184 – Fainéants…

D’après Natixis

Les allemands travaillent-ils plus que les européens du Sud ?
Non, ils travaillent beaucoup moins, et pas plus intensément

La chancelière A. Merkel a mis en avant la faible durée du travail des Européens du Sud comme une des sources importantes de leurs problèmes économiques ; en effet, elle avance qu’il faudrait harmoniser la durée des vacances, l’âge de la retraite, pour que les pays du Sud de la zone euro « méritent » le soutien de l’Allemagne.
Nous comparons d’abord la durée du travail en Allemagne et dans les pays du Sud de la zone euro (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce), sur l’année et sur la vie.
Nous regardons ensuite quels autres facteurs que la durée du travail peuvent expliquer l’écart de situation économique entre l’Allemagne et le pays du Sud de la zone euro : productivité, spécialisation productive, coût du travail, épargne ; qualité de la main-d’oeuvre.
Nous montrons :
– que les allemands travaillent beaucoup moins (sur l’année, sur leur vie) que les européens du Sud ; ils ne travaillent pas non plus, plus intensément ;
– que la performance économique supérieure de l’Allemagne s’explique surtout par l’effort d’innovation et par le taux d’épargne plus élevé des ménages et des entreprises.

Le tableau 1 montre que la durée annuelle du travail est beaucoup plus faible en Allemagne que dans les autres pays (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ; les tableaux 2 a – b montrent que si l’âge légal de la retraite est tardif en Allemagne (65 ans et dans le futur 67 ans), l’âge effectif moyen de départ à la retraite est le même en Allemagne qu’en Espagne, au Portugal ou en Grèce.

Les graphiques 6 a – b montrent que la performance de productivité par tête de l’Allemagne est dans la moyenne des pays du « Sud » ; celle de productivité horaire est au-dessus de la moyenne, mais pas meilleure que celle de la France ou de la Grèce.

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8 commentaires pour 184 – Fainéants…

  1. gdm dit :

    J’avais lu un livre « l’usine à chômeurs » de Béatrice Majnoni d’Intignano. C’est une analyse du chômage en France. Selon elle, l’Etat français est une usine a fabriquer des chômeurs.

    Elle expliquait que ce qui importait était la quantité de jours travaillés pour 1000 habitants. L’indice du chômage n’était pas l’indice utile à observer. Cela me semble bien logique. La création de richesses dans un pays provient directement du nombre de jours travaillés. Les chiffres du chômage ne sont qu’une partie du problème de la création de richesses dans un pays.

    Cette économiste mentionnait les chiffres des catégories sociales qui travaillent dans d’autres pays et qui travaillent moins en France. Si je me souviens bien, ces catégories concernaient aussi des catégories d’ages.

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  2. catherine dit :

    Décidément, c’est toujours la même sérénade!

    Encore de fausses alternatives pour cacher la forêt de l’ignominie néolibérale, Merkel qui ose dire et qu’on laisse dire: » qu’il faudrait harmoniser la durée des vacances, l’âge de la retraite, pour que les pays du Sud de la zone euro « méritent » le soutien de l’Allemagne »

    Mériter, bigre!!!!!!

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    • gdm dit :

      @catherine
      La cigale doit-elle prêter à la fourmi?

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    • gdm dit :

      @catherine
      erratum:
      La fourmi doit-elle prêter à la cigale?

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      • catherine dit :

        Devoir nenni dans le sens d’obligation aveugle car le travail de responsabilisation ne se fait pas alors, en revanche, deux voirs oui, passé le premier voir de la superficie, entrer dans le second voir, celui du dedans( c’est la définition étymologique de re-spect d’ailleurs!) pour tenter d’en tirer une co-naissance (naître avec ça et grandir du coup!) tirer une compréhension de cette aventure, un entendement, et trouver le point de rencontre adéquat, le ni trop, ni trop peu qui responsabilise car il interroge sur les raisons de la situation et dès lors, possiblement (ça veut dire que c’est pas vrai à tous les coups!) les deux termes de la relation comprenne qq chose et en tire qq chose, comme qui dirait une leçon, créer ainsi de la mesure pour CE vers quoi on s’oriente, un vivre ensemble harmonieux, de la justesse quoi, afin de ne plus avoir à vivre ça!

        Ai-je répondu GDM?

        ps: c’est bien parce que je sais ce que je veux dire, sinon, je ne pige rien à la relecture de ce que j’écris! n’insistez pas trop surtout, que Boss n’essaie pas de lire surtout, je vais lui fiche un mal de tête pas possible!

        Bonne nuit, vaut mieux que j’aille me coucher!

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  3. opps' dit :

    Effectivement la formulation de Merel est des plus maladroite et trahie bien un certain état d’esprit allemand.
    Mais on pourrait alors la reformuler autrement : si les grecs travaillent autant voire même plus que les allemands , c’est donc qu’ils travaillent vraiment mal ou bien alors que ‘leurs’ riches ou bien une de leurs castes préempte cette richesse.
    Et donc qu’ils règlent leurs problème eux-même plutôt que de ‘tirer’ sans cesse sur le système monétaire consistant en ‘promesse’ monétaires non tenables, et surtout sur notre système monétaires, donc sur nos banques, donc sur nous mêmes.

    En disant cela je suis un bel égoïste, mais la vérité est que tout en étant en effet solidaire des Grecs , je ne me sens pas grec : je n’ai pas voté pour leur système et je n’ai pas leur histoire.

    Bref ma solidarité à leur égard a des limites surtout qu’il ne s’agit pas d’un peuple en déshérence ou dans une situation humanitaire urgente.

    Je ne dis pas que la politique mercantiliste allemande ou que les prêts octroyés par nos banques n’aient pas aggravé la situation grecque, mais les grecs en ont également bien profité … et que les certains grecs en aient profité plus que d’autres me désole, mais je ne vois pas pourquoi nous serions comptable de tout cela à un point ou nous devrions financer ad aeternam leur façon de « beaucoup travailler avec un piètre résultat »

    Ceci dit , si le mode de vie grec est rempli d’une sagesse qui manque aux teutons – ce qui n’est pas entièrement impossible😉 – , il faut éventuellement en payer le prix.

    L’allemand est un peu borné -quoique sa culture paraisse plus productive que celle des grecs ces derniers siècles- , mais il est logique et cohérent avec lui-même.

    Bref les grecs ne sont pas des fainéants , mais je n’ai pas envie d’être le cocu de leur roublardise -même inconsciente-, et de leurs mensonges -j’ai assez à faire avec les miens-.

    @gdm
    Oui le chômage est une calamité et même de désintégration pour certains , mais c’est aussi un espace d’expérimentation , de renouvellement, et même de réflexion et de réorientation. Toujours cette vision productiviste qui infeste même la critique -infantile- du système.

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  4. gdm dit :

    @opps’
    Des experts se réunissent pour discuter de l’addition de 2+2. Il leur est interdit de prononcer le chiffre 4. D’autres experts se réunissent pour trouver la cause du chômage. Il leur est interdit de parler du salaire minimal. Il leur est interdit de dire que les charges sociales d’un smicard sont 950 pendant que le smicard touche 1000. Il leur est interdit de parler des lois qui prétendent « protéger » le salarié.

    Dans les deux cas, ils ne trouveront pas la solution du problème posé.

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