146 – detention des dettes publiques par les banques

Banking book

Portefeuille de titres qui ne sont pas activement négociés mais qui sont destinés à être conservés jusqu’à leur échéance.

Trading book

Portefeuille de titres qui sont négociés sur le marché et appréciés par les performances du marché.

____________________________

http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=55914 : 23/12/2010

Est-il mieux que les Banques Centrales monétisent directement les dettes publiques, ou qu’elles favorisent une monétisation indirecte par les banques ?

Aux Etats-Unis, la Réserve Fédérale a décidé de monétiser une partie importante de la dette publique directement (en mettant les Treasuries sur son bilan) ; dans la zone euro, au Royaume- Uni et au Japon, la monétisation se fait indirectement, puisque ce sont essentiellement les banques qui achètent des titres publics ; il s’agit bien de monétisation puisque les banques peuvent utiliser ces portefeuilles de dette publique pour se refinancer auprès de la Banque Centrale.
Quelle monétisation est préférable, celle directe par la Banque Centrale ou celle indirecte par les banques ?
– en cas de remontée des taux d’intérêt, s’il s’agit à la fois des taux courts et des taux longs, les comptes d’exploitation des banques et de la Banque Centrale se dégradent (détention de portefeuilles d’obligations à coupon faible ; il n’y a pas de perte en capital pour les banques si les obligations sont logées dans le « banking book ») ; ceci peut inciter les banques à accroître les marges de taux d’intérêt sur les crédits ;
– en cas de hausse des primes de risque de défaut souverain sans défaut, les banques ne perdent que l’opportunité d’avoir des coupons plus élevés (si les obligations sont dans le banking book),
– en cas de défaut partiel (haircut), il y a perte en capital pour les banques et pour la Banque Centrale ; les Banques Centrales s’appliquent, les règles de la comptabilité privée, mais elles pourraient compenser cette perte par une simple provision sans conséquence dans leur bilan. Les banques perdent des fonds propres, ce qui est grave, on le sait ;
– si les portefeuilles de dette publique des banques sont de grande taille, la Banque Centrale peut hésiter à remonter les taux d’intérêt, afin d’éviter de provoquer des pertes insupportables pour les banques. Il y a donc mise ne place d’une irréversibilité des politiques monétaires expansionnistes ;
– l’effet incitatif (d’aléa de moralité) sur les gouvernements (sur les politiques budgétaires) est le même dans les deux cas (monétisation par les banques centrales ou par les banques).
Au total, la monétisation indirecte par les banques nous parait beaucoup plus dangereuse que la monétisation directe par les Banques Centrales, ce qui est évidemment l’opposé de l’opinion de la BCE.

_______________

Détention des dettes publiques par les banques

(grande image)

(grande image)

_________________________

Lien court : http://wp.me/pzMIs-iB

Advertisements
Cet article, publié dans Banques, Dette publique, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour 146 – detention des dettes publiques par les banques

  1. borowic dit :

    d accord avec le raisonnement mais la part des banques commerciales parmi l ensemble des detenteurs de la dette est somme toute assez faible de l ordre de 10a205 d apres le tableau ci-dessous.

    finalement la loi Pompidou avait sa logique, si on interdit la monetisation de la dette alors l etat sera contraint d emprunter raisonnablement pour ne pas pousser les taux d interet au plafond
    c est parce que le systeme a contourne la loi avec une monetistion indirecte par le biais des banques commerciales que les taux longs sont restes relativement bas
    je reste neanmoins sceptique sur l influence determinante de cette question vu la part faible de la dette detenue par les banques commerciales
    pour l avoir vecu je ne sousestimerai pas l influence du facteur psy.
    le systeme d adjudication periodique et systematique cree une forme d’ automaticite du placement de la dette bien confortable pour l etat
    autre facteur, le fait que l on acquiert la dette de l etat sur une duree qui n est plus la maturite de l’obligation mais le temps ecoule jusqu a la revente sur le marche secondaire.

    J'aime

  2. A-J Holbecq dit :

    Pour information

    Sur le bulletin mensuel de la banque de France
    http://www.banque-france.fr/fr/eurosys/telechar/bce/bulletins/bulletin-mensuel-BCE-decembre-2010.pdf

    Page S12 (page 108) on trouve bien  » créances sur les administrations publiques  » pour octobre 2010 :
    3262,6 Milliards d’euros

    Précisions: les créances recouvrent à la fois les prêts classiques (par ex. les prêts bancaires) et la dette de marché (la dette émise sous forme de titres courts ou longs).

    En page S16 (page 112) « prêts aux administrations publiques zone euro »: 1068,9 Md€

    La détention des titres de dette publique par les banques est donc égale à la différence : 2193,7 Milliards d’euros

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s