94 – Zone Monétaire Optimale

Extraits/copie  de « wikipedia ».

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En économie, une zone monétaire optimale est une région géographique dans laquelle il serait bénéfique d’établir une monnaie unique. La théorie de la zone monétaire optimale a été développée dans les années 1960, principalement par Robert Mundell, ce qui lui valut le « prix Nobel » d’économie.

Une zone monétaire optimale peut regrouper plusieurs pays ; elle peut aussi ne concerner que quelques régions d’un grand pays. Par exemple, il pourrait être bénéfique de séparer les États-Unis en deux zones monétaires distinctes, la côte ouest et la côte est.

Le principal désavantage de lier deux ou plus monnaies irrévocablement à un taux de change fixe c’est de perdre la variable d’ajustement macroéconomique qu’est le taux de change. D’un autre côté, l’unité monétaire facilite les échanges entre pays, surtout par l’éviction du risque de change et la réduction du coût de transaction mais aussi en allégeant la gestion de trésorerie des grandes entreprises, plus grande transparence des prix, réduisant les primes de risques incorporé dans les taux d’intérêt des pays à monnaie faible, etc.

Critères à respecter

La littérature a développé 3 critères majeurs, dit traditionnels:

  • de Mundell (1961) : la mobilités des facteurs, notamment le travail.
  • de McKinnon (1963) : le degré d’ouverture économique, avec flexibilité des prix et des salaires
  • de Kenen (1969) : le degré de diversification du tissu productif. (Transferts fiscaux : une politique de stabilisation assure par des transferts de revenus la résorption des déséquilibres)

Des critères secondaires plus récents font ressortir une limite aux critères traditionnels : ces derniers peuvent en effet évoluer dans le temps (ils sont endogènes au fonctionnement d’une zone monétaire) ; l’importance c’est de les apprécier ex post. Des critères secondaires peuvent être définis comme :

  • l’homogénéité des préférences
  • la diversification des productions
  • le sentiment d’appartenance à un ensemble commun
  • la distance et la taille économique
  • une langue commune
  • etc.

La théorie

L’avantage de l’union monétaire serait une fonction croissante de l’intégration économique

La théorie de la zone monétaire optimale, développée par Robert Mundell dans les années 60, tente d’évaluer l’opportunité de l’union monétaire entre pays. Pour Robert Mundell, l’union monétaire a ses avantages et des désavantages. Les avantages sont ceux qui permettent un essor plus rapide du commerce au sein de la zone concernée, les désavantages sont liés à la perte de la possibilité d’une politique monétaire propre à chaque pays.

Pour Mundell, un groupe de pays a intérêt à participer à un système de change fixe si la mobilité des facteurs à l’intérieur de la zone qu’ils constituent est plus forte qu’à l’extérieur.

L’union monétaire entre deux pays peut alors se dérouler dans les cadres où:

  • le taux de change est fixe, les prix et salaires sont parfaitement flexible ;
  • le taux de change est flexible, les prix et salaires sont rigides ;
  • le taux de change est fixe, les prix et salaires sont rigides, mais le facteur travail est mobile.

McKinnon considère que plus les pays sont ouverts sur l’extérieur, moins ils ont à perdre à adopter un système de change fixe. Le degré d’ouverture d’une économie étant mesuré par la proportion des biens dits échangeables (biens exportés + biens importés) dans la production totale de cette économie.

Kennen (1969) propose un troisième critère et met l’accent sur le degré de diversification du tissu productif des pays qui envisagent de créer une zone de change fixe. Selon lui, des économies diversifiées peuvent se passer de l’instrument du taux de change et former une zone monétaire optimale. Plus le tissu est diversifié, moindre est le risque d’être affecté par un choc spécifique.

Dès lors, l’union monétaire conduit à une intégration économique des partenaires. On observera alors un recul du commerce inter-branche au profit du commerce intra-branche (échange de produits similaires appartenant à une même branche. Ex: Volvo contre BMW).

Cooper (1977) e Kindleberger (1986) ont développé le critère des préferences homogènes. Pour ces deux auteurs, une union monétaire est avant tout un bien collectif qui suppose pour fonctionner que les objectifs de politique économique des différents gouvernements convergent, notamment en matière d’inflation.

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2 commentaires pour 94 – Zone Monétaire Optimale

  1. A-J Holbecq dit :

    Jean-Jacques Rosa : pourquoi il faut revenir au franc !

    Quelle sortie de crise ? Après avoir envisagé la piste de l’inflation, nous donnons la parole à l’économiste Jean-Jacques Rosa, économiste libéral et professeur à l’institut d’études politiques de Paris. Un eurosceptique de la première heure, qui dans son livre paru en 1998, l’Erreur Européenne, dénonçait déjà la création de la monnaie unique comme la plus grave erreur de notre époque.

    Marianne : Depuis toujours, vous contestez légitimité de l’Euro. Pourquoi ?

    Jean- Jacques Rosa : Adopter une monnaie unique suppose que l’on fasse partie d’une zone monétaire optimale. C’est à dire qu’il y ait entre les pays de cette zone des échanges économiques intenses, des conjonctures et des taux d’inflation semblables, ainsi qu’une réelle mobilité géographique des travailleurs.

 La monnaie unique est contestable lorsque les états concernés ont des structures et des conjonctures dissemblables ou divergentes, comme en Europe.

    Une monnaie unique peut éventuellement être gérable, bien que peu indiquée, dans ce dernier cas, s’il existe aussi un mécanisme de redistribution prélevant des ressources dans les états en expansion pour venir aider, par des subventions, aux états en récession. C’est ce qui se passe aux Etats-Unis, par le jeu d’un important impôt fédéral.

    
Mais précisément l’Allemagne récuse ce principe, bien que son taux d’inflation, plus faible que celui des pays du sud, favorise ses exportations vers ces derniers et réduisent ses importations en provenance d’Espagne ou de Grèce. Comme la politique monétaire est la même pour tous, les « sudistes » ne peuvent pas rétablir leur compétitivité par des dévaluations. Ils n’ont plus d’autre façon de soutenir leur activité qui s’étiole qu’en accroissant la demande par des déficits publics.

    Selon vous, il faut donc en sortir?

    Cela me semble être la seule solution. Entre partenaires trop différents, comme la Grèce et l’Allemagne, le système ne peut pas fonctionner. L’Allemagne estime que le gouvernement grec a « triché ». Mais la Grèce est en un sens victime de la monnaie unique. L’Euro fort l’a pénalisé en réduisant sa compétitivité envers les pays tiers, et les différences d’inflation ont étouffé ses exportations vers les autres pays membres. Tout cela conduisait nécessairement aux déficits.

    Retourner aux monnaies nationales donc, mais comment ? Et à quel prix?

    Un retour à des monnaies nationales aurait un coût élevé dans la mesure où la dévaluation qui doit intervenir serait forte, majorant ainsi le montant de la dette extérieure nette. Mais une baisse substantielle de l’euro permettrait de réduire l’importance de la dévaluation nécessaire, et de plus, rester dans le système euro coûte cher aux pays les plus inflationnistes en continuant à pénaliser leur croissance. Entrer en déflation pour plusieurs années, pour renverser la tendance, conduit droit à la dépression. Ce n’est pas envisageable, et entre deux maux il faut choisir le moindre.
    La sortie de la monnaie unique est donc le moindre mal, car si l’on continue dans la voie actuelle le pire n’est pas derrière nous, mais bien à venir.

    On peut penser que ce sont la Grèce ou l’Espagne, dont les finances publiques sont les plus dégradées, qui décideront de sortir en premier. Mais cela pourrait aussi être l’Allemagne, qui refuse d’alourdir sa propre fiscalité pour subventionner une Grèce en situation de quasi faillite. Cela dépend de ses priorités politiques: continuer à bénéficier d’exportations faciles vers le sud de l’Europe, ou conserver une monnaie forte et dispenser les Allemands du fardeau d’impôts supplémentaires pour aider les Grecs, ou demain les Espagnols.

    C’est donc la fin de l’euro? Ou croyez-vous comme Christian Saint-Etienne en l’émergence de deux zones monétaires européennes ?

    L’hypothèse d’une zone monétaire «euro-franc » ou « euro-sud » n’a aucun sens. Elle néglige précisément les enseignements de la théorie comme ceux de l’expérience actuelle. Les caractéristiques économiques de la France, de l’Espagne, du Portugal, de la Grèce et de l’Italie sont assez différentes pour exclure l’adoption d’une monnaie unique entre ces pays. Ils se retrouveraient bientôt devant une crise de « l’euro-franc » ou de « l’euro-sud » répétant par l’absurde les difficultés actuelles.

    Une zone monétaire réunissant autour de l’Allemagne certains de ses voisins comme l’Autriche, le Danemark ou les Pays-Bas serait peut-être possible car leurs conjonctures ne sont pas trop différentes. Et avant l’euro, la notion de « zone mark de fait » existait déjà. Mais cela mérite un examen plus précis avant de recommencer les mêmes erreurs.

    Jeudi 20 Mai 2010
    Samantha Barreto

    Source :
    http://www.marianne2.fr

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