174 – Une monnaie nationale complémentaire



Imaginez :
Une idée simple, transposable aux autres pays du monde, qui permettrait de répondre de façon satisfaisante à l’immense défi humain et écologique de notre siècle, en proposant de nouvelles activités épanouissantes et socialement utiles, sans impôts supplémentaires, sans endettement et sans s’opposer aux intérêts en place…
Impossible ?
Si vous vous demandez comment nous dépêtrer de la contradiction qui prône d’un côté la croissance pour guérir l’économie et de l’autre la décroissance pour l’écologie?
Si vous vous inquiétez de l’avenir de la planète et de celui de vos enfants, si vous souhaitez que tous les peuples atteignent un niveau de suffisance digne, si vous nourrissez au fond de votre cœur(même sans y croire vraiment) le rêve d’un monde où il ferait bon vivre pour tous en lien avec une Terre respectée, lisez ce livre : ce rêve est à portée de main, car « Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue » (Victor HUGO)

Les thèmes abordés sont : Richesse réelle et richesse symbolique – La prison mentale – La création monétaire – La croissance – La répartition de la richesse – Le risque inflationniste – Le risque de dissidence et sortie de l’Europe – Le développement des monnaies complémentaires dans le monde – Les droits de l’homme – La charte de La Havane

(12€)

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Sur son blog,  Laurent Pinsolle nous donne son avis…

Vers une économie plus citoyenne et sociale

Vous connaissez déjà largement André-Jacques Holbecq, économiste citoyen, ancien pilote du Concorde, qui contribue régulièrement comme commentateur du blog. Je viens de lire son livre « Une monnaie nationale complémentaire », une réflexion stimulante sur l’organisation de nos sociétés.

Créer une économie plus sociale

Il devient chaque jour plus criant de refonder le système capitaliste. S’il existe déjà le service public et les coopératives qui permettent à beaucoup de citoyens de travailler pour des organisations moins mercantiles, une réflexion se fait jour pour créer un secteur « social » plus important. C’est exactement la démarche de Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix pour son invention du microcrédit au Bangladesh, dont j’avais chroniqué le livre « Vers un nouveau capitalisme ».

C’est exactement ce que nous proposent ici André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder. Ils partent du constat évident que certaines activités à haute valeur citoyenne et sociale ne trouveront jamais de financement du fait de leur absence de rentabilité, ce qui est préjudiciable à l’ensemble de la collectivité. Ils notent aussi très justement que beaucoup de citoyens préfèreraient sans doute travailler pour des entreprises dont l’objectif n’est pas le profit, sans être pour autant fonctionnaires.

Ils ont donc élaboré un système élégant mais un peu complexe, un Espace économique Complémentaire à vocation Sociétale, l’ECS, qui reposerait sur des Entreprises à Mandat Sociétal (EMS) et qui bénéficierait d’une Unité Monétaire Sociétale (UMS), une monnaie spécifique. Ce nouveau pan du secteur économique fonctionnerait de manière autonome au secteur économique privé traditionnel.

Agitateurs d’idées citoyennes

Les auteurs commencent par plusieurs paraboles, suivies d’analyse qui soulignent les travers de notre monde, son matérialisme, la privatisation de la création de la monnaie au profit des banques, l’explosion des inégalités, la persistance d’un chômage de masse, qui créé un rapport difficile au travail, et un manque d’ouverture d’esprit pour envisager de nouvelles solutions.

Le duo pense que les enjeux immenses qui guettent notre planète (augmentation de la population, difficulté à nourrir cette population, épuisement des ressources naturelles de la planète, explosion des inégalités et maintien d’un niveau de pauvreté contradictoire avec le niveau de croissance) ne pourront pas être assumés par les structures existantes de notre économie.

Ils veulent donc « compléter le dispositif économique actuel dans le but de résoudre, indifféremment de leur coût financier ou comptable, les problèmes humains et écologiques que la seule logique capitaliste et comptable est incapable par nature de traiter ». L’objectif est notamment de réduire toutes les formes de pollution et remplacer les énergies fossiles par des énergies renouvelables non polluantes.

L’économie au service de l’homme et de la planète

C’est pour financer ce nouvel espace sociétal que les auteurs proposent la création d’une UMS. Ils reviennent sur les exemples de création de monnaies complémentaires dans l’histoire, en Allemagne en 1919, en Suisse dans les années 1930 ou au Canada dans les années 1980. Naturellement, cette monnaie serait placée sous contrôle purement public.

Ils proposent que dans cet espace les différences de revenus soient strictement limitées. Ils reprennent aussi de nombreux extraits de la Charte de la Havane, qui faisait de l’équilibre de la balance des paiements un principe de base des rapports internationaux, un contrôle des mouvements de capitaux, une interdiction du dumping et un encadrement du libre-échange.

Il est vrai que le système actuel a démontré son incapacité actuelle à traiter des problèmes pourtant urgents. J’ai tendance à penser qu’un changement de dirigeants permettrait de prendre une direction plus durable et juste. Mais dans ce livre, les auteurs ont le mérite de proposer un plan B détaillé.

Un résumé de la proposition (ce qui ne remplace évidemment pas la lecture du livre), se trouve ici : http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS

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Lien court sur cet article  : http://wp.me/pzMIs-n0

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7 commentaires pour 174 – Une monnaie nationale complémentaire

  1. Bravo pour cette publication qui sera l’objet d’une prochaine lecture.

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  2. gdm dit :

    Je suis favorable à la libre création de monnaie, c’est à dire au free-banking. Je suis donc favorable la création de votre monnaie « complémentaire », quelle qu’en soit les caractéristiques. Si elle est utilisée, c’est qu’elle apporte des services à ceux qui s’en servent. C’est à dire qu’elle apporte une création de valeur, une création de richesse pour la société.

    Quelques soient les qualités d’une monnaie complémentaire, elle sera refusée par l’Etat. Et même plus votre monnaie aura des qualités pour séduire, plus violemment, elle sera réprimée par l’Etat. En effet, le fondement de la valeur de la monnaie légale est que l’Etat interdit la circulation des autres devises. L’autorisation d’une autre devise plus honnête effondrerait aussitôt le cours de la monnaie légale.

    Cette violente interdiction de cette monnaie par l’Etat prendra la forme d’une taxe ou d’une exigence administrative qui rendra plus coûteuse l’utilisation de votre monnaie.

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    • postjorion dit :

      Il est bien évident qu’il s’agit justement d’une monnaie garantie par l’État à la valeur 1 UMS = 1€ …et non pas d’une monnaie privée.

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  3. Ping : 179 – Pour un nouvel espace sociétal « Plus loin que Jorion

  4. postjorion dit :

    L’avis de l’économiste Nicolas Bouleau sur ce livre  » Une monnaie nationale complémentaire » sur le site « financer l’avenir » de la Fondation pour la Nature et l’Homme

    Il est plus utile ici de souligner l’importance des questions auxquelles cet ouvrage propose une réponse que d’en faire un résumé. Le rapport « portée de la réflexion » sur « prix de l’ouvrage » est très avantageux.

    Comment valoriser les biens collectifs…

    la suite sur ce lien : http://financerlavenir.fnh.org/references/une-monnaie-nationale-complementaire-pour-relever-les-defis-humains-et-ecologiques-derudder-holbecq/

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    • Cette idée du « découplage » m’apparaît féconde.Je vais voir cela
      de près.En tout cas bravo déjà aux Auteurs ! Et,courage,il faut
      persévérer.Pour le moment,je suis encore sur le texte posthume
      de Bernard Schmitt que Derudder et Holbecq ont intérêt à
      regarder:c’est la preuve de l’erreur historique de la « Troïka ».

      Faire via Google:

      http://www.quantum-macroeconomics.info

      Un peu plus de 100 pages(seulement d’Holbecq…)en anglais.
      Le texte,en langue française,sera publié dès que possible.
      Ce n’est en rien incompatible avec ,disons,l’idée …..complémentaire.

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