232 – MMT (chartalisme)

Un article traduit par Contreinfo dont vous pouvez  lire aussi sur ce lien la présentation que nous avons omise ici

 

MMT et Chartalisme sur wikipedia

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Modern Monetary Theory, an unconventional take on economic strategy

Par Dylan Matthews, Washington Post, 19 février 2012

James K. Galbraith se rappelle fort bien comment, voila près de 12 ans de cela, une assistance composée d’économistes lui avait ri au nez. A la Maison-Blanche.

C’était en Avril 2000, et Galbraith avait été invité par le président Bill Clinton pour intervenir lors d’une conférence traitant de l’excédent budgétaire existant à l’époque. La présence de Galbraith relevait d’un choix logique. Enseignant les politiques publiques à l’Université du Texas et ancien économiste en chef du Comité économique mixte, il s’exprime souvent dans la presse et avait été auditionné par le Congrès.

Qui plus est, son père, John Kenneth Galbraith, fut l’économiste le plus célèbre de sa génération : professeur à Harvard, auteur à succès et confident de la famille Kennedy. Aujourd’hui, James défend et promeut l’héritage de son prédécesseur.

Mais si Galbraith s’est distingué lors de cette conférence, ce fut à cause du caractère décalé de son message. La plupart de ses collègues considéraient l’excédent budgétaire comme bienvenu, y voyant l’occasion de rembourser la dette de la nation, de réduire les impôts, de consolider les programmes sociaux, ou de mettre en œuvre de nouveaux programmes publics.

Au contraire, Galbraith décrivait cette situation comme périlleuse : lorsque le budget public est en excédent, cet argent s’accumule dans les coffres du gouvernement au lieu de rester aux mains des individus et des entreprises, où il pourrait être dépensé pour stimuler l’économie.

« J’ai rappelé qu’auparavant les économistes comprenaient qu’un excédent budgétaire représentait une ponction fiscale (sur l’économie) », se souvient-il, « et 250 économistes se sont mis à rire. »

Galbraith affirme que la récession de 2001 – survenue après quelques années d’excédents budgétaires – prouve qu’il avait raison.

Une décennie plus tard, alors que le déficit budgétaire a exacerbé les débats politiques et économiques à Washington, il reste surtout préoccupé par le danger que représenterait un déficit trop limité. Galbraith est aujourd’hui un personnage clé dans le débat central parmi les économistes, au sujet de l’importance des déficits et leurs conséquences. Cette question oppose les économistes américains les plus réputés et enflamme les milieux universitaires. Que les responsables politiques penchent plutôt d’un côté ou de l’autre peut avoir des conséquences en tous domaines, de l’emploi à la hausse des prix en passant par le code des impôts.

Contrairement aux « faucons anti déficit » qui veulent une réduction des dépenses et des augmentations de recettes dès maintenant afin résorber le déficit, et des « colombes » qui veulent différer les mesures d’austérité jusqu’à la reprise économique, Galbraith serait plutôt un hibou, un oiseau rare en la matière. Un de ceux qui ne pensent pas que nous devions équilibrer le budget rapidement. En fait, ils ne pensent même pas que nous ayons à l’équilibrer. Ils considèrent que les dépenses publiques produisant des déficits sont partie intégrante de la croissance économique, et ce même en période favorable.

Cette appellation de hibou n’est pas le fait de Galbraith. Elle a été inventée par Stephanie Kelton, professeur à l’Université du Missouri à Kansas City, qui fait partie avec Galbraith d’un petit groupe d’économistes estimant que l’opinion publique – les membres du Congrès, les membres des cercles de réflexion, le grand public, les économistes majoritaires de la profession – comprend mal la façon dont le gouvernement interagit avec l’économie. Si leur théorie – appelée « Théorie Monétaire Moderne », ou MMT – est juste, alors tout ce que nous pensions savoir sur le budget, les impôts et la Réserve fédérale est erroné.

Racines keynésiennes

« La théorie monétaire moderne » a été conçue par Bill Mitchell, un économiste australien et l’un de ses promoteurs de premier plan, mais ses racines sont beaucoup plus anciennes. Le terme fait référence à John Maynard Keynes, le fondateur de la macroéconomie moderne. Dans son « Traité sur la Monnaie, » Keynes affirme que « tous les Etats modernes » ont eu la possibilité de décider ce qui est ou n’est pas de la monnaie, et ce depuis au moins 4000 ans.

L’affirmation que l’argent est une « créature de l’État » est au cœur de la théorie. Dans un système de monnaie fiduciaire, comme c’est le cas aux États-Unis, tout l’argent est au final créé par l’Etat, qui l’imprime et le met en circulation. Par conséquent le gouvernement ne peut jamais être à court d’argent. Il peut toujours en créer davantage.

Cela ne signifie pas pour autant que les impôts ne soient pas nécessaires. Les Impôts, en fait, sont la clé permettant que le système en son entier puisse fonctionner. La nécessité de payer des impôts oblige les citoyens à utiliser la monnaie que le gouvernement imprime. Les impôts sont aussi parfois nécessaires afin d’empêcher la surchauffe de l’économie. Si la demande des consommateurs dépasse les capacités de production, les prix vont monter, produisant de l’inflation (lorsque les prix augmentent alors que le pouvoir d’achat réel baisse). Dans ce cas, les impôts peuvent comprimer les dépenses et maintenir des prix bas.

Si cette théorie est correcte, il n’y a aucune raison pour que la quantité d’argent prélevée sous forme d’impôts par le gouvernement corresponde au montant de ses dépenses. De fait, ses partisans préconisent des réductions d’impôts massives et des dépenses induisant un déficit durant les récessions.

Warren Mosler, un gestionnaire de hedge fund qui vit à Saint-Croix dans les îles Vierges américaines – en partie en raison des avantages fiscaux – fait partie de cette école. Mais il est sans doute plus connu pour son entreprise de voitures de sport et ses campagnes politiques provocatrices (il a obtenu un peu moins d’un pour cent des voix en tant qu’indépendant aux élections sénatoriales du Connecticut en 2010). Il préconise la suspension des cotisations salariales finançant la caisse de retraite publique, et la garantie d’un emploi public à 8 dollar de l’heure pour tout demandeur d’emploi qui le souhaite, afin de lutter contre le ralentissement économique actuel.

Les défenseurs de cette théorie proviennent principalement de deux institutions : le département d’économie de l’Université du Missouri-Kansas City, et le Levy Economics Institute du Bard College, qui ont tous deux reçu des fonds de Warren Mosler. Mais le mouvement gagne rapidement des adeptes, principalement grâce à l’explosion des blogs économiques. Naked Capitalism, un blog irrévérencieux au ton passionné, traitant de la finance et de l’économie, suivi par près d’un million de lecteurs mensuels, publie des contributions de Stephanie Kelton, de L. Randall Wray, professeur associé à l’Université du Missouri, et de Scott Fullwiler enseignant au Wartberg Collège. Ils apparaissent également sur New Deal 2.0, un blog spécialisé en économie hébergé par le Roosevelt Institute, un cercle de réflexion progressiste.

Leurs adeptes ont repris cette théorie avec beaucoup d’enthousiasme et interviennent massivement dans les commentaires des blogs des économistes classiques lorsqu’ils traitent de ces questions. Les travaux de Wray ont été repris par Firedoglake, un blog progressiste réputé, et dans les pages éditoriales du New York Times. « La crise a facilité les choses, mais le facteur déterminant, c’est la blogosphère, » souligne Wray. « Car nous avons pu être publiés. Il est très difficile de publier tout ce qui semble éloigné du courant dominant dans les journaux. »

Galbraith, en particulier, a pu faire passer le message partout, depuis le Daily Beast jusqu’au Congrès. Il a conseillé plusieurs législateurs, y compris Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre, lorsque la crise financière a débuté en 2008. L’été dernier, il a conseillé un groupe d’élus de la Chambre des Représentants lors des négociations sur le plafond de la dette. Il était également l’un des rares économistes consultés par l’administration Obama pour la conception du plan de relance. « Je pense que Jamie a le plus à perdre en prenant cette position, » estime Stéphanie Kelton. « C’était, je le crois, quelque chose de vraiment courageux, car il porte un nom aussi réputé, et est tellement respecté. »

Wray et d’autres membre de l’école disent eux aussi avoir été consultés par des responsables politiques, et le groupe a le sentiment que le moment doit être saisi maintenant. « Notre présence sur le Web monte d’un cran de mois en mois », constate M. Fullwiler.

Une théorie qui divise

L’idée que le déficit puisse aider à sortir une économie de la récession n’est pas neuve. Elle était un élément clé de « La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », de Keynes. C’était également la première justification du programme de relance de 2009, et de nombreux keynésiens déclarés, comme l’ancienne conseillère de la Maison Blanche Christina Romer, et l’économiste Paul Krugman, qui affirment qu’il conviendrait d’en faire plus. Il existe bien évidemment aussi des opposants.

Une scission décisive au sein des keynésiens remonte aux années 1930. Plusieurs économistes, y compris les prix Nobel John Hicks et Paul Samuelson, ont cherché à intégrer les idées de Keynes dans l’économie classique. Hicks a construit un modèle mathématique résumant la théorie de Keynes, et Samuelson a cherché à marier la macroéconomie keynésienne (qui étudie le comportement de l’économie dans son ensemble) à la microéconomie classique (qui se penche sur la façon dont les individus et les entreprises utilisent les ressources). Ces travaux ont donné un cadre à la théorie macro-économique depuis lors. Aujourd’hui encore, les « nouveaux keynésiens », tels que Greg Mankiw, un économiste de Harvard qui fut le conseiller économique en chef de George W. Bush, et David Romer, tentent de fonder la théorie macroéconomique keynésienne dans le comportement de niveau microéconomique de l’entreprise et des consommateurs.

Les tenants de la Théorie Monétaire Moderne s’ancrent eux dans la tradition des « post-keynésiens », fondée par Joan Robinson, Nicholas Kaldor et Hyman Minsky, qui affirmait que la théorie de Samuelson avait échoué parce que ses modèles étaient conçus comme si « le secteur bancaire n’existe pas » selon les termes de Galbraith.

Ces liens sont aussi de nature personnelle. La thèse de doctorat de Randall Wray a été supervisée par Minsky, et Galbraith a étudié auprès de Robinson et Kaldor à l’Université de Cambridge. Galbraith indique que cette théorie fait partie d’une « tradition alternative, qui va de Keynes et mon père à Minsky. »

Si les partisans de la MMT prennent Keynes comme point de départ et sont d’ardents défenseurs des déficits budgétaires en période de récession, ce sont cependant des keynésiens d’un autre type. Les économistes du courant majoritaire qui plaident en faveur des dépenses et du déficit sont réticents à accepter les principes fondamentaux de la théorie monétaire moderne. Krugman, par exemple, qui s’engage régulièrement dans des débats passionnés avec des économistes de tous bords, affirme que d’importants déficits budgétaires durant les périodes de prospérité peuvent conduire à l’hyperinflation. Mankiw accepte l’affirmation de la MMT selon laquelle un gouvernement ne peut jamais être à court d’argent, mais n’en tire pas les mêmes conclusions.

Techniquement, il est vrai, juge-t-il, que le gouvernement pourrait imprimer de la monnaie et ne jamais être en défaut de paiement. Le risque est que cela pourrait enclencher une inflation très forte. Cela « ruinerait une grande partie du système bancaire », selon lui. « Un défaut de paiement, aussi douloureux soit-il, serait peut-être une meilleure option. »

La critique formulée par Mankiw touche au cœur du débat sur la théorie monétaire moderne : comment, quand – et même faut-il ? – éliminer les déficits actuels.

Lorsque le budget est en déficit, l’Etat émet des obligations qu’il propose sur les marchés. Si la charge de la dette devient trop importante, pensent les économistes, les acquéreurs de ces obligations exigent des taux d’intérêt plus élevés, la charge du paiement de ces intérêts ira croissante, ce qui à son tour alourdira la dette.

Pour sortir de ce cycle, la Fed – qui gère la masse monétaire de la nation, le volume de crédit, et se trouve au coeur de son système financier – pourrait acheter des obligations à des taux inférieurs, sans passer par le marché privé. Il est interdit à la Fed d’acquérir directement des obligations du Trésor – mais c’est là un cadre juridique plutôt qu’une contrainte économique. Cependant, la Fed achetant ces obligations avec de l’argent créé à cet effet, la masse monétaire augmenterait. Et avec elle, l’inflation, tout comme la possibilité d’une hyperinflation.

« On ne peut pas financer n’importe quel niveau de dépense publique avec de la monnaie, car on aurait une inflation galopante, et finalement le taux d’inflation augmenterait plus vite que les ressources de l’économie », explique Karl Smith, économiste à l’Université de Caroline du Nord. « C’est le problème classique de l’hyper-inflation, qui s’est produite au Zimbabwe et sous la République de Weimar. »

Le risque d’inflation est la raison pour laquelle la plupart des économistes et les responsables politiques sont du même avis au sujet des déficits : à moyen terme – toutes choses égales par ailleurs – il est essentiel de limiter l’un et l’autre.

Les économistes dans le camp de la MMT admettent que les déficits peuvent parfois conduire à l’inflation. Mais ils affirment que cela ne peut se produire que lorsque l’économie est au plein emploi – lorsque tous ceux qui sont capables et désireux de travailler sont employés, et qu’aucune ressource (travail, capital, etc.) n’est inactive. Aucun exemple actuel de cette configuration ne vient à l’esprit, selon Galbraith.

« La dernière fois que nous avons connu ce qui pourrait être plausiblement appelé un problème sérieux d’inflation dû à la demande, remonte probablement à la première guerre mondiale, » note-t-il. « Voila longtemps que cette possibilité hypothétique n’a pas été observée en réalité, et elle l’a été dans des conditions qui ne se répéterons jamais »

Réfutation des critiques

Selon Galbraith et ses collègues, la politique monétaire telle qu’elle est actuellement menée par la Fed ne fonctionne pas. La Fed utilise généralement deux leviers pour augmenter la croissance et l’emploi. Elle peut abaisser les taux d’intérêt à court terme, en achetant les obligations publiques à court terme sur le marché. Si les taux d’intérêt directeurs sont proches de zéro, comme c’est le cas maintenant, la Fed peut tenter un « assouplissement quantitatif », c’est-à-dire procéder à des achats massifs de titres (ou obligations), y compris des bons du Trésor à long terme, en utilisant l’argent que la Fed crée à cet effet. C’est ce que la Fed a fait en 2008 et 2010, lorsqu’elle tentait de relancer l’économie en urgence.

Selon la théorie monétaire moderne, lorsque la Fed acquiert des bons du Trésor il s’agit juste d’une « opération comptable », selon les termes de Galbraith, qui n’ajoute pas de revenus pour les ménages américains et ne peut donc pas être inflationniste.

« Il semblait clair pour moi… qu’inonder l’économie d’argent en achetant des obligations d’État … n’allait pas changer le comportement de quiconque », indique Galbraith. « Ils allaient simplement se retrouver avec des réserves de liquidités qui restent inactives dans le système bancaire, et c’est exactement ce qui s’est en fait passé. »

Ces théoriciens n’ont tout simplement « aucune idée de la façon dont l’assouplissement quantitatif fonctionne », rétorque Joe Gagnon, économiste à l’Institut Peterson, qui a géré la première opération d’assouplissement quantitatif de la Fed en 2008. Même si l’argent que la Fed utilise pour acheter des obligations reste dans les réserves monétaires des banques, l’augmentation de ces réserves devrait produire une augmentation des crédits accordés et se propager dans tout le système.

Les économistes sont également déroutés par une autre affirmation de cette théorie : les excédents budgétaires seraient par nature défavorables à l’activité économique. Selon la théorie monétaire moderne, lorsque le gouvernement enregistre un excédent, il dégage ainsi une épargne nette, ce qui implique que le secteur privé est lui déficitaire. Le gouvernement « prend de l’argent dans les poches du secteur privé, le forçant ainsi à s’endetter plus encore », affirme Galbraith, reprenant l’idée qu’il avait défendue à la Maison Blanche.

L’assistance trouve cet argument toujours aussi amusant qu’à l’époque où Galbraith l’avait soumis à Clinton. « J’ai deux noms qui répondent à cela : Australie et Canada », indique Gagnon. « Si Jamie Galbraith la cherchait, il trouverait immédiatement la preuve qu’il a tort. L’Australie a connu un excédent budgétaire depuis longtemps, elle n’a plus de dette publique, et elle a une économie qui a la croissance la plus rapide, la plus saine au monde. » De même, le Canada a enregistré des excédents réguliers, tout en obtenant une forte croissance.

S’être préoccupé de telles questions, se souvient Galbraith, l’a fait considérer comme « un excentrique majeur », lorsque sortant de Cambridge, il préparait son doctorat à Yale, dont le département d’économie professe un keynésianisme plus classique. Galbraith attribue le succès de Samuelson et de ses alliés à un « marketing de masse de la doctrine économique, dont Samuelson a été le grand maître … chose que l’école de Cambridge n’aurait jamais pu faire. »

Les économistes du courant dominant ne sont pas disposés à céder du terrain, même dans des cas comme celui de la « controverse de Cambridge sur le capital » durant les années 1960. Samuelson avait lors débattu avec les post-keynésiens, et de son propre aveu, avait perdu. Ces questions ont été, selon les termes de Galbraith, « vaporisés, comme Trotsky » de l’histoire de l’économie.

Quelques lignes dont la traduction est  manquante…

But MMT’s own relationship to real-world cases can be a little hit-or-miss. Mosler, the hedge fund manager, credits his role in the movement to an epiphany in the early 1990s, when markets grew concerned that Italy was about to default. Mosler figured that Italy, which at that time still issued its own currency, the lira, could not default as long as it had the ability to print more liras. He bet accordingly, and when Italy did not default, he made a tidy sum. “There was an enormous amount of money to be made if you could bring yourself around to the idea that they couldn’t default,” he says.

Later that decade, he learned there was also a lot of money to be lost. When similar fears surfaced about Russia, he again bet against default. Despite having its own currency, Russia defaulted, forcing Mosler to liquidate one of his funds and wiping out much of his $850 million in investments in the country. Mosler credits this to Russia’s fixed exchange rate policy of the time and insists that if it had only acted like a country with its own currency, default could have been avoided.

But the case could also prove what critics insist: Default, while technically always avoidable, is sometimes the best available option.

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31 commentaires pour 232 – MMT (chartalisme)

  1. Hadrien dit :

    J’avais lu avec intérêt le livre de James K. Galbraith (L’Etat prédateur, 2009), dès sa parution en France, et j’avais été frappé par sa liberté d’esprit quant au déficit budgétaire.
    Mais il faut tout de même souligner une chose:
    Aux Etats-Unis, non seulement la Fed n’a pas à se soucier de l’orthodoxie austro-allemande qui s’est imposée chez nous à l’euro, mais elle bénéficie en outre de la dilution dans le monde entier des dollars qu’elle crée, privilège d’une monnaie de réserve.
    On peut même s’étonner qu’elle n’ait pas eu davantage recours à cette facilité dans le passé, puisque tout dollar créé profite directement à l’Etat américain, alors que l’inflation résultante est partagée par le monde entier. Une situation inexpugnable, jusqu’à présent.

    Ça souligne avec d’autant plus d’acuité l’inanité des objections faites à toute création monétaire par la BCE: n’ayant pas encore ce privilège, la création monétaire en euros a son garde-fou naturel, le dollar, rendant compte de sa valeur comparative.
    Et ça met, a contrario, en lumière les véritables raisons de l’orthodoxie sourcilleuse adoptée: l’Allemagne excédentaire dans ses échanges commerciaux ne veut pas que cet avantage soit compensé par les droits de tirage qui seraient accordés aux Etats déficitaires. C’est donc bien un problème politique: monnaie unique, oui, bourse commune, non !

    Or, si la zone euro reste dans cet entre-deux, la divergence est assurée entre excédents et déficits de ses échanges internes !
    Ainsi la Grèce, pour y demeurer, aurait besoin de s’imposer indéfiniment les sacrifices actuels, contrairement à la présentation habituelle d’un mauvais moment à passer…

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  2. Hadrien dit :

    DEMANDE ET POLITIQUE DE L’OFFRE:
    ARSENIC ET VIEILLES DENTELLES…

    Tout cela met aussi en lumière, dans l’hypothèse où l’euro accéderait au statut fédérateur – sinon fédéral – que certains semblent appeler de leur voeux, qu’une politique de restriction budgétaire et de l’offre au détriment de la demande est loin d’être optimale face au dollar.
    Il n’est donc pas sans intérêt de remettre ici en exergue le passage, ô combien pertinent, que j’en avais proposé dès 2009 sur le blog de « La Refondation », et qui fut censuré par le « refondateur » à sa première lecture.
    On comprend aujourd’hui pourquoi…
    (cf http://peyrelevade.blog.lemonde.fr/, avant dernier billet).

    ENCORE UN DIEU QUI MEURT :
    LE RÊVE IMPOSSIBLE DE L’ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE

    Ne reste-t-il donc aucune vérité simple? Si le marché n’est pas la liberté, si l’épargne n’est pas une vertu et si la Federal Reserve ne contrôle pas l’inflation, que reste-t-il ? Et la nécessité d’équilibrer le budget ?
    Si toutes les autres formes de conservatisme économique professées par les républicains sont bonnes pour les poubelles de l’histoire, celle-ci, embrassée par les démocrates, n’est-elle pas digne d’être conservée ?
    Hélas, non. En réalité, l’équilibre budgétaire a été le tout premier pilier conservateur à s’effondrer; sa mort a été le compromis avec la réalité le plus réussi des années Reagan. Les réductions d’impôts de Reagan étaient officiellement de l’économie de l’offre, mais elles étaient aussi des réductions d’impôts… Associées à ces baisses d’impôts, les dépenses de Reagan ont provoqué un énorme tournant vers les déficits budgétaires de 1980 à 1983. Et ceux-ci ont alimenté la puissante expansion économique qui a commencé cette année-là et s’est poursuivie jusqu’à la fin de la décennie.
    Les démocrates ont coopéré avec les républicains dans les années 1980 pour défaire les réductions d’impôts de Reagan, et faire voter ces impôts en 1982 et 1984, puis la loi de réforme fiscale de 1986. Et le grand spectacle de leur quête de respectabilité aux yeux des « financièrement vertueux » allait rester à l’affiche tout au long des années 90, dans les négociations budgétaires de la présidence de Bush père, puis dans le premier plan de réduction du déficit du mandat de Clinton.
    Ils oubliaient Keynes, qui avait essayé de leur expliquer que les excédents budgétaires de la fin des années 1990 étaient une grave erreur de politique économique. En ponctionnant des fonds sur le flux des dépenses, ils auraient pour effet de condamner la durabilité de l’expansion. L’association d’une bulle boursière insoutenable et d’une politique budgétaire super-restrictive garantissait que l’administration suivante serait confrontée à une crise économique. Et c’est ce qui s’est passé [avec Bush fils].
    La position des démocrates sur les déficits a une histoire tourmentée, qui oscille depuis longtemps entre réalisme et respectabilité. En la survolant, on comprend pourquoi les déficits budgétaires sont partie intégrante du système financier mondial depuis les années 1970, pourquoi il est impossible d’équilibrer durablement le budget tant que ce système dure, pourquoi essayer de le faire est en réalité nocif, et pourquoi – malheureusement – la gauche n’est pas parvenue, pour l’essentiel, à comprendre tout cela.

    Pourquoi Reagan a-t-il réussi ce que Carter n’a pas pu faire – avoir de gros déficits sans la baisse du dollar et l’inflation qui s’ensuivait? Parce que la politique des taux d’intérêt astronomiques et du dollar super-fort menée par la Federal Reserve a aidé Reagan à se tirer d’affaire. En attirant aux Etats-Unis une marée de capitaux d’investissements, la politique du dollar fort a réconcilié stimulation budgétaire, reprise de l’emploi et fin rapide de l’inflation. Le dollar est alors devenu la monnaie de réserve incontestée, ce qui signifiait que les Etats-Unis non seulement pouvaient mais devaient avoir des déficits commerciaux, à la mesure de la demande de dollars pour les réserves.
    Tant que le secteur privé intérieur continuait à vouloir accumuler des actifs financiers, ce qu’il a fait tout au long du mandat de Reagan, le déficit commercial devait forcément se traduire -pure question de comptabilité- par un déficit de taille comparable du budget fédéral -« théorie des « déficits jumeaux »- mais l’interprétation qui en était donnée rendait le déficit budgétaire responsable du déficit commercial.
    Le rôle du système financier mondial, qui rendait inévitable le déficit commercial, a été négligé. Et l’idéologie des budgets en équilibre s’est maintenue.

    En 1997, la crise asiatique a également ramené une marée de capitaux au bercail, dans le refuge sûr des bons du Trésor américain, renforçant ainsi le dollar. Le déficit commercial a également augmenté. Mais, cette fois, pas le déficit budgétaire. Il a chuté – jusqu’à zéro, et jusqu’à se transformer vraiment en excédent, pour la première fois depuis 1969. Comment cela a-t-il pu arriver?
    Comment le déficit extérieur a-t-il pu augmenter et le déficit budgétaire diminuer ? Il y a un cas de figure (et un seul) où le déficit où le déficit budgétaire peut diminuer tandis que le déficit commercial augmente: quand le secteur privé de l’économie du pays « assume » le rôle jusque là joué par l’Etat, en acceptant lui-même un déficit budgétaire. Et c’est ce qui s’est passé.
    Les cartes de cédit, les emprunts hypothécaires, les prêts contre garantie immobilière sont soudain devenus les forces motrices de la croissance économique américaine. La Bourse et le boom de l’immobilier donnaient à beaucoup de gens l’impression d’être riches. Depuis des années, républicains et démocrates avaient clamé qu’ils voulaient un budget en équilibre. A présent, ils en avaient un – mais c’était un problème, pas une solution.
    Les excédents ont fait ce que font tous les excédents: un Etat en excédent soustrait nécessairement en impôts aux dépenses privées plus qu’il n’injecte en versements aux revenus privés. Cela a obligé l’économie privée à financer son expansion en accumulant des dettes. Mais, à la différence de l’Etat, la dette privée a des limites. Elle ne pouvait pas durer indéfiniment et elle ne l’a pas fait. Le boom de la technologie a pris fin en avril 2000 avec le crash du NASDAQ. L’économie a basculé dans la récession au début de 2001, et le déficit budgétaire est réapparu.

    L’ironie de cette histoire, c’est que l’idéal tant aimé du budget en équilibre, jadis thème crucial des conservateurs, est devenu absurde au moment même où les démocrates s’y sont ralliés. La plupart des républicains, sur le plan pratique, le comprennent: une fois au pouvoir, ils ne font plus semblant de prendre l’Etat fédéral pour un ménage.
    Les soi-disant progressistes ne sont pas de simples perroquets des conservateurs; ils sont les perroquets de conservateurs morts, qui n’ont aucun descendant vivant et dont les thèses sont concrètement inapplicables dans le monde moderne.
    En résumé, et pour le dire crûment, équilibrer le budget est une mission impossible et sans intérêt. À toutes fins pratiques, le déficit constaté dans le budget ne dépend plus des décisions de la politique fédérale, mais du commerce international et de la position financière du secteur privé. Tant que le commerce extérieur américain reste en déficit permanent – et il doit le rester tant qu’une économie mondiale en croissance exige des dollars pour ses réserves – le déficit budgétaire fédéral est fondamentalement permanent. Politiques et commentateurs peuvent dire ce qu’ils veulent sur les déficits budgétaires. Rien de durable ne peut, ne va et même ne doit se faire contre eux, sauf par le biais d’un changement du système financier mondial.

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    • A-J Holbecq dit :

      Presque d’accord Hadrien. Rechercher un excédent budgétaire ne sert à rien. Mais de quel budget parlons-nous, le budget global ou le budget primaire?

      A mon avis, la comptabilité nationale est très mal présentée et chaque budget parmi les suivants devrait faire l’objet d’une présentation différenciée, et, je dirais, d’une affection des recettes différenciées
      – fonctionnement de l’Etat
      – répartition de solidarité nationale
      – transferts aux autres administrations
      – investissement de l’Etat + amortissements

      Au moins le dernier DOIT être financé par création monétaire centrale, que nous soyons ou non dans un cadre 100% monnaie (système à réserves pleines)

      Je n’ai évidemment pas parlé des intérêts de la dette qui de toute façon ne devrait correspondre qu’au besoin des devises que nous ne pouvons « produire »

      As tu vu cette page que je vais bientôt faire retranscrire ici, et surtout le dernier graphique ? http://monnaie.wikispaces.com/Etude+1959-2010

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  3. Hadrien dit :

    Soyons clair: les passages que je cite sont intégralement de James Galbraith, sans changement, c’est à dire dans le système financier mondial du dollar actuel.
    Il prend la précaution de finir par:
     » les déficits budgétaires… Rien de durable ne peut, ne va et même ne doit se faire contre eux, SAUF par le biais d’un CHANGEMENT du système financier mondial.  »
    Cela vient en contradiction formelle des thèses de Peyrelevade sur son site, auquel c’était destiné, car lui veut supprimer le déficit par l’austérité… sans rien changer par ailleurs, tout comme Bayrou !

    J’ai bien vu ton graphique 1959-2010 (c’est le n°228), et mon commentaire antécédent, au -dessus, se rapportait à tout cela:
    – la prétendue « orthodoxie » monétaire n’en une qu’à l’intérieur du système libéral, puisqu’elle enrichit les puissances financières à travers les marchés.
    – elle empêche les nations de traiter d’Etat à Etat, car on nous présente les négociations comme un « sacrifice des banques »… pour perenniser le système.
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    J’en profite pour ajouter un mot sur l’ADDENDUM rajouté à mon commentaire mathématique quand tu l’avais sélectionné, … et que Jorion a saisi au vol; s’il m’en avait laissé le temps j’y aurais développé, à son tour, la remarque suivante:
    Quand on poursuit l’analyse en ce sens (dynamique), au moyen de ce qu’on sait des jeux différentiels, on s’aperçoit que le système dynamique résultant est instable: tout avantage ou désavantage d’un des agents à un instant t, s’amplifie exponentiellement ultérieurement avec le temps.

    L’interprétation économique est trés simple et à un lien étroit avec ta problématique des intérêts; il s’agit de l’accumulation capitaliste par le profit telle que décrite initialement par Marx, et que la financiarisation n’a fait qu’accentuer:
    – le taux d’accumulation nourrit l’accumulation
    Tout comme…
    – le service de la dette nourrit la dette

    Ceci existait déjà dans « l’économie réelle », chez Marx, mais le taux d’accumulation par le biais du profit y représentait souvent une créativité et un travail organisationnel de l’investisseur-exploiteur dont la rétribution n’était pas forcément illégitime (il le dit lui-même dans « Le Capital ») mais arbitraire.
    Tout a changé avec la financiarisation, aidée par l’informatique, où la superstructure « finance » fait de l’argent avec de l’argent sur un simple clic, à des montants démesurés, pendant que le producteur se coltine tous les problèmes, à une échelle sans rapport.
    A ce jeu, tout ce qu’accumule l’un, se fait au détriment de l’autre, et diverge en valeur,… jusqu’à l’explosion.

    Ça met donc encore plus en lumière, mathématiquement, pourquoi le « Théorème de l’équilibre général », qui est statique, ne permet en rien de revendiquer une quelconque « politique optimale » de gestion des sociétés et surtout de leur avenir !
    (Pour être juste, beaucoup d’économistes (ex: J. Généreux, ou J. Sapir dans « Les trous noirs de l’économie ») le savent plus ou moins confusément, et disent « Pareto-efficient » au lieu de « Pareto-optimal »)
    Mais c’est encore trop… Car « efficient », en bon français, ne signifie pas seulement que toute les ressources sont utilisées, mais qu’elles le sont au mieux (au sens de quel critère?) !

    Conclusion: Comme on sait, depuis Clémenceau, que « la guerre est une chose trop sérieuse pour être laissée aux mains des militaires » il faut bel et bien déposséder le privé de la finance, aussi bien que de la création monétaire, car c’est devenu des « armes de destruction massive » !

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    • Opps' dit :

      Faut-il laisser également la politique aux mains des politiciens ?

      Plus sérieusement, juste une réflexion.
      Avoir mieux compris que Jorion la nature de la monnaie ne met pas à l’abri de conclusions bien ‘en l’air’.

      Depuis que la monnaie est lentement passée d’un « bien déjà existant qui circule » à un « credit » qui circule (donc une promesse de bien , dans l’avenir’) nous avons effectivement basculé dans un capitalisme financier.

      Ce capitalisme turbine à la monnaie , la monnaie devenant un remède universel sous la pression de 2 idéologies , la keynesienne et la monétaro-libertarienne qui s’imaginent soit que l’injection de monnaie crée de la richesse automatiquement , soit que le marché globalisé connait la quantité de monnaie idéale.

      Le déficit ou bien la comptabilité dissimulatrice sont devenus les deux pompes qui gonflent la masse monétaire et donc son envers , la dette.

      Cet excès de masse monétaire finit toujours dans la poche des spéculateurs instututionnels du suystème , qui s’en sert pour …. spéculer partout ou cela est possible , avec notre accord inconscient , pour un plat de lentilles et donc sur notre dos.

      Bien sûr , que prôner l’équilibre des comptes est non seulement « ringard » mais , à présent, assez mortifère, compte tenu des désordres économiques qui naîtraient et feraient apparaître tous des désordres comptables actuels c’est à dire des désordres des crédits/dettes, que la facilité à créer de la monnaie ex-nihilo a générés.

      Mais la résorption des dettes passera obligatoirement par un retour à l’équilibre des comptes sans lequel on s’enfoncera encore plus dans la pagaille comptable. (En espérant que les B.C. n’explosent pas -même avec un Prince derrière- avec toutes les créances pourries qu’on y aura logées … car même avec un Prince rouge , la richesse ne se décrète pas)

      Bref, si l’Etat n’est pas un vraiment comme un « ménage » et donc non soumis à l’obligation d’équilibre sur de courtes périodes, s’imaginer que l’Etat n’a rien à voir avec un « ménage » et peut donc s’affranchir de toutes les règles comptables qui sont au fond des règles d’équilibre des valeurs dans les échanges, est suicidaire.

      Bien entendu il ne m’a pas échappé que la monnaie est une convention ! et comme l’écrit ContreInfo (un très beau style et une pensée charpentée … mais pour des vérités tronquées) :

      « Bien évidemment, la fonction monétaire ne résout pas tout. Mais le rappel de sa nature profonde : une convention sociale, dont la compréhension et les usages peuvent varier selon les circonstances est indispensable. »

      Mais la découverte de cette ‘convention’ sans la compréhension que la monnaie n’est plus qu’une immense comptabilité générale qui sous-tend l’équilibre (certes nominal) de tous les échanges , et est le moteur de toutes les actions de production , cette découverte mène à la fausse solution qu’il suffit d’imprimer de la monnaie en logeant la règle de rembourser dans le ventre de la B.C. , c’est à dire en s’affranchissant de l’obligation de rembourser.

      Cette inflation de la masse monétaire étant sans commune mesure avec la création de richesse équivalente, on arrivera fatalement à l’inflation que ce soit directement par la demande , mais plus probablement par le truchement de la hausse de tout ce qui est rare (ressource naturelle ou rareté imposée par réglementation) :
      … c’est la phase ultime de la spéculation puisqu’il faut bien que cet amas monétaire qui reste toujours aux mains des puissants et des riches et ne descend qu’assez peu jusqu’à nous -si ce n’est par le biais des fausses largesses de l’Etat -puisque l’Etat ne sait pas ‘prendre’ aux riches- , cet amas , donc, doit à un moment pour être vraiment richesse , se transformer en une ponction sur notre niveau de vie !

      Il y a aussi l’option révolution si cela dégénérait trop : mais il faudra bien en analyser le coût , car c’est frayeux et il y a des externalités cachées .

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  4. Hadrien dit :

    La loi aussi est une convention, mais il ne viendrait à l’esprit de personne de la privatiser.
    En 1946, De Gaulle avait voulu nationaliser tout le secteur de la finance. Pleven l’empêcha d’y englober les banques d’affaires… dont certaines ressurgirent ensuite comme banques de dépôt.

    Dans un commentaire bien senti à Peyrelevade (son site « La refondation du capitalisme » réveille toujours mes instincts primitifs!), voici dénoncées quelques-unes de ses roublardises courantes, avec des éléments empruntés à:
    Geoffrey Geuens: LA FINANCE IMAGINAIRE, ANATOMIE DU CAPITALISME: DES MARCHÉS FINANCIERS À L’OLIGARCHIE
    Editions Aden, septembre 2011

    Une finance insaisissable:
    Reprendre la main sur la finance? Encore faudrait-il savoir de quoi l’on parle . c’est que la doxa donne du pouvoir économique une représentation pour le moins desincarnée. A l’heure où s’édifie une nouvelle géopolitique des marchés, les principaux référents théoriques d’antan se voient, eux, renvoyés aux oubliettes de l’Histoire.
    Ainsi Jean Peyrelevade n’hésite-t-il pas à écrire:
    « Le capitalisme n’est plus saisissable… rompre avec le capitalisme, c’est rompre avec qui? Mettre fin à la dictature du marché, fluide, mondial et anonyme, c’est s’attaquer à quelles institutions? »
    Et de conclure, mieux encore que « Marx est mort » :
    « Marx est impuissant faute d’ennemi identifié »
    (cf « Le capitalisme total », 2005)

    Sur la dissociation pouvoirs publics / marchés financiers :
    De toutes les oppositions factices structurant le discours social sur la globalisation, celle de l’Etat et du marché est, de loin, la plus communément partagée. La syntaxe a beau changer, au gré des styles et inflexions réthoriques des uns et des autres, le lieu commun demeure: « l’économie s’impose au politique ».
    Pure fiction, cette extériorité réciproque de l’économique et du politique est porteuse d’une illusion fondamentale: refusant de prendre en considération le rôle de l’Etat dans la dynamique de reproduction des rapports sociaux de domination et, plus généralement, les effets structurants de l’interventionnisme des pouvoirs publics, elle donne crédit au thème de l’autonomisation de l’économique, véritable clé de voute de la pensée néoclassique.
    Ayant apporté leur caution à l’économisme ambiant et confiné l’action politique à la vertu du volontarisme, les critiques de la globalisation ont vu sur eux se refermer le cercle de la raison libérale alors même que, pourtant, ils jurent s’en être libérés (cf Actualité 22).
    Ainsi, toujours de notre « banquier de gauche »:
    » Les gouvernements seraient-ils incapables de bâtir, dans un domaine vital, un nouvel instrument de gouvernance mondiale?… Le pouvoir de lobbying des professions financières serait-il devenu si lourd que d’interdire une vraie réforme? »

    Sur la dissociation finance spéculative / industrie productive :
    Cette dissociation est également structurante de la doxa économique. Dans cet argumentaire figé, c’est ainsi la logique du court terme qui se voit dénoncée, car elle soumettrait les dirigeants d’entreprises à l’impitoyable « diktat » de la valeur actionnariale.
    Or, l’opposition entre le capitalisme financier, jugé maléfique et nuisible, et le capitalisme industriel, supposé vertueux et salutaire, est aussi artificielle que l’opposition de l’Etat et du marché. Depuis plus d’un siècle, rappelle Michel Barillon (ATTAC), la finance constitue « la forme institutionnelle de la propriété du capital » et la spéculation, rajoute Denis Collin, est incontestablement « une expression essentielle » de ce régime d’accumulation par appropriation organisée de la plus-value du travail.
    La réduction du pouvoir économique à sa dimension strictement spéculative en appelle une autre: celle qui consiste à percevoir les investisseurs institutionnels comme seuls bénéficiaires de la « financiarisation » des marchés. Dans ce dernier cas, le capitalisme global est alors limité à la finance anglo-saxonne, elle-même incarnée par des millions de « propriétaires », retraités californiens (Calpers) et veuves écossaises (Scottish Widows), un cas que s’empresse de retenir Peyrelevade:
    « Le monde économique est-il déjà dirigé, et dans leur intérêt, par les retraités, la production organisée par ceux qui viennent d’en sortir ou vont bientôt le faire? »

    On reconnait aujourd’hui les aptitudes d’un Sarkozy à se dédouaner, en dressant les Français les uns contre les autres pour parvenir à ses fins électorales.
    Mais on mésestime encore celles, bien plus redoutables, des financiers à se dépêtrer de leurs contradictions et leurs responsabilités en dressant les gens contre leurs ascendants:
    La révolte sociale est inutile…puisque l’Etat et Marx lui-même sont impuissants, mais cherchez bien autour de vous… le coupable est parmi vos proches !

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  5. Opps' dit :

    1) « Marx est impuissant faute d’ennemi identifié »

    => Malgré tout c ‘est assez bien vu. D’ailleurs ça ne dit pas si cet ennemi existe ou pas , ça dit la difficulté à l’identifier, ou plutôt la confusion à en faire un véritable ennemi même lorsqu’on l’a appréhendé.

    En effet même lorsqu’on a cerné les mécanisme et les institutions qui ‘profitent’ le plus de la financiarisation de l’économie, découlant tout naturellement de l’excès de création monétaire qui se loge dans des bulles qu’elle provoque et justifie ainsi, on a énormément de difficulté à aller plus loin car , en dessous s’opère un vaste mouvement de distribution ou recyclage de cette manne qui arrose plus ou moins . Bien entendu , plus on descend, plus c’est factice et plus cela ressemble à un plat de lentille. Mais pour certain c’est effectivement beaucoup , un plat de lentille.
    L’astuce diabolique consiste à avoir assis le financement du social sur une partie de cette valeur dégagé par la généralisation du crédit
    Le cliquet qui verrouille cela est le système démocratique : en effet le corps social refusera tout changement annonçant un baisse sensible de son niveau de vie à court moyen terme.

    2) « le lieu commun demeure: « l’économie s’impose au politique ». »

    => Pourtant pour le peu de culture que j’ai de Marx, il me semble bien avoir lu chez lui que c’est la super-structure économique qui est l’instance déterminante , en dernier ressort .

    Je chipote un peu car il ne s’agit pas de la même notion « d’économie », mais il y a du vrai en ce sens que le politique a laissé s’ériger en face de lui un système difficilement modifiable sans baisse concrète du niveau de vie, même si ce niveau est ‘basé’ sur un désordre dans la sphère de la création monétaire et de l’endettement , donc également sur une anarchie dans la ‘génération’ des ‘valeurs’ (et pas forcément stricte distribution). La notion de valeur supplante celle de richesse.

    Bien sûr on peut imaginer un système ou le politique structure l’économie , mais force est de constater que les populations ne sont pas prêtes à en payer le prix.

    Quant à imaginer un système ou le politique gère l’économie , le XXe siècle est truffé d’expériences peu satisfaisante , compte tenu de le résistance de l’homme actuel et même de cet « homme » nouveau que ces système ont toujours voulu modeler.

    1&2)
    => Mais il y a une autre raison fondamentale qui empêche la remise en question du système capitaliste actuel et du l’autonomie mortifère de l’économie , dans le monde occidental : c’est que ce système a globalement toujours été en faveur du monde occidental . Jusqu’à présent nous avons été les bénéficiaires , via toutes les institutions financières territoriales et extra-territoriales , et toutes les BC, dans la génération/répartition des ‘richesses’ … ou ‘valeurs’

    3) « Or, l’opposition entre le capitalisme financier, jugé maléfique et nuisible, et le capitalisme industriel, supposé vertueux et salutaire, est aussi artificielle que l’opposition de l’Etat et du marché. »

    => Bien sûr la finance existait bien avant la grande dérive des années 80, et il a belle lurette qu’une partie de la lutte des groupe sociaux pour l’appropriation d’un maximum de ‘richesse’ passe par la sphère purement monétaire, donc par une abstraction.
    Mais enfin ne pas voir la spécificité de ce qui se passe depuis 30 ans relève d’une cécité profonde même si elle s’explique aisément par la soumission traditionnelle à une idéologie pré-établie qui comme d’hab’ doit expliquer le grand Tout à tout prix.

    4) « « Le monde économique est-il déjà dirigé, et dans leur intérêt, par les retraités, la production organisée par ceux qui viennent d’en sortir ou vont bientôt le faire? » … écrit Peyrelevade

    => S’agit-il d’une tactique d’essence sarkozyenne destinée à dresser les uns contre les autres ? … comme si d’ailleurs la gauche n’utilisait pas la même technique, bien plus efficace d’ailleurs car basée sur un catéchisme moral .

    Sans entrer dans ces supposées intentions , je constate tout de même qu’en France la génération qui vient d’ arriver à la retraite aura eu le cul bordé de nouilles sur pas mal de points et qu’elle aura bénéficié , en plus d’un certain confort de vie basé en grande partie sur un endettement préparant peu l’avenir, d’un incroyable transfert de richesse au détriment des autres classes d’age et en particulier des jeunes actuels.

    Comme à chaque fois, je veux bien admettre qu’il faudrait aller chercher la ‘richesse’ aux véritables endroits où elle s’est concentrée de façon anormale , mais , en ce qui concerne la gauche (j’en parle puisque Sarko est évoqué) ,…
    …. le problème central est qu’elle ne SAIT PAS aller prendre aux riches. Et qu’à chaque fois qu’elle veut le faire … la ‘valeur’ lui fond dans la main et ce sont les classes moyennes qui financent les dépenses lancées sur cette base.
    D’ailleurs à l’inverse et curieusement les passages de la gauche au pouvoir ont coincidé , en France, avec des périodes très faste de la bourse et de juteuses opérations de privatisations, voir de déréglementation économique absurde combinée à de la réglementation sociale inutile et démagogique.

    .

    5) Il n’est toutefois pas impossible qu’au second tour je vote Hollande pour les raisons assez tortueuses qu’il a déjà implicitement annoncé qu’il ne détricotera pas nombre de réformes malheureusement indispensables de Sarko et qu’ensuite il ne tiendra pas le peu de promesses qu’il fait : d’ailleurs , très habilement, il promet pas mal de choses dont il sait qu’il pourra très facilement s’excuser de ne pouvoir les tenir en en mettant la cause sur des raisons externes.

    Il est tactiquement redoutable , il suffit de voir comment il a muselé les écolos (avec une idiote utile , c’est vrai !) , neutralisé Mélanchon et comment il agite l’épouvantail de la grande finance , sans perdre une occasion de rassurer les ‘globalistes’ en catimini , dès qu’il se trouve à l’extérieur.
    Il gère très bien son avance dans les sondages , même si elle tient davantage du rejet de la vulgarité à la fois réelle mais aussi instrumentalisée du personnage Sarko.

    Bref , il fera du sarkozisme rampant avec beaucoup plus d’élégance. Il est d’ailleurs enfermé dans la dette d’un système qu’il ne remet pas , au fond, le moins du monde en cause !

    Et il n’est pas impossible que ses qualités de tacticiens défendent trivialement bien nos intérêts purement français dans la jungle européenne et mondiale. (Faudra quand même qu’il apprenne à prendre des décisions en s’engageant , plutôt que d’enfermer l’autre dans sa contradiction)

    Je me demande même si le système n’a pas plus intérêt à utiliser la cartouche Hollande que Sarko qui a épuisé toutes ses ‘unités’ et donc son efficacité … : ça devient cornélien comme choix !

    En tout cas pour le 1er tour j’hésite entre NDA ou Bayrou … ou Méluche si j’étais ce jour là d’humeur facétieuse !

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  6. Hadrien dit :

    Ci-joint, quelques extraits de ma lecture amusée du livre de Bayrou. C’est presque le fac-simile de celui de Peyrelevade (FRANCE, ETAT CRITIQUE).
    Parcourir les extraits vous évitera de lire ce bouquin de Bayrou, qui ne vaut pas un clou.

    ————————————————————–

    2012 ETAT D’URGENCE, par François Bayrou,
    plus fort que « France, état critique »:
    Ni à droite, ni à gauche, tout à la fois et son contraire…

    1/ Tout pour la GUERRE économique !
    « C’est une guerre que nous avons à livrer. Guerre qui ne dit pas son nom…
    Pour gagner une guerre, il faut se concentrer sur l’essentiel… savoir par quoi commence la survie d’abord et la victoire ensuite. » (p.7-8)
    En quatre générations avant nous, quatre guerres: la guerre de70, avec l’arrachement de l’Alsace et la Lorraine, la guerre de 14, avec son million presque et demi de jeunes hommes morts, la sève de notre pays, la guerre de 40 avec les destructions physiqueset, c’est pire, la ruine morale, l’Algérie, avectant de gâchis et d’incompréhensions. De tout cela, nous sommes sortis plus grands, plus forts, plus jeunes. (p.16-17)
    [Mais c’est « Frankreich über alles »!]

    1-bis/ Non, tout pour la MONDIALISATION heureuse !
    « Il n’y aura pas de protectionnisme français.
    Encore moins y aura-t-il un protectionnisme européen.
    Le protectionisme européen ne peut tout simplement pas exister en 2012.
    C’est une immense duperie intellectuelle que de proposer un programme qui requiert l’assentiment de nos voisins, tout en sachant avec certitude que ces voisins n’y souscriront jamais. Jamais au grand jamais. » (p.40-41)
    [Et que croyez vous que disent à nos voisins, leurs hommes politiques…?]
    « Parmi les différences qui rendent la compétition difficile entre nous, Européens, et le reste du monde, en particulier l’Asie, il en est que nous n’effacerons pas… la différence de prix du travail.
    D’ailleurs, cela ne durera pas: l’aspiration au progrés social aura son prix, y compris en Chine et en Inde, chez eux demain, comme elle a eu son prix chez nous hier. » (p.41-42)
    [Hier, il n’y avait précisément pas la financiarisation mondialisée pour laminer les acquis sociaux!]

    1-ter/ Non, finalement tout pour la lutte contre l’OMC !
    « Il est bien plus innacceptable que la concurrence soit artificiellement faussée par des décisions politiques qui avantagent les uns au détriment des autres. » (p.42)
    [Comme le sketch de Bourvil: la concurrence capitaliste par l’exploitation de la misère, oui! la concurrence politique par la monnaie, non!]
    « Tant qu’il est encore temps, l’Europe devrait agir. Elle devrait au moins parler d’une voix forte dans le cadre de l’OMC, où s’éternisent des discussions secondaires, alors que tout le monde est muet sur l’essentiel, sur la déstabilisation dont souffrent nos producteurs exposés à une artificielle concurrence. » (p.44)
    [Comme Roger Pierre et Jean-Marc Thibaud: si nous, l’Europe, n’avions pas Pascal Lamy à l’OMC pour nous empêcher, vous, les chinois, seriez bel et bien embêtés, vous savez!]

    2/ Une seule solution: la MOBILISATION GÉNÉRALE !
    « Peut-on en sortir? Il le faut. Que faut-il faire? Cibler le sujet…
    C’est le programme de Clémenceau en mars 1918: Ma doctrine, dans les circonstances actuelles, c’est que nous sommes en guerre, c’est qu’il faut faire la guerre, ne penser qu’à la guerre, c’est qu’il faut avoir nos pensées tournées vers la guerre et tout sacrifier aux règles qui nous mettraient d’accord dans l’avenir si nous pouvons réussir à assurer le triomphe de la France… » (p.62-63)
    [Mais Clémenceau avait aussi dit: la guerre est une chose trop sérieuse pour qu’on la laisse aux… professionnels de la chose! A méditer…]

    2-bis/ Oui, tout pour l’OFFRE plutôt que la demande!
    « Les choix ici défendus reposent sur une option économique, favoriser l’offre plutôt que la demande.
    La pensée des keynesiens les plus simplistes m’a toujours laissé perplexe.
    Vous faites peut-être repartir la machine économique, mais chez le voisin , ou le lointain. Vous devenez soutien de choix à l’économie allemande ou à l’économie chinoise. » (p.70-71)
    [Au lieu de mettre en cause la vision conflictuelle de l’économie, mieux vaut tous s’affamer mutuellement car… Je veux ne pas qu’un autre en profite!
    On retrouve bien là tout l’idéal du libéralisme]
    « Si l’on doit aider un secteur de l’économie, ce doit donc être le secteur de la production, afin qu’il réponde… à la demande, et non pas le secteur de la demande qui ne peut faire naître… une production. » (p.71)
    [C’est la poule qui fait l’oeuf, et non l’oeuf qui fait… ce genre d’ânerie que les keynésiens n’ont pas fini d’éradiquer…]

    3/ L’exemple ALLEMAND:
    « …il y a à peine sept ans, une étude présentait l’ensemble des décisions que venait de prendre le chancelier socialiste Gerhard Schröder [Agenda 2010].
    L’annonce de ce plan entraîna la rupture de la majorité de gauche. Quelques mois après le début de son application, Angela Merkel entrait à la Chancellerie … Elle en confirmait l’orientation et elle y ajoutait un rééquilibrage des finances publiques et un allègement des charges sociales pesant sur le travail par une augmentation de la TVA (trois points…) » (p.66, 68)
    [Ach…, meine damen und herren, gross malheur !]

    3-bis/ Et non au DIRIGISME!
    « Il faut surtout inciter à reconquérir les champs de bataille considérés comme perdus.Encore faut-il vraiment inciter.
    J’écris inciter, et pas diriger. Une des grandes lignes de clivage de la vie politique, c’est la frontière qui sépare ceux qui croient que l’Etat peut faire à la place des gens, à la place de la société, et ceux qui n’en croient rien. J’appartiens sans hésitation à la seconde catégorie.
    Il ne faut rien comprendre à l’écologie des sociétés, au biotope des sociétés, pour imaginer qu’il puisse exister un pouvoir central assez intelligent, imaginatif, pour répondre tout seul aux milliers d’attentes, de besoins, de hasard qui font la vie » (p.72-73)
    [Pourtant, vous nous expliquiez qu’il nous manque la main de fer d’un Schröder ou d’une Merkel…]

    3-ter/ Alors, tout pour le COMMISSARIAT AU PLAN !
    « Nous n’avons plus l’outil collectif qui permette de réfléchir ainsi ensemble avant de partager, entre pouvoirs publics et secteurs industriels, grandes entreprises et PME, bien sûr indépendantes… mais d’une certaine manière [laquelle?] solidaires, une stratégie nationale.
    Cet outil a existé. C’était le Commissariat au plan… Par sa fonction, il était moderne en nourissant un débat collectif sur les grandes orientations à prendre. Un tel lieu de réflexion est (re)devenu indispensable. La France a besoin d’un Conseil de la production… » (p.74)
    [En somme, une sorte de GOSSPLAN! C’est bien la peine que Peyrelevade se décarcasse à écrire « l’illusion collectiviste » dont il nous a donné la primeur sur son blog!]

    4/ Et pour l’EUROPE, vive la coopération, vive le plan!
    « Une coopérative, ce n’est pas seulement un pacte de solidarité: c’est une entreprise qui a sa personnalité juridique, qui peut prendre des risques et assumer sa part d’initiative.
    Il était du devoir de l’Union européenne, ou de la zone euro, d’assumer cette responsabilité. Les institutions auraient dû assumer un plan d’investissement en direction de l’innovation, financé par une émission d’obligations européennes. De même, elles auraient dû apporter leur garantie, du plus haut niveau de sûreté, au refinancement de la dette des pays en difficulté: Fonds européen, émettant des obligations européennes, pour répondre, après négociation avec les gouvernements, aux besoins de refinancement des Etats en difficulté devant les marchés. » (p.109)
    [Mais, c’est du Mélenchon…!]
    « On voit que l’union européenne sera trés vite à son heure de vérité. Nous ne sommes pas des intérêts nationaux en perpétuelle confrontation. Nous sommes les coopérateurs de notre avenir. » (p.110)
    [Là, comme disait Coluche, on ne comprend plus le début du livre qu’on avait lu…]
    « Il faudra bien trouver une issue le jour, plus proche qu’on ne le croit, où un grand pays de la zone euro se trouvera attaqué. Les autres pays partenaires ne pourront pas suivre. Alors contraints et forcés, les dirigeants européens feront ce qu’ils auraient dû décider depuis le début. On aura simplement perdu des années, des centaines de milliards auront été exposés… [Euh, plutôt explosés!] » (p.110)
    [C’est donc pour ça que le ton change à cet endroit, tout comme chez Peyrelevade… Ce n’était finalement, comme dit Marine Le Pen, qu’une question de pogon!]

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  7. Hadrien dit :

    Entièrement d’accord, Opp’s, pour mettre dans le même sac Sarko et Hollande, si l’on en juge par leur accetation commune du système (euro-libéralisme et mondialisation).
    Hollande sera vite entouré des mêmes lobbies…

    Mais Bayrou, côté euro-libéralisme et mondialisation inévitables, c’est pire:
    Ci-joint, un commentaire posté sur « La refondation du capitalisme » de JP, et aussitôt censuré:

    ——————————————————————————–

    LA CRÉDIBILITÉ D’UN TAUX DE CROISSANCE, ÇA SE DISCUTE…
    L’AUTO-CONTRADICTION ET LA CONTRE-VÉRITÉ, ÇA SE DÉNONCE !

    Avec son programme récessif, comme le rappelle papinova, Bayrou est encore optimiste en escomptant un taux de croissance de 1%, ce qui n’est pas le cas pour Hollande dont le programme est tourné vers la croissance.
    Mais le vrai problème est ailleurs et dépend de notre comportement collectif avec nos voisins européens et mondiaux dans la globalisation.
    Marianne a rappelé plus haut une longue liste relevée, dans les commentaires d’Actualité (29), des contradictions avec le livre « Peyrelevade: Le capitalisme total, Seuil, 2005″, en y ajoutant une nième qu’avait réveillé mon commentaire ci-dessus… Je note qu’il n’est plus là, comme quoi on ne censure que ce qui fait mouche!

    Mais il n’y a pas qu’avec le livre sus-dit, « vieux de sept ans » glisse son auteur, que les contradictions sont flagrantes. Qu’on me permette de citer celle qui suit, dont la particularité est d’être une auto-contradiction dans le même texte:
    Dans « France, Etat critique », paru en Septembre dernier, on peut lire
    (p. 115-116) :
     » Il faut se défaire de l’idée reçue, très commode aussi, selon laquelle nous n’avons plus la capacité d’entretenir des usines sur notre territoire parce que nous serions trop chers par rapport aux salaires chinois ou indiens…
    On nous rebat les oreilles avec les délocalisations mais, toutes les études le montrent, leur responsabilité dans la baisse des emplois industriels sur le territoire français est infime  »

    C’était oublier un peu vite ce qui figure p. 64 du même livre:
     » Comme le fait remarquer un des intervenants sur mon blog,
    [il s’agissait de l’ultra-libéral habsb, dont la parole fut mise d’autant plus en exergue que celle de son opposant Hadrien fut définitivement censurée de bout en bout de leurs échanges par l’auteur du blog !] :
    – Le pourcentage de biens de consommation importés par l’Europe et produits par l’Asie est tel que le retour au protectionnisme viderait les rayons de nos super et hypermarchés « .
    Ainsi « leur responsabilité est… infime », mais le déséquilibre créé est néanmoins tel qu’il a chassé partout nos propres produits du marché national !
    Et l’auteur JP d’enchérir, dans la même veine contradictoire, p.63 :
     » Enfin, demandera-t-on aux exportateurs étrangers de prouver qu’ils paient, sur leur territoire, les mêmes charges sociales… La Chine et l’Inde doivent-elles réinventer la sécurité sociale et l’assurance-maladie pour avoir le droit d’exporter ?  »
    A-t-on besoin de lui répondre « Mais oui, précisément, et c’est le meilleur service à rendre aux travailleurs indiens et chinois! » ?

    Ainsi, avec la Chine, se met en place une relation « perdant-perdant ». Quelques centaines de millions de personnes passent de la misère rurale à un emploi indécent, mais payé au-dessus de 1,25 dollar par jour – niveau qui sert de référence aux statistiques internationales sur la très grande pauvreté -, tandis que des pans entiers d’activités manufacturières s’effondrent dans les pays plus avancés.
    En 1994, l’ancien secrétaire au travail de l’administration Clinton, Robert Reich, s’était livré à un petit calcul malheureusement prophétique dans un rapport délivré à l’occasion du forum de Davos:
     » Les nations industrialisées emploient 350 millions de personnes payées 18 dollars par heure en moyenne. Mais au cours des dix dernières années, l’économie mondiale s’est élargie à des grands pays peuplés comme la Chine, l’Inde, etc. Globalement, on peut estimer qu’une force de travail d’environ 1,2 milliard de personnes est ainsi devenu accessible à un taux de salaire horaire de moins de 2 dollars, et même de moins de 1 dollar dans nombre de régions. »
    Patrick Artus, lui, enchaîne sur ces pays:
    « Cette situation auto-entretenue d’insuffisances des salaires sert à stimuler les exportations » (Natixis, Flash économie, janvier 2010: La dynamique intenable du partage des revenus et de la demande…)
    Que croit-on qu’en déduit Big Brother Peyrelevade ?
    Qu’il faut importer d’urgence cette politique chez nous, parbleu :
     » depuis trente ans, gauche et droite confondues, nous avons préféré une politique de la demande… et une succession de relances artificielles, à une politique de l’offre. » (précédent billet)
     » Il faut… dégager des ressources et renoncer à consommer. », nous dit-il dans le livre susdit, p. 37.
    Ou encore… renoncer à se soigner ou prendre sa retraite, qu’il énonce dans cette admirable novlangue de l’adaptation par le bas, avec des accents de sincérité qui ne trompent pas :
    ” C’est aux bénéficiaires et à eux seuls de payer par leurs impôts et leurs cotisations les prestations qu’ils reçoivent. Les personnes physiques, les ménages, sont les seuls concernés, les seuls à être malades ou à prendre leur retraite. Que vient faire ici l’entreprise qui ne connaît pour elle-même ni droit à pension ni droit à assurance santé? Demander une contribution au système productif n’a comme sens que de masquer l’ampleur de l’effort nécessaire et comme seul effet de peser sur sa compétitivité ”,
    dans son précédent livre (« Sarkozy: l’erreur historique », 2008, p.103)

    En Europe, l’Allemagne est le pays qui s’est plié avec le plus d’empressement à ces injonctions darwiniennes… au prix d’une croissance atone et de salaires gelés. Mais même Pékin reste encore une destination mineure pour l’Allemagne puisque l’Empire du milieu ne représente que 4,5% de ses contrats à l’export contre 63% pour pour l’UE. Berlin aligne d’ailleurs un déficit commercial avec Pékin de 22 milliards d’euros. Et plus les chinois « monteront en gamme », plus les exportations allemandes seront menacées, d’autant que les « grands groupes industriels » ont déjà cédé leur technologie aux partenaires chinois, n’en déplaise à Peyrelevade.
    La France, demeurée jusque là plus rétive à cette novlangue, a subi les foudres des gardiens du temple et se voit taxée de « ringardise » et de « réticence au changement ». Et peu importe que le pays figure parmi les plus productifs du monde, avec 73 400 dollars produits en moyenne en 2006 par travailleur, contre 59 900 dollars en Allemagne et au Japon (source: Bureau of Labor Statistics, Ministère fédéral américain du travail).
    Peu importe donc, car le modèle de Jean Peyrelevade si prompt à dresser l’addition des sacrifices pour les autres, nous le connaissons tous. Dans la boucle keynesienne de croissance  » Production – Consommation – Production – Consommation « , bien malin qui pourrait dire si c’est l’oeuf qui fait la poule ou l’inverse. JP, lui, sait:
    L’armée des esclaves coûte toujours trop cher pour produire, mais taxer d’une nouvelle tranche (au delà du million d’euros) et d’un impôt sur la fortune, des banquiers qui ne produisent rien, ça jamais ! Plutôt (se) délocaliser…
    Dans ce cas, a mon tour de lui souhaiter, à lui comme à ses semblables:
    Bon vent !

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    • Hadrien dit :

      Après Herman Von Rumpoy et son recueil de haïkus, on peut songer pour Jean Peyrelevade à une petite adaptation du célèbre poème de Paul Eluard :

      Compétitivité, Austérité !

      Sur mes cahiers de banquier
      Sur mon pupitre et les arbres
      Sur le sable des pétroliers
      J’écris vos noms

      Sur les pages de mon blog
      Sur toutes les pages blanches
      Pierre sang papier ou encre
      J’écris vos noms

      Sur les parachutes dorés
      Sur les armes des billets
      Sur la couronne des patrons
      J’écris vos noms

      Sur la jungle et les marchés
      Sur les nids sur les profits
      Sur l’écho de mes agences
      J’écris vos noms

      Sur les merveilles des traders
      Sur le pain blanc des ouvriers
      Sur nos saisons excédentaires
      J’écris vos noms

      …..

      Sur la santé des affaires
      Sur le risque disparu
      Sur l’espoir sans scrupule
      J’écris vos noms

      Et par le pouvoir de ces mots
      Je recommence ma carrière
      Je suis né pour vous connaître
      ET pour vous célébrer

      Compétitivité, Austérité !

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  8. Hadrien dit :

    Encore un, Opp’s, pour la route, car il sera vite censuré sur le blog de Peyrelevade
    …en commentaire de son avant-dernier billet de JP (21 février) :

    ——————————————————————————–

    Je suis étonné de lire des conclusions que contredisent les experts, notamment ceux de l’INSEE dans leur dernier rapport http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/sommaire.asp?codesage=EMPSAL12 .
    Ce billet est-il une inadvertance ou une (vaine) tentative de contre-feu, comme souvent sur ce blog de « La refondation du capitalisme », aux informations parues au même moment et évoquées jusqu’au Parlement ?
    Voici une partie de tout ce qu’on peut relèver de contraire :

    Coût horaire: dans le domaine industriel, « notre vecteur principal d’exportation et notre secteur d’activité le plus capitalistique », la France avait un retard salarial qu’elle a rattrapé sur l’Allemagne, mais son coût horaire (33,16 E) est encore légèrement inférieur au coût allemand (33,37 E).

    Coût salarial unitaire: il mesure le coût moyen de la main d’oeuvre par unité produite « compte tenu de la productivité horaire et du nombre d’heures de travail ». Depuis 1996, dans l’industrie manufacturière, il a reculé dans les deux pays: -0,5% par an en France et -0,7% en Allemagne.

    Les trente cinq heures: l’essentiel de la baisse des coûts, chiffrée ci-dessus, s’est produite en France entre 1996 et 2000, lors de la mise en place des 35 heures. Le repli n’est intervenu en Allemagne qu’à partir de 2002.

    Les « charges » sociales: il n’existe aucun  » lien significatif entre le niveau du coût horaire et le taux de charges  » dans les pays à l’étude depuis 1996.
    Et l’INSEE précise pourquoi:
     » Toutes choses égales par ailleurs, à moyen terme, le taux de cotisations sociales employeurs n’est pas un déterminant du coût horaire. Seul le niveau global de prélèvement compte, pas la répartition entre cotisations sociales employeurs, cotisations salariales et impôt sur le revenu « .

    Nombre d’heures travaillées par habitant: il dépend évidemment de la démographie car il ne concerne que la population en âge de travailler. Compté sur celle-ci , il s’élève à 1470 en France contre 1310 en Allemagne, ce qui fait dire à l’actuaire O. Berruyer que « l’Allemagne travaille 10% de moins que la France » !
    Il n’a de toutes façons pas d’influence sur la compétitivité (coût salarial unitaire)

    La haut de gamme technologique: il est aussi faux de dire que, face à l’objectif
    «organiser une montée en gamme des biens et services produits en France»,
    nous divergerions politiquement en France, sur les causes du marasme
    « parce que depuis trente ans, gauche et droite confondues, nous avons préféré une politique de la demande,… à une politique de l’offre. »
    Il n’y a aucun manque de politique de l’offre en la matière, du côté public:
    La somme des aides directes et fiscales à la R&D des entreprises a atteint en France 0,37% du PIB, un montant sensiblement plus élevé qu’en Amérique du Nord (0,22% selon l’OCDE), ce qui fait dire à G. Colletis dans son livre « L’urgence industrielle » (2012):
    « La France est ainsi devenue le pays de l’OCDE qui apporte le plus fort soutien aux dépenses de R&D des entreprises »
    En comparaison, les dépenses de R&D que financent les entreprises elles-mêmes sont, en part de PIB: 1,2% en France, 1,9% aux Etats-Unis, 2,3% au Japon, 3,1% en Suède.
    Et le même auteur d’ajouter:
     » C’est bien parce qu’ils ont négligé leur effort de recherche, en dépit de soutiens publics considérables, que les groupes français ont fait perdre à la France son dynamisme technologique. »
    « Rationnant leur recherche en France, comme ils ont rationné l’emploi,
    il ne leur reste plus qu’à se battre sur les coûts et les prix, ce qui accentue les conséquences… »
    La conclusion est inverse de celle de celle de ce billet:
    « On peut donc raisonnablement se poser la question de la bonne utilisation des fonds publics consacrés à cet effort »

    Peut-on rappeler que ce problème ne se posait pas en France, du temps de nos grandes entreprises nationalisées, avec des dépenses de recherche bien supérieures, et capables de « prendre des risques » adossés à l’Etat, sur la politique des grands projets ?
    Mais il est vrai qu’à l’époque on avait nationalisé également les banquiers…

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    • Hadrien dit :

      Après vérifications que j’ai effectuées sur son avant dernier billet (Politique de la demande, politique de l’offre), il s’avère que Peyrelevade nous balade avec des chiffres truqués !

      TRICHERIES ET CHIFFRES BIAISÉS

      L’étonnement et l’indignation d’un intervenant (censuré) étaient légitimes, comme ce fut mon cas.
      Il suffit de se reporter au document cité « Approche de la compétitivité française » sur l’un des multiples cites où il est téléchargeable (Medef, Cfdt, etc.) pour constater les entourloupes dans ce qui nous est dit.
      La plupart sont dues à Peyrelevade lui-même:
      – Ainsi a-t-il rajouté FO au rang des syndicats ayant participé à la commission paritaire citée, alors qu’on ne le voit pas figurer sur la liste officielle du document qui mentionne seulement CFDT, CGC, CFTC. Comme la CGT n’y figure pas non plus, on peut en déduire qu’il s’agit d’une de ces commissions « bidons » comme en réunit le patronat avec la CFDT, lorsqu’il veut agir à sa guise, d’où sans doute le petit accroc fait par J Peyrelevade pour le cacher.
      – JP choisit le nombre d’heures travaillées par habitant qui ne tient pas compte de la démographie, favorable à la France. Il eût suffit de se référer au tableau immédiatement précédent du taux d’emploi par tranches d’âge, pour constater que tout y rentre dans l’ordre pour les habitants en âge de travailler.
      – JP se garde bien de signaler les chiffres qui placent la France au premier rang en Europe pour la productivité comparée: avec 71,7, la France vient loin devant l’Italie (62,5), l’Allemagne (59,5), le Royaume-Uni (58,1) et l’Espagne (57,9).
      – JP se garde également de citer les chiffres d’investissements étrangers directs (IDE) en France, où l’on n’est précédé nettement que par l’Irlande qui le doit à un dumping fiscal bien connu. C’est dire si nos cotisations sociales et notre durée du travail ne doivent pas beaucoup géner ces investisseurs!
      – Pour le coût salarial unitaire sur dix ans, JP se réfère à un tableau du secteur marchand non-agricole, alors que celui intitulé « industrie totale » (dont on croyait que JP faisait son cheval de bataille) montre une évolution très favorable à la France qui, avec 13%, fait preuve d’une modération presqu’égale à celle de l’Allemagne (10%), loin de l’Italie (41%), et du Royaume-Uni (28%) à égalité avec l’Espagne.
      Encore faut-il ajouter à tout cela que:
      – ces statistiques proviennent d’un organisme (OCDE) dont l’obédience néolibérale est bien connue.
      – les chiffres en valeur absolue ne sont pas « disponibles » [sic], et ne permettent que de comparer les tendances. Ainsi est-il impossible d’y discerner que le coût salarial horaire, dont l’évolution est la plus modérée en Allemagne, y reste encore supérieur à celui en France !

      Tout cela confirme, s’il en était besoin, le parti pris patronal du blog de « La refondation… », ce qui ne saurait nous étonner. Encore fallait-il que cela fût dit… et su de ses lecteurs éventuels !

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  9. Hadrien dit :

    Surprise!
    Contre toute attente, le précédent commentaire sur l’avant dernier billet de JP (21 février), est passé… Il ne les lit pas tous?
    En voici un autre (qui fut éliminé):

    PLUS FORT QUE LE CHARTALISME, LE CHARLATANISME :

    FRANCE, ÉTAT CRITIQUE (Plon, Septembre 2011) par J. Peyrelevade,
    ancien conseiller au « tournant de la rigueur » de P. Mauroy,
    membre du conseil d’orientation scientifique de Terra Nova,
    actuel conseiller « économique » du candidat François Bayrou

    INTRODUCTION
    « Proner la démondialisation avec Arnaud Montebourg, imposer comme le suggère le parti socialiste de Martine Aubry des pénalités sur les importations en provenance des zones où ne seraient pas respectées les droits sociaux ou environnementaux…, prétendre avec les souverainistes et certains libéraux que la liberté des échanges n’est concevable qu’entre des pays de niveaux de développement comparables…, autant d’illusions! » (p 12)
    [d’où il résulte la régression de nos salariés au niveau des moins-disants, conformément à la théorie libérale du commerce international, au lieu de la sauvegarde de nos acquis sociaux!]

    UN COMPORTEMENT DE CIGALES
    « La France sait jouer les cigales, pas les fourmis. Il était inévitable que le coût finisse par être supporté par les français eux-mêmes… la part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises a reculé de dix points. Ils oublient juste de dire qu’à l’époque elle avait monté dans des proportions insupportables…
    Mais le virage de 1982/83 et les plans de redressement successifs ont effacé les erreurs macroéconomiques… du début de septennat de François Mitterrand » (p 18)
    [Le malheureux aurait du appeler Peyrelevade à son chevet… dès le début!]

    THÉORIE DU LAXISME
    « Jean-Pierre Chevènement est lui-même l’incarnation la plus éminente de ce curieux alliage qu’alimentent aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et quelques autres. Du CERES des années 1960 au mouvement des citoyens actuel, la continuité de pensée est admirable. Le coup de menton souverainiste dissimule la carence de réflexion économique qui n’a jamais dépassé un keynesianisme primaire et mal assimilé. » (p 22)
    [ce qui suppose un keynesianisme secondaire et mieux assimilé, celui de JP !]

    LA RÉFORME DES 35 HEURES
    La réforme des trente-cinq heures est, paraît-il, derrière nous, digérée et donc irréversible… Eh bien, je suis comme Jean-François Copé,… et quelques autres, malheureusement trop peu nombreux, politiquement incorrect.
    Serions-nous devenus un peuple paresseux?
    On a certes le droit de préférer le loisir au travail, la paresse à l’effort. Mais si tel est vraîment le rêve collectif, on ne peut espérer de sa réalisation plus de revenus, davantage de croissance et de pouvoir d’achat. Travailler moins et gagner plus, cela est pour le coup impossible. » (p 26)
    [FAUX: la productivité ayant augmenté d’un facteur cinq depuis 1960, il y avait plus que nécessaire pour travailler deux fois moins en gagnant deux fois plus.
    Albert EINSTEIN dans « Comment je vois le monde » (trad. française 1934): « Pour la production de la totalité des biens de consommation nécessaires à nos vies, seule une fraction de la main d’œuvre disponible devient indispensable. » ]

    « Bien entendu, la thèse officielle est qu’une large partie en a été absorbée par les progrés de la productivité horaire… Extraordinaire accomplissement, qui fonde la création d’emplois sur la destruction partielle de la performance économique! » (p 27)
    [Sur son blog, l’auteur va plus loin: « Comme quoi, même Einstein n’est pas nécessairement capable de maîtriser toutes les conséquences de la règle de trois en économie. »]

    « Nous n’avons rien gagné par rapport à nos concurrents directs, et notamment l’Allemagne! (p 29) »
    [Einstein avait répondu d’avance à cette fuite en avant dans la compétition:
    « Ce même progrès technique qui pourrait libérer les hommes d’une grande partie du travail nécessaire à leur vie est le responsable de la catastrophe actuelle… dans ce type d’économie libérale »]

    L’EURO ANESTHESIANT
    « Au moment même où l’Allemagne se réveille, la France s’assoupit…
    On croyait sans doute qu’il était possible de relâcher la discipline par ce que nous étions montés dans le train commun franco-allemand. Eh bien, non, ce n’était pas un train commun ! » (p 31-32)
    « Tous les hommes politiques qui laissent entendre aux Français que nous pourrions sortir de la situation actuelle et résoudre tous nos problèmes en prenant l’argent «là où il est» sont dans la démagogie. » (p 34)
    [Bon sang, mais c’est bien sûr: toute l’astuce, c’est le prendre «là où il n’est pas»!]

    L’ANTI-MODÈLE FRANÇAIS
    « Et l’on voit Nicolas Sarkozy, président de la République, incarnation d’une droite sans complexe, réputé libéral, qui convoque M. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie qui appartient à la gauche américaine, pour lui faire écrire que la notion même de PIB doit être revue. Le génie français est décidément sans limite! » (p 53)
    [Sarkozy: même « erreur historique » que Mitterrand… C’est Peyrelevade qu’il fallait convoquer!]

    LE MODÈLE FERMÉ
    « Maurice Allais, notre seul prix Nobel d’économie est à maints égards emblèmatique par ses allers-retours des contradictions françaises.
    « Il a commencé par être libéral… Puis il est devenu plus tard farouchement protectionniste, hystériquement opposé au libre échange » (p 58)
    « Enfin, demandera-t-on aux exportateurs étrangers de prouver qu’ils paient , sur leur territoire, les mêmes charges sociales que nous avons imposées à note appareil productif? La Chine et l’Inde doivent-elles réinventer la Sécurité sociale et l’assurance-maladie pour avoir le droit d’exporter? » (p 63)
    [Surtout pas, selon JP… qui ne souhaite qu’une chose: que tout cela, au contraire, disparaisse de chez nous!]

    « Il [Maurice Allais] a commencé par dénoncer, ce qui était plutôt rare en France, les dangers de l’inflation… Au nom de cette pureté doctrinale sur la création monétaire, il a défendu la thèse qu’il faut enlever le pouvoir de battre monnaie aux banques et le redonner entièrement à l’Etat. » (p 58)
    [Ah non, la création monétaire dans les mains des banquiers, ce n’est pas dangereux… c’est simplement ruineux pour les autres!]

    NATIONALISER LE CRÉDIT ?
    « Bien entendu, à partir du moment où la monnaie est un bien public, on a les linéaments d’un discours qui devrait conduire à la nationalisation du crédit. Or, pourquoi ne le fait-on pas? Pour la raison même que l’Etat a toujours eu un comportement impur dans le passé.
    D’ailleurs, les expériences de nationalisation du crédit, jusqu’à présent, ont toujours plutôt échoué, précisément à cause de ce mélange des genres »(p 78)
    [Plutôt échoué, la nationalisation de tout le secteur du crédit par le CNR en 45? C’est au contraire ce qui a accompagné les trente glorieuses, avec une croissance égale ou supérieure à celle de l’Allemagne, et qui n’a cessé qu’avec la loi scélérate de Giscard/Pompidou en 1973!]

    LA RÉGULATION NÉCESSAIRE…
    Les activités de nos banquiers sont sans doute moins spéculatives qu’ailleurs… Paradoxalement, les banques privées étaient depuis longtemps convenablement gérées…
    Des établissements issus de la sphère publique ou coopérative auraient disparu du seul fait de leurs prises de risque excessives si l’Etat ne les avait pas sauvés de la faillite: ainsi de Dexia et de Natixis, autrefois engendrées par la caisse des dépôts et des banques publiques qu’elles ont absorbées. » (p 83)
    [La forme empruntée ne parvient pas à dissimuler le fonds: il s’agit bel et bien de gestions jusque là publiques, qui ont aussitôt tourné au vinaigre, dès que privatisées!]

    L’EXEMPLE ALLEMAND
    « …une grande modération salariale puisque, sur la durée, le salaire réel moyen allemand n’a pas augmenté, il a même plutôt légèrement diminué. Entre 2000 et 2009, il a reculé au total de 4,5% quand il a progressé de prés de 9% en France, pour un nombre d’heures de travail forcément réduit à cause du passage aux 35 heures. » (p 91)
    […des conclusions que contredisent les experts, notamment ceux de l’INSEE dans leur dernier rapport http://www.insee.fr/fr/publications-et-services/sommaire.asp?codesage=EMPSAL12 : dans le domaine industriel, la France avait un retard salarial qu’elle a rattrapé sur l’Allemagne, mais son coût horaire (33,16 E) est encore légèrement inférieur au coût allemand (33,37 E). Lors de la mise en place des 35 heures, entre 1996 et 2000, la France a connu une forte croissance]

    » En résumé, l’Allemagne s’est engagée dans un effort de longue durée douloureux, pénible… et, à la fin, ce sont les Allemands qui gagnent » (p 95)
    [… qui gagnent quoi? Le coût salarial unitaire mesurant le coût moyen de la main d’oeuvre par unité produite « donc, compte tenu de la productivité horaire et du nombre d’heures de travail ». a reculé dans les deux pays: -0,5% par an en France et -0,7% en Allemagne, depuis 1996 selon l’INSEE]

    LA DETTE PARASITE… [depuis le tournant de la rigueur!]
    Mitterrand a décidé en mars 1983… de suivre les avis de Pierre Mauroy, Premier ministre et de Jacques Delors, ministre des finances, de changer de cap, d’abandonner une partie de son volontarisme de gauche et de prendre le virage de la déflation compétitive. Avec la volonté exprimée par Jacques Delors, de ramener le taux d’inflation français au niveau allemand et de ré-accrocher complètement le franc au deutsche. Cela a pris dix ans, mais nous y sommes parvenus. La spirale inflation-dévaluation a été cassée, mais comme l’Etat a continué à distribuer… la France est entrée dans une ère d’augmentation de la dette publique et de déficit permanent. Quand il n’y a plus d’inflation pour la gommer, la dette publique, une fois qu’elle est créée, est là, lourde, de plus en plus lourde…
    [Bien joué! C’est l’endettement… sinon la régression sociale, mais sans jamais prendre l’argent «là où il est» ! S’est-on demandé d’où viennent les montagnes de pognon qui cherchent à se placer sur les emprunts d’Etat? Précisément, de là où on ne l’a pas pris!]
    Bien entendu, nombreux sont ceux, de tous bords, qui ne nous ont pas pardonné cette correction majeure de trajectoire. (p 147)
    [Comme on les comprend!]

    LE REDRESSEMENT
    [On l’a également vite compris, à la lecture du reste de l’ouvrage, c’est à une économie de guerre permanente entre les pays qu’invite J. Peyrelevade]:
    « Ce qu’il faut, c’est que les pays européens déficitaires, dont la France, regagnent en compétitivité vis à vis du reste du monde. Ils s’amélioreront du coup vis à vis de l’Allemagne. » (p 101)
    [et l’Allemagne voudra alors regagner son « espace vital », etc.]
    « Nous avons en France une déformation idéologique, à droite comme à gauche, selon laquelle il faut par priorité soutenir la consommation. [Nein!], Il faut investir… et donc renoncer à consommer. »
    [L’ennui de ce raisonnement libéral, c’est qu’il repose sur les autres pour absorber l’excédent, sinon c’est la crise… (on y est déjà!)]

    LA FRANCE et les cotisations sociales
    « Les dépenses sociales, compte tenu de l’allongement de la durée de vie, des progrès médicaux, des problèmes de dépendance, progressent spontanément au minimum d’un point de plus, soit une vingtaine de milliards d’euros supplémentaires par an. L’Etat ne peut pas suivre le mouvement et colmater en permanence une fuite de cette ampleur, une partie croissante doit être prise en charge par les ménages eux-mêmes. Il n’y a pas d’autre option.
    Pour les retraites… il n’existe pas d’autre solution sérieuse que de… faire glisser dans le temps, progressivement, l’âge du départ effectif en retraite. En matière d’assurance-maladie, il est inéluctable à terme que nous basculions au moins partiellement vers un système assurantiel. » (p 189-190)
    [Pourtant, O. Berruyer, dans « Stop! Tirons les leçons de la crise », souligne « les cotisations sont stigmatisées par les idéologues néoconservateurs …mais les Etats-Unis sont le pays développé qui dépense le moins pour sa santé sous forme socialisée;…et ce sont eux qui dépensent le plus pour leur santé au global – sous forme privée. Ainsi, en quoi remplacer 1000E d’impôts pour la santé par 1500E de dépenses privées, pour strictement la même chose pour le patient, est-il une bonne idée? Bref, en l’espèce, l’idéologie forcenée devrait céder la place à plus de pragmatisme…»]

    LA LOI TEPA et les 35 heures
     » Le passage aux trente-cinq heures, dans les conditions et au moment où il a été décidé, a été un crime contre l’économie et Lionel Jospin en fut l’auteur, sur une inspiration malheureuse de Dominique Strauss-Kahn… Halte au feu! Halte à l’imagination populiste! » (p 196)
    [Berruyer, dans le même ouvrage susdit, relève pourtant sur les graphes statistiques: « On constate que la mise en place des trente cinq heures coincida avec la plus forte augmentation du pouvoir d’achat en France depuis dix ans. On n’y observe aucun impact négatif des 35 heures sur l’emploi – au contraire – ni le moindre impact négatif des 35 heures sur la croissance »]

    LA FISCALITÉ
    « …un des plus vieux fantasmes de la gauche: les revenus du capital seraient largement détaxés en France, au point qu’il suffirait de les imposer comme les revenus du travail pour réduire la pression fiscale sur la grande majorité de la population…. Ce n’est certes pas avec de telles recettes que l’on règlera les problèmes de déficit public de notre pays.
    Si on veut redresser notre compétitivité, il convient d’organiser un transfert significatif de charges des entreprises vers les ménages… Une hausse de plusieurs points de la TVA (comme l’a fait l’Allemagne) ou de la CSG, compensant la diminution des charges sociales des entreprises, est inéluctable. »
    [Mais non! JP ne disait-il pas sur son blog en parlant des revenus du capital:
    « Si on les impose comme les revenus du travail, à 30% en moyenne, on gagne à tout casser (compte-tenu des incontournables exonérations) une vingtaine de milliards d’euros… »
    Tout d’abord, pourquoi « incontournables exonérations », alors qu’il y a en France 468 niches fiscales pour les particuliers nantis, représentant 72 milliards, aggravées de «déclassements» qui portent le total à 145 milliards…? et pourquoi qualifier, même une vingtaine de milliards, de « à tout casser » quand ils représentent 40% du total de l’impôt sur le revenu, seule base d’imposition juste, qui a bien besoin d’être relevée…?]

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    • Opps' dit :

      Merci de ta lecture Hadrien. Quelques remarques

      – Peyrelevade a tt de mm raison en ce sens que la démondialisation ne peut être un programme par les réactions qu’elles entraineraient chez les autres . La démondialisation ne peut avoir que comme un mouvement naturel qu’on peut en effet souhaiter.
      Et le protectionnisme lui aussi ne peut être que caché et sournois pour être vraiment utile.
      L’ouverture menacerait nos acquis sociaux ? c’est probable, mais à terme un programme de protectionnisme / démondialisation pourrait avoir strictement le même effet , surtout si on se referme dans un strict positionnement de travailler le moins possible et de profiter le maximum.

      – Chevènement m’a toujours été sympathique par son côté républicain et sa vision de la France dans le monde qui échappe à la nunucherie de la gauche molle.
      Mais enfin le sympathique Mélenchon et Montebourg le mariole ont les visions bien étroites de ceux qui , ayant découverts subitement quelques petits coins de vérité pas trop faux , s’imaginent connaître la médecine qui guérira tout le reste. Qui se trouve derrière Mélenchon ? Le PC et tous ceux qui vivent sur les restes d’un mensonge historique avec au coeur la théorie du mensonge d’Etat.

      _ Les 35h ? Parler d’un peuple de paresseux est bien sûr une provocation … mais qui vaut bien les raccourcis de la pensée de gauche.
      Mais enfin , l’idée que ,nous sommes sur terre uniquement pour faire la fête , perdure. En tant que ‘résistance’ cette idée ne me déplait pas , mais généralisée elle ne mène pas à grand chose , sinon précisément à sa propre destruction totale.
      La conforter avec l’argument qu’il y a des riches n’est pas idiot, mais j’utiliserais alors le traditionnel argument de gauche : ne dressons pas les uns contre les autres et nivelons par le haut !!

      Et parler de la concentration des richesses accrues comporte 2 gros bémol : en France cela n’est pas flagrant (même si les vieux sont en train de pomper les jeunes) et au niveau mondial , cette concentration est surtout celle résultant de la création monétaire des banksters anglo-saxons et des keynésiens drogués à la dépense systématique.

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    • Opps' dit :

      – L’euro anesthésiant ?
      Ca me paraît l’évidence même , puisque les pays du sud ont été drogué à l’argent facile et au crédit à tous les étages . C’est pourquoi je suis pour une monnaie commune avec des monnaies nationales convertibles uniquement en euro sur la base de parités révisées chaque année , permettant ainsi les ajustements progressifs et le fait que chacun dans chaque pays se retrouve en face des conséquences de ses propres choix.

      Quant à la remarque que la gauche ne sait pas aller chercher l’argent où il est , cela me paraît une vérité frappante et les derniers développement et explication d’Hollande au sujet de la taxation à 75% sont particulièrement éclairants.

      Bien je me situe dans un cadre de relative liberté . Car en système de contrôle étatique ça marche … sauf qu’on détruit alors à la base le mécanisme de création de richesse par la société civile ou le privé. C’est un choix qui a très mal fonctionné dans les sociétés fondées sur la culture des lumières et sur l’idée d’une certaine autonomie et souveraineté des individus , qui heureusement imprègne la gauche non ‘totalitaire’ (héritière de plus, des valeurs d’un christianisme expurgé de toute idée de transcendance, donc un peu boiteux , mais c’est mieux que rien !😉 )

      – Le PIB du bonheur !
      Oui c’était une idée audacieuse de Sarko , à ce détail près qu’il vaut mieux au fond l’aridité des chiffres à la définition officielle des paramètres du bonheur et du bien-vivre.

      – Maurice Allais : Peyrelevade n’a pas tort , sa pensée a été quand même bien changeante, même si elle n’est pas complètement contradictoire.

      – Nationaliser le crédit ? L’argument du bien commun me laisse personnellement de marbre , bien d’autres choses sont biens communs et sont laissées au domaine de la société non-étatique et fonctionnent très bien moyennant des règles intelligentes.
      Tout a fait d’accord pour réintroduire la ou les BC comme banque des Etats dans un cadre relativement autonome où elles aurait le pouvoir de dire non s’il s’agit de financer des dépenses de fonctionnement courant ou de social ou de pur confort ou fuite en avant. L’investissement d’Etat étant à 0% !

      Que l’Etat ou les BC contrôle globalement le crédit me paraît aussi acceptable , mais enfin le problème est-il vraiment de nationaliser ? Je ne vois guère le plus .
      Car enfin l’Etat a renoncé depuis 30 ans à vraiment contrôler la masse monétaire , mais ce n’est pas parce qu’un pouvoir des banquiers s’est opposé à lui, mais parce que cette fuite en avant dans la dette profitait également à l’Etat !
      Quant à la BCE si elle a eu , avant 2008, un fonctionnement vaguement plus vertueux (à la grande indignations des keynésiens de gauche) , elle a toujours laissé s’installer quand même des tas de pratiques comptables et financières qui aboutissent à l’accroissement de la monnaie et donc de son envers , la Dette.

      En ce qui concerne les 30 glorieuses , ne pas oublier qu’il s’agit d’une période de reconstruction qui partait de bien bas , d’une période d’innovation , et surtout d’une période ou les monnaies était encore arrimées à la relique barbare de l’or , du moins au niveau des compensations internationales : bref se méfier des effets d’optique.

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  10. Opps' dit :

    – La gestion des banques privé.
    Bon tout le monde s’accorde à reconnaitre que les banques françaises , cela étant probablement dû à un certain archaïsme d’une prudence paysanne et petite bourgeoise, (plus que par pure vertu) sont assez solides et assez bien gérés … en partie sur notre dos d’ailleurs ! . Mais qui veut noyer son chien …

    – L’exemple allemand.
    Effectivement , ce sont les allemands qui gagnent. Qui gagne quoi ? … et bien la domination européenne et l’exportation de leur modèle !!! Toutes les statistiques du monde ne résistent pas à cela : ils ont été réalistes et logiques par rapport à ce qu’on leur a un peu imposé : l’euro , dont je rappelle qu’il est une invention française pour contrer la montée allemande.

    Ceci dit leur modèle mercantiliste est suicidaire et leur mode de vie n’est en rien ce que nous souhaitons ici, droite et gauche confondues.

    Effectivement la productivité française est l’une des meilleure au monde. C’est bon signe. Mais c’est aussi le signe de pas mal de personnes qui sur-travaillent (de bas en haut) pour en tirer pas mal d’autres. C’est le signe d’une partie bien intégrée même avec de la sueur (et parfois bien trop de sueur) et d’une autre enfermée dans une trappe et qui ne peut plus remonter dans le train de l’activité. C’est mauvais signe.

    – La dette parasite.

    Depuis 30 ans que la dette est parasite puisqu’elle s’alimente sur les marchés financiers , j’ai tout de même plus entendu les gens de droite appeler à l’équilibre que les gens de gauche.
    Je me rappelle de longs développements d’homme de gauche , pour lesquels je votais d’ailleurs systématiquement, m’affirmer que la dette … n’existait pas en réalité …

    Sans parler que la gauche au pouvoir a plutôt largement participé à cette libéralisation des marchés (et la construction de l’Europe et de l’Euro).

    D’ailleurs cette gauche qui ne sait pas prendre l’argent là où elle dit qu’il est , adore cet argent facile et est la première à tirer sur l’endettement , tout en remuant ses deux petits bras contre la grande finance qu’elle a laissé perdurer et qu’elle a entretenue.

    Le redressement ?

    Guerre économique ? on peut utiliser un autre mot , mais le fait est là que les relations géo-stratégiques et géo-économiques sont d’une très grande violence. La encore l’idéologie de gauche toute empreinte de consensualisme et prête à toute les cumpabiisations face au reste du monde pour se donner bonne conscience , ne mesure pas la déculottée qui nous attend tous face aux nombreux pays émergents qui ne rêvent que de nous supplanter enfin … en toute amitié internationale d’ailleurs.
    Et notre modèle européen pourrait voir son versant social inexorablement détruit faute de création suffisante de valeur pour le financer.

    Et s’il y a une chose à retenir des allemands c’est qu’une austérité bien partagée et bien organisée ne débouche pas forcément sur une baisse de la qualité de vie , pour peu qu’on mette un contenu correct à cette notion.

    – Les 35h
    Ca été mis en place à un moment assez favorables économiquement (années Jospin très bon climat éco global et belle bourse !) . Il semble quand même que ça a coûté très cher à l’Etat, que ça a crée très peu d’emploi, , que des secteurs n’en ont pas bénéficié ou en ont même été les victimes (secteur santé) , que cela a accru les exigences de productivité (quoiqu’assez pas dans la fonction publique … au coeur de laquelle je me trouve) , et qu’au final cela n’a pas été très intéressant financièrement compte tenu de la modération salariale.
    Bon , on a réussi à le faire passer . Mais n’y-aurait-il pas eu d’autres chemins un peu plus juste et doux ?
    Et puis ça n’a pas vraiment servi à faire la fête comme Martine l’avait pensé !!!

    – Fiscalité
    Tout ce qu’on veut.
    je constate quand même que nous sommes objectivement un des pays les plus imposés et taxé au monde. Et que comme disait le grand dissimulateur pour lequel j’ai toujours voté (!) : ‘trop d’impôt tue l’impôt’ .

    Évidemment , poster toute ces approximations, sans substrat statistique , chez postjorion , c’est un peu pisser dans un violon . Au fait , Cheminade se présente : encore plus radical que Méluche et NDA réunis (tout en restant dans le bac à sable des ‘humanistes non totalitaires’ … ) : tentant ! … heu non ?

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    • Hadrien dit :

      Merci pour ces remarques de bon aloi, mais elles me semblent relever, comme il est d’ailleurs dit, d’approximations subjectives où manquent à mon avis deux choses:
      – le substrat statistique, effectivement
      – le substrat logique (pour ne pas dire théorique)

      Sur le premier, je me suis quelque peu attaché au factuel dans mon commentaire reporté ici le 7 mars à 20h47, car Peyrelevade a coutume de biaiser le choix de ses chiffres.
      J’en suis conforté par l’émission d’hier soir sur France 2, réservée à F Bayrou:
      Quelle a dû être la déception de Peyrelevade en l’entendant dire que le coût de notre main d’oeuvre n’est pas un problème! Et de citer Rocard comme l’un de ceux avec qui il se verrait bien. Or, Rocard est partisan, comme Larrouturou, d’une réduction plus avant de la durée du travail, en raison de la productivité croissante (cf son dernier livre).
      J’ignore si c’est la raison pour laquelle mon petit poème, reporté ici le 8mars à 19h32, est paru sur le blog de « La
      refondation », ou si c’est une marque d’humour du récipiendaire, mais la critique sera ainsi passée!
      De même, lorsque Bayrou cita nos quatre succés novateurs classiques (nucléaire, aeronautique, spatial et ferroviaire), il fut obligé de rappeler que cela remonte aux entreprises nationalisées des années 60 !

      Cela m’amène au second substrat (logique du système).
      Il va me permettre d’expliciter ma critique de fond sur la vision néoclassique du capitalisme chez ceux criant au mensonge du « système de contrôle étatique » car il détruirait « à la base le mécanisme de création de richesse par la société civile ou le privé. »

      Pour ne pas être suspect de théoricisme, j’illustrerai mon propos par l’expérience:
      J’ai dans mon entourage un patron de PME (400 personnes environ, actuellement), unique propriétaire de l’entreprise qu’il a créée à partir de rien (ses propres économies d’ancien salarié) et dont le fonctionnement est exemplaire: il la dirige comme salarié, et tout le surplus est utilisé en auto-financement de son expansion et en redistribution au personnel en fin d’année. Il se plait à souligner qu’il « n’y touche jamais » et que ce fonctionnement ne lui serait pas plus défavorable si l’entreprise était nationalisée.
      Seule différence: le patrimoine que représente l’entreprise lui appartient ainsi qu’à ses ayant-droit (plusieurs enfants). Si ceux-ci, à la succession, entretiennent l’entreprise dans les mêmes conditions (à supposer qu’ils en aient la compétence), le patrimoine ne sera jamais « réalisé » et restera donc le même outil de travail « socialisé » qu’il est actuellement.

      Dans ces conditions, peut-on me dire quelle est la différence d’éfficience économique, entre ce « meilleur des cas » capitaliste et une entreprise étatique fonctionnant de la même manière ?
      Aucune, si ce n’est « the pride of ownership », comme disent les yankees !
      L’Etat peut même en créer à volonté, en s’entourant des mêmes « talents », à ceci près qu’ils auront l’assurance d’une mutualisation des risques adossée à l’Etat, ce qui leur épargnera quelques soucis de propriétaire… et ne saurait donc être un facteur dissuasif.
      Bref, on constate sur cet exemple que le modèle capitaliste familial est trés proche dans son fonctionnement et ses
      objectifs du capitalisme d’Etat, sauf que le premier est au second ce que la chasse individuelle est à l’élevage à grande échelle. Ce qui pose la question:
      Le capital est-il donc caractérisé par « la propriété des moyens de production », ou est-il un simple outil intermédiaire utilisé en boucle aux fins de croissance ?

      Dans ce dernier cas, le capital n’est plus une fin en soi, et bien des problèmes actuels disparaissent comme par enchantement, conformément à l’esprit de ce blog :
      Ainsi, le problème actuel de la Grèce disparaîtrait en 24 heures de création monétaire effaçant la dette, car diluée pour portion négligeable en zone euro, si les gouvernants étaient formés à autre chose que l’imbécile réflexe classique de l’orthodoxie allemande « je veux pas qu’un autre en profite » !
      De deux choses l’une: ou bien on considère que l’impasse grecque est un accident transitoire de l’histoire de la construction européenne, et on l’efface en arrêtant le massacre; ou bien on considère qu’il y a un problème d’incompatibilité de gestion entre le Nord et le Sud de l’Europe, et l’on en tire les conséquences en créant deux zones, ou plus… Mais on arrête de s’enfermer dans un système qui s’ingénie à se punir lui-même d’une croissance nulle et à ouvrir ses marchés à une compétition biaisée favorisant celle des autres, sous prétexte d’orthodoxie et de libéralisme néoclassique !

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    • Hadrien dit :

      L’exemple de capitalisme familial évoqué ci-dessus, et tiré de l’expérience, fut posté en commentaire sur le blog de Peyrelevade car il pose toute la problématique de la « refondation », mais est-ce celle du capitalisme ?
      Car la redistribution du surplus qu’est le profit n’est rien d’autre que le point de départ de l’analyse de Marx: le surplus, c’est ce qu’une société produit au-delà de sa simple reproduction. Si le profit peut exister c’est que la société industrielle dégage un surplus. Si les salariés ne produisaient que les biens et services qu’ils consomment, il n’y aurait pas de surplus et donc pas de profit.
      La particularité du capitalisme est bien que le profit revient aux propriétaires des moyens de production. Cette particularité a une conséquence importante: dans la mesure où le profit sert, entre autres choses à investir, les choix d’investissement relèvent de décisions privées. Mais cette façon de répartir le profit est évidemment arbitraire et a quelque chose de primitif dans l’appropriation du travail d’autrui. On peut imaginer, par exemple, que tous les profits soient versés dans un pot commun, dont l’usage serait déterminé par l’ensemble des citoyens.

      La théorie économique néoclassique qui a dominé la fin du XXe siècle tente de justifier les bienfaits de l’appropriation privée par la notion d’équilibre de forces entre agents, prétendant ainsi montrer que le capitalisme concurrentiel serait un optimum social. C’est Walras qui, le premier, décrivit cet équilibre de forces entre agents producteurs et consommateurs maximisant chacun leur critère propre. Il obtint ainsi un système ayant autant d’équations que d’inconnues, ce qui préfigurait la théorie des jeux. Les successeurs, dans les années cinquante, donnérent les conditions plus spécifiques d’existence des solutions, et plus particulièrement celle de Pareto. Or, on sait qu’il eut là un glissement sémantique voulu entre « équilibre de Pareto » et « optimum collectif de Pareto » que ce dernier avait pourtant lui-même distingués. Ceux qui veulent en savoir plus peuvent se référer au billet invité:
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=33654#more-33654,
      paru originellement en commentaires de:
      http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2010/12/23/112-la-strategie-des-riches_choquer-les-pauvres

      Quand on poursuit l’analyse, au moyen de ce qu’on sait des jeux différentiels, on s’aperçoit que le système dynamique résultant est instable: tout avantage ou désavantage d’un des agents à un instant t, s’amplifie exponentiellement ultérieurement avec le temps.
      L’interprétation économique est trés simple et ne date pas d’hier:
      Il s’agit tout simplement de l’accumulation capitaliste par le profit telle que décrite initialement par Marx, et que la financiarisation n’a fait qu’accentuer:
      Selon lui, le taux d’accumulation par le biais du profit représentait souvent une créativité et un travail organisationnel de l’investisseur-exploiteur dont la rétribution n’était pas forcément illégitime (Marx le dit lui-même dans « Le Capital »), mais arbitraire (sans garde-fou).
      Tout a explosé avec la financiarisation, aidée par l’informatique, où la superstructure « finance » fait de l’argent avec de l’argent, à des montants démesurés, pendant que le producteur-travailleur de « l’économie réelle » se coltine tous les problèmes, à une échelle sans rapport.
      A ce jeu, tout ce qu’accumule l’une se fait au détriment de l’autre, et diverge en valeur, jusqu’à l’explosion…
      Ça met donc encore plus en lumière, mathématiquement, pourquoi le « Théorème de l’équilibre général », qui est statique, ne permet en rien de revendiquer une quelconque « politique optimale » de gestion des sociétés, et surtout de leur avenir!

      C’est pourquoi il est difficile de croire à la totale sincérité d’un homme aussi averti qu’Allan Greenspan, faisant l’étonné en déclarant dans le financial times le 16 septembre 2007:
      « A long terme, le salaire réel tend à évoluer en phase avec la productivité, et c’est ce que nous avons pu observer durant des générations, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le salaire réel s’est mis à diverger, pour des raisons qui ne sont pas claires à mes yeux. »
      La raison est pourtant simple, on l’a dit. Ouvrons-lui les yeux:
      Le fonctionnement du capitalisme, à l’état libre, ne réduit pas les inégalités, bien au contraire: l’explosion des revenus financiers est le pendant de la compression salariale sur laquelle elle se construit, renforcée par les énormes déséquilibres de la globalisation depuis les années 80.

      Comment en sortir ?
      Ce cas d’espèce auto-régulé, mais exceptionnel, exposé par G de la Valette, pose la question:
      Le capital, au lieu d’être caractérisé par “la propriété des moyens de production”, ne pourrait-il être un simple outil comptable utilisé en boucle aux fins de la croissance, et doté de gardes-fous par la loi ?
      Exemple : « Toute appropriation du travail d’autrui par un employeur (contrat d’embauche et évolution dans l’entreprise) doit donner lieu au contrôle par une juridiction compétente (chambre de commerce, par ex) du respect de normes en la matière votées par le parlement. »
      Pourrait intervenir dans ces normes, un ratio minimum par employé du partage de la valeur ajoutée, en fonction des bénéfices, des investissements consentis, etc. Bref, les chambres de commerce serviraient enfin à quelque chose !

      Et qu’on ne nous dise pas que cela contrarierait l’initiative, ralentirait la croissance et autres fadaises… L’abolition du servage et de l’esclavage n’a pas, que l’on sache, ralenti le progrés, bien au contraire. La vraie croissance a besoin d’harmonie.
      A cet égard, l’annonce fiscale impromptue par le candidat Hollande d’un prélèvement dissuasif au delà du million d’euros évoque plus un coup électoral qu’une véritable intention stratégique de s’attaquer au problème.
      Cela n’a pas empêché le camp médiatique des pleureuses, lors de l’émission « C dans l’air », lundi dernier, de nous faire le coup des exilés de Koblenz:
      Comment va-t-on faire maintenant, si tous ces « talents », tous ceux qui « créent » des richesses en créant de l’emploi… s’en vont porter leur fortune hors de France ?
      Peut-on rappeler tout d’abord qu’on nous a fait le même coup, après la Révolution française, lorsque la noblesse de tous poils, et notamment d’épée, a fui hors de nos frontières pour s’allier aux monarchies adverses. On devait, privés de leurs concours passés à l’ennemi, subir les foudres de l’enfer !
      Or, la République trouva dans ses rangs tous les « talents » nécessaires pour battre à plate couture l’Europe monarchique toute entière liée contre elle, et des généraux de vingt ans prirent même Koblenz !

      Quant à la « création » de richesses et d’emplois, par les mêmes, parlons-en :
      La caste des soi-disant « grands patrons » qui se relaient à la tête de nos entreprises et grands groupes privatisés passe son temps à racketter à son profit les bienfaits des nationalisations (1946 et 1981) qui les avaient remis sur pied, et à ne créer de valeur que pour les actionnaires (souvent étrangers) en « dégraissant » les effectifs et en délocalisant !
      Rien d’étonnant à cela: non seulement les dits « grands patrons » n’ont aucun titre de « créateur » mais ils n’ont même généralement aucune formation technique les destinant à l’activité qu’ils sont censés gérer. Il n’est qu’à voir la combine récemment dévoilée entre Proglio, à la mine aussi peu rassurante que son curriculum (commercial et administratif), et son copain Borloo (avocat d’affaires). Ils sont simplement là pour « faire du fric », comme l’a avoué Sarkozy en évoquant lui-même son futur « pentouflage ».
      Il n’est pas jusqu’aux X qui ne souffrent aujourd’hui du même syndrome: on lisait ainsi récemment dans « Les échos » que plus de la moitié des promos se dirige aujourd’hui vers la finance.
      On a même entendu l’un deux, pionnier en la matière, le ci-devant Peyrelevade, conseiller économique de François Bayrou, pasticher Hortefeux sans le vouloir:
      Jusqu’à la centaine de fois le SMIC, ça va !
      C’est lorsqu’il y en a plusieurs…centaines, que ça ne va pas !
      Encore s’agit-il là d’un de ces prétendus « banquiers de gauche » ( il fut préposé au « tournant de la rigueur » de 82/83, comme conseiller économique de Pierre Mauroy qui décida avec Delors de la desindexation des salaires sur les prix… qui nous poursuit toujours).
      Autre célèbre « banquier de gauche » (il fut le successeur du précédent au Crédit Lyonnais): Pascal Lamy a qui l’on doit la libéralisation quasi-totale des échanges par l’OMC, pour le plus grand bien des grands groupes qui en captent le bénéfice.
      D’où la crédibilité douteuse de ceux qui clament aujourd’hui, avant tous les autres: « ré-industrialisons », « produisons français », etc.
      Comme on trahit ses saints, on les honore !

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      • Opps' dit :

        « Comment va-t-on faire maintenant, si tous ces « talents », tous ceux qui « créent » des richesses en créant de l’emploi… s’en vont porter leur fortune hors de France ? »

        Argument éculé , certes , le seul problème étant qu’il est en trompe l’oeil.

        Les succès guerriers de la France pendant la révolution n’ont rien à voir l’énergie à déployer permettant prospérité et création de richesse. D’ailleurs tout cela se termine par l’épisode napoléonien et une cinquantaine d’années pas très reluisantes avant que Napoléon III ne pose involontairement les fondements solides de la 3ième république.

        Le problème n’est la fuite des fortunes vraiment mais les capacités d’entreprendre et d’innover qui se dispersent avec.
        Et en général pour les reconstituer , il faut re-créer de l’inégalité peu à peu , occultement et par en dessous.

        IL est vrai que la disparition de cette noblesse vivant sur la rente sans création de richesse était nécessaire au « système »..
        Car malheureusement , un peuple de personnes vivant de revenus fixes et nivelés , même avec un bon conditionnement ‘nationaliste’ , est une situation qui n’amène pas à une société bien dynamique.
        A moins que face à la pénurie des matières premières et à la supposé limite de ce que la Terre peut ‘donner’ , un abaissement de notre niveau de vie ne soit la solution à la surpopulation mondiale ? L’empreinte écologique des pays très pauvre est viable … pas la nôtre.

        En fait c’est con mais le français (ça doit être idem ailleurs) est contre les inégalités sociales en théorie , mais réclame des augmentations à chaque fois que ceux juste en dessous de lui en ont eu … car sinon à quoi bon de décarcasser et faire des études , mon bon monsieur ? !!!
        Et bien sûr il réclame aussi quand ceux en dessus de lui creusent l’écart.
        Et cela n’accroit guère la richesse … réelle

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  11. jerome flon dit :

    « Et s’il y a une chose à retenir des allemands c’est qu’une austérité bien partagée et bien organisée ne débouche pas forcément sur une baisse de la qualité de vie , pour peu qu’on mette un contenu correct à cette notion.  »

    Je crois qu’il y a plus de pauvreté en Allemagne, qu’en France, que l’Allemagne est la championne du travail à quelques euros de l’heure, du chômage partiel…je crois que ce pays n’est pas du tout un exemple, mais c’est vrai que c’est pas facile de se faire une idée précise…

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    • Hadrien dit :

      Actuellement, le peuple allemand est le dindon de la farce de sa « compétitivité » exportatrice:
      Comme le dit l’adaptation d’Eluard figurant plus haut, c’est « sur le pain blanc » des ouvriers que d’autres construisent leurs « saisons » excédentaires.
      Leur PIB par habitant est le même qu’en France, mais la richesse correspondante y est réparti de façon encore plus inégalitaire…
      Les inégalités ont augmenté considérablement en Allemagne.
      Ça n’est donc pas ce qu’on peut appeler une austérité bien
      partagée !

      Evidemment, toutes nos « élites » des médias et de la politique, grassement payées à bavasser sur l’économie de salon, expliquent aux acteurs qu’ils doivent faire plus et se serrer la ceinture, compétitivité oblige…
      Elles, en tous cas, ne risquent pas la course au moins-disant, dans leurs fonctions !

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      • Opps' dit :

        Il faut croire que les Allemands ne raisonnent pas qu’en terme de pur calcul statistique du panier de la ménagère ou du coût horaire ou de l’inflation … mais qu’ils intègrent d’autres notions plus collectives qui échappent probablement .

        D’ailleurs la formule est amusante : « le peuple allemand est le dindon de la farce de sa “compétitivité” exportatrice » …
        Etre « victime » d’un choix qu’on a fait soi-même et qu’on revendique -qu’on soit de droite ou de gauche- … il n’y a qu’un français pour manier ce genre de subtilité … qui laissera de marbre la grande majorité des Allemands.

        Mais c’est vrai que les inégalités ont augmentées en Allemagne, alors qu’en France très peu -toujours d’après ces statistiques, bien sûr-😉 !

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    • Opps' dit :

      Tout à fait d’accord avec l’idée que l’Allemagne n’est pas un expl à suivre, mais alors pas du tout. Ca n’empêche pas de constater un certain réalisme et un pragmatisme logique dans son comportement.

      La notion de pauvreté est par ailleurs subjective. Il y a plus de pauvreté en Allemagne ?
      Notons toutefois qu’il y a des endroits où il fait « meilleur » être pauvre : être pauvre en France est peut-être plus doux qu’en URSS ou Chine ou même qu’en Angleterre.
      Par ailleurs la pauvreté est une construction statistique et également une façon de la vivre.
      Bref si ça se trouve la pauvreté en Allemagne est mieux vécu au quotidien qu’ailleurs , à la fois dans les mentalités et dans la pratique concrète.

      Sur un tout autre plan , même s’il est vrai que la solidité allemande est précisément construite sur le déficit de ses partenaires dans la maison commune de l’Europe , c’est à dire donc que cette solidité est bien fragile …. et donc que l’Allemagne est dans le même bateau que les maillons faibles , il demeure que la chute de l’Allemagne entraînerait plus au fond encore le reste de l’Europe.
      Et en attendant ce jours , pour l’instant , c’est l’Allemagne qui impose ses vues aux autres , même si ça s’effrite de jour en jour

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      • jerome flon dit :

        Et Opp’s tu dérailles ou quoi avec cette histoire de pauvre qui serait mieux loti ici ou là!?

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        • Opps' dit :

          Je ne dis pas que la pauvreté n’existe pas . Mais il faut aussi … faire l’effort de réfléchir au contenu des mots qu’on emploie lorsqu’on veut les utiliser comme concept argumentaire.
          Par ailleurs la pauvreté n’est pas forcément le malheur total.
          La perte de sens ,la déstructuration du lien social et le sentiment d’une inégalité inutile et sans borne sont bien pires.

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  12. postjorion dit :

    @Hadrien

    Je pense que vous devriez écrire quelques articles que je me ferais un plaisir de publier sur ce blog.

    postjorion chez gmail.com

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    • Hadrien dit :

      Merci de l’offre, mais je dois la remettre à plus tard car j’entre dans une période active jusqu’à la fin d’année. Outre l’approche de ma retraite qui me fait liquider maintes affaires en suspens, il me reste un contrat industriel à finir de superviser, avec un brevet à écrire à la clé.
      Au fait, j’ai une opportunité d’embauche à Toulouse à ce sujet, pour 8 mois rémunérés, avec CDI à l’issue si affinités, concernant tout candidat ingénieur ou équivalent, connaissant la commande optimale et la programmation en C…
      Je t’en fais part à toutes fins utiles, ainsi qu’à tout candidat lecteur qui peut y répondre.

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    • Hadrien dit :

      Je me suis permis d’enchaîner par la proposition ci-dessus, car le poste CDI dont il s’agit concerne mon propos plus haut (9 mars, 16h56):
      « J’ai dans mon entourage un patron de PME (400 personnes environ, actuellement), unique propriétaire de l’entreprise qu’il a créée à partir de rien… »

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  13. Bob dit :

    Moi je m’étonne toujours des créationnistes qui pensent qu’on peut créer quelque chose à partir de rien.

    J’ai essayé : ça n’a pas marché.

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    • aliena dit :

      La monnaie pousse sur les arbres, c’est bien connu😉
      La monnaie n’est rien, c’est un moyen d’echange.

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    • A-J Holbecq dit :

      @Bob
      Vous prenez n’importe quel bouquin sur la monnaie (par exemple « la monnaie et ses mécanismes » de D. Plihon, moins de 10 €) et tous vous expliquent comment le système bancaire commercial crée la monnaie secondaire, celle dont nous nous servons, simplement en monétisant (fabriquant de la monnaie) à partir de créances …
      Le terme ex nihilo utilisé par Allais n’est pas pour autant mal choisi quand il traite les banques commerciales de « faux monnayeurs », en se référant à la vraie monnaie, celle de l’Etat (via la Banque Centrale ou un quelconque Institut d’Emission Monétaire)
      Vous avez sur ce blog de nombreux articles qui traitent de cette création monétaire (onglet en haut : ordre chronologique de toutes les pages) ; sans faire spécialement une sélection, je peux vous suggérer les pages 47,117,120,141,144,164 et si vous voulez aller plus loin http://tinyurl.com/creation-monetaire

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