217 – Trop cher!

J’ai repris ici un article du « wiki societal ».
Sous une forme légèrement différente, il a été publié dans « les 10 plus gros mensonges sur l’économie » (de Ph. Derudder et A-J Holbecq, ed Dangles , 2° édition juin 2010)
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On ne peut pas le faire, « ça coûte » trop cher !
(Le coût réel d’un investissement public)

Promenade d’un billet

Une dame se présente à la réception l’hôtel du Lion d’Or et réserve une chambre. Elle verse 50 euros. Le boulanger du village observe la scène. Il attend que la cliente sorte, puis il se lève, se dirige vers l’accueil et s’adresse à l’hôtelier :
« Ne range pas ton billet, Georges, souviens-toi que tu me dois la pièce montée que je t’ai faite l’autre jour ».
De bonne grâce, l’aubergiste tend le billet de 50 euros au boulanger. Une fois dehors, ce dernier va payer son ami le menuisier qui a réparé son comptoir. Celui-ci s’acquitte alors des 50 euros qu’il devait au garagiste pour sa dernière vidange. En fin de compte le billet se retrouve dans la poche du représentant en savons industriels, qui, vue l’heure, décide de prendre une chambre à l’hôtel du Lyon d’or et paye l’hôtelier avec ce même billet.
Quel est le « coût » de cette « promenade » ? Les 50 euros ont-ils disparu ? Non ils sont toujours là, dans la communauté villageoise. Ils sont dans la caisse de l’hôtel et repartiront demain pour un autre tour, peut-être plus éloigné cette fois. Mais dans tous les cas, l’argent n’a pas disparu, il a circulé. En revanche, tous les acteurs ont travaillé : l’hôtelier, le boulanger, le menuisier, le garagiste et le représentant ; ils ont tous consommé de la matière et/ou de l’énergie. Le travail à faire à été fait, quant aux matières et à l’énergie, elles ne sont plus disponibles. Bien sûr, pris individuellement, chacun a dépensé 50 euros et à ce titre peut dire que « l’autre » lui a « coûté » 50 euros puisqu’il ne les a plus en caisse. Mais si l’on considère les choses globalement, on ne peut que constater que la production n’a « coûté » que du travail, de la matière et de l’énergie, mais pas d’argent ! L’argent est passé d’une main dans une autre, chacun s’est enrichi du travail de l’autre et lui a donné 50 euros en échange pour ne pas rester en dette. Ce qui est à un moment recette, devient dépense à un autre ; c’est la dépense de l’un qui fait le revenu de l’autre. L’argent est transféré, pas consommé sauf peut être si, comme nous aimons à raconter cette histoire, la chute devient la suivante : La dame revient, annonce qu’elle a rencontré un vieil ami et annule donc sa réservation. L’hôtelier lui rend le billet que venait de lui tendre le représentant, le regarde, le reconnaît, sort alors un briquet de son sac et brûle le billet sous le regard effaré des observateurs de la scène… « il était faux », s’exclame-t-elle dans un éclat de rire!

Un peu « d’économie fiction »

Imaginez que vous soyez Ministre des Transports et que vous alliez dire un beau matin au Ministre des Finances:
«La pollution, la consommation de carburants, les nombreux embouteillages, les blessés et les morts générés par le trafic des 4 millions de camions qui transitent annuellement sur l’autoroute entre Avignon et Lyon, nécessitent une décision politique. Il faut résoudre cette situation qui s’aggrave d’année en année et devient insupportable ; mes collaborateurs et moi-même avons étudié la chose et tout plaide en faveur de la construction d’une ligne de ferroutage sur ce tronçon. Nous estimons le montant total de l’opération à environ 10 milliards d’euros »

Par réflexe ancré dans ses anciennes croyances, il s’écriera : « Mais vous n’y pensez pas, c’est impossible, ça coûte trop cher ! ».
Vous aviez évidemment anticipé cette réaction, et vous lui demandez donc d’accepter de vous suivre dans votre démonstration, en lui expliquant :« Je vais prendre un certain nombre d’hypothèses simplificatrices pour rendre les choses aussi claires que possible »

Première hypothèse : une seule « entreprise unique » fabrique tout

Il s’agira d’une commande de l’État confiée à des entreprises privées exclusivement nationales. Même si un grand nombre d’entreprises intervient, on peut considérer qu’elles ne forment qu’une seule et même entreprise, depuis l’extraction des matières premières, qui, soit dit au passage, sont gratuites puisque la nature ne se fait pas payer, jusqu’au produit fini. C’est, bien sûr, une simplification, mais elle n’est pas abusive. Le résultat serait le même si on prenait une « chaîne » d’entreprises dont chacune achèterait aux autres ce dont elle a besoin pour remplir sa mission. Concentrer les choses sur une seule entreprise permet tout simplement de mieux comprendre ce qui se passe réellement. Les salariés de cette entreprise vont eux-mêmes dépenser leur paie dans une multitude de commerces et de services qui vont eux aussi payer des salariés, lesquels dépenseront leur salaire dans la chaîne commerciale et de services, etc. Les cotisations salariales que tous vont verser se trouveront redistribuées sous forme d’allocations et prestations sociales à différents bénéficiaires, et les taxes et impôts sous forme de salaires aux fonctionnaires. Ces revenus alimenteront à leur tour le commerce. Vous voyez les boucles, la « promenade » de l’argent et comment revenus et dépenses sont les deux faces d’une même pièce ?

Seconde hypothèse : l’État est le maître d’ouvrage

Il paye l’entreprise, donc les salaires et cotisations de toute la chaîne au fur et à mesure de l’avancée des travaux. « L’entreprise » n’a donc pas de besoin de trésorerie, créatrice d’agios, mais nous ferons intervenir plus tard les intérêts sur la dette publique supplémentaire que génèrera dans un premier temps le financement de ces travaux, puisque, depuis 1973, la Banque de France n’est plus autorisée à financer les besoins de l’Etat, ce qui contraint celui-ci à avoir recours au « marché financier » et donc à payer des intérêts.

Troisième hypothèse : il n’y a que des salaires

Bien sûr, nous savons tous qu’un prix est non seulement constitué de salaires, mais aussi du prix des fournitures et charges diverses comme les transports, le stockage, les assurances, des honoraires, des marges bénéficiaires, etc. Cela, c’est l’apparence, parce que la production est atomisée : de nombreuses entreprises participent à la fabrication d’un produit, de sorte que chacune paie des factures de « fournitures » et « services » extérieurs. Mais en réalité que se passe-t-il ? Quand l’agriculteur vend son blé au minotier, par exemple, c’est le prix de son travail, donc son salaire qu’il vend, pas le blé qui, lui, a été offert gratuitement par la nature. Bien sûr, il aura utilisé un tracteur et le prix de son blé comprendra aussi une part du coût d’acquisition et d’utilisation de cet engin. Mais le prix du tracteur, c’est quoi ? Le salaire de tous les employés de l’usine qui l’ont fabriqué, répartis au prorata, et les marges bénéficiaires. Ah oui, il y aura aussi le coût des fournitures et services que l’usine n’a pas produits elle-même. Mais chaque service et chaque fourniture achetés à d’autres, c’est quoi ? Les salaires et marges de chaque fournisseur, plus… et ainsi de suite… jusqu’à ce que vous ne puissiez plus remonter plus haut et que vous découvriez alors qu’un prix n’est en fin de compte qu’une somme de salaires et de marges emboîtés comme des poupées russes.

Quatrième hypothèse: « l’entreprise unique » et les commerces ne prennent pas de marge bénéficiaire.

Pour la clarté de la démonstration, on imagine que tout est distribué en salaires. Les salariés n’épargnent pas et dépensent la totalité de leurs revenus sur le territoire national. Cette hypothèse est certes irréaliste mais elle ne joue pas dans l’absolu. Epargne et profits sont des réserves qui ne participent pas immédiatement à la consommation, mais qui y retourneront tôt ou tard. Ils ont pour seul effet de ralentir les cycles.

Cinquième hypothèse : aucune importation

Ni d’énergie, ni de matière première, ni de produits finis. Irréaliste ? Ayez présent à l’esprit que le résultat reste identique pour le bilan global de la Nation tant que la balance importation/exportation est équilibrée. Il n’est donc pas question de poser des hypothèses illusoires, mais de ramener les choses au niveau de dénominateurs communs les plus simples possible pour rendre les choses compréhensibles.

Sixième hypothèse : pas de TVA sur les travaux proprement dits

Il n’est pas nécessaire de la compter puisque l’État est le maître d’ouvrage. En revanche, on retrouvera celle-ci dans les effets induits, c’est-à-dire dans les boucles de la consommation courante des salariés lorsqu’ils dépenseront leurs revenus dans les commerces (activité secondaire).

Septième hypothèse : salaires moyens

Pour encore simplifier nous avons considéré que la moyenne des salaires était équivalente au salaire moyen défini par l’INSEE pour 2007, soit 30800€ annuel de salaire brut. Le total des cotisations employeur est de 13200 €,ce qui porte le « coût » d’une année de travail par employé à 44000 euros. Quant au total des cotisations sociales, employeur et employé, il est de 19800 € (soit 45% des 44000 €)

Ces hypothèses posées, vous expliquez donc…

Les 10 milliards d’euros (10 md€) injectés au cours de l’année de travaux décidés représentent un chiffre d’affaire équivalent, autrement dit 227 273 emplois puisque le prix, 10 md€, n’est que la somme du coût total annuel de la main d’œuvre (44 000€ par salarié) qu’il aura été nécessaires d’utiliser pour mener à bien les travaux.

Le total des cotisations sociales va être redistribué par les différents organismes, comme c’est leur rôle, et va autoriser un pouvoir d’achat global supplémentaire de 4,500 md€ (45% des 10 md€) au bénéfice de la population.

Les employés vont recevoir chacun 24 200 € de salaire net soit un total de 5,500 md€ sur lequel nous avons considéré qu’ils allaient payer en moyenne 15% d’impôts (IRPP et divers) soit 0,825 md€, montant que l’État va ici capitaliser dans notre calcul.

(Cagnotte de l’État: 0,825 md€)

Reste donc aux employés 85% de leur salaire net, soit 4,675 md€ directement « consommables », auxquels s’ajoute le pouvoir d’achat constitué par la redistribution des cotisations sociales. C’est donc un total de 4,500 + 4,675 = 9,175 md€ que la population entière va recevoir dans ce cycle de redistribution monétaire. Mais les choses ne s’arrêtent pas là puisque l’argent va continuer de tourner dans la société:

L’activité permise par ces dépenses de 9,175 md€ va générer des salaires d’emplois secondaires dans les commerces et services ainsi que de la TVA (19,6%) au bénéfice de l’Etat soit 1,504 md€. Seul le solde hors taxes de 7,671 md€ bien sûr, va pouvoir financer les salaires d’emplois secondaires.

(Voilà donc aussi la cagnotte de l’Etat qui grossit: 0,825 + 1,504 = 2,329 md€)rr

Ces 7,671 md€ représentent les revenus, toutes cotisations comprises, de 174 341 emplois (7,671 md€ / 44 000€). Les cotisations sociales de 45%, soit 3,452 md€, issues de ces revenus bruts, vont à leur tour être distribuées dans la population. Puis les salariés payeront 15% d’impôts sur le solde net, soit 0,632 md€ (7,671 x 55% x 15%), et ce seront donc 7,671- 0,632 = 7,039 md€ qui resteront à la population pour sa consommation.

(Cagnotte de l’Etat: 0,825 + 1,504 + 0,632 = 2,961 md€)

L’activité que vont permettre ces 7,039 md€ générera une recette de TVA (19,6%) pour l’État de 1,154 md€ et ce sera donc le solde HT soit 5,885 md€ qui va pouvoir financer les salaires d’emplois secondaires.

(A ce stade la cagnotte de l’Etat se monte à : 0,825 + 1,504 + 0,632 + 1,154 = 4,115 md€)

Et on repart pour un tour : Ces 5,885 md€ forment les revenus, toutes cotisations comprises lors de cette seconde vague d’utilisation de la même monnaie sur un an, de 133 750 emplois (5,885 md€ / 44 000 €). Les cotisations sociales de 45%, soit 2,648 md€ sont distribuées à la population. Les salariés paient 15% d’impôts sur le total net, soit 0,485 md€ (5,885 x 55% x 15%) ce qui alimente d’autant la cagnotte de l’Etat, et ils pourront consommer le solde 5,885 – 0,485 = 5,400 md€ qui génèreront 0,885 md€ de TVA laissant disponibles 4,515 md€ pour financer les salaires d’emplois secondaires.

(La cagnotte de l’Etat passe à 0,825 + 1,504 + 0,632 + 1,154 + 0,485 + 0,885 = 5,485md€)

Et ainsi de suite … (Si vous voulez poursuivre le calcul, vous pouvez lire la série sur le tableur téléchargeable à l’adresse: http://www.societal.org/docs/CIP.xls )

Au terme de 10 cycles d’achat-vente, ce sont 923 154 emplois qui auront été créés ou pérennisés, et l’État aura récupéré plus de 93% de la somme initiale « dépensée ». Au bout de 30 cycles, c’est quasiment 100% et près d’1 millions d’emplois créés ou sauvegardés.

Ainsi, non seulement l’État rentre dans ses frais, mais vous remarquerez que les avantages ne s’arrêtent pas là, ni pour l’État, ni pour la population. faute de ces travaux, en période de chômage chronique, comme celle que nous connaissons depuis 30 ans, le million d’emplois qu’ils génèrent se transformerait en un million de chômeurs qu’il faudrait indemniser, sans compter les effets négatifs secondaires liés au chômage en terme de santé et de sécurité publiques principalement, autant de coûts supplémentaires à charge de la collectivité. A noter enfin qu’en plus de la recette fiscale les caisses de chômage, de retraite, de santé publique, de formation, d’aide au logement etc… se trouveraient alimentées ce qui résoudrait les déficits dont on nous rebat les oreilles et qui conduisent à réduire un peu plus chaque année les avantages sociaux si chèrement acquis par nos aïeux.

Reste toutefois un point à éclaircir: car il a été passé bien vite sur une des hypothèses retenues pour la démonstration. Il s’agit de la deuxième, qui prévoit que l’État est maître d’ouvrage et qu’il n’a pas besoin de trésorerie. Or c’est bien là que le bât blesse puisque l’on sait que non seulement les caisses sont vides mais que la dette publique est énorme. Effectivement, dans la réalité, l’État devrait avoir recours à l’emprunt puisque depuis 1973, comme nous le rappelions, il ne peut plus être financé par la Banque de France et doit donc payer des intérêts au « marché financier ». Si nous retenons un intérêt à 4%, ce sont donc 400 millions qu’il aurait fallu payer au titre de l’intérêt sur les 10 milliards empruntés et qu’il faudrait retirer de ce qui revient à l’État au bout d’un an. Est-ce que la démonstration s’effondre pour autant ? Non, le retour à l’État est un peu moindre voilà tout, mais là n’est pas le plus important puisqu’une partie, bénéficiant évidemment aux résidents les plus riches (et c’est là la raison principale de notre combat au sujet de « la dette publique »), sera recyclée dans le commerce, les services et même les impôts directs.

En résumé on peut dire que la simulation est juste à condition que la balance commerciale de la Nation soit équilibrée et au « coût » près des intérêts bancaires. Effectivement, dans la réalité, l’État devra avoir recours à l’emprunt puisque depuis 1973, comme nous le rappelions, il ne peut plus être financé par la Banque de France et doit donc payer des intérêts au « marché financier ». Si nous retenons un intérêt à 4%, ce sont donc 400 millions qu’il aurait fallu payer au titre de l’intérêt sur les 10 milliards empruntés et qu’il faudrait retirer de ce qui revient à l’État au bout d’un an.
Ce sont là deux paramètres sur lesquels il serait possible d’agir si on le voulait… Mais la pensée économique dominante actuelle ne considère pas les choses comme cela.

Elle n’a ni compris ni intégré le fait que la production ne coûte pas d’argent, mais seulement du travail et de la matière et qu’au niveau de la Nation, la quantité globale d’argent reste inchangée; il n’y a que des transferts qui s’opèrent entre les acteurs économiques.

Elle n’a ni compris ni intégré le fait qu’un Etat puisse investir dans des biens et services nouveaux sans avoir à lever des impôts supplémentaires, car dans l’esprit de la plupart d’entre nous, et les plus brillants n’y échappent pas, la monnaie reste conçue comme une réalité matérielle (précieuse) de quantité finie donc rare et épuisable.

Elle n’a ni compris ni intégré le fait que lorsqu’un État investit dans des biens et services nouveaux, cela crée des emplois directs et induit une activité multiplicatrice. Si nos dirigeants politiques avaient compris cela, on cesserait, par exemple, de nous rebattre les oreilles avec le « trou » de la sécurité sociale. Car ce trou n’a aucun sens si ce n’est « comptable »! Il n’existe que par le fait que la Sécurité Sociale a un budget séparé du budget national… Nous parle-t’on du « trou » de l’armée, ou de celui de la justice » ou de l’enseignement ? Mais surtout, lorsque la Sécurité Sociale paye un médicament ou une visite chez le médecin, cette dépense initiale se transforme en revenu pour le pharmacien, le médecin et tous les acteurs des services de santé. Et ces derniers vont « dépenser » leurs revenus dans le circuit économique général de la nation. Ils vont aussi payer des impôts et des taxes. Bref, la dépense des uns constituant la recette des autres, l’État en acceptant de dépenser au départ stimule une circulation dont il devient lui même bénéficiaire.

Réalisez-vous ce que ce petit calcul révèle? Il met en lumière le fait que les immenses chantiers qu’il conviendrait de mettre en œuvre pour relever les défis humains et écologiques de notre temps sont à notre portée. Il démontre que ces chantiers, d’autant plus importants que c’est la vie même de nos descendants qui en dépendent, loin de représenter un coût insupportable pour nos sociétés, représenteraient une source d’enrichissement et d’amélioration de qualité de vie immédiate!

La réalité est que si une collectivité a un besoin, la volonté de le satisfaire, les moyens techniques et énergétiques, un excès de main d’œuvre et le savoir-faire, rien ne s’oppose à sa réalisation… à un détail près, détail que soulignait déjà avec force Thomas Edison, dans une interview publiée dans le New York Times en 1928, alors qu’il était de retour d’une inspection à la centrale électrique « Muscle Shoals », en construction, sur la rivière Tennessee :

« Si la monnaie est émise par la nation, 30 millions $ pour le financement de Muscle Shoals, ce sera la bonne chose à faire. Une fois cette méthode d’émettre l’argent pour les développements publics essayée, le pays ne retournera jamais à la méthode des obligations Maintenant, il y a (Henry) Ford qui propose de financer Muscle Shoals par une émission de monnaie (au lieu d’obligations). Très bien ; supposons un instant que le Congrès suive sa proposition. Personnellement, je ne pense pas qu’il ait assez d’imagination pour le faire, mais supposons qu’il l’ait. La somme requise sera émise directement par le gouvernement, comme toute monnaie doit l’être Lorsque les travailleurs seront payés, ils recevront ces billets des États-Unis Ils seront basés sur la richesse publique existant déjà à Muscle Shoals ; ils seront retirés de la circulation par les salaires et bénéfices de la centrale électrique. Ainsi le peuple des États-Unis recevra tout ce qu’il aura mis dans Muscle Shoals et tout ce qu’il pourra y mettre durant des siècles… le pouvoir sans fin de la rivière Tennessee… sans taxes et sans augmentation de la dette nationale. »

le 4 janvier 2009
Philippe Derudder et André Jacques Holbecq

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48 commentaires pour 217 – Trop cher!

  1. tchoo dit :

    Si je ne m’abuse, c’est sur ce principe que la politique des grands travaux à été réalisée par F D Roosevelt en 1933.

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  2. Opps' dit :

    Je n’ai pas le temps de fouiller le détail de la démonstration , mais qui doit être ok venant d’AJ.H.

    Cependant une idée me vient : admettons qu’à la place de la ligne de ferroutage , on fasse faire un immense trou sans objet (quitte à le reboucher ensuite) … la démonstration tient toujours , il me semble. Si non , pourquoi ?

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    • A-J Holbecq dit :

      Oui, Opps’, c’est exact… il reste néanmoins un truc que j’ai passé sous silence dans cette « démonstration » si ce n’est dans les hypothèses: c’est l’énergie dépensée qui du fait de quelques principes de thermodynamique, est perdue à tout jamais.
      D’où l’intérêt de ne pas faire n’importe quoi😉

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  3. Olivier dit :

    Bonjour,

    Y’en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes…

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ateliers_nationaux

    Cordialement;

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    • A-J Holbecq dit :

      Loin de nous (Philippe Derudder et moi) l’idée d’avoir suggéré une telle sottise… c’est pour essayer d’expliquer la circulation de la monnaie que nous avons pris cet exemple où on retrouve un certain nombre d’hypothèses simplificatrices.
      D’ailleurs nous avons bien écrit  » Il s’agira d’une commande de l’État confiée à des entreprises privées exclusivement nationales. « 

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      • michelb dit :

        Oui, on peut aussi compter sur la résistance au changement et la mauvaise volonté.
        Plus d’un dossier a capoté absurdement. Comptabilité peut-être mais sans les sciences sociales et l’intelligence, tout court, les meilleurs architectes sont le bec dans l’eau.
        Y’a toujours un conspirateur qui traîne , faut penser à le débusquer ?
        1,3 millards pour 300 sénateurs qui refusent de partager et 575 députés qui refusent de diminuer leurs revenus mais l’impose aux français, c’est t’y pas des cochons gras.
        Comment alors le reste peut-il marcher ? Dans le doute ?
        Merci pour ce bel article à rapprocher des démonstration de Bastiat.

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    • Mike dit :

      Je ne comprends pas votre objection. Les problèmes que vous évoquez sont des problèmes politiciens. Ni politiques ni économiques.

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  4. BA dit :

    Mercredi 16 novembre 2011 :

    La crise de la zone euro frappe aux portes de la France.

    Après la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et l’Italie, la crise de la zone euro frappe désormais aux portes de la France, forçant la Banque centrale européenne à monter en première ligne pour freiner l’hémorragie.

    Selon des courtiers, la BCE a intensifié mercredi ses rachats de titres italiens et espagnols au lendemain d’une journée noire sur le marché obligataire, au cours de laquelle les primes de risque de la France et de plusieurs autres pays du coeur de la zone euro ont bondi à des niveaux jugés impensables il y a encore quelques jours.

    Cette intervention n’a toutefois pas permis de desserrer l’étau autour de la dette française, alors que les investisseurs voient l’Europe prendre le chemin périlleux de la récession et restent défiants face à la capacité des dirigeants du continent à prendre des décisions structurelles mettant fin à la crise.

    L’écart de rendement entre les dettes française et allemande se rapproche des 200 points de base, un niveau inconnu depuis le début des années 1990.

    La porte-parole du gouvernement français, Valérie Pécresse, a jugé cette évolution injustifiée et a réaffirmé que la France tiendrait ses engagements de réduction des déficits, à 4,5% du PIB en 2012, et 3% en 2013, afin de conforter sa note « triple A ».

    Elle a ajouté que Paris avait « toute confiance » dans la capacité de la BCE à assurer la stabilité de la monnaie unique. Un message à l’attention des marchés, qui espèrent que l’institution de Francfort, vue comme le seul rempart crédible à l’éclatement de la zone euro, n’hésitera pas, le moment venu, à endosser le rôle de prêteur en dernier ressort des Etats, ce à quoi s’opposent la BCE elle-même et l’Allemagne.

    http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-crise-de-la-zone-euro-frappe-aux-portes-de-la-france-16-11-2011-1396896_240.php

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  5. bernarddo dit :

    « Quand on aura compris ça, on pourra effectivement résoudre la pseudo crise. »

    Je souscris à ton invite

    Mais pourquoi diable, as-tu trouvé le moyen de réintroduire l’intérêt financier (qui ne joue au mieux que le rôle que de ralentisseur dans ton scénario ?

    D’ailleurs cette réintroduction ferait que les bénéficiaires d’intérêts auraient la possibilité de créer des entreprises contredisant tes troisième et quatrième hypothèse, qui sont le vrai pilier de ta démonstration: rien ne leur interdirait de faire du profit non distribué, ce qui aurait tôt fait de polluer le système.

    Réfléchis bien: pour que le système tourne vraiment rond, sans accroc, il faut faire la peau à deux choses:

    – l’intérêt
    – la propriété lucrative.

    Par ailleurs, l’hypothèse 5 de l’autarcie serait plutôt celle d’un troc international gagnant/gagnant qui n’a rien d’irréaliste dans l’hypothèse d’une régulation des échanges internationaux.

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    • A-J Holbecq dit :

      Relis bien pour les intérêts financiers… c’est évidemment pour répondre par avance aux critiques; tout le monde ne considère pas que les intérêts sont indus et qu’un État doit pouvoir créer sa propre monnaie😉

      Oui pour l’hypothèse 5 « troc gagnant/gagnant » que proposait d’ailleurs la Charte de la Havane. Ce qui est anormal c’est que des pays fassent des excédents (Allemagne, Chine, etc..) en appauvrissant les autres.

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      • bernarddo dit :

        Réponds directement à mon objection: elle est simple et factuelle: s’il y a des intérêts financiers, il n’y a pas que des salaires (hyp 3) et toute la construction devient contradictoire, à tout le moins critiquable. Et lui enlève à mes yeux toute son efficacité.

        Si c’est une concession préventive, simplement pour ne pas trop effaroucher « tout le monde », cela me paraît contre productif.

        D’autant que parler de « tout le monde » ou « c’est clair » ou « il est évident », c’est reprendre l’argumentaire de la pensée unique monétariste !! Il ne s’agit pas que tout le monde « considère » mais que « tout le monde », qui commence à réaliser qu’on l’a mené en bateau, puisse comprendre.

        On est ici des gens plus sérieux tout de même!

        Cela dit, je ne pense pas que le problème soit absolument irrésoluble en maintenant les intérêts: il devient par contre extrêmement compliqué, et nécessiterait au moins de récupérer la souveraineté nationale perdue lors des derniers quarante ans par rapport à sa monnaie et à la maîtrise de ses investissements.

        Il est à mes yeux extraordinaire de voir la floraison d’articles sur la monnaie « fondante », (qui n’est pas dangereuse pour l’establishment car elle est suffisamment loin du réel et suffisamment compliquée à mettre en oeuvre) et l’absence complète d’écho que suscite le débat sur une monnaie intermédiaire, ni fondante ni « tumorale » comme celle qu’on connaît, simplement nominale, simplement égale à elle-même,et qu’une seule mesure simple suffirait à mettre en oeuvre.

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    • chris06 dit :

      @bernarddo,

      il faut faire la peau à deux choses:

      autant dire qu’il faut faire la peau au capitalisme, non?

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    • Opps' dit :

      Bernaddo, l’expérience n’aurait-elle pas déjà été tenté ?
      Et l’expérience , même, de créer un homme nouveau , structuré de façon à faire fonctionner un tel modèle n ‘a-t-elle pas également été tentée ? Questions très faciles et orientées , je ne le cache pas.

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      • bernarddo dit :

        Cette expérience c’est simplement celle de la Démocratie. Ce qui est orienté dans la question c’est que la Démocratie n’a pas besoin d’homme nouveau: elle est faite pour les hommes tels qu’ils sont depuis toujours.

        Cette expérience de la Démocratie n’a, à ma connaissance, existé effectivement que par accident dans la société française moderne. (C’est celle du CNR, dont les derniers acquis sont en train de mourir, pour nous faire vivre à très brève échéance l’expérience argentine d’il y a une dizaine d’années).

        Comme les français vont bientôt devoir à nouveau entrer en « Résistance », on peut espérer que l’expérience CNR va se reproduire rapidement.
        Autant créer un courant favorable.

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        • chris06 dit :

          j-ai pourtant pas souvenir que le CNR ait « fait la peau » à l’intérêt et la propriété lucrative!

          Et puis, il faut arrêter de prendre la France pour une île isolée des courants politiques et économiques mondiaux, le CNR s’inscrivant dans un courant capitaliste occidental, le fordisme, décliné dans tous les pays occidentaux après guerre.

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        • chris06 dit :

          Tout est une question de partage de la valeur ajoutée entre Capital et Travail.

          Dire que l’on veut « faire la peau » à l’intérêt et la propriété lucrative revient à dire que la part de la valeur ajoutée revenant au capital doit être nulle (nota : ce qui fut loin d’être le cas pendant l’expérience de « Démocratie » après guerre sous l’égide du CNR), c’est à dire o la valeur ajoutée est redistribuée intégralement sous forme de salaires (y compris les bénéfices sociaux).

          Le capitalisme fordiste des trente glorieuses fut caractérisé par un partage de la valeur ajoutée ou la part revenant au travail croissait plus vite que celle revenant au capital. Le capitalisme financier depuis les années 80 est caractérisé par un partage de la valeur ajoutée ou la part revenant au travail croit moins vite que celle revenant au capital.

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  6. Hadrien dit :

    L’histoire du billet faux qui circule, et fait néanmoins travailler tout le monde, est l’exemple même du caractère dynamique de la logique keynesienne (la demande crée l’offre, les crédits font les dépots, etc.).
    La masse monétaire M s’y trouve multipliée par sa vitesse de circulation V, pour acheter au prix moyen P la production Y suivant l’égalité macroèconomique:
    M.V = P.Y
    ( En termes microéconomiques, Somme des Mi.Vi = Somme des Pi.Yi)

    Cela m’amène à reposer ici ma question de l’espace libre 2:

    Pour une vitesse de circulation donnée, la croissance temporelle (temps t) de la masse monétaire, soit (dM/dt), est:
    dM/dt = 1/V . (dP/dt + dY/dt) suivant la règle des faibles variations relatives que l’on apprend au lycée.

    Or, suivant les statistiques de la BCE, la croissance monétaire de M1 (la plus liquide) dM1/dt est égal à 9% de moyenne depuis quinze ans, dans les pays de la zone euro, alors que la croissance des prix et celle de la production sont respectivement de 2% et 3%. Cela implique que la vitesse moyenne V de circulation est un peu supérieure à un.
    En termes annuels, c’est un peu plus d’une transaction moyenne par an sur le total du PIB, ce qui n’a rien d’anormal pour la consommation: il s’y trouve aussi bien de l’alimentaire journalier (trés fréquent) que de l’équipement durable (moins fréquent), ce dernier étant de masse unitaire plus importante.

    Mais un coup d’oeil aux courbes (M1+M2+M3), par exemple dans le récent livre de O. Berruyer, montre qu’il en est à peu près de même pour M2, et même M3.
    Or, il s’agit là d’actifs, non consommables: la transaction peut se renouveler tous les jours sur le même actif échangé à la bourse, sans grand changement de prix. Mieux: en quinze ans, le niveau du CAC 40 est revenu approximativement à la même valeur !
    Comment, dans ce cas, la croissance de près de 10% est-elle possible, concernant les actifs ?
    S’agit-il donc de création pure et simple (émission d’actions, de CDS, etc.) en dY/dt, malgré un dP/dt nul, qui assure une telle croissance monétaire ?
    Le point est d’importance, car il dévoile un aspect caché de l’économie financière, qui porte sur des sommes énormes et peu d’individus :
    Pendant que l’on nous pinaille des quarts de % d’augmentation des prix, des taux d’intérêt de la BCE, etc., le secteur financier se gave par création pure et simple ! Exemples: l’Oréal, LVMH…, le secteur bancaire ?

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    • chris06 dit :

      Ne pas oublier qu’en France près de 70% des actifs sont immobiliers et ont connu un de taux de croissance de leurs prix de l’ordre de 10%/an depuis plus de quinze ans, prix qui ne rentrent pas dans le calcul de l’inflation selon l’INSEE…

      Heureusement, une telle gajeure est bien finie, le seul pays d’Europe qui n’y ait pas pris part c’est l’Allemagne.

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      • Hadrien dit :

        chris06,

        Tu as raison d’évoquer l’immobilier, car j’ai oublié d’en parler:

        Berruyer donne sur l’immobilier une variation relative qui n’est pas loin du double sur la période.
        Mais là, la vitesse V est très faible (en ne considérant que les transactions immobilières entre elles, en tant que micro-économie, pour ne pas les mélanger au reste), et la production Y , au deuxième membre de l’égalité, est également faible (peu de constructions neuves par rapport à l’ancien).
        On ne peut donc pas, contrairement aux actifs, suspecter une quelconque création, mais y voir au contraire le jeu normal de l’offre et de la demande expliquant les prix.

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    • Hadrien dit :

      Pardon d’être allé un peu vite en notations:

      « suivant la règle des faibles variations relatives que l’on apprend au lycée » signifie:
      en variations relatives Mr=dM/M, Pr=dP/P et Yr=dY/Y, soit:
      Mr = 1/V. ( Pr + Yr)
      d’où, en divisant par la variation de temps dt:
      dMr/dt = 1/V (dPr/dt + dYr/dt),
      ce qui est bien la croissance temporelle relative, en % !

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      • Hadrien dit :

        Correction complémentaire:

        L’explication à l’incongruité que je relevais dans la formule MV = PY est plus simple que redouté:
        L’erreur de la plupart des auteurs est qu’ils interprètent Y comme la production. Or, il s’agit de la quantité (de biens et services) échangés !
        La formule ne traduit rien d’autre que l’égalité entre le flux monétaire et celui des biens et services qui ont fait l’objet de transactions…
        Ainsi s’explique l’exemple du trader qui manipule journellement beaucoup de transactions, sans aucune production de bien ! La seule production est celle de son service (moins de 0,1% dans les salles de marché). Ce sont les prix nominaux qui sollicitent la masse monétaire, et non le service de la transaction…

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    • Opps' dit :

      Hadrien ,
      « L’histoire du billet faux qui circule, et fait néanmoins travailler tout le monde, est l’exemple même du caractère dynamique de la logique keynesienne (la demande crée l’offre, les crédits font les dépots, etc.). »

      C’est précisément là que se trouve l’erreur majeure dans laquelle la spéculation et la facilité sont allées se loger.
      Non , non seulement il ne suffit pas de créer de la monnaie pour mettre tout le monde au travail, mais en plus celui qui pourrait être initié n’est pas forcément utile, surtout quand on cherche à le provoquer à l’excès.

      Le billet de la Dame de Condé ne dit d’ailleurs que très superficiellement cela . D’ailleurs dans ce système tout le monde est déjà au travail . Ce que dit la Dame de Condé c’est qu’elle est , elle même , LA Banque : Tout se passe comme si elle avait accordé un crédit , anticipant une production viable et utile puisqu’il trouvera son débouché , crédit qui, après avoir circulé, revient à l’emprunteur qui a pu vendre sa production et est alors en mesure de rendre le billet à la Banque de Condé, qui le détruit.

      D’ailleurs cette histoire mal expliquée risque fort d’embrouiller les esprits , notamment avec le final  » Il était faux » qui ne veut absolument rien dire !
      Il n’y a pas de vrais ou faux moyens de paiement, pour la simple raison qu’il n’y a pas d’actif marchandise réel existant déjà derrière.
      La fausse monnaie est le crédit circulant qui ne peut être remboursé et qui cherche désespérément une victime dans la comptabilité duquel il se logera , car quelqu’un doit mécaniquement supporter la perte. Bien sûr on peut loger définitivement la perte dans le PDR, il est là pour ça à condition que ça ne soit pas une habitude.

      Or ici , justement le crédit a été remboursé : le billet n’est donc absolument pas faux , mais complètement vrai !!!

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      • Hadrien dit :

        opp’s,

        Je maintien ma phrase citée, qu’on peut trés bien transposer sans billet, au cas de naufragés recommençant à zéro sur une île déserte (exemple pris, par ailleurs, dans le dernier livre de AJ Holbecq, avec Derruder):
        Sans même évoquer une monnaie (coquillages), on peut dire que la production spécialisée, destinée à l’échange, ne commence que lorsqu’on introduit un surplus de la part de l’un au moins des naufragés. La même histoire peut alors se répéter avec le troc.
        On peut même ajouter, pour faire le parallèle total: y compris lorsque le premier échange est une escroquerie!
        L’essentiel est d’amorcer le mouvement… c’est à dire la dynamique keynésienne: avec ce qu’aura récolté l’escroc, il fera travailler un autre, etc., et retrouvera tôt ou tard son propre faux produit dans la boucle.
        Dans nos sociétés, le surplus initialement insufflé ne peut être que de la monnaie.

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      • A-J Holbecq dit :

        C’est un apologue qui circule depuis des lustres (l’auteur initial serait Jacques Dartan).. le « il était faux » avait pour but de montrer que la monnaie ce n’était aussi « que de la confiance ».
        Philippe et moi même l’avons inclus en introduction de cet « investissement public » et il est vrai que l’attribut de fausse monnaie n’a aucun intérêt dans cet exemple… dont acte😉

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        • bernarddo dit :

          Non, AJH, tu n’as pas introduit le vrai apologue. Ta dame se contente de brûler le billet. Elle ne réclame pas d’intérêt. C’est la situation, saine, à laquelle je souhaite qu’on aille.

          La vraie histoire est que la dame réclame PLUS que le billet qu’elle brûle (l’intérêt financier), avec lequel elle peut acheter du réel dans le village où l’on travaille.J’ai raconté l’histoire sur le blog d’Etienne (http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?id=81&p=45)
          Promener autour du village où l’on travaille et en tirer un revenu sur le dos des travailleurs, qu’on peut en plus accuser de fainéanter, c’est là la vraie (et scandaleuse) histoire de la Dame de Condé.

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        • C’est assez bien vu pour une part des fondamentaux sociétaux, mais avec une unique unité de compte sur un même territoire il est impossible de résoudre tous les impératifs d’échange, épargne (fondée), investissement, prises de risques, etc.

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    • Hadrien dit :

      chris06,

      Tu as raison d’évoquer l’immobilier, car j’ai oublié d’en parler:

      Berruyer donne sur l’immobilier une variation relative qui n’est pas loin du double sur la période.
      Mais là, la vitesse V est très faible (en ne considérant que les transactions immobilières entre elles, en tant que micro-économie, pour ne pas les mélanger au reste), et la production Y , au deuxième membre de l’égalité, est également faible (peu de constructions neuves par rapport à l’ancien).
      On ne peut donc pas, contrairement aux actifs, suspecter une quelconque création, mais y voir au contraire le jeu normal de l’offre et de la demande expliquant les prix.

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      • A-J Holbecq dit :

        L’estimation est de l’ordre d’un besoin non satisfait de 900 000 logements en France; cette demande potentielle ne peut que maintenir les prix… tant qu’il y a des revenus suffisants et des possibilité de crédit à très long terme.

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        • chris06 dit :

          J’aimerais bien voir l’étude qui est arrivée à ce chiffre d’un « besoin non satisfait » de 900 000 logements…

          -Cette demande potentielle est elle solvable?
          -Cette demande potentielle concerne t’elle particulièrement les foyers plus modestes qui n’ont pas actuellement les moyens de financer un logement au niveau de prix stratosphériques actuels?
          -Cette étude tient elle compte des millions de logements vides qui sont utilisés comme placements spéculatifs par des résidents et des non résidents et qui les mettront en vente si le rendement sur le capital investi est négatif.

          Mais non, voyez vous, la France est le seul pays au monde dont la bulle immobilière (pourtant une des plus prononcées au monde) n’explosera pas… un peu comme le nuage de Tchernobyl, non?

          (PS: j’avais entendu exactement le même argument foireux aux Etats Unis en 2006, en Californie, à New York, en Floride, soi-disant il y avait un « besoin non satisfait » gigantesque… cela n’a pas empêché les prix dans ces régions de dégringoler).

          La seule et unique raison pour laquelle la bulle immobilière française n’a pas encore explosé c’est que le gouvernement a injecté, ou plutôt gaspillé, des dizaines de milliards pour soutenir artificiellement ce marché pendant les trois dernières années.

          Et ce n’est pas le taux des OAT10 qui est en train de remonter à vitesse grand V depuis quelques mois qui risque d’améliorer les choses!

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        • A-J Holbecq dit :

          @Chris06
          Par exemple : http://www.dutoitfreeblog.com/blog_de_frederic_dutoit/2011/02/il-manque-900-000-logements-en-france.html mais aussi bien d’autres confirmations en cherchant sur google « manque 900000 logements »

          C’est aussi le chiffre retenu dans la proposition de la FNH http://financerlavenir.fnh.org/propositions/financer-lavenir-proposition-et-debat-sur-linnovation-financiere/
          (page 24)

          J’ai bien écrit « cette demande potentielle ne peut que maintenir les prix… tant qu’il y a des revenus suffisants et des possibilité de crédit à très long terme. » et si ces conditions ne sont pas remplies (ce qui est tout à fait possible) la bulle peut tout à fait exploser.
          La courbe de Frigitt le montre aussi : http://www.immobilier-danger.com/Jacques-Friggit-publie-de-nouveaux-300.html

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        • chris06 dit :

          @AJ,

          pourquoi écrire
          « cette demande potentielle ne peut que maintenir les prix… »

          alors que cette demande potentielle n’est solvable qu’à des niveaux de prix très inférieurs aux prix actuels?

          Par exemple, d’après l’article, ce chiffre de 900 000 comprend 133 000 SDF…

          Crois tu, vraiment, que cette demande potentielle de logements des 133 000 SDF « ne peut que maintenir les prix »?

          La réalité, c’est que cette demande potentielle ne pourra en aucun cas maintenir les prix!

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        • chris06 dit :

          J’ajoute ceci (prévision de Chris06):

          1. l’explosion de la bulle immobilière française est en train d’avoir lieu en ce moment même (le point le plus haut de la bulle ayant été atteint au 1er semestre de 2011). Pourquoi maintenant? Car l’état n’a plus les moyens de continuer à soutenir artificiellement ce marché et les taux hypothécaires sont en train de remonter à vitesse grand V.

          2. les prix baisseront (en euros constants) d’au moins 50% sur les dix prochaines années (pour revenir au niveau de la tendance longue par rapport aux revenus des ménages : voir Friggit)

          3. ceci aura un effet négatif sur l’économie française, la solvabilité du système bancaire et les finances publiques nettement supérieur à tous les autres problèmes « externes » (concurrence des pays émergents, de l’Allemagne, problèmes liés à la périphérie de la zone euro, etc…)

          4. l’économie française ne se mettra de nouveau à croître durablement qu’une fois les prix de l’immobilier auront baissé au niveau pré-cité : le plus vite cela ira, le mieux cela sera pour tout le monde!

          On notera que là dessus, pour le moment, et pour TOUS les partis politiques, c’est motus et bouche cousue : ils font tous comme si la bulle immobilière française n’existait pas!

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        • A-J Holbecq dit :

          D’accord avec vous Chris.
          Lorsque les prix auront atteint « le tunnel de Frigitt », une partie des 900000 « demandeurs » pourra être satisfaite.

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      • Il y a demande insolvable pour 3 millions de foyers au minimum et plus sûrement pour 2 à 4 fois plus ( 6 à 12 millions) du fait de la nature délétère du Système IAS-BRI

        A l’évidence ce ne sont pas les 3 millions de logements indécents (3 millions pas 900.000) et la «  »demande » » (insolvable) de leurs habitants qui maintiennent à des prix démentiels (de bulle) les appartements actuellement cotés à 8.000 €/m2 ou au voisinage.
        Sur ce point précis je partage la remarque de Chris06

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    • bernarddo dit :

      Mais je réfute votre analyse.

      Le billet n’a fait travailler PERSONNE, on ne parle que de travaux déjà effectués. Le billet ne fait que matérialiser pour chacun sa situation crédit/débit.

      En toute logique, on pourrait le remplacer par une banque de données générale que chacun aurait pu consulter en temps réel.

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      • Opps' dit :

        Pour une fois d’accord avec toi !

        La monnaie ne fait vraiment travailler personne de façon automatique. Par contre elle fait beaucoup s’agiter , mais agitation n’est pas forcément richesse.

        Et effectivement , la monnaie est un système de comptabilité global en fin de compte .
        Une comptabilité totale et globale , qui tiendrait à jour nos recettes et nos sorties réciproques , pourrait tout à fait remplacer la monnaie.

        Cependant attention , ce n’est pas la monnaie qui deviendrait une simple comptabilité, c’est cette comptabilité totale et globale qui serait « monnaie ».

        Et bien sûr cette monnaie, pas plus mais pas moins que l’autre ne ferait pas plus travailler automatiquement que l’autre, mais comme l’autre chercherait à ‘travailler’ c’est à dire à créer de la valeur, là où c’est facile, donc là où cela spécule.

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        • bernarddo dit :

          @Opps

          On est bien d’accord, la monnaie ne devrait orienter le travail de personne,chacun étant en théorie libre de décider de la nature de son travail en fonction des richesses qu’il estime pouvoir lui apporter personnellement, son entourage et la société en général.

          En pratique, cette liberté est contenue par les institutions politiques censées refléter un consensus démocratique réglant le comportement des hommes entre eux, et qui décide globalement de la nature des travaux maximisant ces richesses. (et ne produisant surtout pas de la valeur, chose qui n’a aucun sens dans le monde réel)

          C’est le cas de la Dame de Condé « classique » qui brûle le billet. On reste dans la comptabilité pure et dure.

          Dans la réalité, la chose est différente: la Dame de Condé brûle bien le billet, mais elle avait exigé quelques pièces supplémentaires qui, elles, ne sont pas combustibles (l’intérêt), ce qui lui confère un paquet de liquidités.

          Comme elle a obtenu, en 1973 l’exclusivité de la gestion de la monnaie, sans qu’on lui ait demandé la garantie à 100% en contrevaleur des sommes prêtées, elle a tout intérêt à faire croître la quantité de monnaie, et comme on l’a autorisée via toutes les OPA hostiles, LBO et autres, à racheter dans des outils de production existants ceux qui qui ne produisent pas forcément de richesse pour les travailleurs, mais qui lui rapportent un maximum, les domaines en fait qui permettent une forte augmentation des prix, elle en arrive à diriger de fait l’économie mondiale qu’elle oriente vers les produits de luxe pour rentiers hypersolvables.

          Bien sûr, sur le plan monnaie, il s’agit de cavalerie, qui ne pourrait être compensée socialement par une inflation sur les
          salaires, on se retrouve dans une situation proche de l’explosion sociale.

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    • Hadrien dit :

      L’explication à l’incongruité que je relevais dans la formule MV = PY est plus simple que redouté:
      L’erreur de la plupart des auteurs est qu’ils interprètent Y comme la production. Or, il s’agit de la quantité (de biens et services) échangés !
      La formule ne traduit rien d’autre que l’égalité entre le flux monétaire et celui des biens et services qui ont fait l’objet de transactions…
      Ainsi s’explique l’exemple du trader qui manipule journellement beaucoup de transactions, sans aucune production de bien ! La seule production est celle de son service (moins de 0,1% dans les salles de marché). Ce sont les prix nominaux qui sollicitent la masse monétaire, et non le service de la transaction…

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  7. à Chris06, supra 18 nov à 13:29
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
    Bonjour Christian ou Christophe,
    ou Chrysogone (martyr IVe s. peut-êtrrer évêque d’Aquilée)

    à Chris06
    Le titre « Généreux: trois pages de son dernier livre » a attiré ma curiosité
    [ billet n°207 – 24 sept 2011 ]
    En vitesse, je viens de parcourir l’extrait et les premiers commentaires.
    Je suis tombé sur votre commentaire du 30 sept à 16:23

    2011/09/24/207-genereux-trois-pages-de-son-dernier-livre/#comment-7872

    vous écrivez

    Sam, ce qu’on a appris des cent dernières années c’est qu’aucun système quand il est poussé à l’extrême ne donne de bons résultats: le capitalisme non régulé et non limité par les interventions des gouvernements nous donne le bordel actuel. A l’autre extrême, le collectivisme sans plus aucune forme de propriété ou entreprise privée (cf le communisme dans ses différentes incarnations au cours du siècle passé) donne lui aussi des résultats catastrophiques. Le résultat, c’est qu’il faut un mélange des deux. Point. Lequel? C’est à nous de le décider. Mais s’imaginer qu’on va construire un autre système, qui ne soit pas un autre mélange du capitalisme et du collectivisme c’est perdre son temps. L’idée qu’on va devoir construire un monde entièrement nouveau, tabula rasa, sur les décombres de l’ancien, c’est bon pour les amateurs de Mad Max. Pas mon truc.

    Ce n’est pas votre truc. C’est votre droit : chacun est libre de ses opinions ou cherche à se libérer des préjugés.
    Pour autant rien ne vous permet d’enfermer vos contemporains dans votre schéma en deux espaces, U et R :
    U: Ce qui vous intéresse [ Système_IAS-BRI régulé entre capitalisme débridé et collectivisme ]
    R: Le reste qui ne peut être qu’Enfer (Hell) ou Folie, bonne pour les amateurs de Mad Max.

    Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer que « Le Reste » ne pourrait être que tabula rasa ?
    Rien, à moins qu’une théorie ait pu m’échapper … La fin de l’Histoire ? ?? autre ??
    Je vous saurais gré de bien vouloir accepter que, sur ce point précis,
    vous pourriez ne pas y avoir trop réfléchi et avoir peut-être parlé trop vite.
    Dans le cas contraire, il ne saurait y avoir de débat ?TIOA? There Is One Alternative – Yes Or No ?
    Nous ne sommes plus dans les décennies 1960 ou 1970, plus du tout.
    L’euro n’est pas une monnaie; il n’est pas même contrôlable par les pays de la Zone_20 ou par le G20.
    Les mécanismes eurodevises sont une folie invraisemblable.
    Seriez-vous une autruche ou un inqualifiable ?
    Bizarrement, même si cela peut vous étonner vu vos solides connaissances sur les années 70, Sam en 2011 est sur une meilleure piste même s’il n’en voit pas encore la solution SANS TABULA RABUSA. La voie réside dans la cohabitation, avec truc astucieux pour que les colossaux avoirs spéculatifs du Système IAS-BRI (20.000 milliards €$ offshore) ne viennent pas immédiatement tuer ou pourrir ce qui se trouve juxtaposé et en cohabitation.

    Merci pour vos contributions
    Bonne journée
    Très cordialement,
    François Jéru

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    • chris06 dit :

      La voie réside dans la cohabitation, avec truc astucieux pour que les colossaux avoirs spéculatifs du Système IAS-BRI (20.000 milliards €$ offshore) ne viennent pas immédiatement tuer ou pourrir ce qui se trouve juxtaposé et en cohabitation.

      la cohabitation de quoi avec quoi? En quoi une telle « voie » ne serait elle pas un enième mélange de capitalisme et de collectivisme?

      J'aime

    • Réponse à la question 1 :
      Cohabitation entre, d’une part, l’Adray (le Neuf, l’inédit, la métamorphose à taille humaine, hétérogène, non dogmatique,dodéale, à plusieurs geoNiveaux, etc.) dans aucun livre publié
      et, d’autre part, l’Ubak (l’existant), ce mélange cul-et-chemise de piraterie offshore qui sied tant aux topDettocrates hors sol du G8 surendetté qu’aux collectivistes totalitaires Chine+Russie ou aux « MODERES » PsUmp€urop€coloCentre qui soutienennent les fascistes Supra_G20 (commanditaires du PC chinois corrompu compris)

      Réponse à la question 2 :
      Ce que vous nommez « la voie » n’est pas ‘ »mono ». Elle est à quatre « Piliers ». Ceux-ci ne jettent pas les concepts à base « parts sociales » dont celui de « parts de capital » pour les prises de risques éthiquement pertinents qui sont à l’honneur de l’espèce humaine cf. les démarrages de l’aviation à Vélizy par « souscriptions populaires » avec l’aide des journalistes pour tenter 10 mètres ou 100 m. de vol en ligne droite.
      Les deux premiers Piliers sont ni à prédominance de l’Etat (inévitablement dominateur, coercitif, sûr de lui et de son « bon droit » manipulateur, tricheur, etc.) ni à prédominance marchande.

      Cela ne se résume pas sur une page. Soyez patient. Vous allez voir venir cela. Dans l’immédiat il faut que le public comprenne les eurodevises. C’est vital.


      aaa.rubak.org/2a-resume-conclusion.htm


      j1to1/m9-mouvement/indignes-a-l-EPAD/1-Partis_politiques-TINA-Indignes_WeAre99%-TIOA.htm

      Bonne réception

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