261 – Holbecq: intervention M’PEP 01-11-12

Copie de la page du site « Dette et monnaie »
Article : M’PEP novembre 2012

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Intervention d’André-Jacques HOLBECQ lors des Universités d’automne du M’PEP – 1 er novembre 2012

« Où en est-on de la dette publique ?»

Voici le support de l’intervention…
Réglons d’abord le débat sur cette « fameuse » loi du 4 janvier 1973 [1] qui aurait empêché la Banque de France de prêter à l’État .
Deux articles, tous deux abrogés par la loi n°93-980 du 4 août 1993 mise en vigueur le 1er janvier 1994, retiennent notre attention :Article 25 :
« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. »Article 19 :
«Les conditions dans lesquelles l’État peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l’économie et des finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement.»On notera : « Peut obtenir », « conventions passées entre le ministre et le gouverneur de la BdF »le Parlement n’étant consulté que pour approbation ou rejet… mais encore faut-il que le Ministre propose au Gouverneur (ou l’inverse) et que les deux tombent d’accord : ce qu’ils n’ont jamais fait.
En 1972, les avances de la Banque de France au Trésor Public représentait 20,5 milliards de francs soit environ 3 milliards d’euros, c’est à dire à l’époque 2% du PIB de 154 Md€, l’équivalent de 40 milliards actuels … pas négligeables de toute façon, mais hélas, en 2001 toutes les avances était de toute façon remboursées !

Ce n’est donc pas exactement « techniquement » qu’il y a eu verrouillage par la loi de 1973 . Cette loi, qui encadrait seulement cet avantage, n’est qu’une étape dans un long processus de verrouillage qui a été complété sans laisser de porte de sortie par l’article 104 du Traité de Maastricht (mis en application le 1 er janvier 1993) qui spécifiait « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales,aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »
Revenons aux années 1973 et suivantes : ce montant de 20,5 milliards de francs n’a progressivement plus pu couvrir les besoins de trésorerie de l’État (correspondant aux décalages entre les recettes et les dépenses) il n’a pas été réévalué malgré l’inflation galopante qui a suivi ces années (dans les 10 ans qui ont précédé 1973, l’inflation moyenne annuelle fut de 4,4% alors qu’elle fut de 12,2 % en moyenne annuelle dans les 10 ans qui ont suivi), et il a fallu augmenter les appels aux marché avec des taux d’intérêts qui ont fini par devenir importants et fait croître la dette d’une façon exponentielle.

Ce qui est le plus désolant c’est qu’entre fin 1973 et fin 1992, de ce fait, la dette publique est passée de 20% à 40% du PIB soit en valeur de 30 milliards d’euros à 440 milliards d’euros (c’est à dire, exprimés en valeur actuelle, d’environ 160 milliards d’euros en 1973 à 600 milliards en 1992, ) … nous payons encore les intérêts sur cette augmentation de dette, comme nous les payons par emprunts lorsque le solde primaire des budgets est lui-même inférieur au montant des intérêts.

La question principale qu’on peut se poser est : quelle serait notre dette si nous ne devions pas payer d’intérêts à notre propre banque, la Banque de France.


Pour éviter tous débats inutiles et peu productifs, prenons l’exemple de la période 1995 à 2011 donc en pleine application du traité de Maastricht et de Lisbonne interdisant le financement direct de l’État par la banque centrale, et dont nous détenons des statistiques fiables pour la période. La récupération des données nous amène à ce tableau : attention il s’agit bien de variations en partant d’une hypothèse dans laquelle il n’y aurait pas de dette résiduelle fin 1994.
données cumul dette 1995 -2011 grande.png
et donc à ce graphique
graphique cumul dette 1995 - 2011 grande.png
Entre fin 1994 et fin 2011:
Variation de la dette (cumul) : 1147 Md€
Cumul des intérêts : 820 Md€
Cumul d’une dette calculée sans intérêts : 327 Md€Bien sur, ne me faite pas dire que les intérêts sont la seule cause des déficits et donc de la dette, on peut citer aussi l’excès de dépenses (les gabegies des Administrations Publiques) et les avantages fiscaux accordés aux plus riches qui sont autant de recettes manquantes dans les budgets.Pour finir sur le sujet des intérêts « créateurs » de la dette, un premier graphique de Robert Joumard, d’Attac Rhône
dette attac rhone-1.png

Et le graphique de Pucci-Tinel suivi du commentaire d’Alain Grandjean

graphique Pucci Tinel et commentaires d'Alain Grandjean.png

DETTE BRUTE – DETTE NETTE :

Puisque le sujet de cette intervention est « la dette publique, où en sommes-nous ? » quelques chiffres actualisés:

La dette (au sens de Maastricht) était de 1833 milliards au second trimestre (91% du PIB) et sera probablement proche de 1900 milliards à la fin de l’année, c’est à dire entre 95 et 100 % du PIB ;
Elle se décompose entre
– Etat : 1433 Md€
– ODAC : 9,7 Md€
– Administrations Locales : 161,3 Md€
Sécurité sociale : 228 Md€
Dont 237 Md€ en « court terme » et 1570 Md€ en « long terme »

Bien sur, cette dette, ce n’est en fait pas très grave, les taux d’intérêts sont bas et le montant de ceux ci sera contenu à environ 50 à 55 milliards d’euros. N’oubliez pas que « pratiquement » nous ne payons pas ces intérêts (puisque nous n’avons aucun solde primaire positif) mais qu’ils s’ajoutent au déficit primaire, pour un montant qu’il va nous falloir emprunter. Non, nous ne payons pas ces intérêts, ce sont des prêteurs qui in fine remboursent les prêts arrivant à échéance en souscrivant de nouveaux prêts.

courbe des tauxdette Etat.png

La dette de l’État (qui n’est pas la dette de l’ensemble des administrations publiques) représente environ ¾ de la dette totale, soit fin septembre 2012 un total de 1380 Md€ (pour une durée de vie moyenne de 7 ans) .

détention dette de Etat.png

Vous remarquerez que les plus gros détenteurs résidents de la dette ( 1380 x 45% = 621 Md€) sont les assurances / fonds de pension pour 137 Md€ et les banques pour 87 Md€ …
Si on extrapole sur la totalité de la dette de l’État (mais c’est une simple hypothèse) , les assurances et les fonds de pension détiendraient 48% (662 Md€) et les banques 31% (427Md€).
Mais pour le savoir exactement il faudrait un audit car les obligations changent de main sur les marchés après l’émission et nous ne suivons pas ce qui se passe chez les non résidents.

N’oubliez pas que :

Les administrations publiques ont une dette, vous le savez, mais c’est une dette brute (dette brute au sens de Maastricht). Sans doute serait-il plus parlant de déduire de cette dette brute les actifs financiers dont elles disposent , c-à-d 922 Md€ à la fin 2011. La dette nette à cette période ne représenterait plus que 1717 – 922 = 795 Md€, à comparer par exemple avec une dette nette 2113 Md€ des sociétés non financières (entreprises)

Dernier point : que se passerait-il si nous quittions l’euro ?

Rien … en ce qui concerne notre part de dette (environ 35%) due aux français, elle serait simplement transformée dans la nouvelle monnaie
En ce qui concerne la dette détenue par l’étranger, d’après Jonathan Tepper, 85% est sous contrat français.. donc idem
Pour les 15% de 65% soit 170 Milliards environ, le débat est ouvert. Pour ma part je pense que sur la dette détenue par les non résidents aussi bien que par les résidents, toute la dette a été émise en « monnaie nationale » (l’euro) et qu’elle est donc transformée en « nouvelle monnaie nationale ». Les détenteurs se sont-ils plaints lorsque nous sommes passés du franc à l’euro ? Et que se passerait-il si tout simplement il n’y avait plus d’euro du tout… en quelle monnaie faudrait-il les rembourser ?
De toute façon un pays souverain doit garder tous les choix possibles, y compris celui de faire défaut !

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[1]
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15 commentaires pour 261 – Holbecq: intervention M’PEP 01-11-12

  1. Hadrien dit :

    Un point préoccupant me paraît passé sous silence:

    En cas de sortie de l’euro, certes le montant détenu par des porteurs de titres sera « simplement transformé dans la nouvelle monnaie », au taux de change décidé pour cette monnaie… ce qui entraînera simplement de nouveaux prix intérieurs en conséquence, à cet instant.
    En d’autres termes, contrairement à ce que prétendent certains médias, il n’y aura pas, à cet instant, de perte de valeur entre l’euro détenu par un allemand et l’euro détenu par un grec.

    Mais c’est la suite qui importe:
    Le problème de la soutenabilité de la dette pour certains pays du sud continuera de se poser avec d’autant plus d’acuité que les intérêts à acquiter deviendront de plus en plus lourds pour les monnaies redevenues « faibles »: elles reprendront le cours de leur divergence avec les monnaies plus fortes, sur le marché des changes, traduisant la divergence des économies que voulait occulter la monnaie unique.
    En d’autres termes, il faudrait espérer que leur période passée sous l’euro les aura renforcées économiquement, pour faire face à cette nouvelle obligation qu’elles n’avaient pas auparavant…

    Or, c’est exactement le contraire:
    Comme l’explique Artus dans son récent livre (La crise de l’euro), le libre-échange et la monnaie unique ont mis les pays européens sous la coupe réglée de la spécialisation « Ricardienne » dont on mesure aujourd’hui les effets accélérés: la plupart y ont perdu leur industrie au bénéfice de l’Allemagne. C’est le cas de la France dont la balance primaire négative et le taux d’industrialisation, divisé par plus de moitié en trente ans, la rangent parmi le « club Med » avec l’Espagne, le Portugal et la Grèce, et derrière l’Italie dont la balance primaire reste positive.

    La logique conduit donc à conclure qu’on se relèvera d’autant plus vite de la crise européenne… qu’on sera resté moins longtemps dans ce système délétère !

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    • A-J Holbecq dit :

      Tout à fait d’accord avec tes 3 lignes de conclusion, et il est probable que le prix des produits importés devra être taxé pendant un certain temps (j’ai lu hier une proposition de 300% sur l’huile de palme), le temps des transformations et du rapatriement de notre production..
      Je pense pour ma part que le seul gros problème est l’énergie fossile et en définitive, il faut qu’au bout de peu d’années nous ayons une balance des échanges équilibrée afin de ne plus devoir emprunter de devises.

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  2. brunoarf dit :

    Lors de sa conférence de presse, François Hollande devra donner le chiffre exact de la facture grecque pour les contribuables français.

    Lors de sa conférence de presse, François Hollande devra dire aux Français combien de dizaines de milliards d’euros ils vont devoir payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce.

    Mardi 7 août 2012 :

    France : le Parlement s’inquiète de l’accumulation des engagements pris pour soutenir la Grèce.

    Dans son rapport, le député Christian Paul (PS) chiffre à 50,8 milliards d’euros les prêts à la Grèce devant être garantis par la France dans le cadre du Fonds européen de stabilité financière.

    Vendredi 2 novembre 2012 :

    Or le niveau de la dette grecque n’est pas viable et l’hypothèse d’arriver à un taux d’endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/02/la-cour-des-comptes-grecque-juge-anticonstitutionnelles-des-coupes-dans-les-retraites_1784785_3234.html

    Dette publique de la Grèce :

    2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

    2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

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  3. brunoarf dit :

    Mercredi 14 novembre 2012 :

    Grèce : le PIB chute de 7,2% au troisième trimestre.

    Le produit intérieur brut (PIB) de la Grèce a chuté de 7,2% sur un an au troisième trimestre 2012, a annoncé mercredi l’Autorité des statistiques grecques publiant ses premières estimations pour cette période.

    « Sur la base des données disponibles non révisées, le PIB a chuté de 7,2% au troisième trimestre 2012 par rapport au même trimestre de 2011 » , ce qui marque une accélération de la récession après un recul de 6,3% du PIB au deuxième trimestre, selon un communiqué.

    http://www.lavoixdunord.fr/economie/grece-le-pib-chute-de-7-2-au-troisieme-trimestre-ia0b0n827071

    Dette publique de la Grèce :

    2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

    2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

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  4. brunoarf dit :

    La Grèce de nouveau sous pression de l’Europe.

    Autre sujet d’inquiétude, la dette qui devrait s’envoler l’an prochain à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d’euros, contre 175,6% attendu en 2012.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-grece-de-nouveau-sous-pression-de-l-europe-79837ab43be348b862e91518f5d1673b

    En 2013, la dette publique de la Grèce sera de 346,2 milliards d’euros.

    Sur ces 346,2 milliards, les Etats européens et la BCE ont prêté 242 milliards d’euros à la Grèce.

    Problème : la Grèce est insolvable. Les Etats européens et la BCE vont devoir subir ces pertes.

    – Quel est l’homme politique courageux qui va annoncer aux contribuables européens qu’ils vont payer 242 milliards d’euros ?

    – Quelle est la femme politique courageuse qui va annoncer aux contribuables européens qu’ils vont payer 242 milliards d’euros ?

    – Concernant la France, combien de dizaines de milliards d’euros les contribuables français vont-ils devoir payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce ?

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  5. brunoarf dit :

    Luc Coene est le gouverneur de la Banque Centrale belge. Il est membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

    Jeudi 15 novembre 2012 :

    Luc Coene estime qu’une partie de l’ardoise grecque doit être effacée.

    Le gouverneur de la Banque Nationale Luc Coene s’attend à ce que les différents bailleurs de fonds renoncent à une partie de l’imposante dette publique grecque, rapporte le quotidien De Standaard jeudi.

    Luc Coene s’est ainsi exprimé lors d’un échange à l’Université de Gand. Il se place ainsi sur la même ligne que celle adoptée par le Fonds Monétaire International, qui craint que la Grèce ne puisse pas réussir à ramener sa dette sous les 120% de son PIB pour 2020 sans un abandon partiel des prêts d’urgence consentis à son égard.

    L’année passée, des banques privées avaient déjà marqué leur accord pour un abandon partiel de leurs créances. Les autorités publiques doivent maintenant suivre, estime le FMI. Berlin s’oppose cependant à cette solution.

    http://www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/1534377/2012/11/15/Luc-Coene-estime-qu-une-partie-de-l-ardoise-grecque-doit-etre-effacee.dhtml

    En 2013, la dette publique de la Grèce sera de 346,2 milliards d’euros.

    Sur ces 346,2 milliards, les Etats européens et la BCE ont prêté 242 milliards d’euros à la Grèce.

    Problème : la Grèce est insolvable. Les Etats européens et la BCE vont devoir subir ces pertes.

    – Quel est l’homme politique courageux qui va annoncer aux contribuables européens qu’ils vont payer 242 milliards d’euros ?

    – Quelle est la femme politique courageuse qui va annoncer aux contribuables européens qu’ils vont payer 242 milliards d’euros ?

    – Concernant la France, combien de dizaines de milliards d’euros les contribuables français vont-ils devoir payer pour le deuxième défaut de paiement de la Grèce ?

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  6. tchoo dit :

    Quand bien même l’objectif de la dette grecque ramenée à 120% du PIB en 2020 serait atteint, que cela changerait-il?
    N’était ce pas le rapport de cette même dette au départ de cette crise, ce qui, voudrait-on nous faire croire, l’a provoquer!

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  7. brunoarf dit :

    Vendredi 16 novembre 2012 :

    La Grèce va rembourser vendredi sans difficultés 5 milliards d’euros de créances.

    La Grèce va pouvoir rembourser vendredi 5 milliards d’euros de titres à court terme grâce à la levée de fonds menée en début de semaine pour compenser le retard de ses bailleurs de fonds UE et FMI à reprendre leur perfusion financière, a indiqué l’Agence de gestion de la dette publique (PDMA).

    C’est la deuxième fois depuis août que le pays doit lever des montants exceptionnels à court terme pour tenir ses échéances. Mardi, il a levé 4,062 milliards d’euros en titres à un et trois mois, ensuite portés à 5 milliards par les offres non-compétitives, à des taux respectifs de 3,95% et de 4,2%.

    Le ministre des Finances, Yannos Stournaras, a toutefois prévenu mardi que ces acrobaties financières avaient leurs limites, mettant en garde contre un risque très élevé de faillite du pays si UE et FMI continuaient à tergiverser pour débloquer le versement de prêts gelés depuis juin.

    http://www.romandie.com/news/n/_La_Grece_va_rembourser_vendredi_sans_difficultes_5_mds_EUR_de_creances_43161120121014.asp

    « Acrobaties financières » : c’est un euphémisme.

    Lundi 12 novembre : la Grèce déclare qu’elle n’a plus un seul euro dans ses caisses : la Grèce annonce qu’elle sera incapable de rembourser un prêt de 5 milliards qui arrive à échéance le 16 novembre.

    Mardi 13 novembre : la Grèce lance un emprunt exceptionnel de 5 milliards d’euros.

    Trois jours après, vendredi 16 novembre : grâce à cet emprunt exceptionnel de dernière minute, la Grèce peut rembourser les 5 milliards d’euros.

    En Grèce, le gouvernement navigue à vue : il n’a aucune visibilité au-delà de trois jours.

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  8. brunoarf dit :

    Lundi 19 novembre 2012 :

    Sur son blog, Jacques Sapir écrit :

    Le phénomène qui se développe actuellement en Grèce n’est donc pas unique, ni « particulier » à ce pays. Ce que l’on observe désormais, c’est bien un processus de fragmentation de l’espace monétaire, comme si une partie de la population et des entreprises grecques étaient déjà sorties de l’Euro. La logique de cette situation est connue. La Grèce fera défaut, probablement au printemps 2013, et elle sera amenée à sortir de l’Euro pour pouvoir ré-unifier son espace monétaire. Ce fut le point de départ, d’un nouveau départ, pour la Russie en 1998. Ce sera le début du renouveau pour la Grèce.

    Source :

    russeurope.hypotheses.org/515

    Rappel :

    Vendredi 2 novembre 2012 :

    Or le niveau de la dette grecque n’est pas viable et l’hypothèse d’arriver à un taux d’endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/02/la-cour-des-comptes-grecque-juge-anticonstitutionnelles-des-coupes-dans-les-retraites_1784785_3234.html

    Dette publique de la Grèce :

    2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

    2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

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  10. brunoarf dit :

    Mardi 20 novembre 2012 :

    Grèce : 50 milliards d’euros de garanties pour la France.

    La France a participé à deux plans de sauvetage de la Grèce. Lors du premier, en mai 2010, alors qu’Athènes était au bord de l’étranglement, Paris avait prévu de prêter 16,8 milliards d’euros. Mais ces prêts bilatéraux ne se sont finalement élevés qu’à 11,4 milliards, une décision ayant été prise entre les États membres l’année suivante de ne plus verser l’argent directement, mais via le pare-feu européen, le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

    Pour le deuxième sauvetage de la Grèce, en octobre 2011, c’est le FESF, et non la France, qui a emprunté de l’argent sur les marchés pour le prêter à la Grèce. Ici, la France n’a rien déboursé, elle n’a fait qu’offrir sa garantie (sur les 18,5 milliards du deuxième programme d’aide, et sur le reliquat de plus de 5 milliards du premier programme). La participation du secteur privé s’élève, elle, à 7,8 milliards.

    Au total, «compte tenu d’un mécanisme de surgaranties, les 31,6 milliards d’euros de prêts du FESF à la Grèce en 2012-2014 devant être garantis par la France correspondront à une garantie de plus de 50 milliards d’euros», peut-on lire dans le projet de loi de finances rectificative présenté en juillet dernier.

    La France, donc les contribuables, ne devra mettre la main au portefeuille que si la Grèce ne parvient pas à rembourser le FESF.

    En revanche, la dette publique imputable aux programmes d’aide à l’ensemble des pays en difficulté en Europe (prêts bilatéraux ou par l’intermédiaire du FESF) devrait s’élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011 – soit une hausse de 1,8 point de PIB, indique le Projet de Loi de Finances Rectificative 2012.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/11/19/20002-20121119ARTFIG00709-grece-50milliards-d-euros-de-garanties-pour-la-france.php

    Questions :

    Quand la Grèce fera défaut, les contribuables français devront payer 50 milliards d’euros. Mais comment sera réparti cet effort ?

    Est-ce que ce sera les classes supérieures qui devront payer ces 50 milliards d’euros ?

    Est-ce que ce sera les classes moyennes qui devront payer ces 50 milliards d’euros ?

    Est-ce que ce sera les classes populaires qui devront payer ces 50 milliards d’euros ?

    Rappel :

    En France, le budget du ministère de l’Education Nationale, c’est 62 milliards d’euros.

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  11. brunoarf dit :

    Mercredi 21 novembre 2012 :

    La Grèce de nouveau sous pression de l’Europe.

    Autre sujet d’inquiétude, la dette qui devrait s’envoler l’an prochain à 189,1% du PIB, soit 346,2 milliards d’euros, contre 175,6% attendu en 2012.

    http://www.boursorama.com/actualites/la-grece-de-nouveau-sous-pression-de-l-europe-79837ab43be348b862e91518f5d1673b

    En 2013, la dette de la Grèce atteindra 346,2 milliards d’euros. En 2013, les contribuables de la zone euro vont payer non pas une addition, mais trois additions différentes.

    1- Première addition : la BCE détient 45 milliards d’euros de dette grecque. Quand la Grèce fera défaut, la BCE subira des pertes. Les actionnaires de la BCE devront alors recapitaliser la BCE. Les 17 banques centrales nationales paieront : concrètement, les contribuables de la zone euro paieront.

    Ils ont l’habitude. Déjà, en décembre 2010, les contribuables ont été obligés de payer 5 milliards d’euros pour recapitaliser la BCE.

    2- Deuxième addition : le FMI a prêté des dizaines de milliards à la Grèce. Quand la Grèce fera défaut, le FMI subira des pertes. Le FMI est financé par les contribuables des Etats-Unis, par les contribuables du Japon, par les contribuables de l’Allemagne, par les contribuables de la France, etc.

    Les contribuables paieront donc cette deuxième addition.

    3- Troisième addition : les prêts bilatéraux accordés par les Etats européens, et aussi les garanties accordées par les Etats européens.

    Prenons le cas particulier de la France : quand la Grèce fera défaut, la France subira une perte de 50 milliards d’euros.

    France : le Parlement s’inquiète de l’accumulation des engagements pris pour soutenir la Grèce.

    Dans son rapport, le député Christian Paul (PS) chiffre à 50,8 milliards d’euros les prêts à la Grèce devant être garantis par la France dans le cadre du Fonds européen de stabilité financière.

    Source : lesechos.fr, mardi 7 août 2012.

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  12. Shadok dit :

    Il y a une logique derrière tout cela . Et pour moi la logique est bien celle d’une guerre économique … avec la maitrise des énergies fossiles d’une part , donc le blocage à tout développement de transition énergétique qui rendrait les pays Européens indépendants.

    Et d’autre part , l’impérieuse nécessite pour les fonds de pension US d’avoir une rentabilité qui leur permette de continuer à verser les retraites américaines et Européennes dans certains cas pour celles qui se sont montées sur des fonds de capitalisation .

    Dans mon esprit , c’est cette logique qui entraine la crise structurelle de la zone Euro qui tend à la balkanisation des pays qui la composent .

    A la suite de mes déboires sur Mediapart , j’ai recréé un forum provisoire qui essaie de traiter ces sujets :
    Vous y retrouverez le billet que j’avais fait sur Mediapart et qui avait bénéficié d’une audience certaine sur les découvertes des gisements d’énergie fossile en Grèce ..
    http://fipcarolinep.xooit.fr/t41-TROP-c-est-TROP-j-ACCUSE.htm

    ainsi que le dernier né sur le nouveau marché Transatlantique .
    http://fipcarolinep.xooit.fr/t72-MARCHE-TRANSATLANTIQUE-ou-COLONISATION-Europeenne.htm

    et enfin sur la future Directive Européenne concernant les retraites
    http://fipcarolinep.xooit.fr/t7-RETRAITES-on-nous-dit-rien-on-nous-cache-tout.htm

    Ici ou sur mon forum , j’aimerais vraiment avoir vos points de vue sur ces sujets .

    Merci d’avance .

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  13. brunoarf dit :

    Mardi 27 novembre 2012 :

    Accord entre le FMI et la zone euro pour réduire la dette grecque à 124% du PIB d’ici 2020.

    La zone euro et le Fonds monétaire international se sont mis d’accord dans la nuit de lundi à mardi pour réduire la dette grecque à 124% du PIB d’ici 2020, ont indiqué des sources européennes, une décision qui ouvre la voie au déblocage de l’aide financière pour la Grèce.

    Après une douzaine d’heures de réunion, les ministres des Finances de la zone euro et le FMI se sont entendus pour que la dette grecque soit ramenée à 124% du PIB d’ici 2020, contre un objectif initial de 120% défendu par le FMI, selon ces sources, qui n’ont pas précisé les modalités pour parvenir à cet objectif.

    Concernant le nouveau prêt à la Grèce, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de débourser un total de 43,7 milliards d’euros bloqués depuis des semaines. Une première tranche d’un peu plus de 34 milliards devrait être versée le 13 décembre. Le versement du solde se fera en trois tranches au cours du premier trimestre 2013.

    (Dépêche AFP)

    Petit rappel :

    Vendredi 2 novembre 2012 :

    Or le niveau de la dette grecque n’est pas viable et l’hypothèse d’arriver à un taux d’endettement de 120 % du PIB en 2020 ne semble pas atteignable. Dans son projet de budget, le gouvernement estime le niveau de la dette à 189 % pour 2013 et à 220,4 % pour 2016.

    http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/11/02/la-cour-des-comptes-grecque-juge-anticonstitutionnelles-des-coupes-dans-les-retraites_1784785_3234.html

    Dette publique de la Grèce :

    2012 : dette publique de 175,6 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec. La dette augmente, augmente encore, augmente toujours, alors que le premier défaut de paiement de la Grèce a effacé 107 milliards d’euros de dettes.

    2013 : dette publique de 189,1 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2015 : dette publique de 207,7 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

    2016 : dette publique de 220,4 % du PIB, selon la prévision du gouvernement grec.

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  14. brunoarf dit :

    Mardi 27 novembre 2012 :

    Sans le vouloir, involontairement, Jean-Claude Juncker fait rigoler tous les journalistes quand il répond aux questions sur la Grèce en 2022.

    Plus personne au monde ne croit Jean-Claude Juncker le joueur de pipeau.

    Plus personne au monde ne croit ses prévisions sur la Grèce en 2022 : regardez cette vidéo hilarante à la 24ème minute :

    – Question du journaliste : L’objectif est toujours d’obtenir une dette grecque à 120% du PIB ?

    – Juncker : Le fait est que l’objectif de 120% sera maintenu, mais la cible dans la mesure où le délai est en cause a été reportée à 2022.

    [Rires dans la salle]

    – Juncker : Ce n’était pas une blague !

    http://www.bloomberg.com/video/juncker-lagarde-rehn-on-greek-debt-aid-plan-oynfmcsZTKOeFZMahWN_kw.html

    – Question : Is the goal still to get Greece’s debt to 120% ?

    – Juncker : The fact is that the target of 120% will remain, but the target as far as the time frame is concerned has been postponed to 2022.

    [Laughter in the room]

    – Juncker : That was not a joke !

    J'aime

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