151 – La monétisation, c’est quoi?

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Laurent Pinsolle a commis sur son blog, le 24 janvier, un excellent article  » La monétisation en question » , que je vous suggère de lire

Mais la monétisation, c’est quoi?

Bien sur, nous en avons déjà parlé plusieurs fois, mais il m’a semblé intéressant d’expliquer un peu ce terme à nouveau.

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A-J Holbecq explique en commentaire sur le blog de Laurent Pinsolle:

Monétiser, c’est le droit des banques de transformer « quelque chose » en monnaie et procéder ainsi à l’introduction de nouveaux moyens de paiement dans l’économie (création monétaire). Ce « quelque chose » peut être reconnaissance de dette, une hypothèque, un actif existant, etc..

Les créances sont simplement portées à l’actif du bilan de la banque qui, au passif, porte le montant équivalent sur le compte du bénéficiaire de la monétisation.

Démonétiser corresponds à une destruction de moyens de payements (lors du remboursement d’un prêt par exemple)

Les banques (commerciales) ont 5 manières de créer de la monnaie (monétiser):
– Acquisition d’un actif réel (terrain, immeuble…)
– Acquisition d’un actif financier ( action, obligation)
– Conversion des devises (suite exportation d’une entreprise cliente)
– Opération d’escompte
– Opération de crédit

Certains auteurs ajoutent les paiements pour compte propre (ex : loyers, salaires et charges diverses)

Bien évidemment chaque banque qui monétise est obligée de tenir compte des « fuites » vers ses concurrentes si sa part de marché de monétisation (de crédit) dépasse sa part de marché des dépôts, car ses concurrentes se font payer la différence (la compensation) en monnaie centrale.
Les banques doivent aussi tenir compte de la demande d’espèces (qui représente environ 13% des crédits) et des réserves obligatoires de 2% du montant des dépôts qui correspondent à de la monnaie centrale.
Elles sont de plus tenues aux obligations de « Bâle » qui pour le moment leur impose des fonds propres équivalents à 8% des crédits qu’elles émettent.

Dans le cas de monétisation par une banque centrale au bénéfice d’un État, la banque centrale porte à l’actif de son bilan l’obligation portant ou non intérêt, émise par l’État (c’est une reconnaissance de dette) et au compte de l’État (chaque État dispose d’un compte en Banque Centrale, en France ce compte se nomme « Trésor Public ») l’équivalent monétaire qui diffusera ensuite dans l’économie.

Pour la France et d’autres pays, les intérêts éventuellement payés par l’État emprunteur lui reviennent intégralement (sous forme de dividendes ou d’impôts sur les bénéfices) puisque la Banque de France est une entité dont l’État est le seul actionnaire.

Tout ceci est expliqué en détail sur le wiki monnaie

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7 commentaires pour 151 – La monétisation, c’est quoi?

  1. simplesanstete dit :

    Le tigre de papier expliqué c’est très bien, mais moi je préfère m’intéresser à la SNCF qui s’agenouille devant LE lobby de l’argent et les proprios de dieu, les sados masos, peut être suis je trop prosaïque comme l’actualité, entre la scène et l’obscène où en sommes nous?
    voici cette belle chanson du signe, à 1min 30.

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  2. Werrebrouck dit :

    Patrick Artus propose ce matin « un Hair cut organisé ». On peut donc considérer que les choses avancent.Pour autant ce n’est, comme il le dit lui-même, qu’un « second best ».
    http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=56382

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  3. chouchane dit :

    Bonjour, lecteurs et lectrices,
    Je m’intéressent depuis quelques temps au problème que soulève la création monétaire. Face a la rhétorique inflationniste lorsque l’on évoque comme solution le droit de battre monnaie par les états, je n’ai cependant jamais et nul part entendu une solution qui me semble inattaquable : INTERDIRE l’USURE (intérêt sur la création monétaire).
    je souhaite vous soumettre cette idée et que vous puissiez m’éclairer sur les bienfaits et les maques qu’une telle décision pourrait avoir.
    Merci de vos réponses.

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    • simplesanstete dit :

      Je crois que votre solution radicale soit trop, disons, finale. Abolir un PARI sur le temps ça serait comme détruire un autre pari, sur l’ignorance, celui du Livre par exemple. Mais l’idée est bien là quand l’argent et ses intérêts envahissent le monde celui ci se matérialise en 2 entités Wall Street et la bible atomique israélienne toutes 2 extrème..ments fécondes et admirées, un résultat et une rencontre proches de l’apocalypse, le conformisme est une valeur sûre et terriblement pervers.Les bouleversements au moyen orient semblent s’attaquer à ce problème qui était jusque là une solution pendant un certain temps.La transparence du mal révélée, la pensée binaire, numérique et furieusement abstraite, celle de nos machines.

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    • simplesanstete dit :

      On vous l’avait bien dit:

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    • A-J Holbecq dit :

      @chouchane
      D’accord avec vous…

      La proposition 100% monnaie pour laquelle vous trouvez beaucoup d’informations sur ce site et sur http://osonsallais.wordpress.com/ équivaut en fait à une création monétaire sans intérêts (à ne pas confondre avec des prêts d’une épargne antérieure pour lequel l’intérêt peut être justifié) puisque dans ce cas seule la banque centrale crée la monnaie nouvelle.

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  4. A-J Holbecq dit :

    Lors d’un échange, Jean Bayard précise son point de vue:

    L’activité propre de la banque (centrale ou de dépôts), si la somme de ses actifs propres est supérieure à celle de ses passifs propres, crée de la monnaie

    La destruction s’opère à l’inverse quand les actifs propres sont inférieurs aux passifs propres.

    La caractéristique de cette source de création et de destruction monétaires, est que la banque monétise ses dépenses (pertes) et démonétise ses recettes (profits) , ce que jusqu’à présent personne n’a compris ou osé dire. Ainsi, par exemple, elle crée de la monnaie quand elle verse les salaires de son personnel en créditant leurs comptes et elle détruit de la monnaie lorsqu’elle débite les comptes de ses clients des intérêts, agios et autres frais qui lui sont dus. Bref, la banque monétise chaque fois qu’elle achète et qu’elle paie et démonétise chaque fois qu’elle vend et qu’elle encaisse.

    La création ainsi que la destruction de monnaie scripturale par les banques (centrales ou commerciales) obéit à une règle générale que l’on peut écrire comme suit :

    Toute augmentation de l’actif, toute dépense et toute diminution du passif de ces banques se traduisent nécessairement par une création monétaire, tandis que toute augmentation de leur passif, toute recette et toute diminution de leur actif, se traduisent symétriquement par une destruction monétaire. Car, ces opérations se font ou se défont par l’inscription, dans un sens ou dans l’autre, directement ou indirectement, aux comptes de dépôt à vue (DAV) des banques par la Super banque (Banque Centrale) et aux comptes de dépôt à vue (DAV) des agents non bancaires par les banques.

    L’Institut d’émission et les banques procèdent donc de même pour émettre la monnaie. La différence est que la Super-banque crée de la monnaie centrale, à destination des banques et du Trésor, tandis que les banques de dépôts créent de la monnaie secondaire, à destination des agents non bancaires (ANB), dont font partie les établissements financiers.

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