120 – A-J Holbecq: La monnaie maintenant

L’épisode numéro 1 n’a plus de secret pour vous, vous avez compris quand et comment les orfèvres devinrent  banquiers

Et aujourd’hui,  comment  « pousse » la monnaie?

Nous considérerons pour commencer que les banques commerciales forment un ensemble,
une structure unique : le système bancaire commercial

En effet, si on analyse la création de monnaie par chaque banque prise individuellement, il faut immédiatement expliquer la « compensation » entre elles, ce qui est complexe dans le cadre de ce petit résumé.

Nous avons, à l’heure actuelle, un système hiérarchique qui est le suivant:
1 – La banque centrale
2 – Les banques commerciales et coopératives

La banque centrale est « la banque des banques » Elle est la dépositaire des « réserves obligatoires » que doivent détenir les banques, en « monnaie de banque centrale », chez elle.

La banque centrale dispose de l’exclusivité de l’émission de la monnaie fiduciaire (billets de banque), seule monnaie banque centrale en circulation dans le public.

Les banques commerciales et coopératives peuvent, seules, créer la monnaie de crédit:  ce sont elles qui nous intéressent dans cet exposé.

Imaginons qu’aucune monnaie n’existe préalablement.
Un entrepreneur Monsieur X ouvre la porte d’une banque et demande « un crédit de 100 000 € ».

En échange (en garantie) il apporte une reconnaissance de dette, une hypothèque, un nantissement, la caution de sa belle-mère, etc…

Le banquier lui fait confiance: il ouvre un compte au nom de Monsieur X et crédite ce compte de 100 000 €.

Sur son bilan de banque, il écrit :

Actif

Dette de Monsieur X: 100 000 €

Passif

Compte de Monsieur X: 100 000 €

Cette double inscription à l’actif et au passif de la banque constitue l’acte créateur de la monnaie.
C’est ce qu’on appelle « monétiser ».

Monétiser c’est injecter de la monnaie qui n’existait pas auparavant, en contrepartie d’une créance, d’une obligation, d’un actif, ou d’une reconnaissance de dette.

Seules les banques ont évidemment le droit de procéder ainsi.

Profitons-en pour remarquer que si Monsieur X rembourse sa dette à la banque il n’y a simplement plus de monnaie qui existe (la monnaie est détruite).

Remarquons aussi que la banque n’a pas, simultanément, créé la monnaie des intérêts qu’elle réclame pour son service. Ces montants n’existent donc pas pour le moment

Reprenons…

Monsieur X va pouvoir, à partir du moment où son compte est crédité par la banque, régler ses achats à ses fournisseurs : Monsieur Y pour 30 000 €,  et Monsieur Z pour 60 000 €

Puisque nous sommes dans l’hypothèse d’une banque unique, ces paiements vont se retrouver sur les comptes de Y ou Z, toujours au passif de la banque. Le bilan de la banque restera en équilibre:

Actif

Dette de Monsieur X:100 000 €

Passif

Compte de Monsieur Y :30 000 €
Compte de Monsieur Z: 60 000 €
Solde du compte de Monsieur X : 10 000 €

On voit donc qu’une banque n’a aucun besoin de disposer d’argent, de dépôts préalables d’épargnants ou de déposants, pour « faire un prêt ».

Elle va se contenter de  « monétiser une créance » en créant de la monnaie.

Mais, s’il ne s’agissait pour un banquier unique que de « faire crédit » et en l’absence de toute autre obligation, il pourrait donc créer toute la monnaie qui lui est demandée par les « agents non financiers »

Trois règles importantes limitent néanmoins la possibilité de création de monnaie par les banques et le système bancaire commercial.

1 – disposer de fonds propres équivalents à 8% des crédits (règle de « Bâle II »),

2 – fournir en monnaie centrale (billets de banque) les demandes de la population. Statistiquement ces demandes représentent environ 13% des nouveaux crédits: or, seule la Banque Centrale peut fournir ces billets,

3 – disposer sur leur compte en Banque Centrale de réserves obligatoires (actuellement 2% des dépôts)

En considérant que le système bancaire dispose des fonds propres suffisants (8% des crédits), les « fuites » en monnaie centrale qui représentent donc 15% (13% de billets et 2% de réserves obligatoires) limitent sa capacité créatrice de nouvelle monnaie scripturale bancaire (monnaie secondaire).

On démontre facilement que, s’il dispose ou peut disposer de 100 de monnaie centrale, le système bancaire peut, avec les données précédentes, créer 678 de monnaie scripturale secondaire (le rapport n’est pas exactement 100/15 , donc 666, du fait que les 2% s’appliquent sur les dépôts et les 13% sur les crédits) et, bien sur, demander des intérêts sur celle-ci.

La capacité multiplicatrice de l’ensemble des banques augmente:

– si les pourcentages de réserves obligatoires diminuent,

– si les demandes de billets diminuent,

Chaque réseau bancaire pris séparément voit ses capacités d’émission de monnaie augmenter si sa part de marché de dépôts augmente.

Mais outre la « monétisation » d’une demande de prêt de la part d’un ménage ou d’une entreprise dont nous venons de voir l’exemple avec Monsieur X (créances sur l’économie qui représentent la plus grosse part de l’émission monétaire # 75%), il existe deux autres sources de création monétaire:

– lorsque le Trésor Public émets des « bons de Trésor » dans le but de financer un déficit, l’achat par les banques se fait directement par création monétaire (monétisation de la dette publique par le système bancaire): ce sont les créances sur les administrations publiques (# 20% du total)

– lorsque les banques prêtent de l’euro à l’extérieur de la zone euro, elles créent de la monnaie à cette occasion (créances sur l’extérieur, # 5% du total)

Je précise bien que nous avons parlé ici de la création de «monnaie» bancaire privée scripturale et non du second rôle des banques, celui de «circulateur d’épargne».

En effet, en tant qu’intermédiaires, les « établissements de crédit » (y compris les banques commerciales) peuvent en plus prêter l’épargne existante : c’est « l’intermédiation ».

Mais, d’où vient cette épargne préalable ? Qui l’a « fabriquée » à l’origine ? Je vous laisse y réfléchir …

En résumé:

« Avant », les orfèvres / banquiers s’engageaient à remplacer les certificats de dépôts par des valeurs (or ou argent) équivalentes.
« Maintenant » les banques s’engagent à remplacer sans délai leur monnaie de crédit par de la monnaie centrale (billets de banque) sur simple demande.

La monnaie, ce sont donc ces engagements des banques qui circulent dans l’économie et sont reconnus comme moyens de paiement.

Ces engagements sont eux mêmes représentatifs des créances des agents économiques non bancaires (entreprises, ménages, administrations).

_________________________

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39 commentaires pour 120 – A-J Holbecq: La monnaie maintenant

  1. Bruno Lemaire dit :

    @AJH, encore bravo pour tes billets

    Juste une remarque: sur le « multiplicateur de monnaie de crédit, écrire que pour 15 euros en caisse on peut créer 100 euros de prêts, revient à écrire 100/15 (soit 6,66). Ton chiffre de 6,78 me semble donc étrange ;-), pour un spécialiste de la règle de trois 😉

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  2. A-J Holbecq dit :

    Bonjour Bruno
    Bien vu, mis ca s’explique (http://monnaie.wikispaces.com/Cr%C3%A9ation+mon%C3%A9taire en chap 4 et chap 5), par le fait que les 13% de fuites billets sont sur les crédits nouveaux et les 2% sur les dépôts sur lesquels sont calculés les R.O. . J’ai voulu simplifier dans ce billet: mais je vais corriger ici en signalant que c’est une « imprécision théorique » (de toute façon nous savons tous bien que ce calcul ne représente pas la réalité: les banques font bien ce qu’elles veulent , personne n’arrivera jamais à mettre le nez dans leur comptabilité tant que nous resterons dans le cadre de banques « universelles ».
    Ce qui me semble (à moi) le plus « démonstratif » ce n’est tant le rapport entre la quantité de monnaie (en se souvenant que toutes les valeurs à plus de 2 ans ou instables ne sont plus comptabilisés en tant que monnaie) et la monnaie de base, mais bien le total des créances détenues par les banques (crédits en cours) par rapport à la monnaie de base; et là on est dans des rapports de plus de 15!

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    • Bruno Lemaire dit :

      Merci AJH de ta réponse, je la subodorais 😉 puisque 678 était plus grand que 667, j’avais effectivement subbodoré que les 2% ne jouaient pas tout à fait le même rôle que les 13%: disons que le ratio est un tout petit peu plus grand que 100/(13+2)

      Bravo en tout cas, encore et toujours, pour tes efforts d’apporter de la simplicité et de la pédagogie à des sujets qui seraient « presque » simples si on ne les compliquait pas à loisir. Retenons 97% de ce que tu dis, et nous aurons tous fait un grand pas pour comprendre que l’étau dans lequel nous mantiennent les banques et les gouvernants est bidon, du moins si l’on décide de se « révolter ». Faut-il encore pouvoir et savoir mettre la monnaie au service de la collectivité: pas évident.
      C’est tout le problème du pouvoir pour contrôler d’autres pouvoirs.

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  3. Bruno Lemaire dit :

    En fait, ce que je trouve le plus scandaleux comme manip, c’est celle que tu rappelles:

    lorsque le Trésor Public émets des « bons de Trésor » dans le but de financer un déficit, l’achat par les banques se fait directement par création monétaire (monétisation de la dette publique par le système bancaire): ce sont les créances sur les administrations publiques (# 20% du total)

    Les banques créent de l’argent (et vont se « goinfre ce faisant ») en achetant du déficit public …

    Amitiés, Bruno

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  4. Bruno Lemaire dit :

    Puisque PJ fait de la métaphysique, allons-y aussi:

    Bruno Lemaire dit :
    Votre commentaire est en attente de modération
    21 août 2010 à 13:34

    Physique, métaphysique et monnaie.

    Je ne suis pas sûr qu’il faille faire de la métaphysique, ce qu’Aristote aurait défini comme philosophie première, – et ce que C. Tresmontant aurait réservé à la méthodologie permettant de s’interroger rationnellement sur le sens de l’Univers – pour « interpeller » la monnaie. Ce que je crois, en tout cas, c’est qu’aucune monnaie ne peut se passer de subjectivité, et donc d’une analyse des sentiments humains et de ses interrelations avec ses contemporains. Monnaie et/ou argent, symbole ou phantasme de puissance, à côté ou avant d’être un instrument utile, voire nécessaire, dans une économie marchande. Si ce n’était pas le cas, s’il n’y avait pas du « subjectif », comment certains dirigeants, certains traders, certains sportifs, qui gagnent des millions d’euros par an, pourraient-ils encore essayer de gagner davantage, plus que leur « collègue » de réseau ou leur ancien condisciple.

    Cordialement, B.L.

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  5. gdm dit :

    Vous ne dites pas quelle est la nature de la monnaie. Vous la définissez par une écriture comptable. Toute écriture comptable est la traduction d’une opération sur des biens économiques. Par exemple, l’achat ou la vente d’une marchandise. L’émetteur de la monnaie est la banque Centrale. Elle ne donne aucune définition juridique de la monnaie. Le Code Monétaire définit implicitement la monnaie par les règles de son fonctionnement. Il existe une difficulté à donner une définition juridique de la monnaie.

    La monnaie est un « Objet Juridique Non Identifié », un OJNI. Pourtant, un économiste ne peut pas discourir valablement sur un objet qui serait sans définition juridique. L’économiste doit donc reconstituer une définition de la monnaie. On observe que la valeur de la monnaie provient d’abord du cours forcé. La Banque Centrale promet que le pouvoir d’achat de la monnaie sera stable. On en déduit une définition admissible de la monnaie. La monnaie serait une obligation de l’État par le truchement de sa Banque Centrale. Ou plutôt une pseudo-obligation car cette obligation est politique et non pas contractuelle.

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  6. RST dit :

    @ gdm
    Je viens de faire un tout sur votre blog (J’y ai laissé un commentaire).C’est proprement stupéfiant. C’est un gag ?
    Vous n’avez visiblement rien compris au fonctionnement du système monétaire. Votre article « la Banque Centrale, en bref » est un condensé d’énormités que même P.Jorion n’oserait pas écrire telles qu’elles.
    Un conseil : ouvrez un ou deux livres de vulgarisation sur le sujet et revenez nous voir

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    • gdm dit :

      Vous n’appuyez votre jugement de dénigrement sur aucun argument. Tentez d’argumenter et je pourrai vous répondre.

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      • RST dit :

        J’ai fait une réponse très partielle sur votre blog.
        Il faudrait tout reprendre et je n’ai ni le temps ni l’énergie.
        Informez-vous donc à travers la littérature existante et en lisant par exemple les fiches thématiques très bien faites du site de Chômage et Monnaie : http://www.chomage-et-monnaie.org/

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      • A-J Holbecq dit :

        @Gdm

        J’ai lu quelques uns de vos articles n.
        Il n’y a même pas à argumenter; vous avez tout faux … le système monétaire ne s’invente pas, il existe et ce n’est pas du tout, mais pas du tout, ce que vous décrivez.
        Donc comme le propose RST lisez donc quelques articles de ce blog, http://monnaie.wikispaces.com/ (et en particulier le chapitre « création monétaire » , ou je puis aussi vous conseiller « l’essentiel de la monnaie » de François Combes (10 euros de monnaie secondaire)

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          Je ne vois pas bien ce qui vous choque dans mon texte. J’ai relu trois fois votre billet ci-dessus. Je suis d’accord avec presque tout.

          A mon avis, la création monétaire s’expose mal sous la forme comptable « actif et passif ». En effet, une écriture comptable est la traduction d’une transaction portant sur des droits de propriété d’un vendeur ou d’un acheteur. C’est l’analyse de la transaction qui importe et non pas sa traduction comptable.

          L’emprunteur remet une reconnaissance de dette à la banque. Et la banque lui remet des « engagements de moyens de paiement », comme vous le dites justement. Il s’agit d’un échange ordinaire de créances entre deux agents économiques.

          J’ajoute que la banque accepte cet échange car, pour elle, la reconnaissance de dette de l’emprunteur a plus de valeur que la monnaie versée.

          L’obligation comptable, justifiée, d’écrire le nominal omet l’avantage que retire l’entreprise dans l’échange.

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        • A-J Holbecq dit :

          @gdm
          Vous écrivez  » Il s’agit d’un échange ordinaire de créances entre deux agents économiques.  »

          Non.. car aucun autre agent économique que les banques ne peut transformer un actif, une obligation ou une reconnaissance de dette en monnaie.

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  7. RST dit :

    Un deuxième point commun de gdm, avec P.Jorion. En plus de ne rien comprendre au fonctionnement du système monétaire, c’est un vrai démocrate attaché à la liberté d’expression: il a effacé tous mes commentaires de son blog 😉

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    • A-J Holbecq dit :

      J’en avais mis un qui n’est jamais apparu 😉

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      • gdm dit :

        je ne maîtrise pas encore wordpress. Je n’avais pas remarqué que votre commentaire n’apparaissait pas. Mon intention n’était pas de l’occulter, mais de le rendre visible.

        J’ai changé d’avis sur votre commentaires et sur ceux de RST. Je les ai restaurés. Ils sont maintenant visibles sur mon blog.

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        • A-J Holbecq dit :

          OK .. j’en prends acte

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        • A-J Holbecq dit :

          Ceci dit mon commentaire du Dimanche 6 mars 2011 à 10:37 est toujours en attente de validation semble t-il.

          Mais au delà de cela, ce ne sont pas les commentaires de votre article sur les Banques Centrale qu’il faudrait effacer, mais l’article en totalité, simplement parce qu’il peut induire en erreur des lecteurs qui n’ont pas de formation sur ce sujet.

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  8. gdm dit :

    je vous suis reconnaissant de vos commentaires sur la version précédente de mon billet sur la banque centrale. En effet, à chaque critique, j’améliore mon texte. Je ne change pas le fonds mais la forme.

    Vous commentaires correspondaient à la version précédente de mon texte. J’avais modifié les points qui vous heurtaient. Il était donc logique de supprimer les anciens commentaires.

    Mais il ne s’agit pas de censure. Vous êtes le bienvenu pour critiquer mon nouveau texte.

    Charbonnier est maître chez lui, dit-on, dans son humble demeure, comme dans son humble blog. Il peut supprimer les anciens décors. Il ne s’agit pas de démocratie. Il s’agit de jouir d’un droit de propriété, lequel est exclusif par définition.

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    • RST dit :

      @ gdm
      Effectivement, chacun fait ce qu’il veut chez lui. Sauf qu’un blog, c’est un peu plus qu’un « chez soi » puisque il a un caractère publique. Si l’on ne souhaite pas d’interférences avec les lecteurs, on ouvre un cahier intime, pas un blog. En ce qui me concerne, ma philosophie est très claire : je ne poste pas de commentaires sur les blogs qui pratiquent la censure, quelle qu’elle soit, et j’évite de poster chez ceux qui modèrent à priori.

      Pour en revenir à votre blog, je crois comprendre que vous défendez une certaine philosophie visant en gros, à discréditer l’État. Votre dernier billet qui prétend démontrer qu’un emprunt d’Etat est inflationniste contrairement à un emprunt par un acteur privé est tellement simpliste (et faux) qu’il n’y a pas vraiment moyen de commenter.Il y aurait trop de choses à dire.

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      • gdm dit :

        @RST
        Je suis libertarien. C’est une philosophie politique cohérente. La dénationalisation de la monnaie fut soutenue par l’économiste Hayek, prix Nobel d’économie. C’est une thèse raisonnable.

        Mon but n’est pas de « discréditer ». J’analyse les processus économiques. L’Etat français prélève 57% du PIB. L’Etat est un important agent économique. Il a un rôle dans certains dysfonctionnements de l’économie.

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        • A-J Holbecq dit :

          L’Etat redistribue 57 du PIB

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          L’Etat prélève 57% du PIB. Vous ajoutez que l’Etat distribue 57% du PIB. Ce n’est pas tout à fait exact. J’avais entendu que le prélèvement de l’impôt coûte 20% du montant de l’impôt. Les contribuables dépensent de l’énergie pour éviter l’impôt. Certains renoncent à produire, préférant l’oisiveté.

          Le coût de cette richesse non produite se nomme ici « coût d’opportunité ». Le coût direct plus les richesses non produites sont probablement supérieur à la moité de l’impôt.

          Ainsi, l’Etat distribue moins que les 57% prélevés. Au total, le prélèvement de l’impôt occasionne une destruction de richesse nationale supérieure à la moitié du montant de l’impôt.

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        • A-J Holbecq dit :

          Les rémunération des fonctionnaires sont AUSSI de la redistribution

          Lordon: De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.

          Les fonctionnaires vont à leur tour dépenser leurs revenus ; il n’y a aucune destruction de richesse nationale , sauf ce qui part à l’étranger (placements, importations …) et qui est thésaurisé (billets ) qui sort donc du circuit économique.

          Après, bien sur, on peut mettre 20% des fonctionnaires à la porte et les payer au chômage ou les retrouver sur les trottoirs: c’est à quoi amène le libéralisme excessif (le libertarien par exemple) … ceux qui ont les plus grandes dents survivent dans une forme de sélection pas naturelle…

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        • A-J Holbecq dit :

          Oubli de fermeture de la balise italique après « …de ses captations.

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          1. Une redistribution ne peut pas être un salaire. La redistribution étatique est dirigée vers les pauvres et vers les privilégiés. Le salaire des fonctionnaires est-il, selon vous, une redistribution ?

          2. La question est de savoir quelle est la valeur de ces « prestations collectives ». En l’absence d’achat, on est fondé à dire que la valeur de ces prestations est nulle.

          3. Dans un échange marchand, la somme de la plus-value du vendeur et de la plus-value de l’acheteur sont en micro-économie, la richesse totale créée. La dépense seule est toujours une perte pur celui qui dépense. Votre affirmation que la dépense pourrait, en elle-même, produire des richesses est donc incomplète.

          4. Vous évoquez implicitement un hypothétique licenciement des fonctionnaires. En l’absence de chômage structurel, ces nouveaux demandeurs d’emplois produiraient aussitôt des richesses. Les besoins humains sont illimités. L’offre crée la demande. Soit ces chômeurs vendent leur travail à un employeur. Soit ils vendent directement les produits de leur travail. Le chômage structurel français est lié aux lois françaises puisqu’il est différent selon les pays.

          5. Le libertarien prône le respect du droit de propriété et la liberté du contrat. Toute relation économique provient alors d’un mutuel consentement, donc sans violence. Vous parlez de « longues dents », donc de violence contre autrui. Seuls les voleurs et les assassins utilisent la violence.

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        • A-J Holbecq dit :

          gdm

          Vous restez bloqué dans la « valeur comptable » en oubliant totalement les « valeurs sociétales ».

          Lisez donc un petit bouquin collectif qui vient de sortir chez « Alternatives économique »: « La richesse autrement « 

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  9. gdm dit :

    @A-J Holbecq
    Le prêt bancaire est un échange de créances entre une banque et un emprunteur. La créance sur la banque est une créance à très court terme. La créance sur l’emprunteur est une créance à long terme. L’État veut avoir le monopole monétaire. L’État interdit donc de tels échanges de créances. Un tel échange de créances est, en lui-même, banal et ordinaire.

    Imaginons que IBM émette le « IBM-or », convertible contre 1 gramme d’or. IBM émettrait ainsi une nouvelle monnaie. Chaque IBM-or serait une promesse de verser de l’or. Chaque IBM-or serait un titre financier ordinaire. Il n’y a aucune raison économique d’imposer le monopole de l’État sur la monnaie.

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    • A-J Holbecq dit :

      Merci pour ces explications 🙂

      Vous écrivez  » Il n’y a aucune raison économique d’imposer le monopole de l’État sur la monnaie. «  Si, il y en a beaucoup: je vous suggère la lecture d’Allais, économiste libéral, par exemple.

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        A ma connaissance, l’économiste Maurice Allais n’a pas publié d’étude comparant un monopole monétaire étatique et le free-banking dans une zone économique. Le free-banking est la liberté économique pour quiconque de créer sa monnaie sans aucun contrôle de l’État. Une telle étude comparative serait la seule manière logique de tenter de justifier le monopole monétaire de l’État.

        Au 18e siècle, pendant 130 ans, l’Écosse fut une zone de free-banking. Trente banques concurrentes émettaient des billets de banque convertibles en or. En 130 ans, aucun utilisateur ne fut lésé. Et sans aucune inflation par rapport à la valeur de l’or. Un premier élément de comparaison est la baisse du franc français. En un siècle, il a perdu de 99% de sa valeur.

        Une comparaison théorique entre un système monopolistique et une zone de free-banking tournerait à l’avantage de la zone de free-banking. Un étude historique sur l’origine des monopoles monétaires montrerait que la cupidité de l’État en fut invariablement la cause première.

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      • A-J Holbecq dit :

        Vous écrivez

        Au 18e siècle, pendant 130 ans, l’Écosse fut une zone de free-banking. Trente banques concurrentes émettaient des billets de banque convertibles en or. En 130 ans, aucun utilisateur ne fut lésé.

        Lisez ceci …
        http://mises.org/journals/rae/pdf/rae2_1_15.pdf

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        • gdm dit :

          @A-J Holbecq
          Rothbard est un économiste libertarien. Sa pensée est logique et profonde. Mais il s’est malheureusement trompé entièrement sur les question monétaires. En particulier, Rothbard estimait qu’une banque à réserves fractionnaires aurait été nécessairement frauduleuse. Ce qui est inexact puis que le consentement explicite des clients démontrait l’absence de fraude. Le consentement du client sur une chose exclut que cette chose puisse être une fraude.

          Je ne lis pas l’anglais. Sur google, j’ai lu des commentaires sur le texte que vous me proposez. Oui, l’Écosse était une zone de free-banking bien imparfaite. L’État écossais fut plusieurs fois tenté de légiférer, ce qui a provoqué des dysfonctionnements. Les banques promettaient de verser de l’or en échange de chaque billet émis. Parfois, certaines étaient en rupture de stock d’or et demandait un délai de livraison en échange d’un taux d’intérêt. Aucune Banque Centrale pendant 130 ans, entre 1715 et 1845. Et, sans Banque Centrale, la monnaie et l’économie marchaient bien! En 1845, une décision anglaise a soudain supprimé cette liberté monétaire en Écosse.

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  10. gdm dit :

    @A-J Holbecq
    Dans votre article, vous dites « la banque n’a pas, simultanément, créé la monnaie des intérêts ». Au moment du prêt, c’est exact.

    Mais, dès que certains intérêts sont dus par l’emprunteur, la banque crée la monnaie en quantité égale aux intérêts dus. Et la banque eut légitimement disposer ou dépenser cette monnaie à sa convenance. Il s’agit d’un cas particulier de monétisation d’une dette.

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    • A-J Holbecq dit :

      « La banque » ne crée la monnaie des intérêts par un nouveau crédit (à un autre emprunteur) que dans un cas constaté: la masse monétaire augmente.
      Mais la conséquence est que la dette des agents non bancaires (administrations, entreprises, ménages) envers « la banque » augmente en conséquence.

      Si « la banque » ne crée pas la monnaie supplémentaire, et bien que l’augmentation de la vitesse de rotation de la monnaie puisse un temps faire illusion, les emprunteurs ne pourront plus rembourser et « la banque » se saisira en contrepartie des biens réels qui étaient les garanties (y compris « l’esclavage » de la population débitrice)

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Vous dites que la banque ne crée pas la monnaie des intérêts par un nouveau crédit à un autre emprunteur. Ce n’est pas tout à fait exact. Les intérêts dus par l’emprunteur constituent une petite dette de l’emprunteur envers la banque. Il existe bien un nouveau petit crédit de la banque en faveur de l’emprunter. Les intérêts dus constituent un petit emprunt complémentaire de l’emprunteur, constituent une dette de l’emprunteur. La banque possède la reconnaissance de dette de l’emprunteur sur ce « petit » emprunt complémentaire.

        Jusque là nous sommes surement d’accord sur l’existence d’un nouveau « petit » crédit. Je continue donc mon raisonnement. La formation de cette petite dette de l’emprunteur provient d’une vente de la banque à l’emprunteur. La banque vend des intérêts à ses clients-emprunteurs. Au fur et à mesure que ces intérêts se forment, ils constituent une vente de la banque à l’emprunteur. Et la banque veut légitimement être payée de cette vente, être payée aussitôt de ces intérêts dus.

        Puisque la banque possède cette petite reconnaissance de dette, elle peut légitimement émettre la monnaie correspondant. Nous sommes revenu au raisonnement classique de la monétisation d’une dette. Mais, dans ce cas, la monnaie est versée non pas à l’emprunteur mais à la banque. Pour des raisons pédagogiques, on pet imaginer que l’argent des intérêts dus transite par l’emprunteur. Puis l’emprunteur remet la « petite » somme à la banque.

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Vous dites que la banque ne crée pas la monnaie des intérêts par un nouveau crédit à un autre emprunteur. Pour réfuter autrement votre phrase, la banque ne facture pas d’intérêts. Elle demande à l’emprunteur d’accepter la facture d’un laveur de vitres. La situation « monétaire » est alors identique à a précédente. Or votre raisonnement sur la quantité de monnaie « manquante » ne s’applique pas aux échanges entre commerçants. Il s’ensuit que votre raisonnement sur la quantité de monnaie des intérêts est invalidé.

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      • gdm dit :

        @A-J Holbecq
        Vous dites que la banque ne crée pas la monnaie des intérêts par un nouveau crédit à un autre emprunteur. Pour réfuter autrement votre phrase, la banque ne facture pas d’intérêts. Elle demande à l’emprunteur d’accepter la facture du laveur de vitres de la banque. La situation « monétaire » est alors identique à la précédente. Or votre raisonnement sur la quantité de monnaie « manquante » ne s’applique pas aux échanges entre commerçants. Il s’ensuit que votre raisonnement sur la quantité de monnaie des intérêts est invalidé.

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      • gdm dit :

        j’ai rédigé un texte pour expliquer ce paradoxe des intérêts manquants. Il s’inspire de notre dialogue.

        http://gidmoz.wordpress.com/2011/03/11/le-paradoxe-des-interets-manquants-en-bref/
        Vos commentaires seront les bienvenus.

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