204 – Et qu’en pense Lordon ?

Je vous suggère la lecture attentive du dernier article de Frédéric Lordon " Le commencement de la fin" . En voici quelques extraits choisis…

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Fin de partie en Europe

Dans le cas de la France, il faut bien reconnaître que cette construction n’est pas complètement dénuée de fondement. Car pour tous les remous survenus à la suite de la dégradation de la note étasunienne, il s’agirait de ne pas perdre de vue que, dans le paysage de la finance en implosion, la cause majeure demeure l’imbroglio européen. Dès l’origine, on pouvait identifier la malfaçon constitutive de l’EFSF (European Financial Stability Facility, le fonds de secours européen), qui consiste à fabriquer des surendettés futurs pour sauver les surendettés présents, quitte à croire aux propriétés magiques du bootstrapping à l’image du baron de Münchausen imaginant se sortir de la vase en tirant sur ses propres cheveux. Le vice congénital pouvait passer inaperçu tant qu’il s’agissait de secourir un petit nombre de « petits » pays et que la dilution de la contribution sur l’ensemble des participants à l’ESFS demeurait tolérable.

Ainsi l’ajustement des capacités de l’EFSF est-il l’objet d’une épuisante guerre de tranchées pour fléchir l’Allemagne. Mais le pire vient sans doute de la position de la BCE. On lui devait déjà l’invraisemblable psychodrame qui a précédé le sommet de juillet, lorsqu’il s’est agi de décider d’un second paquet grec et qu’elle s’est opposée autant qu’elle l’a pu à toute formule d’implication des créanciers. On lui doit maintenant ses hésitations à endiguer l’extension de la crise souveraine à des débiteurs, l’Espagne et l’Italie, dont on est au moins bien certain qu’ils feront sauter tout le dispositif européen si jamais ils viennent à tomber.La Banque centrale en effet est la seule à pouvoir se mettre en travers d’une dynamique spéculative naissante, comme celle qui est déjà en train de prendre à parti les taux italiens et espagnols (belges également). Or on ne saurait davantage traîner les pieds que la BCE dans cette affaire-là, en faisant savoir qu’elle n’entendait offrir qu’une solution aussi transitoire que possible avant que l’EFSF « augmenté » soit en charge des opérations de rachats sur les marchés secondaires. Confier des opérations d’intervention et de soutien de cours à un fonds est pourtant le plus sûr moyen d’échouer, car, par définition, un fonds a des ressources limitées, incapables de faire face aux masses de capitaux mobilisables par la communauté des investisseurs, et qu’il s’en trouve bon nombre parmi ceux-ci qui n’ont pas d’autre idée que d’aller « tester » la capacité de l’« intervenant » et de l’amener aux limites. Seule une banque centrale, en tant qu’elle est capable de mobiliser des moyens par définition illimités, est capable d’intimider la spéculation qui sait dès le départ qu’elle n’en verra pas le bout. Le retard à intervenir, le contrecœur manifeste avec lequel elle le fait, et pour finir l’annonce de son retrait programmé : tout concourt à miner le rempart indécis élevé par la BCE pour protéger l’Espagne et l’Italie, comme si personne ne semblait avoir conscience parmi les décideurs européens que nous sommes pour ainsi dire à la dernière station avant l’autoroute – soit en parcourant de l’aval à l’amont les enchaînements prévisibles du désastre : que l’Italie et l’Espagne sautent et tout saute ; que la spéculation contre leurs dettes souveraines ait pris tant soit peu d’ampleur et elle sera inarrêtable ; que les « autorités européennes » ne fassent pas tout pour tuer la spéculation naissante et elle passera le seuil critique…

L’illusion du « miracle fédéraliste »

Légèrement transpirants, les euro-réjouis, ceux-là mêmes qui ont répété pendant deux décennies que l’Europe n’avait rien de libéral, qu’elle était même le bouclier contre la mondialisation, que jamais main de l’homme n’avait produit construction institutionnelle si merveilleusement agencée, fondent leurs derniers espoirs d’éviter la ruine finale sur un miraculeux sursaut politique qui au tout dernier moment accoucherait enfin du « fédéralisme ». Mais cet espoir-là ne vaut pas mieux que tous ceux qui avaient précédé. Car le fédéralisme raisonnablement à portée de main politique sera encore très incomplet – le plus probablement consistera-t-il en la fusion des dettes publiques européennes, ou d’une part d’entre elles, en eurobonds communs et indifférenciés.

Mais c’est faire l’hypothèse héroïque que les marchés oublieraient instantanément que sous la surface commune des eurobonds se tient toujours une pluralité d’émetteurs d’inégales signatures. Les investisseurs savent encore faire la différence du tout et de ses parties, à plus forte raison quand le tout ne peut offrir qu’un degré d’intégration limité et demeure hautement composite. Aussi des eurobonds n’empêcheraient-ils nullement que les analystes continuent de guetter les déficits de la Grèce, du Portugal, de l’Italie, etc. Dira-t-on que les parties seront soumises à de rigoureuses règles encadrant leurs politiques économiques ? Mais c’est redécouvrir exactement l’actuel problème de la zone euro, qui s’est déjà dotée de telles règles… avec le succès que l’on sait. Voudra-t-on imposer d’irréfragables « règles d’or » à tous les Etats-membres ? Mais c’est oublier que, dans des circonstances telles qu’une crise financière géante, la « règle d’or » n’est que la forme constitutionnalisée de l’austérité autodestructrice. Quant à l’idée que l’inscription dans les textes sacrés vaudrait certitude granitique d’application, il suffit d’en parler aux Argentins, qui ont envoyé paître leur currency-board en 2002, tout constitutionnel qu’il fût, pour ne pas même évoquer les multiples offenses dont les traités européens sont déjà silencieusement l’objet.

Mais surtout : pour que le « saut fédéral » soit à la hauteur du problème, il faudrait bien davantage, et notamment une intégration si poussée qu’elle ne laisserait aux nations membres qu’une importance financière résiduelle, le poids relatif de l’Etat fédéral et des Etats fédérés basculant jusqu’à atteindre des proportions équivalentes à celle des Etats-Unis, ou de l’Espagne dans ses rapport avec ses régions – et encore : une possible déconfiture des munibonds, ces titres émis par les Etats et les collectivités locales des Etats-Unis, ne manquerait pas d’attirer l’attention sur l’alourdissement supplémentaire de la dette fédérale, de même que les déficits des régions sont en train de devenir un motif de préoccupation pour les investisseurs exposés aux titres souverains espagnols.

Par où la sortie ?
Création monétaire et révolution institutionnelle !

Il faut s’y faire : les ruines fumantes, l’insuffisance générale des dynamiques politiques européennes, nous y conduit tout droit. Si l’Espagne et l’Italie basculent, adieu Berthe ! L’EFSF saute comme un bouchon de champagne, la spéculation se déchaîne contre toutes les dettes souveraines, plus aucun dispositif ne peut l’enrayer, une série de défauts importants devient quasi-certaine, les systèmes bancaires européens, puis étasunien, s’écroulent dans un fracas qui fera passer la chute de Lehman pour une animation d’ambiance. Rendu à cette extrémité, il n’y a plus qu’une voie de recours : on ne sortira de pareil effondrement que par une opération de création monétaire inouïe et tout ça se finira dans un océan de liquidités.

Incapables de faire face à leurs engagements de paiement interne, les Etats qui sont en déficit primaire se tourneront vers la banque centrale pour financer leur solde. Mais, sans même s’attarder à la lettre des traités, la BCE est-elle capable de répondre favorablement à une demande de ce genre ? Poser la question c’est y répondre. Tout l’habitus du banquier central européen s’y oppose. Dans ces conditions, les pays concernés reprendront barre sur leur banque centrale nationale, de fait extraite du SEBC (le Système Européen de Banques Centrales), pour lui faire émettre des euros en quantité ad hoc. A ce moment précis, constatant l’apparition dans la zone euro d’une source de création monétaire anarchique, affranchie des règles du SEBC, donc susceptible de mélanger ses euros impurs aux euros purs (et par là de les corrompre), l’Allemagne considérera que le point de l’intolérable a été atteint et, faute d’avoir les moyens d’exclure le(s) contrevenant(s) [9], jugera que sa propre conservation monétaire lui fait devoir de quitter les lieux. Fin du voyage pour l’euro, en tout cas dans sa forme originelle.

Mais la création monétaire massive sera également nécessaire pour ramasser les banques effondrées, puisque cette fois-ci, par construction, il ne faudra pas compter sur les bonnes grâces des finances publiques… Recapitalisation et garantie des diverses catégories de dépôts (sous un certain plafond, par là doté de bonnes propriétés de justice sociale : il y a des très riches qui vont beaucoup perdre…) se feront par émission monétaire.

La garantie des dépôts n’entraîne d’ailleurs pas nécessairement une création monétaire nette : s’agissant des dépôts à vue, elle viendrait simplement compenser la destruction monétaire qui suivrait de l’effondrement des banques et de la perte des encaisses en comptes courants. S’agissant des produits d’épargne, la garantie, si elle est crédible, n’a pas à être tirée : la banque n’était qu’un intermédiaire, si les comportements des déposants restent stables (comprendre : ne versent pas dans le run bancaire), il suffit d’attendre normalement l’arrivée à maturité des créances sur les débiteurs finaux (les agents à qui les fonds épargnés avaient été passés) pour que se débouclent toutes ces opérations sans qu’il soit besoin d’intervenir [10]. Quant aux recapitalisations bancaires, elles peuvent se faire par le truchement même des concours que la Banque centrale devrait de toute manière accorder aux banques privées pour les maintenir dans la liquidité : au lieu que ces concours prennent la forme usuelle de crédits, il consisteraient en avances non remboursables dont la contrepartie serait des titres de propriété, inscrits comme participation au bilan de la Banque centrale et comme fonds propres à celui des banques privées. Sous ces deux précisions, il en restera sans doute encore pour hurler au désastre de la création monétaire. On leur demande simplement d’essayer de se figurer la situation dans laquelle toutes les banques sont écroulées et les finances publiques définitivement incapables d’y remédier – puis de déclarer ce qu’ils auraient d’autre à proposer.

Mais l’essentiel est ailleurs : il est dans le fait que jamais un groupe d’intérêt aussi puissant que celui qui s’est constitué autour de la finance lato sensu ne renoncera de lui-même au moindre de ses privilèges, et que seuls peuvent le mettre à bas la force d’un mouvement insurrectionnel – puisqu’il est bien clair par ailleurs qu’aucun des partis de gouvernement nulle part n’a le réel désir de l’attaquer –, ou bien la puissance dévastatrice d’une catastrophe que son système aura lui-même engendré. A l’évidence, c’est cette dernière hypothèse qui tient la corde, et puisqu’elle déploie maintenant ses effets avec la force de fatalité du tsunami évoqué en ouverture, il ne reste plus qu’à attendre qu’elle accomplisse pleinement ses virtualités… pour en tirer le meilleur parti : reconstruire les institutions de la création monétaire souveraine [11], avec tout ce qu’elle suppose et de possibilités rouvertes et aussi de rigoureux encadrements [12] ; réinventer des structures bancaires qui à la fois échappent aux prises d’otage de la banque privée et dépassent la forme « nationalisation » vers un système socialisé du crédit [13] ; réduire au minimum minimorum la structure des marchés de capitaux pour lui ôter tout pouvoir de nuisance et d’usurpation [14]. Soit, sur les ruines, enfin tout rebâtir.

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49 réponses à 204 – Et qu’en pense Lordon ?

  1. BA dit :

    Lundi 5 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 82,154 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 50,376 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,312 %. Record historique battu.

  2. BA dit :

    Lundi 5 septembre 2011 :
    En zone euro, deux groupes de pays sont en train de s’éloigner l’un de l’autre de plus en plus vite.

    1- Premier groupe : les Etats européens en qui les investisseurs ont confiance.
    Leurs taux d’intérêt sont en train de s’effondrer.
    Allemagne : taux des obligations à 10 ans : 1,8 %.
    Pays-Bas : taux des obligations à 10 ans : 2,3 %.
    Finlande : taux des obligations à 10 ans : 2,3 %.
    Autriche : taux des obligations à 10 ans : 2,6 %.
    France : taux des obligations à 10 ans : 2,6 %.

    2- Second groupe : les Etats européens en qui les investisseurs n’ont plus confiance.
    Leurs taux d’intérêt sont en train de monter.
    Espagne : taux des obligations à 10 ans : 5,2 %.
    Italie : taux des obligations à 10 ans : 5,5 %.
    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 8,7 %.
    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 10,7 %.
    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,3 %.

    Ces deux groupes de pays divergent de plus en plus.
    Cette divergence est intenable.
    La zone euro est un navire dont la proue et la poupe s’éloignent l’une de l’autre : ça va finir par craquer.
    Aujourd’hui, lundi 5 septembre 2011, nous sommes en train de vivre la dislocation de la zone euro.

  3. Hadrien dit :

    Invité hier soir de l’émission « mots croisés » par Yves Calvi, Peyrelevade n’a pas hésité à ressortir à l’encontre de la démondialisation défendue par Montebourg, qu’elle ne pouvait rien quant à nos déficits commerciaux intra-européens…
    Erreur grossière de raisonnement, s’il en est :
    L’UE et la zone euro étant ouverts à tous les vents de la concurrence « libre et totalement faussée » de pays sans nos acquis sociaux, elles sont elles-mêmes devenues des zones de déclin et d’affrontement où règnent les moins-disants!
    Et Peyrelevade de flatter les propos de Cherèque vantant les mérites de l’Allemagne, où la restriction salariale permet d’exporter les grosses berlines… que l’Allemand moyen ne peut plus se payer!

    Ce n’est pas le seul fourvoiement intellectuel de l’auteur:
    Sur son blog, Peyrelevade se livre à des comptes d’apothicaire en matière fiscale où il n’oublie que l’essentiel:
    Il y a en France 468 niches fiscales pour les particuliers nantis, représentant un montant de 73 milliards d’exemptions du régime normal.
    Il y a également et surtout 287 niches sociales et fiscales pour les professionnels et les entreprises, pour un montant de 172 milliards.
    Ces chiffres sont consultables dans l’ouvrage de Jacques Langlois « Le capitalisme, c’est du vol! », dont le titre et le contenu raviront l’auteur du présent blog. Jacques Langlois (HEC, ancien haut responsable du service public) tient lui-même un blog fort instructif: http://siolgnal.unblog.fr/
    Encore les 73 milliards ci-dessus ne sont-ils qu’une partie de la vérité. Une émission télévisée de grande écoute révèlait ce week-end qu’outre les niches fiscales officiellement répertoriées, il y a également les « impositions déclassées » c’est à dire échappant au fisc avec la bénédiction du pouvoir. L’émission concluait à un montant double, de 145 milliards au lieu et place de 73 !
    Et l’on amuse la galerie avec 200 millions concernant les parcs de loisirs à thème … ou avec les comptes d’apothicaire peyrelevadiens !

    Autre erreur factuelle de Peyrelevade, non relevée à l’antenne:
    La France serait en « état critique » en raison du poids trop important des dépenses publiques…
    Question: quel est le pays européen qui s’en sort actuellement le mieux?
    Réponse: la Suède… C’est aussi le pays ayant les dépenses publiques les plus élevées de la planète!
    Mais il est vrai que la Suède n’a pas connu de Peyrelevade pour aider Mauroy à diviser la croissance par deux, comme ce fut le cas du tournant de la rigueur, ni n’a eu un Delors pour déclarer, tout fier, aux patrons: « nous avons réussi à imposer la desindexation des salaires sans une seule grève! »… On s’en souvient encore puisque c’est de cette ornière que nous n’avons toujours pas réussi à décoller!
    On savait déjà que Peyrelevade soutiendrait Hollande durant sa campagne présidentielle, et que Aubry emmenerait son papa comme caution…
    Une raison de plus pour tous les gens de gauche de se déplacer aux primaires en faveur de Montebourg !
    (Il ne lui restera plus qu’à aborder la question monétaire…)

    • A-J Holbecq dit :

      C’est bien du courage de lire encore Peyrelevade; j’ai abandonné devant tant de mauvaise foi http://osonsallais.wordpress.com/2010/09/26/quelques-reponses-a-larticle-de-j-peyrelevade/

    • Opps' dit :

      La démondialisation ne peut pas être un programme , c’est un mouvement de fond qui échappe complètement à l’opinion que Montebourg peut en avoir.
      Le protectionnisme peut éventuellement être une orientation floue, mais en aucun cas un programme affiché car les mesures de rétorsion des pays vers lesquels nous exportons ne tarderons pas.

      Les pays sans acquis sociaux de l’Europe le doivent tout autant à leur pauvreté initiale qu’à la concurrence "faussée" entre la zone Euro et le reste du monde des moins-disants.

      Les acquis sociaux ne se décrète pas à partir du vide.

      Penser que la Grèce pourrait s’en sortir en quittant l’euro et en dévaluant le drachme est un diagnostic qui suppose , qu’on croit un minimum à la concurrence , et qu’on n’instaure pas un protectionnisme et une démondialisation qui priverait la Grèce d’un rebond grâce à des exportations de moins-disant.

      Enfin il me semble.

  4. Dès à présent il faut étudier le cas argentin, c’est-à-dire ce qui s’est passé après avoir fait défaut sur toutes ses dettes et en dévaluant de 90% le peso argentin depuis décembre 2002.
    Dans le cas de l’UE il s’agit de voir ce qu’il va advenir de l’euro parce que quand la Grèce va craquer il est possible que tous les autres maillons faibles de la zone euro ne craquent rapidement : l’Irlande, l’Italie et l’Espagne.

    • Hadrien dit :

      Je ne résiste pas au plaisir de remettre ici une tirade que j’ai pu placer chez Jorion, malgré une référence à "AJ. Holbecq: Argent, dettes et banques" nichée dans le texte…

      EN PRÉVISION DE L’EXPLOSION MONÉTAIRE…

      On se demande à quoi bon disserter sur les derniers palliatifs encore possibles pour la Grèce, quand c’est le principe même d’une monnaie unique pour des économies différentes qui s’avère être en cause: on peut même s’étonner que le phénomène ait mis dix ans à se manifester depuis la création de l’euro!
      C’est en réalité le coût de la réunification pour l’Allemagne, et sa dette induite, qui avaient caché jusqu’à présent la disparité de son économie ainsi que de celles qu’elle entraîne (Autriche, Pays-bas, etc.) avec le reste de l’Union Européenne. Les affres de la réunification passés, la divergence économique va s’accélerer d’autant plus que le gouvernement allemand continue d’imposer à son peuple une politique de restriction salariale qui n’a pourtant plus d’objet.
      Mais, comme l’a expliqué Bernard Maris, « L’euro, c’est le mark! »… dont la plupart des autres pays européens ont crû à tort pouvoir bénéfier des avantages sans les inconvénients. Parmi ces derniers, l’interdiction faite à la Banque Centrale de financer le Trésor supprime toute possibilité de monétisation des finances publiques, outil traditionellement majeur de facilité budgétaire qui allait usuellement de pair avec les ajustements monétaires par dévaluations/réévaluations. Les pays du Sud qui l’avaient utilisé ne s’en étaient pas plus mal porté: depuis la Libération, la France avait ainsi connu une croissance égale à celle de l’Allemagne malgré une politique monétaire trés différente. Elle s’était même permis une « redistribution indolore » par l’inflation en opèrant une « euthanasie du rentier » au grand dam des banquiers et des couches fortunées, mais au bénéfice des ménages emprunteurs.
      Tout cela commença d’être écorné à la fin des trente glorieuses, avec la loi Pompidou-Giscard du 3 Janvier 1973 qui fit obligation au trésor public de se financer auprés des marchés, c’est à dire des banques commerciales, au lieu de la facilité de monétisation par sa Banque Centrale. Merveilleux cadeau testamentaire fait aux banquiers par Pompidou, ancien fondé de pouvoir du Groupe Rotschild, ainsi qu’étape nécessaire vers la monnaie unique pour le trés libéral européen Giscard d’Estaing.
      C’est de cette époque que date notre dette continuellement croissante, comme on le constate à l’examen des courbes. Mieux: un calcul précis (cf AJ. Holbecq: Argent, dettes et banques, Editions Yves Michel) révèle que notre dette actuelle cumulée depuis 1973 correspond presqu’exactement aux intérêts versés au marché (la dette nourrit la dette) et enrichit les banques au détriment du contribuable, par une véritable « euthanasie de l’Etat ». Pendant ce temps, l’inflation réelle en termes de pouvoir d’achat a pourtant sévi plus que jamais: rappelons que la baguette de pain à 1 franc des années 90 a fait rapidement place à celle à 1 euro, soit une augmentation de 650%!
      Lorsqu’on entend parler sur les antennes de la dette « exorbitante » de la Grèce , 350 milliards, il faut tout de même rappeler la notre: 1650 milliards… Et lorsqu’on parle en pourcentage du PIB (150% de dette publique grecque), il faut aussi rappeler que la dette grecque totale (publique + privée) est inférieure à celle des Etats-Unis (plus de 310%). La différence est que ces derniers ont la maîtrise de leur monnaie et peuvent toujours avoir recours à la monétisation par la Fed, ce qu’ils ne se sont pas privés de faire en sortie de crise, récemment, pour un montant de l’ordre de 1000 milliards. C’est la raison pour laquelle leur dette, notamment auprés de la Chine, n’a pas la même signification: elle est libellée en dollars dont ils détiennent l’émission.

      Tout cela pour dire que le problème grec n’est que prémisse au problème de toute la zone euro, empêtrée dans son carcan à double peine: ouverture maximale à la mondialisation et marge de manoeuvre nulle sur sa monnaie surévaluée… en attendant l’explosion!

      …C’EST L’ALLEMAGNE QUI DEVRAIT SORTIR DE L’EURO!

      Plutôt que de retarder l’échéance par des replâtrages illusoires qui ne feront qu’alourdir l’addition, mieux vaudrait la prévenir à temps. Certains recommandent de mutualiser les garanties d’emprunts par des « bons du trésor européens » qui uniformiseraient les taux, mais n’est-ce pas cacher le mal sous un pansement plutôt que le soigner? D’autres évoquent une solution plus radicale: pour éviter qu’une sortie de l’euro des plus endettés n’aggrave leur dette dans leur monnaie dévaluée, c’est au contraire l’Allemagne qui pourrait retrouver son mark…
      Tout les Etats y gagneraient: l’Allemagne et ses satellites éventuels verraient leur dette allégée dans cette monnaie inévitablement réévaluée par les marchés, les autres pays rembouseraient en euros nominalement inchangés, mais factuellement dévalués par les marchés. Ce serait l’euthanasie indolore des rentiers et banquiers présents sur les marchés!
      Certte solution n’a pas echappé aux économistes progressistes, comme Frédéric Lordon:
      http://blog.mondediplo.net/2010-03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est-l
      Nul doute que tous les conservateurs s’y opposeront…!

      Dans ce scenario, il est crucial que ceux qui s’accomodent de l’euro-mark actuel (Allemagne, Autriche, Pays-bas, Luxembourg, et accessoirement Finlande) soient ceux qui sortent de l’euro, pour permettre aux autres pays de la zone de retrouver leur souveraineté en redonnant son statut normal à la Banque Centrale (privilège de monétisation).
      L’euro redeviendrait ainsi une monnaie comme les autres (y compris le dollar), tout en laissant l’euro-mark à ceux qui s’en accomodent.
      Le schéma est trés souple: en cas de recours abusif à la monétisation de la part de membres du « Club Med », un pays comme la France pourrait à son tour sortir pour retrouver son franc, qui deviendrait plus fort que l’euro nominal restant, etc.
      L’essentiel est de laisser l’euro nominal à ceux qui en ont le plus besoin pour rembourser en euros dévalués.
      Le schéma comporte un autre avantage: plus les spéculateurs dévalueraient l’euro nominal restant, plus ils se punieraient eux-mêmes en dévaluant leurs remboursements nominaux dans cette monnaie.

      • Opps' dit :

        Il semble que le prix de la baguette ait été de 3,15 franc en 1990 et , on va dire 1€ pour être large en 2011.
        Même si c’est sur 20 ans , c’est déjà beaucoup.

  5. BA dit :

    Mardi 6 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 88,485 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 52,314 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 19,815 %. Record historique battu.

    Mathieu Bruckmüller : Comment expliquez-vous la déroute des banques en Bourse ?

    Sébastien Korchia, gérant actions chez Meeschaert : La semaine dernière, une mission d’évaluation composée du FMI, de l’Union Européenne et de la BCE qui s’était rendue en Grèce pour superviser la mise en place de leur plan d’austérité a claqué la porte. Le marché se dit que le FMI pourrait arrêter de renflouer la Grèce. Pour preuve, le taux d’intérêt des obligations grecques à un an a atteint hier les 80%. A deux ans, il est à 49%. De tels chiffres suggèrent que les investisseurs parient sur un défaut quasi-certain du pays. Si cela se produit, c’est la fin de la partie. La Grèce sera en faillite et les obligations grecques ne vaudront plus rien. En conséquence, les banques européennes qui détiennent en partie de la dette grecque (dont la Société Générale, BNP Paribas et BPCE) subiront des pertes conséquentes. Elles devront donc être recapitalisées jusqu’à 200 milliards d’euros si l’on en croit le FMI. Seul hic: faire une augmentation massive de capital en période de chute des marchés boursiers n’est pas très opportun, surtout si toutes les banques se livrent de concert à cet exercice.

    Mathieu Bruckmüller : Quelle est la solution pour enrayer cette spirale à la baisse ?

    Sébastien Korchia : La décision est politique. La question qui se pose est : ne faut-il pas laisser sortir la Grèce de l’euro pour qu’elle puisse procéder à une dévaluation massive afin de s’en sortir ? Pour le marché, la solution serait que les sommes consacrées au sauvetage de la Grèce soient désormais dédiées à la recapitalisation des banques européennes. Bref, laisser la Grèce faire faillite et créer un plan de sauvetage pour les institutions financières. C’est la seule solution pour arrêter l’hémorragie. Car au final, une chute en dominos des banques serait beaucoup plus grave que la faillite de la Grèce.

  6. BA dit :

    Mercredi 7 septembre 2011 :

    Crise de la dette : la justice allemande valide les aides à l’euro.

    La plus haute instance judiciaire allemande a jugé à cet égard que le gouvernement « avait l’obligation d’obtenir le feu vert préalable » de la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du parlement, avant de prendre un quelconque engagement.

    Pas question par ailleurs pour Berlin de ratifier des accords prévoyant une « communauté de dettes (…), surtout si elle est liée à des conséquences difficilement prévisibles », ont prévenu les juges suprêmes, ce qui peut donner des arguments aux adversaires des obligations européennes communes ou « eurobonds ».

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7c6991258e29eab8c386806b32d20fa3

    En clair :

    - L’Union Européenne ne deviendra jamais une union des dettes.

    - Et il n’y aura jamais d’eurobonds.

    - De toute façon, les Etats européens riches n’arrêtent pas de répéter qu’ils sont contre la création d’eurobonds.

    - Bon, maintenant, qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats européens en faillite ?

    J’aimerais que Nicolas Sarkozy, François Fillon, François Baroin, etc, répondent clairement à cette question :

    « Maintenant, qu’est-ce qu’on fait des cinq Etats européens en faillite ? »

  7. BA dit :

    Mercredi 7 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 96,952 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 54,918 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 20,082 %. Record historique battu.

  8. BA dit :

    A propos des Etats européens en faillite, il n’y a pas que la Grèce : le Portugal est lui-aussi en faillite. Le Portugal est un des trois Etats européens placés sous perfusion du FMI et de l’Union Européenne.

    Comme pour la Grèce, la situation financière du Portugal est de plus en plus catastrophique.

    Quand l’Allemagne lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,540 %.

    Quand la France lance un emprunt à 3 mois, elle doit payer un taux d’intérêt d’environ 0,554 %.

    Et le Portugal ?

    Mercredi 7 septembre 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 3 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt d’environ … 4,959 % !

    Les taux étaient en hausse par rapport à la précédente émission.

    http://www.europe1.fr/Economie/Le-Portugal-emprunte-854-M-d-euros-705933/

    Plus les jours passent, plus le Portugal emprunte à des taux de plus en plus exorbitants.

    Plus les jours passent, plus le Portugal se rapproche du défaut de paiement.

  9. BA dit :

    La zone euro est en train de se disloquer. Cette semaine, trois Etats européens ont emprunté sur les marchés internationaux : la France, le Portugal, la Grèce. Nous pouvons donc comparer la confiance que ces trois Etats européens inspirent aux investisseurs internationaux.

    Pour un emprunt à 3 mois :

    Mercredi 7 septembre 2011, la France a lancé un emprunt à 3 mois : elle a dû payer un taux d’intérêt de 0,554 %. C’est à peu près le taux d’intérêt que doit payer l’Allemagne : pour un emprunt à 3 mois, l’Allemagne doit payer environ 0,540 %.

    Mais en revanche, le même jour, le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 4,959 % ! Les taux étaient en hausse par rapport à la précédente émission.

    Pour un emprunt à 6 mois :

    Mercredi 7 septembre 2011, la France a lancé un emprunt à 6 mois : elle a dû payer un taux d’intérêt de 0,564 %. C’est à peu près le taux d’intérêt que doit payer l’Allemagne : pour un emprunt à 6 mois, l’Allemagne doit payer environ 0,550 %.

    Mais en revanche, la veille, mardi 6 septembre 2011, la Grèce avait dû payer un taux d’intérêt de 4,8 % ! Tous ces chiffres montrent ce qui se passe en zone euro :

    - Les Etats européens riches (France, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande, etc) continuent à emprunter à des taux d’intérêt de plus en plus bas.

    - Les Etats européens en faillite ne peuvent même plus emprunter sur les marchés internationaux pour des emprunts à un an, à deux ans, à trois ans, à quatre ans, … Sinon, ils devraient payer des taux d’intéret démentiels.

    - Les Etats européens en faillite sont condamnés à se financer en empruntant à trois mois et à six mois : les Etats européens en faillite doivent payer des taux d’intérêt exorbitants.

    - Les Etats européens en faillite foncent vers le défaut de paiement.

    http://www.europe1.fr/Economie/Le-Portugal-emprunte-854-M-d-euros-705933/

  10. Sam dit :

    J’ai du mal à être objectif sur ce qu’écrit Lordon, j’apprécie tellement son style.

    @BA

    Ne serait-ce pas ça l’objectif : foncer vers le défaut de paiement.
    Une mise en condition pour une nouvelle phase dans l’application de la stratégie du choc ?…

  11. Hadrien dit :

    QUATREPOINTJean-Michel
    Mourir pour le Yuan ? Comment éviter une guerre mondiale
    (Septembre 11)

    Faillite de la Grèce. Endettement record des États-Unis. Crise de l’euro. Rigueur et austérité un peu partout en Occident.
    Chômage de masse. Économies exsangues. La globalisation, censée apporter bonheur et prospérité au plus grand nombre, tourne au cauchemar pour des centaines de millions de membres des classes moyennes, lentement mais sûrement paupérisés. Trois ans après la chute de Lehman Brothers, rien n’a été réglé. Bien au contraire. Les causes de la crise – déséquilibres commerciaux et déficits qui en découlent – sont toujours là. La Chine, avec son yuan sous-évalué, continue d’engranger des excédents et
    poursuit sa stratégie de conquête. L’Allemagne mercantiliste est tentée de jouer cavalier seul. Multinationales et financiers imposent leurs lois à des États de plus en plus impuissants. Les inégalités explosent, et avec elles, les risques d’implosion sociale.
    Comment éviter la catastrophe qui s’annonce ? Comment faire pour que cette seconde globalisation ne connaisse pas le même sort que la première, qui s’est fracassée un jour d’août 1914 ?

    MONTEBOURG
    (sur son blog)

    Dans l’ouvrage qui parait ce jour, Jean-Michel Quatrepoint pose une série de questions aussi pertinentes intellectuellement
    qu’urgentes politiquement.
    …..
    Le livre de Jean-Michel Quatrepoint est éclairant. Stratégies allemande et chinoise, analyse méticuleuse de nos difficultés, il
    me semble que cet ouvrage mérite une lecture attentive. Notre pays doit trouver un autre chemin.

    Après tout, notre pays, dans son histoire, n’a jamais pour ambition de dominer le monde, juste d’être… libre. Notre problème est qu’il y a toujours eu des forces, les féodaux, prompts à s’allier avec un Empire pour leur intérêt particulier. La finance, voilà l’ennemi !

    Dans cette campagne pour les primaires citoyennes, j’ai fait le choix de dire la vérité : il faut cesser d’être naïfs. L’internationalisme n’a rien à voir avec la soumission totale à la seule loi économique qui prime depuis trop longtemps : celle de la jungle. C’est par internationalisme conséquent que je défends le projet d’une Nouvelle France, qui vise à redresser la tête face à la finance et à bâtir son propre avenir.

  12. Hadrien dit :

    http://www.les-crises.fr/stop-tirons-les-lecons-de-la-crise/
    Dans cet ouvrage passionnant d’un actuaire (Olivier Berruyer), paru cette semaine aux éditions Yves Michel, on trouve deux confirmations aux propos tenus ici:

    « Les politiques de réduction d’impôts mises en œuvre depuis
    plus de dix ans ont contribué à augmenter notablement le poids
    de la dette. Le député UMP Gilles Carrez a calculé que l’État a
    perdu entre 101 et 119 Md€ de recettes fiscales annuelles entre
    2000 et 2009.
    Rappelons un fait trivial : s’il y a des déficits depuis des
    décennies,
    • c’est bien parce qu’il n’y a pas eu assez d’impôts prélevés par
    le passé. On pourrait dire qu’il y a eu trop de dépenses, mais
    comme elles ont soutenu l’économie, et que sans elles, il y aurait
    eu des récessions et du chômage (donc de nouveaux impôts…),
    cela revient pratiquement au même ;
    • c’est qu’il y a eu des prêteurs, qui disposaient de « trop d’ar-
    gent » (à un moment donné), et décidaient de le prêter à l’État.
    Comme ce sont probablement les seconds qui auraient supporté
    les hausses d’impôts nécessaires, on peut donc dire que les classes
    les plus aisées ont réalisé le tour de force de transformer des
    impôts qui auraient dû être versés en une épargne investie à taux
    garanti (face aux 1 700 Md€ de dettes se trouvent 1 700 Md€
    de créances), l’État ayant promis de les rembourser dans le fu-
    tur. Ainsi, avant, les riches payaient des impôts et l’État était en
    équilibre, aujourd’hui, ils ne les payent plus, l’État est en déficit,
    et il doit donc emprunter… aux riches cet argent, en leur payant
    des intérêts ! »

    « Pourra-t-on éviter une monétisation durable et complète des
    déficits publics dans les pays de l’OCDE ?
    Les taux d’endettement public vont considérablement aug-
    déficits publics dans les pays de l’OCDE ?
    menter dans presque tous les pays de l’OCDE. Les taux
    d’endettement public sont, dans les pays de l’OCDE, sur une
    tendance haussière qu’il sera difficile d’arrêter. Quelles sont
    alors les possibilités ouvertes ?
    • utiliser l’inflation pour réduire les taux d’endettement pu-
    blics. Mais la « vraie » inflation (domestique) qui réduirait les
    taux d’endettement publics ne sera pas présente pendant beau-
    coup d’années ;
    • stabiliser dans le futur les taux d’endettement public par une
    réduction forte des déficits publics et le passage à un impor-
    tant excédent primaire du budget ; ceci conduirait à une longue
    période de grande faiblesse des économies, d’autant plus que
    le secteur privé continue à se désendetter ; l’effort budgétaire
    nécessaire pour stabiliser le taux d’endettement public pourrait
    ainsi ne pas être acceptable ;
    • faire défaut (restructurer les dettes publiques) ; mais le coût
    du défaut risque d’être trop élevé.
    Ces solutions apparaissant trop coûteuses, il ne reste alors
    qu’une seule possibilité : faire monétiser les dettes publiques
    massivement et continûment par les Banques Centrales (ou
    le FMI), soit directement, soit indirectement au travers des
    banques. C’est la solution retenue au Japon et aujourd’hui aux
    États-Unis. Il est ainsi possible que cette solution de monétisa-
    tion perpétuelle soit finalement adoptée, y compris dans la zone
    euro (ce qui y serait une forte rupture).
    Elle a bien sûr des inconvénients majeurs : détournement de
    l’épargne mondiale, création monétaire excessive et bulles sur
    les prix des actifs, dans le très long terme hyperinflation. »
    [D’après Patrick Artus, Flash Natixis n°42, 01/2011]

    • chris06 dit :

      @Hadrien,

      dans un monde où il n’y a quasiment plus aucune barrières à la libre circulation des capitaux et où le développement des réseaux de télécommunications et de l’informatique sont tels qu’il ne faut pas plus de quelques minutes pour ouvrir un compte en un point B de la planête et y transférer des capitaux d’un point A, il est évident que cela met les pays dans une situation de concurrence telle qu’il ne faut pas s’étonner s’ils cherchent à offrir des conditions de plus en plus avantageuses aux détenteurs des capitaux.

      Soit on remet en question cette libre circulation des capitaux et on se dote des outils nécessaires pour assurer la traçabilité et le contrôle des transactions financières et on peut espérer vraiment changer cette situation de concurrence désastreuse entre pays, soit on continue dans le paradigme actuel et il faut pas espérer que cela sera en augmentant les impôts sur le capital et ses revenus qu’on pourra renflouer les caisses de l’état!

  13. BA dit :

    Jeudi 8 septembre 2011 :

    Grèce : le PIB au 2ème trimestre s’est enfoncé plus qu’annoncé : – 7,3 % sur un an.

    L’Autorité des statistiques grecques a révisé jeudi à la hausse, à – 7,3 % sur un an, la contraction du produit intérieur brut (PIB) grec au deuxième trimestre, contre une baisse évaluée à – 6,9 % par de premières estimations.

    Cette nouvelle estimation, toujours provisoire mais incluant de nouvelles données, révise aussi à la hausse le recul du PIB au premier trimestre, à – 8,1 %.

    http://www.romandie.com/news/n/_ALERTE___Grece_PIB_au_2e_trimestre_s_est_enfonce_plus_qu_annonce__73_sur_un_an080920111309.asp

    Grèce : taux des obligations à un an : 94,716 %.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 55,050 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 20,127 %. Record historique battu.

  14. attendons dit :

    d’accord avec Lordon,
    attendons que tout s’écroule…

    et après :

    - décréter un moratoire sur la dette existante et la soumettre à un audit public :
    une partie substantielle sera répudiée, le reste sera soumis à la restructuration: rééchelonnement, réduction, plafonnement

    - réformer les statuts de la BCE : mettre fin à son indépendance, permettre le financement monétaire du déficit public (achat par la BCE des titres de la dette publique lors de leur émission)

    - initier une réforme fiscale d’ampleur, pour taxer fortement les hauts revenus, les profits des sociétés et les patrimoines des riches.

    - interdire la titrisation des créances et des fonds spéculatifs, ce qui implique la levée du secret bancaire, instaurer un contrôle du mouvement des capitaux accompagné d’une taxation des transactions financières, interdire définitivement les ventes à découvert, qui permettent la spéculation sur titres

    - mettre toutes les institutions financières sous le strict contrôle de la société, avec la constitution d’un grand pôle bancaire public par socialisation des banques, sans indemnité ni rachat.

    - reprendre aux patrons, par la hausse des salaires et une fiscalité redistributrice, les points de valeur ajoutée confisqués aux salariés depuis le début des années 1980

    - face aux licenciements supplémentaires qui s’annoncent, stabiliser le marché du travail, en rétablissant la prépondérance des CDI et en interdisant les licenciements, d’abord dans les entreprises qui font des profits

    - garantir les acquis sociaux, en finir avec les politiques d’austérité pour enclencher une croissance sociale et écologique, reconstituer des services publics dignes de ce nom

    http://alencontre.org/?p=3467

  15. Sam dit :

    @BA

    Hallucinants, les chiffres que tu donnes ! Ca m’étonnerait que pareille chute du PIB soit comparable à celle qui se produisent quand un pays entre en guerre ou se voit occupé.
    Pauvres gens.

  16. Hadrien dit :

    LA PAILLE DANS L’OEIL DU VOISIN, LA POUTRE DANS LE SIEN…

    Il fait beau voir Moscovici, nouvellement Hollandais, faire la leçon à tous sur son blog, sauf dans son propre camp:
    Ainsi paraît cette semaine, tel l’almanach Vermot dont on n’aurait retenu que la couleur, le nouveau « Peyrelevade » qui annonce son ralliement Hollandais avec la discrétion qu’on lui connaît :
    « France, Etat critique » (Plon, Septembre 2011)…mais défense de rire!
    Voici les premiers mots d’introduction, dès la deuxième page:

    » Proner la démondialisation avec Arnaud Montebourg, imposer comme le suggère le parti socialiste de Martine Aubry des pénalités sur les importations en provenance des zones où ne seraient pas respectées les droits sociaux ou environnementaux…, prétendre avec les souverainistes et certains libéraux que la liberté des échanges n’est concevable qu’entre des pays de niveaux de développement comparables…, autant d’illusions! »

    » Jean-Pierre Chevènement est lui-même l’incarnation la plus éminente de ce curieux alliage qu’alimentent aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg et quelques autres. Le coup de menton souverainiste dissimule la carence de réflexion économique qui n’a jamais dépassé un keynesianisme primaire et mal assimilé. »
    [il y a donc un keynesianisme secondaire et mieux assimilé, celui de Peyrelevade: ça va faire plaisir à DSK!]
    « Eh bien, je suis comme Jean-François Coppé…,Manuel Valls et quelques autres, malheureusement trop peu nombreux, politiquement incorrect. »

    MAUVAISE AUGURE

    Tout annonce, dans ce ralliement imprévu à Hollande, ce qui s’est passé pour « le tournant de la rigueur » en 82/83 avec ses conseils à Mauroy que l’auteur, candide, rappelle fièrement [p 146-147]:

    « La première année du setennat de François Mitterrand…l’Etat a distribué à tout va: la retraite à soixante ans, l’augmentation de 25% des allocations familiales, l’augmentation de 15% du SMIC, les 39 heures payées 40…
    Pour ne pas avoir à quitter le SME et renoncer à ses ambitions européennes, Mitterrand a décidé en Mars 83…de suivre les avis de Pierre Mauroy Premier ministre [c'est à dire ceux de son conseiller économique Jean Peyrelevade] , et de Jacques Delors ministre des finances [c'est à dire ceux de son conseiller économique Pascal Lamy], de changer de cap, d’abandonner une partie de son volontarisme de gauche et de prendre le virage de la désinflation compétitive.
    Avec la volonté, exprimée par Jacques Delors, de ramener le taux d’inflation français au niveau allemand et de ré-accrocher complètement le franc au deutsche mark. Cela a pris dix ans mais nous y sommes parvenus…
    la France est entrée dans une ère d’augmentation de la dette publique et de déficit permanent. Quand il n’y a plus d’inflation pour la gommer, la dette publique, une fois qu’elle est créée, est là, lourde, de plus en plus lourde. » !!!

    Rappelons que ceci eut pour conséquence de faire chuter la croissance à 1,2%, divisant par deux celle (2,4%) qu’avaient déjà divisée Giscard/Barre marquant ainsi la fin des trente glorieuses (plus de 5% en moyenne pendant trente ans).
    Ainsi s’annonce un bis repetita, toujours au nom de l’Europe, avec le soutien supplémentaire de Trichet à la BCE: pour respecter l’orthodoxie monétaire austro-allemande, la social-démocratie s’apprête à sacrifier la croissance, la consommation et le social, à l’euro fort des rentiers!

  17. BA dit :

    Vendredi 9 septembre 2011 :

    Grèce : taux des obligations à un an : 97,964 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 56,976 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 20,555 %. Record historique battu.

  18. BA dit :

    Samedi 10 septembre 2011 :

    La signification de la démission de Jürgen Stark : cette démission signifie que la France n’est plus dans le groupe des Etats européens du Nord. Cette démission signifie que la France vient de basculer dans le groupe des Etats européens périphériques.

    1- Le groupe des Etats européens du Nord était jusqu’à présent constitué des Etats du coeur de l’Europe, du Nord de l’Europe, et la France en faisait partie.

    La caractéristique de ce groupe est la suivante : les Etats européens du Nord ne veulent pas payer pour sauver les Etats européens périphériques.

    Exemple numéro 1 : jeudi 30 juin 2011, le Royaume-uni, l’Allemagne, la France, les Pays-Bas, la Finlande, le Danemark et la Suède déclarent qu’ils ne veulent pas que le budget de l’Union Européenne soit porté à 1,11 % du PIB de l’Union Européenne. Ils veulent que le budget de l’UE reste au niveau ridicule de 1 % du PIB de l’UE.

    Exemple numéro 2 : les Etats européens du Nord ne veulent pas la création des eurobonds.

    Exemple numéro 3 : les dirigeants de la BCE originaires des Etats européens du Nord ne veulent pas que la BCE rachète les obligations des Etats européens périphériques. L’Allemand Jürgen Stark était notoirement opposé à cette action, rejoint en cela par le patron de la Bundesbank, l’Allemand Jens Weidmann, ou encore le Néerlandais Klaas Knot.

    Lisez cet article très important :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/09/09/04016-20110909ARTFIG00668-la-bce-se-dechire-sur-la-strategie-pour-sauver-l-euro.php

    2- Le groupe des Etats européens périphériques était jusqu’à présent constitué des cinq Etats européens en faillite : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne.

    La caractéristique de ce groupe est la suivante : les Etats européens périphériques sont en faillite, et ils veulent que les Etats européens du Nord paient davantage pour les aider.

    Exemple numéro 1 : les Etats européens périphériques veulent que le budget de l’UE soit augmenté de façon massive.

    Exemple numéro 2 : les Etats européens périphériques veulent la création des eurobonds.

    Exemple numéro 3 : les Etats européens périphériques veulent que la BCE rachète massivement leurs obligations d’Etat.

    Conclusion : la zone euro est en train de se disloquer. Les Etats européens ne sont pas d’accord entre eux. Leurs intérêts ne sont pas les mêmes. Et en plus, à l’intérieur même de la BCE, les dirigeants de la BCE ne sont pas du tout d’accord entre eux.

    Conclusion numéro 2 : samedi 10 septembre 2011, la zone euro s’est brisée en deux groupes d’Etats :
    - le groupe des Etats européens du Nord
    - et le groupe des Etats européens périphériques : Portugal, Irlande, Italie, Grèce, Espagne, France.

  19. Sam dit :

    @BA

    Les canots de sauvetage du Titanic n’étaient pas assez nombreux. Les gens montaient tous, ce qui faisaient couler le canot visé et tout le monde avec. Ou les chanceux premiers arrivés chassaient les prétendants vers le large et la noyade.
    Dans tous les cas, des noyés, des remords et une solidarité efficace rompue à jamais.

    C’est bien avant qu’il aurait fallu agir. Renforcer le Titanic, ou lui donner une route, un but qui évite automatiquement les montagnes de glace.
    C’est vers l’europe sociale que les créateurs, les dirigeants – toute cette chienlit socialo-libérale, issue et financée par les institutions et les trajectoires générées par la guerre froide, l’anti-communisme comme valeur et paravent de la simple volonté de pouvoir – de l’UE auraient dû nous aiguiller.
    Le volet "social" du traité de Maastricht faisait même pas deux pages et tout le reste déclinait déjà la main-mise du marché, de l’argent, de la racaille servile avec écharpe et calculette.

    Personnellement, je suis content que l’UE sombre. C’est une entité qui n’a pas de légitimité et se montre parfaitement nuisible pour les peuples. Pas question de payer pour la crise qu’elle a laissé se produire – comme s’ils n’étaient pas au courant du tsunami "subprime"…- et encourage toujours avec à la manoeuvre, les Lagarde et autres serviteurs agents "dormants" des institutions bancaires US, ou de cabinets proches. Pas question de renflouer encore le tonneau des Danaïdes, en appelant ça Eurobonds.
    Il faut nationaliser les banques, reprendre notre faculté de battre monnaie. Et arrêter avec ce cheval de Troie des républicains US.
    D’alleurs Monnet et les USA c’était déjà une belle histoire…

  20. BA dit :

    Sam, je suis d’accord avec ton message.

    Lundi 12 septembre 2011 : l’Italie a lancé un emprunt à 3 mois. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 1,907 %. Les taux sont en hausse : c’était 1,034 % lors de la précédente émission.

    En outre, l’Italie a lancé un emprunt à 1 an. L’Italie a dû payer un taux d’intérêt de 4,153 %. Les taux sont en hausse : c’était 2,959 % lors de la précédente émission.

    Grèce : taux des obligations à un an : 117,211 %. Record historique battu.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB1YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 69,551 %. Record historique battu.

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 23,544 %. Record historique battu.

  21. no-one dit :

    "Personnellement, je suis content que l’UE sombre."

    heu… le but c’est que toute l’économie sombre pour progresser vers la monnaie mondiale et en suite le gouvernement mondial…

    the new world order ca vous dit rien vraiment?

    "Il faut nationaliser les banques, reprendre notre faculté de battre monnaie. Et arrêter avec ce cheval de Troie des républicains US."

    si on empêche la Grèce de sortir de l’euro c’est pas pour rien!!

    les économistes ne sont pas incompétents mais aux ordres sinon fini leurs carrières, les politiques pareils soumis ou morts!! (ex:lincoln, kennedy, kahdafi)

    on est pas chez les bisounours les gars… mais in the real world

  22. chris06 dit :

    Et qu’en pense Jorion?

    Jorion, dans un entretien à capital.fr:

    Si l’Europe veut se ressaisir, elle doit mettre en place un système fédéraliste qui permettrait de mutualiser les dettes et de parler d’une seule voix. Les dirigeants en discutent en coulisse. J’espère maintenant que cette décision sera actée rapidement.

    résultat; de nombreux commentateurs sur son blog lui pose des questions:

    Cadavre exquis n° 5 : Paul est-il pour les euro-bonds ?
    Kerjean n° 7 : quid de la mutualisation des dettes ? Du cadre fédéral ?
    fujisan n° 8 : demande de développements sur les mêmes points.
    gaelec n° 14 : conséquences d’une mutualisation des dettes ?
    Kerjean n° 20 : qui renouvelle ses demandes de développement sur le « fédéralisme ».
    Eric 24 : peut-on espérer une volonté de « fédéralisme » de la part des politiques ?
    Olivier n° 35 : qui s’ajoute aux « surpris » et demande des éclaircissements.
    Kerjean n° 45 : objecte sur le « fédéralisme » et demande à nouveau des éclaircissements.

    Sud n°70 : résume par le fait que Paul Jorion ne répond pas aux questions:

    JA botte en touche, comme toujours

    Alain V répond à JA:

    Après Paul, c’est vous qui bottez en touche. Vous faites baisser le niveau de la discussion, en n’acceptant pas que Paul puisse parfois se tromper. Donner raison à l’autre, c’est si difficile ?

    Remarque personnelle : Jorion ne répond jamais aux questions. Il reste presque toujours vague, imprécis, affirme beaucoup de choses sans les démontrer, et n’accepte jamais, jamais, qu’il puisse se tromper.

    Le fédéralisme européen est sans nul doute une des questions essentielles sur laquelle nous devons débattre :

    Mais avant de commencer à débattre, quelles sont les questions que nous devons nous poser?

    - parler d’une vision commune pour l’Europe a t’il un sens? Partageons nous des choses en commun?
    - y a t’il des questions et des problèmes fondamentaux auxquels nous devons réfléchir et répondre collectivement, dans l’intérêt commun des européens?
    - quel projet politique pour l’Europe voulons nous? Avons nous vraiment le choix? Si oui, quels sont ils?

    • Sam dit :

      @Chris06

      J’avais également noté ces phrases de Jorion. Tu as fait une compil significative des "débats" sur le site…
      Jorion lance la balle à 2m alors qu’avec ses écrits on pourrait croire qu’il va faire exploser les nuages. C’est piteux, consensuel et en rien à la hauteur des enjeux que Jorion lui-même fixe à longueur d’articles, directement ou via Leclerc.
      Finalement, il appelle à la création des USA d’UE, si je comprends bien.

      C’est vrai qu’il ne répond que peu, ou par boutade, de préférence acide…
      Leclerc fait presque pareil. C’est autant une question de situation à mon avis que de caractère.
      Jorion préserve ses yeux, donc il ne lit pas tout. Il préserve les livres à venir et donc ne donne pas ttes ses inférences et déductions, Et il préserve l’énigmatique, meilleur appât à posts.
      Après, c’est l’histoire du général entrant victorieux dans Rome, et qui n’écoute pas Chris06 perché derrière lui et lui hurlant à plein poumons "Sic transit gloriam !.." ;))

  23. Sam dit :

    " heu… le but c’est que toute l’économie sombre pour progresser vers la monnaie mondiale et en suite le gouvernement mondial…"

    J’ai constaté une manipulation des prix faramineuse dés l’arrivée de l’Euro, une dépossession de la capacité de faire une politique nationale digne de ce nom – actée par voix de Constitution, à Versailles et je me souviens encore de la brulure des lacrymos -, de l’immiction de l’UE dans chaque décision politique – via des "lois-programmmes", grds orientations définies par une pelletée de crétins commissaires non-élus et surpayés, visant à donner le cadrage des lois française à venir, limites et orientations comprises -, une revisitation du passé national intégrale, puisque l’UE a pour mission et ambition de reprendre tous les textes législatifs et les passer au scan "communautaire", c’est à dire à la moulinette subsidiarité.
    Sans parler des tonnes de règlement qui rendent non seulement l’UE mais les états qui subissent cette avalanche aussi délirante que dictatoriale, ingérables, paralysés, emprisonnés donc.
    Le principal vecteur de la libéralisation et du maintien de l’impunité comme de la puissance des marchés c’est l’UE paravent et moteur des poliltiques ultra-libérale. Si l’économie européenne sombre, on le devra en grande partie à l’UE.
    Et il faudrait maintenir celle-ci à flots, à coups de QE labellisé UE, parce sinon c’est le gouvernement mondial, etc…
    Tu parles de Bisounours, mais moi je suis dans le réel.
    Je n’ai jamais voulu la puissance des USA que la canaille politique type Sarkozy a salué, encouragé et alimenté, je dénonce depuis je ne sais combien d’années leur main-mise impérialiste et le caractère téléguidé de l’Europe, comme le brevet de bon américanisme qui est collé dans le dos de nos politichiens de "premier" plan.
    Viens, je te montrerai le résultat de ces poliitiques, de l’UE, de la soumission au NWO par fédéralisme, par utopie Bisounours, par carrièrisme de gauche, par connerie labellisée Libération, par stupidité Geekocomplotiste, etc. The real thing, promis.

    • chris06 dit :

      Deux questions:

      1. que veux tu dire par "une manipulation des prix faramineuse dés l’arrivée de l’Euro"?
      2. les institutions de l’UE sont elles plus ultra-libérales que les gouvernements/parlements des nations qui la compose?

      Mis à part le premier gouvernement Mitterrand (Mauroy 81-83) quel exemple de gouvernement national d’un pays d’Europe qui n’ai pas été ultra-libéral peux tu trouver durant les trente dernières années?

    • chris06 dit :

      Je ne suis pas certain qu’on puisse targuer l’UE d’avoir été le principal vecteur de l’ultra-libéralisme en Europe.

      Je suis plutôt d’avis qu’il faille regarder du côté des principales institutions académiques (INSEAD, LBS, IESE, ENA, HEC etc…) qui ont formaté les esprits des décideurs à venir.

      Ayant moi même fait mes classes dans l’une d’elle à la fin des années 80, je me souviens qu’il n’était pas bon soutenir la thèse que les interventions étatiques pouvaient être plus efficaces que les marchés libres.

      • Sam dit :

        Possible. L’UE a été pensée déjà par des "think tanks", du moins l’équivalent de l’époque.
        Un grand vent a soufflé sur tous les corps d’enseignement et de réflexion, c’est certain. Mais quand tu y a fait tes classes, comme tu dis, l’UE était déjà largement en marche.
        Ce serait un intéressant travail archéologique de comparer les enseignements dans les institutions dont tu parles et l’avancée de la construction européenne (traités, mise en route des différents corps de l’UE, intégration des différents pays, création de l’euro..). Un gros travail sans doute…

    • chris06 dit :

      La plupart des décideurs du monde des affaires et de la politique d’aujourd’hui sont nés entre 1950 et 1965 et ont terminé leurs classes entre 1975 et 1990 à une époque où le courant de pensée dominant les institutions académiques occidentales, y compris les européennes, était très nettement libéral, voir ultra-libéral.

      A partir de là il faut pas s’étonner si l’UE, comme tous les gouvernements nationaux ainsi que les institutions privées de la finance et de l’industrie, ont été entièrement dominés par l’ultra-libéralisme. Ce n’est en fait que depuis les années 90 qu’a commencé une réelle remise en question du dogme ultra-libéral dominant à l’intérieur des principales institutions académiques.

      La crise que nous vivons depuis 2008 est bien entendu, et avant toutes choses, le résultat de cette domination intellectuelle dans la formation des élites, comme l’avait déjà remarqué Keynes, ce sont bien les idées qui mènent le monde.

      • Sam dit :

        C’est largement vrai.
        Il y a quand même des couacs nationaux et sociaux qui ont initié, alimenté ces "contre-réflexions" débutant peu après le consensus de Washington, tu dis (si tôt ?..). La crise en Argentine par exemple et les dégâts, qui n’étaient que partiellement réglés, suite à la crise pétrolière des années 70, que les premières bulles boursière et leur éclatement – à partir de 2001, si je me souviens bien- puis la crise de 2008, ont occulté.
        Bref, les idées mènent le monde, qui mène le monde des idées, me semble-t-il. Ca se discute…Et tu vas pouvoir développer dans le topic que le deux ex machina de ce blog vient de lancer

      • Opps59 dit :

        Chris, avant même Keynes , il y a Hegel … puis Marx qui "remet les choses à l’endroit" en pensant l’inverse précisément : la superstructure éco détermine , en dernière instance , Tout.
        C’était beau ces concepts début 60′ , "superstructure, rupture épistémologique, aliénation" , c’était le temps où l’on pensait aussi mal (peut-être même plus au fond) qu’aujourd’hui mais avec beaucoup plus d’exigence.

  24. [...] ne sont pas les seules, mais nous pourrions déjà essayer de répondre à celles posée ici par Chris06 Mais avant de commencer à débattre, quelles sont les questions que nous devons nous [...]

  25. no-one dit :

    les affaires du cartel pharmaceutique (naissance de l’Europe)
    basé sur les contre-rendus de Nuremberg:

    http://dai.ly/lkZ7H6

    • catherine dit :

      Merci no-one, je viens de visionner, ça rejoint bien évidemment les propos de Sutton Antony et Pierre Hillard et d’autres encore mais on est dur à la comprenure, hein!

      • no-one dit :

        "merci no-one"
        you’re welcome.

        "mais on est dur à la comprenure, hein!"
        en quoi partager un lien (censuré chez popol) fait de moi un lent à comprendre? tu me fais un dessin parce que je comprends vite mais faut m’expliquer longtemps…

        allez décompresse, tu stresses pour rien la. ;-)

        • catherine dit :

          Le "on" englobe la majorité, faut arrêter de tout prendre pour soi, mais c’est vrai que ds ce on, on y est aussi, un peu, sinon, on se bougerait davantage, non?

        • no-one dit :

          perso j’y crois plus à l’immobilité comme simple conséquence de l’ignorance, catherine. ca fait 10ans que j’essaye de sortir mes proches et les gens que je croise de leur sommeil: 10ans à passer pour un allumé, un naif, un simplet manipulé par une secte… les plus abrutis deviennent haineux même parfois.

          je ne leur demande pas à me croire sur parole mais au moins de vérifier mais même ca cela reste lettre morte. par contre j’ai entendu toutes les excuses possibles et imaginables comme justification.

          pour la majorité qui coure dans tout les sens pour ne pas avoir le temps de penser, c’est trop leur demander que d’admettre la virtualité des valeurs constitutives de leur vie au point qu’ils nient même les évidences.

          j’insiste plus, ceux que cela intéresse vraiment viennent d’eux même poser des questions, demandent comment vérifier. les autres crieront à la malchance, l’injustice de la vie mais jamais ne bougeront ou alors trop tard.

          je pense que tu vis la même chose mais toi t’as encore l’espoir que ca bouge apparemment. si tu veux mon avis n’espère pas trop car même avec la meilleure volonté du monde, on ne fera jamais d’un âne un cheval de course. (c’est juste un avis t’en fais ce que tu veux)

        • catherine dit :

          J’y crois c’est vrai et même de plus en plus, même si souvent je suis submergée par une grosse, très grosse vague de désespoir qui m’anéantit, me laisse sans voix ou au contraire me fait me révolter et gueuler contre tout ce qui bouge. Mais bizarrement, ça oscille très vite de l’autre côté ensuite et je suis happée à nouveau par ce désir irrepressible du combat au nom de ce rêve d’un équilibre à construire, et je me dis que puisqu’on ne peut pas revenir en arrière, alors le mieux est de se préoccuper de la meilleure façon d’aller de l’avant, et je me dis aussi qu’il n’y a qu’une seule chose qui puisse rendre un rêve impossible à réaliser, c’est de ne pas essayer de le réaliser.

        • simplesanstete dit :

          AH AH mon cher no-one vous décrivez bien ce qu’il faut appeler salement le négationnisme ORDINAIRE celui qui autorise tout le reste, le dérisoire comme réalité, un film, un roman écrit par le politique qui se débat sans fin.

  26. Hadrien dit :

    Pour ceux qui sont favorables au libre échange tous azimuts, et qui citent l’Allemagne en exemple (suivez mon regard),
    Réponse de h-toutcourt aux questions de peyrelevade (13 septembre 2011 à 12:32) sur son blog:
    «Où sont les « démentis » d’Olivier Berruyer?»

    Les voici:

    En démenti à l’introduction de « France, état critique »:
    « interdire toute immigration de main d’oeuvre, dans une sorte de
    rappel des dommages imaginaires provoqués par l’arrivée fantasmée des plombiers polonais…,
    proner la démondialisation avec Arnaud Montebourg, imposer comme le suggère le parti socialiste de Martine Aubry des pénalités sur les importations en provenance des zones où ne seraient pas respectées les droits sociaux ou environnementaux…,
    prétendre avec les souverainistes et certains libéraux que la liberté des échanges n’est concevable qu’entre des pays de niveaux de développement comparables…, autant d’illusions! »,
    BERRUYER écrit:
    » Que penser des conséquences qu’aurait une formulation [analogue à l'article 56 du Traité de Lisbonne sur les capitaux]: toutes les restrictions aux mouvements de capitaux aux mouvements de personnes entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites ? Notre pays aurait rapidement cinquante millions d’habitants supplémentaires… La conclusion est seulement qu’il faut des garde-
    ADDENDUM 1fous… ». [p 47]
    « Le bon sens indique qu’il semble illusoire d’attendre du salarié français qu’il soit « compétitif » face à un ouvrier roumain gagnant 300E par mois (même en travaillant 40 heures par semaine), à un salarié polonais dont l’entreprise fait des économies en rejetant du mercure et du souffre, à un salarié anglais dont la monnaie vient d’être dépréciée de 30% – sans parler d’un employé vietnamien ou chinois pour qui la notion de protection sociale reste un simple concept théorique. Or, tout ceci, constitue bien une « concurrence libre et trés faussée », au sens le plus libéral du terme. » [p 67]

    A votre interrogation faussement candide » Enfin, demandera-t-on aux exportateurs étrangers de prouver qu’ils paient sur leurs territoires les mêmes charges sociales que nous avons imposées à notre appareil productif? », BERRUYER répond manifestement oui!

    En démenti de votre charge contre les cotisations sociales du type européen employeur/salarié:
    « C’est la conséquence du choix politique de faire largement financer la protection sociale par les entreprise et non par les seuls ménages:notre système productif paye prés de 40% de notre protection sociale,… Et on s’étonne qu’il ne soit pas compétitif! »,
    BERRUYER rappelle que ce que le système le moins compétitif est celui où le salarié paye intégralement sa propre protection [santé, retraites, etc.] ce qui entraîne gaspillage et salaires beaucoup plus élevés à la charge des employeurs [aux Etats-Unis, un conducteur de bus peut gagner plus de 4000E]:
    « Soulignons au passage que ces cotisations sociales sont stigmatisées par les idéologues néoconservateurs… Les Etats-Unis sont le pays développé qui dépense le moins pour sa santé sous forme socialisée;…mais ce sont eux qui dépensent le plus pour leur santé au global – sous forme privée. Ainsi, en quoi remplacer 1000E d’impôts pour la santé par 1500E de dépenses privées, pour strictement la même chose pour le patient, est-il une bonne idée? Bref, en l’espèce, l’idéologie forcenée devrait céder la place à plus de pragmatisme… » [p 103]

    En démenti de votre charge contre les trente-cinq heures, dans un sous-chapitre qui leur est consacré:
    « La réforme des trente cinq heures est, paraît-il, derrière nous, digérée et donc irréversible. Eh bien, je suis comme Jean-François Coppé…,Manuel Valls et quelques autres, malheureusement trop peu nombreux, politiquement incorrect. Serions devenus un peuple de paresseux?
    A la semaine, au mois, à l’année, notre durée du travail est toujours parmi les plus courtes. On a certes le droit de préferer le loisir au travail, la paresse à l’effort. Mais si tel est vraîment le rêve collectif, on ne peut espérer de sa réalisation plus de revenus, davantage de croissance et de pouvoir d’achat »,
    BERRUYER répond:
    Défissons la PRODUCTIVITÉ du travail par P,… D comme LA DURÉE MOYENNE DU TRAVAIL, et n LE NOMBRE DE TRAVAILLEURS, on a évidemment:
    PIB = P x D x N
    De cette trés simple équation, triviale, découle toute la problématique habituelle, et les solutions possibles.
    Si, comme nous l’avons défendu, on estime que la consommation, rassasiée, va stagner… et sI on pose comme principe de base que le nombre de travailleurs ne doit pas baisser, il faut donc:
    - soit supprimer tout gain de productivité.
    - soit, si la productivité continue d’augmenter, alors la dernière variable d’ajustement est la durée du travail.
    Sans réduction de travail, la variable d’ajustement sera automatiquement le chômage, et nous payerons des chômeurs à rester chez eux au lieu de payer des travailleurs en partageant le travail.
    Nous ne pouvons évidemment pas parler de réduction du temps de travail sans une analyse de la mise en place des « 35 heures ».
    On constate que la mise en place des trente cinq heures a coincidé avec LA PLUS FORTE AUGMENTATION DU POUVOIR D4ACHAT EN FRANCE DEPUIS DIX ANS.
    Les graphiques permettent d’analyser l’impact sur la compétitivité. On observe de nouveau les résultats de la politique salariale allemande visant à améliorer sa compétitivité au détriment de ses partenaires et de sa consommation intérieure.
    On observe cependant que LA FRANCE a également amélioré sa compétitivité par rapport à ses voisins – mais dans une moindre mesure que l’Allemagne…
    Bref, il est faux de croire que la France a « perdu la course » face à l’Allemagne, en raison d’une politique de réduiction du temps de travail « inconséquente ».
    Les 35 heures n’ont pas détruit d’emplois quand elles ont été mises en place, elles ont au contraire créé 350 000 emplois.
    On n’observe bien AUCUN IMPACT NÉGATIF DES 35 HEURES SUR L’EMPLOI – au contraire, la situation de l’emploi s’améliore un peu comparativement.
    Le dernier graphique démontre l’absence du moindre impact négatif des 35 heures sur la croissance »
    [p 473-487]

    Last but not least, en démenti de votre panégyrique béat de l’Allemagne au Chapitre 4, intitulé l’Allemagne qui travaille, l’Allemagne qui gagne:
    « le salaire moyen de l’allemand n’a pas augmenté, il a même plutôt légèrement diminué. Entre 2000 et 2009, il a reculé au total de 4,5%… une indéniable rigueur. Enfin est intervenue la réforme du système de protection sociale…
    En résumé, l’Allemagne… a accroché son modèle au marché mondial, au commerce international…. ce sont les allemands qui gagnent [qui gagnent quoi? des salaires en baisse et un régime social en baisse dans la course au moins-disant qu' a ouverte Pascal Lamy à l'OMC!],
    voici les éléments que livre BERRUYER:
    » LE MODÈLE ALLEMAND À NE SURTOUT PAS SUIVRE (Titre IV.2):
    en conséquence, la consommation est beaucoup plus faible – l’argent du consommateur ne venant que des salaires gagnés. Ceci est de nature récessive.
    Le fameux modèle allemand ne peut donc marcher que s’il est fortement exportateur – le consommateur allemand ne pouvant acheter les produits « compétitifs » achetés. Ce n’est donc en rien un modèle, puisque tout le monde ne peut l’appliquer, tous les pays ne pouvant être exportateurs nets. Il repose sur une conception d’exploitation de ses voisins: vouloir être exportateur net (donc « gagner » [sic]) signifie vouloir que ses partenaires commerciaux soient importateurs nets, et « perdent donc en permanence ». ce genre de « jeu » ne dure jamais bien longtemps.
    Le manque de performance de ce système « parasite » s’observe sur les deux graphiques, qui illustrent que LA CROISSANCE ALLEMANDE A ÉTÉ INFÉRIEURE À LA CROISSANCE FRANÇAISE 13 FOIS EN 16 ANS, et que LE PIB PAR HABITANT A DÉSORMAIS DÉPASSÉ SON HOMOLOGUE ALLEMAND alors qu’il lui était inférieur de 15% en 1995.
    Soulignons pour l’anecdote qu’un point a été cependant préservé par l’Allemagne: sa trés faible durée du temps de travail. Car on le sait peu, mais L’ALLEMAGNE TRAVAILLE 10% DE MOINS QUE LA FRANCE, 1310 heures de travail par habitant et par an contre 1470 e 2009… »
    [p 445-448]

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