212 – 15 choses qu’ils ne vous disent pas

Une traduction libre (et un peu complétée) d‘une page du site « positive money »

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15 choses qu’ils ne vous disent pas sur l’argent

1. Ceux des gouvernements disposant du plein contrôle de leur devise peuvent créer suffisamment d’argent pour assurer le plein emploi  et pour financer toutes leurs activités dans la limite des ressources physiques disponibles. Il n’y a aucune limite à la création d’argent et de dire que « il n’y a  plus d’argent» est aussi absurde que faux.

2. Les gouvernements souverains, n’ont pas besoin d’emprunter d’argent, ni aux institutions financières privées, ni au FMI. Qu’ils empruntent et cherchent ensuite à «apaiser les marchés financiers» est une contrainte auto-imposée, un peu comme lacer vos lacets ensemble et prétendre que vous ne pouvez pas marcher.

3. Les gouvernements ne contrôlent pas l’offre d’argent, mais au contraire ont choisi de sous-traiter l’approvisionnement en fonds publics aux banques privées.

4. Les gouvernements ont volontairement renoncé aux recettes publiques substantielles de la création monétaire appelée seigneuriage. En France ceci revient à une subvention aux banques privées de l’ordre de 40 milliards d’euros par an

5. L’argent n’est pas une «chose», mais une relation juridique, une création de l’État. Il s’agit d’un système de jeton (aujourd’hui électronique), qui instaure des droits sur les ressources.

6. L’argent n’est pas la richesse. La richesse est la terre, les ressources naturelles et les produits du travail humain. L’argent est seulement  un droit sur la richesse.

7. La véritable richesse provient de la production de biens et de services socialement utiles, et des investissements dans les infrastructures et les compétences. La spéculation sur les prix des biens ou des actions, et la promotion de la vente pyramidale (le processus appelé «libéralisation financière» ou «dérégulation»), sont prédatrices et ces activités  parasites ne créent pas de richesse.

8. Les banques sont la progéniture de l’État. Elles ont un quasi-monopole de création monétaire et les privilèges et protections légales de sociétés à responsabilité limitée. Elles font semblant d’être indépendantes et autonomes, mais comme des adolescents gâtés, au premier signe de difficulté, elles courent la maison en pleurant et en exigeant une protection illimitée.

9. Les banques ne prêtent rien. Ils créent de l’argent par le crédit à partir de rien et facturent des intérêts sur quelque chose qui ne coûte rien à produire. L’intérêt est ce qui leur reste lorsque le crédit est remboursé. Le crédit crée une surcharge de dette supplémentaire qui s’ajoute aux coûts de l’économie, et il faut de nouveaux crédits pour le couvrir, et permettre aux dettes d’être remboursées, provoquant faillites, récession et  chômage,  ainsi que l’enrichissement sans cause des banques .

10. Une partie du crédit bancaire ne va pas vers l’investissement productif, mais dans la spéculation des prix des actifs et des «prêts» à d’autres banques. Lorsque les commentateurs se réfèrent à la crise bancaire ils font allusion à l’effondrement continu de cette pyramide ou chaîne de Ponzi.

11. Les banques dilatent et contractent l’offre d’argent avec pour conséquence des bulles des prix des actifs qui s’effondreront ensuite dans les récessions. C’est ce qu’on appelle «le cycle économique», mais il n’y a rien d’inévitable à ce sujet.
Cette instabilité est la conséquence  d’un système ayant une contre-réaction positive, comme un régulateur de vitesse qui appuierait sur l’accélérateur au-dessus d’une certaine vitesse.

12. Il doit toujours y avoir une dette dans les secteurs privé ou public pour que le système de l’argent fonctionne – quelqu’un quelque part doit toujours dépenser plus qu’il ne gagne.

13. L’argent ne peut actuellement entrer dans l’économie que d’une seule façon: le crédit émis par des banques privées. Si l’assèchement du crédit se produit, le gouvernement devrait pouvoir remédier à l’insuffisance, ou bien il y aura une récession.

14. Si vous pensez que vous avez « de l’argent à la banque », dans un compte courant ou dans un compte d’épargne, détrompez-vous. Les comptes bancaires ne sont que des écritures comptables qui représentent la promesse de la banque de payer, pas de l’argent réel.

15. Contrairement au crédit bancaire, il n’y a rien d’intrinsèquement inflationniste dans une émission monétaire par le gouvernement. La quantité de monnaie émise peut toujours être contrôlée par la fiscalité.

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33 commentaires pour 212 – 15 choses qu’ils ne vous disent pas

  1. arzi77 dit :

    Salut et B R A V O André Jacques !

    il y a qqch a revoir dans le 9:

    soit:
    Les banqueIERs ne prêtent rien. Ils créent de l’argent par le crédit…
    soit Les banques ne prêtent rien. ELLEs créent de l’argent par le crédit

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  2. arzi77 dit :

    Je me demande qussi s’il ne faudrait pas inverser le 3 et le 4 ? car dans le 3 actuel, on ne sait pas de quels gouvernements (asservis aux banques… mais ce n’est pas dit), il s’agit !

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  3. chris06 dit :

    Il y a beaucoup de points discutables, je commence par le 14

    14. Si vous pensez que vous avez « de l’argent à la banque », dans un compte courant ou dans un compte d’épargne, détrompez-vous. Les comptes bancaires ne sont que des écritures comptables qui représentent la promesse de la banque de payer, pas de l’argent réel.

    on croirait entendre Jorion!

    Si ce n’est pas de l’argent réel, c’est quoi? de l’argent factice?

    En plus, ce point se contredit avec pas mal d’autres…

    Et puis, tankonyé, il y en a beaucoup d’autres de contradictions

    par exemple 6 et 7:
    7 définit la « véritable richesse » comme provenant de la production de biens et de services socialement utiles, et des investissements dans les infrastructures et les compétences.
    6 définit la « richesse » comme la terre, les ressources naturelles et les produits du travail humain.

    Si je comprends bien , la terre et les ressources naturelles sont de « la richesse » mais pas de la « véritable richesse » car ne provenant pas de la production de biens et de services socialement utiles, et des investissements dans les infrastructures et les compétences?

    Un dernier détail concernant la traduction, au point 7:

    La spéculation sur les prix des biens ou des actions, et la promotion de la vente pyramidale (le processus appelé «libéralisation financière» ou «dérégulation»), sont prédatrices et ces activités parasites ne créent pas de richesse.

    Le texte en anglais inclut aussi « la propriété » comme étant prédatrice…

    no comment la dessus!

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    • A-J Holbecq dit :

      Pour le 14 « de l’argent à la banque » est entre guillemets : c’est peur ceux qui n’ont pas compris qu’il n’y avait pas de contrepartie de monnaie fiduciaire

      Pour le 6 et 7, vous êtes un peu pinailleur là .. la comparaison « richesse réelle » et « richesse symbolique » me semble pertinente.

      Point 7 : »Property or share price speculation […] are predatory and extractive activities which do not create wealth. »
      J’aurais traduit par  » la spéculation sur la propriété ou le prix des actions sont prédatrices..; » C’est la spéculation qui est prédatrice, pas la propriété.
      Nous avons traduit par « La spéculation sur les prix des biens ou des actions, »

      … mais notre but n’était pas de faire une traduction précise, mais plutôt de donner notre propre interprétation (quand je dis « nous » c’est notre « groupe monnaie »)

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      • chris06 dit :

        Pour le 14. on pourrait écrire ceci, qui à mon avis prête moins à confusion:

        14. Si vous pensez que vous avez « de l’argent à la banque », dans un compte courant ou dans un compte d’épargne, sachez que les comptes bancaires ne sont que des écritures comptables qui représentent la promesse de la banque de payer. Détrompez vous si vous croyez que la banque garde a tout moment cet argent dans un coffre à votre nom sous forme de billets et de pièces.

        Mais est ce vraiment quelque chose « qu’ils ne nous disent pas »?

        Sur les points 6. et 7., ce qui me turlupine, c’est ceci:

        A est propriétaire d’un terrain constructible, mettons, sur la côte d’azur, qu’il a hérité de ses parents qui l’avaient acheté 5 000 il y a 40 ans.
        Il le vend à B qui le paie 250 000 avec 50 000 qu’il « avait en banque » plus une hypothèque de la banque de 200 000 où il se compromet à rembourser la banque 15 000/an sur 20 ans (frais et intérêts compris)

        Parlons maintenant de « richesse » et de sa répartition entre A, B, et la banque.

        Si je prend 6. et 7., la seule richesse présente ici c’est le terrain, comment est répartie cette « richesse » entre A, B et la banque?

        A n’est propriétaire d’aucune richesse mais a un droit a la richesse de 250 000 (l’argent qu’il a en banque, que la banque lui doit)

        B est propriétaire d’un terrain mais doit un droit à la richesse à la banque de 15 000/an sur 20 ans
        Vu que la spéculation sur le prix des biens ne crée pas de richesse (point 7) , que le terrain est toujours le même et n’a fait que passer de la propriété de A a B, il n’y a eu aucune richesse de créée, pourtant, la banque a créé un droit à la richesse suplémentaire de 200 000 qu’elle doit à A en échange d’une promesse de remboursement de 15 000/an sur 20 ans de B.

        En fait, on voit ici que le droit à la richesse de 200 000 qu’a A ne peut être un droit à la richesse existante puisqu’il n’y a eu aucune richesse de créée lors de cette transaction. Ce qui crée ce droit à la richesse c’est la promesse de B de produire dans les vingt ans qui viennent suffisamment de richesse nouvelle pour pouvoir rembourser la banque.

        Question subsidiaire: que doivent déclarer A et B quand à leur déclaration sur la richesse (ou la fortune pour les français)?

        A dira que sa « richesse nette » est de 250 000
        B dira qu’il a un terrain d’une valeur de marché de 250 000 moins une dette de 200 000, c’est à dire une « richesse nette » de 50 000

        Tout ça pour un terrain qui n’a fait que passer de A à B et valait 5 000 il y a 40 ans!

        Sur la traduction, vous avez raison, c’est bien de spéculation sur la propriété qu’il s’agit, j’avais trop vite lu. mea culpa.

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    • Opps' dit :

      Tout à fait d’accord avec la réaction de Chris .
      Il est même amusant de voir que souvent pour les commentateurs de Postjorion, bien qu’ils aient pigé correctement (et moi avec eux) le mécanisme de création monétaire, à un moment, ils rebasculent dans la fétichisation de la monnaie BC , travers qui s’explique, bien sûr , par la conception qu’ils ont souvent de l’Etat-Tout-Puissant-Faisant-Par-La-Force-Son-Coup-De-Menton-Plier-Les-Invariants-Economiques-Observés-Dans-L-Histoire, croyance renforcée par la certitude qu’ils ont dans leur poche le secret des véritables procédures réellement démocratiques qui, faisant de l’Etat l’interprète parfais de la supposée volonté populaire, autoriserait cet Etat , omniscient de plus, à créer la monnaie de façon optimale et nécéssairement pour le bien de tous.
      Bien sûr cela fait de moi, non pas un opposé, mais un partisan très tiède du 100% money, même si je pense que l’Etat doit reprendre réellement la main.

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  4. BA dit :

    Mardi 18 octobre 2011 :

    Standard & Poor’s abaisse les notes de 24 banques italiennes, dont BMPS et UBI Banca.

    Standard & Poor’s a abaissé mardi les notes de 24 banques italiennes, la plupart de taille moyenne à l’exception de Banca Monte dei Paschi di Siena (BMPS), d’UBI Banca et de Banco Popolare, en raison de la dégradation de la situation économique de la péninsule.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,867 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Italie : il va falloir surveiller les taux des obligations de l’Etat italien.

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  5. chris06 dit :

    Une remarque générale.

    La plupart des points découlent d’une interprétation MMTiste de la création monétaire. La plupart des références indiquées (Warren Mosler, Stéphanie Kelton, etc…) sont des tenants de la théorie monétaire connue sous le nom de MMT (pour Modern Monetary Theory).

    La MMT fait toujours aujourd’hui l’objet d’intenses débats et est très loin de faire l’unanimité On pourra par exemple consulter les échanges entre les néo-keynesiens (Krugman) et les MMTers ou bien la critique des autrichiens pour s’en rendre compte…

    Je laisse à chacun le soin de décider par lui même de qui a raison ou tort dans ce débat, j’avoue que cela fait déjà pas mal d’années que j’essaye d’y voir plus clair sur la validité des arguments des différents camps et ce n’est pas facile!

    Tout cela pour dire « Attention », il faut prendre ce genre de liste de « 15 choses qu’ils ne nous disent pas sur l’argent » avec un esprit critique et ne pas se dire, « c’est ça, c’est la sacro-sainte vérité. »!

    Je sais que la catégorie « débat monétaire » est déjà bien fournie sur postjorion (114 billets!), mais je suis surpris qu’il n’y ait pas encore de catégorie « MMT ». En tous cas, je pense que l’on entre là sur un sujet qu’il serait bon de creuser ensemble sur postjorion, de la validité de la MMT. Avis aux bonnes volontés (y’a du boulot)!

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  6. arzi77 dit :

    1) Concernant les agissements, (sinon les exactions…), de Moody’s, Fitch, & autres filiales de pieuvres financières comme Goldman Sachs, (avec des tentacules s’étendant de Wall Street à Francfort…), je me demande s’il est bien utile de les suivre « au jour le jour »… alors qu’on connait d’avance la fin de ce « mauvais film » ?

    Ceux qui comme Alain Minc ou Jacques Attali ont contribué à cette démission du politique, (désormais asservi aux agences de notation), rivalisent de bon mots a/s la note AAA: « C’est un trésor national », dit l’un… « C’est sur qu’on va la perdre », dit l’autre ! (il ne parlait ni de leur virginité, ni de… leur réputation de « meilleurs économistes du Medef » ?!)
    Les mêmes nous ont chanté avec constance les louanges de la « modernité »… et du « Mark to market »… qui, avec la cotation en continu, (une autre « pulsion incontrolée » de DSK ?), a rendu les marchés encore plus instables et irrationnels !
    Comment ne pas songer au bouquin de RM Jennar: « La trahison des élites » ?! Une autre UE est possible ! Voir: http://tinyurl.com/arzilib et http://www.france-alter.info

    2) Sinon, comme André Jacques, je suis un peu surpris du rapprochement entre le point 14 et… Jorion ! Notre principal point de désaccord avec lui est, il me semble, qu’il nie la création monétaire « ex nihilo » qu’effectuent tous les jours les banques privées ! (notamment… en accordant d’abord un prêt… et en cherchant ensuite les moyens de satisfaire les « critères passoires »… – Règles de Bale & co- que la profession s’est mitonné).

    Or… la nuance que fait le point 14 entre monnaie [de banque] centrale et « promesses (BNP, BPCE, CA-LCL, SG, etc.), de monnaie centrale… », (qui constituent nos moyens de paiements les plus répandus), serait sans objet, il me semble, si le système à réserves fractionnaires, (et la création monétaire ex nihilo par certains acteurs privés jouissant du « privilège bancaire »…), n’existait pas !

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    • chris06 dit :

      Or… la nuance que fait le point 14 entre monnaie [de banque] centrale et « promesses (BNP, BPCE, CA-LCL, SG, etc.), de monnaie centrale… », (qui constituent nos moyens de paiements les plus répandus), serait sans objet, il me semble, si le système à réserves fractionnaires, (et la création monétaire ex nihilo par certains acteurs privés jouissant du « privilège bancaire »…), n’existait pas !

      oui, mais ce n’est pas la situation telle qu’elle est actuellement. Cette liste prétend nous dire des choses « qu’ils ne nous disent pas sur l’argent », pas sur « l’argent tel qui pourrait être »…

      Je pense que c’est une erreur de continuer à véhiculer l’idée fausse que la monnaie centrale est de l’argent réel et la monnaie scripturale de l’argent pas réel. Vu la garantie de l’état de 100 000 euros par dépôt, il n’y a strictement aucune différence pratique entre les deux.

      De plus, le point 3. dit bien, et correctement, que ce ne sont pas les gouvernements qui contrôlent l’offre « d’argent », mais les banques privées. Il ne parle pas ici d’argent réel ou d’argent pas réel, alors pourquoi introduire cette confusion au point 14?

      Il n’y a aujourd’hui que Jorion pour continuer à faire cette distinction entre les deux et continuer à véhiculer l’idée complètement fausse que ce sont les gouvernements qui contrôlent l’offre d’argent (la création de monnaie).

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  7. chris06 dit :

    En passant, je signale un speech très intéressant de James Galbraith (et en français, s’il vous plait!) qu’il a délivré le 10 Octobre dernier devant une assemblée du parti socialiste dans le Jura en revenant de Grèce.

    18 minutes qui valent le coup d’être écoutées….

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  8. arzi77 dit :

    Ma foi, demandez son avis à un petit patron, (j’en connais plusieurs), qui ignore sans doute que… par un vilain concours de circonstances, il pourrait se retrouver enfin crédité d’un gros règlement, (>100 kE…), trop longtemps attendu… juste avant -pas de bol !- que sa « Banque universelle »… (c a d ayant le droit de jouer au casino, cf. Kerviel… avec les encaisses de ses clients…), ne dépose le bilan !

    Partagerait-il votre opinion, (contraire a l’évidence, il me semble), selon laquelle la « monnaie scripturale de banque privée » est de l’argent réel « au même titre », (comme on disait pour l’or…), que la monnaie centrale ? Je n’en suis pas convaincu.

    Bien sur, (excepté pour quelques billets ou piécettes), la plupart des acteurs, (particuliers ou entreprises), ne se servent que de cette monnaie [de banque] privée… mais cela ne prouve pas pour autant qu’elle soit de même qualité que la monnaie BC.

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    • chris06 dit :

      vous avez raison, j’aurais dû écrire ceci :

      Je pense que c’est une erreur de continuer à véhiculer l’idée fausse que la monnaie centrale est de l’argent réel et la monnaie scripturale de l’argent pas réel. Vu la garantie de l’état de 100 000 euros par dépôt, il n’y a strictement aucune différence pratique entre les deux tant que l’argent est déposé sur un compte sur lequel il y a moins de 100 000 euros.

      Je ne sais pas quel pourcentage de l’argent qu’il y a dans les dépôts est au dessus de ces 100 000 euros, mais a mon avis, par les temps qui courent, il ne doit pas être bien élevé, que cela soit pour les ménages ou les entreprises… tout au plus quelques %? Mettons que cela soit grand max 10%.

      Le total des dépôts dans la zone euro était de 8259 milliards d’euros (derniers chiffres août 2011)
      Quand aux billets et pièces, le total « en circulation » était de 825 milliards.

      Et bien 90% des 8259 milliards, mettons 7400 milliards qu’il y a sur les dépôts de moins de 100 000 euros est de « l’argent » exactement au même titre que les 825 milliards « d’argent » sous forme de billets et pièces.

      C’est à dire que ces 7400 milliards d’argent sous forme d’entrées comptables sur des comptes en banques ont exactement la même fonction que les 825 milliards d’argent sous forme de billets et de pièces, celle de servir ultérieurement comme moyen de paiement en échange de biens ou de services ou pour le règlement d’une dette vis a vis d’un tiers ou des administrations publiques. De plus, toutes ces sommes (7400 + 825 milliards) ont la même garantie, celle de l’état, de pouvoir être utilisées comme telles à leur valeur nominale.

      Que vous ayez 50 000 euros sur un dépôt en banque ou 50 000 euros en liquide sous le matelas, c’est la même chose : une somme « d’argent » de 50 000 euros

      C’est ce que n’ont toujours pas compris ceux qui croient, comme Cantona, qu’ils auraient pu faire tomber les banques en retirant l’argent en liquide de leurs dépôts en banque. Si tous les 7400 milliards sur les dépôts étaient retirés sur quelques mois, la BCE imprimerait les billets correspondants, sans que le moindre centime « d’argent » supplémentaire soit effectivement créé, c’est juste un échange entre des euros existant sous une forme scripturale et des euros sous forme de billets et de pièces..

      Ceci n’affecterait en rien ni le total des capitaux et réserves que les banques commerciales ont auprès de la banque centrale; ni l’offre d’argent, tous ces montants resteraient strictement identiques si les 7400 milliards d’argent sur les dépôts étaient retirés sous forme de billets. C’est purement une opération d’impression et de distribution de billets et d’écritures comptables qui n’affecte en rien ni la solvabilité du système bancaire ni l’inflation.

      Ce qui affecte la solvabilité des banques et la probabilité qu’elles déposent le bilan c’est quand elles font des pertes (non recouvrement de créances, pertes sur la vente d’actifs, pertes suite à spéculation etc…), pas quand elles échangent de l’argent sous forme scripturale sur un dépôt avec de l’argent sous forme de billets ou de pièces.

      Bon, il est sûr que si les gens ne se mettaient plus qu’a utiliser du liquide pour le paiement de toutes les transactions cela affecterait grandement la profitabilité des banques car elles auraient toute cette infrastructure pour gérer les moyens de paiements scripturaux qui ne servirait plus à grand chose, mais c’est une autre histoire.

      Tant qu’on continuera à véhiculer cette idée qu’il y a de « l’argent réel », les billets et pièces, qui est de nature différente de « l’argent scriptural » qui est sur les dépôts de moins de 100 000 euros, on continuera à semer la confusion dans l’esprit des gens. Tout ça, c’est de « l’argent » et sa création n’est pas contrôlée par la banque centrale, mais par les banques commerciales.

      Voila ce que j’ai compris jusqu’à présent de ce qu’est « l’argent ». Si je me trompe, qu’on m’explique pourquoi, vous êtes le bienvenu!

      Cordialement

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  9. A-J Holbecq dit :

    Je suis désolé, j’ai « décroché » pendant quelques jours. J’essayerai de relire les commentaires pour répondre en détail si nécessaire.

    Je ne reproche pas à Jorion de considérer que la monnaie de banque n’a pas la même « valeur » (ou « garantie ») que la monnaie centrale… j’irais même jusqu’à dire que je suis d’accord sur ce point et c’est aussi une des raisons pour laquelle je défends le 100% monnaie.
    Non, justement ce que je (je ne suis pas le seul) reproche à Jorion c’est de considérer que « quasiment » la monnaie bancaire n’existe pas, puisque selon lui les banques ne peuvent pas en émettre et qu’elles n’ont qu’un rôle de circulation plus ou moins rapide de la monnaie centrale, tout au plus de transformation de l’exact équivalent en monnaie centrale en monnaie bancaire.
    Si ce qu’il disait était juste, nous serions déjà dans le « 100% monnaie »

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    • A-J Holbecq dit :

      Je précise aussi.
      D’accord avec la barre des 100000 €, en cas de crash d’UNE banque..
      Mais si toutes les banques crashent ensemble, l’ensemble des dépôts seront transférés intégralement dans des structures nationalisées… personne ne perdra rien

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    • chris06 dit :

      Je ne reproche pas à Jorion de considérer que la monnaie de banque n’a pas la même « valeur » (ou « garantie ») que la monnaie centrale…

      quelle différence de garantie y a t’il?

      Jorion et ses sbires (Julien Alexandre et co) en sont encore à croire que les banques commerciales prêtent les dépôts. J’ai eu beau leur demander comment était ce possible que les encours de crédit des banques commerciales étaient plus du double du total des dépôts, JA m’a simplement répondu que « l’idée que ce sont les crédits qui font les dépôts » a été réfutée (par lui et Jorion) depuis longtemps et que je n’avais qu’a lire les 40000 pages de débats sur le blog ou acheter « l’argent mode d’emploi »…

      Cela nous donne régulièrement des commentaires de ceux qui ont lu ses livres et ont tout gobé comme du petit lait particulièrement rigolos, comme j’ai pu en relever un dernièrement sur son blog:

      Cédric, le 19 Oct 2011 sur le billet « au théatre dimanche prochain » :

      La création de monnaie par le crédit, ça n’existe pas.
      Une banque finance ses prêts par ses dépôts, ses emprunts aux autres banques ou à la banque centrale (qui est la seule à pouvoir créer de l’argent. Elle peut aussi le détruire, comme nous d’ailleurs cf gainsbard).

      En période d’euphorie, la banque prête de l’argent ou achète des actifs avec ses emprunts et dépôts.
      En période noire, la banque doit rembourser ses emprunts, mais ses actifs se sont dépréciés et ses prêts ont des défaut de paiement…et là c’est chaud!

      De plus, il lui faut 8% de fonds propres (par rapport à ses engagements totaux : emprunts + dépots) : si ses actifs baissent (les fonds propres) il lui faut soit diminuer ses engagements, soit augmenter ses fonds propres pour respecter les 8%.

      Paul Jorion pourra mieux vous expliquer ce point que moi. Il a écrit un livre complet sur le sujet, et expliqué ce point partiellement dans le « Capital à l’Agonie » que j’ai fini récemment.

      Qu’est ce que vous voulez, une fois qu’on a noyé ses lecteurs dans un tel fatras d’idées fausses, voila le résulttat!

      Encore un qui est fâché avec la comptabilité de base et qui n’a jamais dû regarder le bilan d’une banque, comme Jorion d’ailleurs!

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    • chris06 dit :

      Pour Cédric, au cas où vous lisiez ce blog plutôt que de rester dans le brouillard jorionesque, quelques petits rappels:

      le bilan dune banque:

      d’un côté les « actifs »:
      -toutes les créances vis à vis un tiers
      (c’est à dire tous les contrats signés entre la banque et un tiers par lesquels le tiers s’engage à rembourser la banque un crédit selon un échéancier inclut dans le contrat).
      ceci inclut les créances vis à vis les ménages (crédit à la consommation, hypothèques, etc…), vis à vis les entreprises (y compris les obligations émises par ses entreprises), vis à vis les administrations publiques (y compris les obligations émises par celles ci) et vis à vis d’autres institutions financières
      ainsi que tout autre titre de propriété (immobilier, actions, etc…)

      d’un côté au « passif »
      -d’une part les dettes de la banque vis à vis un tiers
      (les dépôts des ménages, des entreprises, etc… mais aussi toutes les dettes à plus long terme de la banque, obligations émises par celle ci, dépôts à terme > 2 ans, etc…)
      -d’autre part les fonds propres de la banque ou encore ce qu’on appelle « capitaux et réserves »

      On a toujours l’égalité actif = passif
      Et quand on dit qu’une banque doit avoir un certain ratio de fonds propres cela veut dire que les fonds propres doivent représenter un certain pourcentage du total du bilan (passif = actif).
      Les fonds propres ne sont pas des actifs, comme le croit Cédric, et le pourcentage requis n’est pas celui des « emprunts et des dépôts » mais du total des engagements financiers de la banque (c’est à dire le total du passif lui même étant égal au total des actifs).

      On peut s’amuser à regarder ce que cela donne pour l’ensemble des banques de la zone euro (y compris la banque centrale):

      Bilan consolidé du système bancaire de la zone euro IFMs + BCE) source août 2011
      (en milliards d’euros)

      Actifs : 17771

      – Créances sur les admin. publiques de la zone euro : 3108
      – Créances sur les autres résidents de la zone euro : 13512
      (y compris pour 11263 milliards de crédits, 776 milliards d’actions et 1472 milliards de titres autres qu’actions et crédits)
      – Créances nettes sur les non résidents : 949
      – Poste résiduel : 202

      Passif : 17771

      Dettes: 15565
      – Billets et pièces en circulation: 825
      – Dépôts : 8259
      – autres dettes (à long terme, OPCVM monétaires, etc…) : 6205
      – Dépôts de l’administration centrale : 275

      Capitaux et réserves: 2206

      Bien entendu, il s’agit ici des données comptables, et, comme chacun sait, une partie des 17771 milliards d’actifs sont « toxiques » (c’est à dire inscrits au bilan des banques à une valeur nettement supérieure à la valeur qu’elles vont pouvoir réellement recouvrir).

      Dans un prochain commentaire j’examinerais plus en détails les enseignements que l’on peut tirer de ces chiffres…

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  10. Hadrien dit :

    Une remarque de forme:
    L’énumération des points 1 à 15 semble un peu en désordre.
    Elle gagnerait à commmencer par ceux de 5 à 10.

    Une remarque de fonds:
    Je comprends mal le point 15…
    Entre les deux guerres, le type d’inflation qu’a provoqué l’émission monétaire excessive par l’Allemagne était bien incontrolâble: fuite en avant pour assurer les dépenses de fonctionnement du budget.
    Aucune fiscalité ne pouvait le rattrapper.

    Ça me semble d’ailleurs être le point clé:
    – l’orthodoxie austro-allemande actuelle veut une augmentation de la masse monétaire non supérieure à la croissance (stabilité des prix: la masse monétaire s’accroit comme la production disponible sur le marché)
    – la véritable inflation numéraire est ce qu’il y a au-delà. Le keynesianisme recommande quelques pourcents pour tirer la croissance par l’offre… mais combien, et en fonction de quel environnement (national, fédéraliste, international libre-échangiste, etc.) ?

    Ne faut-il pas préciser ce point 15 ?

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    • A-J Holbecq dit :

      Il faudra que « postjorion » réécrive l’ensemble en tenant compte de toutes les remarques intéressantes sur la forme ou le fond..

      D’accord que le point 15 est mal formulé et « exagéré ». Mais en plus je dirais aussi qu’il n’y a pas de différence en terme de possibilité de destruction d’une certaine quantité de monnaie (par la fiscalité) entre une émission privée ou une émission publique.

      En fait tout cela est comme le poison; c’est un problème de doses…

      J’écrirais plutôt

      15. Une émission monétaire raisonnable par le gouvernement n’est pas plus inflationniste que lorsqu’elle est émise par le privé. Mais dans les deux cas un excès peut être inflationniste sans que la fiscalité ne puisse agir assez rapidement pour l’éviter. Le bon dosage est toujours nécessaire.

      Autre formulation ?

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      • chris06 dit :

        Je suis d’accord avec André-Jacques.

        Qui peut dire si une émission monétaire donnée (c’est à dire une création de monnaie ex-nihilo soit par la banque centrale soit par une banque commerciale) sera inflationniste ou non? Tout dépend de si cette nouvelle offre d’argent circule ou est thésaurisée.

        Pour reprendre l’exemple que je donnais plus haut:

        A est propriétaire d’un terrain constructible, mettons, sur la côte d’azur, qu’il a hérité de ses parents qui l’avaient acheté 5 000 il y a 40 ans.
        Il le vend à B qui le paie 250 000 avec 50 000 qu’il « avait en banque » plus une hypothèque de la banque de 200 000 où il se compromet à rembourser la banque 15 000/an sur 20 ans (frais et intérêts compris)

        La banque vient de créer 200 000 d’argent ex nihilo pour que B achète ce terrain en échange de son engagement de rembourser ce crédit hypothécaire. L’argent nouvellement créé se trouve maintenant sur le compte de A. Si A le laisse là, sans le dépenser, le « thésaurise », cette émission monétaire n’aura pas été inflationniste au moment où elle a été effectuée. Elle pourra l’être dans le futur, mais tout dépend de ce que A fait avec cet argent. Tant qu’il le thésaurise cela n’aura aucun effet inflationniste.

        Comme on l’a dit plus haut, l’argent (qu’il ait été créé par la banque centrale ou par une banque privée) est un « droit » à la richesse future. Si l’offre d’argent croit plus vite que la richesse future, en général ceci aura un effet sur le long terme qui sera inflationniste puisque l’argent perdra de la valeur étant en concurrence pour une quantité de richesses qui croit moins vite que la quantité d’argent. Mais ceci dépend évidemment de la vitesse de circulation de cet argent. Si elle reste constante, il est clair que cela sera inflationniste. Mais si au contraire, elle diminue car les agents économiques préfèrent thésauriser l’argent, il se peut qu’une croissance de l’offre d’argent plus rapide que la quantité de richesses n’ait aucun effet inflationniste au fur et à mesure que l’argent nouveau soit émit.

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      • Hadrien dit :

        OK pour les réponses
        Je corrige une coquille de ma part , au passage:

        Le keynesianisme recommande quelques pourcents pour tirer la croissance par l’offre… [non, par la demande, évidemment !]

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  11. BA dit :

    Jeudi 20 octobre 2011 :

    Italie : Fitch estime que les perspectives pour les cinq plus grandes banques transalpines se sont considérablement détériorées.

    Fitch Ratings indique dans un nouveau rapport que les perspectives pour les grandes banques italiennes restent « négatives ». L’agence de notation estime même que les perspectives pour les cinq plus grandes banques transalpines se sont considérablement détériorées.

    Dans le même temps, l’incertitude sur la résolution de la crise de la zone euro donne lieu à des risques de baisse importante pour les banques italiennes, dont les coûts de financement sont liés aux spreads sur les dettes du gouvernement.

    Italie : taux des obligations à 10 ans : 6,018 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GBTPGR10:IND

    Le graphique des taux des obligations de l’Etat italien est très intéressant : les taux italiens explosent.

    Pronostic : l’Italie sera le quatrième domino à tomber.

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  12. BA dit :

    L’Union européenne au bord de la crise de nerfs.

    La crise de la dette met à rude épreuve la cohésion de l’Union européenne, avec non seulement des divisions croissantes entre pays latins et nordiques sur la marche à suivre, mais aussi un vif mécontentement des pays de l’UE non membres de l’Union monétaire, tenus pour quantité négligeable.

    Nerfs à fleur de peau et phrases assassines en bouche, les dirigeants de l’Union européenne sont au bord de la rupture et le double sommet convoqué à Bruxelles pour tenter de sauver l’euro s’annonce mouvementé, selon plusieurs diplomates.

    Deux clans s’affrontent : les « Latins » qui affichent les dettes les plus élevées et les « Nordiques », riches et peu enclins à payer.

    Le premier réunit les Italiens et les Espagnols, rangés derrière la France.

    Le second unit les Pays-Bas et la Finlande, ralliés à la cause de l’Allemagne.

    http://www.boursorama.com/actualites/l-union-europeenne-au-bord-de-la-crise-de-nerfs-0aed0c5d850666538a692bf9df4867cb

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  13. Opps' dit :

    1. Ceux des gouvernements disposant du plein contrôle de leur devise peuvent créer suffisamment d’argent pour assurer le plein emploi et pour financer toutes leurs activités dans la limite des ressources physiques disponibles. Il n’y a aucune limite à la création d’argent et de dire que « il n’y a plus d’argent» est aussi absurde que faux.

    => C’est bien théorique et loin de la pratique possible. Nous sommes bien d’accord que contrairement à la croyance populaire la masse monétaire peut se créer à volonté.
    Il n’y a donc théoriquement aucune limite à cette production … et tout serait le mieux dans les meilleur des mondes s’il n’y avait pas l’obligation de rembourser cet ‘argent-monnaie’, même créé ‘ex-nihilo’ et ne coûtant techniquement pas grand chose.
    Obligation de rembourser !!!!
    Bien sûr on peut ne pas rembourser , surtout si la masse monétaire a été créée directement ex-nihilo , mais les règles comptables sont strictes et la ou les banques sauteront.

    A moins qu’on loge dans leurs bilans des dettes de façon éternelle , sans les mettre ainsi à leur prix réel ! Cela revient dans la réalité a avoir émis des droits à prendre sans obligation de rendre. Dans certains cas ça peut se justifier, mais en aucun cas cela peut constituer un système viable.

    Bref, il y a bien un moment où il n’y a plus d’argent : c’est celui où personne ne veut prêter son argent épargné parcequ’il sait qu’il ne sera pas rendu, et où aucune banque non plus ne veut tirer ex-nihilo des sommes qu’elle sait ne jamais pouvoir être remboursées , et qu’elle aura donc à payer sur ses fonds propres avant de sauter.

    Bien entendu , les banques centrales peuvent créer de façon illimitée de la monnaie, elles ! Elles en imposent le cours, et peuvent décider , sans vraiment ‘sauter’ (du moins en vase clos sur le territoire national) , de ne jamais se faire rembourser.
    C’est à dire d’accorder le droit à certains de prendre sans rendre.

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    • A-J Holbecq dit :

      Bonjour Opp’s
      Pas du tout d’accord avec toi.

      Lorsqu’une banque commerciale crée de la monnaie (crédit) elle augmente la masse monétaire. Celle ci est réduite lorsque le crédit est remboursé. Mais sur l’ensemble des banques il y a de plus en plus de création donc la baignoire se remplit; la masse monétaire augmente. Disons qu’elle augmente de 5% par an .
      Une des causes de l’augmentation est aussi la nécessité que , quelque part, il y ait un crédit dont la totalité – après diffusion dans l’économie – sera transféré à des banques pour payer les intérêts…

      Si l’État emprunte auprès de sa Banque Centrale, il n’y aura pas d’intérêts à payer. La garantie à l’actif, ayant permis la monétisation, peut être une obligation sans terme défini (ou un obligation à terme indéterminé.. « OATI  » c’est pareil). Ceci équivaut à une augmentation pure et simple de la masse monétaire qui n’est, dans la théorie, pas inflationniste s’il reste des capacités de production inoccupées comme le démontre bien Pierre-Noël Giraud (ce qui limite ipso facto la création monétaire centrale « possible » aux limites « raisonnables » pour éviter, c’est vrai, des phénomènes trop inflationnistes)

      Si l’argent émis par la Banque Centrale est utilisé à la création de biens réels, collectifs, indispensable, utilisable, l’Etat propriétaire peut s’il le veut remplacer ensuite les « OATI » – à l’actif de la Banque Centrale – par les biens fabriqués .: c’est accorder à la collectivité le droit de prendre une augmentation de richesse qu’elle ne devra pas rendre … heureusement dirai-je; c’est ça le progrès!

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      • Opps' dit :

        Merci de ta réponse A-J ,
        curieusement je ne me sens pas en désaccord avec toi, dans ce qui tu écris.
        J’ai simplement dit que bien que la monnaie soit à présent produite à coût réduit, la création monétaire est limitée : elle est limité en ce sens qu’elle crée automatiquement une dette d’un agent économique , c’est à dire une obligation de rembourser.
        Et à un moment donnée , surtout si la répartition des richesses est trop stupidement inégalitaire, l’endettement devient paralysant.
        Je dis également que la création monétaire ne peut se faire que sur l’investissement.
        En ce qui concerne les intérêts , notion sur laquelle vous êtes à mon avis trop focalisée, je suis d’accord avec vous dans la critique de sa partie indue, mais j’ai l’intuition que l’intérêt est aussi un mécanisme naturel qui force à réfléchir sur la notion d’utilité d’un investissement.
        Pour finir, bien que très traditionnel dans mes conceptions, je partage avec vous l’idée que les Etats ne devraient pas emprunter sur le marché monétaire pour les dépenses d’investissement et dans les cas exceptionnels.
        Bon dimanche !

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    • chris06 dit :

      Plutôt d’accord avec Opps.

      Il y a bien, théoriquement (cf l’hypothèse d’instabilité financière par Hyman Minsky), un moment où la création monétaire par les banques commerciales suite à la concession d’un crédit se tarit.

      En effet, le montant total des crédits concédés par les banques commerciales aux agents économiques ne peut croître plus rapidement que la valeur ajoutée produite par ses mêmes agents indéfiniment : il arrive forcément un moment où le montant du remboursement annuel de ce crédit par les agents économiques (principal et intérêts) représente une part tellement importante de la valeur ajoutée produite que les agents économiques dans leur ensemble ne peuvent plus, et les banques commerciales ne veulent plus leur concéder, plus de crédit.

      De plus, non seulement ce robinet de la création monétaire par les banques commerciales par la concession du crédit se tarit, mais en plus ceci crée des conditions économiques telles que de plus en plus d’agents économiques sur-endettés font faillite entraînant la destruction monétaire par liquidation du crédit. On a non seulement un robinet qui ne coule plus mais aussi une baignoire qui se vide!

      Les banques centrales peuvent bien, elles, continuer à créer de façon illimitée de la monnaie (notamment comme elles l’ont fait depuis maintenant 3 ans par assouplissement quantitatif) pour compenser les pertes de la baignoire mais rien n’indique qu’elles soient capables de réaugmenter le niveau dans la baignoire (l’offre d’argent)!

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  14. BA dit :

    Les pays de la zone euro planchent en parallèle sur un chantier beaucoup plus vaste : une participation nettement plus importante que prévu des banques dans le cadre du second plan d’aide à la Grèce, décidé dans son principe en juillet et portant sur des prêts publics de 109 milliards d’euros.

    Selon un rapport de la troïka des créanciers de la Grèce (UE, FMI et BCE) remis aux ministres, dont l’AFP a obtenu copie, il faudra que les banques acceptent une dépréciation (décote) de 60 % de leur créances si l’on veut que le montant de 109 milliards d’euros reste inchangé.

    Avec une décote à 50 %, le FMI et les Européens et le FMI devront augmenter leurs financements à 114 milliards d’euros, selon les calculs du rapport.

    Et selon une source diplomatique, les ministres des Finances ont de facto entériné les conclusions. « Au moins 50 % sont nécessaires » pour la décote, a-t-elle souligné. C’est sur cette base que se tiennent désormais les négociations avec les représentants du secteur bancaire, censées aboutir au plus tard lors d’un sommet décisif de la zone euro le 26 octobre.

    Reste à savoir si les banques accepteront volontairement de subir ces nouvelles pertes de grande ampleur. En juillet, leur « effort » avait été fixé à seulement 21 %.

    http://www.romandie.com/news/n/Les_banques_doivent_se_preparer_a_de_lourdes_pertes_sur_la_Grece221020110110.asp

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  15. Ping : Bonnes lectures de la semaine #7 | Tête de Quenelle !

  16. venez vous indignez sur le répondeurs des auditeurs 24H00 sur 24 la libre expression Le direct – Live de Radio Fréquence Evasion 0979352960 http://www.frequenceevasion.com il est temps de vous faire entendre !! ensemble changeons les choses soyons actif et responsable

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  17. Dezirito dit :

    En total désaccord avec le point 15 : un crédit bancaire peut être adossé à l’acquisition d’un moyen de production de richesses futures ou à son entretien (trésorerie), ce qui sera peu voire pas inflationniste, alors qu’un Etat dépensant grâce à la planche à billets ne crée qu’un capital totalement fictif (quelques équipements collectifs ou efforts d’instruction publique pouvant faire exception).

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