251 – A-J Holbecq: commentaires sur la loi de 1973

Lien court: http://wp.me/szMIs-251

Des recherches récentes et plus approfondies proposent une version plus nuancée de l’affaire que la simple citation de l’article 25. Mais, comme l’écrit Stan dans « Tête de quenelle », « loin de couper court au débat, cette nouvelle péripétie met une nouvelle fois en évidence l’étrange mutisme des milieux politiques et des autorités monétaires sur le sujet. »

La loi du 3 janvier 1973 (loi abrogée en 1993) était à l’origine d’une refonte importante des statuts de la Banque de France. Mais si cette loi est tant décriée, c’est par son article 25 qui stipulait :

« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France »

Ou autrement dit, Bercy ne pouvait pas demander à la Banque de France de monétiser ses bons du trésor. Cet article interdisait donc le financement monétaire du budget de l’État ; elle obligeait donc l’État à se tourner vers les marchés et les banques, et donc à payer des intérêts à des investisseurs privés plutôt que de se financer « gratuitement » auprès de sa banque centrale dont, rappelons le, elle est seule actionnaire…

Une très intéressante publication de Liior Chamla et Magali Pernin montre en effet que le fameux article 25 n’apportait en fait pas grand chose de nouveau et qu’il n’empêchait pas EN THEORIE la Banque de France d’apporter son concours par d’autres moyens, comme le prévoyait l’article 19 :

« les conditions dans lesquelles l’État peut obtenir de la Banque des avances et des prêts sont fixées par des conventions passées entre le ministre de l’économie et des finances et le gouverneur, autorisé par délibération du conseil général. Ces conventions doivent être approuvées par le Parlement »

Pour simplifier, l’article 25 ne faisait donc qu’interdire un certain type de financement de la Banque de France, tout en laissant la possibilité d’utiliser d’autres instruments. En revanche, ces encours furent désormais limités à un montant maximal de 20,5 milliards de francs (soit environ 2% du PIB), dont 10 milliards d’avances non assujetties au paiement d’intérêt. Ce qui nous ferait une limite actuelle d’environ 38 milliards d’euros . Pas négligeable.

Mais l’article 19 prévoyait bien que l’État pouvait passer de nouvelles conventions avec la Banque de France !

Ce n’est donc pas exactement « techniquement » qu’il y a eu verrouillage par la loi de 1973 .  Cette loi, qui encadrait seulement cet avantage, n’est qu’une étape dans un long processus de verrouillage qui a été complété sans laisser de porte de sortie par l’article 104 du Traité de Maastricht (mis en application le 1 er janvier 1993) qui spécifiait « Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des Etats membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales,aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. »

Revenons aux années 1973 et suivantes : ce montant de 20,5 milliards de francs n’a progressivement plus pu couvrir les besoins de trésorerie de l’État (correspondant aux décalages entre les recettes et les dépenses) il n’a pas été réévalué malgré l’inflation galopante qui a suivi ces années (dans les 10 ans qui ont précédé 1973, l’inflation moyenne annuelle fut de 4,4% alors qu’elle fut de 12,2 % les 10 ans qui ont suivi), et il a fallu augmenter les appels aux marché avec des taux d’intérêts qui ont fini par devenir importants et fait croître la dette d’une façon exponentielle.

Ce qui est le plus désolant c’est qu’entre 1973 et 1992, de ce fait, la dette publique est passée de 20% à 40% du PIB soit en valeur de 30 milliards d’euros à 440 milliards d’euros (d’environ 160 milliards d’euros en 1973 à 600 milliards en 1992, exprimés en valeur 2011) … nous payons encore les intérêts sur cette augmentation de dette, comme nous les payons par emprunts lorsque le solde primaire des budgets est lui-même inférieur au montant des intérêts.

Le graphique ci dessous montrant les soldes primaires (c’est à dire sans charge d’intérêts) permets de mieux comprendre le raisonnement.

Nous pouvons même extrapoler la variation de la dette publique envers notre propre Banque de France (ce qui équivaut à une monétisation directe, si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer ;

Donc depuis 1995
en « 1 » l’évolution de la « dette publique » soit 1021 Md€,
en « 2 » l’évolution d’une dette calculée par la somme des soldes primaires et intérêts, soit 966 Md€,
en « 3 » l’évolution d’une dette correspondante aux seuls besoins (si nous n’avions pas d’intérêts à payer) soit 7,4 Md€ à fin 2008 et 194,2 à fin 2010, simple transcription des données de cumul des soldes primaires

CONCLUSION

La dette publique a crû de 747 milliards d’euros entre 1995 et 2008
Entre ces dates(1995 / 2008) l’accumulation des déficits primaires fût seulement de 7,4 Md€, c’est-à-dire qu’une petite monétisation directe de la Banque de France au bénéfice du Trésor Public d’environ 500 millions d’euros par an (soit 4 jours d’intérêts de la dette publique actuelle) ou une infime augmentation des impôts, aurait suffi à équilibrer les budgets

La dette publique a crû de 1021 Milliards d’euros entre 1995 et 2010
Dans ce cas l’accumulation des soldes primaires (variation « théorique » de la dette sans intérêts donc), aurait été de 194 Md€

Et certains continuent de soutenir que ce ne sont pas les intérêts de la dette qui sont à l’origine de la dette ?

Le problème, in fine, est donc toujours le même : on interdit aux États de se financer auprès de la BCE, laissant ainsi augmenter la charge de la dette et les transferts d’argent du contribuable vers les plus aisés, alors que la BCE offre de l’argent quasi-gratuit aux banques privées.

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22 commentaires pour 251 – A-J Holbecq: commentaires sur la loi de 1973

  1. Sam dit :

    Salut AJ,

    j’avais déjà commenté l’article 19 ici : http://www.fauxmonnayeurs.org/articles.php?lng=fr&pg=90

    La combine est simple à comprendre : oui, rien n’interdisait à la Banque de France de prêter à l’État… mais ça ne veut pas du tout dire que le Parlement ou le Gouvernement pouvait contraindre la Banque de France à prêter.

    En effet, la formule de cette article 19 implique clairement qu’il fallait l’accord du gouverneur et du conseil général de la Banque de France — en plus de celui du ministre de l’économie et des finances (et du Parlement).

    Les formules de droit sont toujours bien précises. Gaffe à pas confondre « peut » et « doit », par exemple. Gaffe à qui a ou n’a pas droit d’initiative, également — reprends la formule de l’article 19, tu vois que le Gouverneur de la Banque partage l’initiative, ce qui est pire encore… Et gaffe à qui a le véto, bien sûr.😉

    A part ça, d’où sortent ces 20,5 milliards ?

    En tous cas, tu sais que la dernière avance de la Banque de France au Trésor remonte à janvier 1974.

    Donc techniquement, c’est passé par quel instrument, voire avec quelle combine pour distinguer « Bercy » et « le Trésor ».

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    • A-J Holbecq dit :

      Salut Sam
      Pour les 20,5 milliards
      http://www.theorie-du-tout.fr/2012/03/loi-1973-rothschild.html
      amitiés
      AJ

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      • Sam dit :

        AJ,

        merci pour le lien…

        … dommage que je n’aie pas été par là à l’époque. En tous cas, je suis allé poster ma manière de penser sur ce fil de discussion.

        En deux mots, ils se plantent au point d’avoir pondu (sans doute involontairement) un joyau de désinformation !

        Bises,

        Sam

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        • A-J Holbecq dit :

          Merci Sam
          J’avoue que je me suis senti seul à un certain moment et que le « courage » de rentrer plus dans le détail m’a manqué. Je suggère à tous les lecteurs ici de se transférer sur l’article de Liior et surtout tes (7) commentaires… j’attends la suite du débat s’il y en a un (et il n’est pas impossible que je demande à Postjorion d’en retranscrire la totalité ici.)

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        • Sam dit :

          André-Jacques,

          bien sûr suis pour reprendre ces contributions par ici, mais mieux vaudra d’abord reprendre ça plus posément, complètement… et calmement. Tu comprends qu’ils m’ont bien échauffé avec leur espèce de thèse et, résultat, je me suis un peu trop égaré dans les formules énervées et certains développements inutiles. Par ailleurs, il y a encore sans doute pas mal de décryptage à faire.

          Leur plus grand mérite a été de nous dénicher enfin ces archives des débats parlementaires de l’époque, que je « cherche » (passivement) depuis des années. Tu penses bien que je me délecte en ce moment à les lire, mais en prenant des notes. Bref, ça va être un peu long.

          Leur « bêtise » est plus encore d’avoir présenté une thèse bancale, vague, imprécise, informulable, même, que d’avoir balancé une somme d’informations moyennement sérieuses pour construire une « analyse » pas sérieuse. Cela est dû, me semble-t-il, au fait qu’ils débarquaient ou presque, dans ce dossier. Je ne reviens pas sur le fond pour le moment, mais il y a un problème évident dans leur « thèse ». En substance :

          – d’un côté, ils disent que la loi de 1973 ne changeait rien… parce que la « coutume » interdisait déjà la monétisation directe, et de l’autre, ils disent que cette loi n’interdisait pas la monétisation directe !! Contradiction centrale qui fait que leur « thèse » est creuse…

          – Ensuite, ils ont une vue tronquée en matière juridique, politique, historique, et visiblement pas une grande maîtrise des questions monétaires. Et puis ils mélangent tout : coutumes, lois, traités, promesses du gouvernement et vérité…

          – Enfin, quand il s’agit de bricoler (en vain) pour faire tenir leur « thèse » debout, ils se perdent fatalement dans de nouvelles contradictions. Ainsi leur « théorie » semble plutôt consister (qu’ils le veuillent ou non) à démonter une « théorie du complot », mais ils répondent eux-mêmes que ce n’est précisément pas l’objet et que l’objet est de « dire ce que cette loi est ou n’est pas ». Retour à la case départ et à la contradiction de base…

          A quoi s’ajoute ce côté vain de l’affaire, qu’on connaît bien, qui est dû au fait que 1973 n’est ni une première, de loin, ni une dernière.

          Le tout donne un beau merdier confus, enrobé par un semblant d’enquête rigoureuse… Une agitation stérile mais qui, problème, fait une belle opération (involontaire) de désinformation.

          Du reste, ça ne peut donner que des débats de sourds. Pour la même raison, d’ailleurs, ils arrivent à vous remercier, notamment Étienne et toi, tout en ayant l’air de vous contredire sur toute la ligne… — et pour cette même raison, il est heureux que vous ne vous soyez pas jeté dans ce débat en contradicteurs. Le problème, c’est qu’il faudrait commencer par leur mettre le nez sur cette contradiction et ce flou artistique qui est au centre de l’objet, et leur dire tout d’abord : vous dites une chose et son contraire, so what ? …

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      • Sam dit :

        Je continue cette lecture des débats parlementaires de l’époque. Mais je me suis offert une pause pour poster ces nouveaux éléments sur ce site de la « théorie du tout » :

        Vous écrivez que « cette interdiction a été introduite par la loi du 24 juillet 1936 (3). L’article 13 de ladite loi précise en effet que « Tous les Effets de la dette flottante émis par le Trésor public et venant à échéance dans un délai de trois mois au maximum sont admis sans limitation au réescompte de l’Institut d’Émission, sauf au profit du Trésor public. »  »

        Là encore, vous n’avez qu’une vision parcellaire de l’affaire, au point de vue juridique (type d’instruments législatifs), mais aussi historique (une grosse lacune sur la période 1936 – 1945 tout comme sur la période post-1973) et financier (vous méconnaissez d’autres lignes, correspondant aux avances à l’État).

        D’abord, il suffit de consulter le décret prévu par la loi que vous citez, celui du 31 décembre 1936, qui codifie l’ensemble de la législation relative à la Banque de France, pour constater (articles 177 et 179 du code ainsi établi) que :
        – depuis août 1914, la Banque de France pouvait accorder des avances temporaires à l’État ;
        – il y avait une convention, datée du 23 juin 1928, selon laquelle (son article 8) cette ligne serait « définitivement clos[e] »…
        de nouveau, désormais, soit dès le 1er janvier 1937, « La Banque de France consent à l’État des avances, non productives d’intérêt, à hauteur de 14 milliards de francs. »Elle perçoit simplement une commission pour frais de 0,2% de l’encours.
        – à quoi s’ajoutera (article 179) une ligne spéciale mise à disposition du gouvernement, plafonnée à 10 milliards de Francs.

        On pourrait ensuite continuer d’éplucher les textes, notamment les textes ultérieurs (j’espère en avoir le temps bientôt). Mais l’approche par les faits nous permettra sans doute de gagner du temps. Et nous permet déjà de démontrer que nos chers enquêteurs de la « théorie du tout » se trompent, ce qui se vérifie bien plus encore si on considère ce qu’il adviendra par la suite, dès 1937…

        En atteste, globalement, cet historique des concours de la Banque de France à l’État (voir la source que j’ai précisée en bas du graphique) :

        Un historique qui prouve à la fois que le dernier versement remonte à janvier 1974 et que la pratique soit disant « proscrite » n’avait cessé d’avoir cours entre 1937 et 1972.

        Une conclusion importante à ce stade. Il faut bien comprendre en quoi consistait précisément la pratique réputée « proscrite » et voir qu’elle relevait purement d’une question de séparation des pouvoirs entre législatif et exécutif, et n’avait rien à voir avec une volonté d’interdire toute forme de monétisation de la dette publique.

        Ce à quoi le législateur tenait, c’était que l’exécutif ne puisse pas monétiser à souhait de son propre chef. C’est fort logique, et heureux (et on retrouve exactement la même préoccupation principale, par exemple, au Congrès des États-Unis lorsque celui-ci a avalisé, en 1913, la fondation d’une « Fed » pourtant privée). Il s’agissait donc, simplement, de s’assurer que les concours de la Banque centrale à l’État soient plafonnés par la loi.

        En réalité, donc, et les faits le démontrent clairement, ce que le législateur voulait proscrire, avant 1973, ce n’était pas l’idée que l’institut d’émission assure une facilité de caisse pour le Trésor — un découvert autorisé qui lui évitait, en cas de déficit momentané, d’être mis sous pression et de verser des intérêts inutilement. Notons encore que les instruments de ce découvert faisaient en sorte que, bien que conçue comme temporaire, la facilité de caisse était permanente et gratuite, étant chaque fois renouvelable (la contrepartie étant des bons du trésor à maturité de 3 mois maximum) et ne donnant pas lieu à intérêt.

        Et en un mot, ça change tout.

        (Affaire à suivre).

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        • lou dit :

          Bonjour à vous,
          Dîtes, j’essaie de sortir la tête de l’eau dans le grand bain de la dette publique; de ce que je lis ici et là, de nombreuses causes et de multiples explications… mais pour demain que fait-on???? vos suggestions m’intéressent, parce que vu l’ampleur du désastre, je ne vois pas bien quelles sont les solutions…. une initiative spéciale pays « riches » très endettés?
          lou

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        • A-J Holbecq dit :

          @Lou
          C’est une bonne question.. les pistes sont multiples, mais en gros:
          – inflation
          – défaut total ou partiel
          – monétisation
          – simple « roulement » du stock

          A mon avis un audit de la dette avec un défaut au dessus d’un certain niveau, ou une protection des petits porteurs avec simplement le paiement des intérêts, ajouté à la monétisation des besoins induits par ces choix serait la moins mauvaise solution.

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  2. BA dit :

    Vendredi 22 juin 2012 :

    Merkel ne plie pas face aux demandes des pays du sud de la zone euro.

    Pour la chancelière allemande, la recapitalisation directe des banques par les fonds de secours « viole les traités ». La chancelière rejette aussi toute intervention de la Banque centrale européenne ou des fonds de secours pour racheter les obligations des Etats en difficultés, alors que Mariano Rajoy et Mario Monti sont pour. Elle ne veut pas, non plus, entendre parler des euro-obligations, dont François Hollande continue de demander la mise en place « avant dix ans ».

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/06/22/merkel-ne-plie-pas-face-aux-demandes-des-pays-du-sud-de-la-zone-euro_1723453_3214.html?google_editors_picks=true

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  3. DidierF dit :

    C’est franchement hors sujet. Mais j’ai découvert sur le net un personnage du nom de Steeve Keene. J’ignore si vous le connaissez. Je le trouve fort intéressant.
    Son idée de base est qu’une banque reçoit des dépôts, que cet argent est prêté à des investisseurs ou à des spéculateurs. C’est le même argent qui est mis en circulation sans que la personne qui a déposé considère avoir moins d’argent à disposition et l’emprunteur a plus d’argent à disposition.
    Par ce processus, de l’argent a été crée à partir de rien par une banque.
    Ce que je viens d’écrire est une hérésie pour Paul Jorion. Je lui ai soumis cette idée et ai découvert dans l’opération ce qu’est proférer un blasphème, en tous cas la réaction du croyant au blasphème.

    Cette idée explique facilement pourquoi les banques prétendent être en manque de liquidités (l’argent est employé deux fois), pourquoi elles craignent les paniques bancaires (même motif), pourquoi la BCE peut sortir des trillions pour relancer le truc (trop de prêts spéculatifs), pourquoi la finance totalement dérégulée est un échec sévère (la création de valeur est un processus de cavalerie et seulement de cavalerie), pourquoi des dettes plus importantes provoquent une amélioration de la situation économique (plus d’investissements), l’importance (énorme) de la dette privée (invisible pour la science économique actuelle) et je n’ai vraiment pas tout compris à ce truc.

    Je vous le recommande si vous l’ignorez.

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    • A-J Holbecq dit :

      Sauf que ce ne sont pas les dépôts eux mêmes qui sont prêtés aux emprunteurs … http://tinyurl.com/ygbrbtq.
      Mais il y a donc bien « duplication » de la monnaie en dépôts.

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      • Pour l’essentiel les Crédits inscrits à l’Actif du Bilan ( Comptes d’échéance à recevoir, encaisser) sont financés par les Dépôts au Passif du Bilan (à payer rubis sur l’ongle si jamais le client-déposant le demande). C’est visuel. Il suffit de regarder le Bilan résumé de la plupart des banques commerciales à vocation Industrie-Services_palpables-Commerce (BNP, Banque_postale, CA, SG, etc.).
        Ce sont les dépôts eux-mêmes qui sont prêtés aux emprunteurs. « Deposits & Loans » c’est l’intitulé même de la Direction des Opérations (Exploitation) .
        Pourquoi ne pas tenter de vous placer un instant avec un autre Regard ?

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        • A-J Holbecq dit :

          Bien sur que non, les banques ne prêtent pas les dépôts elles créent de la monnaie… les « ressources » garantissent seulement à un réseau bancaire l’équilibre avec ses concurrents . Lire: http://tinyurl.com/ygbrbtq

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    • jeff dit :

      jorion était donc furieux furax furibard ??
      ha, ha…
      il voyait rouge ??
      ha, ha…
      la moutarde lui montait au nez ??
      ha, ha, ha…
      il se mettait en quart, fumait, bisquait, ressautait, baucotait, rouscaillait, renâclait, crossait, groumait, se mettait en boule, chiait des bulles, montait à l’échelle, montait dans les tours ??…

      il crisait, réginglait, s’encharibottait, se rongeait les poings, tirait la tronche, frisait son naz, jetait feu et flamme, gobait la chèvre, en faisait une jaunisse, bouffait sa cravate, son cran, ronflait la pipe, jaffait ?? …

      eh bien, on comprend pourquoi…
      l’analyse de S. Keen contredit de manière flagrante les assertions fantasques de jorion…
      depuis le début de ses recherches S. Keen a pointé du doigt
      le rôle du crédit bancaire dans la crise…
      de plus, il a expliqué, à la suite de Schumpeter, la création ex nihilo de la monnaie bancaire :

      « In turn, Schumpeter reasoned that if lending simply was transferring existing spending power from “patient” to “impatient” agents, the resulting drop in demand from savers would counter some of the impetus to invest in the first place.
      If that was the only way for entrepreneurs to get money, then the process would be somewhat self-defeating, and progress in capitalism would be very slow. But he knew that the conventional belief that banks simply act as intermediaries between savers and borrowers was false, because it ignored the capacity for banks to endogenously create new spending power. »

      Il cite Schumpeter :
      « Even though the conventional answer to our question is not obviously absurd, yet there is another method of obtaining money for this purpose, which … does not presuppose the existence of accumulated results of previous development, and hence may be considered as the only one which is available in strict logic. This method of obtaining money is the creation of purchasing power by banks… It is always a question, not of transforming purchasing power which already exists in someone’s possession, but of the creation of new purchasing power out of nothing… (Schumpeter 1934, p. 73) »

      alors, au lieu de faire du schproum, escracher et se monter
      le bourrichon, M. jorion ferait mieux de lire ça :

      http://www.debtdeflation.com/blogs/page/2/

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      • jeff dit :

        PS : page 2 : il s’agit de l’article posté par Keen le 15 juin 2012

        @ DidierF

        Vous dites :
        « C’est le même argent qui est mis en circulation sans que la personne qui a déposé considère avoir moins d’argent à disposition et l’emprunteur a plus d’argent à disposition.
        Par ce processus, de l’argent a été crée à partir de rien par une banque. »

        Pouvez-vous donner la source ?
        Je crains fort que vous ne fassiez erreur…
        L’idée que c’est le même argent qui est mis en circulation ne peut pas être de Keen, car il soutient, au contraire, la création ex nihilo…C’est plutôt l’idée de Jorion…Alors, pourquoi se mettrait-il en colère ?…

        Par ailleurs, si c’est le même argent cela veut dire qu’il n’y a pas de création à partir de rien…

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  4. sonia dit :

    La prochaine fois quand vous allez chez PJ, dites-lui qu’il raconte des salades quand il dit que les économistes n’ont pas vu venir la crise et a fortiori quand il dit que c’est lui le premier, en tant que petit employé de banque, à l’avoir prévue
    (par contre, un obscur employé de banque peut lire les journaux
    et aller sur Internet…)

    ……………..

    – 1995 : Steve Keen (Australie) prédit déjà une future tempête

    – décembre 2005 : il ouvre le site d’analyse Debtdeflation.com
    (qui acquiert rapidement une audience internationale)
    et parle à la radio et télé australiennes du prochain effondrement financier

    – à partir de novembre 2006, il publie des rapports réguliers

    http://www.debtdeflation.com/blogs/

    – à partir d’août 2002 : Dean Baker (USA) : annonce l’éclatement de la bulle et réitère les avertissements en 2003, 2004, 2006….

    – été 2005 : N. Rubini (USA) prédit l’effondrement du prix réel des maisons

    – 26 août 2006 : il déclare que cet effondrement suffit pour déclencher une récession

    ……….

    à part cela, dans leurs études, Bezemer (2009) et Fullbrooke (2010) énumèrent également :

    Wynne Godley (UK), Fred Harrison (UK), Michael Hudson (US), Eric Janszen (US), Jakob Brøchner Madsen & Jens Kjaer Sørensen (Denmark), Kurt Richebächer (US), Peter Schiff (US), Robert Shiller (US), Ann Pettifor (US)…

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  5. BA dit :

    Lundi 2 juillet 2012 :

    La Cour des comptes lance une alerte : la dette publique devrait dépasser 90 % du PIB fin 2012 (pour mémoire, elle était de 64 % fin 2007). La dette publique imputable aux programmes d’aide aux pays en difficulté (prêts bilatéraux ou par l’intermédiaire du FESF) devrait s’élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011 – soit une hausse de 1,8 point de PIB.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/02/20002-20120702ARTFIG00615-la-dette-depassera-90-du-pib-fin-2012.php

    Cette dernière phrase est très importante : l’aide de la France aux pays de la zone euro en difficulté a coûté 14,5 milliards d’euros fin 2011. L’aide de la France aux pays de la zone euro en difficulté coûtera 50,2 milliards d’euros fin 2012.

    Et encore, il ne s’agissait que d’aider la Grèce, l’Irlande et le Portugal.

    Quand la France va devoir aider l’Espagne et l’Italie, combien de centaines de milliards d’euros cela nous coûtera-t-il ?

    C’est ça qui est génial avec la zone euro : les dominos tombent les uns après les autres.

    Les trois premiers dominos qui sont tombés vont faire tomber tous les autres.

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  6. BA dit :

    Lundi 9 juillet 2012 :

    L’Allemagne emprunte à nouveau à taux négatif à 6 mois, record à – 0,03%.

    Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s’est toutefois inquiété à plusieurs reprises de ces taux « contre nature », qui mettent en évidence une zone euro écartelée entre quelques Etats jugés solides, et les pays de la périphérie qui doivent payer toujours plus cher pour se financer comme l’Espagne ou l’Italie, quand ils ne sont pas complètement coupés du marché comme la Grèce.

    http://www.romandie.com/news/n/BONDSAllemagne_emprunte_a_nouveau_a_taux_negatif_a_6_mois_record_a__00395090720121300.asp

    L’Allemagne voit ses taux d’emprunt baisser de plus en plus.

    L’Espagne et l’Italie voient leurs taux d’emprunt augmenter de plus en plus.

    La zone euro va exploser.

    Que chacun évacue le Titanic « ZONE EURO ».

    Que chacun se dirige vers les 17 canots de sauvetage.

    Que chacun commence l’évacuation du Titanic.

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  7. BA dit :

    Mardi 10 juillet 2012 :

    Zone euro : stabiliser ou scinder (Wolfgang Schäuble).

    « La zone euro risque de se retrouver dans une situation délicate si rien n’est fait pour stabiliser le bloc monétaire qui risque d’éclater », a déclaré ce soir le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, devant la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

    Cette dernière a décidé mardi d’examiner des plaintes déposées par des opposants à la ratification par Berlin des textes validant la création de deux outils destinés à enrayer la crise de la dette souveraine de la zone euro.

    « L’alternative à la stabilisation de la zone euro est de la scinder, avec des conséquences difficiles à prévoir », a-t-il dit.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2012/07/10/97002-20120710FILWWW00611-zone-stabiliser-ou-scinder-schuble.php

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  8. BA dit :

    Vendredi 13 juillet 2012 :

    Italie : la prochaine émission obligataire à moyen et long terme prévue le 14 août est annulée.

    Vendredi, l’Italie a lancé un emprunt à 11 ans, un emprunt à 10 ans, un emprunt à 7 ans, et enfin un emprunt à 3 ans.

    – Emprunt à 11 ans : taux de 5,89 %. Le taux est en hausse : c’était 5,57 % lors de la précédente émission.

    – Emprunt à 10 ans : taux de 5,82 %. Le taux est en hausse : c’était 5,66 % lors de la précédente émission.

    – Emprunt à 7 ans : taux de 5,58 %. Le taux est en hausse : c’était 4,30 % lors de la précédente émission.

    – Emprunt à 3 ans : taux de 4,65 %. Le taux est en baisse : c’était 5,30 % lors de la précédente émission.

    Le Trésor italien a annoncé vendredi que la prochaine émission obligataire à moyen et long terme prévue le 14 août était annulée, « au regard de l’évolution positive des entrées fiscales » dans un communiqué.

    L’agence d’évaluation financière Moody’s a abaissé jeudi la note de solidité financière de l’Italie de deux crans, de A3 à Baa2, et maintenu la perspective négative en raison de la situation en zone euro et des « risques de contagion » émanant de l’Espagne et de la Grèce.

    Une décision qui intervient dans un contexte difficile pour le pays. Le chef du gouvernement italien Mario Monti n’a en effet pas exclu mardi que Rome ait recours à un moment donné aux fonds de secours de la zone euro pour faire face à la flambée de ses taux d’emprunt, une option qu’il avait écartée jusqu’ici.

    (Dépêche AFP)

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  9. DidierF dit :

    N’oubliez pas la dette privée. Il faudra aussi la payer et elle est un multiple de la dette publique.

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  10. BA dit :

    Vendredi 20 juillet 2012 :

    Vers 15 heures :

    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 7,228 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/quote/GSPG10YR:IND

    Espagne : la région de Valence demande l’aide de l’Etat.

    La région espagnole de Valence, fortement endettée, a fait savoir vendredi qu’elle demanderait à bénéficier du mécanisme d’aide de quelque 18 milliards d’euros proposé par le gouvernement pour assainir les finances publiques des régions.

    Le plan d’aide est assorti de la stricte condition que la région concernée se conforme à ses objectifs de réduction des déficits.

    L’annonce a fait chuter les Bourses européennes ainsi que l’euro, tombé sous le seuil de 1,22 dollar.

    Le gouvernement espagnol a approuvé la semaine dernière la création d’un nouveau fonds pouvant atteindre 18 milliards d’euros destiné à aider les régions en difficulté à se financer.

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