250 – les faux-monnayeurs

MAURICE ALLAIS

Extrait de « L’impôt sur le capital et la réforme monétaire » de Maurice Allais (Prix Nobel d’économie)

Nouvelle édition, octobre 1988 : ISBN 2 7056 6053 9
©   1977  Hermann. 293 rue Lecourbe, 75015 Paris

Pages 187 – 189

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L’apologue des faux-monnayeurs

Certains esprits ont été quelque peu surpris du parallèle que j’ai établi depuis une dizaine d’années entre le mécanisme du crédit et l’activité d’une association de faux-monnayeurs. Le mécanisme du crédit étant extrêmement complexe, il ne me paraît pas inutile de présenter quelques commentaires supplémentaires sur l’apologue des faux-monnayeurs dont il a été dit quelques mots ci-dessus.

PREMIER CAS: LES FAUX BILLETS SONT DÉPENSÉS

Considérons tout d’abord une association de faux-monnayeurs (A) qui fabriquerait chaque mois 1 milliard de faux billets et qui les écoulerait sur le marché en se procurant différents biens. Il est clair qu’à la création de ce pouvoir d’achat ex nihilo correspondrait une spoliation de l’ensemble des consommateurs pour un montant égal. Cette spoliation se réaliserait par la hausse des prix qui en résulterait.

Ce mécanisme est tout à fait analogue à celui qui résulte de l’augmentation des billets par l’État par l’intermédiaire de la Banque de France, et l’utilisation de ces billets pour financer des dépenses accrues de l’État, et l’opinion publique réalise parfaitement que par cette émission l’État peut réaliser un prélèvement sur la production nationale et que ce prélèvement dès qu’il est notable est nécessairement accompagné de la hausse des prix.

DEUXIÈME CAS: LES FAUX BILLETS SONT PRÊTÉS AU PUBLIC

Considérons maintenant une association de faux-monnayeurs (B) qui, au lieu d’acheter différents biens sur le marché avec le milliard de faux billets créés, les prêterait moyennant intérêt à des particuliers et à des entreprises, soit à court terme, soit à moyen terme, soit à long terme. Avec les intérêts perçus l’association des faux-monnayeurs distribue à ses membres des revenus qu’ils utilisent pour acheter les biens de leur choix.

Supposons que dix millions soient prêtés par l’association pour un mois. Lorsque l’emprunteur reçoit ces dix millions il les utilise et exerce de ce fait immédiatement un prélèvement de dix millions sur la production nationale. Au bout d’un mois il doit rembourser les dix millions empruntés et payer les intérêts correspondants. Lors de ce remboursement sa possibilité de dépense est effectivement réduite des dix millions augmentés des intérêts courus, et si l’association (B) ne renouvelait pas son prêt, le prélèvement net sur la production nationale se limiterait aux intérêts courus au profit de la banque.

Mais si l’association de faux-monnayeurs reprête immédiatement à nouveau à quelqu’un d’autre les dix millions pour un mois, le nouvel opérateur est en mesure de faire un prélèvement de dix millions sur la production nationale. Lors du remboursement, sa capacité de dépense sera réduite d’autant. Le prélèvement effectif sur l’économie se réduira aux intérêts courus. Mais si l’association renouvelle encore son prêt de dix millions à quelqu’un d’autre, l’effet négatif du remboursement sera exactement compensé par l’effet positif du nouveau prêt.

Ce processus pourra ainsi se poursuivre indéfiniment, et on voit qu’au total le prêt initial de dix millions se sera bien traduit par un prélèvement global de dix millions sur la production nationale.

Lors de chaque remboursement, le pouvoir d’achat qui se présente sur le marché est réduit de dix millions, mais il est immédiatement augmenté d’autant par suite du nouveau prêt.

Pour chaque emprunteur de l’association chaque opération est blanche en valeur actualisée. Mais au total si l’activité de l’association se poursuit indéfiniment la valeur globale actualisée des intérêts perçus par l’association est égale à la valeur de tous les billets fabriqués.

TROISIÈME CAS: LES FAUX BILLETS SONT UTILISÉS POUR CONSTITUER LE8 RÉSERVES D’UNE NOUVELLE BANQUE

Considérons maintenant une association (C) de faux-monnayeurs qui prête moyennant intérêt les faux billets qu’elle fabrique et qui accepte des dépôts de ses clients dans une banque qu’elle crée à cette fin.

Si initialement dix millions de faux billets sont créés, ces dix millions peuvent être déposés par l’association dans sa banque. L’actif de la banque sera constitué par dix millions de billets et son passif par une dette d’un montant égal à l’association.

Supposons maintenant que la banque ouvre un compte courant créditeur de dix millions pour un mois au client (X), montant qui s’inscrit au passif du bilan de la banque de l’association (C). A l’actif et en compensation elle inscrit la promesse de payer de dix millions dans un mois de son emprunteur (X). Supposons qu’en tirant des chèques sur son compte ce client (X) règle des achats en biens réels à un opérateur (Y). Si cet opérateur (Y) est lui-même client de la banque il les redépose à la banque. Le dépôt de (X) disparaît et est remplacé par un dépôt de montant égal de (Y).

On voit ainsi que si tout retrait d’un client (X) est compensé par un dépôt d’un client (Y), les dix millions de faux billets restent disponibles, et la banque des faux-monnayeurs est en mesure de les reprêter à un autre opérateur (Z) sans avoir besoin de fabriquer de nouveaux billets.

Dans ce cas le montant global du pouvoir d’achat créé sera finalement égal au montant global des faux billets fabriqués augmenté du volume global des dépôts des clients non couverts par des billets conservés dans la banque des faux-monnayeurs.

Dans ce cas encore l’association de faux-monnayeurs distribuera à ses membres tous les revenus perçus au titre des intérêts courus et ces derniers les dépenseront sur le marché.

VUE D’ENSEMBLE

La description de ces trois cas correspond à des processus d’une complexité croissante. A chacun d’eux a correspondu dans le passé et correspond aujourd’hui un processus de création de monnaie et de pouvoir d’achat bien déterminé.

Dans le cas des faux-monnayeurs seule leur association profite intégralement des ressources résultant de la création monétaire. Dans le cas des structures bancaires d’aujourd’hui ces ressources sont distribuées à la fois aux banques, aux déposants des banques auxquels les banques fournissent gratuitement un certain nombre de services qui autrement devraient être payés et auxquels les banques paient des intérêts pour la partie de leurs encaisses déposées à court terme, enfin aux opérateurs qui empruntent aux banques à des taux qui sont moins élevés que ceux qui se constateraient s’il n’y avait pas création monétaire.

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18 commentaires pour 250 – les faux-monnayeurs

  1. Opps59 dit :

    Mon petit esprit suit mal les raisonnements d’Allais.

    Dire que le crédit s’apparente à la fausse monnaie me semble relever d’une ancienne conception (éventuellement à restaurer , mais là n’est pas la question) de la monnaie , où elle était ‘pleine’ c’est à dire ‘gagée’ par une richesse déjà existante.

    La monnaie-crédit n’est gagée que par une richesse future. Donc une promesse. Donc avec un risque ,certes.

    Cette richesse future ne se mesurera qu’à travers le remboursement de cette monnaie , donc la destruction du crédit initial.

    Donc, il n’y a de fausse monnaie que lorsqu’il n’y a pas remboursement. Et tant que ce terme n’est pas atteint, qui peut dire ce qui est fausse monnaie ou ne l’est pas ?

    Ce système a toutefois cette perversion d’occulter les choses en remboursant une dette par une autre dette , donc en masquant de la fausse monnaie par de la monnaie potentiellement fausse …

    C’est toutefois un système à la Ponzi, puisqu’à un moment donné , et nous y sommes, on sait que le remboursement est humainement , raisonnablement, archi-probablement quasi-impossible.

    On peut toutefois faire semblant de ne pas le voir. … Tant qu’on arrive à survivre entre notre état d’endettement croissant (puisque toute monnaie est forcément une dette quelque part) et la hausse inéluctable du prix des actifs renforcée par la spéculation.

    Quand le système se grippe , une destruction de la valeur nominale s’impose, dans l’anarchie selon les rapports de force en présence. A moins qu’un effacement organisé des dettes ait eu lieu : mais là aussi la question serait de déterminer celui qui en supporte le plus … et donc qui paie.

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  2. Tétef dit :

    @Oopps59 Bonjour,
    Allais soulève l’analogie totale entre la création de billets par des faux monnayeurs et la création de dépôts lors d’achat d’actif par un banque (1er cas) ou par l’accord d’un nouveau crédit (3eme cas).

    Je ne vous comprend pas; pourquoi un crédit représente-t-il une richesse?

    Vous dites « toute monnaie est forcément une dette quelque part ». C’est justement ce que dénonce Allais. Ce système n’est pas une fatalité mais le fruit d’une volonté (ou d’un manque de volonté) politique. Allais propose la séparation du système de crédit et du système de création monétaire.

    Vous évoquez aussi « la hausse inéluctable du prix des actifs renforcée par la spéculation » et « une destruction de la valeur nominale s’impose ». Dans son livre, Allais dénonce la gangrène de l’inflation dû à ce système.

    Puis-je développer deux explications un peu plus longues :

    — La création monétaire et l’hypothèse d’autorégulation du marché —
    Lorsqu’une banque achète un actif, par exemple, des locaux dans Paris. La banque ajoute ces nouveaux locaux dans la colonne de ses actifs et se sert de cet actif pour justifier l’ouverture d’un nouveau compte comme payement à l’ancien propriétaire dans la colonne de son passif. Il y a bien création de monnaie. Les locaux existent préalablement à la création de la monnaie. Il n’y a pas création de richesse passée ou future.

    C’est la même chose pour tous les actifs. La possibilité pour les banques d’acquérir un actif par extension de la feuille comptable – elles justifient l’ouverture d’un nouveau compte de dépôt par l’actif acquis – est l’origine du dysfonctionnement du système monétaire qui permet la spéculation. En effet, l’hypothèse d’autorégulation du marché tombe. On peut tout à fait imaginer deux banques spéculer sur une tonne de blé; elles justifient leur endettement (nouveau dépôt) auprès du vendeur grâce à la valeur de cette tonne de blé. Les achats successifs de cette tonne de blé entre les banques va entrainer une augmentation du prix du blé. Puisque leur pouvoir d’achat est non seulement intacte – elles peuvent toujours étendre leur feuille comptable pour acquérir d’autres actifs – mais aussi grandit par cette augmentation du prix – l’augmentation de la valeur de l’actif acquis se répercute sur ses fonds propres de la banque du coté du passif – cette augmentation va inciter les banques à spéculer. C’est selon les partisans du 100% monnaie l’origine du cycle bulle-récession.

    En imposant le système à réserves pleines, elles ne peuvent plus créer un nouveau compte de dépôt lors de l’achat d’un actif puisqu’elles doivent vérifier à tout instant 100% de réserves obligatoires (les réserves – la quantité M0 – sont strictement régulées dans le système qu’Allais propose). La détention préalable de monnaie émise par l’Etat est alors nécessaire pour accéder à un quelconque pouvoir d’achat. L’acheteur cède de la monnaie au vendeur – comme quand n’importe quelle entité non-financière achète un téléviseur à la fnac, on échange 300€ contre un écran. L’acheteur se trouve avec un pouvoir d’achat amoindrie i.e. moins de monnaie disponible. Si il y a une augmentation du prix de l’actif, ce pouvoir d’achat en sera d’autant plus amoindrie. En effet malgré que cette augmentation se répercute aussi sur la colonne du passif dans les fonds propres, la quantité de monnaie disponible relativement à la valeur de l’actif à acquérir est moindre – Avec 1200€ en poche on peut acheter deux fois moins de téléviseurs si ils coutent 600€ que si ils coutent 300€. Ainsi avec le système à réserves pleines, l’hypothèse d’autorégulation est restaurée.

    — L’inflation et l’allocation de la monnaie nouvellement créée —
    Considérons l’équation de Fisher :
    MV = PT (Avec M = stock de monnaie en circulation, P = niveau des prix, V = vitesse de circulation de la monnaie et T = volume des transactions).
    Supposons V constant. Si M augmente, alors P ou T doit augmenter. Qu’est ce qui va déterminer le quel va augmenter? Selon moi (et d’autres comme Richard Werner) : l’allocation de la monnaie nouvellement créée. Si la monnaie nouvellement créée est allouée à la consommation – ou pire à la spéculation par le biais du mécanisme décrit précédemment – alors on encourage l’augmentation des prix et il n’y a pas création de nouveaux moyenx de production : c’est de l’inflation sans croissance; c’est P qui augmente. Si la monnaie nouvellement créée est allouée à des investissement productifs alors il y a augmentations des moyens de productions sans encourager la hausse des prix : c’est de la croissance sans inflation; c’est T qui augmente.

    Regardez l’immobilier, la plus grande part des achats de logements sont financés par des emprunts auprès des banques commerciales donc par de la création monétaire. On observe alors une augmentation forte des prix de l’immobilier.
    Donc je ne suis pas d’accord avec vous, la hausse des prix n’est pas inévitable, c’est une question d’allocation monétaire. Encore une fois c’est une question de volonté politique sur les incitations et les décisions quant aux allocations des nouveaux crédits.

    Avec le système à réserves pleines, Allais prétend restaurer l’hypothèse d’autorégulation du marché et restituer la décision d’allocation de la monnaie nouvellement créée à l’Etat; évitant ainsi la gangrène de l’inflation dont profite les banques.

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    • Opps59 dit :

      Merci de votre lecture Tétef

      Vous dites
      1) Je ne vous comprend pas; pourquoi un crédit représente-t-il une richesse?

      ==> plus précisément je dis qu’actuellement la monnaie , créée et mise en circulation par le système du crédit , est ‘gagée’ , c’est à dire qu’elle tire sa force , sur un bien ou un service produit dans le futur , qui permettra ensuite le remboursement du crédit, donc sa destruction comptable.

      Ca me paraît un fait objectif difficilement contestable, même si on peut ‘expliquer’ la monnaie d’autres façons , à mon avis d’ailleurs plus nébuleuses.

      De même qu’il est un fait que la monnaie , avant le XVIe était une marchandise déjà constituée qui circulait.

      2) Vous dites
       » Vous dites “toute monnaie est forcément une dette quelque part”. C’est justement ce que dénonce Allais.=

      ==> Lorsque je dis que « toute monnaie est forcément une dette quelque part” , je ne fais que rappeler une évidence.
      Qu’ Allais la dénonce , soit , mais actuellement c’est ainsi.

      3) Vous rajoutez
      « Ce système n’est pas une fatalité mais le fruit d’une volonté (ou d’un manque de volonté) politique. Allais propose la séparation du système de crédit et du système de création monétaire. »

      ==> Je ne dis pas que ce système soit fatal , mais néanmoins il n’en existe pas 36, de moyens d’introduire la monnaie !
      Mais je ne vois pas ce que signifie « séparer le système de crédit , du système de création monétaire. »

      A partir du moment ou une institution introduit , soit à son propre compte, soit pour le compte d’un autre , une liquidité , SANS exiger de remboursement , cela signifie qu’il y a vol de celui qui en a profité , sur la collectivité.
      S’il respecte (ce qui paraît le minimum de l’égalité et du bon sens) l’obligation de rembourser … il s’agit bien de ‘crédit’ alors …

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      • A-J Holbecq dit :

        @Opp’s

        Je ne suis pas d’accord sur cette phrase : « A partir du moment ou une institution introduit , soit à son propre compte, soit pour le compte d’un autre , une liquidité , SANS exiger de remboursement , cela signifie qu’il y a vol de celui qui en a profité , sur la collectivité. »

        Si l’introduction de la monnaie est faite par la collectivité pour la collectivité, il ne peut y avoir vol de soi même.
        Vous pouvez considérer que l’inflation est du vol, soit, mais l’augmentation de la masse monétaire, si elle suit l’augmentation de la population et accessoirement de la production (ne parlons pas spécialement du PIB), et que sa vitesse de circulation ne change pas, ne créera pas d’inflation.
        Je pense que les intérêts sur la création monétaire privée sont bien plus créateurs d’inflation que ne le serait l’émission (collective) équivalente de monnaie sans intérêts.

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        • Opps59 dit :

          2) L’intérêt me pose un problème effectivement.
          Je pense cependant que le délire des intérêts n’est lui aussi également possible que parce que des liquidités sont sans cesse crée.
          Si elles étaient plus ‘bridées’ , automatiquement les taux ne pourraient pas monter jusqu’à ces rendements indécents quand même.
          On verrait également beaucoup clairement qui prend (trop) à qui et comment cela peut s’ajuster par des luttes sociales , syndicales ou autres.
          La création perpétuelle de liquidité noie les conflits et c’est très dommageable (Ceci dit les conflits subsiste, surtout en France , mais au mauvais endroits et pour des queues de cerises illusoires qui détraque plus encore les choses)

          1) Oui AJH , se voler soi-même ce n’est pas se voler. A ces détails près : certains en profiteront bien plus que d’autres (comme pour l’inflation d’ailleurs) . Donc certains sont plus volés que d’autres.

          Ensuite , oui c’est vrai qu’on créer des système ou l’énergie de chacun n’est pas passé à produire , mais à essayer d’être moins volé que son voisin qui lui-même a la même stratégie..
          Ces stratégies suicidaires non coopérative peuvent tout à fait se mettre en place. Et elles vont s’entretenir elle-même et se renforcer!
          C’est le règne de la facilité qu’adore notre fausse gauche d’aujourd’hui, le règne de la production de valeur sans effort, de la re-distribution éternelle . Et comme il est extrêmement difficile de reprendre à la concentration de richesse , finalement on retourne toujours à son addiction originelle.

          D’ailleurs une stratégie globale où chacun vole et ferme les yeux sur les vols des autres existe. En gros c’est la Grèce. (Ceci dit je respecte le mode de fonctionnement des Grecs , mais je constate qu’ils cherchent par tous les moyens à présent à nous voler nous … et là je deviens un peu allemand😉 )

          D’ailleurs dans la question de la mutualisation des dettes , donc de la création de tonnes de liquidités en plus, je rappelle juste que si les allemands ont beaucoup à perdre , la France a également énormément à perdre. Car la France devra ‘payer’ également ou en tout cas prendre des risques énormes .

          Cette situation débile vers laquelle nous poussent comme d’habitude l’incurie extrêmement habile de la gauche menace les fondements mêmes de notre système gaulois , mélange de l’héritage de la vrai gauche réformiste de l’après guerre et du gaullisme.

          Tout ceci dit , je suis pour la monétisation exceptionnelle des dettes (et même leur disparition). Mais il est évident que cela ne peut pas se faire ouvertement : imaginez vous le précédent que cela créerait, les conclusion qui en serait tirées. Et il est donc évident qu’il faut poser une sorte de règle d’or posant non pas un sacro saint équilibre , mais l’obligation de dire tout de suite à qui on prend les liquidités et qui payera … plutôt que de repousser dans un avenir flou cette décision.

          Pour que la monnaie reste un bien commun , il ne faut pas la charger de 36 missions à la fois : Organiser les échanges de façon stable et conserver un minimum de valeur dans le temps et l’espace est déjà une rude tâche. Lisser les ac coups économiques n’est pas triste non plus.
          Mais résoudre toutes les contradictions sociales et économiques finit par la tuer.

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    • Opps59 dit :

      Je poursuis (insomnie …)

      A) « C’est la même chose pour tous les actifs. La possibilité pour les banques d’acquérir un actif par extension de la feuille comptable – elles justifient l’ouverture d’un nouveau compte de dépôt par l’actif acquis – est l’origine du dysfonctionnement du système monétaire qui permet la spéculation. »

      ==> A ma connaissance la monétisation d’un bien par les banques , bien qu’en hausse , est marginale par rapport à la masse monétaire. Je crois d’ailleurs que c’est encadré.
      Vous vous imaginez bien que les banques n’ont pas la faculté d’acheter le monde en inventant l’argent pour leur propre compte.

      La spéculation est bien plus ample que cela , la spéculation c’est toute cette énorme masse de monnaie créée par le crédit classique , que la technique du levier va engendrer .

      B) « En imposant le système à réserves pleines, elles ne peuvent plus créer un nouveau compte de dépôt lors de l’achat d’un actif puisqu’elles doivent vérifier à tout instant 100% de réserves obligatoires »

      Certes , ça revient à supprimer la licence bancaire au banques. Il est évident que le problème est résolu dans l’oeuf. Les banques ne font plus que du dépôts , comme les établissements financiers actuels qui ne sont autorisés qu’à ‘prêter’ à la stricte mesure de leur dépôts.

      MAIS il faut bien quelqu’un en amont qui fasse du ‘PUR CREDIT’ … et donc cela suppose une Banque Centrale … mais là rien de magique : quand elle fait du crédit, alors elle se fait rembourser … : c’est une super Banque , mais c’est une banque de même nature que les autres lorsqu’elles ont la licence bancaire.
      Et même si cette banque est l’émanation directe de l’Etat, elle reste une banque classique qui fait du crédit remboursable tant qu’elle exige un remboursement des liquidités créées.

      On a déplacé le problème au niveau de l’Etat ou de la BC pour ce qui est de la création monétaire par le crédit. Je ne vois rien de très extraordinaire là. Ca suppose implicitement que l’Etat ou la BC saura mieux quel est le bon niveau de crédit à allouer à l’économie.
      Bon pourquoi pas. Ca se discute.

      S’il n’y a plus d’obligation de rembourser , c’est une usine de ‘planches à billets ». Là on rentre dans un autre système.

      C) Pour finir … « Donc je ne suis pas d’accord avec vous, la hausse des prix n’est pas inévitable, c’est une question d’allocation monétaire. Encore une fois c’est une question de volonté politique sur les incitations et les décisions quant aux allocations des nouveaux crédits. »

      Je ne suis pas spécialiste , mais le bon sens me permets de comprendre cette évidence qu’en face d’un ensemble de biens et services sur le marché , poir que ça tourne bien , il faut qu’il y ait une masse monétaire de même valeur.

      Si ce n’est pas le cas d’emblée, les prix vont se modifier tout naturellement pour ajuster les choses.

      Ca c’est la théorie . Je sais bien que de multiples facteurs peuvent très bien faire que cela ne se produise pas , car le comportement est humain. Donc , l’inflation peut très bien ne pas se produire . Mais vous avez une potentialité que cela se produise.
      De même que l’inflation peut toucher les biens de consommation courante , mais aussi rester dans la sphère financière pendant un certain temps … ou bien se cantonner sur les ressources rares … également. Mais à un moment ça va retomber , pour la simple raison que la ponction de richesse qu’a occasionné cet excès de création monétaire , doit automatiquement, via tout une chaîne de comptabilités successives être PAYE par quelqu’un dans sa sueur.

      Ce n’est qu’une question de temps. Bien sûr le temps peut diluer la charge en l’étalant dans la durée et sur un grand nombre … mais le paiement doit et devra avoir lieu.
      J’observe quand même qu’actuellement le temps futur a plus tendance à être chargé par de nouveaux crédits qui creusent et amplifient les anciens …

      En fin de compte quand on a bien compris la monnaie , la monnaie actuelle , les choses s’éclaircissent.
      Et d’ailleurs on comprends mieux pourquoi tout véritable autre système de monnaie est difficilement envisageable .

      Ou bien alors à revient à une variante du système actuel : on donne simplement le pouvoir de création monétaire à une autre institution , ou bien à d’autres variantes si on le généralise plus encore en organisant la concurrences entre les monnaies de chaque banque , ou bien encore en supprimant la banque centrale ce qui est techniquement possible. On peut aussi supprimer le cours forcé d’une monnaie . Certain pays n’ont pas de monnaie d’ailleurs et utilise la monnaie d’autres pays.
      Mais dans TOUS ces cas : monnaie crédit.

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      • Tetef dit :

        @Opps’

        On a déjà eu cette conversation : Vous aviez réagit à ma question : « Pourquoi ne pas concevoir un actif servant de moyen d’échange passant de main en main éternellement? »

        https://postjorion.wordpress.com/2012/04/18/240/#comment-9856

        @AJH
        Tout à fait d’accord avec vous sauf à propos du rôle des intérêts.
        S. Keen a démontré que les intérêts ne sont pas source d’inflation; ou au moins d’instabilité. http://youtu.be/s-Qg-2d50Eo . Par contre ils sont source d’inégalité : les emprunteurs (les pauvres) versent nécessairement des intérêts aux épargnants, aux banquiers et actionnaires des banques (les riches). Ce phénomène a nécessairement lieu puisqu’aujourd’hui toute monnaie est issue du crédit. Il peut être atténué si l’existence de la masse monétaire est assurée par l’Etat.

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        • Opps59 dit :

          En ce qui me concerne je n’ai rien d’opposé à un actif qui gagerait l’ensemble de la masse monétaire et la fiabiliserait.
          Mais franchement : lequel …
          Le seul qui semble vaguement , assez naturellement jouer ce rôle est l’or.
          Conclusion ?

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        • A-J Holbecq dit :

          Le PPS de Keen passe très vite, et en plus en anglais.. pas certain d’avoir suivi toutes les subtilités… faudrait que je ré-écoute pas à pas… ce que j’ai compris c’est que les intérêts ne sont pas une  » importante » source d’inflation.
          Mais à ceci je réponds que les intérêts s’appliquent non seulement sur le crédit bancaire mais sur toute la chaîne de production jusqu’à la vente et sont donc cumulés (Margritt Kennedy les estimait à 40% d’un prix de vente au plus fort des taux d’intérêts des années 80 et un autre économiste allemand, Ralf Becker arrivait à 30%, dix ans plus tard)

          D’accord avec la démonstration du second mythe, par contre.

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  3. aline dit :

    @ Opps :

    « C’est toutefois un système à la Ponzi, puisqu’à un moment donné, et nous y sommes, on sait que le remboursement est humainement, raisonnablement, archi-probablement quasi-impossible. »

    En effet…Mais nous n’y sommes pas encore : il existe encore assez de moutons contribuables à piller et de patrimoine d’Etat à privatiser pour renflouer les banques et pour rembourser les grands créanciers…

    La Deutsche Bank a déjà inventorié tout ce qui est privatisable en Europe, par pays…

    http://alencontre.org/europe/sous-les-auspices-de-la-troika-la-deutsche-bank-exige-des-privatisations-dans-toute-leurope-continuite-de-la-treuhand.html

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  4. Opps59 dit :

    Rappel : c’est la France qui a imposé l’Euro aux allemands. (Pensant d’ailleurs ainsi la mettre un peu en cage) . Les allemands ont joué le jeu dans le cadre logique de l’Europe. Ils ont leurs problème , ils ont déjà avalé un pays entier , la RDA.
    Je pense qu’ils ont aggravé la crise par leur déflation interne et leur mercantilisme , mais est-ce interdit ? Et par ailleurs ne sont-il pas les 1er contributeur à tout ce qui est mutualisé en Europe.

    On peut après ça dire tout ce qu’on veut sur eux pour les culpabiliser. Mais ca ne marchera pas . Ils sont loyaux même dans l’erreur , et je les vois très mal supporter les manoeuvres dérisoires et vexatoires de Normal 1er . On va finir en vassal de Merkel pour ne pas avoir à être cul-nu.

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  5. Tetef dit :

    @Opps
    pourquoi pas un bond étatique, comme des billets de banque émis par l’Etat?
    Il s’agit seulement d’en contrôler la quantité. Vous allez soulevez le problème de l’aléa moral mais celui-ci existe aussi dans le cas d’une création monétaire d’origine privé (mécanisme de spéculation, allocation à des investissement de consommation qui sont plus surs mais plus inflationnistes que des investissements dans des PME). Au moins avec le 100% monnaie on résoudrait le problème de la stabilité et de la souveraineté face aux banques.

    Il faudrait évidement résoudre l’aléa moral en structurant le système de telle façon que la commission décisionnelle sur la quantité de monnaie soit démocratiquement vulnérable et indépendante du pouvoir exécutif ; ça n’a effectivement rien d’évident.

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  6. J. Halpern dit :

    A la lecture rapide de vos réflexions, quelques remarques :
    Dans sa parabole des faux-monnayeurs, Allais omet le fait que toute monnaie est instituée. le faux-monnayeur ne se distingue du vrai que par ce qu’il n’est pas agréé par la communauté. Le problème des banques n’est pas à mon sens le faux-monnayage, mais le défaut de régulation du monnayage le transférer à la banque centrale remplace une création décentralisée régulée par le marché par une régulation administrative – ce qui se justifie si l’on considère que le marché est en l’espèce inefficient.

    Concernant l’inflation, je ne suis pas d’accord avec Opps59 : « le bon sens me permets de comprendre cette évidence qu’en face d’un ensemble de biens et services sur le marché , poir que ça tourne bien , il faut qu’il y ait une masse monétaire de même valeur. »
    La masse monétaire en elle même n’a gère de signification, ce qui est déterminant c’est sa mobilisation. Quand la monnaie ne circule pas ou s’engloutit dans les remboursement de dettes, même une augmentation administrée de M1 est de faible effet. Quand au contraire on est en plein boom, le levier explose – et pas seulement celui des banques : tous les agents qui acceptent de différer le paiement d’un bien ou d’un actif créent de facto une monnaie « sauvage ».
    L’erreur d’Allais, me semble-t-il, est de surestimer le poids du système financier dans les booms et les krachs. C’est vrai en matière de spéculation, mais pour l’économie réelle d’autres variables sont déterminantes (cycles de l’investissement…).

    Par conséquent, je suis d’accord pour envisager un système bancaire réduisant la marge d’expansion du crédit bancaire pendant les booms, et se donnant les moyens d’injections effectifs de monnaie en phase de crise. Le 100% est une piste intéressante en ce sens. Mais pas d’accord en revanche pour se fixer un objectif illusoire de stabilité d’une masse monétaire sans signification.

    Dernière remarque : encas de bulle financière, le rationnement du crédit frappera en premier lieu l’économie réelle. Si l’on ne se donne pas les moyens de déconnecter les marchés spéculatifs des autres, la réforme du système bancaire ne saurait être efficace.

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    • Tétef dit :

      @J Halpern Vous avez bien compris l’intérêt de réguler la masse monétaire. L’autre intérêt du 100% monnaie est le bénéfice du seigneuriage. En convertissant la monnaie temporaire issue de l’endettement en monnaie permanente, on réduit le poids d’endettement général sans modifier la masse monétaire.

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    • Opps59 dit :

      Je me suis mal exprimé, Joël.
      La masse monétaire en elle même n’a pas de signification en ce sens qu’interviennent de nombreux autres paramètres. Cependant c’est tt de mm le support central de l’échange économique.

      Sachant que la monnaie est , dans notre système actuel, uniquement du crédit, donc de la dette, il me saute au yeux que la création colossale de liquidité entamée peu à peu il y a 30 ans , ne mène à rien d’autre qu’une paralysie généralisée .
      Certes on sauve des bilans et on maintient un système un peu zombie (au regard de nos propres règles) , mais l’économie est sous perfusion. Tout est sous perfusion.

      On est au-delà des petit risque de la vilaine ou salvatrice inflation. Plus rien n’est remboursable. On s’est laissé allé à un désordre incommensurable en reportant à demain la question du « Qui Paie? » . Nous sommes en phase terminale du Cancer du Crédit. Mais comme nous ne pouvons pas mourir, et que nous avons choisi d’éviter une méga-purge , nous allons souffrir longtemps , en donnant notre consentement à cette longue tonte.

      Allais n’a pas fait d’erreur, la crise est financière et pas du tout celle , classique de l’économie réelle. Malgré l’espèce de confusion dans sa pensée , parce qu’il pense à la fois deux monnaies de nature différente, il voit bien que la monnaie actuelle n’est qu’une fuite en avant dans le futur, une fausse résolution à toutes les contradictions qu’on refuse d’affronter , une fausse solution à tous les blocages qu’on crée et que l’on considère comme des avancées sociales.

      Cette erreur d’Allais est pourtant bien dans la vérité. L’erreur d’Allais est de considérer que le crédit serait presque par nature de la fausse monnaie. Car en vérité , c’est l’inverse : la fausse-monnaie n’est pas plus fausse -en elle-même, au moment ou elle est instillée dans le système-, que de la monnaie crédit . Elle fonctionne à l’instant T dans la même pureté que la ‘vraie’ monnaie.
      Elle n’est fausse que dans la mesure où , à la « fin » , elle ne sera pas remboursée : voilà la vraie fausse-monnaie , c’est celle qui est irremboursable. Celle avec laquelle quelqu’un a pris sans rendre , menaçant ainsi l’échange économique et pire encore , le sens de l’acte productif.

      A la limite tout une partie de la masse monétaire n’existe pas en réalité . Mais la force juridique de ce mensonge , de cette illusion , est bien réelle . Elle profite bien sûr à ceux qui savent lucidement et temporairement l’utiliser, avant que l’ajustement ne se fasse , lui-même plus ou moins étalé dans le temps , et plus ou moins idéologisé (Que penser de ces petites tensions guerrières dilatoires vers lesquelles l’Europe et les Usa nous amènent gentiment … Syrie, Iran … ? -même si j’abomine ces régimes!-)

      Sans des règles extrêmement strictes et donc effectivement contraignantes qu’elles soient imposées par un marché régulé mais libre ou bien par des règles verticales ou bien par le bon-sens (en voie de disparition) , la monnaie-crédit comporte en germe sa propre destruction.

      Il est de bon ton de critiquer la spéculation et de la dissocier de l’économie réelle , et de la rendre seule responsable de la crise. La vérité -me semble-t-il- est que même si la spéculation est éminemment condamnable , elle n’est que l’envers de nos petits intérêts à court terme – comme autrefois les pays utilisaient les pirates en en faisant des corsaires sauvegardant certains de leurs intérêts dans la grande compétition géopolitique qui anime tous les mouvements de fonds.

      Mais au delà de cela , notre propre système financier est devenu un immense schéma de Ponzi purement spéculatif et idéologisé dans lequel on s’enfonce. Voyez la merveilleuse invention de l’euro qui aura réussi ce tour de force à enliser les pays du club-med, à pousser l’Allemagne et les pays de l’Europe du nord à un mercantilisme un peu débile mais logique et cohérent , et la France à un faux social . (A la limite c’est l’Italie le pays le plus sain et à qui il reste des vraies marge de manœuvres).
      Quant au 100% qui mettrait un peu d’ordre la dedans , il est en fait déjà investi par les étatistes , et dévoyé par tout ceux qui rêvent d’en faire l’ outil universel démagogique du grand bonheur -bien entendu contrôlé par des comités de citoyens –

      La monnaie est devenue un pur outil où se loge la spéculation, l’idéologie et la facilité.

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    • Opps59 dit :

      Bien joué ! Mais je persiste , l’Italie est très probablement objectivement en un peu moins mauvaise posture que la France actuellement si la crise s’aggravait . Et prendre la pointe extrême de quelque chose d’évidemment inacceptable pour condamner leur choix de vie et d’organisation et leur points forts me paraît bien réducteur et méprisant au fond. D’autant plus que d’autres éléments très particuliers et spécifiques à cette région peuvent expliquer cela.
      Les pays latins -je connais assez l’Espagne- ont également des entr’aide familiales à la fois psychologiques , familiales et concrètes que notre système français où l’individualisme engendré autant par l’Etat distributeur que par les exigences du capitalisme dévoyé par la finance , ignore complètement . Ceci dit l’Italie n’est pas un modèle , c’est sûr , mais la France -pays d’une multitude de petits privilèges , des rentiers bobo , et des droits pour tous financés sur le dos des autres au travers des déficit permanents, et dont je rappelle au passage qu’elle est (la France) à l’origine du monstre de l’Euro qui a engendré des mauvaises pratiques de partout , en est-elle vraiment un ?
      Certes notre le patrimoine immobilier largement aux mains des français eux-même , l’inventivité du secteur privé, la précarisation de pas mal de monde qui pédalent pour les autres, le savoir faire des banquiers français vaguement plus prudents que les autres, nous sauvent. Pour l’instant. Jusqu’ici notre modèle a bien résisté. Attention qu’à vouloir se partager une richesse virtuelle basée sur une dette irremboursable et anarchique , généré artificiellement et imprudemment , on ne finisse pas pas par dérégler encore plus notre système gaulois face à la crise qui vient

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  7. Opps59 dit :

    Juste pour revenir sur la phrase de Joël :
    « Allais omet le fait que toute monnaie est instituée »

    Là se loge la source , à mon avis, d’une erreur. Je ne méconnais pas la force de l’idéologie et de la croyance , la force des idées érigées en postulats.
    Le mensonge ou bien l’erreur à laquelle tout le monde croit , tout le temps … et qui est instituée par le Pouvoir … est-il une erreur ou un mensonge ?
    Ainsi si l’on décide de croire que la Force du Pouvoir donne de la Valeur à sa monnaie , cela ne suffit-il pas à en donner de fait de la simple représentation collective qui en découle ?

    Ce postulat, joint à la découverte que beaucoup font actuellement que la monnaie peut-être créée à volonté par un simple trait de plume , donne l’illusion qu’en replaçant la création monétaire exclusivement entre les mains de l’Etat, une solution pourrait être trouvée à la crise. (Je ne parle pas du 100% qui me semble pouvoir constituer un réel contrôle de la monnaie par L’Etat sans que celui-ci en dispose à volonté)

    Bref la monnaie même instituée ne peut être magique. Bon , dans les dictatures de types plus ou moins socialistes, ou bien dans les régimes incas , peut-être … encore que ces régimes finissent en accumulant les rigidités à s’ effondrer sans la moindre ‘reproduction’.
    Mais dans nos systèmes actuellement assez matérialistes dans le sens où le coeur en est l’échange marchand, cela ne peut pas tenir. Notre système impose une monnaie qui doit refléter la réalité dynamique de ce que nous considérons comme ‘Richesse’ , la réalité des égalités et inégalités de notre système au travers des échanges.
    La richesse , comme la monnaie qui en est le reflet, ne peut dans nos systèmes matérialistes actuels , être décrétée ou instituée.
    Mais plus généralement le bonheur non plus , à moins de penser que le bonheur est d’aimer aveuglement son malheur ou du moins passivement sa situation subie. Il est vrai que tout est sentiment de ‘perception’ … comme disent certains !

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