195 – Que pense Galbraith du lien intérêts – inflation?

P 63 à 69 de «  Les mensonges de l’économie » John Kenneth Galbraith (Ed Grasset 2005)

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J’en viens maintenant à notre mensonge le plus prestigieux, à notre plus élégante esquive de la réalité. Dans le système économique moderne, on l’a vu, le passage des bonnes aux mauvaises périodes puis, finalement, des mauvaises aux bonnes périodes est imprévisible. Le boom, la bulle et l’inflation sont suivis d’une baisse de la production avec hausse du chômage, diminution des revenus, stabilisation des prix à un niveau inférieur. Puis, à un certain moment, il y a reprise – l’emploi s’accroît, les revenus augmentent, l’inflation réapparaît dans le discours sinon dans la réalité. Aux Etats-Unis, l’effort pour limiter le chômage et la récession, ainsi que le risque d’inflation, incombe à la Fédéral Reserve, la Banque centrale. Cette institution et son chef constituent la réponse officielle tant au boom et à l’inflation quà la récession ou à la dépression, avec production en baisse et chute des investissements et de l’emploi. On estime que les mesures discrètes prises par la Fédéral Reserve sont les plus approuvées et les mieux acceptées des interventions sur l’économie. Elles n’en sont pas moins parfaitement inefficaces, elles n’ont pas l’effet qu’elles sont censées avoir. La récession et le chômage – ou le boom et l’inflation – se poursuivent.

La réputation aussi flatteuse que fausse de la Fédéral Reserve s’appuie sur un solide fondement : la puissance et le prestige des banques et des banquiers, et le pouvoir magique qu’on prête à la monnaie. C’est cela qui accompagne et soutient la Fédéral Reserve et les établissements bancaires qui en dépendent. Si, face à une récession, la Banque centrale réduit le taux d’intérêt, les banques affiliées sont chargées de répercuter cette baisse de taux sur leurs clients, et de les encourager ainsi à emprunter, Les entreprises vont alors produire des biens et des services, acheter les usines et les équipements qu’elles peuvent désormais s’offrir et qui leur font gagner de l’argent ; la consommation, financée par des prêts aux meilleurs taux, va s’accroître. L’économie réagira positivement, et la récession prendra fin. S’il y a plus tard une expansion avec menace d’inflation, une hausse du coût de l’emprunt, elle aussi décidée par la Fédéral Reserve et appliquée à ses prêts aux banques affiliées, relèvera les taux d’intérêt. Les entreprises restreindront alors leurs investissements, les consommateurs leurs emprunts, l’optimisme excessif sera contré, les prix stabilisés, et on sera donc garanti contre l’inflation.

La difficulté, c’est que ce processus, aussi plausible que satisfaisant, est un credo économique bien ancré qui n’existe pas dans la vie réelle. Cette croyance repose sur une théorie apparemment convaincante, mais pas sur la réalité ni sur l’expérience pratique. Les entreprises empruntent quand elles peuvent gagner de l’argent, et non parce que les taux d’intérêt sont bas. À l’heure où j’écris ces lignes, en 2003, en pleine récession, le taux des prêts de la Fédéral Reserve a récemment été réduit une bonne douzaine de fois. Comme elles étaient une réaction sage et efficace à la récession, ces réductions ont été vigoureusement approuvées. Quoi de mieux que ce mécanisme simple, indolore, apolitique, aux mains de professionnels responsables et respectés que la politique ne souille pas ! Aucun débat déplaisant, aucune controverse absurde. Et aussi – mais on le souligne moins – aucun effet économique.

En matière de récession, notamment, l’espoir dépend toujours de la prochaine réunion de la Fédéral Reserve. On aura alors une promesse, des prévisions et, finalement, un résultat nul. Il n’y a guère d’autre question économique où l’histoire se répète plus sûrement. Mais soyons justes : toute mesure prise est honorable et bien dosée ; elle est unanimement soutenue par les membres du conseil de la Fédéral Reserve et approuvée par le monde financier ; simplement, elle n’a aucun impact perceptible. La reprise arrive, mais sans aucun lien détectable avec l’action de la Fédéral Reserve. Le marché du logement va mieux quand les taux des prêts immobiliers baissent. Les autres secteurs restent hélas indifférents à cette mesure. Lorsque les ventes sont mauvaises, les taux d’intérêt ne sont qu’un détail. Les entreprises ne vont pas emprunter pour accroître une production invendable.

Depuis 1913, date à laquelle la Fédéral Reserve a commencé à exister pleinement, le bilan de sa lutte contre l’inflation et particulièrement contre la récession a été d’une insignifiance totale et continue. On l’a vu pendant la Première Guerre mondiale : les prix ont doublé au cours des deux années où les Etats-Unis ont participé au conflit. Les pouvoirs magiques de la Banque centrale, alors toute neuve, n’ont trouvé aucun remède. Dans les années vingt, en Floride, puis à Wall Street, une folle spéculation s’est déchaînée de manière désastreuse, entraînant des lendemains terribles. La Fédéral Reserve ne lui a opposé aucun frein efficace en temps opportun. Ensuite, pendant une décennie, ce fut la Grande Crise – sans que Washington trouve de remède pour guérir l’économie. La déflation et la dépression persistèrent.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, avec l’expérience du conflit précédent, on redoutait beaucoup l’inflation. Finalement, elle a été maintenue sous contrôle étroit et n’a laissé aucun souvenir vraiment désagréable. Les historiens ne voient même plus le problème. Un facteur de poids a pesé dans cet heureux résultat : on a tiré les leçons du passé et l’on n’a fait aucune confiance à la Fédéral Reserve. Il n’était pas question, dans cette période si difficile, de fonder la politique économique sur l’espoir ou la mythologie. Contenir l’inflation était l’une de mes tâches principales pendant ces années (j’étais administrateur adjoint chargé de la politique des prix à l’Office de contrôle des prix, donc immédiatement concerné par la lutte anti inflation), et j’étais bien persuadé, moi aussi, que la Fédéral Reserve n’avait pas la moindre importance. Et c’était exact.

Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, les menaces d’inflation et de récession ont été moins graves. La Fédéral Reserve, après des débats internes savants et souvent acharnés, a pris des mesures. Elles ont été très applaudies, ont donné lieu à des prévisions optimistes, et n’ont eu aucun effet.

La confiance en toute action jouant sur la monnaie est si ancrée que la Fed, comme on l’appelle affectueusement, se verra créditée du succès dès qu’une vigoureuse reprise se produira. Néanmoins, les faits resteront ce qu’ils sont. En période faste, la hausse des taux d’intérêt ne ralentit pas l’investissement des entreprises. Elle n’a pas grande importance. Ce qui compte, c’est la perspective de profits. Et, en temps de récession ou de dépression, le facteur déterminant est la perspective de recettes faibles. Si les taux d’intérêt baissent, il y aura refinancement des prêts immobiliers, ils trouveront de nouveaux financements ; mais, globalement, les sommes que les débiteurs y gagneront seront assez minimes, et ils en épargneront peut-être une partie. Autant dire que l’effet sur l’ensemble de l’économie sera nul ou insignifiant.

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53 commentaires pour 195 – Que pense Galbraith du lien intérêts – inflation?

  1. François Jéru dit :

    Eh bien 20/20 à John Kenneth Galbraith
    sur ce texte, iI n’y a (pour moi) rien à commenter
    Au cas où il en serait d’accord, personnellement,
    sans demander une réflexion pour éventuellement amender un seul mot,
    je signe en bas

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  2. Hadrien dit :

    Je profite de cette occasion pour signaler à François Jéru que James Kenneth Galbraith, fils de John ci-dessus, a tenu malheureusement sur la dette publique des propos assez voisins de ceux de Henri Sterdyniak èvoqués précédemment.
    Il est vraî que ses propos ne concernent que le cas américain (à lire dans « l’Etat prédateur », 2009).

    Je tâcherai de donner (dans les deux cas) les extrait souhaités, dès que j’y remets la main.

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    • François JERU dit :

      Pour ce qui est de l’extrait ci-dessus (pg 63 à 69) seriez-vous, comme moi, 100% d’accord avec John Kenneth Galbraith, le père ?
      Mais comment diable, pour quelles raisons, le fils James pourrait-il écrire le contraire ?
      N’est-ce pas insensé ?
      Auriez-vous l’extrait où le fils dirait le contraire ?
      même dans le cas américain où fednewyork ne craint pas le quantitative easing par trillions de $ s’ajoutant aux dollars offshore ex nihilo ( % parmi petrodollars, narcodollars, armament$, eurodevises non residents)
      Vous me verrez commenter. Merci à l’avance.

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  3. Hadrien dit :

    J’en profite également pour signaler avoir lu les commentaires d’A-J sur le blog de Reynié (Opinion européenne).

    André-Jacques n’a peut-être pas encore tout à fait intégré que la propagande en gros sabots est la spécialité de Fondapol, officine de droite convertie au sarkozysme, que dirige Dominique Reynié.

    Exemples:

    A l’enquête « Aimez-vous l’Europe » du billet précédent, commandée par Fondapol à TNS SOFRES, les premiers résultats apparaîssant sont:
    – Mentions négatives: 39%
    – Mentions positives: 29%
    – Mentions neutres : 18%
    Cela n’empêche pas Dominique Reynié de titrer le billet:
    « La globalisation relance le soutien des Français à l’Union européenne! »

    Plus loin, Fondapol en profite pour sonder le terrain électoral en tentant de joindre dans l’opprobre tout ce qui n’est pas le marais UMPS:
    Hélas! A la question « Proximité avec M. Le Pen ET J-L. Mélenchon », les français répondent, en suffrages:
    – M. Le Pen uniquement: 88
    – J-L. Mèlenchon uniquement: 93
    – Désaccord avec les deux: 94
    On ignore ce que veut dire « les deux » (l’un et/ou l’autre?) mais les sondés ont déjoué le piège: il y en a deux fois plus pour voter l’un ou l’autre que pour voter contre!
    C’est bien la peine que Dominique y se décarcasse…

    J’ai tenté d’insérer ces remarques sur son blog, à la suite d’A-J, mais j’y suis déjà interdit de site, tout comme chez Peyrelevade.

    Avec sa plume prolixe, François Jégu devrait faire quelques excursions punitives chez ces deux là…

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    • François JERU dit :

      Peyrelevade ! bref, comment dire ?
      Il y a X semestres, disons environ 2 ans (je pourrais rechercher) j’avais déposé une contribution sur son blog. Elle est resté moins de 24 heures; le lendemain elle n’y était plus.
      L’été dernier, en province, un ami fortuné avec qui je bavardais amicalement avait lu un article de Peyrelevade dans Le Figaro
      Lui faisant part de mon intérêt pour cet article, il me le remit.
      C’était ou bien ignorance, erreurs de bonne foi, incompréhensions, ou bien (je vous saurais gré de m’excuser pour le mot) bullshit.
      De mon retour chez moi, au clavier j’écrivis la critique de cet article paru dans Le Figaro; dès le lendemain mon ami l’avait en main; c’est nullement un financier cet ami; il m’a simplement encouragé à poursuivre; il comprend très bien que les taux que les banquiers lui « offrent » en ‘gestion privée » sont délétères, malsains.

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  4. François JERU dit :

    Etre en désaccord avec les deux ce n’est pas nécessairement être 100% contre; ce peut aussi voir qu’il y a pas mal de choses assez bien vues d’un côté comme de l’autre tout en rejetant certains trucs qui ne passent pas. Personnellement, par exemple, je ne suis pas de droite, pas de gauche, pas du cente et pas d’un extrême. Je fuis le parti qui se déclare de droite, celui qui se déclare de gauche, celui qui se déclare du centre, celui qui se déclare d’un extrême. Pour moi ce n’est pas du tout l’enjeu; il est d’abord Xoffzehr, BRI, cohabitation avec du côté de SMI_ni.
    Bientôt le total PSUMP se rapprochera des intérêts défendus par cette mafia : Ubak 0,01%.
    Vu la masse de propagande avec tous les medias (télévision, radio, presse) ces hypocrites patriciens éduens ou chevaliers de la Couronne (Adversaires de la République)ne descendront pas à 1%, mais moins de 20% au total je le sens assez bien … peut être pas en 2011, c’est trop tôt, mais en 2012Q2 assez sûrement.
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    J’aurais sûrement été dans les 94.
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    Après l’été 2012 il n’y aura pas de Loi du milliard aux émigrés. En effet il n’est pas question de spolier les parlementaires PSUMP parce qu’ils ont été conjointement et solidairement laxistes à l’égard du furtif système SMI-Ni, soit par incompétence et/ou indifférence soit pour d’autres motifs soit encore, pour certains, les deux.

    Cette « monnaie globale ou mondiale » EN PLUS du merdier existant ( BBA-LIBOR, BRI, trente places de clearing incontrôlables) est typiquement Xoffzehr assisté en France de Armée des Emigrés de l’Intérieur, occupant les Palais nationaux

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  5. Hadrien dit :

    Ci-dessous le passage de Sterdyniak cité, cette fois en un seul tenant, ainsi que le suivant, sous leurs titres respectifs:

    LA DETTE NE COÛTE RIEN

    En 2009, la charge de la dette était de 2,3% du PIB, soit un taux d’intérêt moyen sur la dette de 3,5%. Supposons que le taux d’intérêt moyen sur la dette soit de X% (4%). Pour stabiliser la dette à Y% (60%) du PIB, un déficit de XY% (2,4%) suffit. Dans ce cas, le coût de la dette, c’est à dire le solde primaire nécessaire pour la stabiliser, est nul. Si la France avait une dette nulle qu’elle souhaitait maintenir, le solde primaire devrait l’être aussi; le gain en termes de marge de manoeuvre budgétaire serait nul par rapport à la situation actuelle. Les charges d’intérêt ne sont pas le deuxième poste des dépenses publiques: corrigées de la croissance elles sont nulles.
    Le taux d’imposition des intérêts est de 30%. Un taux d’intérêt nominal de 4%, avec une inflation de 2%, correspond donc à un taux réel aprés impôt de 0,8% bien inférieur au taux de croissance tendantiel.
    La dette ne coûte rien tant que le taux d’intérêt (aprés impôt) est inférieur au taux de croissance. Elle pose problème si ce taux devient nettement supérieur au taux de croissance mais, en principe, cela ne peut se produire qu’en période de forte croissance et, dans ce cas, les rentrées fiscales permettent de réduire les déficits sans larmes.
    Pour réduire la dette de 90% du PIB à 60%, il faudrait un effort de 3% du PIB pendant dix ans. Imaginons que les pouvoirs publics dégagent ces trois points, faudrait-t-il les consacrer au désendettement (au risque de nuire à l’activité) ou à la recherche, à l’enseignement, à la formation, au soutien à l’innovation industrielleIl n’y a aucune raison de se fixer une norme d’équilibre des finances publiques. L’Etat n’est pas un ménage immortel, il peut avoir une dette en permanence; il n’a pas à la rembourser, mais seulement à garantir qu’il pourra en servir la charge…

    [Comme déjà dit, ce raisonnement abusif à la Fitoussi est d’autant plus surprenant chez Sterdyniak qu’il est contradictoire avec son passage, deux pages plus loin, sous le titre]:

    DETTES ET EQUILIBRES MACOECONOMIQUES

    … La montée de la dette dans les pays européens ne provient pas d’une hausse des dépenses publiques puisque celles-ci, en proportion du PIB, sont en baisse (de 1997 à 2007, de 1,4 points pour la zone euro, de 0,8 point pour la France), mais de l’effritement des recettes publiques (de 1,5 point de PIB dans la zone euro comme en France, sur la même période). Le marché unique sans harmonisation fiscale a conduit les pays à la concurrence fiscale. Les réductions d’impôt (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des plus riches, sur les patrimoines) se sont multipliés, sans impact favorable sur la croissance. Avec l’argent économisé sur leurs impôts, les ménages aisés ont pu acquérir les titres de la dette publique que les administrations ont dû émetttre pour financer les déficits ainsi provoqués. En même temps, ce désarmement fiscal a été choisi par les classes dominantes de façon à tirer prétexte du déficit ainsi créé pour déclarer inéluctable la baisse des dépenses publiques.

    [La contradiction avec le passage précèdant est patente: si s’endetter ne coûte rien, pourquoi donc sembler ici le regretter?]

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    • François Jéru dit :

      La prétendue croissance n’est constituée que d’une part du rackettage des naufrageurs-sauveteurs !
      Vous aviez totalement raison. A chaque paragraphe le même slogan infondé

      Dans ce cas, le coût de la dette est nul.
      la dette ne coûte rien tant que le taux d’intérêt (après impôt) est inférieur au taux de croissance

      Près de 1400 milliards € d’intérêts pompés (rackettés) aux PME et aux particuliers par l’impôt ne coûte rien !
      Si-Si C’est le PS qui vous le dit.
      N’auriez-vous pas confiance dans le PS; il n’a pas le monopole du ceur, mais il est de gauche non ? … la gauche est honnête, non ?

      Un effort de 3% du PIB pendant dix ans

      Il s’agit sûrement de laisser les maîtres du LIBOR remonter les taux des eurodevises incontrôlables par le G20. Allons donc

      Il n’y a aucune raison de se fixer une norme d’équilibre des finances publiques (…) L’Etat a seulement à garantir qu’il pourra en service la charge

      En un seul quinquennat, au taux de 5%, c’est un nouveau racket de près de 500 milliards d’€ sur les PME et les particuliers.
      (les transnationales échappent très largement à l’impôt)

      Une tricherie ou juste une idiotie ce bouquin ?

      Les familles autrefois aisées (hors le 0,01% ) hésitent à engager des travaux à désépargner

      Plus de 4 millions d’emplois sont manquants
      et on ponctionnerait aisément 500 milliards d’€

      – sans conséquence encore plus désastreuse ?
      – sans que ça ne coûte ?

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    • François Jéru dit :

      Au delà de ce racket direct,
      l’internaute décidé(e) à mieux saisir les effets mortels de la Dette de l’Etat
      peut parcourir le billet n°193 Le Puits sans fond
      la contribution du 14 juillet à 22:14 .
      Aux sept points A à G il faut ajouter les effets désastreux du taux d’intérêt sous la responsabilité de l’Etat (abandonnée au Cercle offshore contrôlant les banques centrales) sur la hausse permanente du prix du m2 (plus de 8000 M2 à Boulogne) et donc la hausse permanentte du coût des loyers
      un DRAME NATIONAL !

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      • François Jéru dit :

        + L’IMPACT DES DERIVES !
        pour une large part VOL MANIFESTE puisque les fluctuations ne dervaient pas du tout avoir l’ampleur imposée par les naufrageurs-sauveteurs
        – racket dans les structures de l’Etat,
        – racket dans les entreprises I&C,
        sans compter — tenez vous bien ! — souvent des salles de marchés dans ces structures !!!
        A ce stade, pas d’exemples. Si vous en avez ne vous privez pas. Il suffit de lire les rapports annuels
        Souvent des milliards par structure

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  6. Hadrien dit :

    Dans la même veine post-keynésienne (qui a un peu trop abusé du « post-« ), voici les passages évoqués de James Kenneth Galbraith, fils du célèbre John, dans son livre « L’état prédateur », dont les propos sont plus heureux ailleurs que ceux extraits ici du chapitre 5 « Le rêve impossible de l’équilibre budgétaire »:

    En réalité, l’équilibre budgétaire a été le tout premier pilier conservateur à s’éffondrer; sa mort a été le compromis avec la réalité le plus réussi des années Reagan. Les réductions d’impôts de Reagan étaient officiellement de l’économie de l’offre, mais elles étaient aussi des réductions d’impôts. Leur effet le plus important était simplement de mettre davantage d’argent dans des pôches privées. Associées à ces baisses d’impôts, les dépenses de Reagan ont provoqué un énorme tournant vers les déficits budgétaires de 1980 à 1983. Et ceux-ci ont alimenté la puissante expansion économique qui a commencé cette année-là et qui s’est poursuivie jusqu’à la fin de la decennie.
    C’était une forme conservatrice de politique keynésienne qui éffaçait l’obstacle historique au keynésianisme: l’opposition féroce des trés riches.
    ….
    La reaganomanie a évacué ce problème en orientant les réductions d’impôts au profit des riches, et en faisant transiter l’argent des déficits budgétaires par la fortune existante au lieu de la contourner.
    Dans le keynésianisme version Reagan, le prix à payer pour la prospérité n’était plus le renversement des rapports sociaux, c’était leur perpétuation.

    La crise asiatique de 1997 a ramené une marée de capitaux au bercail, dans le refuge sûr des bons du trésor américain, renforçant le dollar. Le déficit commercial a augmenté.
    Mais, cette fois, pas le déficit budgétaire. Il a chuté jusqu’à zéro, et jusqu’à se transformer vraiment en excédent, pour la première fois depuis 1969.. Comment cela a-t-il pu arriver? Comment note déficit extérieur a-t-il pu augmenter et notre déficit budgétaire diminuer?…
    Il y a un cas de figure (et un seul) où le déficit budgétaire peut diminuer tandis que le déficit commercial augmente: quand le secteur privé de l »économie américaine assume le rôle jusque là joué par l’Etat, en acceptant lui même un déficit budgétaire. Et c’est ce qui s’est passé… Les cates de crédit, les emprunts hypothécaires, les prêts contre garantie immobilière sont soudain devenus les forces motrices de la croissance économique américaine… La bourse et le boom de l’immobilier donnaient à beaucoup de gens l’impression d’être riches…
    Les recettes fiscales ont grimpé. Depuis des années, républicains et démocrates avaient clamé qu’ils voulaient un budget en équilibre. A présent ils en avaient un, mais c’était un problème, pas une vertu.
    Les excédents ont fait ce que font tous les excédents: un Etat en excédent soustrait nécessairement en impôts aux dépenses privées plus qu’il n’injecte en versements aux revenus privés. Cela a obligé l’économie privée à financer son expansion en accumulant des dettes. Mais, à la différence de la dette de l’ETat, la dette privée a des limites. Elle ne pouvait pas durer indéfiniment et elle ne l’a pas fait. Le boom de la technologie a pris fin en avril 2000 avec le Krash de NASDAQ. Les recettes fiscales se sont effondrées, et pas seulement pour l’Etat fédéral, mais aussi pour des Etats cruciaux comme la Californie qui est entrée dans une crise budgétaire grave. L’économie a basculé dans la recession au début de l’année 2001, et le déficit budgétaire a réapparu.

    [On pourrait dire, comme pour Sterdyniak: pourquoi donc sembler le regretter?]. Mais l’auteur s’en tire par une pirouette:

    En résumé, et pour le dire crûment, équilibrer le budget est une mission impossible et sans intérêt. A toutes fins pratique, le déficit constaté dans le budget ne dépend plus des décisions de la politique budgétaire fédérale, mais du commerce international et de la position financière du secteur privé. Tant que le commerce extérieur américain reste en déficit permanent -et il doit le rester tant qu’une économie mondiale instable et en croissance exige des dollars pour ses réserves-, le déficit budgétaire fédéral est fondamentalement permanent. Politiques et commentateurs peuvent dire ce qu’ils veulent sur les déficits budgétaires. Rien de durable ne peut, ne va et même ne doit se faire contre eux, sauf par le biais d’un changement du système financier mondial. Ce changement pourrait finir par arriver. Peut-être, d’ailleurs est-il dans ses premières phases de gestation à l’heure où j’écris. Mais, quoi que l’avenir nous réserve, c’est dans le système financier mondial et non au Congrés que se décidera l’équilibre futur du budget fédéral des Etats-Unis et son importance ou non pour les Américains.

    [On a envie de dire: il y a donc une issue à la dette qui n’enrichit que les rentiers… c’est la définanciarisation de l’économie mondiale! Ça, on le savait déjà…mais c’est précisément l’objet de la question de départ: comment les nations peuvent-elles se financer sans accroitre les inégalités? ]

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    • A-J Holbecq dit :

      @Hadrien
      Pourquoi les Etats sont nécessairement déficitaires ?
      https://postjorion.wordpress.com/2011/03/06/157-pourquoi-les-etats-sont-necessairement-deficitaires/

      Mais aussi l’article original d’un « circuitiste » (Vallageas) http://www.eco-life.fr/references/pourquoi_les_etats_sont_deficitaires.pdf qu’il vaut peut être mieux lire directement plutôt que la semi transcription sur ce blog ci

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      • Hadrien dit :

        C’est bien ce que raconte le texte de James Galbraith (on peut échanger de l’endettement privé contre de l’endettement public et réciproquement), mais il oublie de préciser… à fiscalité inchangée, ou à monétisation inchangée. Or, on ne voit pas pourquoi!

        Si la dette publique est chronique, et surtout croissante, c’est que l’Etat s’ingénie à rétribuer le capital des riches, au lieu de les imposer en conséquence, où « d’euthanasier le rentier », ce qui revient au même.
        (Au passage, Sarkozy tente de s’inspirer de la reaganomanie)

        On voit bien quel est le débat entre républicains et démocrates américains, en ce moment.

        Pourquoi donc James Galbraith occulte-t-il ce débat, comme beaucoup de « circuitistes » post-keynesiens?

        Marc Bousseyrol, que j’ai cité, pose la même question dans son livre « Introduction à l’oeuvre de Keynes »:

         » En 1933, Keynes fait paraître une lettre dans le New York Times où il écrit:
        -J’insiste énergiquement sur l’accroissement du pouvoir d’achat national résultant de dépenses publiques financées au moyen d’emprunts.
        Mais l’économiste ne répond pas à la question pourtant si simple: pourquoi emprunter et payer des intérêts sur de la monnaie que l’on peut créer [ou prélever] soi-même gratuitement ?  »
        Et il développe comment…

        J’ai rajouté [ou prélèver] car, aujourd’hui, la financiarisation globalisée fait que le prélèvement sur les riches a peu de chances de handicap en retour sur la consommation locale.

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        • A-J Holbecq dit :

          Comme la monnaie est toujours (oui François Jéru) crée par les banques commerciales sous forme de monétisation de créance, il n’y a effectivement que 3 solutions:
          – l’Etat s’endette pour lui même
          – les entreprises s’endettent pour prêter à l’Etat
          – les ménages s’endettent pour prêter à l’Etat

          Les banques sont toujours gagnantes saut défaut de remboursement

          … alors qu’il serait si simple que l’État emprunte à sa banque centrale!

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        • François Jéru dit :

          C’est faux de croire ou faire croire « Toute monnaie vient de l’emprunt »
          C’est vrai dans
          l’existant Système
          car le concept BRI avec ses banques centrales
          est un système de voleurs

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      • Hadrien dit :

        En résumé, les (post-)keynesiens vantent les vertus de la dette publique et fustigent en même temps la rente qu’elle induit!
        Pourquoi donc s’enfermer dans ces limites?

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    • A-J Holbecq dit :

      J’aime bien cette phrase  » Mais, à la différence de la dette de l’ETat, la dette privée a des limites.  » toujours avec bémol, bien sur…

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  7. Hadrien dit :

    A la dernière remarque ci-dessus, on pourrait ajouter (avec Marc Bousseyrol) que c’est aussi ce que souligne Keynes dans le Chapitre 12 de sa Théorie Générale, quand il écrit:
    « Les dépenses d’investissement deviennent plus vulnérables et soumises à des contraintes de rentabilité immédiate, délaissant des perspectives de long terme, dès l’instant où la proportion du capital des entreprises détenue par des rentiers spéculateurs s’accroît, car ils sont trop soucieux de conserver de manière immédiate leurs liquidités. »

    Pour désigner les rentiers, A. Parguez écrit: « Sont rentiers ceux qui s’enrichissent par la seule acquisition de créances en percevant les intérêts et les gains d’aubaine. » Ils sont responsables, selon Keynes, de « la rareté du capital accumulé » et de « la pauvreté relative d’une grande partie de l’humanité » par la ponction qu’ils effectuent sur l’économie réelle.

    On en revient bien à mon commentaire inital du 14 juillet 2011 à 19:35, dans « le puits sans fond ».

    .

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    • A-J Holbecq dit :

      J’ai vraiment un doute sur cette phrase de Keynes  » « Sont rentiers ceux qui s’enrichissent par la seule acquisition de créances en percevant les intérêts et les gains d’aubaine. » Ils sont responsables, selon Keynes, de « la rareté du capital accumulé » et de « la pauvreté relative d’une grande partie de l’humanité » par la ponction qu’ils effectuent sur l’économie réelle. »

      Si les rentiers gardent des liquidités, ils ne touchent pas d’intérêts.
      Si les rentiers veulent percevoir des intérêts ils sont obligés de se dessaisir de leurs liquidités et les bénéficiaires (entreprises , ménages, ou Etat) vont donc profiter de celle ci.
      Il ne peut y avoir de thésaurisation qu’en espèces.

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      • Hadrien dit :

        Je pense que nous sommes d’accord plus haut :
        Hadrien 18 juillet 2011 21:43, AJ Holbecq 19 juillet 2011 8:09

        Concernant ci-dessus, le passage de Keynes qui contient le mot « liquidités » est:
         » dès l’instant où la proportion du capital des entreprises détenue par des rentiers spéculateurs s’accroît, car ils sont trop soucieux de conserver de manière immédiate leurs liquidités. »
        Je pense que Keynes fait allusion aux actions qui sont assimilables à des liquidités, car négociables immédiatement en « délaissant des perspectives de long terme », de sorte que « Les dépenses d’investissement deviennent plus vulnérables et soumises à des contraintes de rentabilité immédiate ».

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        • A-J Holbecq dit :

          Oui, peut être, encore que le vendeur d’action ne fait pas disparaitre d’action… il transfère seulement la monnaie de l’acheteur dans sa propre poche (la bourse est un jeu à somme nulle).
          J’avoue que je ne comprends pas …

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        • Hadrien dit :

          Il suffit de songer à la ruée sur l’or en ce moment . Je doute que ce soit trés favorable à l’économie « réelle ».

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      • François Jéru dit :

        à A-J Holbeck
        Vous oubliez totalement les DERIVES !!
        Par exemple

        600.000 milliards $ dérivés de taux
        40.000 milliards $ de CDS (Credit Default Swaps)

        Par exemple
        2 milliards € dérivés de taux ponctionnés dans les comptes de RFF (Réseau Ferré de France). Autant à ajouter au prix du billet SNCF.

        Il est FAUX de DIRE il NE PEUT y avoir de THESAURISATION EN ESPECES

        La monnaie lambda ne se thésaurise pas au delà de deux ans.
        Elle est obligatoirement convertie.

        Essayez de ne pas toujours rester
        dans le passé,
        dans le manuel pour universitaire sur rails pour des décennies, dans l’existant SMI_ni de voleurs, pourri.
        Le « par coeur » ne nous intéresse pas
        Merci

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        • A-J Holbecq dit :

          Ni les CDS, ni les dérivés de taux ne sont de la monnaie: il ne s’agit pas de contreparties d’actifs et vous pouvez toujours essayer d’aller payer de la baguette de pain au yacht en CDS… personne n’en voudra ou alors ce sera du troc.

          J’ai dit : il NE peut y avoir QUE thésaurisation en espèces.
          On ne peut thésauriser de la monnaie scripturale sauf dans l’esprit de Jean Bayard ( http://www.bayard-macroeconomie.com/les7plaiesdeleconomie.html#7plaies3 ) … mais évidemment je ne suis pas de son avis.

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      • A-J Holbecq dit :

        @Hadrien
        S’il y a un acheteur il y a un vendeur qui va , lui, bénéficier des liquidités dont l’acheteur se sera défait … non?

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        • A-J Holbecq dit :

          Aurait du être positionné après et en réponse à

          Hadrien dit :
          19 juillet 2011 à 19:50

          Il suffit de songer à la ruée sur l’or en ce moment . Je doute que ce soit trés favorable à l’économie « réelle ».

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  8. François Jéru dit :

    LA GRANDE NIAISERIE c’est de croire les banques centrales inféodées à la BRI elle-même vassale de
    ses créanciers, naufrageurs-sauveteurs

    LA GRANDE NIAISERIE c’est de croire les manuels ou les « grands » économistes médiatisés par exemple Joseph Stiglitz, prix d’Economie de la Banque Suède («  »Nobel«  ») aussi enfumé que ses confrères et choisi pour cette raison.

    LA GRANDE NIAISERIE ou TURPITUDE
    c’est de croire ou faire croire

    toute monnaie vient de l’emprunt

    C’EST FAUX !!
    C’est vrai dans le système BRI parce que c’est un système de voleurs
    . Qu’il ait été fondé en 1930 ou à une autre date, c’est par essence un système de voleurs. Idem pour fednewyork fondé en 1930.

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  9. A-J Holbecq dit :

    Oui, mais nous les avons empruntés pour les payer .. ce paiement n’a « rien coûté » (avec plusieurs bémol) aux français, sauf une culpabilité d’être endettés et de penser que de ce fait l’État est vraiment mal géré.

    Ce sont les « riches » (mais aussi des épargnants via leurs assurances vie) qui financent les déficits de l’État… donc, au contraire, ce sont des recettes supplémentaires qui seront : rien n’a « été racketté aux PME et aux particuliers par l’impôt »… pour le moment!

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    • François Jéru dit :

      Il est à espérer que le PS ne fasse pas comme vous,
      confonde
      « recettes » et « sources de fonds par la dette »
      (dette provenant de déposants-épargnants-créanciers-
      Vous ne voyez que le nominal de la dette et vous oubliez même la toute première cause du désastre induit, la toute première cause

      sans même la liste A à G du commentaire du 14 juillet à 22:14 sur le billet n°193

      La toute première cause :
      le décaissement effectif de 1400 milliards rackettés : commissions bancaires, intérêts bancaires, primes de bancassurance à payer y compris dérivés, frais de gestion bancaire.
      Ce ne sont PAS les PRETEURS ( qu’ils soient « riches », spéculateurs ou épargnants ordinaires de toutes classes sociales) qui paient ces 1400 milliards de charges d’exploitation; ils les encaissent.
      Ce sont les CONTRIBUABLES (entreprises, particuliers)
      qui paient ces charges récurrentes !
      – – – – –
      En outre,
      En plus,
      Il faut aussi des impôts, taxes ou autres ponctions tels que TARIFS PUBLICS PLUS ELEVES pour REMBOURSER,
      année après année, le NOMINAL, les ECHEANCES.

      Et ne pas rembourser n’arrange rien,
      au contraire, tout EST PIRE
      L’élévation de la dette induit des CHARGES QUI COUTENT DE PLUS EN PLUS CHER   A LA   POPULATION (entreprises et particuliers), celle-ci aurait un bien meilleur usage de cet argent racketté (isoler sa maison, etc.) que de voir l’Etat payer autant de frais bancaires à des créanciers-épargnants.
      Pour mémoire sur les 1600 milliards € de la Dette de l’Etat, plus de 1000 milliards € de la source provient de créanciers ETRANGERS.
      C’est donc un pompage à gros-gros tuyau depuis les comptes courants des ménages, des PME payant l’impôt (et des transnationales à un bien moindre %) à destination d’encaisseurs à l’étranger [ dont personnel politique corrompu avec comptes de non résidents à l’étranger ]

      NE PAS REMBOURSER la DETTE est pire
      c’est CATASTROPHIQUE

      (1°) le niveau de la dette est plus élevé
      et les charges précitées (qui affaissent le pouvoir d’achat de la population) s’alourdissent de façon proportionnelle

      (2°) les taux d’intérêt ne peuvent, avec d’éventuels répits pour crise dramatique (2009-2010), qu’ aller à la hausse car le risque est plus élevé pour les prêteurs (cf. Grèce, Portugal, Espagne, Irlande, etc. maintenant l’Italie)

      (3°) Tout est plus cher car la position est affaiblie.

      Les hauts gradés du PS et leurs économistes chéris (Fitoussy, Daniel Cohen, etc. etc.) peuvent s’y mettre à plusieurs à dire n’importe quoi; c’est ainsi.
      Et plus longtemps cette dette est en vigueur, outstanding, revolving, même maintenue à un niveau quelconque (1600 miliards, 1200, 800, 400), plus les effets induits sont CATASTROPHIQUES, tragiques, délétères
      (n°193) 14 juillet à 22:14 – ENCHAINEMENT CALAMITEUX

      Toute dette de l’Etat à la fois
      – tue la croissance de l’Economie réelle (c.a.d. hors banksters)
      – dégrade, fait décliner, l’Economie Réelle
      – accentue, accélère le nombre des chômeurs
      – rapproche nécessairement la date de Sécession de la population (99,99%) de ses gouvernants (PSUMP) tricheurs, irresponsables, indignes.

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      • A-J Holbecq dit :

        Vous ne réfléchissez pas assez François Jéru.
        L’Etat ne paye pas les intérêts à partir des recettes fiscales (il serait bien en peine puisque le budget est en déficit depuis 30 ans); il emprunte pour cela.
        L’Etat ne rembourse pas non plus le nominal (il serait bien en peine puisque le budget est en déficit depuis 30 ans); il emprunte pour cela

        Mais évidemment le total des emprunts rentre dans le budget de l’Etat, en recettes.

        Ce sont donc de nouveaux prêteurs qui se substituent à l’État aussi bien pour payer les intérêts que pour « remplacer » le capital emprunté arrivant à échéance durant la période fiscale (avec pour conséquence d’augmenter la dette publique).

        Il n’y aurait que le cas où les budgets publics seraient en excédent ou on pourrait dire  » nous (l’Etat) payons les prêteurs »

        Je ne vois pas comment mieux expliquer ceci.

        Sur la seconde partie de votre commentaire : non, ON ne remboursera jamais la dette, elle est près de 6 fois l’ensemble des recettes fiscales annuelles; c’est donc simplement impossible de la rembourser puisque c’est même actuellement impossible de seulement payer les intérêts sans emprunter 🙂

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        • Hadrien dit :

          Je suis désolé de ne pouvoir suivre (et surtout prolonger) ce raisonnement. C’est tout simplement la « martingale » de la fuite en avant, bien connue au jeu de roulette:
          – le joueur, lorsqu’il perd, mise le double en attendant de gagner. Il récupèrera ainsi toutes ses pertes!
          On démontre en mathématiques que c’est faux lorsqu’on intègre l’inévitable plafond empêchant de grimper à l’infini. La seule fois où le joueur atteint ce plafond (et il l’atteindra nécessairement s’il continue de jouer avec cette « martingale »), il reperd plus que tous ses gains!
          Quiconque a essayé s’en aperçoit tout de suite. Ceux qui se sont entêtés en repoussant le plafond se sont finalement ruinés en laissant tout leur argent à la banque du casino…

          C’est ce qui est en train d’apparaître au grand jour: en réempruntant constamment pour payer les échéances d’une dette croissante, comme le faisait le joueur de Dostoievsky, on approche d’un plafond…

          C’est la raison pour laquelle on ne peut sortir du piège qu’en changeant les règles du jeu, comme je le décrivais pour l’euro dans la solution où le Nord adopterait un euro-mark, laissant aux pays du Sud l’euro nominal et donc la faculté de modifier l’interdiction pour sa Banque d’émission (BCE), de financer les Etats endettés.
          C’est aussi une sorte d’optimum de Pareto, où Nord et Sud y gagnent (à cet égard) en remboursant en euros factuellement dévalués. Et ce sont bien les banques et les rentiers qui y perdent.
          Evidemmment, il faut pour cela un changement de régime… et pas seulement remplacer l’UMP par le PS: Jean Paul Fitoussi, qui insufflait à Jospin cette philosophie de « la dette ne coûte rien » est aujourd’hui le conseiller de Sarkozy!

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        • A-J Holbecq dit :

          @Hadrien

          Je n’ai absolument pas dit que j’approuvais ce « jeu », c’était juste une explication sur les affirmations de François Jéru et je suis tout à fait d’accord avec l’image de la roulette : nous avons d’ailleurs un exemple sous les yeux, c’est la Grèce.

          Je pourrai dire de la même manière que je suis un fervent partisan de la monétisation, tout en mettant des limites à cele ci : les conséquences d’un « no limit » ne sont pas les mêmes que la dette, mais il y a aussi un plafond.

          Absolument d’accord avec votre conclusion, mais je pense plus à un « euro » commun.

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        • François Jéru dit :

          [ En Ref. Hadrien 15:38 ]
          – – – – – – – – – – – – – – – – – – –
          Bonjour Hadrien,
          Bien Hadrien. 5 sur 5 avec vous.
          Pleinement d’accord.
          A-J Holbeck doit commencer par accepter de se poser la question
          serait-il possible que parler de « la Monnaie » ou de « l’Arget » au singulier comme de « la Dette » n’a absolument aucun sens.
          L’enfoiré fait exactement la même erreur.
          Lire L’enfoiré ou Paul Jorion c’est du pareil au même !!

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        • A-J Holbecq dit :

          Je vois ce débat buter sur la définition même de « la monnaie »
          Si nous ne revenons pas à des fondamentaux (qu’est ce que la monnaie? quels sont les rôles de la monnaie? qui émets la monnaie?) nous allons vite arriver à un dialogue de sourds.

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        • François Jéru dit :

          Aussi longtemps que vous vous obstinerez à parler des concepts de monnaies et titres épargne-investissement avec le seul mot « monnaie » au singulier, en effet, ça ne peut que demeurer un dialogue de sourds.

          -1- Question de biodiversité, sur un même territoire partir du principe qu’il peut au XXIe sièle (après avoir questionné le PATER PATRIAE) , pour des finalités très différentes, y avoir des comptabilités en plusieurs unités de compte. N’avons-nous pas Internet et des ordinateurs ?
          pas seulement la déesse JUNON devenue (en 390 avant JC) MONETA à côté des
          OIES du CAPITOLE ?

          -2- Tenir compte des définitions fréquentes mais sans s’enfermer dedans

          -3- Accepter qu’il faille innover dans la catégorisation, dans la représentation structurale de cette vague réalité multi-dimensions (espace, temps, etc.), abstraite multi-forme, complexe.

          -4- Accepter l’idée que les livres établis, y compris (surtout) ceux des primés de la Banque de Suède peuvent nous mener à une impasse ou à un bloquage quant aux décalages de créativité qui sont absolument réclamés depuis plusieurs décennies, au moins depuis juin 1980 (pour ce qui est de ma génération; j’avais 32 ans 1/2)

          -5- Ne plus jamais parler de « monnaie » ou d' »argent » au singulier. Cela n’a aucun sens.

          Merci pour votre compréhension

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        • A-J Holbecq dit :

          @F.J.

          Justement si, chaque mot à un sens précis et parler de monnaie au singulier a un sens; mais encore faut-il utiliser ce terme à bon escient.

          Voici ce qu’en dit Wikipedia (
          « La monnaie est un instrument de paiement spécialisé accepté en règlement d’un achat, d’une prestation ou d’une dette. Elle peut remplir trois fonctions principales :

          – la fonction d’intermédiaire dans les échanges ;
          – la fonction de réserve de valeur ;
          – la fonction d’expression d’unité de compte pour le calcul économique ou la comptabilité ;

          Certains auteurs considèrent que la capacité d’éteindre des dettes et des obligations, notamment fiscales, constitue une quatrième fonction appelée « pouvoir libératoire » de la monnaie. En pratique ces fonctions peuvent être assurées par différentes monnaies en circulation simultanée1.

          Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d’échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques. »

          Les fonctions sont celles déterminées par Aristote…

          Mais pour ma part je ne considère qu’il faut ajouter une caractéristique: c’est la « liquidité » , c’est-à-dire la disponibilité instantanée ou quasi instantanée, comme le considère Allais.
          Si la monnaie n’est pas « liquide » (ce qui n’a rien à voir avec sa forme, une monnaie scripturale /électronique peut être « liquide »… ne pas confondre avec les « espèces »), ce n’est plus de la monnaie ( voir https://postjorion.wordpress.com/2011/05/15/177-aunac/ )

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  10. François JERU dit :

    Les quatre contributions précédentes (20:37 à 20:39)
    sont toutes en relation avec
    les hétérogènes dimensions
    [ Espace, Temps (LT, MT, CT) et autres paramètres ] c
    ontribuant à caractériser :
    -1- MONNAIES-sur-un-même territoire (pluriel), incluant
    -2- MONNAIE-A-ETALON (lambda)
    -3- MONNAIE SANS ETALON (euro)
    -4- FLUX MONETAIRES (pluriel), par exemple
    FLUX-des-SALAIRES virés chaque mois par les employeurs sur une liste de comptes bancaires (DAV) de salariés
    -5- FORMES DE RESERVES ou PROTECTIONS (non liquides, moyennement liquides, négociables sur un petit marché inconstant, aisément négociables sur un grand marché type CAC40, immédiatement négociable comme or massif lingot dans la main, ..)
    -6- ENGAGEMENTS ANNUELS récurrents couvrant BFR (def supra)
    -5-
    ENGAGEMENTS Deposits&Loans (LT et MT) entre Banques
    -6- ENGAGEMENTS Deposits&Loans (CT : journée, 7J, 1M, 3M, 6M) entre Banques, incluant par ex.
    -7- Dérivés de taux à moins d’un an ou
    -8- CDS à moins d’un an (engagements cessibles)
    -9- ENGAGEMENTS Deposits&Loans (LT, MT, CT) entre 1 Banque et une entité légale de l’Economie réelle (PME, Particulier, autre,..)
    -10-
    ENGAGEMENTS Deposits&Loans (LT et MT) entre 1 Banque et une entité légale de l’Economie réelle (PME, Particulier, autre,..)
    -11-
    ENGAGEMENTS Deposits&Loans (moins d’un an) entre 1 Banque et une entité légale de l’Economie réelle (PME, Particulier, transnationale, autre,..)
    -12- Toutes autres VALEURS MONETAIRES négociées sur les 30 places de clearing suprantionales dont eurodevises LIBOR
    en milliers de milliards (plus de la MOITIE de la MASSE MONETAIRE MONDIALE)
    -13-
    gioTITRES de la Stratégie ADRAY

    Trois observations A, B et C :

    -A- Dire « Argent » (au singulier) ou « MONNAIE » (au singulier)
    pour tout cela n’a aucun sens

    -B- Sur le bilan JP MORGAN CHASE les espèces c’est beaucoup moins de 2% du Total Bilan (Actif)

    -C- Réduire la « Monnaie » aux espèces ne présente aucun intérêt pour quiconque, sauf pour le Trésorier très court terme professionnel qui cherche toujours à ce que ce chiffre soit le plus petit possible. C’est comme si vous teniez absolument à ne parler que de deux fourmis à propos d’un jardin de 1000 ou 10000 m2 pour décrire ce jardin.

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    • postjorion dit :

      Je ne considère pas les 4 messages précédents qui ne comportaient que des séries de liens sur wikipedia comme des « contributions »: je les ai donc supprimés

      J'aime

    • François Jéru dit :

      Ce n’était pas une bonne idée de les supprimer. Ils étaient en lien avec les n°1 à 13 ci-dessus et les trois observations A, B et C.
      Pour une cause qui dépasse mon entendement tout ce qui
      sort de l’abstrait (c.a.d. le vague et inexploitable, tel que ‘monnaie’ ou ‘argent’ au singulier) et, au contraire,
      est dans le concret, programmatique et prochainement opérationnel vous déplait autant qu’à A-J H.
      Il faut que je sois fou pour perdre ainsi mon temps.

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      • postjorion dit :

        Donner ainsi 12 ou 15 liens wikipedia sur des mots que nous connaissons tous sans expliquer le contexte est une mauvaise idée: les lecteurs des commentaires ne souhaitent pas être « submergés » de liens. Expliquez d’abord où vous voulez en venir…

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      • RST dit :

        « Il faut que je sois fou… »

        Voila une hypothèse qu’il me parait important de ne pas négliger !

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  11. François JERU dit :

    Il est des situations — Exemple Hyperinflation_de_la_R%C3%A9publique_de_Weimar
    où la monnaie métallique et les billets perdent rapidement de leur valeur.
    Si vous tenez absolument à ne parler que de cela, c’est comme rester dans un ascenseur bloqué au sous-sol.
    Je déclare forfait. Vous avez gagné !
    Vous faites la paire avec le blog Paul Jorion
    Rien de ce qui est toxique ne vous intéresse : ni les 600.000 milliards de dérivés de taux, ni les 40.000 milliards de CDS, ni la moitié de la masse monétaire eurodevises (LIBOR) incontrôlable, ni l’absence de frontière entre ce qui, autrefois était non résidents et marché domestique, ni opportunité d’opérer avec des étalons, ni perspective de faire tomber la dette étrangère de 1000 milliards à zéro.
    Vous préférez en rester aux concepts de la République de Weimar sans même l’étalon or de l’époque

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  12. A-J Holbecq dit :

    @François Jéru
    Conseil de lecture : « le commerce des promesses » de Pierre-Noel Giraud
    http://www.amazon.fr/Commerce-promesses-trait%C3%A9-finance-moderne/dp/2020381109

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  13. postjorion dit :

    Nouvel article: « 196 : les commentaires de François Jéru »

    https://postjorion.wordpress.com/2011/07/20/196-les-commentaires-de-francois-jeru/

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  14. YamYam dit :

    Monsieur Holbecq,

    Je vous lis depuis plusieurs semaines et je dois avouer que c’est un immense plaisir. Grâce à vous, je me suis plongé totalement dans les questions monétaires. J’ai acheté plusieurs livres, dont les vôtres. Votre combat est juste : la monnaie est centrale pour que notre pays s’en sorte

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  15. Je suis débutant et je me renseigne sur le référencement de mon site. Je souhaiterais de connaitre ce que vous en pensez sur ces informations.. Les méthodes webmarketing qui visent à la captation de visiteurs en optimisant la position de son blog sur les mots clés saisis par les internautes se nomme référencement naturel. Qu’en pensez-vous ?

    formation référencement http://goo.gl/u5juW prix référencement google

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