244 – création monétaire centrale

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Reprise de l’article édité sur « Osons Allais« 

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Transférer le bénéfice de la création monétaire à la puissance publique

Alain Grandjean1,

mars 2012

Après quelques brefs rappels sur la monnaie et la création monétaire, nous montrons les avantages considérables d’un transfert partiel à la puissance publique du bénéfice de la création monétaire. Nous proposons ensuite un schéma qui le rend négociable dans le contexte européen actuel. Nous répondons ensuite aux principales objections.

1 Monnaie et création monétaire

Nous emploierons dans la suite le terme monnaie pour désigner un actif qui éteint toute dette, sans pouvoir être refusé. En pratique il s’agit dans la zone Euro des pièces de monnaie (que nous négligerons ici), billets et des passifs bancaires limités aux Dépôts à Vue. Si les agents économiques considèrent comme très liquides des comptes rémunérés ou des SICAV de trésorerie ce n’est pas avec ces actifs (inclus dans la quasi-monnaie) qu’ils éteignent une dette2. La quantité de monnaie en circulation est mesurée statistiquement par l’agrégat M1. Sa croissance constante depuis des décennies prouve à l’évidence que de la monnaie est créée. Les billets le sont par la Banque Centrale. Les dépôts à vue le sont par les banques de second rang à l’occasion de plusieurs opérations :

– le prêt3

– le change (un client de la banque qui dépose une devise voit son compte augmenter de l’équivalent en euro)

– plus généralement la banque monétise toutes ses charges (le paiement du salaire d’un salarié de la banque qui a son compte dans la banque se fait par création monétaire sur le compte de ce salarié4)

A l’inverse la banque détruit de la monnaie à chaque opération inverse de la précédente (remboursement de prêts, achat de devises, génération de produits bancaires). La monnaie créée par une banque est donc temporaire. Par ailleurs cette création de monnaie génère en général retraits en billets, la création de situations débitrices vis-à-vis d’autres banques et la constitution de réserves obligatoires à la banque centrale. Enfin la banque pour améliorer ses ratios de gestion (et augmenter sa capacité à faire des crédits, toutes choses égales par ailleurs) doit collecter le plus de dépôts possibles qui constituent en l’occurrence de simples transferts.

Déterminer si au total l’ensemble des opérations de toutes les banques de la zone Euro a créé de la monnaie ne peut donc que s’apprécier statistiquement. C’est l’intérêt de l’agrégat M1. La création de moyens de paiement obéit au besoin de liquidité des agents. Le choix du niveau souhaité d’encaisse (billets ou DAV) dépend des habitudes, des facilités techniques (la carte de paiement est très développée en France et limite l’usage des billets), des contraintes juridiques (l’interdiction du paiement des salaires en billets par exemple) et des taux d’intérêt relatifs des divers moyens de placement liquides ou quasi-liquides. Mais dans un contexte donné, ce besoin est globalement proportionnel aux échanges marchands. Leur croissance crée un besoin de monnaie, toutes choses égales par ailleurs. Dans la dernière décennie, cette croissance a été accrue par la multiplication des opérations à effet de levier : les prêts bancaires ont alimenté les institutions financières et les propres filiales des banques (on ou off-shore…)5.

La plupart des économistes estiment que ce besoin de liquidité est satisfait par le système bancaire de manière automatique : la croissance nécessitant de l’endettement, la monnaie est injectée à ce moment-là comme vu plus haut. Le besoin de billets, une forme spécifique de monnaie, est satisfait par la banque centrale : l’agent demande des billets à sa banque, cette demande est répercutée par la banque de second rang à la banque centrale qui le satisfait en contrepartie du dépôt ou d’une mise en pension d’un actif bancaire. En résumé, la monnaie est endogène.

Dans cette représentation, la création monétaire par la banque secondaire n’appelle pas de commentaires : certes la banque de second rang a le droit de battre monnaie, mais cela ne lui permet rien d’autre que d’exercer son métier de prêteur (on ne parlera pas ici des autres métiers, tant de services bancaires que d’activité de marché). Elle encaisse des intérêts qui sont le prix du risque de contrepartie et constate des pertes sur ces créances non-remboursées. Mais cette représentation conventionnelle nous semble passer à côté d’un problème essentiel comme nous allons le voir maintenant.

2 Rendre à la puissance publique le bénéfice de la création monétaire : quels enjeux ?

L’économie a besoin de monnaie pour fonctionner et le besoin de monnaie doit en gros croître avec la croissance des échanges. Pourquoi, en théorie, serait-il nécessaire qu’un agent s’endette pour que cette monnaie supplémentaire soit injectée dans l’économie ? Pourquoi privilégier, si ce n’est par habitude, un mécanisme de monnaie temporaire qui endette l’économie ? Nous ne développerons pas ici les conséquences de ce mécanisme dont nous avons montré6 notamment qu’il est procyclique (en bas de cycle les agents se désendettent ce qui détruit de la monnaie, ce qui creuse le cycle et inversement en haut de cycle les agents s’endettent ce qui augmente la création monétaire). Réaffirmons simplement que si la monnaie nouvelle est créée par endettement d’un agent, il est inévitable que la croissance économique s’accompagne d’un endettement croissant, éventuellement plus rapidement que le taux de croissance de l’économie si les taux d’ intérêt sont supérieurs au taux de croissance (tout étant calculé hors inflation).

En théorie7, on pourrait donc décorréler les opérations de prêts des opérations de création monétaire, et redonner à la puissance publique le bénéfice de la création monétaire en en faisant l’agent émetteur principal soit directement soit indirectement via la banque centrale. La création monétaire serait alors exogène et « libre » (de dette). Via la banque centrale, cela revient à ce qu’elle monétise un actif permanent (une dette publique perpétuelle par exemple). Directement cela reviendrait à faire pour les dépôts à vue ce que l’Etat faisait quand il « battait monnaie ». Il l’injectait au moment de ses dépenses. En comptabilité moderne, la création monétaire par l’Etat8 se ferait exactement comme par une banque quand elle paie ses charges. Au total il monétiserait exactement ses déficits. A priori, le secteur bancaire de second rang ne financerait que les besoins de l’économie, pas l’Etat. Nous allons supposer dans la suite que la possibilité de création monétaire de l’Etat est limitée au besoin de création monétaire suscité par la croissance de l’économie (qui dans certaines configurations est inférieure au déficit public). Si la croissance n’est que de 2% alors que le déficit public est de 3%, on supposera que la « planche à billets publique » est limitée à 2%. Ceci afin de pouvoir comparer le pouvoir de création monétaire de l’Etat à celui du secteur bancaire de second rang.

Indépendamment des questions de gouvernance et de l’incompatibilité avec le traité de Maastricht sur lesquelles nous reviendrons plus loin, voyons d’abord ce que cela changerait ou aurait changé si ce transfert avait été opéré9.

1 Quel que soit le mécanisme retenu (injection directe par l’Etat ou via la Banque Centrale) lEtat naurait pas à payer dintérêts pour financer son déficit, pour la part de ce déficit qui est inférieure au besoin de monnaie de l’économie (2% dans l’exemple précédent). `

Les conséquences sur le niveau de dette publique sont considérables comme le montre le graphique suivant10 qui fait un calcul rétroactif.

Sur la période 1979-2009, si l’Etat et les administrations publiques n’avaient pas eu à payer d’intérêts, la dette publique se calculerait comme (Dette observée en fin de période – Somme des intérêts sur la période, courbe grasse sur le graphique11) et se serait maintenue à environ 20% du PIB. Le cumul des déficits primaires additionné à la dette de début de période conduit à une dette de fin de période qui a cru en ordre de grandeur sur la période comme le PIB. Ce calcul montre que la croissance de la dette publique est donc due, au premier ordre, à la capitalisation des intérêts sur la période. On peut s’assurer que sur cette période la masse monétaire a cru plutôt plus vite que le PIB et même que les déficits primaires ont été en moyenne inférieurs à la croissance de la masse monétaire. Si l’Etat avait monétisé son déficit (et limité la création monétaire publique à ce montant) il aurait donc créé moins de monnaie que ce qui a été fait par le système bancaire.

2 LEtat naurait pas eu à faire appel aux marchés financiers.

Il n’est pas utile de développer longuement les conséquences d’une telle indépendance. En résumé, si l’Etat retrouve le bénéfice de la création monétaire il redevient un acteur majeur dans le financement de l’économie, il retrouve sa liberté d’action dans le domaine de la politique économique et il peut imposer des contraintes et des règles ce qu’il ne peut plus faire aujourd’hui sous peine de sanctions immédiates sur le taux d’intérêt qui lui est imposé par les marchés.

3 Enfin l’Etat n’ayant pas à payer d’intérêts, le service de la dette serait beaucoup plus faible. Le citoyen n’aurait pas eu, dans notre exercice rétroactif, à payer le service de la dette qui s’assimile de fait à une rente pour les épargnants.

3 Comment procéder dans le contexte juridique et doctrinal actuel ?

Le traité de Maastricht a créé l’Euro en contrepartie de l’interdiction de la monétisation par la banque centrale et a fortiori par l’Etat du déficit public. Il n’est donc pas possible à court terme (c’est-à-dire avant une révision fondamentale du Traité de l’Union Européenne) d’envisager le recours au schéma théorique présenté ci-dessus.

Au plan doctrinal, il semble possible de convaincre de la nécessité d’un programme d’investissements d’avenir pour réussir la transition sociale et écologique, dans un contexte de crise systémique. Il semble vain en revanche de proposer un mécanisme de financement monétaire du déficit courant. L’idée d’un financement monétaire d’un programme d’investissements d ‘avenir est semble-t-il le meilleur compromis. D’autant que la BCE a ouvert la porte aux politiques non-conventionnelles en achetant de la dette publique12, en acceptant de prêter des sommes considérables à taux très bas13 aux banques à 3 ans, donc pas uniquement dans le cadre des opérations de refinancement, et en acceptant des « collatéraux » de qualité dégradée par rapport à ses exigences antérieures ; elle a même ouvert ce guichet à des entreprises industrielles. Elle a ainsi provisoirement calmé les ardeurs spéculatives et permis aux taux d’intérêt demandés sur les dettes souveraines de se détendre provisoirement.

On pourrait donc imaginer que la Banque Centrale accepte comme collatéraux des « obligations de projet » finançant exclusivement des projets d’avenir, dans le cadre d’une gouvernance ad hoc à définir précisément. Ces obligations pourraient au niveau européen être émises ou rachetées (si elles sont émises par des agences publiques de projet) par la BEI14 dont la mission est de contribuer à la réalisation des objectifs de l’Union Européenne en accordant des financements à long terme pour des investissements viables, avec des missions prioritaires en matière de cohésion économique et sociale et de protection et amélioration de l’environnement notamment. La BEI a d’ailleurs bénéficié en 2008 d’un accès aux liquidités de la BCE dans le cadre du plan de relance de l’économie européenne qui a été avalisé par le Conseil ECOFIN du 2 décembre 200815.

Il reste cependant un obstacle à lever. La BCE donne accès à des liquidités, mais n’a pas vocation à faire des financements longs. Elle vient de faire des prêts à échéance de 3 ans, en outrepassant déjà considérablement sa mission (dans le cadre orthodoxe rappelé ci-dessus, où elle fournit simplement de la liquidité aux banques ou aux agents économiques), qui devront donc être remboursés. Elle parie en quelque sorte sur la remise à flot à cet horizon des bilans des banques et plus généralement de l’économie. Ce que nous proposons, ce sont des échéances beaucoup plus longues, les investissements d’avenir pouvant nécessiter des durées d’emprunt de plusieurs décennies.

Remarquons d’abord que cela répond à l’argument de ceux qui pensent qu’il n’y a plus de place dans le bilan de la BCE (les banques ont pris la place des investissements d’avenir). Les tombées de prêts bancaires pourront être remplacées par des « prêts pour investissement d’avenir ».

Plus profondément, que la Banque Centrale dispose en collatéral d’engagements longs ne devrait pas, bien au contraire, poser de problèmes. Quand elle émet des billets, elle le fait en contrepartie d’actifs « revolving » : il n’a jamais été question que la Banque Centrale demande le remboursement des billets émis. Remplacer une partie des actifs revolving par des actifs longs suppose simplement qu’on parie sur la continuité et la pérennité des Etats de la zone Euro. Ce pari est-il plus osé que celui qui a consisté à accepter des actifs bancaires de qualité médiocre ? Toute la question est donc bien celle de la qualité de ces titres d’obligation, donc pour finir celle des projets financés. La priorité doit être donné à des projets qui réduisent la facture énergétique de l’Europe16 et plus généralement réduise sa dépendance en ressources énergétiques ou naturelles et qui s’appuie sur ses compétences scientifiques, techniques et industrielles.

Est-il osé de dire que de tels projets ciblés, étudiés par des professionnels, (les banques publiques de projet et les entreprises concernées) peuvent être de bons projets ? Et dans tous les cas de nature à favoriser davantage la viabilité de la zone Euro que la poursuite d’un modèle économique dans l’impasse et dévastateur (la généralisation des politiques d’austérité qui, malgré la baisse programmée des conditions de vie ne parviendront pas à réduire le poids de l’endettement) ?

4 Réponses aux objections

Nous nous limiterons ici aux objections techniques. Il est clair en effet que les obstacles principaux sont d’ordres politique et idéologique : politiquement les plans d’austérité mis en œuvre dans la continuité des plans d’ajustement structurels du FMI, ne seront politiquement pas facilement remplacés par un plan de croissance verte. Evoquons juste un argument17 : l’Allemagne doit aussi faire face à une transition énergétique dont le besoin de financement (des opérations de maîtrise de la demande énergétique notamment) pourrait faire évoluer les esprits.

Quant à la question de savoir jusqu’où la BCE peut continuer à outrepasser la mission que lui donne le traité de l’Union Européenne, elle semble largement indécidable. Si la solution proposée ici est de nature à contribuer à l’Europe de sortir de l’impasse actuelle, tout en étant techniquement proche des pratiques actuelles de la BCE on peut penser que les juges auront quelques difficultés à l’invalider.

Au plan technique, la première question qui se pose est celle de l’ajustement entre une offre de monnaie exogène et une demande éminemment variable.

Le mécanisme proposé ici permet d’y répondre simplement et …souplement. La puissance publique émet au plus la monnaie nécessitée par le financement public des projets (qui peut être inférieur au besoins de financement des dits projets si le secteur privé participe à son financement) et ce montant doit être plafonné (par le moyen juridique adapté, une loi organique probablement) au montant attendu pour la création publique de la masse monétaire en tenant compte de la contraction attendue de l’activité de prêts bancaires. M1 étant aujourd’hui de l’ordre de 30 à 50 %18 du PIB européen (lui même de l’ordre de 9000 milliards d’euros) on voit qu’un ordre de grandeur au niveau européen de 2,5% du PIB soit 5% à 7,5 % de M1 n’est en rien déraisonnable. Mais le premier plafond qu’atteindra ce mécanisme dans un premier temps est celui de l’effectivité des projets (la monnaie n’est injectée dans l’économie qu’à mesure que les projets à financer ont besoin de trésorerie).

Si l’économie a besoin de monnaie supplémentaire, le système bancaire peut la créer comme aujourd’hui, la création monétaire étant en quelque sorte partagée entre la puissance publique et les banques. Dans ce dispositif le crédit n’est pas nationalisé et la création monétaire privée toujours possible. Mais le système bancaire au sens large doit être plus fortement régulé pour éviter une trop forte création monétaire. L’expérience montre que le vrai problème est celui des activités de shadow banking, sujet sur lequel aucune avancée sérieuse ne sera vraiment possible tant que les Etats seront financés majoritairement par les marchés. Le risque de rétorsion, celui d’une nouvelle attaque sur les taux d’intérêt et pour finir celui d’un assèchement du financement, est trop élevé. Mais dans le schéma que nous imaginons la question pourra alors être réglée plus facilement, les Etats retrouvant de la puissance de frappe monétaire donc financière.

Deuxième question, ce dispositif est-il inflationniste ? Nous n’entrerons pas ici dans le débat sur les mécanismes de l’inflation mais limiterons la réponse à un argument de bon sens. Nous venons de voir que le mécanisme proposé n’injecte des liquidités qu’en fonction des besoins. Au « premier tour » et compte-tenu de la situation de sous-emploi des facteurs de production, à commencer par le travail, il n’y a pas à craindre de poussée inflationniste. Ce d’autant moins que la concurrence internationale est toujours vive d’une part et que d’autre part nous sommes probablement toujours dans une situation de trappe à liquidités19. Nous avons beaucoup plus à craindre aujourd’hui d’une situation de credit crunch et de déflation que l’inverse. Un plan massif de transition pourrait sortir l’économie de cette impasse. Au deuxième tour (au moment où l’argent injecté se replace en épargne) on pourrait en effet craindre la création de bulle financière, comme on peut le craindre avec les injections massives actuelles de la BCE. C’est pourquoi il importe dans tous les cas de retrouver la possibilité de réguler les banques20 et le « shadow banking » pour éviter les excès de la création monétaire privée.

La troisième question qui se pose est celle de la gouvernance de ces projets et des critères d’éligibilité. Quand la monnaie est endogène les critères de prêts sont décidés par les banques privées ou publiques. En théorie, ils permettent à la fois de maîtriser raisonnablement le risque spécifique du prêt et de limiter l’exposition globale de la banque. La crise des subprimes a montré ce que cette vision avait de théorique, les banques ayant créé un marché des titres de créances précisément pour ne plus avoir à gérer finement le risque du crédit individuel, mais ayant , du coup, engendré un risque systémique bien supérieur.

Dans notre proposition, la puissance publique doit opérer les choix d’investissement avec des critères financiers et extra-financiers, qui doivent être adaptés à la nature des opérations financées21. Plus généralement, c’est par une définition précise de ces projets et une gouvernance ultérieure solide que ce mécanisme échappe à la critique de risque de laxisme qui est évoquée à chaque fois que l’on propose un retour à l’Etat de la création monétaire.

Dernière question dans le cadre de cette courte note, les investissements réalisés comportant par nature un risque, leur financement devrait comporter une prime de risque, or le financement prévu est à taux quasi nul. Qui paiera les défauts de remboursement ? Plus globalement le mécanisme proposé n’est-il pas intrinsèquement incitatif au non-remboursement ?

La Banque Centrale dans le schéma proposé n’administre pas les prêts aux acteurs économiques qui restent soumis aux mécanismes classiques de gestion par les opérateurs en charge. Il faudra certainement prévoir un mécanisme de garantie ou d’assurance dont le coût sera à prendre sur les enveloppes envisagées. Notons cependant que la Banque Centrale n’a pas demandé de primes de risques dans ses opérations de prêts à 1% aux banques.
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1 Membre du Comité de Veille Ecologique de la Fondation Nicolas Hulot et du Conseil Economique pour le Développement Durable auprès du ministre en charge de l’écologie.
Cette note reprend certains des arguments de l’article « Faut-il redonner le bénéfice de la création monétaire à la puissance publique ? » à paraître dans la revue Projets.

2 Certes les entreprises font parfois de l’échange-marchandise (du troc en fait) et les particuliers paient parfois leur dette en nature. Mais il ne s’agit pas de phénomènes significatifs au plan statistique.

3 Pour une banque donnée, il n’est pas vraiment possible de savoir si un prêt est issu d’épargne préalable (ce qui est toujours le cas pour une institution financière non bancaire).
Pour l’ensemble du système bancaire, en situation de croissance économique, la masse des crédits accordés est supérieure à l’épargne disponible. L’écart est la création monétaire.

4 Pour s’en convaincre il suffit d’étudier les écritures comptables qui sont passées dans ce cas. Voir par exemple Jean-Marie Gelain, La comptabilité bancaire, La Revue Banque Editeur, 1992

5 En ordre de grandeur M1/PIB est passé pour la zone Euro de 25 à 45 % de 2000 à 2010. Voir BCE (http://www.ecb.int/ecb/html/index.fr.html) et Eurostat (http://www.global-rates.com/economic-indicators/inflation/1991.aspx)

6 Voir Gabriel Galand et Alain Grandjean, La monnaie dévoilée, L’harmattan, 1997.

7 Quand la monnaie était constituée de pièces métalliques «émises » par le souverain, cette décorrélation était un fait. En contrepartie, l’économie pouvait manquer de monnaie pour ses échanges et son développement.

8 Cela revient à ce que l’Etat se comporte comme une banque ; c’est ce qu’il faisait pendant l’heureux temps (antérieur à la loi de 1973) où le Trésor était une banque.

9 Les effets rétroactifs sont évidemment toujours discutables, car il suppose un raisonnement « toutes choses égales par ailleurs » invérifiable. Ils facilitent cependant la visualisation des phénomènes.

10  Voir Muriel Pucci, CES, Paris 1 et CNAF et Bruno Tinel, CES, Paris 1, Réductions dimpôts et dette publique : un lien à ne pas occulter, Journées d’étude de l’OFCE, Jeudi 27 et Vendredi 28 mai 2010, Les finances publiques après la crise.

11 Les auteurs font également un calcul qui corrige la dette de l’effet boule de neige (en la recalculant rétroactivement avec un taux d’intérêt toujours plafonné au taux de croissance). C’est la deuxième courbe.

12 Elle en a acheté plus de 200 milliards de mai 2010 à la fin de l’année 2011

13 Pour un montant de 1000 milliards d’euros environ en deux tranches (en décembre 2011 et février 2012) à un taux de 1%.

14 On peut aussi utiliser ce dispositif BCE pour la part nationale des projets à financer via des obligations portées ou émises par des banques publiques nationales

15 Voir http://www.eib.org/about/news/statement-on-eib-access-to-ecb-liquidity.htm?lang=fr

16 Comme le proposer la Fondation Nicolas Hulot dans son plan d’investissement européen d’environ 2000 milliards d’euros sur 10 ans dans la zone euro. Voir www.financerlavenir.fnh.org. Cette idée est présentée également dans le livre « 20 Propositions pour réformer le capitalisme », Gaël Giraud et Cécile Renouard dir.,
Flammarion, 2012.

17 Introduit dans un article paru dans le Monde.fr :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/12/12/une-solution-a-la-crise-negociable-avec-l allemagne_1616114_3232.html

18 On peut s’attendre à sa baisse en pourcentage du PIB du fait de la phase actuelle de « deleveredging ». Cette situation renforce la nécessité de l’intervention publique que nous proposons.

19 Voir l’analyse de Gaël Giraud dans http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/leurope-dans-la-trappe-a-liquidites-billet-invite/

20 Voir par exemple Gaël Giraud et Cécile Renouard, Op. cité, pour des propositions précises de mesures à prendre

21 Pour plus de détails voir Marion Cohen, et Alain Grandjean, Mettre la création monétaire au service de la transition écologique, économique et sociale, L’économie politique, n°52

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28 commentaires pour 244 – création monétaire centrale

  1. zelectron dit :

    Qu’il s’agisse de ou des États ou du secteur privé: l’Histoire (avec un grand H) nous montre qu’il n’y a pas à aujourd’hui de proposition dans ce domaine qui vaille. Les faillites successives des « batteurs de monnaie » se sont produites grâce à la corruption, la prévarication et les péculats dont les listes sont infinies.

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  2. Tetef dit :

    Merci pour cet article. Je trouve dommage que l’auteur ne cite pas la réforme 100% monnaie ou full reserve banking, qui est le seul moyen pour décorreler les mécanismes de création monétaire et du crédit prônée dans l’article.

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  3. grosrené dit :

    « Si l’économie a besoin de monnaie supplémentaire, le système bancaire peut la créer comme aujourd’hui, la création monétaire étant en quelque sorte partagée entre la puissance publique et les banques. »

    Je n’arrive pas à être convaincu de l’utilité et de la viabilité d’un système où l’on conserve la création monétaire privée.

    On a bien vu que lorsque les banques créent de la monnaie, elle est toujours limitée dans le temps (la durée de remboursement du prêt). Avec une création monétaire basée sur le crédit, on ne pourra jamais financer de manière pérenne la croissance de l’économie. Il y aura inévitablement un moment où l’endettement général devient trop important et où l’économie entre en crise en commençant par des faillites (bulles spéculatives ?).

    Il me semble que le financement privé peut seulement, s’il est fortement régulé (le système 100% monnaie ?), opérer un déplacement du financement d’activités obsolètes (ou jugées comme telles) vers d’autres activités plus rentables. Autrement dit, il faudra retirer l’argent de quelque part avant de l’amener autre part.

    Le problème, c’est que les activités utiles au bien commun sont rarement les activités rentables. Peut-on vraiment laisser une large place au financement privé ?

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  4. jerome flon dit :

    Où est passé Chris06 qui nous aurait refait le coup du système de fixation des changes libres ou flottant!!
    Est ce que le 100 % monnaie répond à ces remarques qui me semblaient correctes?
    (c’est vrai que je pourrais relire le 100% pour savoir…c’est d’ailleurs ce que je vais faire de ce pas!!)

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  5. bernarddo dit :

    Dans cette affaire de monnaie, je suis surpris de ne pas trouver cité, dans les mécanismes de destruction de monnaie, le phénomène de la spéculation.

    En effet, les quantités de monnaie affectées aux opérations de rachat de plus-values qui sont affectées au même bien, alors même qu’il n’a pas évolué physiquement sont des destructions temporaires de monnaie, qui ne vont que précéder le fatal passage par 0 de ce bien au détriment des spéculateurs perdants, car, évidemment, le réel l’emporte toujours.

    La spéculation est le plus important phénomène de destruction de monnaie à mon sens, assimilable à une hyperconsommation de monnaie par le spéculateur, pour une production nulle.

    On peut dire que le capitalisme n’est qu’une généralisation du système de la spéculation, quand il a réussi à légitimer comme capital la propriété des moyens de production (qu’il tend à assimiler actuellement à l’ensemble des biens et des ressources du travail), avec l’alibi de la production et surtout de sa croissance.

    Le problème est que l’imposture de la spéculation généralisée est suffisamment puissante pour s’être légitimée à travers le langage impersonnel de l’économie et l’anonymat des décisions boursières et bancaires, et assure sans rire se déclarer IRRESPONSABLE, (c’est le seul sens que l’on peut donner au fameux « too big to fail »), et qu’il faut donc éternellement « recapitaliser » cette spéculation par les Etats, alors même qu’elle s’est proclamée indépendant de ceux-ci et l’a concrétisé par la conquête libérale de l’indépendance des banques centrales et des bourses.

    Comment en effet peut-on soutenir la légitimité de la spéculation sur la valeur capitalistique d’une entreprise alors qu’elle a été acquise à crédit et que ce prêt a été remboursé par des amortissements qui ont été prélevés sur le produit du travail de ses employés?
    Il en résulte que cette « valeur » n’existe pas, hors cette balance emprunts/amortissements.
    Et on constate, fort logiquement d’ailleurs, que cette « valeur » disparaît automatiquement (quand elle ne se transforme pas ipso facto en déchet!) dès lors que cette production ne peut plus être assurée?

    Il me semble donc que le problème général de la maîtrise des processus de création de la monnaie ne peut être séparé de celui de la maîtrise des moyens de sa destruction.

    Les pays ne vivent donc pas au dessus de leurs moyens, comme on essaie de nous le faire croire, mais ont de plus en plus de peine à financer la généralisation de la spéculation.

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    • Opp's dit :

      Il y a une certaine confusion dans les raisonnements et un manque de perspectives.
      La Grande Spéculation est d’un autre ordre que la petite spéculation boursière sur l’économie réelle.

      La G.S. se loge dans nos renoncements, nos facilités, dans le Grand Mensonge que constitue la création monétaire comme palliatif perpétuel à tous nos problèmes.

      La G.S. ne spécule que parce que le G.M. , englué dans le déni de réalité , lui demande de ‘Couvrir’ le Grand Risque .
      Le Grand Risque que le Grand Mensonge n’éclate.

      Bien entendu , la G.S. ne peut pas être éternelle , car effectivement il n’y a pas de réelle valeur derrière , puisqu’elle couvre un Risque qui ne peut être couvert.

      A la limite , cette masse financière n’existe pas , et pourtant elle fonctionne à nos dépens , en amplifiant les choses et en pompant de la valeur sur notre dos.

      Lorsqu’elle explosera , il y aura bien destruction de cette valeur illusoire, mais une parties des richesses nous aura bien été confisquée par les plus forts … et par les pays les plus forts.
      Et la note sera sur notre dos ou plutôt glissera de dos en dos suivants les rapports de forces.

      Donc la G.S. , bien entendu procédera à la destruction de la valeur, au travers de multiples destructions , dont celles de certaines monnaies.

      Deux remarques :
      A) – Si, les beaucoup de pays vivent au dessus de leur moyens. Mais vivre au dessus de ses moyens signifie quelque chose de très précis, jamais explicité : c’est stimuler l’économie au prix d’un désordre juridique monétaire ou l’on remet à demain le soin de dire clairement qui supporte le risque de non-paiement , donc de paiement . Qui paye ?

      Bien entendu , une mauvaise répartition ‘objective’ (si cela a un sens !) des richesses et des revenus n’arrange pas les choses …
      Mais le pire est que cette masse monétaire illusoire qui pompe notre labeur, donne l’impression que la richesse a augmenté et que l’injustice est encore plus grande.

      Chacun veut donc sa part d’argent gratuit , sa part de vent , sans voir que par tout un tas de circuits détournés , ces dettes sont accrochées à son propre dos. Car le dernier domino c est nous-même.

      B)- Le déni de réalité n’est pas un aveuglement devant la réalité , mais la prétention de penser que la redistribution systématique aura raison du principe fondamental que chacun de nous à un moment donné, ne veut pas travailler pour les autres , ne veut pas payer pour les autres, et veut donc tout simplement appliquer le système de réciprocité dans les échanges. . , même filtré et médiatisé par les rapports de forces

      Ps/ La France est étrangement absente de la crise européenne et on constate que c’est l’Allemagne seule qui à présent pose les fondements du débats et donc impose sa vision. La normalitude aurait-elle un revers ?
      Au moins, nous sommes en face de nous-même , c’est déjà ça … à condition qu’on s’en compte au lieu de s’endormir dans les files de distribution de sucettes.

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      • A-J Holbecq dit :

        Beaucoup de vrai dans ce que tu écris ici, Opp’s. Je ne ferai qu’une seule « objection ».
        La création de monnaie devrait précéder l’investissement (privé ou collectif) et évidemment rester compatible avec l’espérance future de croissance du PIB (je sais qu’il faudrait un autre indicateur, je devrais plutôt dire « bien-être ») plus l’inflation prévisible. Je rappelle qu’en 2000 la BCE disait « viser » une croissance de la masse monétaire de 4,5%/an. En fait elle l’a laissée filer à plus de 10% par an sur la période jusqu’en 2007 ou 2008.
        La spéculation est issue de ces 6% de différence, sans compter qu’il est impossible de vérifier, lorsque les banques spéculent pour compte propre, que les sommes mises en jeu ne dépassent pas largement leur capacité « raisonnable » de création monétaire: en fait elles créent la monnaie (leur monnaie) POUR spéculer…

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  6. A-J Holbecq dit :

    Là j’avoue que je ne comprends pas ce raisonnement sur le fait que la spéculation détruirait de la monnaie.
    Quand un spéculateur « gagne » un autre « perd »… mais l’émission initiale de monnaie (qui n’est qu’un engagement de payer) est le fait des banques qui « couvre » les montants mis en jeu.
    Je suis prêt à considérer d’autres causes, mais pour le moment je pense encore que la monnaie n’est détruite que dans un seul cas: lorsque le réseau bancaire qui l’a émise la détruit par effacement simultané d’un actif et d’un passif (le problème des sortie de devises qui détruisent simultanément de la monnaie « locale » est un autre processus au niveau de la Banque Centrale)
    Mais je suis d’accord sur le fait que « le problème général de la maîtrise des processus de création de la monnaie ne peut être séparé de celui de la maîtrise des moyens de sa destruction. »

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  7. bernarddo dit :

    Il me faut donc expliquer le raisonnement. En effet, la spéculation ne « détruit » pas « technologiquement » la monnaie, domaine dans lequel les mécanismes bancaires dont tu parles sont seule en cause.
    Le mécanisme est différent, mais bien réel, la monnaie n’est pas une seulement une marchandise. Un exemple, caricatural, suffira à le comprendre.

    Prenons le cas d’une maison que A a acheté 200 000 €, qu’il revend avec plus value à B, lequel revend à C, etc…, jusqu’à ce que la dernière transaction amène le prix à 1 000 000 €.

    La maison est la même, le service qu’elle rend est le même.
    Cela signifie donc que, dans que l’estimation générale de la valeur de ce service, la monnaie ne vaut plus que 20 % de sa valeur initiale.

    Si on étend ce phénomène des plus-values à l’ensemble des biens, on crée, à égal indice de satisfaction, un BESOIN de monnaie égal à 4 fois la masse monétaire existante.
    C’est « l’absence » de cette monnaie que j’assimile à une « destruction », destruction fictive certes, mais qui est très présente dans les esprits.
    En effet, on comprend mieux le conditionnement par l’information qui tend à faire passer pour des « attardés mentaux » tous ceux qui contesteraient le bien-fondé de cette dérive.

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    • A-J Holbecq dit :

      D’accord, je comprends ce point de vue « utilitaire » de la monnaie. Étendu à l’ensemble des biens de consommation (ce qui n’est pas le cas de l’immobilier) , il s’agit simplement d’inflation, laquelle est « l’euthanasie du rentier », mais également, depuis que les salaires ne peuvent plus être réévalués automatiquement, celle des salariés ou plus généralement des petits revenus.

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      • A-J Holbecq dit :

        l’expression ne me revenait pas quand j’ai commenté; je voulais parler de  » l’échelle mobile des salaires » …

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        • bernarddo dit :

          On n’est pas encore tout à fait en phase.

          Il ne s’agit pas vraiment d’inflation, puisqu’il n’ y a pas de création de monnaie,
          Je ne sais pas le sens que vous donnez à l’expression « point de vue utilitaire » mais elle semble sous-entendre qu’il s’agirait simplement pour un observateur (vous, moi) de constater une caractéristique intrinsèque de la monnaie.

          Je réfute cette vision: cette érosion de la valeur d’usage par rapport à la valeur d’échange n’a rien d’intrinsèque, mais est au contraire une construction consciente et volontaire, subtilement promue dans toute la publicité, et possède de nombreux avantages pour les classes qui n’ont pas à tirer leurs revenus du travail. En effet, et simultanément:
          – elle mobilise préférentiellement la monnaie existante vers les échanges entre hauts revenus,
          – elle permet de créer le « besoin » de monnaie et donc de justifier sa création par le mécanisme de l’intérêt tout en condamnant à la condition d’emprunteurs tous ceux qui, n’ayant pas de revenus propres leur permettant de suivre le mouvement, s’endettent pour ne pas subir ce déclassement.

          Il s’agit tout simplement du « moteur » du crédit à la consommation, qui justifie ce type de crédit , et la création de monnaie qui va avec, et par là même, bien loin de l’euthanasier, fournit ses revenus au rentier via l’intérêt financier.

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        • A-J Holbecq dit :

          Dans votre exemple  » Prenons le cas d’une maison que A a acheté 200 000 €, qu’il revend avec plus value à B, lequel revend à C, etc…, jusqu’à ce que la dernière transaction amène le prix à 1 000 000 €.  » il y a bien création de monnaie …

          Désolé si je n’ai donc pas encore compris ce que vous voulez dire.

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  8. bernarddo dit :

    Dites -moi donc OU, que je ne meurre pas idiot ? Ma thèse est que UNE création de monnaie est forcément nécessaire pour maintenir le système en équilibre, mais que le processus en lui-même n’en crée pas, tout au moins tant que je cherche pas à savoir si B, C, D etc … n’a pas eu recours à cette création.

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    • A-J Holbecq dit :

      Vraiment désolé, ce n’est pas de la mauvaise volonté (si c’était le cas je ne répondrais pas), mais je ne comprends toujours pas, ma réponse est donc sans doute à côté de la plaque.
      Oui une création de monnaie nouvelle est forcément nécessaire pour que la masse monétaire ne décroit pas au fil des remboursement de crédits. Mais la vitesse de circulation peut augmenter (il y a des limites pratiques) de telle manière à ce qu’une masse monétaire stable ou en décroissance permette plus de croissance (c-à-d d’échanges, à des prix stables ou même croissants)
      Donc, effectivement, si je vous suis bien, le processus en lui-même ne crée pas de monnaie. Je dirais que c’est la demande de monnaie qui crée la monnaie (avec l’accord du banquier) ?

      PS: J’espérais avoir plus de précision avec le lien sur votre nom mais il n’est pas opérationnel.

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      • raphael dit :

        slt a tous.
        Il me semble que bernarddo, à travers ses exemples « d’inflations d’actifs » et de prise en otage de la monnaie par la « spéculation »/sphère financière de manière plus générale, pointe du doigt le ralentissement de la vitesse de circulation de la monnaie, non ?
        Ce qui tend logiquement à créer un « manque » de monnaie, ou un besoin d’en créer plus…
        N’est-ce pas cela ?

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        • raphael dit :

          bernarddo :
          <>

          La thèse me semble juste.
          Dans le sens ou le ralentissement de la vitesse de circulation de la monnaie que, il me semble, vous essayez de mettre en lumière créer forcément un manque/besoin de plus de monnaie toutes choses égales par ailleurs, mais que les plus-values liées à l’inflation des actifs ne sont pas une création monétaire.

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  9. bernarddo dit :

    vous m’avez parfaitement compris. Et dans la mesure où les transactions de type plus-values portent sur des sommes énormes, il est évident qu’elles « immobilisent » beaucoup de monnaie, ce qui crée le ralentissement.

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  10. bernarddo dit :

    Ceci étant, ma thèse principale est que l’intérêt financier est LA cause fondamentale du déséquilibre, puisque seule est légitime l’obligation de rembourser la somme empruntée, et que ce ne peut être réalisé que si cette garantie est apportée, en connaissance de cause, par le pouvoir politique étatique, au travers de mécanismes comme la création monétaire inflationniste qui lui permet de rembourser la dette impayée, et dont il a le pouvoir d’en redistribuer équitablement les effets sur le peuple qui est démocratiquement solidaire de son gouvernement.

    Dans le cadre de prêts privés, je conçois que le risque du prêteur soit compensé par un intérêt. Dans ce cas, il n’y a que transfert de monnaie et cela reste une affaire privée, associée à l’idée de « risque ».

    Tout notre problème est que les deux processus ont été imbriqués depuis 1973, et qu’il s’agit fondamentalement de prêts privés cosmopolites, qui prétendent à la fois rémunérer leur risque via l’intérêt qu’ils réclament (ce qui est illégitime puisqu’il a été pris comme contrepartie de l’espérance d’un gain sans travail), et annuler ce risque en exigeant le remboursement non seulement du capital, mais aussi des intérêts.

    Ce qui est à la fois absolument inimaginable pour un esprit rationnel, et inacceptable pour un être moral.

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  11. A-J Holbecq dit :

    @Bernarddo, Raphael

    Je ne pense pas que votre conclusion soit juste. La vitesse de circulation de la monnaie est une simple constatation (PIB/M) . Dans le cas de ventes immobilières à prix croissant la monnaie change de main, c’est tout.
    D’une manière générale, je ne pense pas qu’on immobilise de la monnaie (c’est un débat difficile que j’ai eu avec Jean Bayard); la seule monnaie qu’on puisse immobiliser c’est la monnaie fiduciaire.

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  12. raphael dit :

    Une trappe a liquidités serait la bonne expression, plutôt, non ?
    D’ailleurs, effectivement, on peut imaginer que la monnaie circule très vite dans la sphère « spéculative »… Sans redescendre pour autant dans le monde réel.

    « Ceci étant, ma thèse principale est que l’intérêt financier est LA cause fondamentale du déséquilibre »
    Ok là dessus, je pense.

    « Dans le cadre de prêts privés, je conçois que le risque du prêteur soit compensé par un intérêt.
    […]
    (ce qui est illégitime puisqu’il a été pris comme contrepartie de l’espérance d’un gain sans travail) »
    Pour moi, l’intérêt n’est justifiable que s’il vient d’une épargne préalable.
    pourquoi un revenu sans travail serait-il légitime ?

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  13. bernarddo dit :

    @ Raphael et A-J H

    J’aime bien l’idée de la trappe sectorielle à liquidités: elle n’alimente que les agences immobilières et l’industrie du luxe qui sont les activités qu’elles font travailler, les autres domaines étant lésés.

    @Raphael

    « pourquoi un revenu sans travail serait-il légitime ? »

    Je ne vous le fais pas dire, et je suis OK la-dessus.
    Mais, il faut être cohérent: si une épargne « rapporte », c’est bien un gain sans travail, ce n’est donc pas plus légitime.

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  14. raphael dit :

    « Mais, il faut être cohérent: si une épargne “rapporte”, c’est bien un gain sans travail, ce n’est donc pas plus légitime. »
    Je ne suis pas d’accord,
    dans le cas de l’épargne prêtée, il y a bien légitimité de l’intérêt :
    L’épargne correspond à une renonciation à une consommation/production « supplémentaire ». Une rémunération à cette privation me parais normale.

    Pour de l’argent crée ex-nihilo, seul la facturation « du coup de stylo » sur les comptes me semble légitime…

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  15. bernarddo dit :

    Vous êtes victime apparemment du « noeud  » de la manipulation!

    Avoir fait croire que renoncer à une consommation est une vertu!, alors qu’il ne s’agit que d’une hypocrisie et d’une aberration économique.

    1 Sur le plan moral: Je n’ai aucune raison de récompenser ceux qui prétend se flageller, j’ai juste envie de le plaindre.

    2 Sur le même plan moral: je ne peux m’empêcher de penser que c’est justement pour ce gain d’argent sans travail qu’il prétend se flageller. Je le soupçonne, le mot est faible, d’hypocrisie.

    3 Sur le plan économique, freiner la circulation de l’argent est une aberration.

    4 Sur le plan de l’équité: je ne comprendrai jamais quelle est a raison qui fait que, sans risque de non remboursement pris à titre privé, l’argent n’aurait pas la même valeur pour celui qui n’en a pas devant lui et qui doit avoir recours à l’emprunt, que pour celui qui a pu en accumuler lui-même, ou a profité de la situation laissée par ses ancêtres pour cela, et peut se présenter en créancier.

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  16. james dit :

    Prêter de l’argent épargné peut être considéré comme un service rendu à celui qui en a besoin…une location, en quelque sorte.
    Il est légitime de rémunérer un service, non ?
    Après, la question de savoir comment a été gagné l’argent épargné puis prêté, cela mérite discussion…

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