114 – Balance extérieure de la France

Extraits du blog Eco-France

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La nomenclature de la Banque de France distingue quatre types d’échanges:

 

1 – Balance des échanges de biens: Tous les biens fabriqués en France et vendus à l’étranger, et vice-et-versa. C’est seulement en 2005 que la balance des échanges de biens s’est dégradée

 

 

 

2 – Balance des échanges de services: Il s’agit des prestations en informatique, en construction, en assurance, transport, frais financiers.. Toute activité intellectuelle ou manuelle, rémunérée à une société française au bénéfice d’une société à l’étranger (et vice-et-versa). Elle s’érode depuis 2001, mais reste encore largement positive.

 

 

 

3 – Balance des échanges de revenus: salaires des salariés transfrontaliers, mais surtout revenus du capital investi à l’étranger (dividendes, coupons obligataires). La tendance est à la hausse en ce qui concerne les revenus du capital, malgré une baisse en 2009.

 

 

 

4 – Balance des transferts: la monnaie transféré à l’étranger sans contrepartie évidente. Les dons, l’aide internationale, mais aussi les transferts d’argent de salariés immigrés vers leur pays d’origine. La balance des transferts se dégrade de manière continuelle depuis les années 90

Balance des transactions courantes: l’indicateur qui agrège ces quatre balances:


 


Jusqu’en 2005, la France s’enrichit au contact avec l’étranger. Au contraire depuis 2005, il y a plus d’argent qui quitte le pays qu’il n’en rentre. Les revenus du capital, et ceux des services, ne suffisent plus à compenser le déficit du commerce et le flux d’argent qui fuit le pays.

Pour donner un ordre de grandeur, les 40 milliards d’euros de déficit de la balance des transactions courantes représentent 2,2% du PIB,
Voici une comparaison internationale de 2008 (données Banque Mondiale) :
http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/BN.CAB.XOKA.CD

 

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Complément à ce billet : le 15 octobre 2010
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12 commentaires pour 114 – Balance extérieure de la France

  1. yann dit :

    Merci pour ces données très percutantes. On peut regardait aussi sous l’angle des investissements directes à l’étranger appelé couramment IDE. Ces fameux IDE dont on nous rabâche régulièrement les oreilles en nous disant que la France est la première ou la seconde destinations des IDE à l’échelle de la planète oubliant que la France est aussi la première à faire des IDE sortant. Quand ont regarde les IDE rentrant et sortant et que l’on fait le bilan le pays n’a pas connu d’excédent depuis 20 ans au bas mot. C’est à dire que nous investissons beaucoup plus à l’étranger que ce que les étrangers investissent chez nous. Vous trouverez le graphique des IDE entrant et sortant ici:
    http://lebondosage.over-blog.fr/article-les-socialistes-et-le-libre-echange-45250844.html

    Nous sommes largement perdant dans cette histoire de mondialisation mais nos politiques continuent vaille que vaille à en prôner des vertus pourtant invisibles dans les statistiques.

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  2. A-J Holbecq dit :

    Je me posais une question:

    Les balances des échanges sont négatives en France depuis 5 ou 6 ans et il me semble que nous avons accumulé un déficit (qui n’est pas un déficit public mais un déficit privé) de l’ordre de 250 Md€ depuis cette période.
    Ce sont donc les banques centrales des pays exportateurs qui bénéficient de cette différence, dans leurs stocks de devises .
    Quelle est l’incidence sur notre banque centrale ?

    Voici ce que m’a répondu Jean Bayard …

    Un déficit en euros, par exemple, correspond globalement à une dette de la France envers les pays en excédent commercial dans la même monnaie. Pas d’effet sur la Banque centrale, de mon point de vue.
    Un déficit en $ peut correspondre, selon les choix exercés par les banques, à une diminution des réserves en $ de la Banque de France. Mais, rien n’est sûr, tellement les opérateurs ont le choix entre un nombre conséquent de solutions avec ou non la BdF.

    Le même raisonnement s’applique dans les autres devises, sachant pourtant qu’un déficit global peut cacher des excédents dans une monnaie spécifique. On peut alors retrouver cet excédent en augmentation des réserves de la BdF

    Autrement dit, pas de réponse précise à la question posée.

    si quelqu’un a une explication plus précise, elle est la bienvenue

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  3. RST dit :

    @ André-Jacques

    Je pense que tu n’as pas bien compris : c’est nous qui posons les questions et c’est toi qui y répond, pas le contraire 😉

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  4. Chr dit :

    @Postjorion
    Je n’arrive pas à publier ma réponse à AJH.
    J’ai fait partir deux fois mon commentaire et il n’apparait pas…

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    • postjorion dit :

      Et pourtant il n’y a aucun commentaire « bloqué »… je viens de vérifier .
      Merci de le relancer et si nécessaire de me l’envoyer ( postjorion[at]gmail.com )

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  5. postjorion dit :

    Je ne comprends pas … aucun commentaire bloqué! Je transmets donc:

    ===================
    Bonjour,
    visiblement ça ne passe toujours pas.

    Voici ma réponse à AJH:
    ———————–

    Bonjour AJH

    Je vais essayer de répondre à la question.

    Une des fonctions de la BC c’est de piloter la parité de l’euro avec les autres devises.

    Pour répondre à la question il faut envisager plusieurs cas de figures.

    1) Si la BC possède suffisamment de devises en réserve et que le marché des changes ne suffit pas absorber les euros des exportateurs et entraîne de fait une baisse de celui ci, la BC interviendra avec ses devises en achetant des euros sur ce marché.

    2)Si la BC ne possède pas suffisamment de devises et que le marché des changes se retrouve avec une offre d’euros qui dépasse la demande alors la BC décidera:

    -Soit de laisser se dévaluer l’euro sur le marché des changes et les produit importés couteront plus cher.

    -Soit elle empruntera à une autre BC ou sur le marché monétaire les devises qui lui manquent pour acheter des euros sur le marché des changes et maintenir ainsi la parité avec la ou les devises concernées.

    ====================

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  6. Ping : 150 – Natixis: monétisation des dettes publiques « Plus loin que Jorion

  7. Zaharia dit :

    Bonjour AJ

    Merci pour ces graphiques sur la balance extérieure.

    Suite à ton commentaire sur l’article important de P. Artus,(qui vante les mérites de la monétisation directe par la Banque Centrale sans agiter trop frénétiquementle risque d’inflation… cet épouvantail favori des banquiers… cf ta chronique No150), sais-tu OU l’on peut trouver le poids des intérêts de la dette souveraine détenue par des non résidents ?
    Parmi les quatre types d’échanges que distingue la nomenclature de la Banque de France, je ne vois pas clairement quel est celui qui accueille ces ~35 a 45 milliards /an ? Une somme qui peut doubler sur un simple froncement de sourcils… de Fitch ou de Moody’s sans oublier Standard & Poors ! En passant, qui est assez naiif pour croire qu’un gouvernement peut librement choisir ses options de politique économique avec un tel « revolver sur la tempe » ?

    Bon dimanche !
    Amitiés
    Raymond

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    • A-J Holbecq dit :

      Bonjour Raymond
      Je n’ai trouvé aucune précision sur la répartition des intérêts résidents/non-résidents.

      En toute logique puisque les proportions sont 30/70, on peut dire que nous devons chaque année # 35 milliard d’euros en plus, au titre des seuls intérêts, aux non résidents.

      Actuellement la dette est grosso modo détenue à hauteur de 1100 Md€ par les non résidents (dont 1/2 par des détenteurs de la zone euro, et 1/2 par des détenteurs du reste du monde… (en fait, on peut considérer 1/3 pour les 3 catégories)… ce qui nous mets dans une situation « détestable ».

      Tu poses une bonne question. Ces 4 graphiques n’incluent pas à mon avis les intérêts de la dette publique puisqu’en fait nous ne les « payons » pas en sorties de devises… puisque nous empruntons les intérêts, et un peu plus d’ailleurs, il y a (me semble t-il, mais je marche sur des œufs) au contraire introduction de devises qui diminue d’autant notre balance des transactions courantes … en échange d’une dette.
      Mais ca demanderait à être vérifié.

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