218 – Le 100% monnaie pour tous

LE « 100% MONEY » POUR TOUS

Pourquoi il faut essayer de comprendre cette « vieille » proposition
qui est peut-être l’idée capable de sauver l’économie mondiale

« a banking plan designed to keep checking banks 100% liquid; to prevent inflation and deflation; largely to cure or prevent depressions; and to wipe out much of the national debt” (fisher, 1935, 3ème édition 1945)

_____________________

VOUS ÊTES SCANDALISÉS PAR LES CRISES FINANCIÈRES
ET DE LEURS CONSÉQUENCES DRAMATIQUES !

                                                   VOUS VOULEZ

  • Un système insubmersible qu’il ne faudra pas secourir si certaines de ses composantes prennent trop de risques ;
  • Un système qui vous donne un vrai contrôle des agrégats monétaires et sorte la politique monétaire de sa totale inefficacité
  • Un système qui accroisse l’efficacité de l’économie en donnant aux taux d’intérêt leur vrai rôle d’ajustement de l’épargne  et de l’investissement
  • Un système qui redonne à l’état son pouvoir régalien en lui faisant se réapproprier la rente monétaire abandonnée aux banques

et en plus, en « sous-produit » de la réforme

  • Un système qui permette de neutraliser une large part de la dette publique

C’EST POSSIBLE !

De très grands économistes ont fait des  propositions pour nous aider a le concevoir
(quelques noms : Mises, Simons, Fisher, Friedman, Allais)                          

VOUS N’Y CROYEZ PAS ?  ON VA VOUS LE DÉMONTRER

Pour effectuer vos transactions quotidiennes et vos opérations financières, vous disposez :

  • Des billets de banque que vous avez en poche
  • De dépôts à vue que vous avez en compte dans vos banques

les deux types de monnaies sont très différents :

(1)   Les billets de banque :

–          Ils sont émis par la banque centrale

–          Ils sont absolument sûrs (…sauf en cas de perte ou de vol)

–          Le bénéfice de leur émission (valeur faciale –coût de fabrication) revient à l’etat (à travers les dividendes versés par la banque centrale)

(2)   Les dépôts à vue

–          Ils sont créés par les banques commerciales et dépendent crucialement des crédits distribués par elles =>leur volume dépend du désir d’emprunter et des banques de prêter, d’où l’instabilité monétaire et économique

–          Les dépôts à vue dont vous disposez sont en risque si la banque fait de « mauvaises affaires »  => suite aux crises récurrentes et aux paniques, nécessité pour l’ État de les garantir dans certaines limites

–          Les bénéfices de la création des dépôts sont appropriés par les banques

Dans la réforme du « 100% money » ou de « couverture intégrale des dépôts », il s’agit de créer des dépôts à vue qui ont tous les avantages de ces derniers pour effectuer tous les types de paiement en ayant toutes les propriétés des billets de banque (régularité de leur croissance, sûreté totale sans garantie étatique, bénéfices de leur émission réservés à la collectivité)

CE QUE VOUS DEVEZ COMPRENDRE :

(1)   Aujourd’hui le système bancaire mêle de manière consubstantielle :

–          Le système de paiement

–          L’intermédiation financière c’est-à-dire le circuit de l’épargne

–          Les opérations de marché (mais ce n’est pas notre objet ici)

=>    C’est un système instable par essence car vos dépôts sont liquides mais les actifs qu’ils « financent » ne le sont pas ;

=>   C’est un système dangereux car lorsqu’une banque tombe, c’est tout le système de paiement qui est mis à mal en raison des interconnections entre toutes les banques ;

=>  C’est un système incontrôlable car l’alimentation en liquidités (les dépôts à vue) dépendent des « humeurs » des agents économiques : abondantes en période d’optimisme, rares en période de pessimisme

=>   C’est un système inefficace car il brouille les frontières entre les encaisses transactionnelles et l’épargne et distord le niveau et la structure des taux d’intérêt

=>  C’est un système injuste car il donne un pouvoir exorbitant aux banques de battre monnaie avec les bénéfices afférents et aux emprunteurs un pouvoir d’achat sur les marchés non gagés par une production préalable (revenu)

(2)    DEMAIN, LE SYSTÈME PROPOSÉ PERMETTRA :

=>      De dissocier les circuits de paiement et d’épargne (intermédiation financière)

=>      D’alimenter l’économie en instruments monétaires d’une manière régulière en fonction de règles bien établies, sans intervention des banques commerciales

=>    D’ajuster au mieux l’épargne et l’investissement sur les différentes maturités

POUR RENDRE CONCRET L’IMPACT DE LA RÉFORME

ET SON PROCESSUS DE MISE EN PLACE

PRENONS UN EXEMPLE : LE BILLET DE BANQUE

  • Tout le mode le connait car il est facile de s’en procurer auprès de sa banque qui elle-même se les procure auprès de la Banque Centrale qui les lui « vend » en débitant le compte qu’elle tient dans ses livres pour cette banque ;
  • C’est un bon exemple car la réforme aura pour effet de transformer les dépôts à vue dans des « équivalents- billets de banque » ayant les avantages des deux mondes, car les dépôts à vue détenus par tout un chacun auront un miroir dans les comptes de la Banque Centrale et circuleront comme les dépôts actuels ;
  • C’est aussi un bon exemple parce qu’il va permettre de bien dissocier ce qu’est un outil transactionnel (la monnaie) d’un instrument d’épargne (le dépôt à terme ou d’épargne ou l’investissement dans un titre).

En bref, qui aura compris cet exemple aura compris 95% de la réforme proposée et ce qu’elle implique

SUPPOSONS QUE, DU JOUR AU LENDEMAIN, UN DÉCRET IMPOSE LE BILLET DE BANQUE DANS TOUTES LES TRANSACTIONS. QUE VA-T-IL SE PASSER ?

SUIVONS LE RAISONNEMENT

ÉTAPE 1 : les banques commerciales dans lesquelles vous détenez vos avoirs liquides en vue des transactions prévues  vont faire face à des demandes de conversion en billets….

                           (Oubliez vos comptes d’épargne pour l’instant)

Vous avez besoin de billets pour faire vos transactions => vous allez les chercher à votre banque en convertissant vos dépôts à vue (ou autres) en billets de banque.

Comment la banque peut-elle vous satisfaire ? Sans aide, elle ne le peut pas car, contrairement aux dépôts a vue, elle ne peut pas créer cette monnaie.

A l’actif de son bilan, elle a des crédits qui sont à maturités données et qu’elle ne peut pas rappeler. Elle a en théorie deux possibilités a priori :

(1)   Elle pourrait les vendre sur le marché (via titrisation ou autres), mais toutes les banques faisant la même chose car ayant les mêmes besoins au même moment, il n’y aurait aucun marché. En plus, c’est juridiquement complexe.

(2)    Elle pourrait les vendre/escompter à la Banque Centrale contre les billets, mais seulement  dans la limite de ses effets de première catégorie (Bons du Trésor notamment).

Elle  a une troisième solution toute simple et que la Banque Centrale lui propose dans le cadre de sa réforme : Emprunter à terme auprès de la Banque Centrale les billets dont elle a besoin :

=>    La Banque Centrale lui livre par fourgon blindé les billets dont elle a besoin pour satisfaire ses (ex-) déposants

=>      La banque dans son bilan remplace à son passif les dépôts à vue (et assimilés) de ses clients par le prêt de la Banque Centrale

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES D’UNE TELLE OPÉRATION ?

La masse monétaire a-t-elle change ?  NON : Les dépôts à vue sont remplacés par les billets mis en circulation

Les crédits a l’économie en ont-ils pâti ? NON : C’est totalement transparent pour les emprunteurs auprès des banques

En fait, à l’issue de l’opération, les transformations des bilans sont les suivants :

(1)   Banque Centrale :

–          A son actif : le prêt aux banques

–          A son passif : les billets imprimés pour satisfaire les besoins

(2)    Banques :

–          A leur actif (prêts à l’économie) : Aucun changement

–          A leur passif : Emprunt auprès de la banque centrale (en lieu et place des dépôts

(3)   Agents économiques :

–          A l’actif : les billets remplacent les dépôts à vue à montant constant

–          Au passif : aucun changement

QUE VONT FAIRE LES DÉTENTEURS DE BILLETS ?

Les détenteurs des billets de banques vont avoir des besoins pour la gestion des  encaisses en billets:

–          Sécurité (dépôts des billets dans des coffres)

–           Des besoins de « clearing » pour regrouper les transactions et n’effectuer que le transfert des soldes

–          Des convoyeurs…. etc

 => IL VA SE CRÉER DES COMPAGNIES DE SERVICES MONÉTAIRES QUI AURONT LES CARACTÉRISTIQUES SUIVANTES :

–          Leur seul rôle sera de faire que le système de paiement fonctionne au mieux et au moindre coût (concurrence)

–          Elles ne joueront aucun rôle dans la distribution du credit et ne seront que dépositaires des billets de banque que vous leur avez confiés

=> Bien entendu, ces sociétés ayant un coût de fonctionnement et rendant un service a la collectivité, les utilisateurs paieront pour ce service des frais de tenue de compte et des charges liées au nombre de transactions.

QUE VA-T-IL SE PASSER AVEC CE PRÊT DE LA BANQUE CENTRALE AUX BANQUES ?

C’est très simple : il devra être remboursé sur un rythme à définir en fonction :

(1)          Des remboursements des crédits préalablement accordés par les banques

(2)          De leur capacité à remplacer les ressources fournies par le prêt de la banque centrale par des ressources d’épargne apportées par le marché, pour qu’elles puissent maintenir et augmenter leur capacité de crédit à l’économie

ATTENTION SUIVEZ-BIEN, CAR IL VA SE PRODUIRE UN « PETIT MIRACLE » QUI N’EST PAS UN TOUR DE PASSE-PASSE…..

L’étape préalable  du miracle qui va s’accomplir

Dans le cours normal des opérations, Un emprunteur auprès de la banque rembourse son crédit et la banque décide de rembourser son propre emprunt à la Banque Centrale :

(1)    Le client de la banque  ramène les liasses de billets à la banque pour  rembourser son prêt

(2)    La banque prend les liasses, annule le crédit à son client et va les porter à la banque centrale en remboursement de son propre emprunt à la Banque Centrale

=>     Ce n’est pas très bon pour l’économie :

–   La quantité de monnaie entre les mains des agents économiques baisse

–   La masse des crédits accordés par les banques diminue

LA SITUATION EST GRAVE :  QUE FAIRE ?

EN FAIT, C’EST L’ACTION DE LA BANQUE CENTRALE QUI VA RÉTABLIR LA SITUATION ET ACCOMPLIR LE « MIRACLE »

L’accomplissement du « miracle »:
Le coup de baguette de la banque centrale et l’évanouissement de la dette publique !

OUI, VOUS AVEZ BIEN LU : ÉVANOUISSEMENT DE LA DETTE PUBLIQUE !

En fait,  c’est très simple

Comme la Banque centrale veille à ce que les moyens de paiement en circulation ne baissent pas, elle ne veut pas que le remboursement de son prêt aux banques entraîne une baisse des billets entre les mains du public,  elle va donc AGIR

=>   Elle prend les liasses de billets de la banque qui rembourse son crédit

–      Elle annule à son actif, le prêt donné à la banque

–          Elle annule à son passif les billets émis et qui sont maintenant revenus dans ses coffres

=>     … Mais elle va immédiatement faire une opération en sens inverse en achetant des titres publics sur le marché

–          Le vendeur des titres publics reçoit son paiement en billets de banque

–          La Banque centrale inscrit à son actif les titres publics achetés et à son passif les nouveaux billets qu’elle vient d’imprimer en remplacement des anciens.

AVEZ-VOUS COMPRIS L’IMPORTANCE DU « MIRACLE » ? !

=> La masse monétaire (les billets en circulation) n’a pas varié mais…

=> Une partie de la dette publique a été neutralisée

Cette opération de neutralisation de la dette publique a des conséquences majeures dans les circonstances d’aujourd’hui :

–          Le montant du prêt de la banque centrale aux banques correspond au montant de dette publique qui peut être neutralisé

–          Ce montant correspond au montant de la masse des dépôts à vue et assimilés qui ont dû être échangés contre des billets de banque

LE « MIRACLE », C’EST QU’AUJOURD’HUI, PAR CETTE RÉFORME MONÉTAIRE, LES 2/3 DES DETTES PUBLIQUES EN MOYENNE POURRAIENT ÊTRE NEUTRALISÉS.

          QUE FAUT-IL ENTENDRE PAR NEUTRALISATION DE LA DETTE PUBLIQUE?

Une part importante de la dette publique est rachetée par la Banque Centrale qui l’inscrit à l’actif de son bilan ;

=>    En compte de résultats, la banque Centrale va inscrire en revenus les intérêts de la dette ;

=>      Or, les profits de la Banque Centrale sont DES REVENUS BUDGÉTAIRES POUR L’ETAT

 La dette publique est parquée, elle sera renouvelée à perpétuité et donc jamais remboursée
et son coût est neutralisé.    Miraculeux, non ?

C’est d’autant plus miraculeux que la masse monétaire n’a pas varié

Quid des crédits a l’économie quand les banques ne peuvent plus créer de monnaie ?

C’est simple : les banques redeviennent de « purs » intermédiaires financiers, mobilisatrices de ressources d’épargne pour financer l’ensemble des besoins de financement…..

Il ne faut pas oublier :

(1)    La masse monétaire en circulation est toujours la même=> le niveau de revenu dans l’économie n’a aucune raison de varier puisque les agents économiques n’ont aucune raison de faire varier le montant de leurs encaisses inactives => donc, le niveau d’épargne ne change pas ;

(2)    Par l’achat de la dette publique, la Banque Centrale a non seulement créé des billets en remplacement de ceux qui lui avaient été remis, mais elle a libéré l’épargne auparavant investie dans de la dette publique, et ce, pour des montants considérables au fur et à mesure du remboursement du prêt fait par la Banque Centrale aux banques.

Il vient donc : les agents économiques épargnants (sur toutes les échéances de 1 jour à x ans) vont :

–      Déposer en banque les billets qu’ils souhaitent épargner a un horizon donné ou…

–      …souscrire à des titres émis par les banques ou d’autres types d’institutions financières pour bénéficier d’une liquidité plus élevée si nécessaire

… ET CE SERA AUX BANQUES DE REPRÊTER CES SOMMES/BILLETS AUX AGENTS QUI ONT DES BESOINS DE FINANCEMENT A COÛT DES RESSOURCES + MARGE

MONNAIE, ÉPARGNE, CE QU’IL FAUT BIEN COMPRENDRE DE LA RÉFORME…

L’exemple utilisant les billets de banque est intéressant car il permet de bien mettre en évidence la distinction entre monnaie et épargne

Le billet de banque est le moyen de paiement qui est le support des transactions quelles qu’elles soient, financières ou non. Les agents économiques les gardent « en caisse » pour faire face aux différences entre les recettes qu’ils perçoivent et les débours qu’ils doivent faire, avec un « coussin de sécurité » s’il y a des ratés dans les prévisions d’entrées et de sorties d’argent. Dans le cas du billet de banque, chaque agent va chercher à en garder le minimum :

–      Pour des raisons de sécurité  ( risque de vol)

–      Pour des raisons de coût (pour les billets traités par les CSM)

–      Pour des raisons de coûts d’opportunité car il pourrait en retirer des intérêts s’il le plaçait à une échéance qui lui convient

Un instrument d’épargne résulte d’un acte qui est d’une autre nature, car il s’agit d’une renonciation claire à un pouvoir d’achat (un certain montant de billets de banque) pendant une durée déterminée et le transfert à un autre agent contre le paiement d’un intérêt. Cet autre agent va le faire fructifier et c’est pour cela que la richesse ne peut se créer que par l’épargne.

Si pour une raison ou une autre, l’instrument d’épargne pouvait être converti sans délai, sans coût et à prix garanti, il y aurait fongibilité entre cet instrument d’épargne et le billet de banque , donc possibilité de réduire le montant de billets à de fins de transactions du fait de la substitution possible billets/dépôts sans conditions, ni risques de confusion entre monnaie et encaisse,  donc création monétaire par duplication de pouvoir d’achat (Allais)

Dans la réforme, il y aura une frontière claire entre instruments monétaires et Instruments d’épargne (coûts, délais, risque de marché) pour éviter toute création monétaire en dehors du billet de banque.

 

LE DEUXIÈME APPORT (MIRACLE ?) DE LA RÉFORME…..

L’alimentation en moyens de paiement devient une ressource à la disposition de la collectivité en lieu et place des banques

Comme la monnaie n’est constituée que de billets de banques, SEULE LA BANQUE CENTRALE PEUT LA CRÉER. COMMENT ?

–          Par simple inscription au crédit du compte du Trésor comme une avance non remboursable (ressources budgétaires) et en livrant les billets aux Comptables du Trésor pour payer les dépenses de l’Etat;

–          En suivant une règle stricte d’accroissement inscrite dans la Constitution pour éviter les abus (4.5% par an soit Produit National Brut  potentiel +2.5% + dérive inflationniste 2%)

=>   C’EST DONC UNE NOUVELLE RESSOURCE BUDGÉTAIRE (2 ème MIRACLE)

Ce processus peut-il être comparé à la « planche à billets » classique employé par tous les gouvernements aux abois de sinistre mémoire ? NON, aucunement

–    Auparavant, les banques s’appropriaient la rente monétaire grâce a ce privilège extraordinaire de pouvoir créer de la monnaie ex nihilo, donc un pouvoir d’achat non gagés sur des revenus préalablement gagnés, donc un « faux-monnayage » légal en quelque sorte (Rothbard, Allais).

–    Maintenant, c’est l’État  qui se réapproprie cette rente au profit de toute la collectivité en récupérant son pouvoir régalien de battre monnaie.

N’EST CE PAS PLUS JUSTE ?

                     RÉCAPITULONS LES AVANTAGES DE LA RÉFORME

1)     Le système de paiement de l’économie est complètement insubmersible , donc les problèmes de stabilité du système bancaire ne se posent plus de la même manière (les banques de financement et d’investissement peuvent faire faillite sans problème, plus de « moral hazard »)

2)     Une capacité de régulation économique accrue du fait d’une maitrise totale de la masse monetaire en circulation

3)     Une efficacité augmentée de l’économie du fait de la plus grande représentativité des taux d’intérêt sur les différentes échéances sans interférences monétaires comme aujourd’hui

4)     La fin des distorsions dans la répartition des revenus du fait de la création monétaire par les banques et récupération de la rente monétaire au profit de la collectivité

5)     En produit-joint de la réforme, une neutralisation de la plus grande partie de la dette publique dans les grands pays industrialisés.

En 2007, en combinant les deux effets, recettes budgétaires et neutralisation de la dette publique, mes estimations (à mettre à jour) pour la zone   euro donnaient un gain fiscal annuel de 400 milliards d’euros

SI VOUS AVEZ COMPRIS CET EXEMPLE AVEC LES BILLETS DE BANQUES ALORS, VOUS AVEZ COMPRIS 95% DU « 100% MONEY » .à l’heure de la dématérialisation et des flux électroniques.

Dans le modèle réel, on distingue :

–          Les CSM qui recueillent les dépôts à vue et assimilés avec obligation de les maintenir couverts à 100% par de la monnaie de base (Monnaie Banque Centrale/ compte auprès de l’Institut d’Émission)

–          Des banques de financement, qui jouent le « pur » rôle » d’intermédiaire financier

–          Les banques d’investissement

Aujourd’hui, nous ne parlons plus de billets de banque car les banques sont en ligne et les débits/crédits se font à la vitesse de la lumière, mais, ce que crée la réforme c’est un type de dépôt qui est l’ «équivalent- billet de banque » électronique qui a beaucoup de vertus dont celui de ne pas être une monnaie de crédit privée

COMPARAISON DU CAS/EXEMPLE DES BILLETS DE BANQUES AVEC LA VRAIE RÉFORME DE LA COUVERTURE INTÉGRALE (« 100% Money) :

(1) les CSM reçoivent le monopole de toutes les opérations de paiement avec interdiction de faire un quelconque crédit et de prendre le moindre risque, donc tout dépôt d’un client a sa contrepartie en monnaie banque centrale (Les CSMs ont des comptes à la Banque Centrale qui sont l’exact reflet des dépôts de leurs clients) et sont donc l’ équivalent à l’imposition des billets comme moyens de circulation

(2)  au jour j du transfert des dépôts à vue (et assimilés), les banques commerciales actuelles recevront un prêt de la Banque Centrale pour continuer à assurer le financement de leur actif tout en assurant le transfert en monnaie banque centrale vers les CSM, c’est-à-dire exactement la même situation que dans le cas des billets de banque (les comptes à la Banque Centrale jouent EXACTEMENT le même rôle que les billets avec lesquels ils sont fongibles)

(3) Le prêt de la BC sera ensuite amorti sur autant de temps qu’il faudra (10 ans ?) pour que le système s’ajuste, mais la dette publique sera absorbée dans sa plus large partie (aucun remboursement à prévoir et remontée progressive des intérêts au niveau de la BC et donc de l’État). Il n’y a donc aucun changement dans le processus par rapport à l’exemple donnée

POUR APAISER VOS CRAINTES, IL FAUT BIEN RETENIR

(1)   Tous les crédits et actifs détenus aujourd’hui a l’actif des banques seront maintenus sans aucune perturbation pour les emprunteurs

ET

(1b) leur croissance sera assurée par le jeu normal épargne-investissement dans une économie où la croissance monétaire est assurée de manière régulière (4.5% par an)

(2) La masse monétaire ne subit pas de variations du fait de la réforme, l’augmentation de la monnaie de base étant compensée par une augmentation du taux de réserves à 100% è aucun risque d’inflation du fait de la réforme

ET

(2b) l’accroissement de la masse monétaire peut-être inscrit dans la constitution (4.5%) et représente un gain net pour la collectivité (Recettes Budgétaires) è Réappropriation du pouvoir régalien et de la rente monétaire auparavant appropriée par les banques

(3) La dette publique est dans une très large partie neutralisée. Elle ne sera donc jamais remboursée et les intérêts payés par l’ État lui seront reversés à travers les dividendes et impôts payés par la Banque Centrale.

Y-A-T’IL QUAND MÊME DES INCONVÉNIENTS À LA MISE EN ŒUVRE DE LA RÉFORME ?

1- Le paiement du coût des services bancaires nécessaire à l’équilibre financier des CSM est-il un problème ?  Non

–          Le paiement des services est largement engagé dans la plupart des    pays, particulièrement en France (frais de tenue de compte, commissions sur transactions)

–          Ce paiement correspond à un condition d’efficacité maximale (tout coût lié à un service rendu doit être payé par son usager)

–          Plus subtilement, ce coût intervient comme une « taxe » sur les encaisses poussant les agents économiques à une utilisation optimale de ces dernières et, à freiner toute tendance à la thésaurisation.

« Dans le domaine monétaire, tous ces réformateurs qui ont cherché des remèdes fondés sur la création de coûts de détention de la monnaie (Carrying costs)…. Ont été sur la bonne voie » (Keynes, propos recueillis par Watkins, 1938)

2 – L’établissement d’une frontière claire et nette entre instruments monétaires et véhicules d’épargne représente-t-il une gêne insurmontable ?    Non

Par rapport à la situation d’aujourd’hui, c’est le point qui implique un changement dans les habitudes car il faudra bien ajuster la gestion de ses encaisses pour les minimiser (minimisation des coûts de portage) et maximiser le montant de ses placements sur les différentes échéances, sachant que toute rupture des contrats de placement entrainera des coûts pour éviter les arbitrages incompatibles avec l’esprit de la réforme.

PENSEZ-VOUS QUE CES  CHANGEMENTS D’HABITUDE IMPLIQUÉS PAR LA RÉFORME CONTREBALANCENT SES AVANTAGES ? 

NOUS NE LE PENSONS PAS

Vous êtes séduit, conquis, convaincu ?

Si c’est le cas…. Bravo ! vous venez de rejoindre le club des initiés, ceux qui ont compris que le fonctionnement du système bancaire était la plaie du système libéral et le cancer de nos démocraties

Ne craignez rien, vous allez vous retrouver en excellente compagnie parmi les plus grands

David Ricardo, les économistes de la Currency School, Léon Walras, Ludwig Von Mises et tous ses successeurs, notamment Murray Rothbard, Friedrich Von Hayek (Prix Nobel 1974) , les économistes de Chicago, en premier lieu Henry Simons, Frank Knight et Jacob Viner, Irving Fisher, qui y a consacre toutes ses forces jusqu’a sa mort en 1947, Fritz Machlup, Jacob Marshak, George Stiegler (Prix Nobel 1982), Milton Friedman (prix Nobel 1976), James Tobin (Prix Nobel 1981), sous la forme du ≪ narrow banking ≫, Maurice Allais ( Prix Nobel 1988), Hyman Minsky…. Et des centaines d’autres moins connus.

CHRISTIAN GOMEZ, Septembre 2011

(Docteur d’État en Sciences Économiques et ancien élève de Maurice Allais, Christian Gomez a d’abord suivi une carrière universitaire- Maître de Conférences à l’Université de Rennes – avant de rejoindre en 1983 le secteur bancaire ou il a exercé des fonctions de responsabilité importantes dans l’activité de Banque d’investissement d’une grande Institution Financière Internationale tant en Europe – Paris, Londres et Zurich – qu’en Asie – Tokyo et Hong-Kong).

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136 commentaires pour 218 – Le 100% monnaie pour tous

  1. En objet : Ce qui ne va pas et ce qui est bien sur ce billet
    ( ma position personnelle )
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –

    CE QUI NE VA PAS
    Les points où la stratégie Adray dit Non
    – – – – – – – – – – – – –
    N1 : Non à l’expression « 100% Money »
    N2 : Non à « Banking plan designed to keep checking banks 100% liquid; (…) »
    N3 : Non à « Un système qui accroisse l’efficacité de l’économie en donnant aux taux d’intérêt leur vrai rôle d’ajustement de l’épargne et de l’investissement »

    N4 : Non à « Un système qui redonne à l’état son pouvoir régalien en lui faisant se réapproprier la rente monétaire »
    (abandonnée aux banques)
    N5 : Non partiel à « Alimenter l’économie en instruments monétaires d’une manière régulière en fonction de règles bien établies, sans intervention des banques commerciales »
    N6: Non à « Ajuster au mieux l’épargne et l’investissement sur les différentes maturités »

    N7: Non à ce qui est présenté comme exemplaire : l’opération de transformation des bilans où la première écriture comptable est :
    (1) Banque Centrale :
          – A son actif : le prêt aux banques
          – A son passif : les billets imprimés pour satisfaire les besoins

    – – – – – – – – – – – – –
    CE QUI EST BIEN
    – – – – – – – – – – – – –
    P1: Dissocier les circuits de paiement et d’épargne (intermédiation financière)

    N1 : Non à l’expression « 100% Money »; elle ne va pas.
    Money au singulier est délétère pour X% et mortel pour (100-X%).
    Le fait de toujours tout ramener à une unique unité de compte abstraite est inévitablement une organisation inhumaine indifférente à de nombreux fondamentaux hors Budget Minefi ( biotopes, émancipation, épanouissement individuel, co-gouvernances à différents geoNiveaux, démocratie réelle, qualité de l’environnement et de la production énergétique, etc.). L’unité de compte unique ne peut qu’aboutir à une solution totalitaro-patricienne (fasciste, dictatoriale, étatico-communiste), à une solution royalo-républicaine, celle d’une mafia pyramidale type « Machine Etat-dans-l-Etat » ( mimétique, figée, dogamatique, à oeillèes, corruptrice-et-corrompue, Qui-Croit-Tout-Savoir, Qui-Veut-Tout-Espionner, Qui-Veut-Tout-Placer-En-Rangs-Serrés). Il n’est pas de civi-(gio)lisation neuve et saiane avec cet antique principe ultra-dominateur et 100% quantitatif unité de compte unique. Ce choix arbitraire, injustifié, est indéfendable. Il ne prend pas en compte la foi des indigné(e)s en une alternative pertinente.

    N2 : Non à Banking plan designed to keep checking banks 100% liquid
    La masse monétaire spécifique (λ_Fr) qui est mobilisée pour le Plein Emploi ne peut valablement fonctionner que s’il n’y a pas de banque dans le circuit et surtout as de banque codée par la Norme IAS-BRI. Le concept de cette Norme est incompatible avec la primauté éthique qui doit s’imposer en amont de la réflexion législative en la matière.
    Le métier du banquier n’a rien à voir avec le Plein Emploi. Il consiste (devrait consister) prioritairement à évaluer des risques bien au delà de l’année courante et de mettre en oeuvre un montage ad hoc (jurififi) pour soutenir la prise de risques par les personnes qui sont prêtes à le « courir ».

    N3: Non à l’idée de donner aux taux d’intérêt leur vrai rôle d’ajustement de l’épargne et de l’investissement
    Non. Les taux d’intérêt n’ont pas à intervenir dans une quelcnque « politique » d’ajustement de çi ou ça. Non.
    Cela fait trop de décennies que les populations en crèvent. Quels arguments auriez-vous pour contester le texte de Galbraith affiché le 17 juillet 2011
    [n°195]

    N4 : Non à « Un système qui redonne à l’Etat son pouvoir régalien en lui faisant se réapproprier la rente monétaire
    Pourquoi le Système Royalo-Républicain devrait-il être rentier ?
    En quoi serait-ce sain ? N’est-ce pas justement cela qui est délétère aux Usa, que ces taux soient choisis par FedNewyork ou (en cas de nationalisation-fédéralisation) par US_Treasury à Washington, dont des contribuables_etasuniens plus nombreux devraient autant se méfier que le 13 LibertyStreet (New York, fednewyork). En outre,
    Pourquoi cette rente devrait-elle se fonder sur le code génétique du Système_IAS-BRI ?

    N5 : Non partiel à « Alimenter l’économie en instruments monétaires d’une manière régulière en fonction de règles bien établies, sans intervention des banques commerciales ». Oui à ce que les banques commerciales universelles opérant en monnaies_BRI soient tenues à l’écart de la monnaie_λ_Fr (court terme plein emploi). Non à ce que l’Etat «  »alimente » » quoi que ce soit. Il n’a rien à alimenter. Il maintient ses CRS dans les casernes ou les mobilise à autre chose. Pour ce qui est de la masse monétaire il n’y a rien à demander aux Grands Argentiers de l’Etat. Rappelons nous de leurs modèles, maîtres et/ou parents. En 1939-44 le DG de la Banque de France, en Suisse (Château d’Oex en 1941), coopérait avec la Reichbank à refondre l’or volé par les nazis pour (…) etc. Dossiers prochainement enligne sur http://www.rubak.org

    N6: Non à « Ajuster au mieux l’épargne et l’investissement sur les différentes maturités »
    L’Etat n’a pas à s’occuper de cela. Les dirigeants en Minefi, BdF et CAE sont dogmatiques, nullement stratèges, bloqués, centrés sur leurs intérêts ersonnels ou de caste, perroquets-experts en pédalo ou manège qui tourne sur lui-même, centralisateurs. En la matière il n’y a rien à attendre de l’Etat Ve République.

    N7: Non à ce qui est présenté comme exemplaire : l’opération de transformation des bilans où la première écriture comptable est :
    (1) Banque Centrale :
          – A son actif : le prêt aux banques
          – A son passif : les billets imprimés pour satisfaire les besoins

    Il est nul besoin d’une banque centrale qui prête de l’argent à des banques.

    A vous lire,
    Très cordialement,
    François Jéru

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    • A-J Holbecq dit :

      Encore un peu n’importe quoi..
      N1 : Non à l’expression « 100% Money »; elle ne va pas.
      Money au singulier est délétère pour X% et mortel pour (100-X%).

      Vous nous expliquerez (sur votre site, ici c’est inutile de remplir des pages pour rien) comment vous compensez entre elles différents types de monnaies et comment vous les empêchez de passer d’une utilité à d’autres. Ceci dit ayant écrit « une monnaie nationale complémentaire » ( https://postjorion.wordpress.com/2011/05/22/179-pour-un-nouvel-espace-societal/ ) je n’ai peut être pas à donner d’avis sur ce sujet 🙂

      N2 : Non à Banking plan designed to keep checking banks 100% liquid
      La masse monétaire spécifique (λ_Fr) qui est mobilisée pour le Plein Emploi ne peut valablement fonctionner que s’il n’y a pas de banque dans le circuit

      Ah, oui, et vous faites comment sans banque ? de la monnaie uniquement manuelle?

      N3: Non à l’idée de donner aux taux d’intérêt leur vrai rôle d’ajustement de l’épargne et de l’investissement
      Non. Les taux d’intérêt n’ont pas à intervenir dans une quelconque « politique » d’ajustement de çi ou ça. Non.

      Le 100%M ne détermine justement pas les taux d’intérêts qui sont seulement la conséquence de l’équilibre offre / demande dans le « second circuit » de la monnaie, après utilisation directe par la collectivité.

      N4 : Non à « Un système qui redonne à l’Etat son pouvoir régalien en lui faisant se réapproprier la rente monétaire
      Pourquoi le Système Royalo-Républicain devrait-il être rentier ?

      L’Etat redistribue la totalité de ses « revenus » (parfois plus d’ailleurs)… c’est la collectivité qui en bénéficie

      N5 vous généralisez …

      N6: Non à « Ajuster au mieux l’épargne et l’investissement sur les différentes maturités »
      L’Etat n’a pas à s’occuper de cela.

      Vous semblez avoir compris de travers: justement l’Etat ne s’en mêle pas dans le 100% M

      N7: => Il est nul besoin d’une banque centrale qui prête de l’argent à des banques.
      C’est bien ce que je pensais, vous n’avez rien compris au 100%M
      Vous avez le doit de ne pas vouloir de ce système, d’en présenter un autre, mais dans le 100% monnaie, ce « prêt » (écriture comptable) est nécessaire pour passer du système actuel (réserves fractionnaires) au système à réserves intégrales.

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    • chris06 dit :

      @François Jéru,

      beaucoup de « NON » mais pas de propositions concrètes pour mieux faire….

      Commençons par ceci, si vous le voulez bien:

      Le fait de toujours tout ramener à une unique unité de compte abstraite est inévitablement une organisation inhumaine indifférente à de nombreux fondamentaux hors Budget Minefi…. Ce choix arbitraire, injustifié, est indéfendable. Il ne prend pas en compte la foi des indigné(e)s en une alternative pertinente.

      comment faire pour échanger une quantité de poulets contre une quantité de farine ou une quantité d’heures de travail de bûcheron contre une voiture?

      Les indignés ont ils peut être une alternative « pertinente » permettant de réaliser ces échanges qui ne fasse pas intervenir une unité de compte « abstraite, injustifiée, inhumaine, indéfendable » ?

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    • chris06 dit :

      PS:

      ce n’est pas la première fois que j’entend quelqu’un dire que l’argent est la base d’un système inhumain.

      Mais je n’ai jamais entendu quiconque proposer une alternative crédible et cohérente à un système d’échanges basé sur l’argent.

      Mis à part l’idée géniale de revenir au temps des chasseurs-ceuilleurs où les échanges entre humains étaient tellement simples qu’ils ne nécessitaient aucune unité de compte pour les faciliter!

      Comment passe t »on de nos sociétés actuelles avec plusieurs milliards d’individus, une spécialisation du travail et une quantité quasiment infinie de produits et de services à échanger à celle des chasseurs ceuilleurs d’il y a vingt mille ans, de façon humaine, je me le demande bien.

      Mais ce n’est qu’un détail, car les indignés ont foi en un système alternatif!

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      • A-J Holbecq dit :

        Tu as tout à fait raison, la monnaie est un palliatif (génial) des problèmes de troc et on ne pourra pas se passer avant longtemps d’une forme quelconque de monnaie
        Mais je pense que notre réflexion est plus tournée vers les besoins de trouver des alternatives à par qui et comment elle est émise.

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  2. Mat dit :

    Merci pour ce billet fort intéressant et pédagogique. Une question tout de même. Vous parlez d’inscrire la quantité de monnaie à créer chaque année dans la constitution (4.5%/an). Ça me parait étrange. La création monétaire ne doit-elle pas être en rapport avec la croissance économique ? En suivant une création monétaire fixe de 4.5%/an, cela ne créerait-il pas de l’inflation lors d’une récession économique ?
    Mat

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    • A-J Holbecq dit :

      @Mat
      Christian Gomez s’explique me semble t-il dans le billet précédent https://postjorion.wordpress.com/2011/11/04/215-resume100monnaie/ (il faudrait tout relire pour retrouver le lien), mais en gros il vaut mieux une stabilité annuelle (toujours le même pourcentage ou très peu de différence) de cette source de financement pour ne pas risque d’agir d’une manière contra cyclique.

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      • Mat dit :

        Nous entrons dans le domaine des perspectives économiques et donc des opinions. Personnellement, vu les perspectives énergétiques de notre monde, je pense qu’il y a de fortes chances que nos économies entrent en récession et ce pour un moment. Le modèle de croissance que l’on suit depuis maintenant plus d’un demi siècle ne tient plus la route ainsi que le système de création monétaire qui l’accompagne. Je vois dans le 100% monnaie une possibilité d’ajuster la masse monétaire à ce qui est nécessaire. Pour moi, clairement une augmentation de 4.5%/an écrite dans le marbre de la constitution serait une grave erreur.

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      • chris06 dit :

        j’ajoute qu’avant même de parler du taux de croissance de la masse monétaire en 100% monnaie, il faudrait parler de la masse monétaire de départ.

        Comment la fixer?

        Au niveau actuel de M1? de M2? de M3? au niveau actuel des dettes publiques? à un niveau complètement différent? Quid des encours de crédit actuels?

        Quel effet ceci aurait il sur le niveau des prix?

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        • A-J Holbecq dit :

          Je laisserai Christian Gomez préciser mais en gros il s’agit de l’actuel M1 plus une partie de M2 … le total de départ faisant « la vraie monnaie » du système 100% M.
          Les 4 ou 5% s’appliqueraient à ceux là…

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  3. bernarddo dit :

    Le système est « techniquement » au point, et répond peu ou prou aux exigences économiques posées en objectifs.

    Le problème est que l’économie pure n’existe pas, il n’y a d’économie que politique.

    Et sur ce point il y a deux reproches à lui adresser:

    – l’inflation monétaire (annoncée à 4,5 %, on se demande pourquoi, le doigt mouillé?) va aller directement, via les intérêts, dans la poche les créanciers. Les entrepreneurs et travailleurs, ceux qui créent la richesse, resteront assujettis à leur rôle de débiteurs et devront globalement se battre pour ne pas être lésés. Cette inflation institutionnalise la lutte sociale, elle n’a aucun fondement légitime

    – plus grave, la maîtrise de l’économie c’est la maîtrise de l’avenir, c’est la maîtrise des investissements. Ceux-ci se feront toujours préférentiellement dans les secteurs « rentables »,et seront, comme aujourd’hui soumis à la volonté des seuls épargnants. Ce système est donc fondamentalement antidémocratique.

    Tout cela par le biais de l’intérêt financier.

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    • A-J Holbecq dit :

      Non, seule la partie épargnée (12 % à 15% ?) de la nouvelle monnaie émise va servir à financer les « projets privés ». 85% est justement à disposition du Trésor Public qui l’utilisera selon les décisions du gouvernement validés par les Parlementaires (le changement de système politique reste un autre sujet).

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      • chris06 dit :

        pourquoi la partie épargnée serait elle seulement de 12% à 15%?

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        • A-J Holbecq dit :

          Pourcentage habituel de l’épargne, non ?
          http://www.lesechos.fr/chiffres-economie/efrepa_.htm
          (bon, j’aurais du mettre 12 à 18%)
          On peut considérer que l’émission de monnaie nouvelle ne dérogera pas à cette règle après avoir été « distribuée » par l’Etat aux entreprises et aux ménages (puisque l’émission monétaire est une « recette budgétaire ») et donc au final aux ménages en bout de chaine.
          Mais évidemment, cette épargne prêtée « retourne » aux emprunteurs qui en refont de la vraie monnaie qui se retrouvera dans les CSM (personne n’emprunte pour ne pas utiliser me semble t-il)

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        • chris06 dit :

          Ce graphe montre que la partie épargnée représente chaque année de 12% à 18% du pib.

          Je ne vois pas le rapport entre ceci et la part de la nouvelle monnaie émise qui serait épargnée.

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        • A-J Holbecq dit :

          Mais la masse monétaire totale actuelle ( je veux parler de M3) est sensiblement équivalente au PIB… donc une augmentation de la masse monétaire verrai (d’après moi, mais je n’ose m’avancer plus avant) le même pourcentage d’épargne nouvelle.
          Wait and see l’avis de Christian sur ce point.

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        • chris06 dit :

          oui mais la nouvelle monnaie émise est de 4,5% de la masse monétaire de l’année précédente. Si la masse monétaire est égale au pib (ce qui est à peu près le cas actuellement avec M3), cela veut dire que la nouvelle monnaie émise est de 4,5% du pib. Or l’épargne actuelle est de 12% à 18% du pib, donc 300% à 400% de la nouvelle monnaie émise (et non pas 12% à 18%)!

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      • chris06 dit :

        Aussi, si j’ai bien compris, dans le 100% monnaie l’offre de monnaie correspond à la dette publique. Comment 12 à 15% peut il servir à financer des « projets privés »?

        Actuellement, les encours de crédit privés (c’est à dire les montants qui servent à financer des projets privés, des ménages ou des entreprises) représentent plus de 200% de la dette publique et plus de 400% de M1.

        Qu’adviendrait il de tout cela si la limite du financement des projets privés était de 12% à 15% de la masse monétaire?

        Il y a quelque chose que je ne comprends décidemment pas avec le 100% monnaie.

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        • A-J Holbecq dit :

          Non effectivement, il semble que tu sois passé à coté de quelque chose (mais moi aussi j’ai mis du temps à comprendre😉 ).
          Dans le 100% M on se fiche de la dette publique (qui restera à peu près à 1/3 de ce quelle est actuellement)… le gel de 2/3 de celle ci est une conséquence de la mise en place du 100% M ; comme dit C.G., c’est un fusil à un coup…. la prochaine dette serait rajoutée à celle résiduelle et le 100%M n’aura aucune incidence: si ce n’est que l’Etat bénéficie de recettes supplémentaires qui devraient lui éviter d’augmenter les impôts ou de diminuer les redistributions.

          Ce que je veux dire c’est qu’environ 15% de la nouvelle monnaie émise serait transférée en épargne, en plus de l’existante, pour être prêtée aux emprunteurs, et ne serait donc plus de la monnaie (mais de l’épargne). Peut être me trompe-je dans mon explication?
          Et les crédit en cours restent « en cours » : le 100% M ne modifie pas leur montant (sauf si, au remboursement, les bénéficiaires- épargnants décident de ne plus continuer de prêter et transforment leur épargne en « vraie monnaie » dans les CSM)

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      • bernarddo dit :

        OK pour un comportement supposé constant.

        Mais j’ai un vrai doute sur ce point:

        1 On ne peut pas faire comme si les 15% de l’épargne étaient réparties uniformément en petits portefeuilles recherchant des placements « de père de famille ». On trouvera le noyau dur de reconstitution de cartels financiers, adossé sur des « actifs » boursiers virtuels dont on ne parle pas ici.

        2 Par ailleurs, tout le monde étant « assuré » sur la possibilité de récupérer à tout moment son avoir en billets, et sur le fait que son épargne placée sera rémunérée, ce taux d’épargne a toutes chances de monter spectaculairement, et de faire stagner l’économie.

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        • bernarddo dit :

          C’est même plus grave que ça, maintenant que j’ai intégré ta réponse à Cris sur les craintes qu’il manifeste.

          L’opération 100% n’est alors qu’une opération ponctuelle de gel des problèmes de dette publique, au prix d’une émission de monnaie, qui booste le système d’investissement capitalistique actuel de 15% environ.

          A mon sens, un coup pour rien.

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        • Renaud dit :

          bernardoo a écrit:

          «  »(….)On trouvera le noyau dur de reconstitution de cartels financiers, adossé sur des « actifs » boursiers virtuels dont on ne parle pas ici. » »

          L’une des interrogations avec le 100%-monnaie (mais avec lequel je suis entièrement d’accord en son principe), c’est le risque de siphonage progressif de l’essentiel de la quantité de monnaie sans des poches réduites en nombre. Reste encore le chantier ouvert pour trouver les combinaison techniques fiables propres à empêcher ce phénomène progressif de siphonage à terme.

          Renaud

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  4. Opps59 dit :

    Juste une remarque sur le miracle … qui n’a rien de vraiment miraculeux , à mon avis.
    Si la BC rachète la dette des Etats , l’Etat n’est pas désendetté pour autant. L’Etat doit à la BC. La dette ne disparaît pas , elle est neutralisée .
    La BC a ainsi une sorte de rôle de PDR. Mais pas besoin de passer par le 100% money pour arriver à cela : il suffirait que l’Etat puisse emprunter directement à sa BC plutôt qu’aux marchés financiers.
    Bon , ça équivaut presque tout de même à de la planche à billet dans le cas ou cette dette ne serait jamais remboursé et il y a lieu de croire que l’ardeur à rembourser se tarira d’autant plus rapidement que cette BC sera une émanation de l’Etat à sa botte.

    Ca ne serait pas une catastrophe , ni forcément infationniste . Mais ça ne peut être un système viable à long terme et un mode de fonctionnement que de faire de la création monétaire sans rembourser.
    C’est un miracle où l’Etat aurait le droit d’emprunter sans rembourser , fastoche mais nécessaire en situation de crise. Suicidaire sinon, car ça fait faussement disparaître les contradictions et ça mène à l’appauvrissement par un l’asservissement inconsciente et une destruction de la notion de vraie valeur et donc de vraie richesse.

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    • A-J Holbecq dit :

      « Mais pas besoin de passer par le 100% money pour arriver à cela : il suffirait que l’Etat puisse emprunter directement à sa BC plutôt qu’aux marchés financiers. »
      Sauf que dans ce cas on va augmenter la base monétaire globale sans pouvoir contrôler la quantité de monnaie totale (monnaie de crédit bancaire) ce qui est un avantage important du 100% M

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      • A-J Holbecq dit :

        L’avantage du 100%M est évidemment de pouvoir contrôler la masse monétaire totale: ma phrase n’était pas très claire…

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      • Bruno Lemaire dit :

        @OOPS, Chris et à AJH

        L’idée de base du 100%M, tout le monde l’a compris – même si on peut ne pas être d’accord, est d’éviter toute confusion entre Monnaie et Crédits, ou plus exactement, entre monnaie (devenue centrale, dans tous les sens du mot) – monnaie n’étant plus qu’un moyen de paiement- et Crédits (accordés par les banques privées pour des raisons plus ou moins nobles, et plus ou moins destinés à l’économie réelle).

        Le 100%M à la Fisher n’étant pas tout à fait suffisant pour cela, Allais a proposé une séparation effective entre Banques de dépôt/stockage – de simples gestionnaires des moyens de paiement – ce que Gomez, après Pierce, propose d’appeler CSM, et Banques de financement-Investissement-affaires (quitte à séparer encore ces entités en deux).

        L’Epargne ne serait donc gérée que par ces dernières entités.

        Classiquement, l’épargne représente entre 13 et 17% du PIB. On peut supposer que ce taux d’épargne ne changera pas beaucoup – il augmentera peut être un peu – avec l’introduction du 100%M à la Allais. Ce sera donc ce même pourcentage que l’on peut imaginer pour toute nouvelle émission monétaire (sans rapporter directement cette épargne à la monnaie supplémentaire. C’est une question de pourcentage de pourcentage, que la monnaie soit la moitié ou le double du PIB n’a rien à voir avec la question)

        Par ailleurs, le 100%M, à mon avis, est une condition nécessaire, mais pas suffisante, pour sortir de la crise économique. La seule chose que je retiens de positif de l’intervention de François Jéru consiste dans le fait qu’il faut orienter les financements publics vers le bien public. Ceci est possible par le 100%M, mais n’est pas automatique.

        Très cordialement,

        Bruno Lemaire

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        • chris06 dit :

          Classiquement, l’épargne représente entre 13 et 17% du PIB. On peut supposer que ce taux d’épargne ne changera pas beaucoup – il augmentera peut être un peu – avec l’introduction du 100%M à la Allais. Ce sera donc ce même pourcentage que l’on peut imaginer pour toute nouvelle émission monétaire (sans rapporter directement cette épargne à la monnaie supplémentaire. C’est une question de pourcentage de pourcentage, que la monnaie soit la moitié ou le double du PIB n’a rien à voir avec la question)

          ben non, cela pose problème:

          si l’épargne représente mettons 15% du pib, c’est à dire env. 1200 milliards par an en zone euro et que la création monétaire représente 4,5% de la masse monétaire (c’est à dire 360 milliards par an en supposant une masse monétaire égale au pib), on peut voir qu’au bout de quelques années, toute la masse monétaire aura été drainée vers l’épargne et qu’il ne restera plus de monnaie!

          c’est un problème quand même, non?

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        • bernarddo dit :

          Je suis 100 % OK avec cris06 qui me semble avoir posé le vrai problème.

          La manip ne me semble raisonnable et complètement exposée (pourquoi ne l’est-elle pas), que si on indique clairement la chose FONDAMENTALE qui doit l’accompagner: que les crédits liés à l’EPARGNE PRIVEE ne sont PAS GARANTIS par la banque centrale (sauf bien sûr ceux sur la dette publique qu’elle a rachetée).

          Le calcul de Cris (post de 11h 46) montre bien qu’il y aura nécessairement PERTES dans cette ligne. C’est la bulle financière que les marchés privés veulent faire payer aux
          citoyens.

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  5. BA dit :

    Le nouveau président de la BCE, l’Italien Mario Draghi, a redit à Francfort sa fidélité à l’orthodoxie défendue par son prédécesseur, le Français Jean-Claude Trichet.

    Le rôle de la BCE est de défendre la stabilité de la monnaie, un point c’est tout, a-t-il martelé. « C’est la contribution majeure que nous pouvons apporter pour soutenir la croissance, la création d’emplois et la stabilité financière », a-t-il dit.

    Pourtant, de plus en plus de dirigeants européens estiment que seule l’institution monétaire est à même de contenir la crise, en mettant beaucoup d’argent sur la table pour acheter la dette des pays en difficulté.

    La France est ainsi revenue à la charge sur ce thème, le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, dont le pays est de plus en plus dans le viseur des marchés, a fait de même. Sans parler des investisseurs, qui placent dorénavant tous leurs espoirs sur cette option.

    « Comme sauveur de l’Italie, mais aussi des autres pays précaires, il n’y a que la BCE », commentait l’analyste allemand Robert Halver, de Baader Bank, « c’est la seule à pouvoir lutter contre l’explosion nucléaire de la zone euro ».

    A Rome pourtant, le nouveau chef de gouvernement Mario Monti a affirmé ne « pas voir de raison de modifier » le mandat de la BCE. Il a annoncé un mini-sommet avec le président français Nicolas Sarkozy et Mme Merkel jeudi prochain à Strasbourg.

    Mais l’obstacle principal, c’est l’Allemagne, qui refuse au nom de l’indépendance de la BCE et de son rôle de garant de la stabilité des prix de la laisser s’embarquer dans cette voie.

    http://www.romandie.com/news/n/Zone_euroLa_crise_s_etend_Berlin_s_obstine_a_refuser_un_role_accru_pour_la_BCE181120111811.asp

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    • Bruno Lemaire dit :

      @BA

      Effectivement, mais il faudrait que la BCE s’asseye sur les fameux Masstrich 104 et Lisbonne 123 (et donc sur la loi de 73 pour la France). Mais s’il n’y a pas en plus, la réforme Fisher-Allais, cela ne servirait à rien, tant que l’on n’enlève pas aux banques commerciales le privilège de créer leurs propres moyens de paiement.

      Nous sommes encore bien loin du compte. si cela se faisait, cela sauverait peut être l’euro. Mais faut-il vraiment sauver l’euro, quand on voit le passé ‘glorieux’ de ceux qui sont maintenant à la tête de la BCE, de la Grèce et de l’Italie

      Bruno Lemaire,

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      • chris06 dit :

        erreur mon cher Bruno, la BCE a parfaitement le droit d’acheter des obligations des états membres du moment qu’elle le fait sur le marché secondaire… ce dont elle ne se prive pas d’ailleurs puisqu’elle en est à 190 milliards d’achats depuis 2010 (c’est ce qui s’appelle dans le language de la BCE les achats SMP).
        Lisbonne 173 lui interdit de financer directement les trésors respectifs, la FED, la BoE et la BoJ ont toutes la même interdiction d’aileurs, mais pas d’acheter des obligations sur le marché secondaire qui est parfaitement autorisé par la loi puisque c’est un des principaux instruments de la politique monétaire de toute banque centrale pour procurer de la liquidité sur les marchés..

        Il y a en fait un double langage savamment entretenu par la BCE, d’un côté elle déclare qu’elle ne dérogera pas de son mandat de stabilité des prix, de l’autre elle continue d’acheter des milliards d’obligations italiennes, espagnoles et autres par semaine. Vu que la loi ne donne pas de limite à son programme SMP, elle pourrait continuer à ce rythme pendant longtemps de manière à maintenir les taux des obligations italiennes et espagnoles en dessous d’un seuil maximum (env. 7%), ce qu’elle semble faire depuis quelques semaines.

        Dans un petit article du Frankfurter Allgemeine Zeitung qui est malheureusement passé inaperçu dans la presse française, on apprend qu’elle se limitera à max. 20 milliards d’achats par semaine. Cela nous donne tout de même plus de 1000 milliards sur un an, pas mal comme « petit » assouplissement quantitatif à l’européenne!

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        • chris06 dit :

          pardon, pas Lisbonne 173 mais Lisbonne 123… j’ai fais une contraction avec la loi de 73!

          pour de plus amples informations sur le programme d’achats d’obligations des états membres sur le marché secondaire (programme SMP):

          http://www.ecb.int/mopo/liq/html/index.en.html#portfolios

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        • chris06 dit :

          j’ajoute ceci:

          comment la BCE procède t’elle pour effectuer ses achats SMP?

          -> elle achète des obligations des états membres aux IFM (les banques commerciales privées qui ont l’exclusivité des distributions de liquidités de la BCE) qu’elle inscrit à son actif, en contrepartie desquelles elle inscrit le montant équivallent à son passif, au titre des réserves des IFM.

          résultat, il y a augmentation du bilan de la BCE, de la base monétaire (M0) et des réserves des IFM (donc du taux de réserves des IFM par rapport au total de leur bilan).

          Mais ceci n’est pas automatiquement inflationniste (donc compatible avec le mandat de stabilité des prix de la BCE), car, comme chacun sait (à part Jorion), ce sont les crédits qui font les dépôts et une augmentation des réserves des IFM n’entraînera une augmentation des dépôts, donc de la masse monétaire (M3) que s’il y a demande et concession de crédits aux agents économiques, ce qui ne risque pas d’arriver en cette période récessioniste, d’autant plus que d’un autre côté on est en train de demander aux IFM d’augmenter leurs taux de réserves pour être conforme à Bâle III.

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        • sonia dit :

          Le Figaro reprend l’info :

          http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/18/97002-20111118FILWWW00411-bceun-plafond-pour-le-rachat-de-dette.php

          Cette création de monnaie est dite « stérilisée » ( ne pouvant servir à des prêts, elle ne produit pas d’inflation ).
          Ce n’est donc pas un vrai QE.

          Depuis mai 2008, la BCE a acheté pour à peine 6% des besoins. Son but est juste de faire baisser la pression sur le taux des dettes souveraines, en attendant la mise en place du FESF (on parle maintenant d’un prêt de la BCE vers le FMI, quià son tour, alimenterait le FESF) et probablement une réforme des traités UE.

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        • chris06 dit :

          @sonia,

          Cette création de monnaie est dite « stérilisée » ( ne pouvant servir à des prêts, elle ne produit pas d’inflation ).
          Ce n’est donc pas un vrai QE.

          cette création de monnaie utilisée pour racheter ces obligations aux banques n’est stérilisée qu’une fois que la banque centrale diminue d’autant ses prêts aux banques : le bilan de la banque centrale reprend alors son niveau original.

          Mais rien n’oblige la banque centrale a stériliser immédiatement cette création monétaire … la preuve est que des 190 milliards qu’elle a racheté jusqu’à présent, elle n’en a pour le moment stérilisé que 0%!

          Donc pour le moment il s’ait d’un assouplissement quantitatif temporaire… mais c’est comme la FED qui elle aussi avait dit qu’il ne serait que temporaire tant que les conditions économiques le justifierait… c’est juste du temporaire qui dure un peu plus longtemps que prévu!

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        • Bruno Lemaire dit :

          Bonjour Chris

          Vous avez effectivement raison.

          La BCE ne viole pas la lettre des traités, mais l’esprit. Elle utilise des titres d’occasion, plutôt que de les acheter neufs. J’avais oublié la malignité de nos gouvernants.

          Très cordialement

          Bruno Lemaire

          Comme je suis candide, je ne peux croire qu’il y ait des accords entre les états et la BCE sur ce point.

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  6. BA dit :

    Avec la crise, l’envie d’Europe des Français s’effondre.

    Sondage exclusif Atlantico / IFOP. En deux mois, le désir des Français d’aller vers davantage d’intégration européenne est passé de 51 % à 43 %. Une chute de 8 % qui exprime le décalage entre le discours des principaux dirigeants européens et ce que pensent les citoyens de l’avenir de la construction européenne.

    Atlantico : Votre étude montre qu’en septembre, 51 % des Français que vous aviez interrogés étaient « favorables à une intégration européenne renforcée avec une politique économique et budgétaire unique ». Ils ne sont désormais que 43 %. Comment expliquez-vous ce fort recul de 8 % en seulement deux mois ?

    Jérôme Fourquet (IFOP) : Nous n’étions pas habitués à des oscillations aussi fortes sur des périodes aussi courtes. La raison est d’abord contextuelle, la zone euro est complètement déstabilisée, la pression est très forte. Les annonces de sommet européen, les démissions de plusieurs dirigeants européens ou la méfiance des marchés financiers à l’égard des États contribuent chaque jour à prolonger cet état de fait.

    L’intégration européenne correspond à l’idée d’avoir des politiques économiques qui soient davantage coordonnées, avec une convergence des taux d’imposition, une lutte contre la dette et le déficit en instaurant une règle d’or commune, etc. La grande majorité des dirigeants européens y sont favorables pour sortir de la crise de l’Euro. Mais les Français interrogés semblent ne pas partager leurs vues.

    57 % des personnes interrogées souhaitent moins d’intégration européenne et plus de politiques économiques propres à chaque Etat. Cette majorité assez nette tend à montrer que le peuple ne se retrouve pas dans les propos et les thèses défendues par nos dirigeants. Pour eux, l’Etat nation est la solution. Ils ne veulent plus être dépendants de ce qui peut se passer en Grèce ou en Italie. Certains remettent même en cause la monnaie commune. Il existe bien sûr des positions intermédiaires : beaucoup, sans dire qu’ils veulent revenir au Franc, condamnent les excès d’une trop forte intégration européenne.

    Atlantico : 68 % des femmes se disent favorables à moins d’intégration européenne, contre seulement 45 % des hommes. Comment expliquer un tel écart ?

    Jérôme Fourquet : Il existe une marge énorme entre les hommes et les femmes. Sans doute parce que les femmes sont plus ancrées dans les difficultés de la vie quotidienne, plus sensibles aux questions de pouvoir d’achat. Elles sont donc beaucoup plus réfractaires à une accélération de la construction européenne.

    Atlantico : Les « jeunes » semblent également souhaiter moins d’intégration européenne que les « vieux »…

    Jérôme Fourquet : Tout à fait. C’est d’ailleurs le même clivage que nous avions observé dans notre étude commune précédente sur la question du retour au Franc. On constate que dans l’histoire de la construction européenne, par exemple au moment de Maastricht, le clivage générationnel fonctionne. Mais à l’époque de Maastricht, les jeunes générations étaient l’âme marchande de la construction européenne, elles étaient tournées vers l’avenir et croyaient davantage au « rêve européen ». Les tranches d’âge plus âgées étaient d’avantage attachées au concept traditionnel d’Etat nation. Aujourd’hui, c’est l’inverse.

    Je pense que l’on explique cela plus par une réaction à la crise que par une réaction en rapport à l’Europe. Ce sont les catégories les plus fragilisées qui sont le plus favorables à un retour en arrière en matière d’intégration économique. Les catégories les plus favorisées, et qui votent davantage à droite, restent sur la ligne des dirigeants européens en poussant vers plus d’intégration.

    Atlantico : Comment expliquez-vous les divergences partisanes sur cette question européenne ?

    Jérôme Fourquet : On retrouve ici le clivage de 2005 sur le référendum constitutionnel européen entre les tenants du oui et du non. Ce clivage s’opère sur les questions qui touchent à la crise, à l’Europe, mais surtout à la nature même de notre système économique intégré et mondialisé.

    Aux extrêmes de l’échiquier politique, il y a toujours eu une très forte hostilité envers cette intégration européenne. Le Front national, et avec lui toute une frange souverainiste de notre société, était en large majorité pour le non.

    Les électeurs qui soutiennent les partis centraux, type MODEM (69%) ou EELV (53%), sont, avec une courte majorité, pour davantage d’intégration européenne. Les deux grands partis, PS et UMP, ont eux aussi une courte majorité de pour (53% et 59%). Mais cela signifie tout de même que 47% – presque la moitié – des personnes proches du Parti socialiste y sont opposées. Cela peut expliquer l’extrême difficulté de François Hollande à tenir un discours clair et cohérent sur cette question.

    Finalement, les hommes politiques qui défendent l’idée d’une intégration européenne forte, doivent prendre conscience du décalage de leurs thèses avec l’opinion de la majorité des citoyens français. Aujourd’hui, peut-être même plus qu’en 2005, l’intégration européenne est une idée complétement inaudible dans des pans entiers de notre société, notamment dans les segments qui sont les plus fragilisés par la crise.

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    • chris06 dit :

      qu’on arrête de nous bassiner avec ce genre de sondages à la mord moi le noeud:

      Certains remettent même en cause la monnaie commune. Il existe bien sûr des positions intermédiaires : beaucoup, sans dire qu’ils veulent revenir au Franc, condamnent les excès d’une trop forte intégration européenne.

      ceci démontre l’incohérence d’un tel sondage.

      Quand va t’on finir par dire la vérité aux français? On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre!

      Soit, on retourne aux monnaies nationales, soit on garde l’euro et il faudra un budget, un mode de financement des dettes publiques, et un mode de transfert commun à la zone euro.

      Les « solutions » intermédiaires sont des inepties.

      Donc, plutôt que ce genre de sondage débile posons simplement la question aux français, voulez vous un retour au franc? point barre. On verra bien la réponse. Cela nous évitera de perdre notre temps avec ce genre de sondages « sur l’intégration européenne ».

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  7. jerome flon dit :

    Chris06
    aurais tu la gentillesse de me rappeler comment la BCE trouve son argent ?
    les intérêts des prêts aux banques, les remboursements d’obligations, une part de création monétaire? une participation des états (quelles proportions?)
    merci

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    • chris06 dit :

      La BCE n’a pas besoin de « trouver » de l’argent… elle peut en créer autant que bon lui semble.

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    • chris06 dit :

      Ce qui la limite dans son pouvoir de création monétaire c’est qu’elle doit veiller à la stabilité des prix (c’est à dire maintenir l’inflation à long terme aux alentours de 2% par an).

      Mais ce que j’explique plus haut c’est que la création monétaire par la banque centrale n’a pas automatiquement un effet inflationniste. Tout dépend de si les banques commerciales créent plus de monnaie (en concédant des crédits aux ménages, entreprises et administrations publiques). Si elles gardent la monnaie créée par la banque centrale en réserve (car les ménages, entreprises, et administrations publiques ne veulent pas ou ne peuvent pas s’endetter plus), la banque centrale peut créer autant de monnaie que bon lui semble, cela n’aura aucun effet inflationniste.

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      • jerome flon dit :

        Ou si les prêts servent plus à la production qu’à la consommation également non?

        Pourquoi les banques emprunteraient à la BCE plus que la demande?
        Existe-il un intérêt ou un avantage pour les banques de garder plus d’argent en réserve (au delà de la somme prêtée aux entreprises, ménages…) ?
        Se provisionner en attendant l’hiver certainement, respecter les critères de Bâle évidemment… Peuvent-elles spéculer avec cet argent?

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        • chris06 dit :

          L’intérêt pour les banques c’est de se défaire de créances douteuses (c’est à dire sur lesquelles elles estiment qu’elles vont faire des pertes en les gardant plus longtemps, par exemple des obligations italiennes ou espagnoles si on leur demande plus tard d’accepter un haircut volontaire de X% comme avec les obligations grecques dernièrement). En plus, évidemment, rien ne leur empêche d’utiliser ces liquidités pour spéculer sur d’autres marchés (eg les matières premières) si elles jugent qu’elles peuvent en tirer un profit à l’avenir…. ce dont elles ne se privent pas!

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        • sonia dit :

          Elles ne s’en privent pas, en effet…
          Aux EU, malgré des QE massifs, les banques ne prêtent pas, l’économie ne démarre pas…

          C’est ce que craint l’Allemagne du big bazooka demandé par la City, par la voix de Cameron (quand est-ce qu’elle en a eu assez, la City ?? )…

          dernier épisode des frictions en cours :

          Leipzig, 16/11

          Conférence CDU : Volker Kauder (successeur de Merkel) critique UK pour son opposition à la TTC
          (taxe sur les transactions financières) :

          http://www.spiegel.de/politik/ausland/0,1518,798134,00.html – Voir vidéo

          « les britanniques recherchent uniquement leurs avantages, sans être prêts à contribuer au succès de l’Europe !  »

          – réaction hérissée des britanniques devant un leadership allemand…

          Berlin, 18/11

          Visite de Cameron

          (en préparation du prochain sommet UE du 9/12)

          Merkel et Cameron en chiens de faïance…

          Der Spigel titre : « L’Empire malade » ( en référence à la GB )

          http://www.spiegel.de/wirtschaft/soziales/0,1518,798493,00.html

          1)

          Merkel : contre le QE
          Cameron : pour, arguant que l’économie british stagne à cause de la crise de l’euro …

          Commentaire der Spigel :

          Malgré l’avantage de la livre sterling (dévaluer) et malgré le flux des investisseurs vers la GB, celle-ci a des problèmes importants :
          chômage 8,3%, 2,62 millions, dont 1 million de jeunes (1 sur 5 de moins de 25 ans),
          inflation + 5%, croissance 1% au lieu des 2,6 promis.

          Ces problèmes ne sont pas dus aux turbulences de la zone euro.
          Si Caméron insiste pour le QE, c’est pour des motifs de survie politique.
          Ce n’est pas le QE qui va résoudre le problème de la GB, qui provient de la désindustrialisation.
          Par ailleurs, l’économie en zone euro stagne à cause du credit crunch (les banques se sont assises sur leurs liquidités et ne prêtent pas) et non pas tant à cause des déficits publiques.

          2)

          Merkel : pour la TTF
          Cameron : contre, arguant un ralentissement économique

          3)

          Merkel : modification du traité de Lisbonne, pour donner une assise juridique à la gouvernance économique de la zone euro

          Cameron : indécis…
          va-t-il demander en échange le renoncement à la TTF ?

          ……………..

          Luxembourg, 18/11

          Jean-Claude Juncker, qui préside l’Eurogroupe (les ministres des Finances zone euro), a déclaré à un diffuseur allemand que les pays lourdement endettés comme la Grande Bretagne ne devraient pas essayer de dicter à l’UE la réponse à la crise de l’euro.

          « Je suis en faveur du dialogue, mais je suis contre le diktat de ceux qui font pire que nous. »

          Par «faire pire», M. Juncker a déclaré qu’il a voulu dire que la dette nationale britannique et le déficit étaient supérieurs à la moyenne de l’Eurozone.

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      • Opps' dit :

        Chris , soit raisonnable😉
        Toute création monétaire qui ne génère pas une richesse réelle (ça peut être par des économies sur des externalités externes, qu’il est difficile de voir certes) est inflationniste , automatiquement .
        Inflationniste ne signifie pas que l’inflation mesurée par l’insee soit touchée mais que quelque part un actif possible va voir son prix augmenter.
        Tout signe monétaire cherche automatiquement, par un comportement à se justifier, se légitimer par la recherche d’un profit : c’est non seulement un comportement humain basique, mais c’est une nécessité , car à terme -et c’est le sens de la comptabilité où il est inscrit- il doit à terme procéder à son autodestruction.
        Evident non ?

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        • bernarddo dit :

          Les deux premiers § sont très justes. Simplement aucune création monétaire ne peut créer de richesse réelle, et notamment parce qu’une économie (une épargne serait plus juste) n’est pas une richesse.

          Mais le coup du comportement humain du billet de banque qui cherche à se justifier, c’est quand même nous faire le coup de l’homme invisible pour exonérer son détenteur!

          Quand à la nécessité!!! et le sens de la comptabilité!!!

          Et si on expliquait tout simplement que les billets de banque ne sont que (une forme de) avances de trésorerie, et que la trésorerie, par définition, est globalement à moyenne constante.

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        • Opps' dit :

          Mais Bernarddo , la monnaie qui circule est une simple dette qui circule . Le jeton monétaire doit bien être remboursé par son créancier initial . Celui ci doit donc ‘rendre’ ce qu’il a emprunté à la banque , donc il cherche à utiliser la somme de telle sorte qu’il la retrouve d’une part , et que de l’autre il dégage de quoi vivre et même … de quoi faire un surplus de profit !
          La justification dont je parle c’est juste ça.
          Et la nécessite provient du fait que la banque … ou le prêteur réel , veut récupérer cette somme pour équilibrer sa comptabilité , sans quoi il supporte la perte … ou bien saute !

          Oui bien sûr la monnaie est une avance , oui. Une avance qu’on doit rembourser.

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        • bernarddo dit :

          Récupérer, oui, mais pas vivre dessus. Tout notre différent vient de là. Puisqu’on ne génère pas de richesse réelle, on n’a pas de légitimité à s’approprier la richesse produite. C’est tout simple, c’est du parasitisme.

          Le fait que ce soit l’inverse de la thèse officielle, celle ci enseignée et donc partagée sans examen impartial par 99 % de nos concitoyens, n’y change rien.

          Les intérêts existent certes depuis toujours: tant que la bourgeoisie n’avait pas le pouvoir, l’inflation des salaires corrigeait, au bénéfice des travailleurs et entrepreneurs, l’avantage indu du rentier (intérêts + dividendes de l’actionnaire). Les bulles financières éclataient au détriments des moins malins ou chanceux de ceux-ci.

          Maintenant que la bourgeoisie a le pouvoir et remplace les politiciens par ses hommes de main, l’inflation des salaires étant neutralisée on arrive à une crise du type de celle connue en Argentine au tournant du millénaire.

          Je joins l’explication de Wikipédia, a savourer…car tout est dit.

          « Les autorités argentines au début des années 1990 avaient choisi la technique du currency board ou caisse d’émission pour stabiliser une économie marquée par une inflation presque permanente depuis la Seconde Guerre mondiale, permettre la convertibilité du peso, bénéficier des investissements étrangers et profiter de la croissance des échanges mondiaux……

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    • Opps' dit :

      Jérome
      à mon avis , la BCE est d’abord une banque … comme les autres banques .C’est à dire que son bilan doit être équilibré.
      Donc la BCE ne trouve pas de l’argent. Elle le crée comme les autres banques.
      Et doit comme les autres banques procéder à sa destruction , à terme.

      Ceci dit on peut considérer la BC comme une banque particulière , car elle est adossé à une force particulière : L’Etat ou les Etats.
      C’est à dire qu’elle peut d’abord fournir à toute la société tous les moyens monétaires dont elle a besoin pour ne pas éclater ,en temps de crise , en engrangeant les dettes (donc l’obligation de rembourser) sur des périodes très longues … ce qui signifie reporter le remboursement aux calendes … ‘grecques’ … ce qui signifie dans la réalité faire tourner la planche à billets en attendant que les choses s’arrangent un peu miraculeusement.
      je ne dis pas qu’il ne faille pas s’orienter compte tenu des circonstances dans cette direction.

      Mais on peut aller plus loin en imaginant que la BC , appuyé sur l’Etat , raye d’un trait de plume l’obligation de rembourser.
      Il est vrai que personne ne serait , nominalement , lésé.
      On peut accepter cela exceptionnellement à mon avis.

      Mais on peut aller encore plus loin en posant que la BC crée des moyens financiers de façon définitive. On distribue de l’argent purement ,simplement et définitivement .
      Bon … pourquoi pas , surtout si c’est présenté comme ‘social’ (on aide les ‘pauvres’ et nécessiteux’ et on finance les investissements dits relevant de l’intérêt collectif) , on est alors dans la version Faibis du 100% money et pas celle de Gomez.
      Cette configuration sympathique me parait quand même bien risquée : pour la raison toute bête et bien humaine que tout le monde va demander à un titre ou à un autre de bénéficier d’argent non seulement gratuit (pas d’intérêt) mais ultra-gratuit (on ne rembourse pas) .

      Évidemment pour suivre mon raisonnement il ne faut pas avoir une vision ‘fétichiste’ de la monnaie . Il faut aller au bout de l’évidence que la monnaie n’est pas automatiquement ‘richesse réelle’ , même si elle peut être illusoirement ‘valeur’ .

      Bien entendu , il ne m’a pas échappé qu’à l’origine de cela il y a une mauvaise concentration de la richesse.
      Cette mauvaise concentration provient de la mauvaise répartition certes , mais aussi et surtout de la création monétaire à l’excès qui coûte très chère et profite d’abord à la richesse déjà constituée !
      Et comme le tube dentifrice , difficile de faire rentrer après coup la pâte à l’intérieur, sauf par des moyens coercitifs , bien sûr. Il en faudrait, il en faudra , mais attention, à moins d’une étatisation très poussée , la coercition a souvent des externalités dont il faut mesurer attentivement les coûts, coûts financiers et coûts . Quant à l’étatisation poussée , là c’est une question de croyance religieuse à la lumière du doigt mouillé de l’Histoire.

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  8. jerome flon dit :

    Chris06,

    reparlons de la création monétaire par la BCE pour les banques commerciales, tu dis qu’elle est inflationniste si elle est pour les prêts par les banques commerciales pour les entreprises, ménages…) mais pas si les banques gardent l’argent (l’argent juste crée)…je te pose la question de savoir pourquoi les banques com emprunteraient plus et tu me réponds qu’elles veulent se débarrasser des créances douteuses (je comprends bien) …

    tu écris ; « Mais ce que j’explique plus haut c’est que la création monétaire par la banque centrale n’a pas automatiquement un effet inflationniste. Tout dépend de si les banques commerciales créent plus de monnaie (en concédant des crédits aux ménages, entreprises et administrations publiques). Si elles gardent la monnaie créée par la banque centrale en réserve (car les ménages, entreprises, et administrations publiques ne veulent pas ou ne peuvent pas s’endetter plus), la banque centrale peut créer autant de monnaie que bon lui semble, cela n’aura aucun effet inflationniste. »

    Alors si les banques comm n’empruntent pas plus, cela revient à dire que pour toi toute création monétaire (celle pour les prêts donc) est inflationniste…ce qui n’est pas exact à mon sens et trompe trop de gens (à la rigueur potentiellement inflationniste non?)
    Qu’en penses tu?

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  9. Opps' dit :

    DEux remarques en passant.

    D’un certain point de vue toute création monétaire , au moment de sa création est inflationniste en ce sens qu’elle n’a pas immédiatement en face d’elle la richesse à échanger qui la justifie.
    On pourrait dire que la masse monétaire s’accroit au moment de sa création .

    Cependant la création monétaire se fait se façon continue par tous les acteurs économiques , en même temps que s’opère de la destruction monétaire.

    Donc la création monétaire n’est ‘inflationniste’ en accroissant l amasse monétaire que su le flux est supérieur à la destruction.

    Par ailleurs ‘inflationniste’ ne veut rien dire dans l’absolu. L’inflation c’est la montée du prix d’un produit/service sous la pression de la demande ou sous l’effondrement de l’offre qui rend alors la demande … pressante.

    C’est un comportement.

    Avec ce détail que la demande ou la raréfaction peut concerner un produit et pas un autre . L’inflation sera ici mais pas là .
    L’inflation peut venir rapidement ou plus tard
    L’inflation peut ne pas être dans l’inflation officielle de l’insee.
    Elle peut être très lointaine et revenir plus tard sous forme de bulle . Elle peut se loger dans l’immobilier par expl et provoquer un gigantesque vol d’une génération à l’autre … mais là on ne parle plus d’inflation , car elle s’est maquillée sous une sorte de phénomène naturel. D’une façon naturelle d’ailleurs, elle va se loger dans la rareté

    Revenons en arrière : au moment où un crédit est accordé , la richesse le justifiant n’existe pas encore. Le crédit est un ensemble de moyens de paiement qui vont se diffuser et circuler … mais le but ultime est qu’ils reviennent EN FACE du produit/service qu’ils ont rendu possible.
    A ce moment là , on pourra dire si la création monétaire a été inflationniste ou pas , et à ce moment là seulement.

    Si la richesse n’est pas en face, il y a automatiquement inflation ou bulle , car tout signe monétaire créé sans contrepartie crée son propre espace de spéculation (Règle marsupiale no 8).

    Tout ceci découlant de « comportements », on peut toujours « soigner » par l’ Interdiction, bien sûr

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    • Bruno Lemaire dit :

      0OOPS et à tous
      comme le dit fort bien Olivier B. dans son bouquin, que je conseille à chacun d’avoir sur sa table de chevet (une table solide car c’est un gros bouquin), la création monétaire consiste à dépenser aujourd’hui nos richesses de demain (les chinois faisant l’inverse).

      Le court termisme lié à la financiarisation de la société a déplacé les richesses de u monde réel vers le monde virtuel de la finance et de la banque. L’investissement réel, physique, s’en ressent, et la consommation n’est permise que par l’augmentation des crédits. On dépense plus qu’on ne produit.

      L’Allemagne s’en sort, pour le moment, parce qu’elle exporte plus qu’elle n’importe, avec une consommation intérieure relativement faible, et compte sur les autres pays de la zone euro pour acheter ses produits.

      10% de la population détient 80% des créances.

      Va t-on ruiner 90% de la population, pour que les 10% les plus riches puissent être ‘remboursés’ de leur cupidité?

      Bruno Lemaire.

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      • bernarddo dit :

        Mais non Bruno, on ne ruine personne, tu le dis toi-même, on n’a fait que DEPLACER les richesses du monde réel, les vraies, qui appartiennent au matériel et à l’intellectuel.

        Ces richesses ne sont que celles du travail, matériel ou intellectuel.

        Pour le matériel, leur destruction ne tient qu’à la thermodynamique, comme depuis toujours, il n’y a rien de nouveau sous le soleil; le seul vrai problème est d’ordre écologique.

        Par contre, on ne fait qu’ abêtir tout le monde, avec ces théories économiques mortifères, et qui le prouvent en renversant exactement le vocabulaire de la vie.

        Qui mettent en « actif » ce qui est purement passif dans les entreprises. Qui mettent les travailleurs actifs (via leur rémunération qui constitue une dette pour l’entreprise) au « passif » de celle-ci. Qui mettent au même passif les taxes qui permettent le renouvellement de la capacité productive des travailleurs via l’éducation.

        Le problème n’est pas la concurrence internationale, il est en chacun de nous, il est de surmonter NOTRE CRISE de la RAISON qui nous empêche de comprendre la VRAIE FRACTURE entre les créanciers/investisseurs/spéculateurs/improductifs/parasites qui ont pris le pouvoir (en particulier en détournant le langage économique comme ci-dessus) et les entrepreneurs/travailleurs/créateurs de richesse qui l’ont perdu. Cette fracture qu’on voudrait nous voir suffisamment idiots pour la confondre entre celle existant riches et pauvres.

        Le « nouveau paradigme » dont on entend causer ça et là est aussi lexical, et la fameuse « valeur travail » dont on nous rebâche les oreilles doit d’abord passer à la colonne « actif » des concepts économiques si on veut avoir une chance de la voir promue.

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        • Renaud dit :

          À l’attention de Barnarddo,

          Pour ce qui est de l’allusion à la thermodynamique, 100% d’accord. Si l’on prenait le modèle de la thermodynamique pour traiter des finances et de la monnaie, l’entropie « financière » serait réduite au maximum, autrement dit le rendement serait maximum, la monnaie réflétant exactement les réalités économique de production.

          Plus loin, Barnarddo a écrit:

          <>

          Je transmets ce texte ci-dessous (je l’ai déjà fait) en priorité à l’attention de Bernarddo dont le message ci-dessus y résonne fortement si je ne me trompe. Volontairement, je ne cite pas son auteur (si on me le demande oui), ce qui compte c’est son contenu:

          (début du texte)
          Les travailleurs du pays créent les richesses. Les banques font la comptabilité financière pour permettre aux citoyens d’échanger les richesses. Cette comptabilité financière, c’est l’argent.

          Les Français (et les citoyens des autres pays) sont, de droit, propriétaires des richesses qu’ils créent. Mais les banques volent aux Français (et aux autres) leurs richesses. Les banques se constituent elles-mêmes propriétaires de l’argent qu’elles fabriquent. Les banques inscrivent à leur propre actif ce qui devrait être l’actif de la société, l’actif du pays. En même temps, elles inscrivent au passif du pays toutes les richesses du pays. Cette dernière opération se fait quand les banques prêtent du crédit basé sur les richesses et qu’elles inscrivent ce crédit au passif des emprunteurs, qui sont les particuliers, les entreprises et les gouvernements.

          Les banques volent aux Français (et aux autres) l’actif du de la France (et des autres pays), en inscrivant cet actif à leur actif à elles et au passif du pays, dans leur comptabilité financière. Les banques volent le crédit de la société. Elles volent le crédit social.

          Les banques sont des faussaires. Elles pratiquent une fausse comptabilité de l’argent. Elles volent l’actif national, l’inscrivent au passif de la nation. Cela constitue la dette nationale, et cela fait naître des taxes voleuses.

          Les banques peuvent effectuer cette opération de vol, parce que tout l’argent qu’elles créent, elles le créent sous forme de prêts aux individus et aux gouvernements. Tout l’argent qui vient au monde dans le pays est créé par les banques et sous forme de dettes. C’est de l’argent-dette. Les banques devraient créer de l’argent libre de dettes, et le placer au crédit et non pas au débit de la nation.

          La dette nationale est la plus grande supercherie et la plus grande escroquerie de l’histoire. La dette nationale, c’est le capital national volé par la banque. La dette nationale devrait être convertie en capital national, en capital social, en crédit social.

          Et les intérêts sur la dette devraient être convertis en dividendes sociaux. De cette façon, les taxes disparaîtraient. Et les dividendes les remplaceraient. Les taxes qui sont imposées, quand on pourrait avoir un dividende.
          (fin du texte)

          – – – –

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        • catherine dit :

          Et bien ma foi, un bien beau texte et dont on devrait s’inspirer, d’ailleurs, il n’est que de voir dans les villes, qu’est-ce qui prospèrent le plus et prend tout l’espace de nos sens, la vue, l’ouïe, le toucher, le goûter, le sentir??? les Banques bien sûr, et bizarrement les coiffeurs aussi, je ne sais pas si c’est une particularité du Nord mais les villes ressemblent de plus en plus à des défilés de commerces de banque et de coiffeurs pour nous couper les cheveux en quatre peut-être?

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        • catherine dit :

          Ce qui est dit là: »Les banques sont des faussaires. Elles pratiquent une fausse comptabilité de l’argent. Elles volent l’actif national, l’inscrivent au passif de la nation. Cela constitue la dette nationale, et cela fait naître des taxes voleuses. « , c’est comme le soleil ou le vent qu’on prend en pleine face, ça nous rend sourds et aveugles de lire et d’entendre cela et de faire résonner ça dans nos caboches, c’est trop FORT pour que nous l’entendions et l’intégrions, aussi il faut trouver un moyen oblique pour que l’in-formation passe , pour sceller cette information dans notre chair, car chaque être EST ce qu’il est en fonction de l’information qui l’informe et qu’est-ce qui différencie l’animé de l’inanimé, et bien c’est l’information qui a certes besoin de matière et d’énergie comme support mais qui pose sa différenciation sur elle, l’IN-FORMATION, mais la vraie!

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        • bernarddo dit :

          @Renaud

          Assez d’accord avec l’esprit du texte, complètement avec le premier paragraphe, mais la suite est largement approximative sinon inexacte sur pas mal de points.

          Notamment, accuser les banques, c’est un peu confondre la lune avec le doigt qui la montre. Les deux problèmes sont la non démocratie et rémunération de l’actionnariat.

          J’avoue aussi ma perplexité devant le dernier § qui me semble un peu délirant.

          Et aussi mon envie d’en connaître l’auteur

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        • bernarddo dit :

          Magnifique, le discours de Even, et encore plus son commentaire sur les 3 propositions de Hugh Douglas sur lesquels je suis complètement en phase, tout en regrettant qu’elles ne soient que purement techniques.

          Prop 1. Les moyens d’achat entre les mains de la population d’un pays doivent, en tout temps, être collectivement égaux aux prix collectifs à payer pour les biens consommables mis en vente dans ce pays; et ces moyens d’achat doivent être annulée lors de l’achat des biens de consommation.

          Commentaire: c’est l’évidence même, (puisqu’il s’agit d’échanges en principe équitables donc équilibrés), à la condition de reconnaître que l’économie d’un pays est un « système en temps réel ». Mon regret est que ne soit pas abordé le point politique qui fait que les produits à acheter doivent être le plus près possible des besoins démocratiquement exprimés par la population.

          Prop 2. Les crédits nécessaires pour financer la production doivent provenir, non pas d’épargnes, mais être des nouveaux crédits se rapportant à de la nouvelle production; et ces crédits ne doivent être rappelés que selon le rapport de la dépréciation générale à «l’appréciation» générale.

          Commentaire:
          C’est la condamnation sans appel de l’épargne, qui, instrumentalisée par sa rémunération, est techniquement inconciliable avec l’équilibre « temps réel » de l’économie.

          La démonstration de H Grant sur l’exemple de l’ouvrier qui investit est imparable.
          (http://www.michaeljournal.org/finsain3.htm)

          Prop 3. La distribution de moyens d’achat aux individus doit progressivement dépendre de moins en moins de l’emploi. C’est ­à-dire que le dividende doit progressivement déplacer les émoluments et les salaires.

          Commentaire:
          C’est le mot « dividende » qui m’avait choqué dans texte présenté hier. Vu comme redistribution sociale,je suis entièrement d’accord.
          Mais ce n’est vrai que si l’on considère les besoins à satisfaire comme constants et la productivité croissante de façon monotone. Rien de limite l’esprit humain à créer de nouvelles activités et donc de nouvelles richesses remplissant des besoins non actuellement répertoriés. C’est même ça le progrès.

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      • catherine dit :

        Au fait Renaud c’est Bernarddo et non Barnarddo, en fait il s’agit de l’acolyte de Zorro, vous savez le fameux renard de notre jeunesse!

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        • Renaud dit :

          Bonjour Catherine et Bernabbo

          L’auteur du texte que j’ai mis ci-dessus est Louis EVEN (1885-1974) franco-canadien créatreur du mouvement créditiste québéquois dit des ‘bérets-blanc’ qui s’affichent catholiques (Pèlerins de Saint Michel) issu des recherches et découvertes expérimentales du major Clifford Hugh Douglas (1879-1952) ingénieur inventeur du Crédit Social, alias Démocratie Économique.
          Ces deux hommes ont eu un alter-égo français en la personne de Jacques Duboin (1877-1976).
          Les découvertes expérimentales (sur le terrain industriel en particulier) de Douglas ont été confirmées 80 ans après par Margrit Kennedy en 2000. En résumé, c’est la discrimination ainsi opérée entre l’argent de consommation (pouvoir d’achat) et l’argent d’investissement dont la rémunération, dans les faits, est essentiellement effectuée par l’argent destiné au pouvoir d’achat ainsi toujours amputé. Le total des revenus des producteurs ne couvre – jamais – le total des paiements des coûts de production. Douglas donnait 37% de différence, Margrit Kennedy arrive à 40% de moyenne de différence tout ceci étant dû à l’accumulation des intérêts et frais bancaires payés par toutes les entreprises, la majorité d’entre elles demandant un financement par les banques. Le recours au crédit pour « rattrapper » le manque de pouvoir d’achat, enfonce complètement les producteurs, et c’est la spirale infernale trop commune qu’on constate.
          Douglas a proposé un sytème technique pour rémédier à ce manque chronique de pouvoir d’achat sans prendre dans les poches de personne. Cette proposition à systèmatiquement été « descendue en flamme » par les tenant du sytème bancaire actuel (y compris au XXème siècle bien sûr en la City de Londres), et il n’y a pas plus longtemps que les 22 et 23 octobre derniers par un distingué panel d’économistes chrétiens réunis en colloque aux Îles de Lérins au larges de Cannes, juste avant le G20 à Cannes qui emboîtèrent la City…

          Vu le « génie » bancaire déployé pour gagner de l’argent avec de l’argent, ce « génie » est largement capable, lui aussi, de mettre au point une tehnique financière, monétaire et bancaire pour ajuster le pouvoir d’achat des producteurs sans la « noria » des intérêts à payer sans fin et gâchant sytématiquement tout sens normal de la Vie ici bas.
          Voici un lien de Louis Even (qui pourrait avoir été enregistré la semaine dernière, alors que c’était en 1962!) audiovisuel d’un autre âge, mais pas une ride!

          Amitiés

          Renaud

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        • catherine dit :

          Magnifique, magnifique, magnifique Louis Even, et figurez vous que son nom EVEN dit déjà de son essence royale à cet homme là!
          Merveilles des merveilles, merci Renaud.

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        • catherine dit :

          Renaud, je ne résiste pas au désir de vous dire que le nom d’Even porte en lui, dans ses lettres, le symbole de l’Homme( je sors la majuscule) en qui l’éveil de la conscience s’est fait.

          En effet , en hébreu, EVEN signifie Pierre, mot composé de aleph et beith, AV, le Père et beith et vav, BEN, le fils.

          Il participe de la vie de la « Pierre d’angle » qui est la personne archétypielle du FILS, le Messie, celui qui est porteur du mess-age pas celui étriqué et mortifère qu’on lui fait bêtement porter par toutes les instances qui sont au garde à vous de tous ces pouvoirs d’argent qui font de Dieu un personnage éthéré et lointain, non, celui de l’homme en qui le mess-age de la puissance de Vie s’exprime et ce Monsieur Even me semble bien en être une belle incarnation.

          Il n’y a pas de hasard, il n’y a que des choses que nous ne savons pas lire, pas déchiffrer, j’en suis convaincue.

          Bonne journée!

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  10. Bruno Lemaire dit :

    Bonsoir à tous

    on fond de paresse, et le temps qui s’écoule trop rapidement, m’ayant peut être fait sauter certains commentaires, j’espère que ne redis pas ici ce qui a déjà été dit. Je me lance quand m^même, désolé si cela reprend quelque chose qui a déjà été discuté.

    Si la banque centrale (disons la Banque de France dans un cadre strictement français) avance 1200 milliards au réseau bancaire pour obtenir une couverture à 100% des dépôts à vue ou de leurs équivalents, on peut certes miser sur 100 milliards de remboursement annuel (pendant 12 ans) du réseau bancaire vers la banque centrale.

    Si on veut que la masse monétaire ne change pas, la Banque Centrale va pouvoir réinjecter ces 100 milliards dans l’économie: elle peut en faire ce qu’elle veut, y compris racheter des dettes publiques, si c’est la priorité.

    Quelle est la différence ‘technique’ avec la situation avant le 100%M (sachant que si le réseau bancaire peut rembourser 100 milliards par an à la BC, c’est bien parce que ses propres clients ont eux-même remboursés aussi ces 100 milliards)
    Le réseau bancaire aurait aussi pu racheter directement ces dettes publiques (ou on aurait pu les ‘obliger’ à faire cela, éventuellement).

    Je ne vois en fait que 2 différences:
    1) la banque centrale est peut être plus ‘docile’ pour racheter cette dette publique
    2) les intérêts des dettes iront à la BC, donc (?) au trésor, donc à l’Etat dans le premier cas, aux banques commerciales dans le second.

    On revoit ainsi tout l’intérêt, ou le désavantage, de cette fameuse loi 1973, plus encore que le passage au 100%M (m^me si je suis tout à fait favorable à ce 100%M, et alors qu’il semble que C.G. a lui m^me des réserves à la seule suppression de la loi de 1973)

    Affaire à suivre, peut être.

    Bonne soirée à tous, Bruno Lemaire

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  11. Mat dit :

    @chris06, @bernarddo, @AJH
    Bonjour,

    Il y a eu un échange intéressant sur l’épargne, mais je ne suis malheureusement pas sûr d’avoir tout compris…
    Je cite un commentaire de Chris :

    « oui mais la nouvelle monnaie émise est de 4,5% de la masse monétaire de l’année précédente. Si la masse monétaire est égale au pib (ce qui est à peu près le cas actuellement avec M3), cela veut dire que la nouvelle monnaie émise est de 4,5% du pib. Or l’épargne actuelle est de 12% à 18% du pib, donc 300% à 400% de la nouvelle monnaie émise (et non pas 12% à 18%)!  »

    Si la monnaie et l’épargne existantes sont « transformés » en monnaie 100%M, tout reste identique, non ? On avait une masse monétaire M3 de l’ordre du PIB et 12 à 18% de ce montant en épargne. Le passage au 100%M transforme simplement la monnaie de crédit actuelle en monnaie 100%M.

    Du coup, sur les 4.5% de PIB de création monétaire, de 12 à 18% de ce montant vont partir dans l’épargne, le reste servant aux échanges. Je ne vois pas le soucis…

    Est-ce que je passe à côté de qq chose d’important ?

    En vous remerciant

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    • A-J Holbecq dit :

      C’est bien ainsi que j’avais essayé de le présenter … sur la nouvelle monnaie émise (de l’ordre de 40 à 50 Md€/an), une quinzaine de pourcents seraient transformés en épargne… et donc 85% resterait dans le circuit monétaire (puisqu’il s’agit de monnaie qui ne sera pas remboursée, une monnaie permanente).
      Mais même ces 15% ont vocation à retourner sous forme de monnaie, puisque un emprunteur n’emprunte que pour utiliser l’épargne des autres dans la consommation ou l’investissement.
      A mon sens donc 100% de la nouvelle monnaie émise chaque année reste dans le circuit économique et permet la création de nouvelles richesses, fonction de la vitesse de circulation.

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  12. BA dit :

    Lundi 21 novembre 2011 :

    Allemagne : la Bourse de Francfort finit en baisse de 3,35 %.

    L’indice vedette Dax de la Bourse de Francfort a fini lundi en baisse de 3,35 %, après des déclarations venues d’Allemagne montrant que Berlin reste sur une ligne dure face à la crise de la dette.

    Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel a ainsi balayé lundi les propositions sur un rôle accru de la BCE, ou sur l’émission d’euro-obligations, en estimant qu’il ne s’agissait pas d’un remède miracle.

    France : la Bourse de Paris s’enfonce de 3,41 %.

    La Bourse de Paris a terminé lundi sur un recul de 3,41 %, passant sous la barre des 2.900 points, dans un marché en totale perte de confiance, paniqué par les risques de contagion de la crise de la dette.

    Espagne : la Bourse de Madrid chute de 3,48 % à la clôture.

    La Bourse de Madrid a clôturé lundi en chute de 3,48 % à 8.021 points, au lendemain d’élections législatives qui ont porté la droite au pouvoir, dans un climat général de panique sur les places européennes face à la crise de la dette.

    Les valeurs bancaires ont notamment été pénalisées : Santander, numéro un en zone euro par la capitalisation boursière, a perdu 3,45 % à 5,38 euros, BBVA a baissé de 3,48 % à 5,716 euros, et CaixaBank a glissé de 4,47 % à 3,63 euros.

    Italie : la Bourse de Milan clôture sur une chute de 4,74 %.

    La Bourse de Milan a clôturé lundi sur une chute de 4,74 % à 14.510 points, paniquée comme les autres places financières par les problèmes de dette publique dans la zone euro.

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  13. BA dit :

    Mardi 22 novembre 2011 :

    Le taux d’emprunt à court terme de l’Espagne s’envole.

    Preuve de la défiance persistante des investisseurs, l’Espagne a émis ce mardi 22 novembre pour 2,98 milliards d’euros de dette à court terme à des taux records depuis 10 ans. Une progression qui était attendue alors que Madrid vit depuis une dizaine de jours un fort regain de tension sur les marchés.

    Par rapport à la dernière émission comparable, fin octobre 2011, le taux des bons espagnols à 3 mois a doublé, à 5,1 %, contre 2,3 % la fois précédente.

    Le taux des bons à 6 mois a également fortement augmenté, à 5,2 %, contre 3,3 % lors de la précédente émission. La demande est restée forte, a précisé la Banque d’Espagne.

    Cette adjudication faisait figure de premier test de la confiance des marchés à l’égard du futur gouvernement du conservateur Mariano Rajoy. Après les changements de gouvernement en Grèce et en Italie, la victoire de la droite en Espagne aux élections législatives de dimanche n’a pas apaisé les marchés, qui s’inquiètent de la mise en place du plan de rigueur prévu par la nouvelle majorité.

    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201756544612-le-taux-d-emprunt-a-court-terme-de-l-espagne-s-envole-252509.php

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  14. jerome flon dit :

    je reviens sur la provenance de l’argent de la BCE (qu’elle prête aux banques commerciales), chris06 répond qu’elle peut créer autant d’argent qu’elle veut (l’argent banque centrale selon AJH)
    Les états ou plutôt leurs banques centrales nationales participent au capital de la BCE il me semble bien. Par création monétaire des banques centrales nationales?
    Pas facile de trouver des réponses dans la littérature, merci de vos avis

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  15. BA dit :

    Mercredi 23 novembre 2011 :

    L’Allemagne s’est heurtée aujourd’hui à une demande insuffisante lors d’une émission de dette à dix ans, adjugeant seulement 3,644 milliards d’euros de nouvelles obligations à 10 ans alors qu’elle espérait en lever 6 milliards. Le rendement moyen ressort une nouvelle fois en baisse, à 1,98 %, contre 2,09 % lors d’une adjudication similaire en octobre, et 2,74 % en moyenne, a précisé la Bundesbank.

    Le ratio de couverture, qui mesure l’appétit des investisseurs, n’a atteint que 1,1, contre 1,56 en moyenne. Plusieurs analystes ont jugé l’opération très mauvaise.

    « Les Bunds commencent à perdre leur attrait parce que les marchés doivent commencer à croire à l’histoire des euro-obligations, et que l’Allemagne s’apprête, en substance, à garantir la dette d’autres pays », analyse Achilleas Georgolopoulos, stratège pour la Lloyds à Londres.

    L’Agence allemande de la dette a déclaré dans la foulée de l’adjudication que son résultat reflétait un environnement de marché très nerveux, mais ne signalait pas un goulet d’étranglement pour le refinancement du budget fédéral.

    http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/23/97002-20111123FILWWW00462-l-allemagne-peine-a-ecouler-sa-dette.php

    L’Allemagne voulait émettre 6 milliards d’euros : elle n’a réussi qu’à placer 3,644 milliards d’euros.

    L’Allemagne elle-même est entrainée vers le fond de l’océan.

    L’Allemagne elle-même est entrainée vers le fond de l’océan par les Etats européens en faillite.

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  16. Hadrien dit :

    CONTRE-VÉRITÉS FACTUELLES (de habsb sur le blog de Georges Ugeux: « Démystifier la finance »)

    CROISSANCE:
    « Depuis des décennies nos économies sont en croissance nulle, et on entretien le wishful thinking d’une croissance à 1% ou 2% du PIB »
    Totalement faux:
    La croissance est, depuis l’ère industrielle, une réalité concrète incontournable : elle représente l’augmentation de biens et services nouveaux à notre disposition que permettent l’innovation et la productivité.
    Or, innovation et productivité sont tout aussi présentes aujourd’hui (Internet, smart phones, ordinateurs, fours micro-ondes, GPS, satellites de communications, etc.) qu’elle ne le furent durant les trente glorieuses (Télévision, machines à laver, etc.) qui connurent pourtant en Europe une croissance moyenne de 5,5%.
    « C’est donc la fin de la reconstruction et equipement qui a freiné la croissance »
    Non, car la courbe de productivité a gardé la même croissance…
    C’est les salaires qui ont décroché, après les trente glorieuses, sous l’effet du libre-échange mondialisé ! Cf courbe dans:
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=3010

    INFLATION:
    « Non plus convertible en or, le dollar a pu être imprimé sans limite, ce qui a obligé les autres devises à faire pareil, sous peine de reévaluation excessive. Une inflation grave a frappé Europe, US et Japon en affectant la compétitivité
    de ces économies, et en créant (comme toujours le fait l’inflation) de très fortes disparités de revenus et patrimoine. »
    C’est une contradiction:
    L’inflation « affectant la compétitivité » est censée « obliger les autres devises à faire pareil »… pour être donc tout aussi non-compétitifs !
    Suivie d’un non-sens:
    L’inflation « créant de très fortes disparités de revenus et patrimoine ».
    Non, car l’inflation est bien connue pour favoriser l’emprunt par les jeunes ménages, en même temps que l’euthanasie du rentier. C’était d’ailleurs le cas des trente glorieuses, et non après:
    Les années 80 ont été, bien au contraire, marquées par la révolution conservatrice de Thatcher (inspirée par Hayek) et de Reagan (inspiré par le monétarisme de Friedman) qui fit monter le dollar à 11 Francs !

    ETAT-PROVIDENCE:
    « les Etats ont préféré assister les populations par un Welfare financé à coup de déficits budgetaires. »
    Ce ne peut être en aucun cas l’explication outre-Atlantique et outre-Manche:
    La révolution conservatrice de Thatcher-Reagan était anti-keynesienne, freinant la consommation populaire…
    En France, elle fut mal imitée par Raymond Barre qui, lui, réussit le tour de force de freiner en divisant la croissance par deux (de 5% à 2,5%)… tout en portant l’inflation à 15% ! Il ne fut surpassé en cela que par les inspirateurs du « tournant de la rigueur » de 82/83 qui divisèrent encore par deux la croissance (1,24%), en abaissant de dix points la part des salaires dans la valeur ajoutée, …tout en continuant d’augmenter la dette (on est pas loin d’avoir à vivre la même situation).

    MONÉTISATION :
    « monétiser la dette… signifie alimenter encore et toujours le monstre de l’inflation »
    Encore une erreur factuelle et… idéologique:
    Factuelle, parce que la monétisation directe finance le Trésor public et ne « rachète » pas une dette vendue au secteur privé avec intérêts qui augmentent encore la masse monétaire, avec l’effet cumulatif dénoncé par AJ Holbecq (Blog PostJorion, billet 214) qui a fait le calcul précis:
    La dette actuelle représentait jusqu’en 2008, à la veille de la crise, l’intégrale des intérêts qui ont dû être payés au marché depuis la loi de 1973 !
    Avec la monétisation (directe) des trente glorieuses, nous serions sans dette… et avec moins de masse monétaire qu’une monétisation indirecte du marché !

    GRANDE-BRETAGNE:
    « l’inflation…Ce sera l’euthanasie de tous ces rentiers qui s’appellent retraités, exactement comme dans la Grande Bretagne de 1945 à 1975. »
    Pure invention historique:
    A cette époque, j’ai vécu plus de trois ans en Angleterre (1968-72), et je l’avais connue adolescent auparavant. La Livre Sterling était alors une monnaie forte (entre 17 et 14 Francs) et la Grande-Bretagne une grande puissance industrielle: elle produisit le plus puissant ordinateur du monde (Atlas 1) bien avant que n’apparaisse le CDC 6600 américain. Les informaticiens anglais, héritiers de Turing, étaient toujours en avance !
    C’est au contraire la défection de la City après les trente glorieuses, préfèrant la financiarisation et l’économie de rente à l’économie industrielle, qui a précipité le déclin britannique… et la dépréciation de la Livre Sterling.

    MASSE MONÉTAIRE:
    Il est utile ici, n’en déplaise à Julien S, de revenir sur la formule déjà évoquée, qui lie la masse M aux prix P des quantités échangées Q, à travers sa vitesse de circulation V, en variables moyennes :
    M.V = P.Q n’est autre que l’égalité du flux de monnaie et celui des quantités de biens et services échangés à leur prix lors des transactions.
    Cette égalité nous apprend bien des choses à travers ses variations relatives (formule sur les produits, apprise au lycée) lorsque celles-ci sont faibles en % (variation annuelle, par exemple) :
    dM/M + dV/V = dP/P + dQ/Q
    Lorsqu’on se limite aux liquidités (M1) c’est à dire la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale sur les comptes de dépôt, qui seuls servent aux échanges courants, on constate en moyenne sur la période 1995-2010, d’après la BCE et Wikipedia:
    dM1/M1 = 9%
    dP/P = 2% (inflation des prix)
    dQ/Q = dPIB/PIB = 2,5% (croissance)
    On a considéré ci-dessus que les quantités échangées (Q) et les quantités produites (PIB), bien que différentes, connaissent la même croissance, à la fluctuation des stocks près.
    On en déduit:
    dV/V = – 4,5%
    Cette baisse de la circulation, en moyenne relative, signifie que la croissance de M1 bénéficie plus aux comptes « aisés » qui thésaurisent sans circulation accrue qu’aux comptes « défavorisés » qui sont déjà à leur circulation maximum,
    de sorte que la circulation moyenne diminue en valeur relative…
    En d’autres termes, l’économie actuelle profite surtout aux rentiers et accentue l’inégalité !
    CQFD

    Et il ne s’agit là que des comptes en liquidités, qui excluent la masse M2 (actifs économiques) et la masse M3 (actifs monétaires)…
    Raison de plus pour l’Etat pour:
    – aller chercher « l’argent là où il est »… (révolution fiscale)
    – revenir à la monétisation directe pour son effet redistributif (relance des investissements publics) !
    Si le premier aspect semble avoir pénétré les « socialistes » (Piketty), le second reste bloqué par l’Europe et son dogme « libéral » qui révèle de plus en plus le fond Malthusien que l’on doit aux nantis !
    Interrogé hier soir sur nos chaînes à ce propos, l’ancien ministre des finances argentin qui a su relever son pays en se débarrassant des marchés aprés le « défaut » en 2001, ne disait pas autre chose… Espérons, contrairement à certains, qu’il ne faille pas en arriver là pour que nos « élites » comprennent !

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  17. Hadrien dit :

    REMARQUE:

    Les chiffres donnés plus haut (MASSE MONÉTAIRE) concernent les pays de la zone euro actuelle, qui est à l’équilibre des échanges commerciaux avec l’extérieur.
    De sorte qu’on ne peut incriminer une différence éventuelle entre dPIB/PIB et dQ/Q qui serait due aux quantités portant sur un excés d’exportations.

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  18. BA dit :

    Jeudi 24 novembre 2011 :

    « Trois mois maximum avant la fin de la zone euro » selon Olivier Sarkozy, banquier à New York.

    A propos d’Olivier Sarkozy, le demi frère du Président, et l’un des dirigeants de Carlyle (l’un des plus gros fonds d’investissement du monde) qui, cité par la chaine américaine CNBC, déclare aujourd’hui que la zone euro est à moins de trois mois de son effondrement, selon le chef de la recherche économique chez Axa : « les marchés évaluent le risque d’éclatement de la zone euro entre 50 et 60 % ».

    http://fr.news.yahoo.com/3-mois-maximum-avant-fin-zone-euro-selon-182239932.html

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    • bart dit :

      nan, ton copain olivier bluffe !…

      la zone euro ne tombera pas !

      t’as toujours pas compris ??

      il reste encore beaucoup d’argent à en extraire !

      en 3 mois on peut modifier le traité..ha..ha…
      😉

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  19. BA dit :

    Jeudi 24 novembre 2011 :

    Aujourd’hui, le mini-sommet Merkel-Sarkozy-Monti n’a pas du tout rassuré les investisseurs internationaux : pour six Etats européens, les taux des obligations à 10 ans sont au-dessus de 5,7 %.

    Les deux Etats les plus en danger sont la Belgique et l’Italie : leurs taux explosent.

    Belgique : 5,737 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBGB10YR:IND

    Espagne : 6,627 %.
    Italie : 7,107 %.
    Irlande : 8,207 %.
    Portugal : 12,211 %.
    Grèce : 29,875 %.

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  20. A-J Holbecq dit :

    Essai de tract

    Comme l’écrit Maurice Allais (notre seul prix Nobel d’économie) « Au regard d’une expérience d’au moins deux siècles quant aux désordres de toutes sortes et à la succession sans cesse constatée de périodes d’expansion et de récession, on doit considérer que les deux facteurs majeurs qui les ont considérablement amplifiées, sinon suscitées, sont la création de monnaie et de pouvoir d’achat ex nihilo par le mécanisme du crédit, ainsi que le financement d’investissements à long terme par des fonds empruntés à court terme. »

    Aujourd’hui.

    Les banques privées créent la monnaie par une simple opération comptable, en portant à l’actif de leur bilan la garantie apportée par l’emprunteur, au passif le montant en euros.

    On dit qu’elles monétisent des actifs non monétaires. Elles peuvent aussi acheter des actifs (obligations, immobilier) pour compte propre, en créant la monnaie dont elles ont besoin.

    Cette monnaie va ensuite circuler jusqu’à ce qu’elle soit détruite lors du remboursement de l’emprunteur qui devra y ajouter les intérêts demandés, bénéfice de la banque, issus d’un autre crédit, quelque part à un autre moment.

    Conséquences :

    1 – La création d’un pouvoir d’achat « ex nihilo »par le crédit est une ponction sur la production ne correspondant à aucune épargne préalable, un gain pour la banque lié à un privilège, cause d’une instabilité fondamentale du système.

    2 – La création comme la destruction de monnaie sont complètement dépendantes du désir des agents économiques d’emprunter et de la volonté des banques de prêter. Il n’y a aucune régulation de la masse monétaire qui varie et se trouve être la cause des fluctuations mortifères de l’activité économique.

    Aujourd’hui on peut dire que la quantité de ce que nous considérons comme monnaie en circulation est indéterminée : les banquiers centraux classent celle-ci dans des agrégats (M1, M2, M3) du plus « liquide » (immédiatement disponible) au moins liquide, la limite en zone euro étant fixée à 2 ans sans aucune justification

    Il faut donc

    1 – Empêcher le système bancaire privé de créer la monnaie légale2 – Dissocier la monnaie et le crédit dans le but d’obtenir une couverture intégrale par de la monnaie de base (monnaie de Banque centrale) des dépôts considérés comme des disponibilités monétaires par les agents économiques (les dépôts à vue et assimilés).

    Demain, avec le « 100% monnaie »

    1 – Seule la Banque Centrale (BCE ou Banque de France) sera en droit de créer de la nouvelle monnaie, et il sera souhaitable qu’elle le fasse d’une manière régulière (4 à 5% de croissance par an). Cette monnaie sera directement versée au compte de l’État (Trésor Public) qui utilisera cette monnaie comme une recette budgétaire, au choix de l’Assemblée nationale (vote du budget).

    2 – La monnaie, bien qu’électronique, sera à 100% garantie par la Banque centrale.

    3 – Il y aura une séparation formelle de la monnaie et des crédits :

    3.1. La monnaie (scripturale/électronique), gérée par des « banques » de dépôts (simples sociétés de gestion de la monnaie électronique déposée comme peuvent l’être des billets de banques dans une caisse d’un ménage ou d’une entreprise). Ces établissements, en concurrence, seront rémunérés par des honoraires liés au travail accompli afin d’exclure la pratique d’une rémunération commerciale en pourcentage du montant du dossier traité.

    3.2. Les crédits gérés par des banques de prêts qui ne pourront que prêter l’épargne des français (entreprises et particuliers), à plus ou moins longue échéance, suivant le choix des épargnants. Les banques ne pourront plus « jouer » avec notre argent en dépôt.

    4 – Avec pour conséquences directes

    4.1. Une capacité de régulation économique sensiblement accrue par une maîtrise totale de la masse monétaire.

    4.2. Une meilleure efficacité de l’économie.

    a) des taux d’intérêt véritablement représentatifs des préférences des agents économiques

    b) le paiement du prix des services monétaires

    c) l’interdiction de la transformation financière (financement du crédit à long terme avec de l’épargne à court terme).

    4.3. Un contrôle aisé par l’opinion publique et par le Parlement de la création monétaire et de ses implications.

    Dans le « 100% monnaie» l’État récupèrerait les gains de la création monétaire mais pas le contrôle.

    4.4. L’attribution annuelle à l’État, c’est-à-dire à la collectivité, de 70 à 80 milliards de gains

    a) au travers de l’affectation de la création monétaire aux ressources de l’État, comme une recette budgétaire qui peut être estimé à 40 milliards d’euros par an pour la France

    b) au travers de la neutralisation instantanée de 800 à 1000 milliard d’euros de la dette publique française (de la moitié à 2/3), permettant d’éviter une dépense annuelle d’intérêts de 30 à 40 milliards d’euros par an.

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    • Bruno Lemaire dit :

      Cher André-Jacques, on ne peut mieux résumer.

      La transition (instantanée) vers le 100%M n’a pas été évoquée ici, mais comme cela a été fait ailleurs, autant ne pas compliquer.

      Bravo en tout cas pour ton travail de longue haleine en faveur de cette réforme, sans doute nécessaire – m^me si elle n’est surement pas suffisante pour nous sortir vraiment de la crise. Il va falloir réfléchir sur l’économie réelle, sur ce que l’on veut vraiment en faire, même si elle est sortie du carcan financio-moneto-bancaire.

      Amitiés,

      Bruno Lemaire.

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  21. Bayard Jean dit :

    @ Christian Gomez
    C’est avec intérêt que j’ai lu, je dirais même étudié, votre billet sur le 100% monnaie pour tous.
    A – Analyse résumée du système, tel que je l’ai compris.
    Vous avez choisi de faire votre démonstration avec des billets de banque, ce qui est plus parlant que de monnaie scripturale, notion plus abstraite. J’apprécie.
    Voici ce que j’ai compris : le système actuel va être abandonné et remplacé par ce que vous appelez le 100% monnaie, comprenant les CSM (banques de dépôts) et les banques de financement ou de prêt. Les premières ne sont que des gestionnaires de comptes (DAV), les autres sont chargées notamment de collecter l’épargne (monétaire, je présume a priori) et de la prêter.
    Si je ne me trompe, dans cette perspective, le jour J la Banque centrale prête aux CSM l’équivalent des DAV + une partie (?) des DAT. Puis, au fur et mesure que les anciennes créances sont remboursées par les ANB, les CMS remboursent à la BC les prêts contre les DAV pour éviter ainsi tout excédent par rapport à l’objectif fixé du 100% monnaie. Soit donc l’égalité permanente, tous CSM confondus : à l’actif, disponibilités à vue à la BC, et au passif, DAV de la clientèle.
    Le rachat par la BC des dettes de l’Etat permettraient de combler l’écart qui pourrait exister entre les créances et les anciens DAV + DAT ( ?).
    En période de croisière, il serait prévu que seul l’Etat alimente en monnaie (donc création de monnaie centrale) les DAV, par ses dépenses, et la reprend (donc destruction de monnaie centrale) par ses recettes.
    A ce niveau, la masse monétaire ne bouge pas. Les transactions entre ANB ont pour effet de déplacer d’un CSM à l’autre la monnaie centrale. Ce qui ne correspond d’aucune façon aux réserves obligatoires.
    Toutefois, le budget de l’Etat serait majoré chaque année de 4,5% (donc en déficit) correspondant à une croissance de 2,5% et à un taux d’inflation de 2%. En théorie, on pourrait moduler les taux selon les objectifs gouvernementaux. Toute la monnaie (centrale) émise passerait donc par les tuyaux du Trésor Public, dans un sens : création, et dans l’autre : destruction, avec pour solde (création) le déficit de l’Etat. C’est ce j’ai compris.
    B – Observations sur l’épargne.
    Permettez-moi de vous dire que le problème fondamental de l’épargne est totalement négligé pour ne pas dire esquivé. Celle-ci semble sortir tout droit du chapeau d’un prestidigitateur. Si on sait où elle va – en théorie à l’investissement – on ne sait pas d’où elle sort. Et affirmation invraisemblable, vous prétendez que :
    « La masse monétaire en circulation est toujours la même=> le niveau de revenu dans l’économie n’a aucune raison de varier puisque les agents économiques n’ont aucune raison de faire varier le montant de leurs encaisses inactives => donc, le niveau d’épargne ne change pas ».
    Affirmation totalement déconnectée de la réalité. Comment pouvez-vous figer des masses qui sont en perpétuel changement ?
    Je vous suggère aimablement de prendre connaissance des TEE publiés par l’Insee et vous pourrez constater que l’épargne est bien prélevée sur les revenus de la période. Ce qui signifie que le niveau de l’épargne monétaire varie sans cesse. Il s’agit donc d’épargne monétaire, de laquelle vous ne dites rien. Epargne monétaire transformée ou non en valeurs ou biens.
    Vous dites ensuite :
    « Par l’achat de la dette publique, la Banque Centrale a non seulement créé des billets en remplacement de ceux qui lui avaient été remis, mais elle a libéré l’épargne auparavant investie dans de la dette publique, et ce, pour des montants considérables au fur et à mesure du remboursement du prêt fait par la Banque Centrale aux banques »
    Qu’en est-il des livrets d’épargne et autres DAT, qui occupent M2 sous déduction de M1 dont le montant est supérieur aux DAV. Je pense que vous êtes victime d’une erreur – excusez-moi cette audace – de Maurice Allais, qui avance :
    « Par l’utilisation des dépôts à vue et à court terme de ses déposants, l’activité d’une banque aboutit à financer des investissements à moyen ou long terme correspondant aux emprunts qu’elle a consentis à ses clients. Cette activité repose ainsi sur l’échange de promesses de payer à un terme donné de la banque contre des promesses de payer à des termes plus éloignés des clients moyennant le paiement d’intérêts ».
    Vous savez très bien que les DAV des clients ne sont pas prêtés par la banque, qui n’en a nul besoin d’ailleurs puisqu’elle crée la monnaie.
    Il s’agit là, à mon humble avis, d’un raisonnement inversé. Allais, oublie que les créances des clients sont la base de l’émission monétaire, et non le contraire. A l’émission, les crédits font les dépôts à vue DAV, et après circulation (virement des DAV aux DAT) ils font les dépôts à vue DAV + à terme DAT. Les DAT sont de la monnaie morte qui ne circule pas. Je veux pour preuve qu’il s’agit bien de monnaie, le fait qu’elle est comprise dans l’assiette des RO. Je ne crois pas que les autorités monétaires se trompent sur ce point fondamental.
    Vous dites aussi, sans jamais citer la source de l’épargne :
    « les agents économiques épargnants (sur toutes les échéances de 1 jour à x ans) vont :
    – Déposer en banque les billets qu’ils souhaitent épargner a un horizon donné ou…
    – …souscrire à des titres émis par les banques ou d’autres types d’institutions financières pour bénéficier d’une liquidité plus élevée si nécessaire »
    Pourquoi ne sortiraient-ils pas de leur compte DAV, tenu pas les CSM, les billets qu’ils ont l’intention de prêter aux banques de financement ? C’est d’ailleurs ce qu’ils vont faire inéluctablement en monnaie scripturale pour passer des CSM aux banques de financement, à moins qu’ils ne décident de sortir des espèces des CSM pour les conserver chez eux, s’ils ne veulent pas s’engager à un terme qui ne leur convient pas. Effet de frein de l’épargne sur l’allure de marche de l’activité nationale.
    En fait, vous niez l’existence de l’épargne monétaire.
    L’économie est un corps vivant qui refuse les carcans. Vous semblez l’oublier.
    Rappelez-vous les quantités énormes de billets détenus dans les coffres de son palais par Ben Ali ! Et il n’est pas seul. D’où fuites dans votre réforme et ralentissement de l’économie.
    Vous basez votre démonstration sur la théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement qui est purement théorique, sans fondement réel. C’est l’investissement qui alimente l’épargne et non le contraire. Encore un raisonnement inversé et je puis le démontrer. Cette théorie ignore en outre totalement l’incidence de l’activité extérieure.
    Comment intégrez-vous les échanges extérieurs dans votre modèle, je veux dire dans le fonctionnement de l’activité de production ? Un déficit entraîne l’activité à la baisse, de même qu’un excédent l’entraîne à la hausse. Bien sûr, les devises cédées par les exportateurs seront converties en monnaie centrale, et inversement pour les importateurs. Logique du 100% monnaie respectée, mais marche de l’activité de production affectée.
    C – Autres observations
    Le système présente en outre de mon point de vue de graves lacunes.
    1 – L’activité bancaire émettrice ou destructrice de monnaie (secondaire) n’est pas traitée.
    Ainsi, quand la banque paie ses salariés, elle crédite leur compte chez elle. Elle monétise. Inversement quand elle encaisse les intérêts, frais et autres prestations, elle débite les comptes de ses clients. Elle démonétise. Par son activité « assurance », elle démonétise quand les primes sont débitées aux comptes de la clientèle, tandis qu’elle monétise quand elle procède au remboursement des sinistres. La différence principale entre les deux est faite des provisions techniques qu’elle doit passer à son passif, soit donc une démonétisation nette de cette activité. Au bilan de la seule BNP au 31 12 2010, ces provisions s’élèvent à 114,9 mds€.
    Le paysage bancaire français a été profondément modifié par la loi bancaire de janvier 1984. Alors qu’autrefois, les banques s’acquittaient de leurs dettes envers leurs fournisseurs par chèque tiré sur la Banque de France, elles tirent depuis sur elles-mêmes par le canal de la compensation, sauf pour des montants très importants qui passent par Target2 (anciennement (TBF) Transferts Banque de France).
    On ne sait pas comment vous avez prévu de régler ce problème central que vous connaissez bien, je n’en doute pas.
    2 – L’utilisation de l’épargne non monétaire (puisqu’il n’existe pas d’épargne monétaire, d’après vous)
    « Le système de paiement de l’économie est complètement insubmersible , donc les problèmes de stabilité du système bancaire ne se posent plus de la même manière (les banques de financement et d’investissement peuvent faire faillite sans problème, plus de « moral hazard ») »
    Si j’ai bien compris, ce sont bien les banques de financement qui prêtent l’épargne collectée. Si elles font faillite, les épargnants ne reverront plus leur argent. Croyez-vous que cela les incitera à confier leur épargne ?
    D – Conclusions
    Le système que vous préconisez peut être assimilé à la mise en place d’un corset de fer sur un corps vivant. Toute la monnaie (centrale) émise passe par les tuyaux du Trésor Public, dans un sens : création, et dans l’autre : destruction. Croyez-vous que cela permette d’alimenter en monnaie tous les besoins légitimes de l’économie ? A mon avis, des pans entiers ne seraient plus irrigués par la monnaie. Qu’en est-il de l’investissement de production et des besoins de fonds de roulement qui nécessitent des avances (prêts) ? Les entreprises ne tiennent pas leurs comptes comme l’Etat en recettes et dépenses !
    Comme si le système bancaire déjà ébranlé par la crise, pouvait supporter un autre séisme de très forte amplitude : celui que vous proposez.
    A mon avis, il s’agit d’une vue de l’esprit, dangereuse pour l’économie.
    Je crois que vous avez inventé une nouvelle forme d’usine à gaz. Sans tuyau d’échappement, c’est l’explosion garantie.
    Veuillez m’excuser d’avoir été aussi long.
    Bien à vous
    jean bayard

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    • Opps' dit :

      M. Bayard, je tente quelques remarques

      1) Oui c’est pas mal de penser en billet de banques pour penser , s’imaginer , par expl, le 100%.
      Néanmoins je me demande si parfois ça n’entraine pas des erreurs car cela occulte l’idée centrale (qui m’est personnelle) que la monnaie crédit n’étant plus gagé sur une richesse déjà existante, nos monnaie actuelle ne sont plus que pure comptabilité assurant que celui qui a pris dans le stock de biens et services sur la marché , soit y remettre la même chose en ‘valeur’ (valeur qui ne peut être mesurée que par le prix, donc grâce à la monnaie)!

      2) Concernant l’épargne, vous critiquez la phrase se AJH : « La masse monétaire en circulation est toujours la même=> le niveau de revenu dans l’économie n’a aucune raison de varier puisque les agents économiques n’ont aucune raison de faire varier le montant de leurs encaisses inactives => donc, le niveau d’épargne ne change pas ».
      => je suis d’accord avec vous mais pour une autre raison : le taux d’intérêt étant alors administré, le comportement relatif à l’épargne (c’est à dire la placement de son encours monétaire disponible non placé en biens consommés mais sur des actifs dont la mission est de conserver ou accroitre la valeur de cet encours) va automatiquement être modifié selon des stratégie difficile à prévoir , et qui seront des stratégies subjectives de préférence pour la consommation directe , de liquidité ou pas ,et de conservation de la valeur.

      3) Vous écrivez : « Vous basez votre démonstration sur la théorie de l’égalité de l’épargne et de l’investissement qui est purement théorique, sans fondement réel.  »
      ==> Là je ne vous suis pas , même si je serais peut-être d’accord avec votre idée de fond
      En effet , mon idée, est que l’investissement est mécaniquement , automatiquement financé par de l’épargne , à terme . Par contre l’épargne peut être supérieure à l’investissement.
      Néanmoins cette égalité existe peut-être car lorsque les gens épargne , ils placent ce surplus qui se retrouve bien dans l’investissement (même si c’est du malinvestissement ou de la pure spéculation au final).
      Mais tout cela a-t-il un sens puisque l’investissement peut-être financé par de la création monétaire ex-nihilo ?
      Et tout dépend aussi du terme, de la durée dans laquelle on choisit de réfléchir et de raisonner.

      4) Vous avez raison de dire que l’épargne n’a plus du tout le même sens actuellement , qu’ avec le 100%. Je n’arrive pas à voir si elle disparaîtra ou pas , car si la quantité de monnaie est bridée, alors l’épargne peut également prendre de la valeur puisque le crédit est bridé. Donc l’intérêt peut alors être élevé.
      Ca va faire un système bizarre avec de l’argent quasi gratuit généré par l’Etat et sa BC aux ordres et de l’épargne chère
      Ca me dépasse un peu

      5) dans le 100% contrôlé par l’Etat, je ne vois du tout la nécéssité de séparer les types de banque par sécurité, vu qu’elle ne sont plus que des gestionnaires de l’épargne et des DAV. Il n’y a plus aucun risque de quoi que ce soit.

      6) Vous écrivez parlant du 100% : « Croyez-vous que cela permette d’alimenter en monnaie tous les besoins légitimes de l’économie »
      ==> c’est vrai que ne voit pas trop comment la BC va alimenter la société dans ses besoins de monnaie . Il faut quand même bien passer par les banques lieu où se formule la demande de moyens financiers . Si l’épargne n’était pas suffisante -puisqu’on ignore le comportement réel de la société quand à la répartition consommation/épargne- comment se ferait l’alimentation du surplus nécessaire . Si la monnaie est bridé il faudrait alors des quotas …
      Là aussi c’est bien obscur et pour tout dire ça dépasse un peu mes outils intellectuels
      Auriez vous des remarques … avisées là dessus ?
      Cordialement

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    • A-J Holbecq dit :

      Cher Jean
      Ne crois pas que ton commentaire ait été oublié, mais simplement Christian est très pris par des problèmes familiaux. Je tente une première réponse, j’espère qu’il aura la possibilité d’intervenir ensuite quitte à me corriger par la même occasion.

      A) Tu écris

       » Toutefois, le budget de l’Etat serait majoré chaque année de 4,5% (donc en déficit) »

      En fait non, ce n’est pas un déficit, puisque l’injection de monnaie centrale/secondaire dans le compte du Trésor Public est simplement l’équivalent d’une recette fiscale

      B) Je ne vois pas en quoi l’épargne ne serait pas prélevée sur les revenus ? Bien sur que l’épargne varie constamment, mais « à la marge » (le taux d’épargne est relativement constant. Une absence d’épargne créera une augmentation des taux de prêt des épargnants qui y verront avantage et donc l’épargne augmentera. Mais cette épargne (transfert des CSM vers les banques de prêts) existe bien pour être prêtée et donc se retrouvera sous forme de monnaie dans les CSM ( consommation, investissement, etc)

      Tu écris

      « Il s’agit donc d’épargne monétaire, de laquelle vous ne dites rien  »

      Mais PAR DEFINITION, l’épargne n’est plus de la monnaie … il n’y a pas de « monnaie morte »: il y a soit de la monnaie (en CSM) soit de l’épargne disponible (en banques de prêts), disponible à plus ou moins long terme (de 1 jour à xxxx années).
      Si les taux d’épargne ne satisfont pas ceux qui détiennent de la monnaie, ils vont soit la transformer en billets, soit la laisser sur le CSM (comme ils le font tout à fait actuellement), en attendant que les taux soient représentatifs des offres. Mais n’oublions pas que chaque année de nouvelles disponibilités monétaires aboutissent sur les CSM (et donc en « banques de prêts » – que l’on devraient appeler « sociétés d’intermédiaires épargne/prêts » ou « sociétés de financements » – pour partie)

      Pour la suite du « B » à « En fait, vous niez l’existence de l’épargne monétaire. », je ne comprends simplement pas ce que tu veux dire… et surtout l’activité extérieure… en quoi serait-elle modifiée?

      C
      C1 – Les « banques » utiliseront leurs trésorerie propre (en compte CSM) pour payer leurs salariés ou investir . Elle ne peuvent plus ni monétiser ni démonétiser (réservé à la banque de France)

      C2 : non ce ne sont pas les banques de financement mais les banques de prêt qui prêtent l’épargne collectée: comme le font les actuelles sociétés financières
      Elles pourront être assurées, comme n’importe quelle entreprise.

      D –

       » Qu’en est-il de l’investissement de production et des besoins de fonds de roulement qui nécessitent des avances (prêts) ? »

      Ben, par l’intermédiaire des banques de prêts et donc de l’épargne (des ménages et des entreprises en excèdent de trésorerie) .. quel est le problème?
      Dans le système actuel les entreprises ne payent-elles pas d’intérêt aux prêteurs (banques ou épargnants) ?

      Aussi bien les expression « corset de fer » , « vue de l’esprit », « usine à gaz » ne sont à mon sens que des mots qui semblent prouver que tu n’as encore bien saisi le « 100% M ».
      J’attendais pour ma part de véritables critiques étayées et non de simples points de vue.

      Je rappelle que Christian a répondu en « III » dans l’article dont j’ai fait le résumé sur http://osonsallais.wordpress.com/2010/02/22/christian-gomez-100-money/ , à, me semble t-il, une bonne partie des véritables critiques possibles … je ne suis pas certain que tu l’aies lu jusqu’au bout.

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      • Bruno Lemaire dit :

        Cher Jean, cher AJH

        Je crois que le point clé de l’incompréhension, ou du malentendu à propos du 100%monnaie centrale viens de ce que AJH évoque au point B. de sa réponse.

        C’est au sujet de la distinction, absolue, qu’il y aura, ou aurait, dans le cadre du 100pourcentmonnaie, entre monnaie (monnaie centrale, qu’elle que soit sa forme, billets ou scripturale) et « non-monnaie », entre monnaie et épargne.

        Les ex banques de dépôt-stockage, simples gestionnaires des moyens de paiement (ce que Gomez, après Pierce, appelle CSM, Compagnies de Services Monétaires, pour bien insister sur le fait que ce ne sont plus des banques traditionnelles) ne seront que des ‘serviteurs (fidèles, il faut l’espérer) au service de leurs clients.

        Si leurs clients veulent transférer de la monnaie vers leur compte d’épargne (qui sera située dans d’autres établissements) ce ne sera plus, par définition même, de la monnaie. La « possession » de cette épargne sera transférée à l’établissement d’épargne, en vue de placements de type divers et variés.

        Amitiés à tous deux, et à tous😉 of course

        Bruno Lemaire.

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        • A-J Holbecq dit :

          Christian Gomez à utilisé avec pertinence le terme de CSM (Compagnie de Service Monétaire) pour une structure qui n’est en fait que « comptable » , gérant les échanges de monnaie scripturale, en lieu et place de la terminologie allaisienne de « banque de dépôt »

          Je pense qu’il faut utiliser une autre terminologie que « banque de prêts » (toujours allaisien, d’ailleurs) pour ces « intermédiaires d’épargne » (et pourquoi pas ce terme ?) tant le terme « banque » ne nous permet pas de penser facilement une fonction de seule intermédiation.

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        • Bruno Lemaire dit :

          Salut André-Jacques.

          Je ne trouve pas nécessairement très clair le terme CSM, le mot ‘compagnie’ étant plus un terme anglo-saxon (comme dans la CIA😉 ) que vraiment gaulois: il vient d’ailleurs de Pierce, et non de Gomez, je crois.

          Le terme « intermédiaire d’épargne »,; lui – désolé – ne s’applique absolument pas à ces nouveaux organismes de ‘gestion de moyens de paiement’ que seront, ou seraient , ces défuntes « banques de pseudo-dépôts ». Je suppose que ce terme est un lmapsus pour désigner autre chose.

          Quitte à être créatif, je propose que l’on choisisse dans une liste plus étendue, par exemple dans:

          SSM: Société de Services Monétaires
          ACM: Agent Comptable Monétaire (ce qui traduit bien leur nouvelle fonction)
          GMP: Gestionnaire de Moyens de Paiement

          Tant que l’on n’aura pas trouvé un nom véritablement parlant, je crains que la compréhension du rôle exact de ces « gestionnaires de moyens de paiement » ne permette pas à tout un chacun de s’approprier vraiment ce « 100%monnaie centrale », terme qui, lui-même, n’est parlant que pour les experts.

          Essayez d’utiliser cette seule locution autour de vous, vous verrez ce qu’il en résultera. A la limite, dire « une seule banque » est beaucoup plus claire.

          Ce qui signifie qu’il faudrait peut être aussi trouver un autre nom pour les établissements financiers et d’épargne.

          Très cordialement

          Bruno Lemaire.

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        • A-J Holbecq dit :

          Bruno

          “intermédiaire d’épargne”: il s’agissait de ma dénomination proposée pour « banque » de prêts (puisque plus aucun établissement dans le 100% M ne « mérite » l’appellation « banque », sauf peut être les « banques d’investissements »)

          On aurait donc:
          1 – CSM (Compagnies de Services Monétaires) ou SSM (Sociétés de Services Monétaires) ou ACM (Agences Comptables Monétaires) ou GMP (Gestionnaires de Moyens de Paiement) ou ???? => Tout celà ex « banques de dépôts »
          2 – SIE (Sociétés Intermédiaires d’Epargne) => ex  » banques de prêts »
          3 – Banques d’investissements

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        • Bruno Lemaire dit :

          @ AJH,
          oui, il me semblait bien que tes « intermédiaires » ne s’appliquaient pas aux « CSM », même si, lu rapidement, cela pouvait prêter à confusion.
          😉

          B.L.

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        • Bruno Lemaire dit :

          @ AJH

          J’aime bien ta dénomination « SIE », Sociétés Intermédiaires d’Epargne. Cela a le mérite d’être clair. tu devrais déposer la marque …

          B.L.

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        • A-J Holbecq dit :

          @Bruno
          @Tous

          Oui effectivement, plus haut je me suis mal exprimé en écrivant

          Mais n’oublions pas que chaque année de nouvelles disponibilités monétaires aboutissent sur les CSM (et donc en “banques de prêts” – que l’on devraient appeler “sociétés d’intermédiaires épargne/prêts” ou “sociétés de financements” – pour partie)

          Au temps pour moi… je voulais dire qu’une partie de la monnaie reçue en CSM ne restait pas en CSM mais allait aboutir dans les « banques de prêts » (“SIE”, Sociétés Intermédiaires d’épargne ). Je rajoute: ces montants d’épargne, prêtés, vont bien à nouveau se retrouver en CSM au compte des emprunteurs qui vont l’utiliser et qui va donc se ballader d’un compte en CSM à un autre jusqu’à être à nouveau proposé à nouveau en tant qu’épargne dans une quelconque SIE.

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        • Bayard Jean dit :

          Bonjour André-Jacques

          Avant de répondre plus longuement à tes messages précédents, je voudrais te demanderr comment tu fais passer :

          « une partie de la monnaie reçue en CSM ne restait pas en CSM mais allait aboutir dans les “banques de prêts” (“SIE”, Sociétés Intermédiaires d’épargne  »

          sans l’autorisation formelle des déposants ?

          A tout de suite

          jean

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        • Bruno Lemaire dit :

          Hum

          Chers Jean et André-Jacques,

          je ne pense vraiment pas que, une fois la réforme effective, l’argent des SGMP (Sociétés de Gestion des Moyens de Paiement, les CSM de Price-Gomez) pouvait passer subrepticement dans les comptes des SIE (Sociétés Intermédiaires de4aprgne).

          Ce ne peut être que par une décision des vrais ‘déposants’, c’est à deire des clients des SGMP/CSM qui décideront d’épargner une partie de ces moyens de paiement « 100%monnaie centrale »..

          Ce qui diminuera d’autant la masse monétaire disponible pour les échanges, bien sûr.

          du moins est-ce ma compréhension.

          Amitiés,

          Bruno.

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        • Bayard Jean dit :

          D’acccord avec toi Bruno. c’est bien là toute la difficulté à faire comprendre à AJH, ce qu’il en est en définitive.
          Amitiés
          jean

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        • A-J Holbecq dit :

          Jean
          C’est évidemment sur ordre des déposants qui choisissent d’affecter une partie de leur encaisses disponibles en CSM à une épargne de plus ou moins longue durée ( du livret A ou OAT à 10 ans, par exemples… )
          Leur compte CSM est diminué d’autant…K

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        • A-J Holbecq dit :

          @Bruno
          Tu écris

          Ce qui diminuera d’autant la masse monétaire disponible pour les échanges, bien sûr.

          Une épargne est une diminution des disponibilités pour l’épargnant, mais une augmentation de celles de l’emprunteur.
          Si toute l’épargne est prêtée (équilibre offre/demande) la masse monétaire ne varie pas SAUF les injections de la Banque de France et (?) les entrées et sorties de devises.

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        • Bruno Lemaire dit :

          @AJH

          Cette monnaie, épargnée, pourra, ou non, retourner dans le circuit monétaire, mais ce n’est qu’une possibilité. Mais tu as sûrement, ‘statistiquement’, raison, il n’y a pas de raison que cette épargne « dorme », quoique… C’est quand même à surveiller.

          B.L.

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      • Bayard Jean dit :

        Bonjour André-Jacques,
        Je vais essayer de te répondre dans l’ordre des questions soulevées.
        a) Ce que tu dis confirme, me semble-t-il, ce que je pensais, c’est-à-dire que toute la monnaie passe par le TP, les dépenses de l’Etat alimentant les DAV (CSM) et ses recettes les vidant. Il faut donc bien que les dépenses soient supérieures aux recettes pour que ces 4,5% viennent en augmentation des DAV (CSM). C’est pourquoi je parlais de déficit. Tu fais, je crois, un raisonnement à l’envers puisque tu parles de recettes fiscales pour expliquer les 4,5%. C’est tout le contraire.

        Faudrait aussi m’expliquer comment la masse monétaire M1 est passée de fin 2000 à fin 2010, de 382,7 à 727,2 mds€, soit une hausse de 90%, tandis que dans le même temps le PIB en € courant, est passé de 1.441,4 à 1.932,8 mds€, soit une hausse de 34%. Et, surtout ne pas m’opposer la variation de la vitesse de circulation que l’on est incapable de mesurer avec précision.

        Vouloir tout ramener au passage de la monnaie par le tuyau des TP relève de mon point de vue d’une vue de l’esprit. D’autant plus que, arbitrairement, vous décidez le jour J qu’elle sera la masse de monnaie centrale utile (socle de l’économie) pour satisfaire votre projet de réforme. Intenable.

        b) Le taux d’épargne monétaire actuel varie autant sinon plus que les DAV. Ton raisonnement d’épargne à la marge ne tient pas, à mon avis. Il faudrait tenir compte de la réalité, qui veut que chaque mois il existe des flux d’entrées généralement supérieurs aux flux des sorties (M2 est toujours égale à plus de 2 fois M1), mais qui un beau jour peuvent s’inverser. Cela veut dire, et je me trouve dans ce cas-là, que les ANB placent une partie de leurs revenus en épargne, actuellement monétaire. Vous n’allez tout de même pas les obliger à épargner auprès des sociétés de prêts pour satisfaire votre projet, qui veut que l’épargne empruntée doit l’être à des termes au moins aussi longs que ceux auxquels elle est prêtée ! Si les conditions ne leur conviennent pas, et c’est mon point de vue, les ANB retireront de leurs DAV chez les CSM des billets qu’ils placeront sous leur bon vieux matelas, d’où fuite dans votre circuit théoriquement fermé.

        Vous ne pouvez pas faire l’impasse sur les différents livrets d’épargne existants qui présentent la particularité d’être immédiatement liquides et disponibles.
        Ainsi, existera-t-il toujours de l’épargne monétaire (en billets). Prétendre le contraire serait incohérent.

        Les investissements ne pourront plus être financés, à cause de cette fuite de monnaie. Selon mes chères études, ce n’est pas l’épargne qui finance l’investissement contrairement à la théorie, mais l’investissement qui la nourrit. Parce que les entreprises empruntent pour financer leurs investissements qui font partie du PIB dont découle les revenus et l’épargne (revenus non consommés). Ce processus s’opère tous les mois quand nous percevons nos salaires, retraites et autres revenus mensuels ;
        C’est une des raisons, mais pas la seule, qui m’ont fait parler de corset de fer sur un corps vivant.

        c) L’activité extérieure ne serait évidemment pas modifiée. Il semblerait qu’elle ne soit pas intégrée dans votre circuit TP. Si le pays est en déficit commercial (c’est notre lot quotidien actuellement), il sortira des DAV (CSM) plus qu’il n’y en rentrera, d’où nouvelle fuite. Sauf, si pour la redresser vous imposez des dépenses fiscales (déficit public) toujours plus grandes. En cas d’excédent commercial, c’est tout le contraire, bien sûr.

        d) Je n’entrerai pas dans le débat sur l’activité des banques, qui nous amènerait trop loin car il s’agit d’un sujet extrêmement complexe, mais décréter qu’elles seront soumises au même régime que tous les agents non bancaires, me parait tout à fait irréaliste. Sujet que l’on ne peut pas traiter en quelques lignes.

        Mes conclusions n’ont pas changé pour autant. Peut-être Gomez pourra-t-il trouver des arguments plus convaincants.

        Bien à toi

        jean

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        • A-J Holbecq dit :

          Jean

          La monnaie dont dispose l’Etat va en totalité dans les CSM par le biais de ses dépenses : oui.

          Mais je ne vois vraiment pas le rapport de l’injection de 4% de monnaie – qui ne devra pas être remboursée à la BdF – avec le déficit de l’Etat lequel est simplement l’excès des dépenses annuelles par rapport aux recettes annuelles.

          Or l’injection de 4 % annuels (disons 40 milliards par an) de nouvelle monnaie corresponds à une nouvelle recette fiscale puisque aboutissant dans les caisses de l’Etat l’année 0… mais l’année 1 suivante , pourquoi l’Etat devrait-il les recevoir à nouveau en totalité de la part des citoyens sous forme de recettes fiscales (il va y en avoir une partie qui va évidemment lui revenir pour être à nouveau distribué, pas détruit; c’est là où je ne comprends pas ton objection..)?

          Le « 100% monnaie » ne dit pas que la masse monétaire doit rester constante, au contraire: elle va normalement augmenter de 4 % par an…

          Bon, pas le temps d’aller plus en avant pour ce soir mais il faut régler ce détail avant tout.

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        • A-J Holbecq dit :

          Bonjour Jean

          Je poursuis ce matin.
          a) suite…
          J’espère donc que tu seras d’accord avec ma position ci dessus sur les déficits publics.

          Tu cites ensuite

          Faudrait aussi m’expliquer comment la masse monétaire M1 est passée de fin 2000 à fin 2010, de 382,7 à 727,2 mds€, soit une hausse de 90%, tandis que dans le même temps le PIB en € courant, est passé de 1.441,4 à 1.932,8 mds€, soit une hausse de 34%.

          Je suis tout à fait d’accord avec ces chiffres mais je ne vois pas le sens de ta question en rapport avec la problématique « 100% M » ?
          Pour tenter d’y répondre et bien que ca n’ai rien à voir:
          1 – les taux d’intérêts trop bas sont dissuasifs pour les prêteurs, donc une partie de la monnaie fiduciaire (70% ?) ne circule pas.
          2 – beaucoup de transferts vers des actifs type immobilier (la variation du prix de l’immobilier ne fait que peu varier le PIB)

          Où as tu compris que arbitrairement, vous décidez le jour J qu’elle sera la masse de monnaie centrale utile ? Pas du tout, ce sont les détenteurs de monnaie ((agrégats actuels) qui décident quelle quantité ils veulent laisser en CSM ou mettre à disposition des “intermédiaires d’épargne” (banques de prêts), pour un terme à leur convenance.
          Christian Gomez estime que 2/3 de M2 (je ne vérifie pas) y seront transférés .. mais c’est aussi un problème d’offre et de demande

          b) Là aussi j’ai du mal à suivre ton raisonnement. Les épargnants (ménages et entreprises) disposent du droit absolu de, soit:
          – de laisser leur monnaie dans les CSM aussi longtemps qu’ils le veulent (comme dans un DAV actuel)
          – retirer un certain montant sous forme de billets pour les mettre sous leur matelas (avec tous les risques que ça comporte: vol, incendie, inflation)
          – transférer leur monnaie qui devient épargne, pour des délais à leur convenance ( de 1 jour à xxxx ). dans un compte chez les « intermédiaires d’épargne »

          Je ne vois toujours pas ce qui te fait dire que les investissements ne pourront plus être financés surtout que les 4% d’émission annuelle au bénéfice du T.P. peuvent, par décision du Parlement(loi de finance) être réservés à des investissements collectifs…

          c) comme maintenant … c’est la raison pour laquelle il faut (aussi) rééquilibrer la balance des transactions courantes.

          d) Il te te parait irréaliste  » que les banques seront soumises au même régime que tous les agents non bancaires…  » (alors qu’elle n’auront plus aucune possibilité de créer le moindre centime de leur propre monnaie)
          Ce qui est actuellement irréaliste c’est qu’elles ne le soient pas, non ?
          Mais pour te faciliter le changement de paradigme, pense qu’elle seront dans ce « 100% M », elles aussi des ANB.

          A+
          AJ

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        • Bayard Jean dit :

          Voici ma réponse, AJH, à ce message et au précédent.

          Si on est bien d’accord sur le passage obligé de la monnaie par le TP, je répète que les dépenses de l’Etat alimentent les comptes DAV chez les CSM et ses recettes les vident. Ce qui veut dire qu’en période de budget équilibré la masse monétaire ne change pas. Il faut donc des dépenses supplémentaires si tu veux accroître la masse monétaire de 4,5% par exemple, donc déficit public. Je répète que tu fais sur ce point précis un raisonnement à l’envers.
          J’aurais dû être plus précis sur l’évolution comparée du PIB et de la masse M1, de même que M2. Comment peux-tu soutenir que l’activité de production PIB pourra fonctionner avec 4,5%, alors qu’il lui a fallu un différentiel de plus de 50% pour y parvenir ?
          Je n’ai pas eu de réponse au problème que posent les échanges commerciaux, en cas de déficit de balance. Fuites dans le système.

          De plus, je le regrette, mais je n’ai pas de réponse satisfaisante à propos de l’épargne qui de mon point de vue est la pierre principale d’achoppement du système. Je me situais dans l’hypothèse d’un fonctionnement en régime de croisière, donc l’épargne passée absorbée d’une façon ou d’une autre. Il faut à présent raisonner en flux et tu auras toujours des gens qui refuseront d’accorder des prêts aux sociétés nouvellement créées pour cela. Nouvelles fuites dans le système.

          En ce qui concerne le problème des opérations des banques pour propre compte, je n’ai rien à rajouter. Le problème est trop complexe pour être soldé par un : « Il n’a plus que des ANB ».

          Je n’ai pas l’intention de poursuivre ce débat qui tourne en rond.

          Amitiés

          jean

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        • Bruno Lemaire dit :

          Cher Jean, Cher AJH

          Petite précision: ne confondons pas ce que dit Fisher, ce que dit Allais, et ce que dit Gomez.

          Ainsi , ce sur quoi Jean et AJH et Gomez sont apparemment d’accord, c’est sur la façon d’injecter la nouvelle monnaie dans l’économie:
          « c’est-à-dire que toute la monnaie passe par le TP,  »

          D’après moi, ce n’est qu’une des multiples façons de procéder ainsi.

          Je ne vois pas ce qui, dans le « 100%monnaie centrale » interdirait à la banque centrale d’émettre cette monnaie seulement en direction de l’Etat. Ceux qui connaissent les thèses du Crédit social doivent trouver cette idée plus qu’étrange.

          Cela étant, cela n’a rien à voir avec le malentendu entre AJH et Jean.

          Bruno L.

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        • Bayard Jean dit :

          Bonjour Bruno,

          Avant de répondre à André-Jacques, je tiens à préciser que s’il y a accord sur la thèse de « toute la monnaie passe par le TP », c’est ce que j’ai compris des explications d’AJH sur le système du 100% monnaie. Je ne fais que chercher à comprendre son raisonnement pour en débattre.

          A bientôt
          jean

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        • A-J Holbecq dit :

          C’est (Allais / Gomez) toute la nouvelle monnaie émise chaque année par la BdF qui est créditée sur le compte du TP , et non pas « toute la monnaie passe par le TP »
          Au cas où cette formulation pourrait créer une imprécision…

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        • Bayard Jean dit :

          « C’est (Allais / Gomez) toute la nouvelle monnaie émise chaque année par la BdF qui est créditée sur le compte du TP , et non pas “toute la monnaie passe par le TP”

          Pour moi, c’est très proche puisque la BdF crédite le TP, cela veut dire que l’on passe bien par le même tuyau. La différence porte sur l’origine des fonds alloués par la BdF. Monnaie permanente ou dette de l’Etat ?

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        • A-J Holbecq dit :

          Jean
          Pour ne pas te laisser dans le doute: monnaie permanente (sans intérêts) … il n’y a pas de dette de l’État sur cette émission « stabilisée » à 4% ou 5% par an.

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    • Bayard Jean dit :

      Bonjour à toutes et à tous,

      Avant de refermer ma page sur ce thème du 100% monnaie, je voudrais communiquer la solution que j’avais préconisée sur la liste monnaie@alterseco, reproduite ci-dessous. Elle tient en peu de lignes :

      L’utilisation exclusive de la monnaie centrale pour tous les échanges, sans exception, suppose que chaque banque ait 2 comptes ouverts à la Banque Centrale (BC) :

      – l’un en son nom propre, réservé à ses transactions propres. Le paiement des salariés et l’encaissement des recettes, notamment, passent par l’intermédiaire de ce compte.
      Les banques sont dépendantes du pouvoir monétaire qui leur accorde ou non les liquidités (lignes de crédit) dont elles veulent disposer.

      – l’autre – compte collectif – au nom de l’ensemble de leurs clients ANB (agents non bancaires), divisé en 2 parties (DAV et DAT)

      Ainsi, lorsque les clients empruntent, les créances sont constatées à la BC qui alimente le compte collectif des ANB chez la banque X, Y, ou Z qui devient simple intermédiaire.

      Quand les ANB procèdent à des règlements, ils tirent sur la BC via leur banque. Suite à la compensation, les banques qui tiennent les comptes individuels sont débitées/créditées au compte collectif des ANB de chaque banque à la BC.

      Quand les ANB font des virements (internes pour la plupart) dans un sens ou dans l’autre, de DAV à DAT et vice versa, les comptes individuels sont débités/crédités à la banque et enregistrés (communication immédiate par la banque) simultanément au compte collectif des ANB à la banque chez la BC.

      On peut alors parler de 100% monnaie centrale, puisqu’il n’y a qu’elle qui s’échange. Et la BC a la maitrise totale de l’émission monétaire et de l’épargne stockée. Sa politique monétaire (régulation, notamment) s’en trouve facilitée. Le taux d’intérêt peut disparaitre et être remplacé par l’indexation de prêts et de l’épargne à un indice d’inflation calculé par des organismes indépendants (afin d’éviter les tripotages statistiques). Les banques font payer leurs services, que leur services.

      Le Trésor Public trouve dans cette organisation toute sa place naturellement.

      Merci de votre attention

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      • Renaud dit :

        Toujours avec une longueur de retard.
        Ces très intéressants échanges entre AJH et Jean Bayard, demandent, cependant, de passer par leurs approches respectives. Sachant que AJH est un investigateur accompli et fécond sur les postes bancaires et monétaires et Jean Bayard un comptable financier également accompli et fécond.
        Il m’est assez difficile d’un tirer directement un enseignement supplémentaire. Mais souvent, Bruno vient faire un commentaire-lien qui aide à saisir mieux le point d’achoppement réel ou de simple représentation mentale des problématiques à résoudre. Merci à tous.

        Est-ce que, par exemple, cette définition ci-dessous de l’intermédiation prise sur le Vernimmen.net peut s’appliquer aux CSM?

        «  »On parle d’intermédiation financière lorsque le monde financier sert d’écran entre demandeurs et pourvoyeurs de capitaux, c’est-à-dire lorsque les intermédiaires financiers achètent les titres émis par les entreprises et, pour se financer, émettent eux-mêmes des titres placés auprès des épargnants ou collectent des fonds sous forme de dépôts ou de livrets (finance indirecte). L’intermédiation financière est donc très différente du simple rôle d’intermédiaire financier évoqué pour la finance directe. » »

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        • A-J Holbecq dit :

          Bonjour Renaud

          Dans le 100% Monnaie:

          Cette définition ne convient pas très bien et ne s’applique certainement pas aux CSM qui sont de simples comptables de la monnaie (c’est comme un « coffre-fort » de monnaie scripturale) qui tiennent les comptes courants des entreprises et des particulier sans pouvoir faire aucun crédit ni découvert.

          Ceux qui collectent des fonds pour les reprêter sont des “intermédiaires d’épargne” (banques de prêts),

          Les « intermédiaires financiers qui achètent les titres émis par les entreprises et, pour se financer, émettent eux-mêmes des titres placés auprès des épargnants » seraient plutôt à classer dans la 3 ième catégorie : « les banques d’investissement » dont nous avons peu parlé ici, mais que tu retrouves dans l’article ici : https://postjorion.wordpress.com/2011/11/04/215-resume100monnaie/

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  22. Renaud dit :

    Bonjour à tous et à Catherine,

    @ du 25 novembre 2011 à 08:43 et
    @ du 28 novembre 2011 à 10:12

    Un grand merci Catherine pour ces investigations inattendues dans l’essence des noms et leur signification intrinsèque. Ici celui de Louis EVEN. Sûrement qu’une justesse, qui va donc avec: Justice, se trouve lovée et indéracinable dans un tel personnage. L’on sent ici celle qui se penche par désir et par métier dans l’ essence des êtres et des choses qui les concernent. Compliments! Et Bravo!

    Il y a heureusement beaucoup de très bon travaux, ici et là sur la monnaie, ici particulièrement, que, hélas, mes limitations variées m’empêchent d’apprécier comme je le voudrais. Mais, c’est surtout grâce au « déclic » produit par Louis Even que je m’intéresse de cette façon à ces sujets économiques et monétaires. Vraiment je n’ai jamais entendu ni lu de meilleurs propos pour qualifier l’argent: son rôle, sa place dans la société, les charges strictes et naturelles qui doivent procéder à la création de l’argent et son émission. Tout ce qui concerne de près et de loin l’argent et les attitudes que ce flux, jusqu’à plus ample informé vital pour nous tous, induit chez-nous.
    Les émissions (radio et TV) que fit Louis Even le furent entre 1957 et 1971 à la radio, relayée par une trentaine de chaines de radio à travers tout le Canada, et en parallèle il fit des émissions de TV alors en noir et blanc à peu près dans la même période. Toutes ces émissions sont aujourd’hui très heureusement numérisées et la diffusion en est façile. La grande majorité de ces émissions gardent un sens et une portée plus actuels que jamais, comme, du reste, ses articles et ses textes.
    Je crois qu’il faux retenir le contenu de la pédagogie géniale de Louis Even sur l’argent et tous les champ d’activité que l’argent concerne. Rares sont les gens motivés qui restent indifférents aux sujets qu’il traite. Je pense à ceux qui actuellement entreprendraient des études financières très poussées et pointues, mais avec Louis Even comme référenciel, ainsi « installé » dans l’ « antichambre » de telles études, ce serait d’une fécondité potentielle extraordinaire. Je dirais presque comme une boutade, que L. Even devrait, dans son essence, être « appris par cœur ».
    J’ai connu Louis Even en ramassant en 1988 un papier journal en mauvais état, sale et repoussant, que le vent poussa sur le trottoir à mes pieds, on ne ramasse pourtant jamais les « saletés » sur les trottoirs! mais j’y lu pour la première fois L. Even! C’était un article assez court, stupéfiant de clarté, concis, sur les problèmes sempiternels, jamais vraiment décryptés ni élucidés par les « spécialistes », cet artile traitait des ouvriers perdant leur emploi et leurs revenus à cause de l’automatisation. Depuis que j’ai connu L. Even dis-je, j’ai eu une bien meilleure et « exitante » appréciation de tout ouvrage d’économie et de finances ou audition de problèmes relatifs à l’économie et aux finances, et comme j’ai énormément cotoyé les entreprises: PME, PMI, industries relatives au bâtiment et son second œuvre, etc, les investigations pédagogiques de L. Even furent comme un ‘soulagement’ et un tremplin d’énergie.

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  23. Renaud dit :

    Mais pourquoi vous en voudrais-je chère Catherine?
    Au contraire. En principe, il n’y a rien ici bas qui ne soit pas porteur de sens. Le sens n’est pas matériel. Normalement, le sens doit se trouver balisé ou borné par des choses matérielles et non matérielles à la fois qui nous concernent. Des choses et des situations perceptibles à nos sens, qui, toutes, sans exception, sont porteuses de sens. Au moins d’un sens. Jésus Christ a dit: « Pour qui sait voir, tout est signe ».Bien sûr, la « lecture sensée » des choses, des êtres, etc, n’ai pas aisée et n’est pas garantie, je pense qu’elle est plutôt offerte. Autrement, ce serait ‘trop facile’. Mais quelle joie, quelle élucidation nous ressentons à accéder, constater ou palper un ordre existant auquel nous sommes conviés et libres de participer.
    Ainsi, par exemple, l’étude de la monnaie se révèle un « médium » certain pour qualifier le types de relations que nous entretenons entre les uns et les autres. Quel sens s’y trouve, etc. La monnaie, cette expression de l’échange matériel ici bas. Et l’on sait bien que la Vie elle-même n’est constituée que de relations et d’échanges. L’essence de la vie, de ce qui vit, est d’abord: Relation (d’abord, mais aussi: après). Si ‘on enlève l’un des deux pôles minimum de la relation, et il ne reste plus rien. Et c’est souvent comme ça chez les humains hélas…
    C’est pourquoi la monnaie est un « médium » de choix, car l’étude de la monnaie (certes, étude davantage anthropologique que purement financière, mais l’on ne peut exclure le champ financier ici primordial) nous oblige à chercher et prendre, ou reprendre en compte l’essence des échanges et leur pratiques. Je crois fermement que le principe de subsidiarité est un stade décisif de l’élucidation de la monnaie, ce « continent » encore si mal exploré et seulement connu unilatéralement par quelques affidés qui s’en servent pour dominer le monde.

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    • catherine dit :

      Oh Renaud, c’est tout à fait ça. Un cadeau que l’on reçoit parfois, et parfois pas! et ça dépend toujours du récepteur c’est à dire nous. Et ce n’est jamais statique, arrêté, sûr, c’est toujours ouvert, incertain, mais toujours dans la dynamique puisque tout bouge même quand on pense que ça ne bouge pas.

      Nous sommes des ponts possiblement entre deux berges, un continuum entre elles deux, et ces deux berges, libre à chacun de les appeler comme il veut:

      Terre ET ciel, ou matière ET énergie, ou raison ET intuition, etc, mais on voit bien que le medium entre les deux BERGES c’est la conjonction de co-ordination ET, nous sommes possiblement des agents de relation NOUS et NOUS SEULS.

      Nous sommes possiblement des CONJONCTIONS DE COORDINATION.

      N’est-ce-pas le rôle de cette fameuse conjonction ET de relier deux berges, deux points de vue, à nous de la construire cette con-jonction, qui joint …AVEC… comme son mot l’écrit dans ses lettres, unie, relie les inconciliables, mais de la construire dans l’harmonie, dans l’harmonie d’un JE qui n’annule pas le NOUS communautaire et d’un NOUS communautaire qui n’annule pas le JE.

      Y’a du boulot c’est sûr, mais nous avons tous, chacun, individuellement à répondre de cette construction, je crois bien que c’est cela le SENS ULTIME de notre existence, pour ma part en tout cas, ça l’est, je m’y essaie en me trompant parfois? SOUVENT même, mais en essayant d’intégrer peu à peu mes erreurs.

      Merci Renaud

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  24. Bruno Lemaire dit :

    Du débat partiel entre Jean B. et AJH

    Je voudrais mettre mon grain de sel sur un thème qui peut paraître second, mais qui m’apparaît important, sur le plan concret, et peut être primordial, pour l’avenir en tout cas.

    Supposons donc que nous soyons passé au « 100%monnaie centrale » (ce qui est une proposition que je soutiens totalement, m^me si certains ambiguïtés peuvent sans doute être encore levées).

    Mon thème, ou ma question, porte sur le point suivant, esquissé par Jean et André-Jacques: comment, par quels moyens, et pour quoi, la nouvelle monnaie va être injectée dans l’économie.

    On sait déjà d’où elle provient: c’est la banque de france (au niveau français) voire la BCE (au niveau de la zone euro, à laquelle je crois de moins en moins, et pas spécialement par ‘idéologie partisane’) qui va ‘injecter’ cette nouvelle monnaie.

    Pour C.Gomez, et peut être pour d’autres, cette injection de monnaie semble devoir passer uniquement par le biais du trésor public donc (?) sous-entendu, en contre-parties d’obligations d’état.

    Est-ce la seule possibilité?

    Sans entrer ici dans des détails intempestifs, et pour laisser la créativité des bloggeurs complètement libre, je suggère aux créditistes, tels Renaud, de s’exprimer sur la question. Mais on peut avoir des idées sans avoir lu le Major Douglas ou Louis Even😉

    Merci donc de vos éventuelles suggestions

    Bruno Lemaire.

    PS. Je sais que les « libéraux » qui nous suivent peuvent penser que la solution proposée par l’ami Christian G. est la meilleure. Mais est-ce la seule?

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  25. A-J Holbecq dit :

    Plus haut Jean écrit
    (9 décembre 2011 à 12:40)

    D’acccord avec toi Bruno. c’est bien là toute la difficulté à faire comprendre à AJH, ce qu’il en est en définitive.
    Amitiés
    jean

    Je ne vois pas de ce dont il s’agit que je n’aurais pas compris … merci de m’éclairer

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  26. Bruno Lemaire dit :

    @AJH et Jean

    Hum,

    il semble qu’il y ait un point fort intéressant mis en lumière par les échanges, tendus mais courtois, entre nos deux amis, je veux parler de la contrepartie de l’émission monétaire (je me place toujours dans le cas où nous sommes après l’instauration du « 100%monnaie centrale »)

    Jean semble dire que l’émission d’un supplément de 4,5% de monnaie se fait classiquement, c’est à dire en mettant à l’actif « dettes publiques » – en laissant entendre ainsi qu’il faudra les rembourser (m^me si l’on sait bien que cela peut être une fiction).
    Au sens propre, il s’agit donc bien d’un déficit.

    AJH, créditiste sans peut être le savoir, affirme que cette « avance monétaire » sera simplement une création monétaire permanente.

    C’est sans doute vrai. Mais cela signifie aussi, par simple cohérence, que l’ensemble de la monnaie, elle aussi, sera une monnaie « permanente » , qui ne correspondra donc à aucune dette « à rembourser » (cela ne me choque nullment, m^me si au niveau des bilans, il faudra sans doute trouver une astuce pour bien le préciser).

    Mais, allons plus loin.

    1) comment va t-on contrôler tout cela, si l’état peut émettre cette monnaie permanente sans donc avoir à se préoccuper de son remboursement
    2) le rôle des impots m’échappe un peu. Pourquoi ne pas supprimer tous les impôts, et, en face, émettre la monnaie permanente correspondante. Ce serait une solution de type « Credit Social », me semble t-il. Là encore, la question du contrôle se pose.

    Affaire à suivre, sans nul doute

    Bruno Lemaire.

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    • A-J Holbecq dit :

      Si ce n’est qu’un problème de bilan de Banque Centrale, l’État peut très bien émettre pour 4% (de la masse monétaire, chaque année) d’OATI 0% (Obligation A Terme Indéterminé à 0%) (ou « Obligations A Terme Indéfini »)
      Cette nouvelle monnaie est donc de toute façon sans intérêt ET permanente.

      (PS: des intérêts payés à la BdF reviendraient de toute façon en totalité à l’État, sous forme d’impôts sur les sociétés ou de de dividendes; autant simplifier les choses)

      Comme Christian Gomez (et moi) l’écrivions c’est bien le Parlement qui in fine décide de l’utilisation de toutes les recettes fiscales, y compris donc cette nouvelle ressource de 40 à 50 Md€/an.
      A+
      AJ

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      • Bruno Lemaire dit :

        C’est aussi ce que j’ai compris, mais tu ne réponds pas à 2 questions

        1) Une fois cette décision d’émission prise, pourquoi passer nécessairement par le Trésor Public

        2) tout émission monétaire « judicieuse » pourrait remplacer les impôts. entre une émission à la source, ou un prélèvement plus tard, je ne suis pas sûr que la deuxième solution soit la meilleure.

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        • catherine dit :

          Et si vous répondiez à ma question Bruno, ce ne serait pas si mal, je crois, mais libre à vous bien sûr!

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        • Bruno Lemaire dit :

          chère Catherine je réponds oui, mais quelle est la question😉

          Je ne l’ai pas vue dans le millier de questions auxquelles j’essaye tant bien que mal de répondre chaque semaine.

          Désolé si j’ai pu vous apparaître discourtois

          amitiés,

          Bruno.

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      • A-J Holbecq dit :

        @Bruno
        Le Trésor Public est le compte de l’Etat à la Banque Centrale … par « où » (quel « compte ») émettre cette monnaie autrement ?

        Pour la seconde question, pas certain de la comprendre. Il faut à l’Etat (et aux APU) des recettes… si on en a trop, il est toujours possible de réduire les autres prélèvements (TVA, IS, IRPP, etc ) sans réduire la masse monétaire.

        Ce qui m’amène à dire que de toute façon cette émission monétaire annuelle de 4 à 5% de la masse monétaire devrait être « affectée » aux financements de transition écologique et énergétique: mais ça (ce choix d’utilisation) c’est le boulot du Parlement, lors des débats budgétaires.

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    • Renaud dit :

      Bruno @ 9 décembre à 13:32

      « Quand tu écris: «  »AJH, créditiste sans peut être le savoir » ».
      Qu’il le sache ou pas, c’est ce que j’avais constaté en lisant la première fois: -Un Regard Citoyen sur l’Économie- et -Une Alternative de Société: l’Écosociétalisme-. La vérité, ce qui procède de la vérité, ne s’oppose jamais à la vérité.

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  27. Ping : 221 – Un 100% monnaie… comment? « Plus loin que Jorion

  28. Stéphane dit :

    Bonjour,

    Désolé de prendre un peu tard ce très bon papier référencé par le blog de Laurent Pinsolle. Je souhaiterais à la fois des clarifications techniques et soumettre des questions ouvertes.

    1) Conservation de la masse (monétaire)

    Dans l’hypothèse où la masse monétaire en circulation ne varie pas, comment est-il possible que tous les agents économiques puissent rembourser leurs prêts avec un intérêt strictement positif ?

    Cela est-il rendu possible par « LE DEUXIÈME APPORT (MIRACLE ?) DE LA RÉFORME….. », où en définitive de la monnaie est à nouveau créer pour procéder à l’ajustement ?

    Si tel est le cas, le taux d’intérêt moyen ne doit-il pas être reflété dans l’augmentation de la masse monétaire ?

    2) Service des CSM

    Le fait de payer le service des CSM, ne revient-il pas à rendre le 100% monnaie « fondant » ?

    3) Coexistence entre systèmes monétaires

    Un système « 100% monnaie », adopté localement, peut-il coexister avec le système actuel ? Le cas échéant, avec quelques aménagement ?

    4) Zone Euro et 100% monnaie

    Peut-on envisager un programme de mutation gradué du système actuel vers le « 100% » monnaie ? Applicable à la zone euro ? Remarquons que l’interdiction pour la BCE de prêter directement aux Etats serait respectée.

    5) Diffusion et pédagogique autour du 100% monnaie

    Les questions monétaires relèvent d’un niveau technique avancé à tel point que les représentants politiques semblent eux-même mal les maîtriser. Pour autant, ces questions sont centrales pour expliquer les dysfonctionnement actuels du système économique.

    Quelqu’un aurait-il des propositions pour faire rentrer de manière didactique le 100% monnaie dans le débat démocratique ?

    Cordialement,
    Stéphane.

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  29. christian GOMEZ dit :

    Bon, je reviens dans le jeu après une longue absence dont je m’excuse. je vais répondre à Stéphane qui pose de bonnes questions:

    1) la paiement des intérêts n’a rien à voir avec l’accroissement de la masse monétaire.

    Pour une masse monétaire donnée et une demande d’encaisse déterminée (vitesse), il y a un revenu nominal qui s’en déduit. C’est sur ce revenu que les intérêts sont payés: pour les ménages, à partir de leur revenu disponible; pour les entreprises à partir de leur Excédent Brut d’exploitation….

    2) Le service des CSM: Là, vous me faites plaisir. le fait de payer pour les services de paiements (comme on paie pour ses services téléphoniques ou son électricité) sous forme de frais de tenue de compte et de transactions devrait conduire les agents économiques à minimiser leurs encaisses pour payer le moins possible et ä fixer la vitesse de circulation à son niveau max (puisque le fait pour chaque individu de vouloir minimiser son encaisse n’a aucun effet sur le masse monétaire globale mais va avoir essentielement pour effet une vitese de circulation accrue). On retrouve là l’intuition de Gesell que Keynes appréciait tant l’imposition de « Carrying costs » de la monnaie règle beaucoup de problèmes du point de vue de la régulation économique.

    3) la réforme s’applique à tout système monétaire pourvu qu’il soit autonome, c’est à dire disposant d’une banque centrale. Dans mon article de 2010, mes calculs portaient sur la zone euro. Mais je pourrais les faire pour les Etats-unis, le japon ( ce serait un rêve au japon… pays que je connais bien) Pour les pays européens, il n’est possible de l’envisager qu’après rupture de la zone euro et retour à l’indépendance monétaire de chacun des pays.

    4) L’application graduée n’est pas possible pour des raisons évidentes: si un pays décide de l’appliquer, il n’est pas possible à mon sens de le faire par étapes par augmentation progressive des taux de réserves car il ne serait pas possible de rendre étanche le circuit des encaisses et celui de l’épargne. Ce serait l’échec assuré.

    5) Est-il possible de mettre en place le 100%M dans un seul pays?
    Réponse absolument affirmative dans un système de change flottant puisque les flux entrées-sorties s’équilibrent sur le marché sans intervention de la BC et que, sur le plan interne, seule la source d’émission de la liquidité change: les banques auparavant, la Banque Centrale dans le nouveau système. Dans un système de taux de changes fixes, la régulation se complique car il faut gérer la monnaie de base résultant des opérations de change par des interventions sur l’open market( mais pas plus que dans le système actuel)

    6) Faire mieux comprendre le système: ma présentation fondée sur le billet de banque a cet objectif didactique car le 100%M n’est que la GENERALISATION DE CE QUI EXISTE DEJA AVEC LE BILLET DE BANQUE ( mais avec toutes les facilités de la dématérialisation et de la monnaie électronique ). Mais, je suis d’accord avec vous qu’il faut faire mieux. Il faut faire comprendre deux choses essentielles:
    – les banques ont un pouvoir exorbitant de créer de la monnaie par leurs opérations de crédit.
    – ce pouvoir procure des profits indus qu’il s’agit de récupérer pour la collectitivité SANS INTERFERER AVEC LES MECANISMES DE MARCHE ( On nationalise la Monnaie, pas les banques)==> les plus grands supporters du 100%M SONT DES LIBERAUX sur le plan économique.

    J’espère avoir répondu à certaines de vos interrogations

    Très cordialement

    CG

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    • A-J Holbecq dit :

      Bonjour Christian
      Heureux de ton retour
      Je reprends le « 2 » de ta réponse à Stéphane

      Tu avais calculé que la monnaie (encaisse) représenterait probablement les DAV actuels + 20 % de M2-M1, ce qui donne # 950 Md€ pour la France actuellement, et donc 55% de la dette publique de 1700 Md€ serait « gelée ».
      Si la vitesse de circulation est par exemple doublée, ce ne serait plus que # 500 Md€ de monnaie en CSM. … mais donc un gel de seulement # 30%

      D’accord avec mon « calcul » ?

      Cordialement

      AJ

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  30. christian GOMEZ dit :

    Cher AJ,

    La masse monétaire se mesure à travers les bilans des Institutions financières pour estimer les instruments monétaires dont peut disposer le public pour effectuer ses transactions.Il y a les dépôts à vue et tous ces instruments hybrides mi-encaisse/mi-épargne que l’on alloue entre les deux usages selon des hpothèses qui nous paraissent plausibles ( dans mes calculs, je prends une fourchette)

    Par sa circulation, cette monnaie crée le revenu des différents agents.

    Ex post, on calcule sa vitesse en rapportant le montant des transactions (en fait on utilise le revenu) à la masse monétaire en circulation ( donc approximativement 2 en france par rapport au chiffre que tu cites.

    En tant que tel, le montant de la dette publique qu’il serait possible d’amortir ne dépend que du montant du prêt de la BC, le montant de ce prêt étant lui-même égal aux dépôts qui sont transférés dans les CSMs. (donc la vitesse n’intervient pas).

    Pour la dette, il faut oublier les 1700 mds ( mais tu es un meilleur expert que moi en cette matière). En la calculant en termes nets (en enlevant les avoirs liquides de l’Etat et la dette des collectivités locales, incluse dans ces 1700), j’arrive à 1200 mds. LA NEUTRALISATION d’une part très significative de cette dette ne poserait pas beaucoup de problèmes et ce, SANS AUCUNE MONÉTISATION AU SENS OÙ L’ENTENDENT CERTAIN(E)S CANDIDAT(E)S A LA PRÉSIDENCE.

    Il faut que nous reprenions contact.

    Bien à toi

    CG

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    • A-J Holbecq dit :

      Tout à fait d’accord, Christian: je ne répondais qu’à l’hypothèse de la conséquence d’une diminution de la monnaie en CSM due à quelque motif que ce soit,
      D’accord avec ton chiffre de « dette nette »… j’attends les stats INSEE 2011 pour refaire ce calcul
      (contact: je t’envoi un MP)
      Cordialement
      AJ

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  31. Sébastien dit :

    Il y a un élément que je ne comprends pas dans la proposition du 100% monnaie, c’est le niveau annoncé de création monétaire de 4.5% par an. Pourquoi ce chiffre? Pourquoi pas 3 ou 6%. 0% de création monétaire est-ce innenvisageable et incompatible avec une croissance de la production? En effet, s’il y a croissance de la production pour une même quantité de monnaie, pourquoi la seule conséquence ne serait pas l’augmention de la valeur de l’argent?
    2ème question: la masse monétaire déterminée de façon centralisé par la banque centrale, n’est-ce pas un peu bureaucratique et peu adapte à une économie de marché? La création monétaire par le crédit a l’avantage de correspondre aux demandes réels des acteurs économique, cette souplesse est gage d’efficacité. Ce qui est scandaleux c’est la captation d’intérêts par les banques alors qu’elles n’ont créé aucune richesse. Pourquoi ne pas garder le système de création destruction de monnaie par le crédit comme c’est le cas aujourd’hui, mais avec une différence de taille qui serait que seule la banque centrale à le pouvoir de prêter, les intérêts étant reversés à l’état? Cela n’interdirait pas à la banque centrale créer la monnaie si le besoin s’en faisait sentir.
    Je vous remercie pour la réponse et vous excuserez la possible naïveté de mes questions n’étant pas un économiste.
    Sébastien

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