138 – Bankrun 2010

Je fais suivre un courriel…

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Le 7 décembre 2010 retirons notre argent des banques !

http://www.bankrun2010.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/jean-rex/141110/bankrun-2010-faites-sauter-la-banque-appel-au-boycott-des-banksters

Je ne peux qu’applaudir pour ma part à cette initiative Bankrun2010, déjà parce qu’elle montre que la prise de conscience de l’ampleur du problème et du caractère central de la question monétaire et bancaire progresse, cela avance et confirme que le travail gigantesque d’analyse/compréhension/diffusion du savoir , rassemblant des citoyens de bonne volonté, aux opinions politiques diverses voire opposées, et ce depuis des années, n’est pas sans fondement ou vain.

D’autre part, il est évident, que le système bancaire oppose (et opposera encore plus à l’avenir) des freins considérables au retrait en liquide (et non « scriptural »!) qui est effectivement le SEUL RETRAIT VALABLE POUR UN TEL BANKRUN * (je rappelle que certaines banques irlandaises je crois envisagent même de ne plus distribuer de liquide à leur clients en leur consentant des frais réduits, je me demande encore comme ceci peut-être légal, mais comme le pouvoir de la loi semble être du côté des banquiers, je ne m’étonne qu’à moitié…). Ma compagne et moi avons quitté l’Écureuil Transgénique il y a un an car son agence lui imposait 48h de délai pour retirer 200 euros en liquide au guichet manuel (et j’ai eu de nombreux autres échos du même genre, sans doute des initiatives de chefs d’agences plus zélés que les autres pour réduire les fuites et atteindre les ratios de performance !). Ceci est inacceptable.

 

MAIS, ce genre d’initiative est à relayer pour deux raisons:

1) d’une part parce qu’il permet de sensibiliser une quantité croissante de citoyens au  problème de fond du système bancaire actuel, problème central car il débouche sur les questions de dettes, de dézingage des services publics, de chômage, et quantité d’autres maux de notre société qui n’existent qu’au nom du « on n’a pas les moyens! », sous entendu en argent**. Or il est bien possible que cette initiative, si elle est reprise par quelques % de la population, émerge dans les médias (et si ce n’est cette année, alors ce sera dans 6 mois lors d’un second appel par exemple, il faut du temps pour faire émerger cette conscience!), compte tenu du risque qu’elle fait peser si la pompe s’amorce…

2) d’autre part, elle contribue à montrer que le pouvoir bancaire n’est assis que sur le pouvoir qu’on lui DONNE (sans le savoir souvent!), et qu’en fait une MINORITÉ de citoyens est en mesure de contester ce pouvoir, ce qui n’est pas rien! Car il s’agit en réalité avec ce Bankrun2010  d’une mesure de boycott des banques (par le retrait volontaire de liquide) et malgré tout ce que certains en pensent souvent, le boycott est une arme TRÈS EFFICACE. Une arme qui touche déjà à l’image (et quand on voit le MATRAQUAGE PUBLICITAIRE PHÉNOMÉNAL DES BANQUES, Y COMPRIS DÉSORMAIS LA BANQUE POSTALE, qui saturent nos sens de messages plus niais et roucoulants les uns que les autres -avec NOTRE argent en plus!-, on peut se dire que manifestement elles savent que l’image est essentielle à leur existence, et pour cause!).

Mais en plus, dans le cas précis du système bancaire, cette arme du boycott touche DIRECTEMENT AU FONCTIONNEMENT ET A LA PÉRENNITÉ MÊME DE CE SYSTÈME, et c’est cela qui est unique! Car encore une fois, un petit pourcentage de personnes peuvent montrer que le géant supposé est supporté par des pieds d’argiles! Plus encore que l’action, c’est la MENACE de l’action CONCERTÉE et MÉDIATISÉE qui est une forme de dissuasion nucléaire contre les banques mais aussi contre les autorités monétaires qui cautionnent ce système et le fondent juridiquement.

Il n’est pas courant que quelques % de CITOYENS ET CLIENTS soient en mesure de rééquilibrer le déséquilibre phénoménal qui s’est créé entre ce système bancaire et monétaire et la société toute entière, car la contrepartie de leur pouvoir et de leur profits considérables est justement le risque pris en jouant sur cette faiblesse, sur ce talon d’Achille comme tu le dis. Ceci est bien plus vrai pour un boycott des banques que pour n’importe quel autre boycott, et nous savons tous ici pourquoi… Certes l’État peut très bien, si la menace devenait sérieuse, édicter en catastrophe un décret et prendre une mesure exceptionnelle pour interdire le retrait en liquide pendant une certaine période pour motif « d’intérêt supérieur de la Nation » (cf l’Argentine et ailleurs) mais on imagine bien que ce type de réaction serait de l’essence jetée sur le feu car TOUS les citoyens alors comprendraient qu’il y a vraiment « requin sous roche ».

Ce genre d’initiative montre aussi combien gronde dans la population un malaise et une colère sourde.

– Puisque les autorités et nos représentants semblent bien plus soutenir le système bancaire que le contrôler dans l’intérêt d’une majorité de citoyens (il n’est qu’à voir le zèle déployé par Mme LAGARDE -mais je pourrais en citer plein d’autres, y compris à « gauche »- ancienne avocate d’affaires aux USA ayant travaillé pour le secteur de la finance, dès qu’il s’agit de voler au secours des banquiers ou de faire semblant de les menacer d’un (tout petit) doigt menaçant), puisque les urnes semblent incapables de faire changer nos politiques carriéristes,

– puisque les élus -payés par nos impôts- ne daignent souvent même plus assurer un minimum de SAV (Service Après Vote) lorsque l’on sollicite de les rencontrer pour aborder certains sujets qui les ennuient -il faut dire que certains cumulent trois emplois/rémunérations non pour survivre mais pour bien vivre, comment alors accorder du temps à des manants citoyens qui les questionnent sur des sujets de société, exemple vécu il y a quelques mois avec le député de ma circonscription, message personnel en passant à Mr DURR que je mets en copie de ce mail)

– puisque la rue n’est plus écoutée et est méprisée avec condescendance

quelles solutions reste t-il, si l’on exclut la violence qui je crains ne finisse par tenter des citoyens excédés?

La force de ce Bankrun Citoyen c’est qu’il n’est pas une panique bancaire comme les autres où les citoyens paniquent, mais bien une action concertée pour FAIRE PANIQUER les banques, et à ma connaissance ceci n’a pas été courant dans l’histoire monétaire et bancaire.

On sait d’ailleurs que parfois/souvent, la panique bancaire a sans doute été une arme puissante tenue par l’autre bout, par la main de certains banquiers, entre autres JP Morgan il y a longtemps mais sans doute aussi il y peu, pour aller dans le sens de la concentration du pouvoir bancaire ou faire plier les représentants de l’Etat avec le chantage: « après moi le déluge », voir par exemple http://coirault-neuburger.blog.lemonde.fr/2008/10/22/jp-morgan-et-paulson-des-naufrageurs-du-monde/

Je pense donc que nous devrions relayer cette action sur les sites auquel nous avons accès.

Il est pour finir, et par ailleurs, amusant de voir que cette initiative commence à être connue aussi parce que c’est Eric Cantona, une ancienne vedette du « Star system » sportif (oh combien utilisé par les politiques pour divertir les citoyens, c’est à dire « faire diversion »!) qui la relaie. Une certaine morale à la « Frankenstein » en quelque sorte: la créature se retourne contre son géniteur, comme on en a déjà eu un avant goût cet été avec des joueurs surpayés de l’Equipe de France en grève en direct devant les caméras: quelle horreur pour un pouvoir qui comptait tant dessus pour nous « divertir »!

J-L

* Il va de soi, nous le savons tous ici, que c’est bien la conversion de monnaie bancaire privée, c’est à dire de promesses bancaires -intenables- de monnaie centrale, en monnaie centrale (billets) qui est le talon d’Achille dy système. La conversion de monnaie bancaire en autre monnaie bancaire (retrait scritptural, virements) ne serait que, pour le dire vite, pisser dans un violon!

** un autre exemple récent: un ami, cadre licencié par son entreprise précédente, qui venait de bosser 8 mois durant pour monter un projet de reprise d’une PME de 30 personnes en redressement judiciaire, dans le domaine du textile avec production locale (dans l’Aisne), a vu la banque de l’entreprise -qui pourtant lui avait donné son accord depuis des mois pour un prêt  permettant la continuation de l’activité, avec des projets nouveaux et innovants- retirer son soutien 4 JOURS, oui 4 JOURS AVANT LE JUGEMENT AU TRIBUNAL DE COMMERCE, qui n’a pu que liquider l’entreprise!

LE MONTANT DE CE PRÊT (qui conditionnait d’autres soutiens) ÉTAIT DE… 45 000 EUROS, soit des queues de cerises! Cette banque, la Banque Populaire (« On n’est pas (im)populaire sans raison ») a donc directement contribué à mettre au chômage 30 personnes pour 1500 euros par salarié -mais quel coût pour la collectivité et la société?

Combien d’exemples de ce genre en France et ailleurs dans les dernières années?

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53 commentaires pour 138 – Bankrun 2010

  1. Bruno Lemaire dit :

    Je n’y crois pas, pour 3 raisons:

    1) chacun sait, ou devrait savoir, que le retrait en espèces n’est pas possible pour de grosses sommes, sans prévenir 2 ou 3 jours à l’avance. Il faudrait donc que les millions de « cantonnais » préviennent leurs banques.
    2) si le retrait a lieu en scriptural, ce ne peut être qu’au profit d’une autre banque (d’où la nécessité d’une banque d’accueil « anti banques »)
    3 dans ce cas là, on peut faire cela sans aller à la banque, par simple virement de banque à banque, ou par tout autre moyen scriptural.

    Mais on peut en rediscuter.

    Amicalement,

    Bruno.

    PS. un argument intéressant serait, peut être, qu’il n’y a pas besoin d’être très nombreux pour créer un début de panique bancaire. Mais il est tellement facile de réapprovisionner en billets les banques que cela ne peut avoir qu’un effet pédagogique, en déstabilisant les tenants de Jorion, et encore.

    S’il y avait une vraie fausse banque susceptible de recueillir toute notre monnaie scripturale, là cela pourrait marcher. MAis connaissez vous une vraie fausse banque, où chaque révolutionnaire ‘cantonesque’ serait susceptible d’ouvrir un compte, et de virer là tout son argent? Peut être une nouvelle « Banque de France »?

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    • A-J H dit :

      Bruno
      La proposition de ce « bank run » n’est pas de créer ce « bank run », mais comme expliqué sur le site référencé:

      Pourquoi avons-nous lancé cette action?

      Tout d’abord, nous avons tenu à sensibiliser l’opinion publique sur le fonctionnement du système monétaire.

      L’écrasante majorité des titulaires d’un compte en banque, d’un compte d’épargne ou encore, d’un plan de pension, ignore la manière dont l’argent est créé ou ce que les banques font de l’argent qu’on leur confie. Ils ignorent tout du principe de l’argent dette et ils ne connaissent pas les réalités qui se cachent derrière les mots comme “bulles financières”, “bons du trésors”, « Hedge Funds » ou “titrisation”. Ils l’ignorent d’autant plus que les médias dans leur ensemble font peu d’efforts pour les informer de manière objective, transparente et accessible à tous. Tout ce que le public sait vraiment, c’est que la majorité des grands crimes financiers et des délits d’initiés restent la plupart du temps impunis et qu’ils sont les premiers à en payer les conséquences.

      Non seulement nous déplorons que de nombreuses questions que se posent les citoyens ordinaires sur la situation économique restent sans réponses claires dans vos colonnes, mais nous regrettons également votre manque de zèle à dénoncer les mesures qui ont permis que la situation économique mondiale en arrive au point où elle se trouve aujourd’hui : une situation qui a mis nos chefs d’états et de gouvernements à genoux devant les agences de notations, tremblants de peur à l’idée que nos notes se dégradent.

      Nos responsables politiques ne peuvent à la fois répondre aux intérêts des marchés financiers et à ceux des citoyens. Aussi, il est grand temps de leur rappeler au service de qui ils ont été élus.

      Puisque les grèves et les manifestations ne servent plus à rien, puisque quoi que nous fassions, nous ne sommes pas entendus, et puisque quoi qu’ils fassent, nous ne sommes pas consultés, nous avons décidés de frapper le système dans son organe le plus vital – LE SYSTEME BANCAIRE.

      Sommes-nous conscients des conséquences économiques qu’entraînerait le succès de notre action ?

      Nous sommes surtout conscients des conséquences que le système financier mondialisé dérégulé et incontrôlable ont sur nos emplois, nos santés, notre éducation, nos pensions, nos industries, notre environnement, notre avenir, notre dignité, la dignité des citoyens des pays que ce système a asservi par des dettes qu’ils ne pourront jamais rembourser pour mieux s’approprier leurs ressources. C’est le sort qui attend les citoyens Occidentaux si nous ne nous prenons pas en main.

      Nous sommes conscients du rôle que ce système joue dans la prospérité des empires industriels dont les intérêts sont tributaires des conflits armés, de la maladie, des pénuries alimentaires et de la misère qui règnent dans les pays qui leur fournissent mains d’œuvre et ressources naturelles à des coûts dérisoires. Nous sommes conscients que ce système-là n’aura jamais rien à gagner d’un monde où régneraient la paix et la prospérité et qu’en continuant de confier notre argent honnêtement et durement gagné à ce système malade, nous nous rendons complices de ses vols, de ses crimes, de ses guerres, et de la misère qu’il génère.

      Que voulons-nous ?

      Nous, les citoyens du 21ème siècle, héritiers des générations qui se sont sacrifiées pour que nous soyons et demeurions des citoyens libres et dignes, nous exigeons la création d’une BANQUE CITOYENNE, au service des CITOYENS, une banque qui mettrait notre argent à l’abri des fièvres spéculatives, à l’abri des bulles financières toutes condamnées à exploser un jour, à l’abri des opérations qui transforment nos emprunts en actifs et se servent de nos dettes pour acheter d’autres richesses.

      Nous voulons des banques qui ne prêtent que les richesses qu’elles possèdent. Des banques qui aident les petites et moyennes entreprises à relocaliser l’emploi, des banques qui prêtent à taux zéro. (*) Des banques qui soutiennent les projets qui profitent aux citoyens plutôt qu’aux « marchés » Des banques où déposer notre argent tout en ayant la conscience tranquille. Des banques dont nous n’aurons plus à nous méfier. Des banques dont le succès sonnera le glas des marchands de morts, de maladies et d’esclaves. Sur les ruines de l’ancien système, nous voulons construire un système bancaire qui ne sacrifiera plus la dignité humaine sur l’autel du profit.

      Nous les citoyens enfin réveillés par la pauvreté et le désespoir qui frappent les plus fragiles d’entre nous – pensionnés, allocataires sociaux ou travailleurs pauvres – et qui menacent ce qu’il nous reste encore de classes moyennes, d’entrepreneurs et d’indépendants que l’on traie comme des vaches à lait, nous voulons que soient purement et simplement annulées les dettes publiques générées par ce système malade dont nous ne voulons plus. Nous refusons que nos impôts, nos efforts, nos ressources continuent d’alimenter ce puits sans fond. Nous voulons retrouver le pouvoir de battre monnaie et nous affranchir des directives qui nous sont imposées par cette Union Européenne qui s’est construite contre le consentement de la majorité des citoyens consultés par référendum, sans parler de ceux dont le pays d’origine n’a pas organisé de consultation populaire.

      (*) Ce que les banques islamiques accomplissent avec succès en refusant la pratique de l’usure pour des motifs religieux, nous pouvons l’accomplir pour des raisons citoyennes.

      Pour conclure

      Nous attirons votre attention sur le fait que même si parvenons à relocaliser nos emplois, les technologies de pointe et les machines ont remplacé le travail de l’homme dans un nombre croissant de domaines. Elles permettent de produire plus, plus vite, moins cher et, pour ces raisons, elles font peur à ceux qui se demandent comment ils gagneront leur vie demain. Ceci est regrettable, car la technologie, depuis l’invention de la roue, a vocation à améliorer les conditions de vie de l’homme. Si le progrès était mis au service des citoyens plutôt qu’au service du marché, nous pourrions faire un bond quantique dans le développement des technologies aujourd’hui paralysées par des groupes d’intérêts qui sont les premiers bénéficiaires de ce système.

      Nous possédons déjà les connaissances pour affranchir l’humanité de ses besoins en énergies fossiles et nucléaire, et pour produire et acheminer l’eau potable partout sur la planète à moindre coût, pour produire des fruits et des légumes, de la banquise jusqu’au désert. La pauvreté n’existe sur notre planète qu’à cause du manque de volonté politique des pays industrialisés, soumis aux lois du marché. La pollution et le gaspillage des ressources ne sont que les tristes conséquences de ce système obsolète auquel il nous faut mettre un terme d’urgence.

      Nous, les héritiers du chaos, nous avons un monde à reconstruire. Un monde où le travail ne sera plus vécu comme un asservissement, et l’absence de travail comme un drame, parce que nous aurons su repenser la manière dont l’homme de demain assurera sa survie, son éducation, son bien-être et ses vieux jours.

      Nous invitons tous ceux qui veulent nous suivre sur cette voie – y compris vous, chers journalistes – à dépasser leurs peurs de l’inconnu et à poser les premières pierres pour la construction du système qui remplacera celui-ci et qui, avec ou sans nous, finira par s’écrouler, quand il nous aura tout pris. Nous préférons ne pas attendre que nous en soyons arrivés-là où pire encore, que pour sauver l’économie, une guerre de plus soit déclarée.

      Nous remercions le footballeur Eric Cantona de nous avoir insufflé cette idée. Nous l’avons pris au mot. Les dés sont jetés. L’avenir nous dira si nous avons eu raison. (07/11/2010)

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  2. simplesanstete dit :

    « oh combien utilisé par les politiques pour divertir les citoyens, c’est à dire « faire diversion »!) qui la relaie.
    Je ne sais qui a écrit cette ineptie,un fin politique sans doute, futur attrapeur de rats, retirer aux chitoyens ce qu’ils sont en les prétendant manipuler, c’est GRAVE, ils le font très bien eux mêmes.
    A part CA je retirais mon argent des banques des que possible.

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  3. oppossùm dit :

    Ma foi, je ne vois pas trop cela changerait les choses de passer d’une monnaie à une autre : c’est la même convention , derrière , c’est le même principe d’une monnaie sans gage ‘sonnant et trébuchant’ .

    Bien entendu la monnaie fiduciaire est plus ‘certaine’ que celle des banques puisque son cours est forcé.

    Mais nous ne sommes plus à la fin du moyen-age où l’on pouvait suspecter la banque de pas avoir une couverture-or couvrant les ‘billets de banque » .
    Ce qui sert de monnaie actuellement, la monnaie-dette-crédit qui tourne, est en elle même la monnaie : elle ne ‘repose’ sur la monnaie fiduciaire que pour une toute petite partie, parce que c’est commode pour acheter son pain et que cela rassure et crée la confiance indispensable pour qu’une monnaie tourne !

    Par conséquent, en montrant que la banque ne peut techniquement pas convertir sa monnaie en billet, on ne montre aucune malversation , aucun tour de passe-passe : le système est ainsi .

    Cependant on sent qu’implicitement, il y a , derrière ce bankrun, le plaisir de ce raisonnement là … malheureusement erroné et un peu magique.

    Mais , si je comprends bien les arguments du bankrun , il s’agit davantage d’une sorte de mouvement d’humeur contre le système banco-financier . Il mériterait bien en effet,une bonne correction : malheureusement , ce n’est pas lui qui fixe les règles mais la puissance publique.

    Et on aura beau « presser » les banques, elles ne réagirons que dans le cadre logique du système . Même si elles sont à l’origine de l’inspiration des règles qui les favorisent, ce ne sont pas elles qui dans un court laps de temps vont remettre à plat une nouvelle gouvernance financière !

    Comme l’a dit AJH il y a peu : plus de dettes ? … ok mais alors plus de monnaie ! … du moins dans notre système donné , actuellement.

    J’ajouterais : plus de banques ? alors plus de monnaie ! Et nous serons donc les 1eres victimes de notre initiative !

    Imaginez : vous retirez … ok , la banque n’accorde plus de crédit, vous insistez … car elle a l’obligation légale (quoique techniquement absurde) de vous rendre , si vous le souhaitez, en billets ce que vous avez ou bien qui vous a été déposé d’ailleurs probablement en scriptural (des virements, votre salaire) , la banque ferme alors ses guichets (et vous n’achetez plus de pain!) , certaines banques sont donc en difficulté, d’autres déposent leur bilan et en attendant qu’elles soient reprises, plus de comptes pour certains d’entre nous ! Une paralysie s’installe peu à peu , personne ne meurt mais tout est englué et ralenti etc …
    L’Etat garant d’un minimum d’ordre pose alors le principe du non retrait en monnaie fiduciaire etc etc …

    Bon , vous allez me dire que vous savez cela , mais qu’il s’agit d’un mouvement d’humeur , d’une façon de faire bouger les choses … soit -à la limite et en ayant un autre projet crédible derrière- … mais s’il venait à créer des désordre trop grands , un mouvement de réaction serait à craindre menant à un renforcement des banques !

    Mais attention , n’abandonnez pas votre conviction sous mes arguments petit-bourgeois pétris de ‘raison’ un peu trop raisonnable (je vois déjà l’ombre de Catherine planer😉 sourire ) , car au fond , si nous faisions cela en douceur, à terme nous imposerions un 100% money !

    Ne traitons peu à peu plus qu’en cash !
    Déposons alors en cash dans des banques pratiquant la couverture intégrale et qui entreposent réellement nos billets bien repassés , comme ceux de Fernandel dans Crésus (Ah ! Giono !!!) , avant de les déposer dans des offices dont nous mesurerons (comme Crésus) la façade pour savoir si tout rentrera ! . Je plaisante … mais à peine à moitié !
    Ce faisant , nous rendons à l’Etat le pouvoir monétaire , en choisissant Sa Monnaie … enfin dans le cas présent le pouvoir sera à la BCE … pour être précis (Bien réfléchir avant quand même).

    La Banque ne peut plus prêter alors que ce qu’elle possède au préalable. (Enfin il en faudra encore sans quoi plus du tout de monnaie, sauf si monnaie permanente)

    C’est donc la BCE/Puissance publique qui fixera directement la masse monétaire. A un moment donné , couic, plus de crédit point barre . Il faudra alors réapprendre à épargner pour financer … ça va pas être facile : on a tous pris des mauvaises habitude !
    Cantona , sera alors alors sorti de la prison où il aura été temporairement jeté, pour être élu Président de la République ! Malgré ses dénégations et ses regrets devant la baisse générale des salaires accordés au monde du football , diverses statues du sauveur inconscient seront érigés , en souvenir de l’homme qui aura rendu à l’argent son odeur et sa sueur !

    Bon … là j’suis limite , je sais, et j’accepte les corrections😉

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    • Bruno Lemaire dit :

      J’aime assez la dissertation d’Oppossum😉
      Amicalement, Bruno.

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      • oppossùm dit :

        Oui Bruno , je profite d’un léger repli de Catherine pour approcher sa cadence😉 , mais là je suis bien épuisé , je jette l’éponge :-)!

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        • simplesanstete dit :

          @ oppossùm
          vous avez définitivement un sens de la mise en scène très plaisantin, c’est votre boulot je suppose.

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        • oppossùm dit :

          Oui, Simplesanstete, je n’arrive pas à voir ‘sérieusement’ les choses , pourtant toutes tragiques , quand on y pense !
          Non , pas mon boulot, un accident.

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        • simplesanstete dit :

          Comme vous avez raison Opossum
          Définition du mot sérieux d’après Dalembert: stade intermédiaire entre le tragique et le comique, ce monde est surréaliste MAINTENANT c’est son seul progrès, peuplé d’acteurs qui fonctionnent au téléprompteur, de vraies fantômes même le pape porte un préservatif sur sa tête,c’est offi..ciel.
          Et bien pensé comique çà ira bcp mieux ce n’est qu’une question de DISTANCE, coupé le cordon de la SOUFFRANCE très chère à nos judéochrétins(excusez c’est la même racine)

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  4. Bruno Lemaire dit :

    @tous,
    Puisque l’on revient (enfin😉 ) aux questions monétaires, et comme je n’ai pas trouvé la vraie fausse banque en laquelle je pourrais transférer mes fonds scripturaux, je ne participerai donc pas au bankrun, de peur de vider les réserves liquides de ma vraie banque.

    Par ailleurs, je remercie l’ami RST d’avoir posté un commentaire à propos de:
    http://monnaiepublique.blogspot.com/2010_11_01_archive.html

    je lui ai m^me répondu sur le dit-blog.

    Si donc vous voulez creuser le Credit Social, n’hésitez pas à faire de même.

    Bien à vous, Bruno.

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  5. oppossùm dit :

    « Il va de soi, nous le savons tous ici, que c’est bien la conversion de monnaie bancaire privée, c’est à dire de promesses bancaires -intenables- de monnaie centrale, en monnaie centrale (billets) qui est le talon d’Achille du système. »

    => La monnaie bancaire n’est pas une promesse en monnaie fiduciaire. Il faut se dégager des ‘aberrations’ conceptuelles de base de Grignon, banksters (😉 ) etc , qui polluent un peu tout le cours des raisonnements , car ils pensent la monnaie actuelle selon un schéma ancien de monnaie gagée et couverte par une marchandise.

    [De ce fait s’il leur arrive d’avoir raison c’est pour de mauvaises raisons]

    Le billet de banque ne tient pas la place de l’or , ou bien alors il la tient comme dans un système de réserve fractionnaire où une petite quantité d’or couvre 10 fois plus de valeur monétaire globale !

    Et avec cette différence de taille que l’or , même s’il ne se mange pas, a une valeur internationale et quasi intemporelle, alors que le billet n’est rien dans le temps et n’a un cours légal forcé que sur un territoire donné.

    Le billet de banque n’est pas la couverture de la monnaie scripturale actuellement . On peut le regretter, on peut même pense que c’est l’avenir, le souhaitable , mais ça ne marche comme cela.

    La seule véritable ‘contrepartie’ de la monnaie scripturale c’est cette dette initiale qui circule , mais cette contrepartie n’est pas un gage , la monnaie n’est pas pleine . La qualité de la monnaie c’est donc la capacité à rembourser cette dette . Le système repose là dessus.

    La monnaie est donc aux mains de la qualité du crédit. La monnaie repose donc sur une promesse , qui, lorsqu’elle s’étale trop dans le temps, ou bien lorsqu’elle ne peut plus être honoré, ou bien lorsqu’elle est trop ‘enchevêtrée’ , ne peut plus être tenue. La monnaie est aux mains du crédit.

    Mais évidemment cette vision suppose que le banquier n’a rien ‘caché’ , non (sinon sa cupidité, la sienne, la nôtre …) , au contraire, il se complaît dans une grande transparence à nous fournir tout les moyens de paiement dont nous pensons avoir besoin pour résoudre ceci et cela et tous les maux et les dysfonctionnement de la société tout en nous fournissant de nombreuses choses inutiles vraiment inutiles !

    Mais le fond du problème , même si c’est la production monétaire par le crédit qui a amené cette crise, ce n’est plus la monnaie, mais la situation d’endettement qui fait que l’économie est paralysé , puisque les tonnes d’argent fabriquées ont aboutit à une situation ou la monnaie n’est plus en face des produits utiles et fabriqués par le plus grand nombre.
    La monnaie créée ne sert plus qu’à faire du profit sur la gestion des risques générés par l’endettement en colmatant les trous du système avec de nouveaux.

    Néanmoins , comme le note AJH justement, la dette tout le monde s’en fout : en effet nous savons bien , soit qu’elle ne sera pas remboursée ou bien en monnaie de singe . Par quels mécanismes ? C’est là l’incertain . Car le paiement (à moins de geler les choses : mais au fond le développement durable ça ne serait pas ça ?) intervient fatalement en ce sens qu’à un moment quelqu’un est victime d’une destruction de valeur, ou bien alors le remboursement est purement nominal mais avec une monnaie dont la valeur est détruite.
    Bref tout le monde s’en fout de la dette , en ce sens que le but à présent ne consiste plus qu’à ce que « l’autre » endosse plus de perte que soi-même , et tous les coups sont permis.

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  6. vladimir dit :

    une solution révolutionnaire d’appropriation sociale, qui dépossède les Capitalistes..en prenant en compte que nous sommes en 2010:

    merci de preparer vos pancartes, tambours, casseroles etc pour les prochaines manifs, blocages, occupations etc…

    expropriation des multinationales (banques,assurance,industrie,etc) et leur dementelement

    municipalisation des banques : cooperatives locales sous controle citoyen; promotion des monnaies locales d’echanges non speculatives

    souveraineté populaire a tous les niveaux de pouvoir y compris BCE, a commencer par la monnaie et le credit;

    nouveau droit a l’investissement democratique:

    donner A CHAQUE CITOYEN le pouvoir d’investir l’argent PUBLIC comme l’argent privé,dans des biens collectifs,le commun (entreprises socialisées,associations,cooperatives municipales, organismes sociaux etc),dans l’utilité publique,dans le sans but lucratif au service de l’interet general, ce droit ne doit plus etre le privilege exclusif des elus, des technocrates comme des banquiers philantropes.

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  7. BA dit :

    C’est exactement ce qui s’était passé pour la Grèce dans la nuit du dimanche 9 mai au lundi 10 mai 2010.
    Vous vous rappelez ce qui s’était passé ?

    Voici ce qui avait été décidé lundi 10 mai 2010, vers 2 heures du matin :

    – 1- Première étape : les Etats d’Europe du sud doivent emprunter sur les marchés internationaux des centaines de milliards d’euros.

    – 2- Deuxième étape : les banques privées achètent ces obligations des Etats d’Europe du sud. C’est le marché primaire. Pour pouvoir acheter ces obligations, les banques privées empruntent à la Banque Centrale Européenne à un taux très faible : les banques privées empruntent à 1 %.

    – 3- Troisième étape : la Banque Centrale Européenne va racheter aux banques privées ces obligations des Etats d’Europe du sud. C’est le marché secondaire.

    – 4- Bilan de l’opération :
    – Les banques privées vont gagner des milliards d’euros.
    – La Banque Centrale Européenne va devenir une gigantesque fosse à merde.
    – Dans le bilan de la Banque Centrale Européenne, les obligations pourries des Etats d’Europe du sud seront stockées pendant des années.
    – Les CONtribuables paieront la facture.
    – CONtribuables, préparez vos chéquiers.

    Résultat des banques privées à la Bourse de Paris lundi 10 mai 2010 :
    Société Générale : + 23,89 %,
    BNP Paribas : + 20,90 %.
    Crédit Agricole : + 18,65 %.
    Natixis : + 18,49 %.
    Dexia : + 17,27 %.

    Aujourd’hui, lundi 22 novembre 2010, c’est pareil que pour la Grèce :

    les CONtribuables de toute l’Union Européenne vont payer 90 milliards d’euros pour sauver les banques irlandaises.

    CONtribuables européens, lisez cet article du ouiste Jean Quatremer :

    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/11/les-contribuables-europ%C3%A9ens-vont-payer-pour-sauver-les-banques-irlandaises.html

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  8. Catherine dit :

    Ah oui, c’est vraiment comme ça que ça marche Ba?
    Elle est sérieuse ma question, ne vous méprenez pas surtout!

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    • Oppossum dit :

      BA est un être semi-synthèse/semi-robot à qui il est difficile de répondre à une question ciblée …

      S’il passait par là je lui dirais …

      – « La BCE va devenir une gigantesque fosse à merde » : oui , mais c’est bien dans l’architecture actuelle le rôle, en temps de crise, du prêteur de dernier recours, non ?

      – « Les obligations pourries seront stockées pendant des années dans le bilan de la BCE » : et alors ? c’est de la création monétaire hypocrite ok, mais quoi faire d’autre ? (je ne dit pas que ce système soit en temps normal très bon)

      – « – Les CONtribuables paieront la facture. » : Tant que ça ne sort pas du ventre du dernier prêteur, personne ne paie directement : le paiement passe par l’inflation probablement. Le problème étant que si à un moment donné , il est choisi de faire payer le débiteur et donc le contribuable irlandais, c’est comme s’il y avait eu 2 remboursements -d’un point de vue global- … (Conception purement marsupiale et non homologuée)

      L’idéal serait donc au bout d’un certain temps de tirer un trait d’un coup de plume sur cette dette là . Mais la BCE est enfermé dans des règles et elle n’a pas pouvoir à faire disparaître ses créances. Seul le souverain pourrait le faire pour elle , mais la BCE est sans maître. Ce n’est bien qu’en temps normal.

      J’attends vos commentaires avisés BA …😉

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    • A-J H dit :

      L’explication de BA est la bonne… sauf à la fin:

      les CONtribuables de toute l’Union Européenne vont payer 90 milliards d’euros pour sauver les banques irlandaises.

      – personne ne paye (tant qu’il y a des « prêteurs » et les intérêts grossissent la dette
      – tout le monde paye parce qu’on nous dit « serrez vous la ceinture car la dette grossit et on ne peut laisser une telle dette à nos enfants » (ceci avec un ton pleurnichard)

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    • Oppossum dit :

      Ca marche comme cela Catherine , car il est interdit aux Etats de se financer directement auprès de la BCE.

      Mais AJH, si les banques empruntent à 1% à la BCE , elles ont donc une dette.

      Si dans la foulée elles refourguent l’obligation achetée avec , à la BCE , elles reçoivent donc le paiement de leur achat .
      Mais elles ont toutefois une dette correspondante.

      Que se passe-t-il alors ?
      Pourquoi ne la rembourse-t-elle pas immédiatement ?
      Ou alors elles préfèrent ‘placer/spéculer’ avec ces sommes , la différence entre 1% et x% étant alors dans leur poche ?

      Bon , ma connaissance dans la tuyauterie est un peu primitive ..😉

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      • A-J H dit :

        Oui, c’est ça
        Les banques commerciales empruntent à 1% à la BCE pour acheter à l’Agence France Trésor (ou aux structures équivalentes d’autres pays) des titres de dette qui leur rapporteront 2% (Allemagne) à 7 ou 8% suivant les durées des titres.
        Mais elles peuvent aussi revendre ces titres sur le marché secondaire si elles ont des clients et un excès (une partie des titres souverains AAA+ est bloquée en banque centrale en contrepartie des réserves obligatoires )

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  9. sentier198 dit :

    à Tous….

    SssTéte dit plus haut : « …A part CA je retirais mon argent des banques des que possible… »

    le propre de l’argent étant essentiellement symbolique , le « retirer » d’où qu’il soit annule cette dynamique (l’étre en soi) et donc , pfuitttt…. plus rien , ni banque ni argent….

    mais , pourquoi pas !

    ce n’est pas l’argent que l’on retire , mais sa confiance en ce qu’il représente…
    et c’est là qu’il faut agir autrement…
    cad parler d’un autre système de représentation de la valeur des choses , pour faire court…

    l’ordre est la « structure » du vide , du néant , peut-être , ai-je écrit quelque part..

    cordialement à tous

    Yves.

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    • simplesanstete dit :

      @ yves
      pour moi c’est très simple, je retire mon argent pas ma confiance, celle là je la garde en moi et dans ma compréhension, les banques c’est aussi un COFFRE qui abrite la peur du vol physique, je n’ai pas peur MOI d’avoir de l’argent liquide chez moi, j’ai du coffre et pas un coffre, les salariés où plutôt le bétail a accepté très tôt cette bonne idée d’avoir leur salaires virés sur un compte pour leur sécurité qui, elle, n’a pas cessé d’enfler depuis, ces gens sont strictement dépossédé de tout, c’est CA son horreur dans la superbe liberté de la circulation de l’argent et des marchandises qu’ils deviennent eux mêmes? C’est pas de la psychologie CA mais cela a des effets que vous essayez de traiter sans doute, cette dite société est bourrée de cellules psychologiques pour tout et rien elle n’a que des machines de guerre et des drogues légales et inégales pour se protéger et s’annihiler, le désordre s’organise il est la structure de ce vide bien rempli, du trop plein de déchets de surproduction de SIGNES de richesses.
      Vous avez dit nihiliste?🙂
      Tourgueniev. Récits d’un chasseur. Payot, 1929.

      « Et ce monsieur Bazarov qu’est-ce qu’il est, lui ?

      — Je t’en prie mon cher neveu

      — C’est un nihiliste.

      — Hein ? fit Nicolas Pétrovitch.

      Quant à Paul il était comme figé, tenant son couteau en l’air avec un morceau de beurre dessus.

      — C’est un nihiliste, répéta Arcade.

      — Nihiliste ? fit Nicolas Pétrovitch. Ce mot, autant que j’en puisse juger, vient du latin nihil, qui veut dire rien ; il doit donc désigner un homme qui… qui ne reconnaît rien ?

      — Dis plutôt : qui ne respecte rien, enchaîna Paul qui se remit à beurrer sa tartine.

      — Qui envisage toutes choses d’un point de vue critique, rectifia Arcade.

      — Cela ne revient-il pas au même ? demanda son oncle.

      — Non, pas du tout. Un nihiliste est une homme qui ne s’incline devant aucune autorité, qui n’accepte aucun principe sans examen, quel que soit le respect dont ce principe est entouré.

      — Et d’après toi, c’est bien ? l’interrompit Paul Pétrovitch.

      — Cela dépend pour qui, mon oncle. Il en est qui s’en trouvent bien ; d’autre fort mal.

      (…)

      — Les ni-hi-listes, prononça Arcade d’une voix nette.

      — Ouais, autrefois, il y avait les hégélistes ; maintenant il y a les nihilistes. Nous verrons comment vous ferez pour exister dans le vide, dans le néant. Et maintenant, mon cher frère, si tu voulais sonner, je prendrais volontiers mon cacao. »

      Père et fils, Tourgueniev, 1862 (Nietzsche avait dix-huit ans et Dostoïevski quarante et un ans)

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      • sentier198 dit :

        Confiance , de Cum et Fidere , littéralement « croire » + « avec » ….donc le sens que vous attribuez à ce moi est juste une variante « individualiste » (la confiance en soi) , car il s’agit surtout d’ apprécier la qualité de la relation à l’autre…

        le raccourci qui consiste à dire qu’une perte de confiance dans un agent économique (une entreprise , par ex.) peut induire une baisse de sa valeur (au sens monétaire du terme) est certes enfantin , mais reste semble-t-il toujours opératoire..

        quand à votre citation concernant le nihilisme , ce n’est pas vraiment de ca dont je voulais parler…mais plutôt de l’effet de « structure » sur un corps « amorphe »…

        mais , bon ,faudrait que je développe…

        Y.

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        • simplesanstete dit :

          surtout d’ apprécier la qualité de la relation à l’autre…
          Mais justement cette qualité N’EXISTE PAS et ne peut exister que dans la reconnaissance de cette absence TERRIBLE qui atterre tant Catherine et quantités d’autres malgré eux qui les rend prompts, au travail et à ses divertissements en tous genres,consommation, drogues, compétitions et j’en passe et des meilleurs, une guerre permanente contre soi même, l’individuation, justifiée par les élites au zenith qui exportent ce mode de communication aux quatre coins du monde de grès où de force naturellement.Nous sommes en guerre mais nous n’y sommes pas réellement chez les autres nous expérimentons de nouvelles machines qui nous motivent, nous consommons de la guerre comme dans Apocalypse Now » « j’adore l’odeur du napalm, le matin, çà sent, çà sent…la victoire » y a plus de différence entre la fiction et la réalité, c’est pour CA que les Tours du WTC sont tombés comme dans un film, les puritains WASP en sont parfaitement capables et déterminés.
          C’est ce dont tente de parler Gunther Anders dans « l’obsolescence de l’homme » livre off pendant 50 ans dont Debord à eu connaissance et l’a obscurci. Mr Anders parle de fantômes pour qualifier l’homme face aux objets qu’il produit.La honte prométhéenne, rien que CA.

          Le but de la philosophie n’est pas de dire ce qui devrait être ou ce qui est,
          mais de dire ce qui n’est pas
          (mais dont pourtant on cause toutes les dix minutes dans le poste),
          et c’est déjà beaucoup.
          JP Voyer a qui je rends spirituellement hommage.
          Excellente nuit aux présents et aux fantômes.

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        • catherine dit :

          Oui, bien beau texte que le tien Georges, fort et puissant et décoiffant aussi!

          Tellement décoiffant que tu rentres pas dans les cases, et quand on rentre pas dans les cases, qu’est-ce qui se passe, c’est comme avec cette histoire de fichue monnaie, qu’est-ce que ça fait?

          C’est tout simplement impossible à entendre.

          Impossible n’est pas français dit-on, ah, ouais c’est vrai, j’avais oublié, alors qu’est-ce qu’on va faire de tes trucs qui rentrent pas dans les cases de la bienséante et droite pensée ? hein dis-moi, qu’est-ce qu’on va bien en fiche de tout ça?

          C’est qu’il faut pas ébranler les tableaux, on pourrait presque dire les tableaux cliniques, tu sais comme pour les maladies, les signes qu’on les appelle, ceux qu’on fait entrer dans le bidule, donc par glissement ton discours ce serait comme un symptôme, mais toi, tu corses le boulot car ton symptôme à toi, on sait pas où le ranger, t’es comme un symptôme orphé(e)lin à toi tout seul!

          Tu déranges les beaux tableaux de la primitive assurance sur laquelle s’asseoit l’ambiance intérieure comme je dirais dans mon boulot, non, cela ne se peut pas, vois-tu?

          Que diable va-t-on faire de toi?

          suite dès que je peux, c’est un feuilleton, et oui, vous ne le saviez pas, mais vous êtes abonnés à un feuilleton!

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        • simplesanstete dit :

          @ catherine
          Je te remercie de ta béné..diction,que j’avais déjà reconnu sur le site de Chouard, nous ne pouvons aujourd’hui et enfin que nous reconnaitre que dans les mots qui réfléchissent le vide réalisé et qui se propage comme un cancer, va falloir que j’écrive ce putain de bouquin et tu m’as déjà aidé, c’est sûr,un nouvel inventaire du désert, çà va pas être triste.😉
          Merci encore a post Jorion de son accueil que j’avais virtuellement oublié, of course.

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        • Catherine dit :

          Allez, j’continue le feuilleton, comment pourrait-on l’appeler, hein, ce feuilleton?

          Chroniques des Temps Modernes lues par des Trans-Modernistes, ça résonne avec trans-sexuels, ça ma muse!

          Je disais que ce que tu disais Georges, était comme un symptôme Orphée-lin, c’est vrai et pas tout à fait vrai encore une fois.

          Car ça dépend toujours du repère-marqueur, de la boussole, de la référence, de l’étalon, de la Norme, la fameuse et très sacrée Norme.

          Dans le mythe, le pauvre, Orphée, il s’est perdu tout seul , il s’est trompé, il s’est retourné trop tôt, il a pensé qu’il avait tout gagné trop tôt, alors forcément, et pas forcément, j’entre pas dans les détails, il a tout perdu !

          C’est qu’Orphée dans le mythe, sa régulation à lui, pour faire actuel, moderne, c’est la référence absolue, celle qui nous origine , et par rapport à elle, le pôvre Orphée, il a comme du mal à trouver son Nord, alors il est Orphe-lin de ce Nord-là !

          Alors , j’en reviens à toi Georges ! t’es orphelin toi aussi, avec tes signes-symptômes qui pleuvent comme en novembre dans le pays breton, mais c’est que c’est pas, par rapport à la même Norme, pardi, là, on est dans l’inversion totale des valeurs, dans notre société pathogène.

          T’es Orphelin, et ça c’est un signe qui PARLE tout seul, t’es orphelin car tu colles pas à la régulation régulante du flux verbal admis, tu fais dés-ordre par rapport à cet ordre verbal de guingois, mais ton état d’Orphe-lin dit tout de ta justesse par rapport à l’autre norme verbale, celle dont l’Orphée du mythe s’est dé-tournée !

          Toi, t’es dedans, bien dedans, jusqu’au cou, dans cette justesse-là je crois, juste, par rapport à cette norme qui nous origine et que cherche à rallier l’Orphée du mythe mais qu’il ne trouve pas et dont il est orphelin, toi, Georges, t’es orphelin par rapport à notre norme pathologique mais fils, enfin, tu vois ce que je veux dire, fils de cette Norme Royale qui nous origine, d’où nous sommes arrachés, d’où nous venons, avant d’être des êtres soi-disant de langage !

          J’sais pas si c’est clair, si ça l’est pas, qu’on me le dise, j’ferai un dessin !

          Bref,toi qui fustiges tant la Sainteté, t’es en plein dedans, te voilà sacré roi des arbres ! roi nu bien sûr ! t’es presque un Saint !

          Et c’est quoi la sainteté ?

          Hein j’te vois froncer ton bout de nez, je devine tes pensées, bougre de Georges !

          La Sainteté, ça renvoie au sacré, et le sacré, c’est quoi, c’est ce qui n’est pas profane, c’est ce qui reste quand on a tout enlevé de CE qui se dit de PAR le monde et c’est CE que tu dis, c’est la Parole in-ENTENDABLE, l’in-OUÏE, qui ne saurait être OUÏE, dans ce monde du oui-oui-land !

          C’est pas le même pays, c’est pas la même géographie, c’est pas le même air, et c’est pas le même langage que le tien pour sûr, ce monde du oui-oui-land.

          Forcément dans notre monde malade de la peste, on parle pas le même langage, c’est pas les mêmes valeurs que celles que tes mots disent!

          Dans notre monde malade, on parle avec des mots malades ! toi, tu parles avec des mots qui soignent, mais comme on est malades, forcément, on ne sait pas les re-co-naître tes mots, puisqu’on les co-naît pas, y’a pas d’empreinte, pas dimpression comme tu dis si justement encore une fois, alors on dit qu’ils sont fous tes mots, de travers, malades, mais c’est parce qu’on les voit du-haut de notre maladie toute puissante, c’est à la mesure de notre maladie qu’on filtre ce que tu dis, nos lunettes sont brouillées par la maladie, alors on croit que c’est toi qui es malade, mais on a simplement oublié, Cher, Très Cher Simplesanstête, sanstête de ce monde-ci, on a oublié de nettoyer nos lunettes, le trouble ne vient pas de toi, il vient de nous, de nos lunettes toutes sales, il faudrait juste les nettOyer nos lunettes, faire œuvre de femme de ménage ! Et pour ça, pas besoin de faire des bacs plus 10 non, juste un chiffon et enlever, enlever.

          Une fois qu’on a compris ça, on a tout compris, c’est l’intelligence mise en action qui produit enfin quelque chose de juste, et parfois, certains appellent ça, un miracle, mais ça n’a rien d’un miracle, y’a que ceux qui savent pas lire le hasard qui disent ça, c’est juste normal parce que c’est juste.

          ça résonne du cadre qui est plus grand que l’individu, c’est pour ça que ça sonne juste, et ça donne une harmonie juste, enfin enfin enfin!

          L’entre-deux, des deux cadres qui se re-joignent enfin, celui de l’Homme et du plus grand que lui, on n’y croyait plus.

          C’est le joli son juste qui résonne du mouvement de cet entre-deux qui se met à Parler en CETTE parole, que tu laisses Te traverser, ce n’est pas toi qui parle, c’est ELLE qui parle EN toi, toi, t’as JUSTE laissé ouvert portes et fenêtres EN toi, et comme c’est open, ouvert, ça passe forcément, y’a pas d’obstacle, le mess-age de la vie passe, il est à la Noce, uni, marié, joint( on sort les Majuscules!) en son mouvement vivifiant, c’est son passage glorieux!

          Alors , pour se faire en-tendre, car quelqu’un qui n’arrive pas à se faire en-tendre finit par devenir fou, il faut utiliser des truchements, les wouah wouah du chien ou les meuh-meuh de la vache , pour que ceux qui n’arrivent pas à décoder encore, pas lire, qui sont sourds, fassent les liens, les ponts, les passerelles qui leur permettent un jour, peut-être, ou peut-être pas, de lier, de coudre, d’assembler le meuh-meuh avec le mot vache, et le wouah-wouah avec le mot chien !

          Et pour faire lien avec l’objet central de ce blog c’est-à-dire la monnaie et tous ses petits frères, il en va de même pour elle, la monnaie, ils sont cousins germains les sujets, de la même famille qu’ils sont, car ce discours du ex-nihilo est in-ouÏ,in-entendable par rapport au quelque chose de CE que cet ordre malade nous donne à entendre, à manger, à boire.

          Et comme le dit si bien le grand Baruch, on se croit libre car on agit mais si l’on ne sait pas CE qui nous fait agir, de quelle nature est cette liberté?????

          Question ESSENTIELLE!

          Du coup, je pense à Bashung que j’adore, je fume pour oublier que tu bois !

          sous-rire !

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        • simplesanstete dit :

          Le débat sur la monnaie est donc glauque et CLOS « il n’y a de bonne monnaie que pensée » comme disait un autre.Le salaire est bien la rémunération de l’ignorance de l’autre et de sa peur, les assurances en remettent une couche et le politique le confirme, la finance enregistre les paris, rien ne va plus les jeux sont faits.

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        • Catherine dit :

          Réponse à ton message Georges, de 18h12, tu vois, même le temps, est dé-passé, il prend de l’avance, rigolo!

          Glauque et clos, le « débat » sur la monnaie, oui et non, tout dépend toujours de la perspective.

          Clos dans le sens d’enfer-mé par la doxocratie économaîtriale ambiante et donc forcément glauque, car c’est fermé et pas ouvert, et ça produit de la mort à tous les étages.

          Mais ouvert le discours, le débat, par des gens comme André-jacques et tous les autres, qui en nous montrant tous les aspects mensongers et glauques du discours trompeur, celui de la doxaéconométrie MODERNE, nous permettent de l’abandonner possiblement.

          Et possiblement pas, c’est ça le hic!

          Il faut donc les aider à ouvrir portes et fenêtres!

          Des ouvreurs d’espace, voilà ce que nous devons être, y’en a qui se chargent d’occuper, de remplir l’espace de cerveau disponible, nous, nous devons libérer de l’espace de cerveau, pour qu’il s’y dépose d’autres semences que celles d’au jour d’huis, que celles qui passent par cette porte maudite de cet ordre désordonné au regard de la vitalité dont nous avons le devoir de rendre honneur!

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    • Catherine dit :

      Pouvez-vous en dire plus Yves, j’comprends pas bien ce que vous voulez dire dans cette phrase!

      « l’ordre est la « structure » du vide , du néant , peut-être « ??????????????

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      • sentier198 dit :

        @ catherine

        en fait , j’utilisais le terme de « matérialité » en place de « structure »

        je questionnais ainsi le « mystère » de ce qui fait l’épaisseur de toute Chose (Res (qui donne Réalité en french)) , non les choses dont parle 3stete (3 esthétes?))

        exemple « trivial » : un ballon de baudruche « à plat » versus le même ballon gonflé (un peu d’air avec une pression un epsilon plus élevé et le ballon prends forme) …

        une remarque : y a t-il besoin de « matière » , pour avoir une forme ?
        bis : ne forme ne se suffit-elle pas à donner matière à ….?

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        • sentier198 dit :

          « une forme… » , bien sûr

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        • sentier198 dit :

          @ catherine

          tant que j’y suis avec vous…

          pourquoi cette charge contre Jean Zin ?

          c’est un voisin , d’abord..

          j’étais un de ses clients quand il faisait tourner sa boutique informatique dans notre petit village..

          un peu bourru , austère , certes , cultivé , curieux , ..il a longtemps animé un café philo ….

          dommage de le cibler ainsi..

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        • Catherine dit :

          Je réponds juste pour le zin mov’ment!

          Reportez vous au message que j’ai envoyé hier sur ce site, j’explique, si ça ne vous suffit pas, je peux élargir bien sûr!

          Le voisinage n’est pas gage de valeur, j’étais voisine de Jorion quand il habitait la Belgique, je suis dans le Nord de la France, ça n’en faisait nullement une personne de con-fiance pour autant, la césure indique l’étymon, n’y voyez aucun sous-entendu taquin!

          Vous êtes décidément dur à la comprenure Yves, vous traversez des événements et vous n’en tirez aucun suc, dommage pour vous, relisez votre vécu, vous avez dû oublier quelques passages en route, qui vous expliqueraient si vous ne les aviez pas oubliés, bien mieux que je ne saurais le dire, le pourquoi de ma lecture!

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        • simplesanstete dit :

          Décidément ce monde est de plus en plus petit, yves connais zin wouah quel hasard !

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      • sentier198 dit :

        quelle sévérité , bigre !!

        je ne sais si vous avez eu l’occasion de discuter de vive voix avec Jorion , pour ma part , j’ai eu l’occasion de le faire avec Zin.

        d’où mon point de vue différent…peut-ètre..

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        • simplesanstete dit :

          @ Yves
          J’ai rencontré le sieur Jorion, je lui ai posé quelques questions et j’ai compris que c’était un de ces êtres à sens unique, un hôte de l’air comme dans les avions, j’ai préféré sortir fumée une clope et discuter avec l’arabe serveur, comme d’hab, chez Boringer qui m’a dit que la choucroute n’était plus ce qu’elle était depuis que la brasserie a été rachetée par le groupe Flo, je suis très terre à terre AUSSI.

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        • Catherine dit :

          Oui, il faut être sévère, Yves,très sévère même, pas de mol oreiller, il faut savoir ce que l’on veut, la sévèrité est le seul garant du discernement, et pour créer autre chose que ce que l’on vit, il faut poser « ça » dans le voir, tiens ce fichu « ça voir » justement mais pas un savoir désincarné, non, un « ça voir » qui voit, car ce ça voir-là passe par les tripes, le vécu, c’est pas de l’abstrait, c’est du concret!

          Il faut être sévère, très, très sévère, mais jamais envers une per-sonne qui peut toujours changer, non, envers un comportement, une parole, des choses ra-joutées quoi, alors oui, j’assume, je suis sévère envers ce que vous dites, présentement, car je pense que vous ne savez pas ce que vous dites en cette parole précise, ça ne tient tout simplement pas la route, c’est mon vécu avec ce personnage zin qui me le dit, l’avez-vous vécu ce vécu-là? je ne crois pas.

          En revache, vous l’avez vécu chez son pote Jorion, mais ça, vous l’avez déjà oublié, vous avez absous.

          Notre monde souffre de cette trop grande amnésie, moi, je n’oublie pas ce genre de choses, jamais.

          Je peux en revanche voir qu’une personne change, et ça, c’est tout différent! mais la parole, le comportement, ou l’absence de ceci ou cela, ça, je ne l’oublie jamais!

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  10. simplesanstete dit :

    @yve
    ARRÊTEZ de dire cette grossièreté que les choses ont une valeur, elles ont un PRIX, c’est écrit sur les étiquettes de toutes sortes, LA VALEUR EST DANS L’ÉCHANGE, toujours . /même et surtout les psy se font payer pour un « échange » verbale, regardez Jorion il fait la manche pour qu’on puisse commenter ses élucubrations sans retour,c’est tout compriX même le service, formidable, son public de cadres est ravi, il est bien encadré.

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    • Oppossum dit :

      Sauf que, ou justement, la monnaie a cassé l’échange . Le sentiment d’échange n’existe plus . La symbolique de l’échange qui donne du sens à ce que tu fais étant perdue , il faut la retrouver ailleurs ou bien d’une autre façon.
      Très bien vu , plus bas, la confusion entre prix et valeur (je parle de valeur économique) , elle est même presque incontournable : on sait tous que le prix ne reflète peut-être pas la valeur réelle , et que la valeur ne détermine pas le prix même si elle en déterminerait la fourchette : on le sait tous et pourtant c’est bien le prix qui donne une idée de la valeur …
      C’est un peu comme l’amour : les mots sont peut-être là, mais à un moment c’est le geste qui compte.
      Le prix est le geste qui révèle la valeur … bon je parle de valeur économique d’abord … mais le problème est que la valeur économique se confond très très vite avec la valeur symbolique (Rappel : pour moi il n’y a que 2 Valeurs dans les échanges : économique et symbolique , car l’homme est un être matériel … qui pense en plus . Bien sûr il existe encore une autre valeur , l’humaine mais elle ne s’échange pas , bien qu’elle se transmette) . Le prix est un concept fascinant puisqu’il révèle de la valeur en même temps qu’il la définit , mais en sus , le prix contient également les conditions de concurrence et les rapports de force/pouvoir.
      On peut donc , à la limite , penser le prix sans la chose . La chose n’est plus qu’un support et tout se joue ailleurs , au niveau des flux …
      Bien sûr, le prix d’une chose , à un moment et un endroit donnés, contient en lui même un seuil fatidique : celui en dessous duquel sa reproduction ne peut plus s’opérer car le producteur n’est plus en mesure raisonnable de l’assurer . On sent bien que ce seuil , de plus, est fluctuant. Pas simple tout ça , même en pensant clair. Cordialement

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      • simplesanstete dit :

        @opossum
        L’économie est d’abord et seulement une croyance dans le vide, parce que le mot lui même est vide comme le mot racisme, le prix de cette croyance c’est toujours le sacrifice, offrande quotidienne au TRAVAIL qui est la liberté comme il était bien écrit sur l’entrée des camps, le travail salarié a un prix et une valeur dans le sens symbolique du signe des marchandises.
        Ouai y a plus que NOUS et nos mots, le reste c’est l’échange des signes, extérieurs de richesses, de reconnaissances,l’être face a son produit qui est en quête de perfection de l’objet, une cosmétologie politique DIGNE de l’oréal, bel animal affublé de tous les signes. »j »ai un super boulot, une super nana, les autres sont tous jaloux de moi » voilà une déclaration apolitique de Sarko qui SOMME bien la vie du conchitoyen moyen qui s’identifie IMMÉDIATEMENT sur CE rêve très simple, le b a bas du commun des mortels sauf que ce plan ne tient que rarement debout pour les mêmes, mais reste encore LE projet.C’est comme dieu, on n’y croit, on y croit plus et puis on aimerait y croire encore.
        Moi je ne crois plus en rien, mais je peux penser le rien, c’est à dire ce qui N’EST PAS et çà c’est pas RIEN, la distance et la hauteur, pas la domination, je sais que je peux parler et écouter n’importe qui sans peur ni préjuger, ce monde ne m’impressionne PLUS, je suis partout chez nous.

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  11. sentier198 dit :

    @ 3stete

    soit : je suis OK. pour dire que « cette grossièreté que les choses ont une valeur.. » en est bien une.

    je me suis exprimé un peu lapidairement , comme je prévenais….

    ce sont les ‘arrangements » que les hommes peuvent trouver pour « règler » leurs échanges qui sont totalement à reconsidérer….

    les « simplifications » opérées par les idéologies qui nous « gouvernent » n’ont plus aucunes capacités opératoires ….

    il faudrait bien être très attentif au glissement qui me fait dire au mot ‘chose’ ce vous n’en dites pas…

    le problème que je soulève là est fondamental.

    à ne pas vouloir y prêter l’attention nécessaire me semble être à l’origine du blocage politique contemporain.

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  12. simplesanstete dit :

    du blocage politique contemporain.
    Pire, un cul de sac, un étouf foire, une production de non sens unique, la production même de la confusion et de l’absurde comme politique pour elle, même, qui doit gagner car il ne s’agit que de cela, une rhétorique du gagnant et une perfection de l’image HD, SVP. LES PROFESSIONNELS.
    Dans CE monde bien sûr on confond prix et valeur puisqu’il n’y a pas d’échanges, tout est pré échangé GRÂCE a l’argent et sa forme ultra pauvre, le salaire.

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  13. simplesanstete dit :

    Tiens un peu de musique diabolique🙂

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    • simplesanstete dit :

      Et encore un buyers run chez Jorion, bonne nouvelle.
      Somme (brute) reçue à ce jour, le 25 novembre :
      1262 €.
      Ses salades se vendent mal whoopie

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  14. Ping : Faites sauter la banque ! @ Private Joke

    • simplesanstete dit :

      Petit « problème » c’est que les pauvres ont justement encore une MORALITÉ religieuse du TRAVAIL à la sueur de ton front(christianisme), même si la baisse tendancielle de son taux est constamment soumise à la pression GROTESQUE du politique(haut lieu de cette rhétorique), peut être que c’est ce qui reste du peuple, 20 à 30% quand on inclus le FN droit et le front de gauche vert de honte, le reste est dans la nébuleuse de l’image où les médias font leurs travail de polissage et d’aseptisation cher aux classes moyennes totalement fluctuantes et peut basculer dans l’abs tension.
      Ceci est un message de l’au-delà des machines à représentations et à étiqueter.

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  15. interobjectif dit :

    Paul Jorion (hier soir dans l’émission de Frédéric Taddéi) nous donne ici son point de vue sur le BankRun 2010 du 7 décembre prochain:

    1) http://www.youtube.com/watch?v=TrxZ-WpDB9Y&feature=player_embedded

    2) http://www.youtube.com/watch?v=6p9geTabFwU&feature=player_embedded

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  16. interobjectif dit :

    Ne pas détruire les banques : les saisir !
    par Frédéric Lordon (jeudi 2 décembre 2010)

    En voici la conclusion:

    Cantona pense faire la révolution sans violence en effondrant les banques. Mais c’est qu’il n’a pas idée des violences du chaos matériel qui suivrait. Si le blocage institutionnel et le verrouillage par le bloc hégémonique rendent chaque jour un peu plus probable l’issue qu’un « bon » système politique a normalement pour vocation de tenir aussi éloignée que possible, à savoir le débordement insurrectionnel, toutes les insurrections ne se valent pas. Et si vraiment violence il devait y avoir, plutôt celle qui permet de reprendre les institutions confisquées (ou d’inventer de nouvelles institutions) que celle qui nous jetterait les uns contre les autres dans des luttes pour la survie matérielle. Qu’elle le dise de travers n’empêche pourtant pas la sortie de Cantona d’avoir son fond de justesse : les tyrannies ont rarement le bon goût de quitter d’elles-mêmes la scène de l’histoire et seuls des rassemblements de force adéquats peuvent les en expulser. La finance a régné 25 ans, c’est plus qu’il n’en faut pour dresser un bilan, et le bilan dit : c’est assez. La particularité de l’époque réside en ceci que la tyrannie impersonnelle de la finance collabore activement à son propre renversement puisque, par une sorte de nécessité interne qui confirme, en la poussant à son comble, sa vocation à la destruction sociale, elle est sur le point de tout engloutir et paradoxalement jusqu’à elle-même. Les Romains disaient que « ceux que Jupiter veut perdre, il commence par les rendre fous » – nous y voilà. La perspective de chocs immenses n’est pas gaie, mais qu’à la face de l’histoire il revienne entièrement aux fous de l’avoir fait advenir. Et que les autres en tirent le meilleur parti, celui du moment décisif où leur joug se lève, éventuellement de s’être autodétruit, et où ils peuvent enfin se dire que « c’est notre heure ».

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  17. Oppossum dit :

    C’est que le petit clown , produit par le système , gâté ignorant et prétentieux qu’est Cantonna (même s’il est sympa) n’a effectivement aucune idée de la violence du chaos qui s’ensuivrait.

    Mais enfin Lordon aime bien le romantisme des situations extrêmes et la perspective d’un grand soir de la Finance . En fait dès les premiers craquements les hommes aux divers pouvoirs auront tôt fait -et il le font bien anarchiquement- de faire ce qu’il faut pour ne pas y être délogés : le système comme le réel, résiste et s’adapte, le bougre.
    Ne pas oublier que la crise dont on parle (même s’il y en a d’autres) , ce ne sont que des chiffres qui ne sont pas dans les bonnes cases. (Mais alors pas du tout, c’est sûr.) C’est donc à la fois terrible et d’une simplicité enfantine.

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    • Bruno Lemaire dit :

      ce ne sont que des chiffres qui ne sont pas dans les bonnes cases.

      Oui, voilà LE message , le seul, qu’il faut faire passer.

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    • simplesanstete dit :

      C’est terriblement MARRANT LA NOTORIÉTÉ et très populiste et populaire, Oppossum, nos sociétès anonymes s’y perdent comme je les comprends, une identification édi..fiante à tous les niveaux, notre réel c’est çà et bien au delà, derrière le rideau il y a les cintres, suspension du décor et de l’éclairage, la finance et ses oligarques, ses metteurs en scènes dont on entend parler que rarement mais dont les effets sur les fantômes salariés sont dévastateurs après l’orgie.
      Cantona est sérieux, cad tragique et comique à la fois. Je viens de fermer mon livret A bientôt et je vide par 1500 Euros mon compte courant, y a plein de fuites, plus ou moins transparentes, en ce moment, 2011 va être excellent.Acheter de l’argent devient une aimable plaisanterie.S’évader n’est pas à la porter de tout le monde mais cela devient une né..cessité, wait & see.

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  18. avdulovic dit :

    bjr je trouve que cantona a une eu superbe idée, c est vrai que c est moins fatiguant qu une manif, donc le 7 rendez vous a la banque. marre des jeunes sans boulot marre aussi des efforts que nous devons faire sans en voir les résultats cela fait 36 ans de crise lol les gouvernements se foutent vraiment de notre gueule

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