163 – Quatre tabous à briser

Hier, un excellent article sur l’Expansion « Ces tabous que la zone euro a peur de briser » par Laura Raim, article dont nous reprenons quelques éléments ici car ils correspondent à des « suggestions » que nous ou nos « invités » font depuis longtemps sur ce blog.
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1 – La Grèce et l’Irlande ne pourront et ne doivent pas rembourser la totalité de leur dette !

Officiellement, on y croit : La Grèce et l’Irlande rembourseront leur dette astronomique. En pratique, de plus en plus d’économistes, de tous les bords, appellent à regarder la réalité en face : « Dans toute l’histoire économique, les pays avec une dette colossale l’ont apurée par la dévaluation et l’inflation », expliquait récemment l’économiste Jacques Delpa à l’Expansion.com. Or ce n’est pas possible dans la zone euro, qui tente donc de s’en sortir en empilant les mesures d’économie. Mais cette rigueur n’empêche pas les marchés d’exiger des taux d’intérêt élevés pour prêter à 10 ans. Sans doute parce qu’ils savent pertinemment que les mesures d’économie ne font qu’enfoncer les pays dans la récession et donc réduire les recettes fiscales censées permettre de rembourser la dette…

Les créanciers privés détenteurs d’obligations souveraines doivent se faire une raison : ils vont perdre de l’argent. « Après tout, selon la doctrine la plus orthodoxe du capitalisme, une des fonctions principales des détenteurs d’actifs financiers est d’assumer les risques, c’est précisément pour cela qu’ils demandent des primes de risque, explique Dominique Plihon, professeur d’économie à l’université Paris 13. La variable d’ajustement en cas de pertes est censée être eux, et non pas l’Etat et les contribuables ».

La restructuration peut prendre différentes formes : rééchelonnement, dispense de paiement des intérêts, ou réduction de la dette elle-même. Il sera donc sans doute nécessaire que les Etats interviennent de nouveau et recapitalisent sur fonds publics les banques exposées. Cette nationalisation pourrait être partiellement financée par la BCE.

2 – La BCE doit pouvoir financer les Etats et la Banque de France doit pouvoir financer la France!

C’est justement l’autre « tabou » dans la zone euro : les Etats ne doivent pas pouvoir emprunter directement auprès de la BCE. Il n’en fut pourtant pas toujours ainsi. « Historiquement, les banques centrales ont justement été créées pour financer les Etats, rappelle Dominique Plihon. En France, elle avait été créée par Napoléon Bonaparte en 1800 pour cela. Et jusque dans les années 70, le gouvernement français demandait à la Banque de France de faire des avances au Trésor public ». Aujourd’hui, les Etats sont obligés de se financer auprès des marchés financiers. C’est acté en France depuis de la décision de Giscard d’Estaing en 1973 et surtout c’est inscrit dans le traité de Maastricht.

L’interdiction de se financer auprès de la BCE se justifie notamment par l’idée que les marchés arrivent mieux à discipliner les mauvais élèves : si un Etat est trop dépensier ou trop endetté, les marchés le sanctionnent en exigeant des taux d’intérêt plus forts. Sauf que la crise a montré que les marchés s’avéraient être des forces profondément déstabilisatrices : « les banques européennes sont les premières à avoir spéculé sur les obligations publiques des Etats fragiles, rappelle Dominique Plihon. Il faut donc extraire les Etats de la tutelle des marchés et leur permettre d’emprunter à bas taux ». En réalité, le tabou a déjà été partiellement brisé en mai 2010 quand Jean Claude Trichet a annoncé qu’il rachèterait temporairement de la dette publique sur le marché secondaire, c’est-à-dire auprès des banques. Certains économistes plaident pour que la BCE puisse même emprunter sur le marché primaire.

C’est ainsi que les économistes de la Fondation Nicolas Hulot proposent que la Banque de France monétise directement à destination de l’Etat français  600 milliards d’euros sur 8 ans (en souhaitant que la BCE le fasse pour toute la zone euro … mais la question reste de savoir si l’euro va survivre, et jusque quand!)

3 – Il faut réduire la dette par l’inflation !

S’il y a tabou sur ce sujet, ou plutôt une phobie, c’est du côté allemand. Traumatisée par l’épisode d’hyperinflation des années 20, l’Allemagne n’a accepté de rejoindre la zone euro qu’à condition d’être sûre que l’inflation serait maîtrisée. C’est donc la seule et unique mission de la BCE : rester en dessous des 2% d’inflation. Forcément, quand Olivier Blanchard, chef économiste du FMI, ose écrire dans une note en février 2010 que viser 4% pourrait être bénéfique pour l’économie, ça fait désordre. Et pourtant, un peu plus d’inflation aiderait selon lui à résoudre la crise, puisque d’une part elle ferait fondre la valeur de la dette publique et d’autre part les banques centrales auraient aussi plus de marges de manoeuvre pour baisser leurs taux d’intérêts directeur et injecter des liquidités dans l’économie. Cela permet aussi de remplir les caisses de l’Etat dont la principale ressource, la TVA, grimpe avec les prix. L’inflation a par ailleurs d’autres vertus : Contrairement à l’idée reçu, les salariés ne perdent pas en pouvoir d’achat puisque leur salaire nominal a tendance à augmenter en période d’inflation tandis que la valeur de leurs dettes diminue.

Mais Keynes n’écrivait-il pas que l’inflation était l’euthanasie des rentiers ?

4 – Comme en Islande, partout il faut faire payer les créancier privés des banques !

Si le déficit irlandais atteint la part folle de 32% du PIB, c’est parce que l’Etat est venu au secours des banques ravagées par l’éclatement de la bulle immobilière. Donc si les Irlandais subissent aujourd’hui un plan d’austérité sans précédent, c’est pour éponger une dette issue d’une crise purement bancaire. L’injustice de cette situation pousse à se demander si Dublin n’aurait pas pu faire autrement. A cet égard, le cas islandais est plein d’enseignements.

Les deux pays ont de nombreux points en commun: ce sont tous deux des petits pays dont l’économie reposait sur un dumping fiscal ou réglementaire et surtout sur un secteur bancaire disproportionné qui s’était massivement endetté sur le marché interbancaire international. Quand la crise financière est arrivée, les banques ont été balayées. Et c’est là que l’Irlande et l’Islande ont suivi des voies diamétralement opposées. « L’Irlande a converti la dette privée des banques en dette publique, l’Islande a laissé la dette privée se régler en privé », résume Benjamin Coriat, professeur d’économie à l’Université Paris 13. Il faut dire que Reykjavík n’avait pas vraiment le choix : les actifs bancaires représentaient 800% du PIB. Cela aurait été hors de sa portée ». L’Islande a reconstitué de nouvelles banques à partir des trois anciennes, en y transférant tous les actifs à protéger, c’est-à-dire les dépôts. Quant aux anciennes banques, elles ont tout simplement été liquidées, la seule exception étant Icesave.

Voilà donc quelques uns des tabous qu’il faut briser. On pourrait évidemment en citer bien d’autres.

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55 commentaires pour 163 – Quatre tabous à briser

    • postjorion dit :

      Ciel, vont-ils s’apercevoir que les têtes de chapitres ne sont pas exactement similaires à l’article original ? 😉

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      • Pat dit :

        J’ai effectivement hésité avant de reprendre vos 4 « tabous à briser » subtilement orientés. Mais c’est bien passé (et l’article apprécié, dixit François Leclerc), comme est d’ailleurs également passé le document de travail de la « Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme » (posté ensuite en réponse de commentaire)… 😉

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        • RST dit :

          J’ai assisté le 30 mars au séminaire de la Fondation Nicolas Hulot qui présentait son travail. Au moment des questions de la salle,un responsable de la DRIRE je crois, a fait une intervention qu’il a conclu en demandant en gros si il était intéressant de lire Jorion quand on ne connaissait rien à la monnaie. A mon grand soulagement, la salle est partie dans un grand et franc éclat de rire. Quand Alain Grandjean (principal maitre d’œuvre de ce séminaire) a répondu, il a été très clair en disant que Jorion n’y comprenait strictement rien. Ce qu’a clairement confirmé D.Plihon, lui aussi présent, dans un grand sourire.

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        • Pat dit :

          @RST,
          Ce n’est pas Paul Jorion (qui pourra peut-être par ailleurs et par la même occasion se cultiver un peu sur la question) que je visais en postant ces liens sur son blog (à la suite d’un article de François Leclerc fort à propos), mais bien les lecteurs de celui-ci qui catalyse, qu’on le veuille ou non, beaucoup d’énergies et d’intelligences « positives ». 😉

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        • postjorion dit :

          Pat
          Et vous avez parfaitement raison.. « les comptes » sont largement réglés avec Jorion et Julien Alexandre sur ce blog, c’est seulement regrettable que, puisque notre « idéal commun » est le 100% monnaie ou approchant (c-à-d interdire aux banques commerciales de créer la « monnaie d’usage »), ils ne veuillent pas comprendre que nous n’y sommes pas encore.

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  1. RST dit :

    @ Pat
    Je ne faisais que transmettre une information que j’ai personnellement jugée utile pour montrer que, malgré son audience,P.Jorion n’abuse pas tout le monde.
    Je parcours son blog de temps à autre et il me semble que les réflexes de type sectaire sont largement présents. Libre à vous de considérer qu’il y a « beaucoup d’énergies et d’intelligences positives ». Il me semble, pour ma part, que beaucoup ont déserté.

    @ postjorion
    Je n’ai personnellement jamais eu aucun « compte à régler » avec Jorion. Je ne cherche qu’à dénoncer l’imposture, où qu’elle soit, sur un sujet aussi important que la monnaie.

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    • postjorion dit :

      @RST
      Vous n’étiez absolument pas visé.

      « Régler les comptes » était une figure de style qui concernait « Postjorion » dans notre volonté de rétablir la vérité sur la monnaie puisque les commentaires sur le blog de Jorion étaient systématiquement censurés pour de nombreux intervenants. Je considère que maintenant « les comptes » sont équilibrés.

      Si Jorion n’a toujours pas compris, c’est qu’à son âge c’est trop tard… J’avoue que j’aimerai bien lire un nouvel article de lui sur « la création monétaire »

      Mais il a de toute façon beaucoup de chance d’avoir Leclerc!

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    • Pat dit :

      L’information était pertinente et m’a beaucoup fait rire en imaginant la scène décrite en fin de séminaire…
      Certes beaucoup ont désertés (je ne suis pas le dernier à l’avoir fait, après avoir utilisés de nombreux pseudonymes), mais certains demeurent tout en étant sous l’influence de la « néo-pensée unique jorionesque » ; beaucoup d’autres ne font que lire (ce qui prends déjà beaucoup de temps) et ne participent pas forcément activement aux commentaires (par manque de temps et de compétences sur les sujets traités, …).
      Ce qui compte réellement, c’est la propagation des idées novatrices, des courants de pensées alternatifs viables, auprès du plus grand nombre…

      PS : je suis semble-il de nouveau « blacklisté »

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    • gdm dit :

      @RST
      La véritable imposture sur la monnaie est de faire croire que la monnaie devrait être produite par l’Etat. Une monnaie fonctionnerait mieux sans aucune intervention de l’Etat. C’est la théorie du free-banking. Une zone de free-banking est une zone dans laquelle aucun Etat n’impose une monnaie. Chacun peut payer son vendeur avec les moyens qu’il souhaite.

      L’Etat a fabriqué des illusions pour faire croire que son monopole sur la monnaie serait nécessaire. C’est un mensonge et une imposture. C’est par cupidité que l’Etat a imposé le monopole de la monnaie. Le prétexte de manquer d’or fut le prétexte théorique pour former une Banque centrale contrôlée par le gouvernement.

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      • postjorion dit :

         » Une monnaie fonctionnerait mieux sans aucune intervention de l’Etat.  »

        .. et encore une affirmation sans aucun fondement. En fait ce serait un vrai bordel!

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        • gdm dit :

          @postjorion
          Plusieurs prix Nobel d’économie prônent le « free-banking », c’est à dire la création monétaire sans aucun intervention de l’État. Le free-banking a bien fonctionné en Écosse entre 1715 et 1845, soit pendant 130 ans. Chaque billet était une promesse de verser de l’or. 30 banques en concurrence. Aucun utilisateur spolié en 130 ans. Aucune baisse de valeur de la monnaie en 130 ans! Le free-banking, c’est le Droit commercial ordinaire. C’est l’ordre et le respect des promesses. La monnaie étatique, c’est le bordel, selon votre expression.

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        • postjorion dit :

           » Le free-banking a bien fonctionné en Écosse entre 1715 et 1845, soit pendant 130 ans. Aucun utilisateur spolié en 130 ans. Aucune baisse de valeur de la monnaie en 130 ans!  »

          Mais arrêtez de raconter cela, on a vu récemment que c’était une légende sans fondement (que vous colportez)!

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      • catherine dit :

        Parole de néophyte bien sûr, dites-moi GDM, ne serait-ce pas alors la loi de la jungle qui s’appliquerait si chacun pouvait payer son vendeur avec les moyens qu’il souhaite, n’y aurait-il pas alors des moyens comme plus opérants qui disqualifieraient dès lors certaines personnes moins pourvues des moyens dont vous parlez?

        Ce système qui s’apparente au troc somme toute, peut-il tenir la route pour des échanges qui dépassent le gré à gré?

        Car au-delà des relations « étroites » dont vous parlez, qu’adviendrait-il des échanges plus larges s’il n’y avait pas une autorité qui vienne faire autorité justement en terme de norme à laquelle il faudrait se référer?

        N’est-ce pas sur l’autorité qu’il faut s’entendre et justement savoir, nous, ce que nous entendons qu’elle produise cette autorité???

        Excusez-moi si ça vous semble terre à terre mais à mon petit niveau, je perçois les choses comme ça, mais toutes les corrections sont les bienvenues , je les accueille de bon coeur!

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        • gdm dit :

          @catherine
          Sur un papier, j’écris « en échange de ce papier, je verse 1 gramme d’or ». et je signe. Les commerçants qui me connaissent accepteront sans hésiter ce papier comme un vrai billet de banque. Je serais ainsi devenu un banquier, une banque qui émet de la monnaie.

          Et mes honorables concurrents banquiers font de même. Je serai puni par un tribunal si je ne respecte pas ma promesse de verser de l’or. La monnaie fut cela jusqu’à la fin du 19e siècle. C’est aussi simple que cela.

          Le monopole monétaire actuel provient uniquement de la cupidité des États. Il n’y a aucune nécessité économique que la monnaie soit contrôlée par l’État.

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        • Patatrac dit :

          @gdm (le troll libertarien),

          Pourrez-tu nous indiquer le nombre de tonne d’Or qu’il faudrait aujourd’hui pour qu’un tel système puisse fonctionner en fonction de la masse monétaire actuellement en circulation dans le monde ?

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        • gdm dit :

          @Patatrac
          Le gouverneur actuel de la Banque D’Angleterre a suggéré en janvier dernier d’évoluer vers un système monétaire à étalon-or. Vous pourriez vous renseigner sur ses motifs.

          En ce qui me concerne, je considère que l’or est une commodity comme les autres. Elle a seulement l’avantage d’être immédiatement opérationnelle. Un énorme stock mondial d’or de 160000 tonnes, une production de 2500 tonnes annuels.

          Mais une monnaie libre qui suivrait un indice des prix serait possible dans une zone de free-banking. Le contrat d’émission monétaire serait un peu plus complexe qu’une simple livraison d’or.

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        • Patatrac dit :

          @gdm (le troll libertarien),

          J’en ai ma claque de lire toutes tes âneries… tu ne réponds jamais vraiment aux questions posées… en fait, tu ne fais que réciter ton cours dogmatique libertarien… que nous connaissons par ailleurs fort bien, mais que nous n’approuvons vraiment pas !

          Toutes les opinions sont exprimables, certes, mais pourquoi ne va tu pas professer ton dogme libertarien sur des sites plus à même d’accueillir ce type d’idées et de philosophie (à mon sens rétrograde) au lieu de continuellement nous « prendre le chou » ici, où ce n’est absolument pas le point de vue, ni le propos ?

          Plus personne ne veut de toi sur la toile ???

          Pour être très clair, va donc faire ton troll libertarien ailleurs !!!

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        • postjorion dit :

          Suggestion à tous à partir de maintenant : « don’t feed the troll »
          Ne répondez plus à gdm, même si ses sottises vous énervent: il se fatiguera 🙂

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        • catherine dit :

          Admettons alors qu’elle ne soit pas contrôlée, la dite monnaie, qu’elle vogue à tous les flots?

          Elle sera contrôlée quand même la dite monnaie, que vous y consentiez ou non GDM, car cette force là, est une force qui dépasse l’idée que vous vous en faites, car toute énergie est orientée et est mue par des forces adverses, énergie contrôlée par le mouvement qui aura le plus de force et qui forcera donc l’orientation dans son sens, et ce sera donc la force du plus fort qui aura droit de préhension, de captation j’allais dire.

          Le rôle de l’état dans le meilleur des cas devrait donc être celui de sauvegarder l’équilibre des forces, mais le travers dans votre raisonnement je crois GDM, c’est que vous vous attachez à la figure actuelle de l’état qui n’a plus d’état que le nom. Et cette figure-là plus n’est qu’une enveloppe diaphane de la substance royale qu’elle aurait dû contenir mais qu’elle ne contient plus depuis des lustres maintenant, c’est ça le hic je crois.

          Il y a ce qui EST et ce que l’on dit de ce qui est, le fossé est là, celui qui fait qu’on se prend les pieds dans le tapis et qu’on tombe lamentablement comme aujourd’hui!

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        • gdm dit :

          @catherine
          Vous parlez de forces, d’énergie, de voguer à flot et autres allégories qui me semblent poétiques. Ce qui pertinent ici, c’est le raisonnement en droit du contrat. Une promesse a de la valeur. C’est à dire monsieur A a l’obligation de faire ceci en faveur de Monsieur B. Monsieur B a le droit de recevoir cela puisque monsieur A a signé un contrat dans ce sens. Le seul droit du contrat suffit à expliquer entièrement la théorie du fonctionnement de la monnaie. Le droit de l’un est l’obligation de l’autre. Un contrat est une « loi » entre ceux qui conviennent d’un contrat (article 1340 du code civil). Cette loi entre les contractants suffit. L’État n’a nul besoin de fabriquer d’autres lois pour la monnaie.

          Ci-dessus, je vous proposais l’exemple de la banque gdm qui fabrique de la monnaie en écrivant sur des morceaux de papier une promesse de verser de l’or. Chaque billet gdm est un contrat, est une promesse de la banque gdm. C’est cela le droit du contrat.

          Continuons sur la banque gdm. gdm contrôle la banque gdm. Et gdm créera de la monnaie s’il est capable de respecter sa promesse de verser de l’or. Seul gdm sait juger des limites acceptables de son engagement de création monétaire. Si la banque gdm se trompe, gdm est ruiné. C’est la logique banale de l’entreprise. Oui, la création monétaire est contrôlée par chaque banque selon ses capacités honorer sa promesse.

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        • catherine dit :

          Merci pour cette réponse GDM.

          Le droit est droit s’il est assorti de conséquence en cas de non re-spect de la loi édictée et admise de manière implicite ou explicite dans les termes du contrat sinon, ce n’est plus du droit, c’est du passe-droit,la loi du plus fort, non?

          La pro-messe, ce qui est dit avant stricto sensu, repose sur la foi, elle en est le substrat, elle vaut engagement dans un lien, un rapport, qui lie au moins deux personnes, du fait même qu’on y croit.

          Mais le souci c’est que avant, c’est pas la même chose que pendant, et que parfois, y’a des écarts sérieux entre ce qu’on dit qu’on va faire et ce qu’on fait vrai-ment, voyez la césure du mot déjà! toujours ce furieux divorce entre les deux, le faire et le dire.

          Et il me semble moi, de là où je suis, c’est à dire de pas très haut, je suis une citoyenne de base bien basante, et bien il me semble que si y’a pas de garde-fou, celui qui est affaibli dans le rapport dont je parlais plus haut, il risque fort de l’être encore plus fort, affaibli, si aucune autorité n’est là pour lui prêter mains fortes, et rappeler le dire qui divorce du faire qui contrevient alors.

          Et ce petit pont entre les deux, entre le dire et le faire et bien c’est hypothétiquement l’Etat, c’est l’esprit de la relation, c’est à dire que ça devrait être ce qui dépasse les intérêts des deux parties au service du principe( princeps-le prince) plus grand que cette dualité.

          Et sans l’Etat tel que je l’imagine, tout se casse la figure comme aujourd’hui, car nous avons un état mais qui a usurpé son nom d’état, ce n’est pas un état, c’est une maffia qui corrompt tout ce qu’elle touche.

          Je rêve pour ma part de ce beau prince qui viendrait embrasser la belle dualité qui régit notre vie, au service de la vie et de sa justesse.

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        • gdm dit :

          @catherine
          votre discours m’a fait rire. Et je vous en remercie. C’est une touche de rêve et de charme dans un monde de juristes. En effet, la science économique est d’abord une théorie du droit de propriété et de la Justice. Sans quoi, elle serait inopérante. Une théorie de la Justice qui ne serait pas une théorie du droit de propriété est inopérante pour l’action.

          Je reviens à votre propos sur le contrat et sur la promesse. Le droit du contrat existe. Certaines promesses ne sont pas des contrats. Une promesse de verser de l’or a la force exécutoire d’un contrat. Un tribunal le confirmerait évidemment. Les considérations émotives n’ont pas leur place dans un tel lieu.

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        • catherine dit :

          Je suis sincèrement heureuse que mon « discours » vous ait fait rire, il aura au moins eu ce mérite-là, je dis cela vraiment sans ironie aucune GDM.

          Comme Jarry, je crois que le rire est la dernière chose qu’ils nos restent à faire quand on a constaté que nos éclatements et nos contractions nous renvoient à l’absurde de notre dualité constitutive, c’est vrai qu’alors, l’éclat de rire vient rythmer la dégringolade d’escaliers.

          N’empêche, j’aime aussi parfois, imaginer que je monte l’escalier, il faut dire que je vois des portes partout, tout est prétexte pour moi à ouvertures et le monde dans lequel nous voguons me révulse et me ravit en même temps.

          Alors quand on constate, quand je constate, le grand écart, on est forcément pris d’un grand éclat rire.

          Et puis pourtant, à une inspir succède une autre expir et l’on se remet à sentir la révolte pousser…et la beauté planer aussi, en filigrane!

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        • catherine dit :

          La poésie parle, je bredouille, laissons parler alors et écoutons!

          Jean Follain

          L’homme aux politiques sombres
          dans un boudoir bouton d’or
          vit se dénouer un chignon noir
          les cheveux roulèrent comme un gave
          dans ce gave croulaient des roses
          et dans une rose l’insecte muet
          n’abdiquait pas son existence
          et gravissait doucement
          le pétale ému de la fleur
          cueillie aux ravins de la mort
          au cours d’une longue journée.

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        • gdm dit :

          @catherine
          Vous me donnez maintenant le fou-rire. Je m’amuse beaucoup en vous lisant. Vous êtes une petite fille qui s’émerveille des petites fleurs qu’elle découvre dans l’herbe haute. Pendant que des hommes échangent des propos courtois, mais parfois un peu virils autour d’elle. Ce contraste est humoristique.

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        • catherine dit :

          Vir-il dites-vous, je crois fort voyez-vous Cher GDM que l’homme est homme véritable, et non sous-homme, quand il co-naît et re-co-naît toute sa petitesse et sa prétention à être ceci ou cela.

          L’homme est là et nulle part ailleurs que là et alors fort de cette faiblesse vue et entendue sur son vécu, il peut brûler tout ce qui le crispe, qui le rétrécit.

          L’homme ne peut pas vivre sans feu, et l’on ne fait pas de feu sans brûler quelque chose comme aime à le dire si bien Daumal. Et ce feu, il ne peut le faire que sur le terrain de la relation, et de cette ouverture à la relation naîtra possiblement un homme d’un type nouveau.

          Vous me faites trop d’éloge Gdm, j’aimerais être cette petite fille que vous décrivez, mais je ne sais que trop que j’en suis loin, très loin encore, mais je n’oublie pas de rêver!

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        • gdm dit :

          @patatrac
          http://www.economist.com/node/17363435?story_id=17363435&fsrc=rss

          Mervyn King savaged big banks and criticised the new Basel 3 rules as too soft. Then he said what he really thought, arguing that “of all the many ways of organising banking, the worst is the one we have today.” Possible remedies included not just breaking up banks, but also “eliminating fractional reserve banking”—

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        • Patatrac dit :

          @gdm (le troll libertarien),

          La BRI versus les banques nationales :
          http://www.atimes.com/global-econ/de14dj01.html
          (traduction française via google)

          Tout gouvernement appliquant la théorie de la monnaie d’État peut financer tous ses besoins de développement pour le maintient du plein emploi, sans inflation, avec sa propre monnaie nationale. La « théorie de la monnaie d’État » fait référence à l’argent créé par les gouvernements à la place des banques privées.

          😉

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        • gdm dit :

          @patatrac
          J’ai du louper un épisode. Je ne comprend pas ce que vous voulez montrer par cette citation sur la BRI.

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  2. BA dit :

    Un cinquième tabou à briser : une quinzaine d’Etats européens vont se déclarer en défaut de paiement, les uns après les autres, comme des dominos qui tombent les uns après les autres.

    Un exemple, qui n’est même pas évoqué dans l’article de L’Expansion : le Portugal.

    – Emprunt à 12 mois :

    En juillet 2010, le Portugal avait lancé un emprunt à 12 mois : le Portugal avait dû payer un taux d’intérêt de 3,159 %.

    Vendredi 1er avril 2011, le Portugal a de nouveau lancé un emprunt à 12 mois : il a dû payer un taux d’intérêt de … 5,793 % ! (Par comparaison, la France doit payer un taux d’intérêt de 1,328 % pour un emprunt à 12 mois).

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 8,704 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 9,743 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,514 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

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  3. Pat dit :

    Aller, au diable l’avarice et la cupidité, voici un sixième tabou à briser :
    Faites payer les super-riches maintenant ou attendez-vous à une Révolution

    (par Paul B. Farrell pour marketwatch.com – traduction VD pour « Le Grand Soir »)

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  4. BA dit :

    Marc Touati, directeur général d’Assya Compagnie Financière, revient sur les situations comparées du Portugal, en pleine tourmente, et des autres pays périphériques de la zone euro.

    « Le Portugal va-t-il faire déborder le vase eurolandais ? »

    http://www.boursorama.com/votreinvite/interview.phtml?num=df99704e8d246a65259e23fb127962a9

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  5. BA dit :

    Lundi 4 avril 2011 :

    Portugal : taux des obligations à 2 ans : 8,813 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 5 ans : 9,917 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT5YR:IND

    Portugal : taux des obligations à 10 ans : 8,591 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR:IND

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  6. BA dit :

    – Emprunt à 6 mois :

    Mercredi 6 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 6 mois : il a dû payer un taux d’intérêt de … 5,117 % ! Les taux sont en hausse : c’était 2,984 % lors de la dernière émission.
    (Par comparaison, la France doit payer un taux d’intérêt de 0,837 % pour un emprunt à 6 mois).

    – Emprunt à 12 mois :

    Mercredi 6 avril 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 12 mois : il a dû payer un taux d’intérêt de … 5,902 % ! Les taux sont en hausse : c’était 4,331 % lors de la dernière émission.
    (Par comparaison, la France doit payer un taux d’intérêt de 1,384 % pour un emprunt à 12 mois).

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110406.REU6377/portugal-adjuge-1-milliard-d-euros-rendements-en-nette-hausse.html

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  7. BA dit :

    Mercredi 6 avril 2011 :

    Après des mois de résistance, le gouvernement portugais a finalement reconnu mercredi la nécessité d’un recours à une aide financière dans le cadre des mécanismes de l’Union européenne, invoquant la « situation difficile » sur les marchés financiers.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=29d4f13011abdef5dbadfe6c485c29fd

    Le premier domino est tombé : la Grèce.

    Ensuite, le deuxième domino est tombé : l’Irlande.

    Ensuite, le troisième domino est tombé : le Portugal.

    Maintenant, le quatrième domino va tomber : l’Espagne.

    Maintenant, la bataille d’Espagne va pouvoir commencer.

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  8. BA dit :

    Samedi 9 avril 2011 :

    Kenneth Rogoff pense qu’il y a une haute probabilité que l’Union Européenne doive sauver l’Espagne.

    Kenneth Rogoff believes there is a high probability that Europe has to help Spain.

    http://economicsnewspaper.com/policy/spain/kenneth-rogoff-believes-there-is-a-high-probability-that-europe-has-to-help-spain-8747.html

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  9. Patatrac dit :

    Icesave : le «non» a encore gagné en Islande !

    Le nouveau projet d’accord sur le remboursement de 3,9 milliards d’euros réclamés par Londres et La Haye après la faillite de la banque Icesave en 2008, a été rejeté par les Islandais à l’occasion d’un référendum le samedi 9 avril 2011. Selon des résultats encore partiels, le «non» l’emporterait – une nouvelle fois – avec plus de 55% des voix.

    Pour la seconde fois en un an, les Islandais étaient appelés à se prononcer sur l’accord Icesave encadrant le remboursement par l’Islande de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, dont les citoyens avaient été spoliés par la faillite de la banque islandaise en ligne. Quelque 340.000 Britanniques et Néerlandais avaient alors perdu leur épargne.

    Selon les premiers chiffres officiels portant sur 70% des bulletins dépouillés, le «non» l’emporterait avec 57,7 % des voix, contre 42,3 % pour le «oui». Pour les partisans du «non», rien n’oblige les citoyens islandais à assumer financièrement la dette d’une banque privée. Ceux qui soutiennent l’accord pointent les effets désastreux d’un vote négatif en terme d’image pour l’Islande.

    Le gouvernement, qui a fait campagne pour le «oui», a fait part de sa déception. Johanna Sigurdardottir, Première ministre du gouvernement de coalition, a déclaré que le résultat était un «choc». Le Parlement islandais avait également soutenu le projet d’accord qui était plus favorable à l’Islande que la première mouture du texte rejetée à une écrasante majorité (93% des voix) en mars 2010. Ce dossier, outre les tensions qu’il génère avec les gouvernements britannique et néerlandais, suscite également un large débat politique en Islande.

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  10. Patatrac dit :

    « Finance Watch » sera un contre-pouvoir à la finance de marché

    Attac France, Transparency International, Oxfam, Sherpa, le Secours catholique… Près d’une trentaine d’associations et d’ONG européennes vont participer à la création de Finance Watch. Député européen (Europe Ecologie), Pascal Canfin, 36 ans, est l’un des fondateurs de cette initiative transpartisane qui regroupe des élus de droite et de gauche.

    Quelles seront les missions de Finance Watch ?
    Il y en aura trois principales. D’abord, un travail d’expertise réalisé par des experts indépendants, spécialistes des questions financières. Ensuite, Finance Watch aura une mission de lobbying auprès de la Commission et du Parlement européen pour contrer le travail d’influence permanent des banques. Quand on constate les moyens considérables dont ils disposent, il y a une vraie urgence démocratique à rééquilibrer les choses. Enfin, il y aura un travail de communication auprès du grand public, pour faire pression sur les élus et susciter des débats sur toutes les questions liées à la finance. On le voit bien aujourd’hui dans le travail d’élaboration de nouvelles régulations européennes, on souffre de ne pas avoir de vrai débat dans l’opinion publique.

    Finance Watch aura pour vocation de dénoncer les pratiques des banques ?
    Le but n’est pas de rechercher le scandale pour le scandale, mais d’éclairer le débat citoyen. Et de se donner la possibilité de faire vivre un débat contradictoire. Sur le nucléaire, on peut entendre les voix d’Areva et de Greenpeace. Les associations de consommateurs ne s’occupaient pour l’instant que des services bancaires aux particuliers. Finance Watch aura une mission de contre-pouvoir sur le cœur de l’activité bancaire, à savoir la finance de marché. Par exemple, lors de la publication des résultats financiers des banques, ce sera son rôle de donner une expertise pour expliquer comment ces bénéfices sont réalisés. Et d’expliquer qu’elles réalisent aujourd’hui plus de 50% de leurs bénéfices, non pas en prêtant aux entreprises, mais en prenant des paris sur les marchés. Pour démonter les argumentaires, Finance Watch s’appuiera sur un réseau officieux d’acteurs de la finance encore en poste qui collaborera de façon confidentielle. On a déjà reçu de nombreux appels du pied…

    Quel type de gouvernance adopterez-vous ?
    Le conseil d’administration sera composé à parité des représentants des organisations membres et de personnalités qualifiées : des professionnels de la finance, des profs d’économie, des universitaires… Un comité de déontologie sera chargé d’étudier d’éventuels conflits d’intérêts. Le but est de réunir notre assemblée générale en juin, et de recruter la dizaine de permanents à l’été pour être opérationnel dans la foulée. Finance Watch compte sur un budget de fonctionnement de 2 millions d’euros par an, alimenté par les citoyens, les associations, les personnalités, les fondations privées et la Commission européenne.

    Vous vous donnez la possibilité de vous faire aider par des fondations liées à la finance ?
    La question n’est pas réglée. Est-ce que la fondation de George Soros [spéculateur et philanthrope, ndlr] pourra aider si elle le souhaite ? Ce n’est pas tranché.

    Comment Michel Barnier, le commissaire européen au Marché intérieur, regarde-t-il cette initiative ?
    Barnier nous a donné son accord politique pour participer au financement, car la Commission a besoin, dans son travail d’élaboration des directives, de contre-expertises sérieuses. Finance Watch sera totalement indépendant des députés européens qui ont été à l’origine de sa création. Aucun de nous ne sera membre ou financeur.

    L’arrivée de Michel Barnier a-t-elle marqué une rupture par rapport à la précédente Commission ?
    Oui, mais ce n’était pas très difficile. Avec son prédécesseur, l’Irlandais McCreevy, la Commission était devenue le fer de lance de la dérégulation. Ce n’est plus le cas, mais les textes adoptés ne sont clairement pas suffisamment ambitieux. Aujourd’hui, les principaux freins à la régulation ne viennent pas de la Commission et du Parlement, mais des Etats eux-mêmes.

    A plusieurs reprises vous avez dénoncé le double discours de Paris…
    Je pendrai juste le texte dont je m’occupe personnellement, celui de l’encadrement des CDS de dette souveraine, ces produits d’assurance contre le risque de défaillance des Etats. Pour éviter une spéculation débridée comme on l’a vu sur la Grèce, le texte propose d’interdire l’achat de CDS sans détenir au préalable une obligation d’Etat. Or quel est aujourd’hui le seul pays qui soutient officiellement cette proposition ? L’Allemagne.

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  11. BA dit :

    Le Fonds Monétaire International a compris qu’il allait devoir payer pour sauver plusieurs Etats européens en faillite : Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Italie, Belgique, France, etc, etc (liste non exhaustive).

    Le FMI a compris que plusieurs Etats européens allaient continuer à s’effondrer, les uns après les autres, comme des dominos.

    Problème : le FMI n’a plus assez d’argent pour sauver tous ces Etats européens. Le FMI ne dispose que de 671 milliards de dollars. C’est très insuffisant pour sauver tous les Etats européens en faillite.

    Pourtant, de 2009 à 2011, les 187 Etats membres du FMI avaient triplé les ressources du FMI. Malgré ce triplement, le FMI n’arrive plus à sauver de la faillite les Etats qui s’effondrent les uns après les autres. Les sommes nécessaires deviennent trop énormes.

    Conclusion : jeudi 7 avril 2011, le FMI a demandé à pouvoir emprunter directement des dizaines de milliards sur les marchés financiers.

    Conclusion numéro 2 : les Etats européens sont en faillite. Ils sont écrasés sous des montagnes de dettes. Le FMI va donc s’endetter lui-aussi ! Le FMI va rajouter des montagnes de dettes par-dessus les montagnes de dettes déjà existantes !

    Conclusion numéro 3 : le système financier international est mort.

    Lisez cet article :

    Le FMI prêt à aller emprunter directement aux banques.

    http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/le-fmi-pret-a-aller-emprunter-directement-aux-banques_980692.html

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  12. gdm dit :

    @postjorion
    Les banques islandaises ont fait faillite. L’État islandais les a reprises. Qui paiera les dettes? C’est la question que pose cet article de l’express. Le libertarianisme est une théorie de science politique. C’est surtout une théorie du Droit. Dans cette affaire, le libertarien, que je suis, s’inspire du droit commercial des faillites.

    Lorsqu’une entreprise est en faillite, un liquidateur procède à sa liquidation. On trouve toujours un concurrent pour continuer à fournir le service. Pour la faillite des banques, il semble que l’État islandais se soit auto-désigné comme liquidateur et comme repreneur. Peut-être l’État était-il responsable d’une partie des dettes des banques. Je l’ignore.

    Par une liquidation les créanciers perdent, en une fois, leurs créances sur l’entreprise en faillite. Lorsque la liquidation est exécutée rapidement, elle crée moins de dégâts sur les partenaires. Mais il est parfois impossible de procéder rapidement. Mais ce n’est pas une liquidation judiciaire de l’État qui a été faite en Islande.

    Les Islandais ont vécu pendant trois siècles sans État, entre 930 et 1264, dans une société libertarienne. Voir le lien http://www.quebecoislibre.org/031220-8.htm . Les islandais pourraient renoncer à maintenir l’institution de l’État islandais. Ils choisiraient de vivre sans État. Ils renonceraient aussi aux dettes que l’État a accumulées. Ce serait, pour eux, un retour aux sources ancestrales. Les libertariens saluerait cet exemple à suivre. Mais la croyance magique dans l’État est, hélas! encore trop vive dans les esprits.

    1. l’État islandais paiera-t-il les dettes?

    Un citoyen peut quitter le territoire national sans payer de contribution à la dette de l’État. Les dettes d’un État ne sont donc pas les dettes des citoyens. Il est légitime que les islandais refusent de payer pour les dettes de l’État.

    Après qq siècles de débats et de réflexions, les économistes savent maintenant les nuisances de l’inflation sur l’activité économique d’un pays. L’inflation pour réduire la dette est une mauvaise formule.

    2. Si la Banque Centrale finançait directement l’État, cela évitera l’hypocrisie actuelle de lui emprunter indirectement. L’État empruntera alors au rythme des pressions populistes et du laxisme de sa gestion. De nouvelles catastrophes monétaires se produiront donc rapidement.

    3. Qui paiera les dettes de l’État islandais? L’inflation est une formule de réduction de la dette intérieure au détriment des habitants. Comme disait récemment ben Bernanke, l’inflation est un impôt. On fait payer les islandais des erreurs de l’État. L’idée d’une monnaie nationale monopolistique est contestable.

    4. Oui, les créanciers paieront-il? L’État islandais viole sa parole, viole sa promesse. C’est la nature de l’État de ne pas respecter sa parole. Sa parole varie au gré des votes du parlement. « Les créanciers paieront ». Les investisseurs hésiteront davantage avant de prêter à un État. Ce sera une prise de conscience dans la douleur.

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    • A-J Holbecq dit :

      Vous confondez l’IRlande et l’ISlande …
      L’Etat ISlandais n’a pas repris les dettes de Icecave, justement… le référendum l’en a empêché

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      • gdm dit :

        merci de votre réponse. Pan sur le bec pour moi, alors! ca m’apprendra a ne pas suffisamment me tenir informé de l’actualité! et en plus à ne pas lire attentivement les articles.

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  13. Patatrac dit :

    La prise de conscience de la réalité financière actuelle est ce qui permettra véritablement de changer de paradigme !

    En ce qui concerne plus particulièrement la situation aux Etats-Unis :

    Chine : Les obligations d’Etat du Trésor américain une chaîne de Ponzi

    Un éminent économiste chinois et ancien conseiller de la banque centrale [la Banque populaire de Chine( PBOC)]du pays, lundi, a comparé le marché des obligations du Trésor américain à un géant système de Ponzi, et a soutenu que la Chine devrait laisser flotter le yuan, en partie afin de ne pas avoir à acquérir tant d’actifs du Trésor.

    Une nation en faillite se réveille

    Les recommandations de M. Ryan (le Président du comité du budget de la Chambre des représentants) ne seront pas au goût de tous. Mais il est le premier homme politique à prendre la pleine mesure de la crise de la dette des États-Unis, et ses perspectives sont convenablement Balzaciennes. M. Ryan voit la dette comme une «menace existentielle», un grand drame dont la cause est la complaisance et dont la fin est l’asservissement. M. Ryan a écrit dans son document budgétaire: « Nous faisons face à deux dangers: le déclin économique à long terme comme le nombre de fabricants diminue et que le nombre de consommateurs augmente et, pire encore, le déclin progressif moral et politique comme la dépendance et la passivité affaiblissent le caractère de la nation. » Les Américains devront renoncer à leur retraite pépères et un système d’assurance-maladie qui, selon une étude souvent citée de l’Urban Institute, paie trois fois plus en prestations ce qu’il perçoit de revenus.

    Dettes US : PUANT selon PIMCO

    Je suis assis devant vous comme le représentant d’un gestionnaire de fonds de 1.200 milliards de dollars, historiquement orienté vers l’obligataire, qui a vendu ses bons du Trésor, car ils ont peu de valeur dans le cadre d’un fardeau de 75.000 milliards de dollars de dette totale.
    A moins que les droits ne soient considérablement modifiés, je suis convaincu que ce pays fera défaut sur sa dette; pas de manière conventionnelle, mais en choisissant la poche des épargnants par l’intermédiaire d’une combinaison moins observables, cependant des politiques historiquement vérifiables – l’inflation, la dévaluation de la monnaie et de faibles ou négatifs taux d’intérêt réels. Nos clients, qui représentent les syndicats, les villes, des fonds de pension américains, des fondations, et aussi bien que des citoyens de Main Street, ne veulent pas se faire rouler ou se faire vider leurs poches. Il incombe, par conséquent, afin de préserver l’intégrité du marché du Trésor américain, ainsi que ses taux d’intérêt favorables, et promouvoir une économie américaine stable, que les dépenses de prestations soient réduites et que le coût des engagements futurs en termes de soins de santé soit contenu. Vous devez attaquer les prestations et faire du mot «dette» un mot grossier.

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    • A-J Holbecq dit :

      Il y a du vrai, mais « ils » oublient un peu que les dépenses des uns font les revenus des autres, qui vont pouvoir eux mêmes dépenser en faisant d’autres revenus, etc.
      Le problème fondamental reste à mon avis les « fuites » de capitaux, en particulier dans les importations.

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      • Patatrac dit :

        Je ne cherche pas spécialement à accréditer ce que disent les uns et les autres dans les 3 liens ci-dessus mais à révéler la prise de conscience progressive par certains « décideurs » de l’état calamiteux des finances et des dettes aux USA (encore classées AAA).

        Car très bientôt… lorsque toute la planète finance rejetera les obligations du Trésor américain… le rideau de l’illusion tombera enfin et la matrice systémique de conditionnement explosera… à ce moment précis de notre histoire un grand déclic aura lieu sur Terre… très rapidement, un énorme changement de paradigme se produira alors dans la psyché collective de toute l’humanité… il s’ensuivra structurellement une période chaotique qu’il nous faudra traverser… débouchant ensuite inexorablement sur une nouvelle ère… qu’il nous incombera de déterminer et de construire en se basant sur de nouvelles valeurs inspirées de notre véritable nature dans le respect du bien commun…

        Nous vivons une époque historique !

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  14. BA dit :

    1- Regardez le graphique « Le pouvoir d’achat des ménages français » depuis 1960 :

    Cette courbe montre que le pouvoir d’achat des ménages français a baissé depuis 1960 : les dépenses contraintes ont explosé :

    – Logement, eau, gaz, électricité, et autres combustibles : en 1960, c’était seulement 7,7 % des dépenses de consommation. En 2010, c’est 12,7 % des dépenses de consommation.

    – Transports : en 1960, c’était seulement 10,9 % des dépenses de consommation. En 2010, c’est 17,2 % des dépenses de consommation.

    Comme ces dépenses contraintes ont explosé, comme la robotisation a détruit des emplois, comme le libre-échange mondial a comprimé les salaires français, comme les prix des matières premières ont explosé, les ménages français ont été obligés de s’endetter de plus en plus :

    2- Les entreprises françaises sont elles-aussi de plus en plus endettées :

    3- L’Etat français est lui-aussi fauché et surendetté : la dette publique atteint 82 % du PIB.

    4- Les banques françaises et européennes ont dans leurs livres des dizaines de milliards d’euros d’actifs pourris, de créances irrécouvrables.

    5- Quant au FMI, il n’a plus que 671 milliards de dollars pour sauver tous les Etats européens en faillite qui s’effondrent les uns après les autres, comme des dominos. Jeudi 7 avril 2011, pour la première fois depuis sa création, le FMI a demandé l’autorisation d’emprunter des dizaines de milliards directement auprès des banques !

    http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/le-fmi-pret-a-aller-emprunter-directement-aux-banques_980692.html

    Le FMI n’a plus assez d’argent pour remplir sa mission : sauver les Etats en faillite. Les sommes nécessaires deviennent trop énormes.

    Conclusion : glou glou glou glou glou glou glou glou glou glou glou glou glou.

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  15. Patatrac dit :

    La méga dette inavouable américaine à 500% du PIB !

    Bill (William Hunt) Gross, le co-fondateur et co-dirigeant de PIMCO, le plus important fonds d’investissement au monde (disposant de 1.242 milliards de dollars d’actif fin décembre 2010), historiquement orienté vers le marché des obligations, liquide totalement sa position en bons du trésor américains (durant le mois de février 2011), puis nous explique dans sa note de perspective d’investissement mensuelle (un mois plus tard, le 1er avril 2011), qu’au-delà des 9.1 trillions de dettes fédérales officielles déclarées, le Trésor américain semble bien avoir un fardeau de dettes hors-bilan non déclaré de près de 66 trillions de dollars, soit une dette totale cumulée de 75.100 milliards de dollars équivalent à environ 500% du PIB !

    Bill s’appuie notamment dans son argumentation sur une formidable étude intitulée USA Inc. réalisée par Mary Meeker en février 2011 et recommandée (entres autres) par Paul Volcker et Michael Bloomberg.
    Cette étude nous indique très clairement page 9 que :
    9.1 (dette fédérale officielle)
    + 7.9 (Sécurité Sociale non budgété)
    + 22.8 (programme Medicare non budgété)
    + 35.3 (programme Medicaid)
    = 75.1 trillions de dollars (75.100 milliards de dollars soit environ 5 fois le PIB américain)

    Afin de ne pas affoler démesurément ses lecteurs, Mary Meeker prend bien soin de ne pas intégrer le programme Medicaid dans les dettes du bilan USA (page 209) de son étude ; précaution que Bill outrepasse allégrement afin de marquer profondément les consciences sur l’abime funeste que présage l’énormité de la dette réelle américaine.

    Dans cette partie de casino mondial (et selon ces calculs), les grecs (120%) font office d’amateurs et les japonais (230%) de petits joueurs, par rapport aux États-Unis, le champion du monde toute catégorie du bluff financier planétaire.
    Les jeux sont faits – Rien ne va plus !!!

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  16. BA dit :

    Mercredi 13 avril 2011 :

    L’état précaire des banques européennes est la principale menace à la stabilité du système financier mondial, et va imposer de leur trouver des capitaux neufs, a affirmé mercredi le Fonds monétaire international.

    Dans son “Rapport sur la stabilité financière dans le monde”, le FMI fait l’état des lieux des tensions en Europe, entre des Etats qui luttent pour redresser leurs finances publiques et un secteur bancaire gravement endommagé par la crise financière mondiale.

    “Beaucoup d’institutions financières, en particulier les banques européennes les plus faibles, sont prises dans un tourbillon de pressions liées les unes aux autres qui intensifient les risques pour le système dans son ensemble”, a-t-il constaté.

    Avec la crise financière, “les banques ont cherché à élever à la fois la qualité et la quantité de leurs fonds propres, mais les progrès ont été inégaux, les banques européennes étant généralement en retard sur les américaines”, a rappelé le Fonds.

    “Les faiblesses et vulnérabilités structurelles subsistant dans la zone euro constituent toujours des risques importants s’ils ne sont pas résolus de manière globale”, a-t-il poursuivi.

    Selon lui, “dans les quelques mois à venir, le défi le plus urgent est le financement des banques et des Etats, en particulier dans certains pays vulnérables de la zone euro”.

    L’Europe n’échappera pas, d’après les experts du FMI, à une restructuration des banques qui ne sont pas viables, et une recapitalisation de celles qui le sont.

    Or “il est probable qu’il faudra qu’une partie de ce capital vienne de sources publiques”, ont-ils avancé.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=7e83a88b0faa5bcfe6b813f6e6e4a522

    En clair : CONtribuables européens, préparez-vous à payer.

    CONtribuables européens, vous allez encore devoir payer pour sauver les banques de la faillite.

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  17. BA dit :

    Jeudi 14 avril 2011 :

    Les investisseurs internationaux ont compris que la Grèce allait se déclarer en défaut de paiement : les obligations de l’Etat grec sont en train de pulvériser leurs records.

    Grèce : taux des obligations à 2 ans : 17,829 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 5 ans : 15,361 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB5YR:IND

    Grèce : taux des obligations à 10 ans : 13,274 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR:IND

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  18. BA dit :

    Vendredi 15 avril 2011 :

    Moody’s abaisse de deux crans la note de l’Irlande.

    L’agence de notation Moody’s Investors Service a abaissé vendredi de deux crans la note de l’Irlande de « Baa1 » à « Baa3 », reléguant l’île au plus bas niveau possible pour les emprunteurs fiables, en raison de la dégradation des perspectives économiques du pays.

    La perspective d’évolution de cette note est « négative », ce qui veut dire que Moody’s n’exclut pas de la dégrader encore à moyen terme.

    Irlande : taux des obligations à 10 ans : 9,494 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR:IND

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