233 – Mythes et dogmes (2)

De l’excellent site d’Alain Grandjean
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Pour en finir avec le Dogme

Posté le janvier 19th, 2012

(Cet article fait suite à une série de posts sur le Dogme)

Nul ne peut affirmer que l’Euro va survivre à 2012, année de très grosses émissions obligataires de la part des Etats européens  et des banques. La perte du  Triple A[1] est de mauvais augure tout comme le blocage de la négociation avec les créanciers privés de l’Etat grec ; il semble bien que certains fonds, « gavés » de CDS n’aient pas intérêt à apporter leurs titres sur la table[2]. Sur un plan complètement différent, nul ne sait si la combinaison d’un durcissement des opinions publiques américaines et israéliennes,  de tensions avec l’Iran, et de pression sur le pétrole ne va pas conduire aux scénarios malheureusement les plus classiques de sortie de crise économique : des conflits qui réactivent les dépenses militaires. En revanche, il est clair que nous vivons les derniers jours de la toute-puissance du Dogme. Il montre chaque jour un peu plus sa nocivité et son inadéquation aux réalités. Mais il est cependant encore vivace, et son agonie pourrait être longue et coûteuse pour ceux et celles dont il exige le sacrifice. Il reste donc essentiel de l’achever !

Au fait de quoi s’agit-il ? Il y a quelque temps on parlait de « pensée unique », certains évoquent «l’ ultra-libéralisme ou le néo-libéralisme [3] ». Si vous avez la chance de parler en petit comité avec un thuriféraire de cette « pensée » il va vous présenter comme scientifiquement acquises[4] quelques idées simples. Le dogme tient en ces quelques idées, évidemment abondamment justifiées par moult études et « exemples archétypiques »[5] et par ailleurs adroitement compliquées pour que le commun des mortels ait le sentiment que tout cela c’est du solide mais que ça le dépasse …

Ce  Dogme a évidemment des variantes en fonction des contextes historiques géographiques et institutionnels. On doit à John Williamson de l’avoir formulé dans le cadre des plans de restructuration (dits également « plans d’ajustement structurels ») pilotés par le FMI. C’est le « consensus de Washington ». En voici une version en quelques phrases[6].

  1. Stricte discipline budgétaire visant à équilibrer les comptes publics en limitant les dépenses publiques
  2. Discipline budgétaire s’accompagne d’une réorientation[7] des dépenses publiques des secteurs offrant à la fois un fort retour économique sur les investissements, et la possibilité de diminuer les inégalités de revenu (soins médicaux de base, éducation primaire, dépenses d’infrastructure) ;
  3. Réforme fiscale (élargissement de l’assiette fiscale, diminution des taux marginaux) visant en théorie à favoriser la création de richesses[8] ; en pratique elle conduit à augmenter massivement les inégalités.
  4. Libéralisation des taux d’intérêt et leur  fixation sur le marché
  5. Taux de change unique et compétitif et bien sûr mise en place de changes flottants
  6. Libéralisation du commerce extérieur  pour mettre en place le libre-échange des marchandises
  7. Elimination des barrières aux investissements extérieurs (libre circulation des capitaux)
  8. Privatisation des monopoles ou participations ou entreprises de l’État, qu’il soit — idéologiquement — considéré comme un mauvais actionnaire ou — pragmatiquement — dans une optique de désendettement ; l’Etat doit se limiter aux fonctions régaliennes (sécurité intérieure, armée, justice) et au plan économique à assurer une concurrence libre et non faussée entre les agents économiques.
  9. Dégréglementation des marchés (par l’abolition des barrières à l’entrée ou à la sortie) ;
  10. Protection de la propriété privée, dont la propriété intellectuelle. Plus généralement l’idée que l’entreprise doit être gérée en fonction des intérêts exclusifs de ses actionnaires[9].

Dans le cadre de l’Euro[10], se rajoute ce qui concerne la gestion de la monnaie qu’on peut résumer en quelques phrases :

  • 11 : La monnaie (M1 celle qui circule dans l’économie) est créée par les banques secondaires et c’est bien ainsi. La Banque centrale ne doit créer que la monnaie centrale (M0, pour assurer la liquidité du système bancaire) et agir sur les taux d’intérêt pour piloter la création monétaire de second rang. Techniquement elle doit appliquer la « règle de Taylor «  qui permet de calculer, en théorie, le taux à court terme souhaitable en fonction de quatre critères simples[11].
  • 12 : Le problème économique majeur c’est l’inflation, source de distorsions économiques et potentiellement de graves désordres. L’inflation est toujours un phénomène d’origine monétaire. La monnaie ne peut avoir d’effet sur l’activité économique.
  • 13 : La banque centrale doit avoir  pour mission exclusive de limiter la hausse des prix à une cible étroite (2 à 2,5%) ; pour ce faire elle doit rester indépendante des gouvernements. Il en résultera des taux d’intérêt à long terme les plus bas possibles
  • 14 : Elle ne doit en aucun cas financer les déficits publics (par monétisation de la dette)  pour éviter tout dérapage budgétaire  et être un des garants du point 1 de la doxa.

Un échec retentissant

Ce dogme a effectivement bien été mis en œuvre dans les dernières décennies. Concernant la zone Euro, il a même acquis la force d’un traité : c’est le cœur technique du Traité de Maastricht, transformé en traité de l’Union Européenne. Il a conduit à un désastre économique, social et écologique. Certaines des réformes qu’il a permises étaient de bon sens : mettre de la concurrence quand on peut et sortir des monopoles (ou pire de la domination d’administrations corrompues) est évidemment souhaitable.

Mais aucune des assertions qu’il considère comme « toujours vraies » ne résiste à l’analyse critique. Les économistes les ont toutes  démontées.[12] Le problème du Dogme c’est bien son caractère dogmatique… Limitons nous à trois  exemples.

  1. Il est faux de dire que l’inflation est toujours d’origine monétaire. La hausse des prix que nous avons subie dans la décennie 70 provient évidemment du choc pétrolier. Inversement c’est le contre-choc pétrolier et non la hausse des taux d’intérêt décidée par  le président de la Banque Fédérale américaine Paul Volcker en 1979 qui a permis de retrouver une inflation basse à partir de la fin des années 80.
  2. Il est faux de dire que la « grande modération » c’est-à-dire la faible hausse des prix de détail (hors logement) que les économies occidentales ont connue depuis la fin des années 80 est due à la politique monétaire des banques centrales. C’est une coïncidence. La pression sur les prix due à la concurrence des pays émergents et la désindexation des salaires en est une explication bien plus convaincante.
  3. Le libre-échange ne conduit pas à un optimum économique ni en théorie[13] , ni en pratique. Le protectionnisme s’est pratiqué sous bien des formes (via les normes, la gestion des prélèvements obligatoires, ou via les tarifs) et dans bien des cas au bénéfice des parties considérées.

Les faits ont démontré l’échec du Dogme. La crise écologique et la tension sur les ressources s’aggravent. Les crises financières se multiplient et montrent que les marchés financiers ne sont pas efficients (points 7 et  9 du Dogme). Les dettes publiques et privées échappent à tout contrôle.  La Banque Centrale est amenée à contrevenir à sa propre doctrine en prêtant massivement  aux banques pour leur éviter la faillite. Le chômage et  la sous-activité non choisie  restent  un fléau majeur de nos économies. Les inégalités s’accroissent au point de devenir socialement intolérables. Les revenus financiers deviennent aberrants, leur part du revenu national sans rapport démontrable avec leur intérêt social…Cette croissance est évidemment due à la  possibilité pour ces acteurs de bénéficier d’effets de levier considérables (la création monétaire bancaire permettant de développer l’activité de crédit vers les opérations de marché les plus rentables et les plus risquées. Elle a permis la création de mastodontes bancaires « too bigs too fail » se mettant en position de chantage et dont le sauvetage a nécessité une intervention massive des Etats et a engendré une part significative de leurs difficultés actuelles en Europe.

Mettre au pas la finance.

Ayant fait table rase du Dogme,  il nous reste maintenant à proposer des solutions pour sortir du guêpier.  A l’évidence il va falloir agir sur le cœur du capitalisme financier actuel qui est à l’origine de nombre de nos désordres et qui est le plus ardent défenseur du Dogme. Il va falloir en particulier réarmer financièrement les Etats face aux puissances financières considérables des marchés et des banques[14]. L’ampleur et la vitesse de la crise énergétique et écologique nécessitent un programme d’investissements que seul les puissances publiques pourront assumer, par création monétaire directe de la Banque Centrale[15]. Mais sans régulation simultanée des marchés financiers ces liquidités finiront par se retrouver dans les « trous noirs » que constituent ces marchés, alimenter la production de bulles et tous les désordres qui en résultent.

Les propositions centrales, au plan monétaire et financier[16],  vont consister à :

  • mettre la création monétaire au service d’un grand plan de transition énergétique et écologique pour accélérer la transition de notre modèle de développement vers un modèle soutenable, bas carbone et sobre en ressources.
  • faire la chasse aux paradis fiscaux, interdire les opérations de gré à gré pour que la réglementation des activités bancaires et financières redeviennent possible, abolir la directive M.I.F.[17].
  • mettre en place des règles qui interdisent les activités les plus déstabilisantes[18], permettent de réduire l’effet de levier et encadrent les activités spéculatives légitimes.
  • séparer les activités bancaires socialement indiscutables  (prêts aux particuliers et aux entreprises de l’économie réelle, gestion de l’épargne, gestion des couvertures de risques ..) qui peuvent et doivent bénéficier de garanties publiques (notamment des dépôts bancaires) des activités de marché ou des activités de capital investissement.
  • imposer des règles comptables  qui ne permettent pas de camoufler une situation désastreuse [19]et des ratios prudentiels qui soient plus exigeants et contracycliques [20]

Il faut évidemment rentrer dans le détail de ces mesures pour qu’elles puissent être applicables.

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Notes :

[1]Qui a comme effet principal d’augmenter le coût du crédit, à la fois pour l’Etat français, mais en cascade aux administrations territoriales, au FEFS (car la décision ne concerne pas que la France,) et aux grandes entreprises. Cette perte n’est en soit pas la fin du monde mais elle contribue, dans le cadre de la pensée unique, à renforcer des mesures d’austérité, absurdes. Voir par exemple l’article d’Henri Sterdyniak dans le journal LIbération du 17 janvier

[2] Voir la Tribune du …

[3] En Allemagne on parle aussi d’ordolibéralisme

[4] Et il pensera que si vous ne les partagez pas c’est sans doute que votre formation économique laisse à désirer…

[5] Comme l’hyperinflation de Weimar en 1923 supposée démontrer que la « planche à billets » c’est toujours inflationniste…alors que la cause des difficultés économiques de l’Allemagne est tout simplement l’exorbitant montant des réparations de guerre exigées lors du traite de Versailles (voir la monnaie dévoilée) . Ou comme le danger du protectionnisme « démontré » par la crise de 1929, qui a en effet conduit à des comportements protectionnistes, sans que ceux-ci soient la cause de la dite crise (voir inévitable protectionnisme).

[6] Je me suis inspiré de l’article correspondant dans Wikipédia

[7] On ne peut qu’être favorable à ce point 2 qui vise les Etats de la planète les plus corrompus où les « dépenses publiques » visent essentiellement l’enrichissement des dirigeants

[8] Poussé dans ses retranchements le « néolibéral » affirmera que les inégalités sont nécessaires à la croissance économique. Position très proches des économistes classiques pour qui la pauvreté était un stimulant économique indispensable…

[9] Suivant les recommandations de Milton Friedmann dans un article célèbre paru en 1970 dans le New York Times  Magazine.

[10] Qui est paradoxalement d’essence plus disciplinaire encore que la vision anglo-saxonne du rôle des banques centrales. Ce paradoxe est lié à la difficulté d’une politique monétaire unique dans une « zone monétaire » évidemment non optimale où la compétition entre Etats pourrait conduire certains d’entre eux à des comportements de passagers clandestins, bénéficiant des efforts des autres sans les faire eux-mêmes.

[11] Le taux de croissance, le « différentiel de croissance » (out-put gap) entre la croissance observée et la croissance potentielle, le taux d’inflation  observé et le taux d’inflation cible. N’insistons pas ici sur le fait que le PIB est un très mauvais indicateur macroéconomique puisqu’il ne tient aucun compte des enjeux écologiques…

[12] La littérature académique est abondante sur ce sujet. Il suffit de lire les ouvrages de quelques auteurs comme Gael Giraud, Jean-Luc Gréau , Jacques Sapir, ou les livres des Economistes Atterrés pour se convaincre de la distance entre le Dogme et les réalités économiques.

[13] Voir entre autres G. Giraud, « Plaidoyer pour un protectionnisme européen », Revue Projet n° 321, avril 2011.

[14] Les actifs des 3 plus grandes banques françaises représentent 250 % du PIB,  soit  5000 milliards d’euros…

[15] Voir « financer l’avenir sans creuser la dette »

[16] Les propositions visant à « internaliser » les coûts de la dérive climatique par une taxe carbone ou un marché carbone efficace, ceux de l’érosion de la biodiversité restent plus que jamais d’actualité !

[17] La directive européenne MIF est entrée en vigueur en 2007. Elle a permis la création de des Systèmes multilatéraux de transactions (MTF) et des «  dark pools », et rendu impossibles la connaissance globale d’opérations comme les ventes de CDS. Une entreprise peut ne pas savoir maintenant à quel cours sont échangés ses titres. Elle peut se voir rationner l’accès au crédit parce que des fonds ont spéculé sur des CDS sur son titre…Bref cette directive a organisé l’opacité, au moment même où il fallait faire l’inverse.

[18] Comme le trading algorithmique haute fréquence

[19] Suite à la crise de 2008, les banques ne pouvaient plus comptabiliser leurs actifs en valeur de marché (puisque ces actifs ne faisaient plus l’objet de transactions) ; elles ont été autorisées à les comptabiliser à partir de modèles internes, évidemment discutables…Il est évident du coup que le niveau souhaité de  distribution de bonus n’est pas étranger aux hypothèses retenues dans ces modèles.

[20] Les ratios imposés par l’actuel règlement Bale III poussent les banques à limiter drastiquement leurs concours à l’économie, c’est exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire aujourd’hui.

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21 commentaires pour 233 – Mythes et dogmes (2)

  1. BA dit :

    Mardi 28 février 2012 :

    Chronique d’un crash annoncé : l’ouverture des vannes à liquidité de la BCE est-elle une fuite en avant ?

    http://www.atlantico.fr/decryptage/ouverture-vannes-liquidite-bce-est-elle-fuite-en-avant-mario-draghi-dette-faillites-banques-philippe-herlin-298113.html

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  2. BA dit :

    Jeudi 1er mars 2012 :

    Un groupe secret de créanciers de la Grèce se réunit en urgence aujourd’hui.

    Un groupe secret de représentants de 15 grandes banques, fonds d’investisements et fonds spéculatifs se réunit jeudi pour décider si la restructuration de la dette de la Grèce doit déclencher des paiements pour les détenteurs de titres dérivés, écrit mercredi le Wall Street Journal.

    Ces paiements peuvent représenter plusieurs milliards de dollars, alors que la Grèce est proche d’un défaut de paiement. Le groupe doit se réunir jeudi matin pour décider si la restructuration de dette de la Grèce est à même de déclencher des paiements pour les détenteurs de titres de couverture de défaillance ou « credit default swap » (CDS), qui fonctionnent comme une assurance contre un événement, explique le Wall Street Journal.

    L’impact de cette décision pourrait dépasser le marché de la dette grecque et est à même d’affecter les investisseurs à travers les marchés d’obligations européens ainsi que les détenteurs de 2.900 milliards de CDS sur la dette de gouvernements dans le monde. Mais certains investisseurs se plaignent du secret entourant le processus et l’accusent d’être plein de conflits d’intérêt, poursuit le quotidien financier.

    Aucune personne extérieure ne peut participer à la réunion qui est organisée par l’association des swaps et dérivés internationaux, et aucun transcript ne sera distribué.

    Quand une décision sera annoncée, avant lundi, le comité ne fournira pas d’explication. Il n’y aura pas de possibilité de faire appel pour les investisseurs. Si les firmes qui participent au comité sont connues, comme Goldman Sachs Group, Deutsche Bank et Morgan Stanley, les noms de leurs représentants ne sont pas rendus publics, de même que l’exposition de chaque firme ou personne à la dette grecque.

    L’argent en jeu dans les CDS grecs n’est pas énorme, et il ne devrait pas y avoir plus de 3,2 milliards de dollars de paiements nets entre les acheteurs et vendeurs de protections contre le défaut ou la restructuration de dette.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120301trib000685710/un-groupe-secret-de-creanciers-de-la-grece-se-reunit-en-urgence-aujourd-hui.html

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  3. BA dit :

    Jeudi 1er mars 2012 :

    Les créanciers privés ont prêté 200 milliards d’euros à l’Etat grec. Sur ces 200 milliards, les créanciers privés vont perdre 107 milliards, qui ne leur seront jamais remboursés.

    Que croyez-vous qu’il arriva ?

    L’ISDA, association de référence sur les CDS a annoncé jeudi que l’opération de restructuration de la dette grecque ne constituait pas selon elle un événement de crédit  !  !  !

    Mort de rire !

    C’est du pipeau, ces CDS !

    L’ISDA, association de référence sur les CDS a annoncé jeudi que l’opération de restructuration de la dette grecque ne constituait pas selon elle un événement de crédit et que ces contrats d’assurance ne seront pas pour l’heure déclenchés sur la Grèce.

    Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion d’un comité spécifique, l’EMEA Determinations Committee, qui devait se prononcer après avoir été saisi par des créanciers sur deux questions distinctes, a précisé un communiqué de cette association.

    La première question avait trait au fait que les créanciers privés impliqués dans le sauvetage grec subissaient un sort différent de la Banque centrale européenne (BCE), qui elle a pu échanger ses titres grecs sans pertes.

    La seconde portait sur l’effacement d’une partie de la dette grecque par les créanciers privés, qui vont passer des pertes sur leur portefeuille d’obligations du pays.

    Sur ces deux points, l’ISDA a jugé qu’il n’y avait pas d’événement de crédit, sans expliquer dans le détail ses décisions.

    Dans le cas des Etats, les trois cas qui constituent généralement un événement de crédit sont l’incapacité de payer lors d’une échéance de dette, la contestation par le débiteur de la validité de ses engagements ou la restructuration, c’est-à-dire la modification unilatérale par le débiteur des conditions de l’emprunt.

    L’ISDA (International Swaps and Derivatives Association) a toutefois averti qu’elle pourra à nouveau se prononcer sur la Grèce si elle est saisie par d’autres créanciers sur de nouvelles questions, ce qui laisse encore la possibilité de déclencher les CDS à l’avenir.

    La situation de la Grèce évolue encore, a expliqué l’ISDA dans son communiqué.

    Un événement de crédit reconnu par l’ISDA, entraînerait alors le paiement de ces CDS (Credit Default Swaps, contrats d’assurance contre le défaut de remboursement) et permettrait aux détenteurs de ce produit d’être indemnisés sur la base du montant de l’assurance souscrite.

    Au 24 février, 3,25 milliards de dollars de CDS étaient en cours sur la Grèce, en net, pour 4.292 contrats.

    L’accord en Grèce prévoit notamment l’effacement d’environ 107 des 200 milliards d’euros de dette souveraine grecque détenus par les créanciers privés, un montant inédit en matière de restructuration de dette d’Etat ou de défaut.

    http://www.romandie.com/news/n/_Grece_pas_d_evenement_de_credit_selon_l_ISDA_les_CDS_pas_declenches010320121413.asp

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  4. BA dit :

    Jeudi 1er mars 2012 :

    Affaire Madoff : vers une mise en examen de BNP Paribas.

    Selon de très bonnes sources, une mise en examen de BNP Paribas dans l’affaire Madoff est désormais plus que probable. Un arrêt du 30 janvier de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris, dont Mediapart a eu connaissance, est à l’origine de ce rebondissement.

    « La responsabilité de Bernard Madoff n’exclut pas l’hypothèse d’un comportement frauduleux des intermédiaires comme la BNP », dit cet arrêt. Celui-ci valide implicitement la plainte du liquidateur américain des sociétés Madoff, selon lequel la banque BNP a profité d’un «enrichissement injuste ».

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/290212/madoff-vers-une-mise-en-examen-de-bnp-paribas

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  5. BA dit :

    Vendredi 2 mars 2012 :

    L’IIF chiffre une faillite de la Grèce à plus de 1.000 milliards d’euros.

    L’organisation bancaire internationale IIF a chiffré à plus de 1.000 milliards d’euros le coût pour l’économie internationale d’un défaut incontrôlé de la Grèce, dans un rapport remis en février aux dirigeants européens, indique vendredi l’hebdomadaire grec Athens News.

    Selon Athens News, l’Institut de la Finance Internationale – qui a négocié avec le gouvernement grec au nom des créanciers privés un accord de restructuration et de réduction de la dette grecque – juge que la Banque centrale européenne sera particulièrement touchée, de par son exposition à la dette grecque et les actions qu’elle devrait prendre pour éviter une contagion de la crise aux autres maillons faibles européens.

    Selon l’IFF, un défaut de paiement de la Grèce menacerait directement de déstabiliser le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne, victimes suivantes les plus probables.

    L’organisation bancaire internationale évalue les recapitalisations bancaires nécessaires à environ 160 milliards d’euros. Elle estime aussi, selon Athens News, que l’économie européenne paierait une faillite grecque par un ralentissement, réduisant les revenus fiscaux.

    Ce rapport a été remis, d’après l’hebdomadaire, le 18 février aux dirigeants européens, avant qu’ils ne décident, jeudi soir, de finalement lancer le 9 mars un plan de renflouement et de désendettement du pays élaboré en octobre, si entre-temps les créanciers privés d’Athènes acceptent d’effacer un peu plus de 100 milliards de créances.

    Au vu de ces traumas financiers, il est difficile de concevoir que la Grèce pourrait rester un membre fonctionnel de la zone euro en cas de défaut désordonné, note le rapport cité par le journal.

    L’IFF juge également que les retombées sociales et politiques d’un défaut compromettraient l’effort de réforme mené par la Grèce à la demande de ses créanciers.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_IIF_chiffre_une_faillite_de_la_Gr_lus_de_1000_milliards_d_euros__RP_020320121046-27.asp

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  6. BA dit :

    Le Titanic « ZONE EURO » est en train de couler !

    Sauve-qui-peut !

    C’est chacun pour soi !

    Chacun cherche à sauver sa peau, maintenant !

    C’est chacun pour sa peau !

    Vendredi 2 mars 2012 :

    L’Espagne revoit son déficit à la hausse, crise en vue avec l’Union Européenne.

    Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a averti vendredi que l’Espagne ne pourrait pas respecter ses engagements de réduction du déficit public, au risque de provoquer une crise avec ses partenaires européens à l’issue d’un sommet européen marqué par la signature d’un Pacte de discipline budgétaire.

    « L’objectif de déficit public sera pour cette année de 5,8 % du Produit intérieur brut », a-t-il annoncé au cours de sa conférence de presse, prenant tout le monde de cours. Or l’objectif imposé était de 4,4 % pour 2012.

    « C’est un très mauvais signal au moment où l’Europe s’engage à plus de discipline budgétaire », a confié à l’AFP le représentant d’un des 27 Etats de l’UE. « Il revient à la Commission européenne de réagir », a-t-il ajouté.

    Mariano Rajoy n’a informé personne de son intention de briser le Pacte de discipline budgétaire quelques heures seulement après l’avoir signé avec 24 de ses homologues.

    « Je n’ai pas informé les présidents et les chefs de gouvernement parce que je n’ai pas à le faire. Il s’agit d’une décision souveraine que nous Espagnols, nous prenons », a-t-il soutenu au cours de sa conférence de presse.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-espagne-revoit-son-deficit-a-la-hausse-crise-en-vue-avec-l-ue-3cd6f31c81e0e3f2f1ff8133f2da76ee

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  7. BA dit :

    Dimanche 4 mars 2012 :

    Un troisième plan d’aide à la Grèce peut-être nécessaire en 2015 : il serait de 50 milliards d’euros.

    La Grèce pourrait avoir besoin d’un troisième plan d’aide international de 50 milliards d’euros en 2015, affirme l’hebdomadaire allemand Der Spiegel paru dimanche.

    La Troïka, représentant les créanciers de la Grèce (UE, BCE et FMI), aurait écrit dans une version préliminaire de son dernier rapport qu’il n’est pas du tout certain que la Grèce puisse revenir sur les marchés de crédits en 2015.

    Ses besoins en financements externes sur la période 2015-2020 pourraient alors atteindre jusqu’à 50 milliards d’euros.

    Mais Der Spiegel précise également que ce passage a été retiré à la demande du gouvernement allemand.

    L’hebdomadaire affirme par ailleurs que la BCE s’attend au déclenchement de la clause d’action collective (CAC) qui permettra à Athènes de forcer ses créanciers privés récalcitrants à prendre part à l’allègement de la dette grecque.

    Cette clause, contenue dans la loi sur l’opération d’échange d’obligations entre l’Etat grec et ses établissements créanciers, pourra être déclenchée si 66 % au moins des banques participent à l’opération et obligera les créanciers récalcitrants à se joindre au programme d’échange de dette, faisant ainsi passer automatiquement le taux d’adhésion à 100 %.

    L’opération d’échange de dette à proprement parler aura lieu le 12 mars. Elle permettra à la Grèce d’effacer 107 des 200 milliards d’euros de sa dette publique détenus par des créanciers privés.

    Cet effacement est une condition sine qua non pour le versement des 130 milliards d’aides publiques du deuxième plan de sauvetage entériné jeudi à Bruxelles.

    Dans la mythologie grecque, les Danaïdes (en grec ancien Δαναΐδες / Danaídes) sont les cinquante filles du roi Danaos.

    Elles accompagnent leur père à Argos quand il fuit ses neveux, les cinquante fils de son frère Égyptos. Après qu’ils ont proposé une réconciliation, elles épousent leurs cousins et les mettent à mort le soir même des noces sous l’ordre de leur père. Les Danaïdes sont condamnées, aux Enfers, à remplir sans fin un tonneau sans fond.

    Dans la tradition tardive, arrivées aux Enfers, les Danaïdes sont jugées et précipitées dans le Tartare, condamnées à remplir éternellement des jarres percées. Ce châtiment est resté célèbre par l’expression du « tonneau des Danaïdes », qui désigne une tâche absurde, sans fin ou impossible.

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  8. BA dit :

    A propos de l’Irlande :

    L’Irlande pourrait avoir besoin d’un second plan de sauvetage.

    Ireland is likely to need a second bailout when its current aid program ends, rating agency Moody’s warned today.

    In its weekly credit outlook report, Moody’s also warned a No vote in the upcoming fiscal treaty referendum would bar Ireland from receiving further funds under the European Stability Mechanism (ESM).

    The agency predicted the Government would have to rely on the ESM for additional funding after the existing bailout program expires in 2014.

    http://www.irishtimes.com/newspaper/breaking/2012/0305/breaking27.html

    A propos du Portugal :

    Le Portugal pourrait être contraint à demander une aide supplémentaire à ses créanciers.

    « Il y a un risque que l’ajustement budgétaire conduise à une contraction plus grande » que prévu a indiqué au quotidien Jornal de Negocios, l’Ethiopien Abebe Selassié, représentant le FMI au sein de la « Troïka » (UE-FMI-BCE) des créanciers du Portugal.

    En raison des mesures de rigueur – réduction des salaires des fonctionnaires, des retraites et des prestations sociales, hausse généralisée des impôts – l’économie portugaise devrait reculer cette année de – 3,3 % et le chômage atteindre 14,5 % fin 2012.

    Ces mauvaises prévisions ont suscité des craintes selon lesquelles le Portugal pourrait être contraint à demander une aide supplémentaire à ses créanciers voire même une restructuration de sa dette.

    A propos de la Grèce :

    Un troisième plan d’aide à la Grèce peut-être nécessaire en 2015 : il serait de 50 milliards d’euros.

    La Grèce pourrait avoir besoin d’un troisième plan d’aide international de 50 milliards d’euros en 2015, affirme l’hebdomadaire allemand Der Spiegel paru dimanche.

    La Troïka, représentant les créanciers de la Grèce (UE, BCE et FMI), aurait écrit dans une version préliminaire de son dernier rapport qu’il n’est pas du tout certain que la Grèce puisse revenir sur les marchés de crédits en 2015.

    Ses besoins en financements externes sur la période 2015-2020 pourraient alors atteindre jusqu’à 50 milliards d’euros.

    Mais Der Spiegel précise également que ce passage a été retiré à la demande du gouvernement allemand.

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  9. BA dit :

    Jeudi 15 avril 2010 :

    Herman Van Rompuy présente son recueil de haïkus. Les haïkus sont de brefs poèmes japonais. L’article et la photo sont ici :

    http://www.lesoir.be/actualite/belgique/2010-04-15/van-rompuy-presente-son-recueil-de-haikus-764586.php.

    Deux ans plus tard, Herman Van Rompuy nous présente son nouveau recueil de haïkus intitulé : « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée. »

    Le bateau euro
    Est en train de prendre l’eau
    A cause de l’iceberg

    En morceaux tombé
    Le bateau s’est disloqué
    C’est l’affolement

    « Courez ! » crient les sages
    « Les canots de sauvetage
    Femmes et enfants d’abord ! »

    Dans ce Titanic
    Certains prient, d’autres paniquent
    D’autres rient, ou pleurent

    Jose Barroso
    Boit des bouteilles de Porto
    Noyant son chagrin

    Mario Draghi
    Crie : « Fini ! Tout est fini
    Comme Gianfranco ! »

    Catherine Ashton
    Est tombée dans les pommes
    Couchée, la baronne

    Christine Lagarde
    Rigole quand elle me regarde
    On dirait une folle

    Elle dit : « Faut pas s’en faire !
    Les clignotants sont au vert ! »
    Elle ne comprend rien

    Jean-Claude Trichet
    A la retraite s’en est allé
    Seul sur son radeau

    Le navire coule
    Les rats quittent le navire
    Ils ont bien raison

    Moi, je ne bouge pas
    Je récite à haute voix
    Tous mes haïkus

    Moi, je reste à bord
    Je n’ai pas peur de la Mort
    Je vais me noyer

    J’ai de l’eau jusqu’au
    Menton. Mais peu me chaut
    Mon œuvre restera

    J’imagine déjà
    L’épave du Titanic sera
    Un restaurant

    Les requins viendront
    En morceaux ils tailleront
    Mon cadavre bleu

    Les petits poissons
    Mon cadavre finiront
    Mais pas mes lunettes

    Les derniers lambeaux
    Du Titanic « ZONE EURO »
    Seront mes lunettes

    Mes lunettes seront
    Seules, reposant tout au fond
    De la mer mouillée

    (Herman Van Rompuy, « Je m’enfonce dans l’océan humide de ma Destinée », Poésie Gallimard, décembre 2012, dix-neuf francs cinquante)

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  10. BA dit :

    Mercredi 7 mars 2012 :

    La production industrielle espagnole a commencé l’année 2012 dans le rouge, avec en janvier un recul de – 4,2 % sur un an, selon les chiffres publiés mercredi par l’Institut national de la statistique (Ine), alors que le pays s’apprête à renouer avec la récession.

    Cet indicateur, calculé en données corrigées des variations saisonnières (CVS), avait déjà plongé en décembre de – 3,5 %, tandis que, sur l’ensemble de 2011, la production industrielle espagnole a baissé de – 1,8 % par rapport à 2010.

    En janvier, le recul est particulièrement marqué dans les biens de consommation durable (- 8,5 %), les biens d’équipement (- 6 %) et les biens intermédiaires (- 5,7 %).

    Mais les autres catégories sont elles aussi dans le rouge, notamment l’énergie (- 4 %) et les biens de consommation non durable (- 0,9 %).

    Ces mauvais chiffres surviennent alors que le pays devrait replonger en récession dès ce trimestre : privée de son moteur économique, la construction, l’Espagne voit également sa modeste croissance étouffée par les nombreux plans de rigueur auxquels elle doit se soumettre pour réduire, comme promis, son déficit public.

    « Le quatrième trimestre de l’an passé a connu une croissance négative (- 0,3 %, ndlr), et cette tendance va se maintenir durant encore deux trimestres », a reconnu vendredi le ministre de l’Economie Luis de Guindos.

    Le gouvernement a d’ailleurs revu drastiquement ses prévisions économiques pour 2012, avec un recul du PIB de – 1,7 % contre une croissance de 2,3 % prévue par le précédent exécutif, et une poursuite de la hausse du chômage à 24,3 % de la population active.

    http://www.romandie.com/news/n/Espagne_la_production_industrielle_dans_le_rouge_en_janvier__42_sur_un_an070320120935.asp

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  11. BA dit :

    Jeudi 8 mars 2012 :

    Le déficit commercial de la France encore plus élevé que prévu.

    Il a été revu à la hausse, pour atteindre 70,1 milliards d’euros en 2011.

    En janvier 2012, il a dépassé 5,324 milliards d’euros.

    Le déficit commercial de la France a augmenté de près de 300 millions d’euros en janvier par rapport au mois précédent, atteignant 5,324 milliards d’euros, ont annoncé jeudi 8 mars les Douanes, qui ont également revu en hausse le déficit record enregistré pour toute l’année 2011.

    Le déficit commercial de l’année 2011 s’élève finalement à 70,1 milliards d’euros.

    Ce déficit s’est nettement creusé l’an dernier par rapport à celui de l’année 2010, qui atteignait 51,839 milliards d’euros.

    Le précédent record, de 56,2 milliards d’euros, remonte à 2008.

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  12. BA dit :

    Jeudi 8 mars 2012 :

    Zone euro : la BCE pessimiste, recul du PIB et inflation attendus en 2012.

    La Banque centrale européenne a revu en baisse jeudi ses prévisions de croissance pour la zone euro, prévoyant un recul de – 0,1 % du PIB en 2012, et un maintien de l’inflation au-dessus de son objectif de moyen terme de 2 %.

    Le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a annoncé jeudi que l’institution tablait désormais sur un recul de – 0,1 % du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro en 2012, contre une croissance de + 0,3 % jusqu’ici.

    La BCE table dans le même temps sur une inflation de 2,4 %, supérieure à son objectif de moyen terme, contre 2 % précédemment, notamment en raison des prix de l’énergie.

    La BCE est également plus pessimiste pour 2013, tablant sur une croissance de 1,1 % en 2013 (contre 1,3 % jusqu’à présent) et une inflation de 1,6 % (contre 1,5 %).

    (Dépêche AFP)

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  13. BA dit :

    Vendredi 9 mars 2012 :

    L’Isda estime qu’il y a eu « évènement de crédit » en Grèce.

    « La Grèce a déclenché le versement des CDS (credit default swaps), ces contrats d’assurance contre le défaut de paiement d’une valeur, en activant une mesure législative obligeant tous les créanciers privés à passer des pertes », a déclaré vendredi l’International Swaps and Derivatives Association (Isda).

    D’après le ministère grec des Finances, les détenteurs de 85,8 % des 177 milliards d’euros d’obligations relevant du droit grec ont donné leur accord à l’échange de titres.

    En prenant en compte l’activation des « clauses d’action collective » (CAC), une mesure annoncée par Athènes qui contraindra les récalcitrants à accepter l’échange, cette proportion atteindrait 95,7 %.

    La conclusion de l’Isda pourrait se traduire par le versement de 3,16 milliards de dollars, même si le montant final devrait être inférieur à ce total puisque les créanciers n’ont pas perdu la totalité de leurs investissements initiaux.

    http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE8280DE20120309

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  14. BA dit :

    Bon, maintenant, la question est :

    Quand aura lieu le troisième plan de sauvetage de la Grèce ?

    Dans deux ans ?

    Ou alors dans trois ans ?

    Quand les contribuables de la zone euro devront-ils une troisième fois jeter des dizaines de milliards d’euros dans le tonneau des Danaïdes ?

    Un nouveau plan pour la Grèce probable d’ici deux à trois ans.

    Après l’effacement de dette historique avec ses créanciers privés, Athènes risque d’être obligée de demander aux créanciers publics d’alléger son fardeau.

    La diffusion d’un document confidentiel du FMI montre l’étendue du problème : pour que la trajectoire de dette grecque revienne à un niveau soutenable, fixé à 120 % du PIB d’ici 2020, il aurait fallu qu’au moins 95 % des investisseurs participent à l’opération d’échange bouclée jeudi 8 mars. Dès lors, pour un certain nombre de spécialistes, la restructuration historique qui est en cours n’empêchera pas un nouvel effort des créanciers dans quelques années.

    « Les estimations de croissance retenues pour la Grèce à moyen terme sont trop optimistes », souligne Jacques Cailloux, chez RBS. Il rappelle que la Troïka, dans son premier rapport, avait par exemple anticipé une contraction de l’activité de 2,6 % en 2011, alors que la réalité risque d’être plus proche de 6 %. « Pour l’avenir, nous prévoyons une croissance de 2,5 % à partir de 2015, alors que la Troïka table sur 4 %. »

    Autre hypothèse irréaliste selon l’économiste de RBS : la balance primaire (balance budgétaire hors intérêts de la dette). « Le scénario d’un excédent primaire moyen de 4,5 % sur la période 2014-2020 ne tient pas. » Dès lors, pour Jacques Cailloux, sans un nouveau plan d’aide, le niveau d’endettement par rapport au PIB risque d’atteindre 160 % en 2020.

    Un risque encore plus important attend Athènes : le risque politique. La colère du peuple grec pourrait se traduire prochainement dans les urnes. Les intentions de vote inquiètent déjà la communauté internationale : le Pasok (le parti actuellement au pouvoir) et son rival Nouvelle Démocratie sont en déclin, alors que les partis des extrêmes font une percée. Les objectifs de rigueur assignés à Athènes pourraient dès lors être sérieusement menacés.

    « Le nouveau plan d’aide de 130 milliards d’euros est censé couvrir complètement les besoins de financement d’Athènes jusqu’à la fin 2014 », rappelle Ioannis Sokos, chez BNP Paribas. « Cela signifie qu’en 2015, la Grèce devra soit bénéficier d’un nouveau programme de soutien, soit emprunter sur les marchés, soit faire défaut et opérer une nouvelle restructuration de sa dette . » Or, à ce jour, aucun analyste ne croit que le pays pourra faire appel aux marchés financiers dès 2015…

    Les autres scénarios mettent les créanciers officiels de la Grèce en première ligne. « La dette grecque va passer des mains du privé au public, à savoir le FMI, l’Union européenne, le Fonds de stabilité européen (FESF), et la Banque centrale européenne », explique Ioannis Sokos. Selon lui, en 2015, le FESF aura une créance de 167 milliards d’euros sur Athènes, celle de l’UE et du FMI atteindra 64 milliards. En face, les obligations grecques détenus par les investisseurs, ne représenteront que 62 milliards, soit 18 % de la dette.

    Selon OpenEurope, un cercle de réflexion britannique, la dette entre les mains des prêteurs officiels va passer de 36 % en ce début d’année à 85 % d’ici 2015 %. Une vraie menace pour les contribuables de la zone euro.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201940494675-un-nouveau-plan-pour-la-grece-probable-d-ici-deux-a-trois-ans-300159.php

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  15. BA dit :

    Mercredi 14 mars 2012 :

    La dette des banques espagnoles envers la Banque centrale européenne a bondi en février pour atteindre son maximum historique, à 152,4 milliards d’euros nets, dopée notamment par la récente injection de liquidités par la BCE.

    Le montant est dopé par l’injection de liquidités par la BCE, qui a réalisé en décembre et février deux opérations de prêt sur trois ans, à des taux avantageux, aux banques de la zone euro. La première a attiré plus de 500 banques pour un montant de 489 milliards d’euros, la deuxième a attiré 800 banques pour 530 milliards euros.

    Cette injection de liquidités visait à aider les banques, qui ont du mal à se financer sur les marchés, dans un climat général de défiance.

    http://www.boursorama.com/actualites/espagne-nouveau-record-historique-pour-la-dette-des-banques-envers-la-bce-bbda53af2723c8f77acf39ebc7e22363

    La BCE a prêté 1118,273 milliards d’euros aux banques de la zone euro.

    En décembre 2014, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

    Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d’euros supplémentaires.

    Et ça repartira pour trois ans.

    En décembre 2017, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

    Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d’euros supplémentaires.

    Et ça repartira pour trois ans.

    En décembre 2020, les banques de la zone euro seront obligées de rembourser la BCE.

    Si les banques de la zone euro sont incapables de rembourser la BCE, la BCE leur prêtera de nouvelles centaines de milliards d’euros supplémentaires.

    Et ça repartira pour trois ans.

    Et à la fin, ça finira bien.

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  16. Hadrien dit :

    Après Herman Von Rumpoy et son recueil de haïkus, nous suggérons pour Jean Peyrelevade une petite adaptation du célèbre poème de Paul Eluard :

    Compétitivité, Austérité !

    Sur mes cahiers de banquier
    Sur mon pupitre et les arbres
    Sur le sable des pétroliers
    J’écris vos noms

    Sur les pages de mon blog
    Sur toutes les pages blanches
    Pierre sang papier ou encre
    J’écris vos noms

    Sur les parachutes dorés
    Sur les armes des billets
    Sur la couronne des patrons
    J’écris vos noms

    Sur la jungle et les marchés
    Sur les nids sur les profits
    Sur l’écho de mes agences
    J’écris vos noms

    Sur les merveilles des traders
    Sur le pain blanc des ouvriers
    Sur nos saisons excédentaires
    J’écris vos noms

    …..

    Sur la santé des affaires
    Sur le risque disparu
    Sur l’espoir sans scrupule
    J’écris vos noms

    Et par le pouvoir de ces mots
    Je recommence ma carrière
    Je suis né pour vous connaître
    Et pour vous célébrer

    Compétitivité, Austérité !

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  17. Hadrien dit :

    PLUS CRÉDIBLES, LES CONTRADICTIONS DE FRANÇOIS BAYROU ?

    Ce midi, le candidat du Modem présentait son programme dans une conférence de presse qui a attiré mon attention. Il s’agissait, en effet, d’organiser l’ensemble autour du nouveau mot d’ordre de son dernier livre:
    France solidaire !
    Sans se poser un seul instant la question des causes amont de la crise actuelle, Bayrou nous a livré une recette de grand-mère pour y faire face: regroupement et colocation pour les personnes dont le revenu ne suffit plus à leur subsistance (à plusieurs, on partage mieux la pénurie!).

    Outre le fait que c’est une façon un peu naïve de redécouvrir les vertus du collectivisme, tant condamnées en un temps au nom de la liberté individuelle, cet appel à la solidarité a quelque chose de touchant mais d’anachronique, au regard des thèses de son livre précédent (2012, Etat d’urgence) qui appelait, au contraire, à la combativité économique et la foire d’empoigne généralisée, dans le plus pur style darwinien de la survie du plus apte:
    « C’est une guerre que nous avons à livrer. Guerre qui ne dit pas son nom…
    Pour gagner une guerre, il faut se concentrer sur l’essentiel… savoir par quoi commence la survie d’abord et la victoire ensuite. » (p.7-8)
    « Peut-on en sortir? Il le faut. Que faut-il faire? Cibler le sujet…
    C’est le programme de Clémenceau en mars 1918: Ma doctrine, dans les circonstances actuelles, c’est que nous sommes en guerre, c’est qu’il faut faire la guerre, ne penser qu’à la guerre, c’est qu’il faut avoir nos pensées tournées vers la guerre et tout sacrifier aux règles qui nous mettraient d’accord dans l’avenir si nous pouvons réussir à assurer le triomphe de la France… » (p.62-63)

    On nous dira que la guerre dont parle Bayrou, c’est celle transfrontières, que doit vraisemblablement lui inspirer sa proximité des Pyrénées au nom du fameux adage « vérité en-deça, hérésie au-delà ».
    Mais, là encore, contradiction avec:
    « Il n’y aura pas de protectionnisme français. Encore moins y aura-t-il un protectionnisme européen. Le protectionisme européen ne peut tout simplement pas exister en 2012. C’est une immense duperie intellectuelle que de proposer un programme qui requiert l’assentiment de nos voisins, tout en sachant avec certitude que ces voisins n’y souscriront jamais. Jamais au grand jamais. » (p.40-41)
    On doit donc se défendre, mais sans « se protéger ». Bigre! Voilà une tâche bien difficile…
    Mais Bayrou a la solution:
    « Les choix ici défendus reposent sur une option économique, favoriser l’offre plutôt que la demande. La pensée des keynesiens les plus simplistes m’a toujours laissé perplexe. Vous faites peut-être repartir la machine économique, mais chez le voisin , ou le lointain. Vous devenez soutien de choix à l’économie allemande ou à l’économie chinoise. » (p.70-71)
    La voilà donc la fameuse solution: mieux vaut tous s’affamer mutuellement au nom de cette logique bien connue: Je veux ne pas qu’un autre en profite!
    On retrouve bien là tout l’idéal du libéralisme…
    Et Bayrou de conclure, tout comme Peyrelevade :
    « Si l’on doit aider un secteur de l’économie, ce doit donc être le secteur de la production, afin qu’il réponde… à la demande, et non pas le secteur de la demande qui ne peut faire naître… une production. » (p.71)
    Là, Bayrou revient tout droit en enfance, l’âge où l’on sait que la poule fait l’oeuf, mais pas encore comment l’oeuf renouvelle la poule, encore moins comment le coq le féconde.
    Pas besoin de nourrir la poule, nous dit-on, pourvu qu’elle fasse des oeufs, et pour le coq, on compte sur celui du voisin… ce genre d’ânerie que les keynésiens n’ont pas fini de dénoncer !

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  18. BA dit :

    Mercredi 14 mars 2012 :

    Le budget de l’Union Européenne au bord du défaut, selon le Parlement européen

    Le budget de l’Union européenne est « au bord du défaut », les grands contributeurs – fortement mis à contribution pour sauver l’euro – rechignant à augmenter leur participation, a averti mercredi Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets du Parlement européen.

    La Commission européenne doit présenter le 26 avril sa proposition pour le budget 2013, mais il est « peu probable » que les Etats acceptent une augmentation, a estimé M. Lamassoure au cours d’un point de presse au Parlement européen à Strasbourg avec le commissaire au Budget Janusz Lewandowski.

    Les Etats ont imposé un budget d’austérité pour 2012 avec des dépenses limitées à 129,1 milliards d’euros, loin des 133,1 milliards demandés par le Parlement.

    Le commissaire au Budget Janusz Lewandoswki a confirmé avoir des difficultés pour trouver 11 milliards d’euros afin de rembourser aux Etats les factures présentées fin 2011, et il a annoncé travailler à un projet rectificatif nécessaire pour au moins la moitié de cette somme.

    « Le budget européen n’a pas un euro de déficit, mais il est au bord du défaut », a lancé Alain Lamassoure.

    « Nous sommes face à un problème politique. La France, l’Allemagne, les Pays Bas, la Finlande, l’Autriche, qui sont les pays contributeurs nets, refusent toute augmentation de leur contribution nationale, car ils sont les principaux supports du fonds de sauvetage de l’euro et ils ne veulent pas payer deux fois », a-t-il expliqué.

    http://www.boursorama.com/actualites/le-budget-de-l-ue-au-bord-du-defaut-selon-le-parlement-europeen-50ed664755db6a518316dffc504af25a

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  19. BA dit :

    Jeudi 15 mars 2012 :

    Italie : nouveau record de la dette publique en janvier à 1935 milliards d’euros.

    La dette publique italienne a atteint un nouveau record en janvier à 1935,8 milliards d’euros en raison de facteurs saisonniers, de la hausse des taux d’intérêt, et du versement de la participation italienne au fonds européen de secours, a annoncé jeudi la Banque d’Italie.

    La dette a progressé de 37,9 milliards d’euros par rapport à décembre.

    Cette progression s’explique « principalement » en raison de l’augmentation des « disponibilités du Trésor auprès de la Banque d’Italie » à 32,6 milliards d’euros, une hausse qui « intervient régulièrement en cette période de l’année », a expliqué la banque centrale.

    http://www.romandie.com/news/n/Italie_nouveau_record_de_la_dette_publique_en_janvier_a_1935_mrd_EUR48150320121316.asp

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  20. BA dit :

    Samedi 17 mars 2012 :

    A propos de l’Espagne :

    Les banques espagnoles ont obtenu 47 % des prêts accordés par la BCE en février ; la dette publique de l’Espagne est de 110 % du PIB, et non de 68 % comme elle l’avait déclaré ; l’Espagne va imploser. C’est un miracle que ça ne soit pas encore arrivé.

    Spanish Banks Account for 47% of ECB Credit in February ; Spain’s Real Debt to GDP Ratio is 110% Not Reported 68% ; Spain Will Implode. It’s a Wonder it Hasn’t Already.

    http://globaleconomicanalysis.blogspot.fr/2012/03/spanish-banks-account-for-47-of-ecb.html

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  21. Catherine B dit :

    Pour tenter d’en finir avec les dogmes et distinguer le bon grain de l’ivraie, écoutez, juste 7 minutes!

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