privatisations:
    INDOSUEZ, PARIBAS, La SOCIETE GENERALE, SAINT-GOBAIN, la CGE et MATRA.
    Edouard Balladur, à Matignon en 1993, fera de nouvelles privatisations:
    BNP, UAP, ALCATEL, ALSTOM, RHÔNE-POULENC, ELF, La SEITA.
    En 1995, le gouvernement Juppé cède à son tour 9,4 milliards d’actifs dont:
    USINOR-SACILOR, RENAULT, La CG Maritime, PECHINEY, BULL.
    La législature Jospin et le ministère des finances Strauss-Kahn feront beaucoup mieux: le dépouillement de l’Etat s’accentue, avec prés de 31 milliards d’Euros de cession d’actifs, autant que les trois autres phases:
    Le Crédit Lyonnais, Le GAN, Le CIC, L’UIC, CNP Assurance, La Société Marseillaise de Crédit, DASSAULT, l’AEROSPATIALE, THOMSON-CSF, THOMSON Multimedia, EADS, ASF, TDF, La SFP, Les Autoroutes du Sud de la France, FRANCE TELECOM et AIR FRANCE.
    Aujourd’hui, parmi ces entreprises cédées, les seuls profits annuels engrangés par celles du secteur financier dépassent 30 milliards, dont l’Etat s’est volontairement amputé !
    Et l’Europe a servi d’alibi à tous les étages:
    Ainsi, les banques empochent le différentiel de taux entre celui de la BCE, et celui qu’elles facturent à l’Etat. Résultat, sur les 300 milliards annuellement renouvelés pour le service de la dette: 3 milliards de bénéfice net, pour un service inexistant (éxécuté en trois jours dans les salles de marché). A titre indicatif, le budget total du CNRS, avec des milliers de chercheurs et des centaines de laboratoires, ne dépasse pas 3 milliards.
    Sans même parler de secteur bancaire nationalisé, les banques centrales nationales devraient pouvoir se financer directement auprés de la BCE, n’eussent été les clauses scélérates des traités de Maastricht et de Lisbonne…
    Va donc, dit le profane, pour la critique des activités financières…
    Mais pour les autres, qui nous dit que sous la propriété et la gestion étatiques, ces entreprises auraient engrangé les mêmes profits ?
    Réponse: le profit réel des entreprises nationalisées étant dans l’utilité collective et non le dividende aux actionnaires, la plupart des entreprises privatisées ont ruiné le potentiel scientifique et technique hérité du secteur public qui les avait mises à flot. Ainsi, la privatisation de France Telecom s’est accompagnée de la disparition du CNET qu’elle finançait pour sa recherche fondamentale. Aprés l’abandon du technique pour le casino financier et le mirage de l’e-society, France Telecom a plongé dans les abîmes… et n’a plus rien pour se relever, jusqu’à la prochaine nationalisation… ou son rachat par les chinois !
    Autre exemple comique: notre gouvernement s’est prévalu récemment des marchés en Chine pour Areva et Airbus, deux industries nationales qui n’auraient pas vu le jour sans “l’ardente obligation du plan” des années keynesiennes: Areva est une création dérivée du CEA, Airbus naquit des recherches faites à l’Aerospatiale et Sud-Aviation.
    (Il est intéressant d’entendre à ce sujet les ingénieurs d’Airbus reconnaître qu’aucun airbus n’aurait pu sortir des chaînes sans les acquis des recherches du programme Concorde).
    Partout, on a suivi la logique libérale (et délibérée) dont se sont fait complices tous les gouvernements de l’aprés Trente Glorieuses: on commence par appauvrir l’Etat en lui otant des ressources pour les offir au privé. Lorsqu’il ne reste plus que des charges, on s’appuie sur cela même pour invoquer le besoin de privatiser les services publics en les élaguant:
    D’abord les Télécommunications, puis la Poste, les autoroutes, les chemins de fer, et enfin la première des conquêtes républicaines: l’Education avec l’autonomie des Universités, avant leur privatisation.

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  5. brunoarf dit :

    Mardi 27 novembre 2012 :

    Les Européens et le FMI vont alléger la dette grecque de 40 milliards d’euros.

    En outre, l’Eurogroupe a décidé de procéder au déboursement des prochaines tranches d’aide pour éviter le défaut de paiement du pays : les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de prêter à la Grèce un total de 43,7 milliards d’euros bloqués depuis des semaines. 34,4 milliards d’euros seront versés le 13 décembre. Le versement du solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013.

    (Dépêche AFP)

    Dialogue entre les Etats européens et la Grèce, le 27 novembre 2012 :

    Les Etats européens : – Bonjour, la Grèce. Nous avons une bonne nouvelle pour toi : nous allégeons ta dette de 40 milliards d’euros. Tu as compris ?

    La Grèce : – Non ? C’est vrai ? Merci ! Merci beaucoup, mes amis !

    Les Etats européens : – Bon, maintenant, tu vas nous rembourser tout le pognon que tu nous dois.

    La Grèce : – Mais … Mais je n’ai plus un rond, mes amis !

    Les Etats européens : – Pas grave. Nous allons te prêter 43,7 milliards d’euros. Avec ça, tu vas pouvoir commencer à nous rembourser. Tu as compris ?

    La Grèce : – Vous allégez ma dette de 40 milliards d’euros, et ensuite vous me prêtez 43,7 milliards d’euros pour que je puisse vous rembourser ? ? ?

    Les Etats européens : – Tu as tout compris.

    La Grèce : – Vous êtes des génies, mes amis. Vous êtes de purs génies. Et les 43,7 milliards d’euros, vous les avez ?

    Les Etats européens : – Non. Nous n’avons plus un rond, nous non plus. Nous sommes surendettés. Donc nous allons devoir emprunter 43,7 milliards d’euros sur les marchés internationaux, ensuite nous pourrons te les prêter, … et ensuite tu pourras nous rembourser.

    La Grèce : – Je résume. Vous allez vous surendetter davantage, pour pouvoir ensuite me prêter du pognon, et donc vous allez me surendetter encore davantage.

    Les Etats européens : – Tu as tout compris.

    La Grèce : – Mais ça ne résout pas du tout mon problème de surendettement. Au contraire : ça rajoute de la dette par-dessus la dette déjà existante. En plus, ça ne résout pas du tout votre problème de surendettement. Au contraire : ça rajoute de la dette par-dessus la dette déjà existante. Toutes ces dettes s’empilent les unes par-dessus les autres, et ça commence à faire beaucoup de milliards d’euros, toutes ces montagnes de dettes.

    Les Etats européens : – Oui, mais nous n’osons pas annoncer aux contribuables que tu es insolvable. Nous n’osons pas annoncer aux contribuables que ce sont eux qui vont payer l’addition. Alors nous faisons semblant de t’aider, et toi tu fais semblant de nous rembourser.

    La Grèce : – Ah ouais d’accord. Des génies. Mes amis sont des génies.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/11/19/20002-20121119ARTFIG00700-artus-la-grece-n-est-ni-l-irlande-ni-l-espagne.php

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  6. brunoarf dit :

    Vendredi 30 novembre 2012 :

    Espagne, Portugal, Grèce, Italie : ces quatre Etats foncent vers le défaut de paiement. Pour la Grèce, ce sera le deuxième défaut de paiement en seulement quelques mois.

    Lisez cet article :

    Que se passe-t-il quand un pays insolvable s’endette encore ?

    La solvabilité budgétaire de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et même de l’Italie n’est pas assurée aujourd’hui : il faudrait un excédent budgétaire primaire énorme, compte tenu des niveaux de taux d’intérêt et de taux de croissance prévus pour 2013 et 2014, pour stabiliser le taux d’endettement public. Cependant, le déficit extérieur disparaît, mais la demande des épargnants domestiques pour la dette publique est insuffisante, d’où le niveau élevé des taux d’intérêt.

    Pourtant ces quatre pays continuent à s’endetter, soit sur les marchés financiers (Espagne, Italie), soit en partie sur les marchés financiers et en partie auprès de l’Europe (EFSF, ESM, BCE, UE), soit dans le futur auprès de la BCE (OMT).

    Si leur solvabilité budgétaire n’est pas rétablie (on ne voit pas comment elle le serait même en 2015 en Espagne et en Grèce compte tenu de la taille prévisible de l’écart taux d’intérêt – taux de croissance), cette accumulation de nouvelle dette ne peut que conduire à une situation catastrophique (défaut).

    Conclusion :

    Endetter davantage, soit sur les marchés financiers, soit auprès de prêteurs publics des pays qui n’assurent pas leur solvabilité budgétaire ne peut que conduire à une catastrophe (défaut à un niveau très élevé de dette publique).

    Dans les conditions présentes de taux d’intérêt et de taux de croissance, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal ne sont pas solvables. Si on fait, pour la période qui commence en 2015, des hypothèses optimistes portant sur le taux d’intérêt apparent sur la dette et sur la croissance de long terme, l’Espagne et la Grèce restent insolvables, ce qui jette bien sûr un doute sur la stratégie d’accumulation de nouvelle dette par ces pays.

    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=67248

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  7. Sylvie13 dit :

    Pour info, parmi ceux qui essaient d’expliquer de façon pédagogique que la création monétaire y compris par les Etats n’est pas un péché, je signale l’économiste Gaël Giraud qui en parle notamment dans cet entretien récent très intéressant : http://blogdenico.fr/entretien-avec-gael-giraud-33-la-transition-ecologique-et-son-financement/
    Il parle surtout ici de création monétaire affectée au financement de la transition écologique, mais plus largement, il réfléchit sur le fait que la monnaie (crédit et liquidités) devrait être considérée comme un bien commun, sur lequel un contrôle démocratique doit s’exercer.
    Intéressant, même si je ne suis pas assez spécialiste pour voir si il est sur votre longueur d’ondes ou pas complètement. En tout cas il parle souvent de création monétaire, y compris pour un autre sujet qui est la monétisation des dettes.

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  8. brunoarf dit :

    Mardi 4 décembre 2012 :

    Zone euro : pas d’accord sur la supervision bancaire, nouvelle réunion le 12 décembre.

    Les ministres des Finances de l’Union européenne n’ont pas réussi à se mettre d’accord mardi sur un mécanisme unique de supervision bancaire pour la zone euro, et se retrouveront le 12 décembre pour tenter d’aboutir.

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  9. brunoarf dit :

    Les capitaux fuient de plus en plus hors de l’Espagne, hors de l’Italie, hors de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal.

    Ces cinq pays vont se déclarer en défaut de paiement, les uns après les autres : ce sera l’explosion de ces cinq bombes atomiques.

    Pour mettre à l’abri leurs capitaux, les investisseurs internationaux ont choisi cinq abris antiatomiques. Aujourd’hui, les investisseurs internationaux placent leurs capitaux dans cinq Etats considérés comme résistants et solides : l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, la Finlande et le Luxembourg.

    Nous, Français, sommes surpris de cet afflux de capitaux vers la France. Pourtant, c’est un fait : les investisseurs internationaux considèrent que la France sera un abri antiatomique solide, qui résistera à l’explosion de la zone euro. Ils se précipitent pour acheter les obligations de l’Etat français.

    Lundi 3 décembre 2012, la France a lancé trois emprunts. La France a payé des taux historiquement bas.

    Emprunt à 3 mois : le taux a été négatif : – 0,022 %. Ce taux est en baisse par rapport à la dernière émission à 3 mois : c’était – 0,020 % le 26 novembre.

    Emprunt à 6 mois : le taux a été négatif : – 0,008 %.

    Emprunt à 12 mois : le taux a été de 0,016 %. Ce taux est en baisse par rapport à la dernière émission à 12 mois : c’était 0,019 % le 26 novembre.

    La dégradation de la France par les agences de notation n’a pas modifié la tendance : les investisseurs internationaux ont continué à se ruer vers les obligations de l’Etat français.

    Mercredi 5 décembre 2012 : taux des obligations à 10 ans : 2 %. Record historique battu. Les taux n’avaient jamais été aussi bas.

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  10. brunoarf dit :

    6 février 2012 :

    Marc Fiorentino : le 7 mai, la France sera attaquée !

    Si on en croit les sondages, François Hollande sera élu. Le 6 Mai à 20h, son visage apparaîtra sur nos écrans. Quelques heures plus tard à l’ouverture des marchés asiatiques, la Finance, à qui il a déclaré la guerre, va se venger. Et ce sera d’une simplicité enfantine. Les taux français vont s’envoler. Les fonds spéculatifs, unis, vendront la dette française à découvert. Sans pitié. Et même avec un certain plaisir. On montera jusqu’à 4.5% sur les taux à 10 ans français.

    http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20120206trib000682103/marc-fiorentino-le-7-mai-la-france-sera-attaquee-.html

    Jeudi 6 décembre 2012 :

    France : taux des obligations à 10 ans : 1,991 %.

    Record historique battu.

    Les taux n’avaient jamais été aussi bas.

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  11. brunoarf dit :

    Samedi 8 décembre 2012 :

    Un article très important sur l’Irlande :

    L’Irlande « a besoin de plus de temps » pour rembourser l’argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé samedi dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande, Patrick Honohan.

    « Le gouvernement essaie de regagner la confiance des marchés financiers et le plan de remboursement actuel complique cela », a estimé M. Honohan, dans un entretien au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

    L’Irlande, dont les banques avaient été durement frappées par la crise financière, avait dû demander fin 2010 une aide à l’Union européenne, à la Banque centrale européenne (BCE) et au FMI.

    Ce plan de sauvetage prévoyait 85 milliards d’euros d’aides sur trois ans en échange de la mise en oeuvre de douloureuses mesures d’austérité.

    Plus de 30 milliards d’euros ont été prévus pour renflouer les banques en difficultés Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society (INBS), nationalisées puis fusionnées.

    « Cet argent sera assurément remboursé, mais cela doit s’opérer sur une période plus longue », a affirmé M. Honohan.

    Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande a plaidé pour la recherche d’une « solution durable », qui n’aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite.

    « En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé », a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

    En clair, l’Irlande dit à ses créanciers :

    « Je suis en faillite. Vous m’avez prêté 85 milliards d’euros. Je vous remercie pour ce prêt. Je ne peux pas vous rembourser comme c’était prévu, mais ce n’est pas grave. Je vous rembourserai plus tard. Le délai de remboursement sera considérablement allongé. De toute façon, si vous n’êtes pas contents, c’est pareil. »

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  12. Hadrien dit :

    Si la crise des dettes publiques est singulièrement aggravée en Europe par le refus, même transitoire, de la monétisation par la BCE, il ne faudrait pas en oublier pour autant, les causes plus « économiques »:
    Car, enfin, quelle est la vraie signification de taux actuels aussi bas sur les obligations d’Etat, sinon que le capital accumulé ne trouve plus où s’investir pour en préserver un tant soit peu la valeur…?

    Ainsi, l’idéologie de l’eurolibéralisme et de la mondialisation ont conduit, dans cette course folle de la concurrence débridée, à « toujours moins de coût du travail » au bénéfice du capital qui a ruiné les classes moyennes développées par un Fordisme recessif conçu à l’envers:
    Oubliant les leçons de Keynes, et même celles de la crise de 29, les apprentis-économistes au service du néolibéralisme ont applaudi à libre-échangisme globalisé portant à son paroxisme l’offre au détriment de la demande. En reportant massivement ses investissements vers la Chine et ailleurs, le capital a omis de préserver la demande par l’emploi et les acquis sociaux des pays développés, rompant ainsi la boucle vertueuse de la croissance…
    En misant exclusivement sur la plus-value supérieure prélevée en pays émergents où le salariat et la monnaie sont autoritairement maintenus au plancher, on a asséché nos économies sans pour autant créer une demande à la même hauteur dans ces pays.
    Le libéralisme a ainsi conduit à de nouvelles inégalités (quelques très riches chez les émergents, pour beaucoup d’appauvrissement des classes moyennes ailleurs).

    Ce n’est pas une vision partisane… C’est aussi, enfin pourrait-on dire!… celle de Stiglitz dans ce livre, LE PRIX DE L’INÉGALITÉ, où il qualifie au passage l’ère présente de « Grande Recession »:
    «Tant la mondialisation du commerce des biens et des services que la globalisation des marchés des capitaux ont contribué à l’augmentation des inégalités, mais de manière différente…
    La compétition entre les pays pour l’investissement prend de nombreuses formes – pas seulement la baisse des salaires et l’affaiblissement de la protection des travailleurs. C’est une course vers le bas globale qui assure que les règlementations sont faibles et les impôts bas»
    «Dans un monde où les capitaux ne pourraient pas bouger et les travailleurs si, les pays se feraient concurrence pour attirer les travailleurs. Ils promettraient de bonnes écoles and un bon environnement et de faibles taxes sur le travail. Cela serait financé par des taxes importantes sur le capital.
    Avec le capital très mobile – et les droits de douanes bas – les entreprises peuvent simplement dire aux travailleurs que s’ils n’acceptent pas des salaires plus bas et des conditions de travail moins bonnes, l’entreprise ira ailleurs.»
    «La globalisation circonscrit la démocratie à travers la compétition»

    Il aura fallu également beaucoup de temps à Krugman pour parvenir à une analyse proche dans son récent « SORTEZ-NOUS DE CETTE CRISE… MAINTENANT! », virant ainsi sa cuti après avoir pourtant écrit il y a une dizaine d’années « LA MONDIALISATION N’EST PAS COUPABLE »…

    C’est le même écho de la part de Michel Santi, dans son livre « SPLENDEURS ET MISÈRES DU LIBÉRALISME »:

    – La puissance de nos États a ainsi été insidieusement diluée par la mondialisation libérale dans un contexte où nos entreprises sont totalement dépendantes de la globalisation. Le résultat consiste aujourd’hui en une ruine où le politique ne peut pratiquement plus rien car il a été dépouillé de quasiment tous ses leviers…
    – Incohérence enfin de cette communauté financière qui n’a de cesse d’exiger de la part des États la rigueur et l’austérité tandis qu’elle déplore une croissance trop faible pour permettre le remboursement des dettes publiques !

    Sans compter le cas singulier de la zone euro qui s’est enfoncée volontairement dans l’ordolibéralisme, c’est à dire assorti d’une l’orthodoxie monétaire qui vire au cauchemar, ce en quoi nous rejoignons l’auteur:

    « Dans le cadre de la mise en place de l’Union européenne, des quotas stricts en matière de dépense publique furent arrêtés tout en éloignant des États membres toute possibilité et toute tentation d’exploiter les vertus de la création monétaire…
    Ce contre-exemple européen est aujourd’hui particulièrement éloquent car on se rend compte que, ce faisant, tous les ingrédients d’une conflagration pire encore que celle de la Grande Dépression furent volontairement mis en place. »

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    • Hadrien dit :

      J’oubliais de commenter les conclusions finales:

      « C’est pourquoi il est crucial de comprendre comment ce monopole de création d’argent fonctionne et comment il peut – et doit – être mis au service de l’intérêt général. En l’absence de cette détermination, l’action de l’État est inefficace, ou ne l’est que pour une minorité…
      L’État doit donc mettre l’ensemble de ses ressources et de ses possibilités – y compris monétaires, bien sûr – au service de la nation. »

      Sur cette dernière phrase, bien sûr, nul doute que banquiers et rentiers ne sauraient être d’accord car la monétisation des dettes, par l’inflation qu’elle apporte, rogne leurs capitaux. Mieux vaut encourager, à leurs yeux, l’appel au marché… de ces capitaux indemnes, mais qui ne trouveront bientôt plus d’emprunteur solvable.
      L’humanité ruinée, mais banquiers et rentiers seuls debout, tel est le grand rêve du néolibéralisme !
      Au fait, la ruine de l’économie par l’accumulation du capital entre les mains d’une minorité, n’était-ce pas une prévision de… Marx ?

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  13. brunoarf dit :

    Nous avions oublié la faillite de l’Irlande, mais l’Irlande vient de refaire parler d’elle.

    Comme la Grèce, l’Irlande vient d’annoncer qu’elle sera elle-aussi incapable de rembourser les 85 milliards d’euros du plan de sauvetage.

    L’Irlande « a besoin de plus de temps » pour rembourser l’argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé samedi dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande, Patrick Honohan.

    Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande a plaidé pour la recherche d’une « solution durable », qui n’aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite.

    « En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé », a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-irlande-a-besoin-de-plus-de-temps-pour-rembourser-d6283fc6783fb9654f3eab584245a0d8

    Depuis le 27 novembre 2012, nous savions que les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce étaient UN ECHEC TOTAL.

    Nous savions que les soi-disant « plans de sauvetage » de la Grèce allaient coûter des milliards d’euros aux contribuables français.

    Et aujourd’hui, nous venons d’apprendre que le soi-disant « plan de sauvetage » de l’Irlande est lui-aussi UN ECHEC TOTAL.

    L’Irlande est en faillite. L’Irlande est incapable de rembourser quoi que ce soit.

    La question est donc :

    Combien de milliards d’euros ce défaut de paiement de l’Irlande va-t-il coûter aux contribuables français ?

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  14. brunoarf dit :

    Lundi 10 décembre 2012 :

    Italie/crise politique : la Bourse de Milan chute de plus 2% à l’ouverture.

    La Bourse de Milan chutait de plus de 2% lundi dès l’ouverture après l’annonce au cours du week-end d’une prochaine démission du président du conseil Mario Monti, considéré par les marchés comme un gage de stabilité pour le pays.

    A 08H20 GMT, soit vingt minutes après l’ouverture, l’indice vedette de la Bourse de Milan, le FTSE Mib, reculait de 2,36% à 15.329 points.

    Les banques étaient particulièrement touchées et leurs titres chutaient tous de 4% à 5%, les opérateurs redoutant qu’elles ne soient pénalisées par un probable regain de tension sur le marché obligataire dans le sillage de cette nouvelle crise politique, dont l’issue paraît incertaine.

    http://www.romandie.com/news/n/_Italiecrise_politique_la_Bourse_de_Milan_chute_de_plus_2_a_l_ouverture31101220120932.asp

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  15. brunoarf dit :

    Lundi 10 décembre 2012 :

    Italie : Mario Monti quitte le pouvoir, et il laisse derrière lui une Italie en ruines.

    Italie : recul de 1,1% de la production industrielle en octobre sur un mois, recul de 6,2% sur un an.

    La production industrielle a reculé de 1,1% en octobre par rapport à septembre en Italie, selon des chiffres diffusés lundi par l’Institut de statistiques Istat dans un communiqué.

    Sur un an, la production industrielle est en recul de 6,2%, selon le communiqué.

    Les analystes de la banque Intesa Sanpaolo s’attendaient à une baisse de 0,5% et vu les résultats du trimestre précédent, ils s’attendent à ce que le dernier trimestre de l’année finisse également dans le rouge.

    La baisse mensuelle de l’indice se retrouve dans tous les secteurs, notamment les biens intermédiaires (-8%), les biens de consommation (-5,5%) et l’énergie (-4,4%).

    Sur les dix premiers mois de l’année, la production industrielle a baissé de 6,5% par rapport à la même période en 2011.

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  16. brunoarf dit :

    Mardi 11 décembre 2012 :

    Comment la Grèce efface 20 milliards de dette comme par magie.

    Afin de rendre soutenable la charge de sa dette, la Grèce a racheté un gros paquet de ses propres obligations aux investisseurs privés qui les détenaient. Et comme elle n’avait pas d’argent pour le faire, c’est l’Europe qui a avancé la somme. Explications :

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/comment-la-grece-efface-20-milliards-de-dette-comme-par-magie_364559.html

    Dialogue entre les contribuables européens et la Grèce :

    Les contribuables européens : – Bonjour, la Grèce. Tu vas bien ?

    La Grèce : – Tout va bien. La magie continue.

    Les contribuables européens : – Quelle magie ?

    La Grèce : – Ben, il faut que je rembourse mes 300,807 milliards d’euros de dette. Mais comme je suis incapable de rembourser, c’est vous qui allez payer. C’est ça, la magie.

    Les contribuables européens : – Mais … mais … mais nous aussi, nous sommes surendettés.

    La Grèce : – Oui, mais moi, je suis ultra-hyper-mega-endettée. Tandis que vous, vous êtes seulement surendettés. Donc il reste de la marge.

    Les contribuables européens : – Et nous, quand nous serons devenus ultra-hyper-mega-endettés, qu’est-ce qui va nous arriver ?

    La Grèce : – Rien : il ne peut rien vous arriver. L’euro vous protège.

    Les contribuables européens : – Ah oui, c’est vrai. L’euro nous protège. Et l’euro nous enrichit.

    La Grèce : – L’euro nous enrichit tous. C’est ça, la magie de Noël. Joyeux Noël, les contribuables européens.

    Les contribuables européens : – L’euro nous protège. L’euro nous enrichit tous. Joyeux Noël, la Grèce.

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  17. Hadrien dit :

    « La ruée sur les obligations » (expression de G. Ugeux sur son blog) ne saurait être une solution pour les emprunteurs en mal de déficits: l’analyse décapante que fait Patrick Artus dans son dernier livre « La crise de l’euro », à partir de la crise de balance des paiements qu’a ouvert la monnaie unique après le marché unique:

    « Il aurait fallu comprendre, dès le départ, que l’unification monétaire était une machine à fabriquer de l’hétérogénéité et que, jusqu’à présent, les institutions n’ont absolument pas été construites pour la corriger ou l’accompagner.
    Contrairement à une idée reçue, les pays d’une union monétaire [à l’inverse de ceux d’une fédération] deviennent plus différents et non pas plus semblables, puisqu’ils se spécialisent dans des productions différentes après la disparition du… change.
    C’est ainsi que certains pays se sont spécialisés dans la production de produits industriels, d’autres dans la production de services, ce qui crée de fortes différences entre leurs situations de commerce extérieur, leur croissance de long terme, leurs niveaux de vie.
    On doit donc s’attendre à ce que les pays… doivent rééquilibrer l’offre et la demande de biens et services exportables.
    A long terme, ceci peut se faire par des « politiques de l’offre » qui stimulent la capacité de production, à court terme par la baisse de la demande intérieure… c’est à dire la perte de pouvoir d’achat , [ou les deux, ce qui fut le cas de l’Allemagne].
    On a donc observé, à partir du début des années 2000, une forte hausse des excédents extérieurs (en Allemagne, Pays-bas, Finlande et Belgique) et une forte hausse des déficits extérieurs (en France, Italie, Espagne, Grèce, Irlande, Portugal), une forte hausse parallèle des actifs extérieurs des premiers pays et des dettes extérieures des seconds.
    Lorsqu’un pays a atteint un niveau de dette extérieure très élevé, il ne peut plus s’endetter pour une très longue période de temps… puisque l’action des prêteurs publics (EFSF-ESM, FMI, BCE) ne peut être permanente.
    La crise est donc fondamentalement une crise de balance des paiements prenant la forme d’une crise des dettes publiques transmise ensuite aux banques et aux emprunteurs privés. Le fait qu’elle continue montre que sa gestion par les autorités européennes et les gouvernements a été… maladroite.
    En général, les pays dévaluent fortement… ce qui n’est pas possible dans la zone euro et les pays sont condamnés à déprimer leur demande intérieure pour faire disparaître leur déficit extérieur. Ceci conduit à la hausse insupportable du chômage qui peut pousser les gouvernements à chercher une autre solution de rééquilibrage en dehors de l’euro. La dépréciation des devises des pays qui sortent de l’euro dégraderait la compétitivité des autres pays, dont le commerce extérieur se détèriorerait.
    Mais il s’y ajoute un effet qui est nouveau: l’effet patrimonial dû à l’importance des actifs et des dettes extérieurs des pays. Ces actifs sont en euros mais passeraient, en cas d’éclatement de l’euro, dans la monnaie de ces pays, d’où une perte en capital énorme pour les prêteurs due à la [rapide] perte de change sur les actifs extérieurs.
    Ce coût patrimonial de l’éclatement de l’euro est si important qu’il conduit normalement à rejeter cet éclatement comme une solution à la crise; d’où l’importance qu’il y a à réfléchir à des solutions institutionnelles… »

    Paradoxalement, c’est Jacques Nikonoff dans son livre « Sortons de l’euro! » qui donne à cette réflexion l’éclairage le plus pertinent:

    – Quand l’Allemagne était coupée en deux Etats, elle était pour le fédéralisme européen. Depuis qu’elle est réunifiée, elle ne l’est plus ou l’est beaucoup moins. À cet égard, l’arrêt de la cour constitutionnelle de Karlsruhe du 30 juin 2009 est symptomatique: il précise que « l’Union européenne, même après l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, n’est pas un Etat fédéral, mais reste une association d’Etats souverains ».
    – L’un des plus clairvoyants, en France , concernant la mutation allemande a été le Général Pierre-Marie Gallois, ancien de la France libre et du réseau de résistance Combat, disparu en 2010 à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans. IL fut un ardent militant pour le « NON » au referendum sur le projet de traité constitutionnel européen en 2005. Pour lui, le projet allemand issu de la réunification « est de faire de l’Europe un empire. Qu’est-ce qu’un empire? C’est la juxtaposition d’Etats différents sous une même autorité »
    (P.M. Gallois, P. Petit, S. Kruk: Le consentement fatal, l’europe face aux Etats-Unis, ed. Textuel, 2001)
    – Joschka Fischer, le Vert qui a été ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier, s’alarme maintenant de cette stratégie à laquelle il a pourtant donné la première impulsion: « Il n’est plus possible d’ignorer le changement fondamental d’orientation stratégique de la politique européenne de l’Allemagne. Objectivement, la tendance est à une Europe allemande, un choix qui n’a aucune chance de succès » (Le Figaro, 13 décembre 2010). Lui n’en doute pas, mais personne ne peut dire si cette stratégie n’a aucune chance de succès… l’Allemagne sembl[e] avoir les choses bien en mains et impos[e] sa volonté à tous les pays membres de l’Union européenne, particulièrement dans la zone euro…
    – Guy Verhofstadt, dirigeant politique belge de droite, européiste convaincu, le dit aussi: « Aujourd’hui, la puissance économique et politique de l’Europe, c’est l’Allemagne, et c’est elle qui impose son tempo et ses thèmes. Confier les rênes de l’Europe à la seule Allemagne, c’est prendre le risque d’un douloureux réveil nationaliste chez ses voisins » (Le Monde, 10 Mars 2011).
    Ajoutons, au passage, qu’avec Hollande face à Merkel, le réveil n’est pas près d’être pour demain matin, pas plus qu’avec « la vision à long terme » de G. Ugeux qu’on pourrait résumer par:
    « Approchez, approchez… Venez profiter de la ruée des soldes: taux d’intérêts pas chers sur les obligations! »

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  18. brunoarf dit :

    Jeudi 13 décembre 2012 :

    Accord trouvé au sein de l’UE pour contrôler les banques.

    Après 14 heures de discussions, les 27 Etats de l’UE sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à Bruxelles à un accord unanime sur la supervision unique des banques de la zone euro. Le commissaire européen chargé des Services financiers, Michel Barnier, parle d’un « grand premier pas vers l’union bancaire ».

    Selon l’accord conclu jeudi, les banques qui présentent plus de 30 milliards d’euros d’actifs, qui pèsent plus de 20% du produit intérieur brut du pays d’origine (sauf si leurs actifs sont inférieurs à 5 milliards d’euros), ou qui bénéficient d’un programme d’aide européen, seront supervisées directement par la BCE.

    Les autres établissements resteront surveillés par leur superviseur national, la BCE pouvant, à tout moment, reprendre la main si elle le juge nécessaire. Au total, le ministre français Pierre Moscovici a estimé le nombre de banques supervisées directement par la BCE entre 150 et 200.

    http://www.romandie.com/news/n/Accord_trouve_au_sein_de_l_UE_pour_controler_les_banques15131220120733.asp

    La Banque Centrale Européenne a dans ses livres 209 milliards d’euros d’actifs pourris.

    Déjà, le 16 décembre 2010, les contribuables de la zone euro avaient été obligés de recapitaliser la Banque Centrale Européenne : les contribuables de la zone euro avaient été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser en urgence la BCE.

    La Banque Centrale Européenne a dans ses livres 209 milliards d’euros d’actifs pourris, et elle a un capital de 10,76 milliards d’euros.

    La Banque Centrale Européenne est devenue la pire « bad bank » du monde.

    La Banque Centrale Européenne est devenue une gigantesque fosse à purin.

    Et c’est la Banque Centrale Européenne qui va superviser les banques privées ?

    C’est une blague ?

    Non, franchement, c’est une blague ?

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  19. brunoarf dit :

    Jeudi 13 décembre 2012 :
    Grèce : la zone euro débloque l’aide à Athènes, satisfaction générale en Europe.

    Au final, la zone euro va débloquer 49,1 milliards d’euros en faveur de la Grèce d’ici fin mars, dont 34,3 milliards qui seront versés « dès la semaine prochaine », a indiqué le chef de file de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.

    http://www.romandie.com/news/n/Grece_la_zone_euro_debloque_l_aide_a_Athenes_satisfaction_generale_en_Europe82131220121840.asp

    Les contribuables européens : – Dis donc, la Grèce, tu vas nous rembourser, oui ou non ?

    La Grèce : – Non. Je n’ai plus un rond.

    Les contribuables européens : – Tu nous dois 240 milliards d’euros, alors tu vas nous rembourser.

    La Grèce : – Non. Je n’ai plus un rond.

    Les contribuables européens : – Bon, écoute, nous allons te prêter 34,3 milliards d’euros.

    La Grèce : – Ah oui, oui, oui, d’accord, je suis d’accord. Prêtez-moi 34,3 milliards d’euros.

    Les contribuables européens : – Nous allons te prêter 34,3 milliards d’euros, et avec cet argent, tu vas pouvoir commencer à nous rembourser. Nous sommes bien d’accord ? Tu vas pouvoir commencer à nous rembourser ?

    La Grèce : – Ah oui, oui, oui, bien sûr. C’est évident. Je vais vous rembourser. Bien sûr. C’est évident.

    Les contribuables européens : – Alors tout va bien. La crise de la dette grecque est finie.

    La Grèce : – Je dirais même plus : « Tout va bien. La crise de la dette grecque est finie. »

    Les contribuables européens chantent tous en choeur :
    C’est la belle nuit de Noël.
    La neige étend son manteau blanc
    Et les yeux levés vers le ciel,
    A genoux, les petits enfants
    Avant de fermer les paupières
    Font une dernière prière.

    Petit papa Noël,
    Quand tu descendras du ciel
    Avec des jouets par milliers,
    N’oublie pas mon petit soulier.
    Mais avant de partir,
    Il faudra bien te couvrir.
    Dehors tu vas avoir si froid.
    C’est un peu à cause de moi.

    Le marchand de sable est passé.
    Les enfants vont faire dodo.
    Et tu vas pouvoir commencer
    Avec ta hotte sur le dos
    Au son des cloches des églises
    Ta distribution de surprises.

    Il me tarde tant que le jour se lève
    Pour voir si tu m’as apporté
    Tous les beaux joujoux que je vois en rêve
    Et que je t’ai commandés.

    Et quand tu seras sur ton beau nuage,
    Viens d’abord sur notre maison.
    Je n’ai pas été tous les jours très sage,
    Mais j’en demande pardon.

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  20. brunoarf dit :

    Lundi 17 décembre 2012 :

    Chypre risque le défaut de paiement d’ici quelques jours.

    Chypre pourrait être dans l’incapacité d’honorer des remboursements de prêts dus en décembre faute d’un accord sur un plan de sauvetage dans les jours à venir avec la troïka des bailleurs de fonds, a indiqué un responsable gouvernemental lundi.

    « Si dans les jours à venir l’Etat ne peut pas obtenir 250 à 300 millions d’euros, alors l’Etat cessera d’honorer des paiements », a déclaré un dirigeant du ministère des Finances, Christos Patsalides, à un comité parlementaire.

    Selon M. Patsalides, le gouvernement chypriote n’a pas de plan B en cas d’échec des négociations sur un plan d’aide avec la troïka (UE, BCE, FMI).

    Le gouvernement, étranglé par d’importantes difficultés financières, tente de puiser dans les fonds de pension et de prévoyance d’organismes semi-publics, y voyant la seule option pour emprunter de telles sommes à très court terme.

    Les salariés de l’Autorités des télécommunications ont manifesté contre de telles décisions, craignant que les fonds prêtés à l’Etat ne soient jamais rendus.

    M. Patsalides a précisé que le gouvernement chypriote avait besoin de 420 millions d’euros pour répondre à ses besoins immédiats, mais que sur cette somme, 170 millions d’euros avaient déjà été obtenus auprès de « sources extérieures ».

    La troïka rassemblant l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, examine la demande chypriote d’aide européenne, qui doit être soumise à l’Eurogroupe le 21 janvier.

    Une fois l’aide validée, il faudrait cependant encore plusieurs semaines avant que l’île méditerranéenne ne reçoive ses premiers versements.

    http://www.boursorama.com/actualites/chypre-risque-le-defaut-de-paiement-d-ici-quelques-jours-d4e8ff6bc78d93198517f39f3e2b7139

    Zone euro : dettes publiques au deuxième trimestre 2012 :

    1- Médaille d’or : dette publique de la Grèce : 300,807 milliards d’euros, soit 150,3 % du PIB.

    2- Médaille d’argent : dette publique de l’Italie : 1982,239 milliards d’euros, soit 126,1 % du PIB.

    3- Médaille de bronze : dette publique du Portugal : 198,136 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB.

    4- Dette publique de l’Irlande : 179,718 milliards d’euros, soit 111,5 % du PIB.

    5- Dette publique de la Belgique : 382,922 milliards d’euros, soit 102,5 % du PIB.

    6- Dette publique de la France : 1832,599 milliards d’euros, soit 91 % du PIB.

    7- Dette publique de Chypre : 14,939 milliards d’euros, soit 83,3 % du PIB.

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  21. brunoarf dit :

    Portugal :

    Le Portugal s’enfonce dans la récession au troisième trimestre : – 3,5 % en glissement annuel.

    C’est un peu plus que prévu. Le produit intérieur brut (PIB) du Portugal a reculé de 0,9 % au troisième trimestre par rapport au trimestre précédent, et de 3,5 % en glissement annuel, a annoncé vendredi 7 décembre l’Institut national des statistiques (INE). L’approfondissement de la récession au troisième trimestre est le « résultat de la réduction moins accentuée des importations de biens et services et du ralentissement des exportations », a expliqué l’office statistique portugais dans un communiqué.

    Irlande :

    L’Irlande ne peut pas rembourser les 85 milliards d’euros du plan de sauvetage.

    L’Irlande « a besoin de plus de temps » pour rembourser l’argent utilisé pour renflouer ses banques, a réclamé samedi 8 décembre dans la presse allemande le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande, Patrick Honohan. Interrogé sur le délai supplémentaire nécessaire pour rembourser, le gouverneur de la Banque centrale d’Irlande a plaidé pour la recherche d’une « solution durable », qui n’aurait pas à être de nouveau modifiée par la suite. « En conséquence, le délai de remboursement devrait être considérablement allongé », a-t-il ajouté, sans donner aucune autre précision.

    Chypre :

    Chypre risque le défaut de paiement d’ici quelques jours.

    Chypre risque de ne pas pouvoir rembourser des prêts dus en décembre et verser les salaires des fonctionnaires si un accord sur un plan de sauvetage n’est pas conclu rapidement avec la troïka des bailleurs de fonds, a indiqué un responsable gouvernemental lundi 17 décembre. « Si dans les jours à venir, l’Etat ne peut pas obtenir 250 à 300 millions d’euros, alors l’Etat cessera d’honorer des paiements », a déclaré un dirigeant du ministère des Finances, Christos Patsalides, à un comité parlementaire.

    Grèce :

    On va encore prêter des dizaines de milliards d’euros à la Grèce … alors que la Grèce est incapable de rembourser quoi que ce soit.

    Le versement d’une nouvelle tranche de 34,3 milliards d’euros d’un prêt de l’Union européenne (UE) et du FMI à la Grèce sera achevé mercredi 19 décembre, a annoncé un responsable grec juste après le paiement d’une première partie de la somme. Après l’échec de plusieurs réunions, la zone euro s’est enfin mise d’accord jeudi dernier pour débloquer cette aide financière à la Grèce gelée depuis des mois, et lui éviter ainsi de sombrer dans la faillite.

    Espagne :

    La dette publique a explosé.

    Le gouvernement espagnol prévoit que la dette publique atteindra 85,3% du PIB à la fin de l’année, contre 69,3% à la fin 2011, largement au-dessus de la limite fixée par le Pacte de stabilité de l’UE (60%). Cette prévision ne tient pas compte du prêt européen aux banques espagnoles, dont le premier volet de 37,5 milliards d’euros est attendu dans les prochains jours.

    Italie :

    La dette publique a explosé.

    De son côté, la dette de l’Italie a franchi en octobre pour la première fois le cap symbolique des 2.000 milliards d’euros, selon un document publié vendredi 14 décembre par la banque centrale italienne. La dette de l’Italie s’est établie à 2.014,693 milliards d’euros en octobre 2012, contre 1.995,143 milliards d’euros en septembre 2012, selon un supplément au bulletin mensuel statistique de la Banca d’Italia.

    http://www.boursorama.com/actualites/les-dettes-de-l-espagne-et-de-l-italie-franchissent-des-records-b63747bd59db2a4c3ba47ff748358671

    Conclusion :

    En zone euro, la crise est finie.

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