208 – Le diktat de Trichet à Berlusconi

Remise en cause de la législation sur les licenciements, privatisation massive, baisse des salaires des fonctionnaires… Dans le courrier jusque-là secret qu’il lui avait envoyé en août, le patron de la BCE se montrait très exigeant avec le gouvernement italien.

Ce jeudi, elle est enfin sortie. La fameuse lettre envoyée le 5 août par Jean-Claude Trichet (actuel patron de la BCE) et Mario Draghi (son successeur dès le 1er novembre) au gouvernement italien pour l’enjoindre à la rigueur. Le pousser à davantage de réformes et de libéralisme. On était au plus fort des attaques de spéculateurs contre la zone euro, et notamment contre l’Italie et l’Espagne.

Le 24 août, Challenges avait rencontré Jean-Claude Trichet à Francfort. Le grand argentier avait alors reconnu l’existence de deux lettres, une envoyée à Rome, l’autre à Madrid, mais avait refusé le terme d’ultimatum. Il avait alors précisé : « Le cas est exceptionnel. Nous étions en présence de dysfonctionnements importants sur les marchés de la dette publique de certains pays de la zone euro. Nous avons dit à leurs gouvernements ce qui, à notre sens, était nécessaire pour un retour à une crédibilité vis-à-vis des investisseurs. C’était un message, ce n’était pas une négociation ». Et d’ajouter: « Nous continuons de dire les choses fermement, comme nous l’avons toujours fait ».

Jusqu’à présent, le contenu de cette missive était resté archi secret. Ce matin, il est paru dans Corriere della Sera.

Challenges l’a traduite pour ses lecteurs.

____________________________________________

« Cher Premier ministre,

Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne a discuté le 4 août de la situation de l’Italie sur les marchés obligataires. Le conseil des gouverneurs considère que les autorités italiennes doivent d’urgence adopter des mesures propres à restaurer la confiance des investisseurs.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro avaient conclu lors du sommet du 21 juillet 2011 que «tous les pays de la zone euro réaffirment solennellement leur détermination inflexible à honorer pleinement leur signature souveraine, ainsi que tous leurs engagements à mettre en place des conditions fiscales durables et des réformes structurelles». Le Conseil des gouverneurs considère que l’Italie doit d’urgence rétablir la qualité de sa signature souveraine, et réaffirmer son engagement pour une stabilité fiscale et des réformes structurelles.

Le gouvernement italien a décidé d’établir un budget équilibré en 2014 et, à cette fin, a récemment mis en place un paquet fiscal. Ce sont des engagements importants, mais ils ne sont pas suffisants.

Dans les circonstances actuelles, nous considérons les mesures suivantes comme indispensables :

1. Nous estimons qu’il est nécessaire de mettre en place des mesures d’envergure pour stimuler une croissance potentielle. Quelques décisions récentes prises par le gouvernement vont dans ce sens ; d’autres sont en cours de discussion avec les partenaires sociaux. Cependant, il faut faire davantage et il est crucial d’avancer avec détermination. Des défis clés consistent à accroître la compétition, particulièrement dans les services, pour améliorer la qualité des services publics et pour mettre en place une régulation et des systèmes fiscaux mieux adaptés au soutien de la compétitivité des entreprises et à l’efficacité du marché du travail.

a) Une stratégie de réforme globale, profonde et crédible, incluant la libéralisation totale des services publics locaux et des services professionnels est nécessaire. Cela devrait être appliqué en particulier à l’offre de services locaux, via des privatisations de grande ampleur.

b) Il est aussi nécessaire de réformer davantage le mécanisme collectif de négociation salariale permettant des accords d’entreprises, afin d’adapter les salaires et conditions de travail aux besoins spécifiques des firmes et d’améliorer leur pertinence vis-à-vis d’autres niveaux de négociations. L’accord du 28 juin entre les principaux syndicats et les associations patronales industrielles va dans ce sens.

c) Une révision en profondeur des règles régissant le recrutement et le licenciement des salariés devrait être adoptée, conjointement à la création d’un système d’assurance-chômage et d’une série de politiques actives du marché du travail capables de faciliter la réallocation des ressources vers les entreprises et les secteurs les plus compétitifs.

2. Le gouvernement doit prendre des mesures immédiates et courageuses pour garantir la pérennité des finances publiques.

a) Des mesures fiscales correctives supplémentaires sont nécessaires. Nous considérons qu’il est essentiel que les autorités italiennes avancent l’application des mesures adoptées en juillet 2011 d’au moins un an. Le but devrait être d’atteindre un déficit budgétaire meilleur que prévu en 2011, un emprunt net de 1% en 2012 et un budget équilibré en 2013, principalement via une réduction des dépenses.

Il est possible d’intervenir davantage dans le système de retraites, en rendant plus contraignants les critères d’éligibilité aux pensions d’ancienneté et en alignant rapidement l’âge de la retraite des femmes ayant travaillé dans le secteur privé sur celui appliqué aux employées du public, permettant ainsi de faire des économies dès 2012. Le gouvernement devrait également envisager de réduire de façon significative le coût des emplois publics, en durcissant les règles de renouvellement du personnel et, si nécessaire, en baissant les salaires.

b) Un mécanisme de réduction automatique du déficit devrait être mise en place, stipulant que tout dérapage par rapport aux objectifs sera automatiquement compensé par des coupes horizontales dans les dépenses discrétionnaires.

c) Les emprunts, y compris la dette commerciale et les dépenses des autorités régionales et locales devraient être placées sous contrôle strict, conformément aux principes de la réforme en cours des relations fiscales intergouvernementales.

Au vu de la gravité de la situation actuelle des marchés financiers, nous considérons qu’il est crucial que toutes les mesures énumérées dans les sections 1 et 2 ci-dessus soient adoptées aussi vite que possible par décret-lois, suivies d’une ratification du Parlement d’ici fin septembre 2011. Une réforme constitutionnelle visant à durcir la législation fiscale serait également appropriée.

3. Nous encourageons aussi le gouvernement à prendre immédiatement des mesures pour assurer une vaste réforme de l’administration publique afin d’améliorer l’efficacité administrative et la bienveillance à l’égard des entreprises. Dans les services publics, l’utilisation d’indicateurs de performance devrait être systématique (en particulier dans la santé, l’éducation et le système judiciaire). Il est nécessaire de s’engager fermement en faveur de l’abolition ou de la consolidation de certains niveaux administratifs intermédiaires (comme les provinces). Les actions visant à réaliser des économies d’échelle dans les services publics locaux devraient être renforcées.

Nous espérons que le gouvernement prendra toutes les mesures appropriées.

Mario Draghi, Jean-Claude Trichet

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Texte et traduction Coralie Schaub et Sabine Syfuss-Arnaud, journalistes au service étranger de Challenges

source: http://www.challenges.fr/actualite/economie/20110929.CHA4869/l-incroyable-diktat-de-trichet-a-berlusconi.html

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20 commentaires pour 208 – Le diktat de Trichet à Berlusconi

  1. chris06 dit :

    La lettre similaire qu’a bien dû recevoir Sarkozy n’a t’elle pas encore été divulguée à la presse?

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  2. Sam dit :

    Quelques précisions sur le dénommé Trichet :

    Membre d’honneur de l’Institut Aspen France4, administrateur de l’Institute for International Economics5 un important think tank de Washington. Il fut invité au Bilderberg Meetings en 1995, 1999, 2000, 2001, 2003, 2004 et 2005. Il est membre du club Le Siècle.

    Officier de la Légion d’Honneur depuis 2000, il a été élevé au grade de commandeur par Jacques Chirac en 2006.
    Il a été nommé « Person of the Year » par le Financial Times (en 2007), « Policy maker of the year » par la revue économique The International Economy magazine (à deux reprises, en 1991 et en 2007) et a reçu un certain nombre de prix, dont le prix Zerilli-Marimo de l’Académie des sciences morales et politiques (en 1999), le prix international Pico della Mirandola (en 2002), le prix franco-allemand de la Culture (en 2006) et la médaille d’or « Ludwig-Erhard » (en 2007). Plusieurs universités lui ont décerné le titre de docteur honoris causa.

    Dernière sentence en date : « Augmenter les salaires est la dernière bêtise à faire en Europe. »

    En 2007, le « traitement de base » de Trichet était de 345 252 euros par an. Ce qui fait 28771 euros par mois.
    Il faut ajouter à cette rémunération une résidence mise à disposition et une indemnité pour frais de représentation, N’oublions pas des allocations pour la scolarité des enfants et des indemnités « de foyer ».

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    • Catherine dit :

      Il est socialiste qui plus est! Quelle farce quand même que ces pseudo-éthique-quête!!!

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      • Hadrien dit :

        Trichet ne peut pas être socialiste: il a été conseiller technnique à l’Elysée sous la présidence Giscard, et chef de cabinet de Balladur au ministère des finances.
        Il y a bien assez de socialistes pour faire la même politique à sa place!

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        • Catherine dit :

          Là j’avoue que j’ai des doutes, je ne connais pas le cv exact du dit monsieur. J’ai lu cette info dans le livre de Raoul Marc Jennar, à voir donc!

          Mais quand bien même ce serait faux, DSK, n’était-il pas au FMI, cette antre putride qui spolie des populations entières sous couvert de fausses justifications?

          Ne se dit-il pas socialiste ce DSK????

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      • Sam dit :

        Je ne crois pas, Catherine, il me semble que tu confonds avec Lamy (des bêtes).

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  3. Sam dit :

    Précisions II :

    Trichet à travaillé deux ans dans le privé.
    Il a exercé ensuite comme haut fonctionnaire, sans interruption depuis 33 ans, donc.

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  4. BA dit :

    Trichet a du souci à se faire : après la Grèce, après l’Irlande, après le Portugal, les deux prochains dominos sont l’Italie et l’Espagne.

    Ces deux dominos vont tomber.

    Vendredi 30 septembre 2011 :

    Trois banques espagnoles valorisées à quasiment zéro euro.

    La Banque d’Espagne a repris trois caisses régionales espagnoles vendredi, mais leur valorisation quasiment nulle fait craindre que l’Etat doive trouver encore d’autres capitaux pour couvrir les pertes liées aux actifs immobiliers toxiques détenus par les « cajas ».

    Les trois banques sont NCG Banco, Catalunya Bank et Unnim Banc. La Banque d’Espagne a évalué les deux premières à 0,1 leur valeur comptable, et elle a payé un euro symbolique pour la troisième.

    Ensemble, ces trois banques, qui n’ont pas réussi à attirer des capitaux privés et ont donc dû être de fait nationalisées, pèsent à hauteur de 7 % du système bancaire espagnol.

    http://www.boursorama.com/actualites/trois-banques-espagnoles-valorisees-a-quasiment-zero-euro-7b7727fd37f7e92f14fd35aefafb45aa

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  5. Nihil dit :

    Je suis plus qu’étonné du peu de réactions politiques (sauf erreur) à cette dépêche. Il s’agit tout de même d’une ingérence caractéristérisée dans la politique d’un état souverain (quelle que soit la valeur de cette politique…). La BCE se permet de dicter les « mesures… indispensables » bien au-délà de son devoir de conseil; il s’agit ni plus ni moins d’un programme économique (de campagne, pourrait-on dire). On aurait pu comprendre qu’elle indiquât en pourcentage ou en volume les mesures budgétaires qu’elle recommande et les résultats qu’elle en attend; non, elle indique les ingrédients de la recette de la potion amère, à l’instar d’une commission de surendettement. …et sur un ton comminatoire tout à fait inadmissible.
    Et « on » trouve cela normal ?
    Les électeurs italiens apprécieront, je pense.

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    • Catherine dit :

      C’est ce que l’on ne cesse de dire au fil de ce blog, c’est pourquoi je crois il n’y a pas davantage de réactions. C’est infiniment accablant de constater que ce que l’on pressent s’illustre avec autant d’arrogance! Je crois qu’il faut lire ce silence comme cela, en tout cas pour ma part, c’est comme ça!

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  6. Sam dit :

    Mais attendez, on découvre la Lune, il me semble !…
    A peine deux ans après une crise qu’on a comparé à celle de 29, suivie de déclarations enflammées notamment du petit enc…(désolé, j’ai du mal à me retenir quand je pense à ce personnage) promettant la révision complète du capitalisme, les mêmes s’apprêtent à recapitaliser à hauteur de 2000 milliards – 2000 MILLIARDS! – les banques qui ont foutu la zone sur toute la planète, ruiné des pays entiers, affamé littéralement les populations les plus pauvres en spéculant sur les denrées de premières nécessités, truqué leurs comptes, augmenté sans cesse les frais aux particuliers, étranglé toutes les petites entreprises qui demandaient du crédit…

    Ils ont la puissance, ils ont l’impunité. Bien sûr, l’objectif réel c’est de passer par-dessus les Etats, de s’exonérer de toute morale, mieux de toute démocratie – aucun reférendum pour ces sommes faramineuses, ces arrangements avec les USA, ces décrets, ces véhicules spéciaux pour filer la thune, rien, nada – en entérinant tout grâce aux médias qui ne discutent JAMAIS du fond, de la légitimité des mesures et des mesureurs, mais se demande jusqu’où ces canailles représentatives de rien vont tirer sur la corde, et jusqu’à quel point nos gorges supporteront.

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  7. BA dit :

    L’Allemagne ne consacrera pas plus d’argent au FESF.

    Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a exclu que l’Allemagne consacre plus d’argent au FESF que les 211 milliards d’euros votés par le Bundestag et le Bundesrat, dans un entretien au magazine Super-Illu.

    « Le Fonds de secours européen a un plafond de 440 milliards d’euros, 211 milliards incombent à l’Allemagne. Et c’est tout. Terminé. A l’exception des intérêts qui viendraient s’ajouter », a déclaré le ministre.

    La dotation du mécanisme européen de stabilité MES, qui doit remplacer le FESF au plus tard en 2013, sera d’après M. Schäuble moins importante.

    « Il ne sera alors question que de 190 milliards au total, pour lesquels nous serons garants, intérêts inclus », a expliqué le pilier du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.

    Une majorité d’Allemands (58 %) considère l’extension du Fonds de secours de la zone euro comme une erreur, indique un sondage à paraître dimanche 2 octobre dans le journal Bild am Sonntag.

    http://www.romandie.com/news/n/_L_Allemagne_ne_consacrera_pas_plus_d_argent_au_FESF_011020110910.asp

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  8. BA dit :

    Dimanche 2 octobre 2011 :

    « Athènes pourrait gagner à sortir de l’euro », selon un conservateur allemand CSU.

    « La Grèce pourrait avoir à gagner à sortir de l’euro », estime dimanche Alexander Dobrindt, numéro deux de l’Union chrétienne sociale (CSU), alliée de la coalition de la chancelière Angela Merkel.

    « Renoncer à la monnaie unique, a-t-il précisé, doit être une mesure de dernier recours si Athènes est incapable de rétablir sa santé budgétaire ».

    « Je crois que c’est une solution, si on veut ramener la Grèce dans une situation économiquement stable et compétitive », a-t-il dit au micro de la radio Deutschlandfunk.

    http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5E7L203420111002

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  9. BA dit :

    Lundi 3 octobre 2011 :

    Economie : l’Euro rechute, les Bourses asiatiques plongent avec la Grèce.

    Les marchés financiers commencent la semaine en nette baisse, après l’admission par la Grèce qu’elle n’atteindra pas ces objectifs de réduction de dette. Ce matin, l’Euro est retombé à un nouveau plus bas niveau depuis 8 mois, à 1,3325 $ dans la nuit, avant de se reprendre un peu autour de 1,3335 $ (-0,3%) en début de matinée.

    De leur côté, les Bourses asiatiques sont en forte baisse : – 2,3% pour le Nikkei à Tokyo, – 4,9% pour le Hang Seng à Hong Kong, – 2,5% pour l’ASX-200 à Sydney. Le pétrole reperd quant à lui 1,4% à 78,10$ le baril de brut WTI, tandis que l’or rebondit légèrement de 0,6% à 1.632,60$ l’once.

    Alors que les ministres des Finances européens se réunissent à nouveau aujourd’hui lundi sur la question grecque, les investisseurs s’inquiètent à nouveau des divisions au sein de l’Europe sur la gestion de cette crise.

    Les rumeurs d’une défaillance de la Grèce sur sa dette sont revenues en force ce week-end, après les dernières informations en provenance d’Athènes, et de nouvelles déclarations du côté de l’Allemagne, où le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a exclu toute contribution supplémentaire de Berlin au FESF (Fonds européen de stabilité financière).

    De son côté, un membre influent de la coalition au pouvoir en Allemagne, le démocrate-chrétien Michael Fuchs, a aussi déclaré au journal « Rheinische Post » que la Grèce était « en faillite » et qu’il n’y aurait sans doute pas d’autre choix que d’effacer 50 % de sa dette…

    http://www.boursier.com/actualites/news/economie-l-euro-rechute-les-bourses-asiatiques-plongent-avec-la-grece-452547.html

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  10. sonia dit :

    @ Duval

    Toutes cette histoires de dette est bien complexe, et je ne suis pas spécialiste.
    Je pense toutefois avoir compris certaines choses, en lisant par ci, par là…les plus avisés corrigeront et compléteront.

    Pour répondre en vrac :

    En matière d’emprunt, la situation d’un Etat est similaire, en gros, à celle d’un particulier ou d’une entreprise.
    L’argent que leur prêtent les banques est un argent scriptural, mais il est ACCEPTE COMME DU VRAI ARGENT par celui qui leur vend un bien.
    Avec cet argent scriptural l’Etat peut donc payer, par exemple, la construction d’une école, le particulier peut s’acheter une maison, l’entreprise peut acheter des matières premières.
    L’emprunteur ne pourrait refuser de rembourser, sous prétexte que l’argent était scriptural, car cet argent a été accepté comme du vrai et lui a permis d’entrer en possession d’un bien.

    Lors du remboursement ( = argent scriptural prêté + intérêts) ,
    le banquier efface complètement de son bilan l’argent scriptural remboursé.
    Ce qui lui reste comme gain ce sont juste les intérêts, en contrepartie du service rendu à l’emprunteur.
    C’est vrai qu’il a prêté ce qu’il n’avait pas, mais lors du remboursement il va effacer, il va détruire ce qu’il avait créé.

    Au cas où l’emprunteur fait défaut, le banquier ne pourra pas effacer le scriptural prêté, comme si de rien n’était. Il devra au contraire se procurer par ses moyens l’équivalent de ce montant pour équilibrer son bilan.

    La réserve obligatoire est le pourcentage d’argent vrai qu’une banque doit posséder comme fonds propres
    (capital de ses actionnaires) par rapport à l’argent scriptural qu’elle crée. Pour prêter 100 elle doit avoir 15.
    Donc, pour prêter 200.000, elle doit posséder au moins 30.000.
    Vous dites : rembourser au moins la réserve obligatoire…je ne vois pas trop de sens à cette idée.
    Si la banque a prêté 200.000 et que le débiteur rembourse 30.000, ça n’arrange rien pour elle,
    il lui reste un trou de 170.000 à combler par ses moyens…

    Le montant des intérêts…il est en fonction de l’ampleur du prêt, des garanties produites par l’emprunteur, de la durée de l’emprunt, du coût de l’argent etc…
    Les banques sont, certes, en position de force par rapport à l’emprunteur. On vit dans une société de marché libre : au vendeur de fixer le prix de la marchandise, de même qu’à l’acheteur d’acheter ou pas…

    A part cela, l’Etat se préoccupe du bien commun : http://www.legifrance.gouv.fr/

    Mais il incombe à la majorité de la population de se mobiliser de façon unitaire afin de se donner des moyens pour défendre ses intérêts, créer et contrôler un parti puissant qui la représente et qui fait voter des lois en sa faveur, en l’occurrence imposition des riches, des sociétés, taxation des transactions, redistribution et relance, banque publique… )
    Elle ne le fait pas, par ignorance, manque de motivation, atomisation, aliénation…
    A sa décharge : la chose s’avère quasi utopique, dans une économie mondialisée et en présence d’un « système » tellement enraciné, obscur, tentaculaire que rien et personne ne pourra lui venir à bout, sauf un écroulement général, qui n’arrivera pas, tant qu’il possède des armes…

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  11. L’euro.
    L’euro est un problème. Or, bien des hommes d’influence prétendent — innocemment ou effrontément — le contraire, fermement :
    – Valéry Giscard d’Estaing le Sa 3 déc 2011 (France Culture avec Colombani et Casanova)
    – Moscovici le Je 8 déc 2011 (France Culture Les Matins).
    http://www.franceculture.fr/emission-l-invite-des-matins-l-invite-des-matins-2011-12-08-0
    Ce tricheur ne dit absolument rien de concret sur ce que seraient les procédés de (abstraction) « croissance européenne » [ BEI, Bruxelles, lala] pénétrés et cernés par les lobbies de tous poils – idem pour les procédés de (abstration) « solidarité ». Et pour cause : il n’y en a aucun. A t-on vu un bureau politique des trente dernières années contribuer – en quoi que ce soit – contribuer à créer de la richesse ? Non. Et « l’Europe des eurocrates » ? Encore moins. Ils ont détruit jusqu’à la croyance en une Europe qui aurait un sens.

    L’euro est une véritable calamité, plus qu’un problème,
    car c’est une monnaie BRI et
    toutes les monnaies BRI sont une calamité.

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  12. Vous l’avez déjà lu plusieurs fois. Je l’ai suffisamment répété
    Les taux des eurodevises LIBOR sont arrêtés en City-of-London par, officiellement, la douzaine de topIntlBanks constituant le panel du dispositif sur mesure
    http://www.rubak.org/B1-Manoeuvres-sur-taux-et-swaps.htm

    Lire ensuite les 5 ou 6 premiers points de ce document

    aaa.rubak.org/2a-resume-conclusion.htm

    = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = = =
    Venons-en à l’un des récents exemples
    de ce que diffusent les ondes

    La Rumeur du Monde
    le samedi 3 décembre de 13:30 à 12:45
    Entretien avec Valéry Giscard d’Estaing
    – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – — – – – – – – – – –

    Samedi 3 décembre 2011
    Valéry Giscard d’Estaing en La Rumeur du Monde [12:45-13:30] , suivi de
    Marie-Josée Mondzain en La Suite dans les idées [13:30-14:00] ?
    Serait-ce complet hasard imprévisible que cette séquence :

    En partie oui, complètement fortuit.
    Au concret, il s’agit de deux mondes totalement disjoints :
    D’une part, un défenseur du Système IAS-FED-BRI de 1913-1930 qui a subi de profondes transformations en 1957, 1966, 1973, 1981, 1990-2000.
    D’autre part, une penseuse profonde du dehors de la philo, dehors seul capable d’amener à la Réalité — par ses petits éclars d’éveil — les folles abstractions logiques et désincarnées du rationnel, délétère, philosophe ou non.
    Serait-ce complet hasard imprévisible que cette séquence 12:45 . . . (…) . . . 14:00 ?

    En partie non.
    La langue de haute finance hors_sol à dominante offshore n’est pas totalement étrangère à la langue française compréhensible par 99,99%. Les deux interviews sont en ce curieux escargot encore nommé RadioFrance en 2011.

    Je viens de prendre en note détaillée la seconde émissions audio et en steno approximative la première.
    Les équipes respectives des deux émissions apprécieront la conclusion de la seconde émission (Marie Josée Mondzain)

    Il y a un rapport des images avec notre désir de savoir, notre désir de voir, notre peur de mourir, notre besoin de penser.
    de ce qui apparait, de ce que l’on se figure, …
    L’image peut être opératrice de subjectivation, pas forcément en accord toujours avec le déploiement visuel des industries qui veulent qu’on appelle image tout ce qu’on voit.
    L’image est une opération de la pensée qui met la pensée à mal et qui la met en péril. La meilleure chose qui puisse arriver à la pensée, c’est de repérer ce qui la met en péril … et on avance.

    En effet, ce qui frappe dans la première émission c’est l’absence de repères visuels pour le cerveau. Les neurones n’ont absolument rien de cohérent auquel s’accrocher et ce d’autant plus que les fondamentaux sont totalement occultés. Tant la plèbe de toutes classes (99,99%) que la prétendue « élite » n’a aucune représentation visuelle de ce qui est dit, par exemple les sept formules abstraites ci-après :
    Dette saine (en unité de compte sans étalon de banques aux actifs toxiques)
    sans différence aucune avec la Mauvaise dette
    Trésor européen (qui serait constitué de dettes que les générations actuelles et futures n’arriveront pas à rembourser; sérieux problème de novlangue 1984)
    Incapacité de la Zone_€ à mener une quelconque politique de change (sans aucun motif cité au cours de l’émission. Pour cela lire Synthèse_R à partir de http://www.jeru.fr)
    Monnaie de réserve . . . ayant pour contrepartie du néant pas même un minerai (or) dont on fait des bijoux-breloques à des prix insensés (débiles ou cinglés, disons le)
    Les marchés ne sont plus des marchés c’est fini. La moitié sont des ordinateurs; la moitié
    sont des opérateurs instantanés

    L’écart des taux devrait se resserrer
    FESF : un pare-feu, un futur Système Monétaire Européen, rentable, constitué de dettes mutualisées, plutôt sans la Chine . . . un grand bateau … des dividendes à investir … dans des usines ( alors qu’il y a le plus souvent surcapacité, notamment en Chine)

    Plutôt que d’ interroger les deux émissions séparément, je vais les aborder simultanément.
    Vu la guerre de 0,01% contre 99,99%,
    Vu la prochaine Sécession de la Plèbe dans les odgRégions (80) avec Coordination en Marsapla et Vulboul,
    le public manque encore de la représentation de la réalité imprévue qui va bien : Juxtaposition de TIOA (There Is One Alternative) et de TINA (There Is No Alternative)
    Le public évaluera ce commentaire conjoint des deux émissions sur http://www.rubak.org
    merci de me laisser le temps de l’écrire et d’en placer les morceaux.

    Très cordialement,

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