79 – Billet invité: A-J Holbecq « Sortir de la spirale de la dette »

Pour que l’argent nous serve au lieu de nous asservir

1 – Le constat

Par notre participation directe ou indirecte aux recettes de l’État, nous devons collectivement payer un intérêt à ceux qui ont la possibilité de prêter aux administrations publiques, lorsque celles ci ont des besoins de trésorerie (investissement ou fonctionnement) supérieurs à leurs recettes. Ces créanciers détiennent ainsi des « titres de dette », tels que Bons du Trésor (BTF ou BTAN) et les Obligations (OAT). Au fil des années, cet argent distribué aux plus riches s’accumule et les intérêts qu’il faut payer plombent les finances publiques. Qui plus est, leur montant est tel, qu’ils nécessitent l’émission permanente de nouveaux titres de dette souvent proches d’ailleurs montant des intérêts des emprunts antérieurs,  et impose de couvrir, par de nouveaux emprunts, le besoin de trésorerie des  administrations publiques.

Les intérêts payés entre 1980 et 2008 représentent 1306 milliards d’euros, et la dette brute sur la même période est passée de 239 à 1327 milliards d’euros, soit une multiplication par 5,5 (37 000 € par foyer fiscal). Elle atteint, en 2010 les 1500 milliards d’euros.

Si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer, si l’État avait pu émettre notre monnaie, ce qui lui est interdit depuis la réforme des statuts de la Banque de France de 1973 et l’inclusion de cette règle au niveau européen depuis le Traité de Maastricht,  la dette initiale de 239 milliards d’euros à fin 1979 aurait totalement disparu entre 2005 et 2007 (l’année 2008 correspondant à un endettement atypique comme l’est  également 2009,  et le seront 2010 et sans doute 2011). Tout au long de ces années, les soldes auraient été positifs pour un total de 217,8 milliards d’euros qui auraient pu être utilement utilisé pour le bien être collectif de la population ou le financement à long terme d’équipements « écologiques ».

(La justification de ces chiffres se trouve sur le document téléchargeable sur
http://monnaie.wikispaces.com/file/detail/dette-publique.pdf )

Voici d’ailleurs, sous forme graphique, cette évolution depuis fin 1979, l’accumulation de dette antérieure procédant d’ailleurs des mêmes causes.

(graphique de A-J Holbecq)

Nous payons chaque semaine 1 milliard d’euros d’intérêts, plus de 50  milliards d’euro par an, à des investisseurs privés, soit 2600 € par foyer fiscal imposable (sans pour autant parvenir à rembourser le moindre centime du capital  emprunté !). C’est maintenant plus que  l’impôt sur le revenu perçu en France et c’est autant de financement qui disparaît des capacités d’action de l’État et des autres administrations publiques.

2 – Comment se sortir de la spirale de la dette

Augmentation continue de la dette, inflation, politique budgétaire restrictive et défaut de paiement aux créanciers, sont les quatre « remèdes » généralement évoqués par les économistes.

(ie : document Natixis N° 24 du 25 janvier 2010 signé Patrick Artus, http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51403)

Nous estimons qu’il existe deux voies supplémentaires :

1.2 – Les financements à long terme nécessaires au développement durable et écologique (croissance verte), sans augmentation des intérêts sur la dette publique, pourraient l’être par la simple adjonction d’un 3 ième paragraphe à l’article 123 du Traité de Lisbonne et une très légère modification des Statuts de la BCE.

Cette voie ne peut résulter que d’une négociation au sein de l’Eurozone

En effet : c’est actuellement l’article 123 du Traité de Lisbonne (TFU) qui nous gouverne (ancien article 104 du traité de Maastricht):

1. Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées « banques centrales nationales », d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.

2. Le paragraphe 1 ne s’applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la Banque centrale européenne, du même traitement que les établissements privés de crédit.

La proposition d’adjonction pourrait être sensiblement celle ci :

123/3 – Dans le but de soutenir l’économie des pays membres, et par exception au paragraphe 1, soit le Trésor Public, soit un établissement de crédit nommément désigné pour chaque État, peut obtenir de la part de la Banque Centrale Européenne les fonds correspondants aux obligations d’État déposées en contrepartie, pour une utilisation exclusive d’investissements reconnus d’utilité publique, collective ou écologique, dans des domaines d’application dont la liste aura été préalablement définie et votée par le Parlement de chaque État. Le taux d’intérêt appliqué à cette émission monétaire sera celui dit « de refinancement » appliqué aux établissements de crédit privés.


Évidemment, ce faible intérêt payé par un pays (actuellement le taux de refinancement est de 1% annuel) reviendrait dans un « pot commun » dans les comptes de la BCE (zone euro) et serait donc repartagé au prorata des parts de chaque État de la zone euro. Un État qui emprunterait proportionnellement plus que les autres en rapport de sa participation dans la BCE serait donc redevable d’une partie des intérêts qu’il ne récupérerait pas mais qui deviendrait donc une recette supplémentaire pour les autres pays.

Mais il s’agit bien d’une proposition : certains pourrons suggérer qu’il n’y ait aucun intérêt à payer, d’autres que les montants soient décidés régionalement, d’autres encore qu’il n’existe pas formellement la limitation « investissements », etc.

Néanmoins, comme l’écrit Jacques Sapir : « pourquoi la Banque Centrale Européenne prête-t-elle à 1% aux banques alors que le gouvernement doit emprunter à 3,50% ? »

2.2 – Retrouver une marge d’investissement de 50 milliards d’euros par an,  par le remplacement pur et simple des titres de dette arrivant à échéance. La Banque de France monétiserait simplement de nouveaux titres qu’elle garderait en actifs et créditerait le Trésor Public qui y détient son compte. Progressivement – sur une période de l’ordre de 7 ans correspondant à la maturité moyenne – une grande partie de la dette ancienne serait ainsi transférée sur la Banque de France et nous n’aurions plus d’intérêts à payer.

Il s’agit d’un acte de « désobéissance européenne » qui ne peut être qu’un choix politique.

En effet, de la même manière que les banques commerciales créent la monnaie secondaire (monnaie dette scripturale, c’est-à-dire TOUTE la monnaie scripturale en circulation dont nous nous servons pour la plus grande majorité des échanges commerciaux ou financiers) par simple inscription d’une créance à leur actif correspondant à un crédit du compte de l’emprunteur à leur passif, la banque Centrale peut très bien créditer le Trésor Public en contrepartie de dépôts de titres de dette souverains (obligations à très long terme) qu’elle porterait à son actif.

Ceci veut dire notamment que, par son Institut d’Émission (à l’heure actuelle la Banque de France), la société émet de la monnaie pour payer tous ceux qui assurent des prestations utiles à l’ensemble de cette société. Cette monnaie est la reconnaissance d’une dette sociale vis à vis du prestataire du service ou du bien livré. Cette reconnaissance de dette est au porteur, c’est à dire qu’elle est transmissible au sein de la société. Voilà la nature exacte de la monnaie : une reconnaissance de dette de l’émetteur vis à vis du receveur, reconnaissance indéfiniment transmissible à tout autre porteur reconnu par l’émetteur. C’est la diffusion de cette monnaie dans la société qui en irriguera l’économie.

3 – Comme nous l’avons écrit par ailleurs, si une collectivité a:
1 – un besoin (collectivement souhaitable),
2 – la volonté de le satisfaire,
3 – les moyens techniques et énergétiques,
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
… l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser. Il faut évidemment par la suite « détruire » cette monnaie;  l’impôt y pourvoira par remboursement de la dette (et donc la destruction des obligations correspondantes) au fur et à mesure de l’usure des richesses dont la production aura été permise par l’émission monétaire, ce qui, évidemment, n’empêche pas l’émission de nouvelle monnaie pour de nouveaux projets.

A-J Holbecq et le Cercle des Économistes Citoyens  – Mars 2010

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Le blog d'André-Jacques Holbecq
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23 commentaires pour 79 – Billet invité: A-J Holbecq « Sortir de la spirale de la dette »

  1. Oppossùm dit :

    C’est d’une clarté tellement limpide – à priori- que je serais curieux de savoir comment on peut ne pas être d’accord et quels arguments sont alors utilisés.

    Et serait-ce une acrobatie intellectuelle que d’être d’accord avec ce point de vue et d’en conclure qu’il serait bien plus sain et simple que l’Etat n’emprunte pas ou bien que l’emprunt soit strictement cantonné ?

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    • A-J Holbecq dit :

      Puisque toute la monnaie est une création privée, si l’Etat ne s’endette pas, c’est le privé qui doit le faire ..
      Lire johnmaynard.free.fr/deficit.doc ( POURQUOI LES ETATS ET LES ENTREPRISES ONT NORMALEMENT UNE TRESORERIE NETTE NEGATIVE
      OU POURQUOI LES ETATS SONT NORMALEMENT EN « DEFICIT »)

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    • Oppossum dit :

      Oui, j’ai lu, bon, il est possible que techniquement, l’Etat doive être en situation de déficit. Mais enfin c’est toujours ‘agaçant’ ces justifications , parce qu’elles sont la porte ouverte à des dérives .
      Si vous voulez , on n’en retient au final que conclusion : et d’inévitable pour des raisons technique le déficit budgétaire devient une situation normale, voire souhaitable, démagogie et facilité enfonçant année après année un coin dans le principe oublié.

      Admettons le principe de l’endettement pour des dépenses imprévues (?) ou d’investissement exceptionnel sur le long terme, mais comme vous l’aurez noté , la mode étant au ‘tout est investissement pour l’avenir’, on finance du fonctionnement avec du déficit en mettant plein de paillettes autour.

      Pour revenir à votre démonstration , bien qu’elle soit bricolé pour obtenir des chiffres qui frappent bien , il me semble qu’elle se résume au fait , qu’effectivement, emprunter sans intérêt coûte bie moins cher , surtout sir l’endettement dure .

      Mais enfin, sans s’embirlificoter , il me semble normal que l’Etat n’ait pas à instaurer un système d’impôt à l’envers pour ceux qui peuvent prêter, même si globalement nous nous prêtons à nous même.

      Il faut donc évidemment une Banque centrale centrale centrale qui avance à l’Etat, et sans intérêt puisque cette banque n’a pas à faire de bénéfice.
      Et il la faut indépendante pour prévenir les pressions démagogiques, corporatistes idéalistes ou irresponsables qui sont tout de même les points faibles de nos régimes.
      Mais si l’Etat doit être bordé , il ne soit pas être désarmé pour autant et doit avoir bien évidemment les moyens vigoureux de remplir les missions qu’on a choisi de lui confier (qui n’est pas celle de se substituer) , mais enfin c’est un autre débat.

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    • A-J Holbecq dit :

      @Oppossum

      Je suis globalement d’accord avec vous … mais:

      – « on finance du fonctionnement avec du déficit en mettant plein de paillettes autour.  » : Les emprunts n’étant pas « affectés » il est très difficile de savoir à quoi ils servent. Néanmoins les montants de « Formation Brute de Capital Fixe » (qu’on trouve sur l’INSEE) au fil des années sont souvent assez proches du montant du delta annuel de l’emprunt final (augmentation de la dette).

      – la distribution « de fonctionnement » n’est pas systématiquement néfaste, si ce ne sont pas les plus riches qui en bénéficient: elle permet aux plus défavorisés d’éviter pour autant le recours à l’emprunt à des taux qui font peur (20% ou plus parfois) en bénéficiant d’un emprunt collectif à 3,5%

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  2. Joe dit :

    Vous omettez plusieurs points importants dans votre raisonnement :
    – l’émission de 1 500 Md€ de monnaie créé une inflation insoutenable, c’est à dire la ruine des épargnants (bien souvent des petits épargnants, ceux qui ne sont pas couverts contre ce risque). Au final, cela revient à faire rembourser la dette publique par les français de la classe moyenne
    – Vous ne vous interrogez pas assez sur les raisons de la croissance de la dette, prenant cela comme une évidence que l’Etat dépense plus que ses recettes.

    De ce fait, votre raisonnement est totalement biaisé alors que les solutions sont pourtant simples mais politiquement délicates :
    – Redéfinir un pacte social adapté à une population qui n’a rien à voir avec la population de la sortie de guerre.
    – Fortement diminuer la sphère d’intervention de l’Etat
    – Augmenter fortement la présence de l’Etat dans les fonctions critiques (notamment la justice, actuellement sous-dotée)
    – Refondre les législations en vigueur pour définir une législation simple, attachée à l’esprit des lois plus qu’aux détails techniques et faire appliquer fermement cette législation.

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    • A-J Holbecq dit :

      Il n’y a aucune émission de monnaie supplémentaire si la banque de France (par le biais du trésor Public) émets la monnaie correspondante aux obligations arrivant à échéance.
      Puisque la maturité moyenne de la dette est de 7 ans, nonobstant la monétisation des intérêts qui de toute façon aurait lieu, en #7 ans une grande partie de la dette serait simplement détenue par la banque de France en lieu et place du privé.
      Personne ne serait ruiné et les petits épargnants pourraient aller placer leurs économies dans des obligations d’entreprises commerciales ou industrielles

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  3. Joe dit :

    J’aimerais bien comprendre… Admettons qu’une obligation arrive à échéance (valeur 100). Elle est détenue par une seule personne (pour simplifier). L’état doit donc rembourser 100 à cette personne (plus des intérêts). Ce que vous proposez c’est que l’Etat émette une nouvelle obligation au profit de la Banque de France, la banque de France créant donc 100. Ce faisant, vous affirmez qu’aucune monnaie n’a été créé.

    En réalité, la personne ayant prêté 100, retrouve ses 100 et l’Etat a de nouveau emprunté 100 pour la rembourser. Que l’argent vienne de la banque de France par création de monnaie ou d’une autre personne change tout. Dans un cas, les 100 prêtés par la personne privée ne sont plus en circulation, dans l’autre, vous avez bien une masse monétaire gonflée de 100 et de ce fait de l’inflation.

    Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme. Soit vous transformez de la dette privée en dette privée, soit vous transformez de la création de monnaie en inflation. Dans tous les cas, la valeur de votre masse monétaire restera identique sans création de valeur sous-jacente.

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  4. A-J Holbecq dit :

    @Joe

    Vous inversez le problème en oubliant que ces 100 « privés » sont justement émis parce qu’il y a demande de 100 de l’Etat.

    Si la Banque Centrale émets 100 pour monétiser des obligations, c’est 100 de moins que les banques commerciales devront émettre, car n’ayant pas la demande correspondante à la demande de l’État qui se tourne vers les bénéficiaires de monnaie de crédit des banques commerciales parce qu’il y est obligé.

    Ceci dit, s’il vous reste des doutes, la Banque Centrale peut, simultanément à l’émission des 100, durcir les règles de crédit de telle manière à ce que la demande globale diminue d’autant (je suppose que vous êtes d’accord que la Banque Centrale a tous les atouts en main pour réguler M3).

    Mais au delà de cela:

    1 – l’État créé aussi de la valeur sous jacente: cette création de valeur (de richesse) n’est pas réservée aux entreprises privées.

    2 – la monétisation de la dette publique par la Banque Centrale évitera de toute façon à long terme la création de monnaie nécessaire pour payer les intérêts: les vrais monétaristes devraient être contents… le seul problème est que beaucoup qui se disent monétaristes sont en fait des « ultra libéraux » ou au minimum des ordo libéraux: l’Etat ne fait pas bien, il faut le supprimer!

    3 – Pensez-vous que d’avoir fait payer à l’Etat plus de 1300 milliards d’intérêts en 30 ans ait sérieusement limité la demande d’intervention de l’État ?
    Non, le seul effet a été de transférer ces intérêts, de la collectivité vers les plus riches.

    4 – Souvenez vous de ce qu’écrit Lordon

    «Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’État – dont on rappellera au passage qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations.»

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    • Christophe dit :

      AJH
      Je m’interroge comme Joe sur votre raisonnement.
      Quand les banques privées prêtent aux États c’est uniquement de la monnaie centrale qu’elles ne peuvent pas créer comme vous le savez.
      Donc si l’Etat ne récupère pas cette monnaie centrale quelque part pour la rendre aux créanciers mais passe par la banque centrale qui se contente de la créer ex nihilo, il y aura augmentation de la quantité de monnaie centrale et cela entraînera sur le marché des changes une baisse de la valeur de cette monnaie qui se traduira par une inflation.

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  5. A-J Holbecq dit :

    @ Christophe

    Les Banques Centrales mettent disons 100 à disposition des banques commerciales à 1%. Celles ci (dans le cas qui nous intéresse), achètent de la dette pour 100 à X% et cette monnaie centrale abouti dans le compte du Trésor Public qui la transforme donc en monnaie secondaire en payant les différentes factures émises par les clients des banques secondaires à l’État, ainsi que les salaires des fonctionnaires (l’ensemble est en compensation en monnaie centrale).

    Dans l’autre sens l’Etat reçoit des recettes (taxes et impôts que les contribuables payent en monnaie secondaire depuis des banques secondaires) qui vont être transformés de monnaie secondaire en monnaie centrale par le biais des compensations. Il pourra ainsi, si tout se passe bien, rembourser les banques prêteuses… mais avec les intérêts.
    Il ne faut pas oublier que le Trésor Public est non seulement la banque de l’État mais aussi une banque secondaire .

    Ceci dit je comprends bien les objections d’une part de la quantité de monnaie et donc du risque d’inflation (j’ai répondu partiellement sur ce point mais voir un complément en fin de message *) et d’autre part de l’utilisation des fonds. Il est regrettable qu’à ce jour les emprunts soient « dilués » dans le budget général, si bien qu’on peut toujours dire qu’ils servent au fonctionnement (au bon vouloir des politiques qui vont, les salauds, en profiter pour augmenter les fonctionnaires afin d’être réélus, au lieu d’en faire profiter toute la population par « ruissellement » lorsque de production pérennes.

    Je préfèrerais une systématisation du modèle « grand emprunt » où les sommes empruntés sont bien affectées à la création de richesses (investissements) et en allant un peu plus loin, où les recettes fiscales ne servent qu’à financer ce qu’on appelle « le fonctionnement ». Une partie de ces recettes fiscales étant « détruites » simultanément aux titres de dettes correspondant en banques centrale, chaque année, en correspondant à « l’usure » (l’amortissement) des investissements créés les années antérieurs.
    Reste à décider si l’éducation et la recherche sont des investissement ou du fonctionnement

    J’ai montré comment (sous certaines conditions drastiques, évidemment), un investissement ne coûtait rien à l’Etat … voir http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Investissement+Public

    Pour l’inflation: entre 2002 et 2008, la banque centrale a laissé faire la création monétaire sur une pente à 10% par an: est ce une bonne gestion monétariste? Avons nous vu apparaitre une inflation zimbabwéenne ?
    Non, simplement parce que la quantité de monnaie n’est pas, et de loin, la seule cause de l’inflation ( lire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Inflation dont j’extraie)

    Causes économiques de l’inflation

    L’inflation est un phénomène sensible dans tous les sens du terme. En effet, chacun d’entre nous se rend compte que les prix ont une tendance naturelle à augmenter (pensez au prix de la baguette ou du ticket de métro). Mais c’est un phénomène sensible pour les politiques puisque l’inflation est un signe de bon ou mauvais fonctionnement économique, avec toutes les conséquences électorales.

    Et pourtant, malgré son importance, les causes de l’inflation sont encore le sujet de nombreuses controverses. En effet, la même conséquence peut résulter de fonctionnements économiques radicalement opposés. Ainsi :

    * la croissance économique peut provoquer une pénurie de capacité productive par rapport à la demande, qui stimulera l’inflation, tandis que la récession aura l’effet inverse. Ainsi, l’inflation peut être un signe de bonne santé économique et la déflation un signe de crise.
    * la récession peut réduire les besoins d’échanges monétaires (au profit du troc, par exemple), ou provoquer une défiance envers la monnaie qui symbolise l’économie touchée, les deux phénomènes stimulant aussi l’inflation[réf. nécessaire] ; tandis que le retour de la confiance se traduira par une désinflation voire déflation associée à la reprise des investissements et dépenses. Ainsi, l’inflation peut-être un signe de mauvaise santé économique et la désinflation le signe de la reprise.

    De sorte que même s’il y a accord théorique sur le fait que telle situation économique engendre telle évolution de l’inflation, il y a toujours plusieurs interprétations possibles à l’inflation mesurée, conduisant à des mesures radicalement opposées.

    Voici les causes les plus souvent admises :

    * inflation monétaire : une trop grande quantité de monnaie est émise par l’État (par exemple, le mark de la République de Weimar en 1923, cas typique d’hyper-inflation) ou par les banques (phase de boom économique, par exemple les États-Unis fin des années 1990), ou à l’inverse une trop faible demande de monnaie survient (exemple de l’Europe pendant les épidémies de peste au Moyen Âge)
    * inflation par la demande : la demande d’un produit ou d’un service essentiel excède l’offre, et les producteurs augmentent leur prix car ils ne peuvent ou ne veulent augmenter la production.
    * inflation par les coûts : L’inflation par les coûts est le plus souvent déclenchée par le fait que les salaires augmentent plus vite que la productivité (l’augmentation des coûts due à la hausse des salaires est plus forte que la diminution des coûts provenant de l’augmentation de la productivité).
    * l’indexation : des accords ou des règles de toutes sortes lient les prix de différents biens et services, avec délais (le temps de publier l’indice correspondant, par exemple). Si le prix d’un élément essentiel augmente, tous les autres suivent mécaniquement, et les effets retard mettent en place une boucle de rétro-action, un cercle vicieux, chaque effort pour combler la différence créée n’ayant comme seul effet que de mettre en place la prochaine hausse (comme un animal qui courrait après sa queue).
    * panique monétaire : la monnaie utilisée est aujourd’hui essentiellement du papier ou du métal sans autre usage, et donc sans autre valeur que celle attachée à la confiance des utilisateurs. Si, pour une raison quelconque, ils se persuadent que la monnaie va perdre de sa valeur, on assistera parallèlement à une chute sur le marché des changes et à une forte inflation, qui validera l’anticipation inflationniste et la renforcera.
    * le principe de la spirale inflationniste (inflation liée a une hausse des salaires)

    Voici une autre cause admise par un petit nombres d’économistes et le Club de Rome :

    * L’inflation est la conséquence directe (ce qui n’exclut pas les autres causes citées plus haut) de l’intérêt composé sur les crédits : voici un extrait d’une conférence de Margrit Kennedy « Une des conséquences de ce défaut (l’intérêt composé) dans notre système monétaire entre 1950 et 2001 est la perte de 80% de sa valeur par le Deutschmark. C’est-à-dire, qu’il est passé de la valeur 100 à 20 Pfennig en 50 ans, et c’était la monnaie la plus stable au monde. Pour la plupart des personnes, l’inflation semble faire partie intégrante de tout système monétaire, d’une façon presque ‘naturelle’ puisqu’il n’y a aucun pays dans le monde sans inflation. Puisque l’inflation est perçue en tant que inhérente au système, les économistes et la plupart des personnes croient que l’intérêt est nécessaire pour contrecarrer l’inflation, or l’intérêt en est la cause principale de l’inflation. Environ deux ans après chaque réévaluation du taux d’intérêt, nous pouvons constater une augmentation de l’inflation. Par conséquent, si nous pouvions supprimer l’intérêt, nous pourrions également supprimer l’inflation… »

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  6. Christophe dit :

    Bonjour AJH
    Vous écrivez: « Les Banques Centrales mettent disons 100 à disposition des banques commerciales à 1%. Celles ci (dans le cas qui nous intéresse), achètent de la dette pour 100 à X% et cette monnaie centrale abouti dans le compte du Trésor Public qui la transforme »

    C’est là que mon analyse diverge de la votre.
    Je ne crois pas que cela fonctionne comme cela sinon il y a belle lurette que l’euro ne vaudrait plus rien.
    Les banques doivent utiliser en priorité l’Euros déjà existant sur les marchés, c’est la raison pour laquelle elles s’adressent aux marchés monétaires.
    Dans l’hypothèse où une banque ne peut trouver à se financer sur ces marchés alors en dernier recours elle s’adressera à la BCE qui lui prêtera la somme mais que pour quelques jours, le temps pour la banque de se retourner.
    Vous imaginez bien qu’une banque ne va pas prêter de l’argent sur 7 ans à l’Etat et tous les jours emprunter et rembourser cette somme à la BCE, je rajoute que de plus la BCE ne l‘accepterait pas car son rôle premier est de maintenir la valeur de l‘Euro car comme vous le savez si les banques procédaient ainsi depuis que l’Etat emprunte de l’argent, l’augmentation de la quantité de monnaie centrale serait telle que sur le marché des changes l’euro ne vaudrait plus rien du tout.

    CHR

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    • A-J Holbecq dit :

      Christophe

      Les banques ne s’adressent pas au marché monétaire pour acheter des titres de dette.

      Trois « références »

      1 – http://ecosocietal.wordpress.com/2010/04/09/la-grece-est-partout-michael-r-kratke/

      2 – Patrick Artus dans le « flash » de Natixis, du 27 janvier 2010 N° 31
      http://cib.natixis.com/flushdoc.aspx?id=51467

      « Globalement, pour l’ensemble de la Zone euro, les achats nets d’obligations par les banques financent en 2009 les déficits publics […]. Quand on regarde la situation pays par pays, on voit que les achats de titres publics par les banques correspondent à peu près au déficit public en 2009, ou même le dépassent en Allemagne, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Belgique, en Finlande […] on voit que dans la très grande majorité des pays de la Zone euro, les déficits publics sont financés par les banques. … »

      3 – Jacques Sapir : http://ecosocietal.wordpress.com/2009/10/04/benoit-hamon-est-il-idiot-jacques-sapir/

      Ceci étant, la dette publique pose bien le problème de son remboursement. Certes, pas dans les termes catastrophistes que l’on nous présente, de Benoît Hamon à quelques autres. Mais, il est clair que cette dette pose le problème du risque d’une déflation, et donc d’une inscription dans une dépression de longue durée.

      Il faut ici poser une question, autrement plus importante que celles qui sont posées par le porte-parole du PS : pourquoi la Banque Centrale Européenne prête-t-elle à 1% aux banques alors que le gouvernement doit emprunter à 3,51% ?

      Il y a là un scandale qui est autrement plus grave que celui du Budget prévu pour 2010.

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  7. Christophe dit :

    AJH
    « Les banques ne s’adressent pas au marché monétaire pour acheter des titres de dette. »

    Je n’ai jamais écrit cela, j’ai écrit que les banques s’adressent au marché monétaire pour trouver l’argent qui leur permettra d’acheter des titres de dette ce qui est complètement différent.

    Comment pouvez vous croire que la BCE accepterait ce système que vous décrivez sans ruiner la valeur de l’Euro?

    Je confirme que dans l’hypothèse où une banque ne peut trouver à se financer sur les marchés alors en dernier recours elle s’adressera à la BCE qui lui prêtera la somme mais que pour quelques jours, le temps pour la banque de se retourner à moins que vous puissiez démontrer le contraire sans perte de valeur de l‘Euro sur le marché des changes;-)

    CHR

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    • A-J Holbecq dit :

      Christophe
      Je précise donc: les banques NE S’ADRESSENT PAS au marché monétaire pour trouver l’argent qui leur permettra d’acheter des titres de dette ..
      (ma précédente formulation était évidemment un raccourcis en réponse à votre affirmation)

      Comme vous seriez tout à fait incapable de « démontrer » que les banques s’adressent au marché monétaire pour financer les titres de dettes, je n’ai pas les éléments pour démontrer moi même l’inverse: les références que je vous ai données ne vous suffisent-elles pas ?

      Mais évidemment si vous êtes comme Voyer (sur le blog de Jorion) et que vous estimez que les 3 économistes cités font partie de ceux qui disent ce qu’ils disent parce qu’ils « vont à la soupe », Voyer qui estime que

      J’ai une explication simple pourquoi les économistes soutiennent presque tous avec un bel ensemble que les banques commerciales créent de l’argent : parce qu’ils vont à la soupe (Galbraith : « L’économie, discipline complaisante »). S’ils ont le prix de la Banque du Suède, c’est qu’ils sont plus allés à la soupe que les autres. C’est pourquoi les remarques de F. Grua sont si rafraîchissantes : Grua n’était pas un économiste mais un juriste. Donc il n’allait pas à la soupe. Je tiens ces économistes pour des menteurs innocents (Galbraith. Un menteur innocent est un menteur qui croit à ses mensonges), mais aussi pour des nuisibles. Et même pour certains (Hayek, Friedman) pour des criminels. Le fait d’appeler dépôt ce qui n’est pas un dépôt ne relève pas de la science mais du sens commun. Le moindre plombier, fût-il polonais, remarquerait qu’un dépôt implique un objet déposé et que s’il n’y a pas d’objet déposé, il n’y a pas de dépôt. Un économiste, non. Ce n’est même pas du culot, c’est de l’imbécillité

      … dans ce cas, restons en là 😦

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  8. Christophe dit :

    AJH
    Vous écrivez:« Je précise donc: les banques NE S’ADRESSENT PAS au marché monétaire pour trouver l’argent qui leur permettra d’acheter des titres de dette .. »

    Ce que vous écrivez est absurde et vous reconnaissez qu’en plus vous ne pouvez pas le prouver c’est donc irresponsable que de l’affirmer.
    Réfléchissez simplement au conséquence d’une telle affirmation.
    La BCE n’intervient qu’en dernier recours car sa fonction est de garantir une valeur acceptable de l‘Euro.
    ——————————-
    Je vous le redis, si les banques procèdent comme vous l’affirmez c’est la valeur de l’Euro qui s’écroule puisque vous ne réutilisez pas les euros centraux qui existent déjà sur les marchés (qui veut de mes Euros.. qui veut de mes Euros..ah mince! personne..car ils l‘empruntent directement à la BCE, bon allez je brade… qui veut de mes Euros bradés..) et oui avec votre raisonnement à chaque émission de titres de dette vous créez sans cesse de nouveaux Euros plutot que d’utiliser les anciens et c’est l’écroulement garantie de la valeur de cette monnaie.

    —————————–
    Vous écrivez:« les références que je vous ai données ne vous suffisent-elles pas ? » 

    Ce ne sont pas des références (arguments d’autorité) que je veux, c’est une démonstration logique comme je le fais avec vous, de plus ces références ne démontrent rien si ce n’est que les banques financent une grande part des déficits mais cela ne signifie pas qu’elles n’utilisent pas le marché monétaire pour le faire.

    CHR

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    • A-J Holbecq dit :

      Merci pour votre démonstration limpide qui m’explique bien comment les banques utilisent le marché monétaire pour financer les obligations souveraines.

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    • Christophe dit :

      De rien 😉
      J’espere que vous vous êtes rendu compte que votre solution ruinerait les gens de ce pays par perte de la valeur de l’Euro!

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    • Christophe dit :

      Je rajoute que la seule solution raisonnable c’est que l’Etat ne dépense que ce qu’il récolte sous forme d’impôts et de taxes ce qui nécessite une gestion rigoureuse du budget de l’Etat en faisant payer surtout les plus riches ce qui n’est pas le cas à aujourd‘hui.
      Voilà une proposition sérieuse!

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  9. A-J Holbecq dit :

    http://www.chomage-et-monnaie.org/2009/04/la-monetisation-des-creances/

    B) Une banque achète un titre d’emprunt :

    Nous avons vu dans la Fiche N°2 que la banque a le pouvoir de monétiser des actifs. Lorsqu’elle acquiert un titre d’emprunt, soit directement auprès de l’emprunteur, soit auprès d’un acquéreur antérieur, elle crédite le compte de cet acquéreur et inscrit le titre de créance à son actif. Comme précédemment, si le vendeur est une entreprise, elle crédite le compte directement s’il est chez elle, sinon elle lui fait un virement ou un chèque de banque et elle inscrit une dette envers la banque du vendeur. C’est alors celle-ci qui va créditer le compte du vendeur.

    Si le vendeur est l’Etat, comme précédemment, il vaut mieux attendre que l’Etat dépense cet argent et constater qu’ici aussi un compte d’agent non financier est finalement crédité.

    Cette monnaie a été créée par la banque ex-nihilo. C’est de la monnaie scripturale ordinaire, celle qui circule de compte bancaire en compte bancaire.

    Par contre il n’y a pas création de monnaie centrale car la Banque Centrale n’est pas partie prenante. Simplement de la monnaie centrale a circulé de compte en compte en fonction des dettes et créances entre banques et entre banques et Trésor Public.

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  10. Christophe dit :

    AJH
    Rien sur les bilans de la banque centrale qui justifieraient que les banques empruntent depuis x années à la BC ces centaines de milliards qu’elles prêtent aux Etats plutot que de le faire sur les marchés monetaires.

    j’ai envoyé un mail à la banque de France pour avoir une réponse précise car je crois que la question est très importante pour la comprhension de l’ensemble du système.
    Réponse peut être dans 15 jours.

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  11. Renaud dit :

    Bonjour,

    Comme toujours, il se passe sur les échanges des « achoppements » sur le – comment -, sur le fonctionnement monétaire et financier actuel (même s’il est erratique) et il est difficile d’accorder ses violons sauf à éplucher toutes les documentations qui ne sont, bien sûrs, pas vraiment référencées selon la spécificité de nos questions…
    Mais que AJH soit cité à l’honneur car, dans le présent contexte, comment faire autrement? Que de chercher les données indispensables à ce que l’on propose?

    Ceci étant bien compris je crois, dans ton exposé AJH, tu dis ceci:

    — 3 – Comme nous l’avons écrit par ailleurs, si une collectivité a:
    1 un besoin (collectivement souhaitable)
    2 la volonté de la satisfaire
    3 les moyens techniques et énergétiques
    4 un excès de main d’œuvre et le savoir faire
    … L’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser.Il faut évidemment par la suite « détruire » cette monnaie; l’impôt y pourvoira par remboursement de la dette (et non la destruction des obligations correspondantes) au fur et à mesure de l’usure des richesses dont la production aura été permise par l’émission monétaire, ce qui évidemment, n’empêche pas l’émission de nouvelle monnaie pour de nouveaux projets. —

    Je crois que dans les projets de réforme monétaire que nous « couvons », il faut considérer l’État comme un énorme consommateur « particulier » (dans le sens d’un particuliers parmis les autres), celui-ci a une taille hors série, il consomme à la puissance X. Ainsi, puisque la monnaie doit être émise selon les capacités de production d’un espace économique donné, ce sont de toutes façon ces capacités-là, capacités de production, qui d’une manière ou d’une autre sont à l’origine – incontournable – de toutes les possibilités d’obtenir quelque chose, chose monétisée ou non, à ce stade.
    Puisque la consommation (bonne ou mauvaise, c’est une toute autre question) de l’État s’ajoute à toutes les autres consommations des particuliers, + des entreprises qui produisent, donc: consommation des particuliers + consommation des entreprises elles consomment pour produire, tout cet ensemble use et détériore des biens personnels, use des biens d’entreprises, use biens collectifs, use des machines, des équipements, etc, qu’il faut régénérer et remplacer, tout ceci devant être couvert par une monnaie émise se détruisant aux transactions faites par ces 3 catégories générales: État, particuliers et entreprises etc, le « turn over » financier du fisc en général devrait, dans ces conditions « épurées » s’amenuiser, voire disparaître assez rapidement. C’est à dire l’émission monétaire servant (entre autres) directement à l’État pour sa consommation, les mouvements de monnaie n’ayant pour frais que de comptabilité, sans intérêts, ici tout comme les particuliers pae ex. faisant construire une maison et ne payant plus d’intérêts bancaires sauf la simple prestation d’une entreprise comptable qui s’appelle banque leur ayant avancé la monnaie. Puisque l’État, pour énorme qu’il soit, tient un rang de (gigantesque) particulier « parmis les autres, comptablement ».

    Par ailleurs, par raport à Lordon (ton message du 9 avril 2010 à 18h33). Lordon (en résumé):
    « Ce n’est pas l’État, mais le système banque-actionnaires qui, lui, conserve unilatéralement le produit de sa captation »
    C’est bien vrai.
    Mais mais l’on peut parier, car c’est sûr, que le « rendement » de l’État est l’un des plus mauvais qui soit. Certes, à travers lui, nous réobtenons de lui un quelque chose de nos paiements d’impôts, à 53% de prélèvements totaux, c’est le strict du strict minimum qu’on pourrait en espérer. Mais il est grand temps qu’on s’aperçoive que, spécialement en France dont c’est l’une des caractéristiques principales, le fonctionement économique français est basé sur les rapports intimes de l’État avec un certain nombre de gros groupes industriels et financiers (avec ou sans présence de l’État parmis les actionnaires de ces groupes d’ailleurs) : GDF-Suez, Dassault, EADS, Thomson, Véolia, Total(comprenant Elf), Rodia, Carrefour, Lvmh, et j’en oublie d’autres, etc. Au final, c’est ce tandem: Banques-État qui nous écrase. Si l’on ne fait pas partie d’une de ces deux « meules coaxiales contrarotatives », donc solidarisées, l’on est réduit à rien du tout, si ce n’est payer sans fin pour ce système étatique-actionnaires privés, tout deux très unis… un système non dit mais très réel qui vous méprise au plus haut point. J’en témoigne moi-même, ayant toujours travaillé dans le privé, ce menu fretin, non concerné par ces deux « appartenances » de facto, des appartenances majeures et déterminantes.

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  12. Auguste dit :

    De mon point de vue, il convient d’éviter les abstractions, les théories, les généralités
    … au contraire, il est tout à fait possible de raisonner concrètement et sereinement, Branche par Branche, en tenant compte des réalités transnationales, singulières, Branche par Branche.

    Alors il est tout à fait possible de « phaser » sur des périodes à définir
    [ 20067-2033 || 2027-2018 || 2017-2012 ]]
    un (dés)équilibre neuf entre

    [m7] ¤ Taille humaine sans but lucratif avec monnaie ad doc
    [m9] ¤ R&D + Grandes Ecoles + Universités + CTI + IUT …
    [m10] ¤ BankAssur équarri et réarrangé,
        plus nouvelles Caisses en réseau à faire émerger
    [m11] ¤ Régalien Reita_11 évoqué par Renaud également réarrangé, en douceur, par étapes … avec transferts de talents en [m1-m7]
    [m12] ¤ Transnational industriel et commercial en compétition mondiale, notamment représenté par les entités extra-murros des groupes cités [ GdF-Suez, Dassault, EADS, Thales, Veolia, Total, Rhodia, Carrefour, Auchan, Lvmh, etc. ]

    http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2009/regards-actualite/forum_voir.php?forum_id=220110233&dossier_id=250000054&message_id=465171442&pg=1

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