96 – Irving Fisher, Sam, Jorion, Alexandre et consorts

Extraits ( p. 147 et suivantes) de « Les fondements de la théorie bancaire » de Sylvie Diatkine (chez Dunod)

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LE PLAN DE RÉFORME DE I. FISHER

L’idée essentielle consiste à supprimer le lien entre crédit et monnaie. Les banques devront observer un coefficient de réserves de 100%. Tous les comptes de chèques ne pourront faire circuler que de la monnaie déjà « en caisse ». Le but est d’aligner toutes les formes de monnaie bancaire sur les billets ; aller au-delà des principes de l’Act de 1844 en imposant la même règle aux dépôts qu’aux billets. Fisher pense même que le problème des billets n’est plus important puisque la monnaie est principalement composée de comptes de chèques.

La monnaie sera émise par une commission spéciale et gouvernementale ; elle sera remise aux banques contre la partie de leurs actifs qui correspond à leurs prêts. Elle servira donc de réserves aux banques et ne pourra pas, par elle-même, faire varier la circulation monétaire du pays. Il y aura donc substitution de cette monnaie aux titres des banques et à l’avenir, une fois ce processus terminé, un coefficient de réserves de 100 % sera observé à tout moment. Les dépôts étant entièrement reliés aux réserves, tous les instruments de paiement se comporteraient comme les réserves, comme s’il s’agissait d’une circulation de monnaie manuelle uniquement. On retrouve les propositions de l’Ecole de la circulation : une circulation de papier qui se comporte comme s’il s’agissait d’une circulation métallique (des certificats de métal), comme si les réserves métalliques circulaient. Dans le système proposé par Fisher (« 100 % money » à distinguer du système actuel de « 10 % money »), il n’y a plus de différence entre ce qui est monnaie manuelle (monnaie effective) et instruments de crédit qui circulent.

Fisher précise qu’il s’agit d’un plan de nationalisation de la monnaie mais non de l’activité de banque ou de crédit (Fisher, 1935, p. 18). L’émission de monnaie est gérée par l’État et elle est distribuée et mise en circulation (sa répartition entre les utilisateurs d’une masse prédéterminée par l’État) par les banques privées.

« Le gouvernement, par l’intermédiaire d’une « commission de la circulation monétaire », transformera en monnaie manuelle suffisamment d’actifs de chaque banque commerciale pour accroître la réserve liquide de toute banque jusqu’à un niveau de couverture de ses comptes de chèques de 100 %. En d’autres termes, le gouvernement achètera (ou prêtera de la monnaie en contrepartie de) une partie des titres, billets ou autres actifs de la banque avec de la monnaie spécialement émise par la commission de la circulation monétaire. Alors tous les comptes de chèques seront couverts par de la monnaie « réelle » – de la monnaie manuelle. […] En d’autres termes, les comptes de chèques seraient littéralement des dépôts, composés de liquide (cash) détenu avec confiance par le déposant. […] ». Fisher, 1935, p, 8-9 ; trad. S Diatkine.

Les banques sont donc divisées en deux départements : un département qui continue à faire du crédit mais sans émette de monnaie ou gérer des comptes chèques, et un département d’émission qui gère les paiements en chèques dont les dépôts sont entièrement couverts par de la monnaie manuelle (qui est de la monnaie manuelle émise par le gouvernement). On reconnaît les principes de la séparation de la Banque d’Angleterre en deux départements selon l’Act de 1844 : un département de banque et un département d’émission.

« La monnaie qui circule par chèques serait conservée dans une « banque de chèques » séparée qui serait un département de la banque originaire, ou lui serait relié. Chaque banque commerciale serait ainsi divisée en un département de chèques et un département de prêts et investissements. Le département de prêt pourrait, bien sûr, comme tout autre déposant, déposer ses propres liquidités dans la partie entrepôt de la banque et retirer ses liquidités ou les transférer par chèques. » Fisher, 1935, p. 53 ; trad. S. Diatkine.

Les avantages sont d’abord que le risque de liquidité ou de transformation des banques disparaît ainsi que les runs et faillites bancaires. Les déposants ne craindront plus que la banque ne puisse les rembourser puisque la monnaie qu’ils demanderaient est toujours dans la banque (Fisher, p. 10). C’est une solution au problème du risque de liquidité exposé dans le modèle de Diamond et Dybvig (voir supra p. 75), mais alors il n’y a plus d’assurance de liquidité fournie par les banques. Le risque bancaire est donc réduit, y compris le risque de défaut car la monnaie qui est émise est gagée sur le crédit du gouvernement des États-Unis.

LA RÉGULATION MONÉTAIRE ET BANCAIRE

Les variations de la masse des dépôts qui circulent par chèques et de toute la circulation monétaire seraient régularisées. En effet, la monnaie ne serait plus créée au rythme du crédit, c’est-à-dire de l’accroissement des prêts et de leurs remboursements ainsi que de leur ralentissement. Il en résulte une limitation des cycles économiques et une plus grande stabilité de la valeur de la monnaie.

Dans le système bancaire actuel (dit à « 10% réserves»), les liquidités peuvent être reprêtées à l’infini. La multiplication des dépôts se fait à partir d’une base faible en liquidités. Au contraire, selon Fisher, son plan de réforme permettra une plus grande stabilité du taux d’intérêt. Il évitera ainsi toute contraction de la circulation monétaire en cas de déflation et même il favorisera une plus grande régularité de l’offre de monnaie et donc évitera des variations de prix, si l’on suit la théorie quantitative. La variation de la quantité de monnaie n’est plus contrôlée par les banques mais par la commission gouvernementale d’émission de la monnaie qui suit une règle monétaire (Fisher, 1935, p. 15). Elle doit «diriger» la monnaie de façon à ce que l’indice des prix retenu soit stable. La monnaie n’étant plus émise en fonction du crédit, si le public rembourse ses emprunts (faits non à partir de monnaie), cela ne diminue en rien la quantité de monnaie ; il y a simplement une nouvelle répartition.

En effet, dans le système à 100 %, les prêts des banques seront accordés à partir de l’épargne déposée chez elles sous forme de dépôts. Mais ces dépôts existeront préalablement au crédit. Celui-ci ne fera donc pas varier leur montant. Les prêts bancaires sont alors analogues à ceux effectués par une caisse d’épargne, par exemple ou un individu sur un marché financier. Ils transféreront de la monnaie « véritable » d’un agent à un autre mais ne la créeront pas.

Les buts poursuivis dans la régulation d’un système bancaire sont doubles et distincts : d’une part, la stabilité du niveau des prix obtenue par la gestion de l’offre de monnaie par la commission monétaire et d’autre part, la stabilité des banques par la mise en place d’un coefficient de réserves à 100 %. Les objectifs de la politique monétaire (la monnaie) et de la politique bancaire (ou du crédit) sont séparés analytiquement mais doivent être menés de front dans le cadre de la mise en œuvre de la politique économique. Cependant, la politique monétaire a un rôle primordial.

Il est nécessaire que la quantité de monnaie suive le mouvement des affaires, mais ceci ne peut s’opérer en liant monnaie et endettement. Car, ainsi que nous l’avons vu, dans le système actuel, le développement des prêts entraîne un développement des comptes de chèques (la monnaie) plus rapide que celui de l’activité économique. Il en résulte une hausse des prix et des profits durant les phases de booms. Il y a d’autre part une tendance permanente au surendettement et donc à la trop grande prise de risque de défaut par les banques. Et la liquidation de ces prêts amène normalement la quantité de comptes chèques à se contracter plus vite que l’activité économique, de telle sorte que le niveau des prix et des profits baisse habituellement lors de la dépression (Fisher, 1935, p. 160). Au contraire, si le niveau de la quantité de monnaie restait stable (ou augmentait lentement et non plus rapidement que l’activité économique) durant les phases d’expansion de l’activité économique, il ne se produirait pas de hausse des prix, et pas de baisse des prix en phase de récession. Ceci est possible dans le système « 100 % réserves » car les prêts augmentent avec l’activité économique, mais pas la monnaie.

La banque centrale n’a, dans ce cadre, qu’une seule fonction : celle d’assurer la stabilité de la valeur de la monnaie. Celle-ci est définie par un indice des prix. La stabilité de la valeur de la monnaie ne doit pas être appréciée par rapport à un étalon tel l’or, qui est instable et parce que la convertibilité en or rend le système bancaire encore plus instable, vu la faible quantité d’or disponible. On retrouverait les mêmes problèmes qu’avec le système de « réserves à 10 % ». Les banques n’auraient jamais assez de liquidités. Il faut donc gérer la monnaie à l’aide d’une règle prédéfinie.

La politique bancaire est très réduite. Dans le nouveau système « 100 % réserves », la banque centrale n’a pas la fonction de prêteur en dernier ressort car le risque de transformation n’existe plus pour les banques et elle n’a donc pas à leur fournir de la liquidité en urgence. Les banques sont toujours liquides. Il en résulte que, dans ce système, il suffit de petites variations de la quantité de monnaie pour assurer la stabilité des prix. Il n’est pas besoin de la faire varier fortement puisque la déflation n’existe plus. On retrouve les propositions de l’École de la circulation selon lesquelles la banque centrale n’a pas à assurer le rôle de prêteur en dernier ressort (voir ci-dessus, p. 136). Le système de « 100 % réserves » comme celui de l’Act de 1844 est analogue à un currency board ou « caisse d’émission ». Évidemment, cette conception s’oppose à celle de Thornton (voir supra, p. 88). Fisher critique les modalités d’action de la Fédéral Reserve Bank, depuis sa création, en tant que prêteur en dernier ressort. Ses prêts peuvent accroître les réserves des banques, mais en fait ceci leur a permis de supporter des coefficients de réserves encore plus petits et ceci n’a pas supprimé les faillites bancaires (notamment en 1920) qui ont même été de plus grande ampleur qu’avant sa création (Fisher, 1935, p. 44).

LES BANQUES : DE SIMPLES INTERMÉDIAIRES FINANCIERS ?

Dans le système de réserves à 100 %, les banques n’ont pas besoin de reconstituer leurs réserves ou leurs liquidités puisque ces dernières sont fixées une fois pour toutes ; il ne peut donc se produire de restriction du crédit de ce fait. Il ne subit plus l’influence perturbatrice de la surémission de comptes de chèques par rapport aux réserves et des risques de la transformation. Le crédit n’est pas lié à la monnaie que les banques créent mais à l’épargne (Fisher, 1935, p. 75). On retrouve donc le « socle » de la théorie classique puisque les investissements et les prêts bancaires ne sont possibles qu’à partir d’une épargne préalable déposée chez elles.

Les banques deviennent alors de simples intermédiaires financiers entre épargnants et investisseurs. Dans le projet de réforme de Fisher, les banques prêteraient de l’argent, soit à partir de leur propre capital, soit à partir de l’argent reçu de leurs clients et placé en épargne (Fisher, 1935, p. 12 et 16). Les dépôts qui circulent par chèques (checking deposits) sont très différents des dépôts d’épargne (saving deposits). Ces derniers représentent un investissement tout comme un titre qui rapporte un intérêt. Cet investissement, tout comme n’importe quel titre, ne requiert pas d’être gagé sur des réserves à 100 %.

« Mais les prêts normalement proviennent de l’épargne, et la croissance des prêts dépend de la croissance de l’épargne, et n’est ni stimulée ni limitée, comme c’est le cas actuellement, par un système monétaire qui gonfle et se contracte sans raison. Naturellement le volume des prêts peut excéder le volume de la monnaie tout comme le font les ventes de biens. La même monnaie peut faire l’objet d’un prêt après avoir servi à un autre tout comme elle peut servir à un achat après avoir été utilisée à un autre. Elle peut même revenir à la même banque et être reprêtée. Tant que les prêts sont effectués à partir de monnaie « véritable » (real money) et non à partir de monnaie fabriquée (manufacturée!) par le prêteur lui-même et pour la circonstance, ils ne violeront pas les principes du système à 100 %. » Fisher, 1935, p. 79-80 ; trad. S. Diatkine.

« Donc, dans le système à 100 %, la fonction principale du département de crédit serait celle de courtier (broker) entre épargnants et entreprises emprunteuses d’épargne. Le taux d’intérêt refléterait l’offre et la demande de cette épargne. Ceci peut signifier à certaines périodes un accroissement plus lent ou plus rapide de la production et des entreprises productives que maintenant, mais l’accroissement net, sur le long terme, sera plus fort et plus stable, du fait qu’il ne sera pas interrompu par les booms et dépressions. » Fisher, 1935, p. 82 ; trad. S. Diatkine.

Les banques sont alors neutres et non distinguâmes des marchés ou des autres agents individuels opérant sur les marchés. De plus, étant plus liquides dans le cadre du projet de réforme, elles pourront améliorer la qualité de leurs prêts. Elles pourront détenir des actifs à plus long terme et en plus grande quantité, et des actifs plus rentables que ceux qu’elles étaient obligées de détenir avant par peur des runs car il s’agissait d’actifs à court terme (Fisher, 1935, p. 138).

Les prêts sont donc de la monnaie déjà existante épargnée et transférée d’un individu à un autre par l’intermédiaire de la banque. Il n’y a donc pas d’augmentation du volume total de la monnaie. Un individu en reçoit si un autre s’abstient de consommer. Ceci est opéré sur le marché des prêts et non celui de la monnaie (« le soi-disant marché de la monnaie », selon Fisher, 1935, p. 166). Sur ce marché des prêts se détermine le prix des prêts ou de l’épargne, le taux d’intérêt (qui est donc fondamentalement réel) et non le prix de la monnaie, qui est le niveau général des prix. On retrouve donc le « socle de la théorie » classique introduit au chapitre 1. La monnaie n’est que l’intermédiaire des échanges et le véhicule en lequel se font les prêts. Les banques n’ont pas alors un comportement différent d’un autre agent prêteur. La politique monétaire de régulation de la quantité de monnaie n’a pas à se préoccuper de l’activité des banques, mais de celle de la commission gouvernementale que veut créer Fisher.

On peut citer des prolongements contemporains des idées introduites par Fisher. On retrouve ainsi la même idée chez M. Allais ou chez M. Friedman qui proposent de séparer banques de dépôt qui effectueraient les paiements en monnaie de base et banques de prêts qui feraient des crédits à partir d’emprunts de même terme (des intermédiaires financiers) afin de mieux contrôler l’émission de monnaie bancaire et d’éviter l’instabilité bancaire. Plus récemment, des propositions tendant à réduire les banques à une activité « étroite » {narrow banking^) sont apparues. Il s’agit de remplacer les banques par des institutions financières de type « money market funds » ou fonds mutuels investis en titres du marché monétaire. Ceux-ci utilisent les fonds qu’ils collectent pour acheter des titres financiers sans risque. Ils peuvent fournir des services de paiement aux détenteurs de leurs parts émises dans le public c’est-à-dire faire des opérations analogues à celles effectuées sur des comptes de dépôts bancaires (virements, etc.).

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Sur le blog de Jorion, Sam , le 19 mai 2010 à 11:45 , fait un intéressant commentaire dont voici un extrait

Pour en revenir au point central et principal de mon message, le même raisonnement m’amène à constater qu’en fait, Paul Jorion semble prôner la même chose que tous ces « économistes [qui, d’après lui] se sont trompés » ! A savoir, précisément, l’établissement d’un régime monétaire et financier dans lequel il sera hors de question de traiter une reconnaissance de dette comme de la monnaie… Génial, Paul Jorion est lui aussi pour le « 100% money », pour la même raison qui le conduit à penser que les autres se trompent ! Très fort…

Ce passage lui vaut les foudres de Crapaud rouge …

Pourquoi n’avoir pas commencé par nous dire ce que ce « 100% monnaie » signifie pour vous au lieu de nous faire d’abord avaler vos trois siècles d’histoire monétaire pour en arriver à cette conclusion qui montre que vous n’avez rien compris ?

… et de Julien Alexandre (qui en profite pour faire un peu de publicité pour son Maître à penser)

A défaut de lire « L’argent, mode d’emploi », faites un tour sur les billets « monnaie » du blog et vous constaterez que le 100% money a été débattu et réfuté des dizaines de fois.

Sam rétorque

Ce ne sont pas des arguments. Expliquez-vous donc. Je n’ai rien contre les gens avares en parole pourvu qu’ils ne vous prennent pas de haut. Question d’égalité dans le temps passé à s’instruire. J’ai passé assez de dizaines d’heures à lire les pages « monnaie » de ce blog pour ne pas vous laisser le loisir de la flemme. Allez, réfutez, réfutez donc. Mais je crois que vous n’avez pas saisi le but premier de mon message, qui est de demander à M. Jorion ce qu’il veut, finalement, en matière de régime monétaire. C’est d’après ses propres explications que je conclus que la seule monnaie qu’il reconnait est celle dont la contrepartie est un engagement de l’État. Je dis : très bien, moi aussi. So what ?

Pour finir Julien Alexandre botte en touche, mais sa dernière phrase (ici en rouge) est caractéristique de sa totale incompréhension du 100% money et des propositions de Fisher.

Je n’ai malheureusement pas le loisir d’engager systématiquement un nouveau débat avec tout nouveau lecteur remettant le couvert sur la monnaie. Je le ferais volontiers toutefois si vous avanciez des arguments qui n’ont pas été longuement débattus sur ce blog. Ce n’est pas le cas, et c’est la raison pour laquelle pour ce qui concerne le 100% money, je vous renvoie aux billets et commentaires précédents sur la monnaie.
Je réponds néanmoins à votre question : ne pas assimiler les reconnaissances de dette à de la monnaie.


Ceci amène donc une question à 10 balles
à Jorion, Alexandre et consorts :

ET QUE PROPOSE DONC FISHER SI CE N’EST DE NE PAS ASSIMILER LES RECONNAISSANCES DE DETTE A DE LA MONNAIE, CECI 75 ANS AVANT JORION ???

Manifestement ils n’ont jamais lu Fisher, ou, s’ils l’ont lu, ils n’ont rien compris…

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2 commentaires pour 96 – Irving Fisher, Sam, Jorion, Alexandre et consorts

  1. postjorion dit :

    A lire de toute urgence : http://tinyurl.com/22pseq7
    C’est sur le site d’Etienne Chouard qui présente ainsi sa page

    Chers amis,

    Je viens de découvrir un texte important, enfin en français, dont une large diffusion devrait faciliter notre émancipation monétaire.

    Nous le devons à Nathanaël Faibis (revolution-monetaire.blogspot.com) qui a traduit entièrement le livre « 100% Money », d’Irving Fisher, en français.

    Je connais l’existence et l’importance fondamentale du livre « 100% money » depuis des années, mais il est rigoureusement introuvable en anglais (ou seulement à 600 €…) et il n’a même carrément jamais existé en français… Cette chape de plomb éditoriale est tout simplement extravagante — ou plutôt, révélatrice d’un risque majeur pour nos parasites bancaires.

    Il a donc fallu attendre Internet et le journalisme citoyen d’un Nathanaël Faibis pour publier enfin cette pensée lumineuse (vous allez voir comme c’est facile à lire, c’est une merveille).

    Bon, je laisse vite la place à une courte introduction de Nathanaël, puis à la parole originale de Fisher ; c’est le chapitre 1 qui est ici reproduit :

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  2. oppossùm dit :

    Puisque l’on reparle de Jorion anthropologue et clown à ses heures, j’y ai posté 3 fois ce petit passage en réaction à une de ces phrases :

     »
    @ Paul Jorion : « Si la banque « inventait » l’argent qu’elle vous prête, ce coût serait de zéro ; malheureusement pour les banques, ce n’est pas le cas). »

    => La partie des crédits accordés par …, pardon, des promesses de payer accordées par une banque , qui ne sort pas de la banque n’a , d’ évidence pas à être financée , donc pas à faire l’objet d’un prêt.

    Il y a donc bien une partie de ces sommes là , qui coûtent zéro.

    Par ailleurs, dans le cas où l’on considère que les dépôts à vue seraient re-prêté , et financeraient donc , à un moment donné , les promesses de payer, là aussi , le dépôt à vue coûte zéro.

    Dans tous les cas une partie de  » l’argent  » prêté coûte donc bien zéro.
    Bien à vous😉
     »

    J’ai du donc tomber sur un vigile modérateur très zélé : malgré le nombre de visites, la mafia Jorion se ratatine quand même sur elle-même !

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