50 – Conclusion de « les fondements de la théorie bancaire »

A-J Holbecq nous a envoyé l’extrait qui suit,  conclusion du livre de Sylvie Diatkine « LES FONDEMENTS DE LA THÉORIE BANCAIRE, des textes classiques aux débats contemporains » (Dunod 2002), que vous trouvez donc ci dessous

Postjorion

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CONCLUSION GÉNÉRALE

La méthode que nous avons utilisée et qui consiste à commenter les textes originaux des auteurs anciens en référence aux développements de la théorie contemporaine, à faire dialoguer les auteurs « anciens » et les auteurs « modernes », nous a permis de dégager comment se mettent en place les fondements de la théorie bancaire aux XVIIIe, XIXe et début du XXe siècles.

Il est apparu tout d’abord que, dès le XVIIIe siècle, dans les contributions de ces auteurs (dont celle de A. Smith est exemplaire), bien qu’elles se situent encore en régime d’étalon métallique, la monnaie bancaire est considérée comme la véritable monnaie, émise en contrepartie de crédit, principalement à l’aide des techniques de l’escompte (billets), ou parallèlement de découverts bancaires donnant lieu à l’inscription de provisions dans les livres des banques (les comptes courants). Le métal n’est vu que comme une « ancre » en référence à quoi est stabilisée la valeur de l’unité de compte monétaire. Un coefficient de réserves variable et fractionnaire est tout à fait envisagé pour les banques, ce qui leur permet d’émettre de la monnaie à l’occasion de leurs prêts. Certes, ces premières réflexions, se situant dans le contexte du système bancaire britannique (composé principalement de banques d’escompte), n’envisagent que l’activité de prêt à court terme. Ce n’est que plus tard que cette fonction sera étendue explicitement à celle de financement des investissements par le prêt à long terme, dont la théorie sera fournie par J.A. Schumpeter.

La monnaie a la fonction d’unité de compte des prix des biens mais aussi, et surtout, des créances et des dettes des agents, chez des auteurs du XIXe siècle (Thornton) comme du XXe siècle (Hawtrey). Elle est aussi un moyen de paie­ment ou de règlement des dettes nécessairement issues des échanges. Elle n’apparaît pas comme une réserve de valeur. Il s’opère ainsi une introduction «logique» de la circulation monétaire à partir d’une circulation d’instru­ments de crédit ; une certaine catégorie de dettes va être sélectionnée comme instruments de règlement (Thornton, Tooke, Schumpeter, Hawtrey). Les banques seront les agents les plus à même d’émettre ce type de dettes. La confiance est indispensable au fonctionnement du crédit puisque les agents doivent être sûrs, pour accepter de recevoir, en échange de la vente, une reconnaissance de dette, qu’elle sera remboursée à l’échéance (risque de contrepartie ou de crédit) ou qu’ils pourront la liquider rapidement en cas de besoin, pour faire face à leurs propres engagements en matière de dettes (risque de liquidité). Ainsi, il est nécessaire que les agents puissent disposer, à tout moment, de suffisamment de liquidités, immédiatement acceptés dans les paiements, avec lesquels ils peuvent se décharger de leurs dettes et qui leur sont fournies par les banques, par monétisation du crédit.

Cependant, si les auteurs que nous venons de citer mettent en évidence l’acti­vité conjointe de fourniture de crédit et de gestion des paiements opérée par les banques, d’autres, dès le XIXe siècle, envisagent de les séparer. L’émission de monnaie ne doit pas se faire à l’occasion des prêts des banques mais stric­tement en proportion de leurs réserves en monnaie de base. Un débat s’instaure donc très tôt, tout d’abord entre partisans de l’Act de 1844 (École de la circulation), en Angleterre, qui sépare l’activité de crédit de celle d’émission de billets de la Banque d’Angleterre, couverts à 100 % par le métal, et opposants à cet Act (École de la banque, parmi lesquels Tooke) qui voient dans les instruments monétaires des instruments de crédit. Ce débat se prolonge et se renouvelle, en 1935, dans les propositions de I. Fisher, qui reprenant l’argumentation de l’École de la circulation, considère que l’émis­sion de monnaie bancaire doit être couverte à 100 % par des réserves, afin que la « monnaie ne soit plus à la merci des prêts ». Ces projets sont dictés, dans les deux cas, bien qu’à presque cent ans de différence, par la volonté de mettre la monnaie à l’abri des fluctuations du crédit, des risques liés l’activité de crédit, considérée comme la cause des crises bancaires.

Car la question des risques bancaires est une question ancienne dans l’histoire de la pensée économique, principalement analysée par les auteurs des xvme et XIXe siècles. Les banques supportent les risques des instruments de crédit. Elles ont un savoir faire particulier dans l’évaluation du risque de solvabilité de l’emprunteur face aux asymétries d’information sur le marché du crédit dont le rôle est important chez Smith, Thornton, et Schumpeter. Dans la théorie contemporaine le terrain de l’application de la théorie de l’agence au marché du crédit est vaste. En effet, on peut supposer que l’emprunteur connaît mieux ses propres caractéristiques (en termes de renta­bilité et de risque) que le prêteur, de même il sait que l’utilisation qu’il compte faire des fonds qu’il emprunte n’est pas observable par le prêteur. Il peut donc être amené à un comportement opportuniste (ou de tricherie) qui modifie ses caractéristiques à l’insu du prêteur après la signature des condi­tions du contrat de prêt (risque moral).

Les banques peuvent ainsi compléter le marché et éviter une insuffisance de fonds pour le financement des firmes. Elles procèdent à la sélection des emprunteurs (Smith, Thornton) et à la surveillance et l’acquisition d’information grâce à une relation de clientèle et d’engagement de long terme avec les firmes (Schumpeter). On peut ainsi rapprocher les développements de ce dernier auteur sur ce thème des modèles contemporains de surveillance déléguée (Diamond, 1984) ou d’analyse multipériodique, avec effets de répu­tation, de la relation banque-emprunteur (Sharpe, 1990). Ces derniers montrent comment la banque acquiert une connaissance de façon continue, transformant cette relation en une relation « hors marché », bilatérale et non anonyme, et le crédit bancaire en un actif spécifique qui incorpore une infor­mation privée. C’est la raison pour laquelle il est difficilement cessible. Ce contenu informationnel est détruit lors des crises bancaires. Ces dernières n’ont donc pas seulement une influence sur le secteur réel du fait de la dimi­nution de la quantité de monnaie mais aussi du fait de la destruction des rela­tions de clientèle des banques et du capital informationnel qui y est lié.

Cette question est reliée à celle de savoir quel est le meilleur système bancaire pour financer la croissance. La aussi, la question est ancienne. La réponse de Smith est de limiter les prêts bancaires au court terme tout en les refusant à ce qu’il appelle les « spéculateurs » dont les projets sont catastro­phiques, mais qui peuvent les « tromper » et qui peuvent ralentir le processus de croissance. Le rôle des banques à ce niveau est donc déterminant, bien que difficile du fait des asymétries d’information ; elles sont au centre du mécanisme qui permet à la fois la régulation de la quantité de monnaie et l’allocation efficace du capital au niveau macroéconomique. Ce rôle peut être comparé aux analyses de l’antisélection à la base des modèles de rationne­ment du crédit. La réponse de Schumpeter, quant à lui, est de dégager le rôle unique des banques dans le financement des investissements en innovation qui est un facteur déterminant dans la croissance. Les analyses contemporai­nes sur la contribution des systèmes financiers (particulièrement de ceux « basés sur les banques ») au développement se situent dans cette probléma­tique. Le débat est donc toujours d’actualité sur le meilleur système financier et bancaire de ce point de vue.

Les banques ont aussi une fonction spécifique au niveau du risque de liqui­dité. Les dettes qu’elles émettent à leur passif sont liquides et peuvent garan­tir les agents contre tout besoin imprévu de liquidité (un choc de liquidité). Là aussi intervient l’incertitude ou l’asymétrie d’information. Cette caracté­ristique, pour la première fois mise en évidence par Thornton, trouve un prolongement dans les analyses contemporaines des fondements microé­conomiques de l’« assurance de liquidité » fournie par les banques. Thornton montre que la banque permet de concilier illiquidité des investissements et liquidité des dépôts, et en tire les conséquences au niveau des mécanismes de la crise de liquidité. Il s’agit d’abord des runs bancaires liés au risque de transformation qui définit l’activité des banques et déclenchés par une perte de confiance de certains déposants ou par la modification de leurs anticipations ; les modèles contemporains développent l’étude des crises bancaires en termes d’asymétries d’information et d’interactions stratégiques entre déposants (Diamond et Dybvig, 1983), mais on trouve la question posée dans le texte même de Thornton.

Ainsi la prise de risque par les banques est considérée, dans l’histoire de la pensée économique, comme bénéfique et favorable à la croissance mais aussi comme dangereuse car génératrice d’instabilité. Le risque systémique, qui n’est envisagé par Smith qu’au niveau du risque de solvabilité, sera développé par Thornton. Les runs bancaires qui aboutissent à une demande exception­nelle de liquidité ultime par les banques, du fait de phénomènes de contagion des anticipations entre déposants ou entre déposants de banques différentes, comme la crise de confiance, se transforment donc en crise de liquidité généra­lisée. On peut citer, à ce sujet, les modélisations actuelles des phénomènes de contagion de ce type. Selon Thornton, en effet, on ne peut attribuer la faute de l’existence de la crise au comportement imprudent d’un agent en particulier mais elle est due à la défaillance de l’ensemble du système bancaire. Ces crises bancaires ont pour conséquences des ruptures de la circulation monétaire.

La nécessité d’une intervention extérieure, le prêteur ultime, en est le seul remède. Ces analyses sont à rapprocher de celles des échecs du marché inter­bancaire à fournir la liquidité demandée dans le cadre de la théorie contempo­raine. Même chez des auteurs anciens, considérés comme favorables au laissez-faire, en matière bancaire au contraire, il est proposé une réglementation (prudentielle et du taux d’intérêt par Smith, par exemple, face aux conséquences du risque de solvabilité). La politique bancaire prend le pas sur la politique monétaire chez Tooke du fait de l’importance qu’il accorde à l’offre de crédit par les banques comme variable causale de l’émission de monnaie. Au contraire, chez Thornton, on trouve une théorie complète des diverses fonctions de la banque centrale ; elle est à la fois chargée de veiller sur la valeur de la monnaie et d’être le prêteur ultime car elle émet la liquidité ultime. Seul il distingue et articule les deux niveaux de la régulation du système bancaire : la politique monétaire et la politique bancaire. La première est fondée sur celle du taux d’intérêt et la seconde sur l’intervention du prêteur ultime. Ainsi, se met en place la préoccupation de se prémunir contre le risque de déstabilisation de l’ensemble du système bancaire et de crédit.

Les mécanismes des crises bancaires ne peuvent être confondus avec ceux des crises monétaires. Car si les problèmes de stabilisation de la valeur de la monnaie, à la suite de sa dépréciation durant les guerres napoléoniennes en Angleterre, étaient aigus, ceux liés à la crise de liquidité, aux conséquences des runs bancaires, étaient aussi apparus avec la suspension de la convertibilité de la livre en 1797. Ils se sont prolongés avec la succession des crises bancaires au début du xixc siècle car ils n’ont pas cessé avec le retour à la convertibilité en 1821 et la mise en œuvre de la politique monétaire dans le cadre de l’Act de 1844. La théorie bancaire devait donc fournir sa contribution à côté de la théo­rie monétaire et la politique bancaire se coordonner avec la politique monétaire.

Le débat s’est ouvert avec l’École de la circulation qui ne reconnaît de rôle qu’à la politique monétaire de stabilisation de la valeur de la monnaie et de contrôle quantitatif de l’émission de monnaie bancaire ; puis il s’est poursuivi avec ses héritiers, notamment les partisans de règles de politique monétaire de l’École de Chicago et de réformes bancaires comme celle de I. Fisher en 1934. Ce dernier, en effet, s’il se préoccupe des crises bancaires, voulant éviter les conséquences du risque de transformation et de liquidité pris par les banques sur la monnaie, n’envisage de les réguler que par le moyen de la politique monétaire et la variation de la quantité de monnaie de base et non par une action au niveau des risques bancaires et de la régulation du crédit. Ici la politique bancaire et la fonction de prêteur ultime disparaît. À l’inverse, selon l’École de la banque et T. Tooke, il semble ne pas y avoir de place pour la politique monétaire.

Un des buts de ce livre était de mettre en évidence un ou des liens, d’une part entre les auteurs « anciens » et, d’autre part, entre ces auteurs anciens et des auteurs modernes. En effet, apparaît une récurrence dans les débats. Une continuité a été établie de Thornton à Tooke, mais qui a son origine chez Smith, pour certains aspects. Au-delà d’une conception large de ce qu’ils appellent moyens de circulation et qui est généralement reconnue par les commentateurs, ils construisent le rôle des banques en fonction de leurs risques de solvabilité et de liquidité, en même temps que de l’analyse du lieu d’émission de la monnaie, le marché du crédit bancaire et de ses liens avec celui des dépôts. L’établissement de ces fondements de la théorie bancaire, initié au xvme siècle, parcourt tout le xixe siècle (Thornton, École de la banque), et se prolonge avec des auteurs comme Wicksell, Hawtrey, Schum-peter et Keynes. Une tradition ancienne s’est donc établie. Il en est de même du rôle du taux d’intérêt, dont l’action sur la demande de crédit est dégagée par Thornton et par Tooke, et reprise par Schumpeter.

Ces filiations sont cependant parfois complexes. Ainsi nous avons vu que celle de Smith à Tooke, en passant par Thornton, était problématique. Bien qu’il fonde son analyse sur celle des risques bancaires et qu’il ait conscience des liens entre crédit et monnaie, Tooke ne voit que la nécessité d’une politi­que bancaire et une politique du crédit. Thornton seul semble avoir pris en compte toutes les complexités de la théorie bancaire. Il serait donc l’auteur central de cette période ainsi qu’une figure à part.

D’autre part, on a pu montrer que des auteurs comme Torrens, appartenant à l’École de la circulation, ont mis en évidence l’ensemble des causes des crises bancaires au niveau notamment du risque de solvabilité, et non seulement du fait du niveau insuffisant des réserves. Torrens occupe donc une place à part au sein du courant dont il se réclame. Il apparaît donc que, contrairement à l’interprétation habituellement fournie, l’ensemble des participants aux controverses des années 1840 en Angleterre et notamment à propos de la réforme de 1844, quel que soit le courant auquel ils appartiennent, met en avant le problème des crises du crédit bancaire ; ainsi les partisans de l’École de la circulation ne se limitent pas à l’étude de la politique monétaire et font autant preuve d’une volonté d’intervention discrétionnaire à ce niveau.

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A propos postjorion

Le blog d'André-Jacques Holbecq
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6 commentaires pour 50 – Conclusion de « les fondements de la théorie bancaire »

  1. Renaud dit :

    Bonjour à tous,

    Merci de votre accueil, c’est la première fois que je viens sur ce blog-ci.

    Ci-dessous ce message (je l’ai envoyé aussi sur le blog de P.Jorion.

    À propos de Samuelson dont on vient d’apprendre la disparition. Ci-dessous un extrait de la conférence du Dr Osvaldo Cirnigliaro, argentin, qui fut il y a quelques années, premier responsable aux finances (ministre des finances) de la Province de Tucumán, Argentine. En 18 mois de fonction il parvint à émettre de la monnaie provinciale (des bons) convertibles à taux d’intérêt égal à 0. Les gens, méfiants au début, ont assez rapidement repris confiance en ces bons, et ce, malgré les tirs de barrages furieux à boulets rouges des banques nationales et étrangères (qui, comme partout, tiennent une grande patie des média) et donc de toute la « clientèle politique et financière », largement « commissionnée », autrement dit la coterie gouvernementale et provinciale impliquée et frauduleusement enrichie par cette « manne » du « système » de dettes usuraires payées par la société (ici la société argentine) lors de l’octroi de nombreux prêts effectués aux provinces et à l’État. En 1 an et demi de fonction Osvaldo Cirnigliaro parvint à démontrer la faisabilié et la grande efficacité d’une monnaie À TAUX D’INTÉRÊT = 0. Au bilan, cela se solda par la satisfaction de la société et une économie provinciale d’un équivalent de 1 720 000 dollars (un million sept cent vingt mille). J’ai écouté sa conférence au Canada, il y a peu de mois, en tant que traducteur simultané de l’espagnol en français pour l’auditoire.
    Voici un extrait de l’intervention:

    — En tant que professionnel de l’économie, je propose de retourner aux sources où j’ai étudié, et je me rappelle d’un livre classique, que tous les étudiants américains en économie ont dû étudier. Paul Samuelson fut un professeur qui laissa gravé dans nos esprits le fruit de ses meilleurs efforts à nous enseigner que l’économie est une science qui étudie le comportement humain par la transformation des ressources rares en biens et services qui seront distribués entre les membres d’une communauté

    En outre, il précisa que les problèmes de base que doit résoudre une société sont: QUE PRODUIRE? COMMENT PRODUIRE? POURQUOI PRODUIRE? Les réponses à ces interrogations servent pout évaluer si la société a été capable de résoudre les problèmes centraux que propose n’importe quelle économie.

    Nous savons que se sont développées des techniques tel que produire tout ce qu’on propose, la seconde question y répond par elle-même. La réponse à la première question: QUE produire? est plus complexe, car elle dépend des décisions politiques des peuples; tandis que la troisième question: POUR QUI PRODUIRE a une réponse qui se base sur l’INJUSTICE la plus absolue DU SYSTÈME ÉCONOMIQUE en vigueur. Cette société est capable de dépenser des quantités colossales d’argent pour la recherche spaciale et de doter quelques nations d’armements capable de détruire la planète en un instant. Mais elle exibe alors le stigmate déhonnorant de laisser mourrir de faim des peuples entiers. Cette conclusion catégorique nous dit que le sytème a échoué.

    Les deux mécanismes qui servent à lier l’existence de ressources rares face aux besoins des peuples: le libéralisme et le socialisme ont échoué. Ils ont échoué parce que dans ces deux propositions existe un effort de domination et d’exploitation de l’homme. Jamais l’on propose de résoudre les problèmes. Au contraire, le libéralisme et le socialisme ont démontré un mépris pour la condition humaine, à tel point que beaucoup de peuples ont sucombé par la faim, la guerre, les déprédations, les tortures et les génocides de masse.

    Cela se doit au fait que ces deux doctrines ont une base crûment matérialiste et régressent par le pouvoir de ce pouvoir lui-même et non dans la recherche d’une solution. Pour ce type de pouvoir, tout se concentre dans la force et non dans la raison. Une société humaine qui nie la Justice, entame un processus inéxorable qui la conduit à sa propre destruction.

    À l’intérieur des mécanismes développés, surtout par le capitamisme, celui du système financier a produit un résultat pervers. L’usure a servi comme moyen « habituel » de domination… —
    (fin d’ extrait)

    Quand on médite un tant soit peu sur cet exemple qui mérite d’être connu, on peut se demander pourquoi l’on se réfère encore à tels ou tels « grands pontifs » en économie et en finances, comme ici Samuelson, Keynes et bien d’autres, il y a même parfois des insistances exagérées et lassantes. Je ne dis pas que ces maîtres ne nous ont rien laissé comme points de repères et références indispensables à connaître, mais il faut, il fallait bien comprendre, et bien avant la crise! que priviligier un groupes d’économites et réduire au silence tel autre groupe d’économistes est profondément suspecte et très nuisible. Pourquoi faire cela? Un exemple éclatant d’erreurs et de manquements élémentaires est la mise à l’écart totale de Maurice Allais (aujourd’hui 97 ans!), de même croire Keynes le grand théoricien quand il se trompe en minorant Douglas le praticien incontournable du terrain écnomique productif, et tant d’autres exemples. Dans le domaine économique et financier, nous ne sommes pas en religion, encore moins dans les dogmes, mais dans les techniques de production à perfectionner (comme la production industrielle et agricole qui sont les modèles de la finance ET NON L’INVERSE !), c’est à dire les résultats expérimentaux concrets au bénéfice de l’ensemble de la société. Donc ne négligeons jamais aucune expérience et utilisons ce qu’elles ont de positif.

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  2. Mathieu dit :

    Merci, Renaud, pour ce post.
    Vos considérations sont sensées et vos questionnements légitimes.
    Vous signalez à juste titre que M. Allais a été mis à l’écart d’une manière absolument incompréhensible voire condamnable.

    En ce qui concerne Samuelson, vous paraissez l’apprécier, car vous citez les propos élogieux de Cirigliaro à son égard, mais à la fin vous dites qu’il ne faut pas se référer à tel ou tel « grands pontifs » comme Samuelson…
    Il y a comme une contradiction ici, non ?

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  3. Ping : Il faut abolir le système de réserves fractionnaires | Tête de Quenelle !

  4. Carlos dit :

    Quoiqu’on en dise l’economie n’est pas une vrai science, tout au plus c’est de la comptabilité. Les mathématiques sont à l’économiste ce qu’était le latin aux medecins du moyen âge : Un moyen de cacher leur ignorance. C’est devenu ma conviction la plus profonde.

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    • à Carlos,
      Bonjour
      Parlons clair. C’est aveuglement complet ou mensonge de rapprocher les most macréconomie et microéconomie à celui de science. C’est empêcher toute réflexion un peu sensée sur ces deux niveaux d’évaluation des questions économiques.
      Qui fixe la répartition entre les sous-continents des capacités de production ? les remises à niveau ou abandons ?
      Quant à la Norme IAS de comptabilité en partie double, pour 99,999%, son caractère arbitraire est moins évident que l’évaluation d’un champ économique pour au moins deux raisons : (1) elle semble neutre; (2) les Opinions publiés par le Accounting Principles Board, with APB Statements, and with Accounting Research Studies sont établis avec beaucoup de finesse et d’intelligence.
      Le non dit vient nullement à l’esprit.
      Il ne peut pas venir à l’esprit.
      En marchant vous ne pensez pas que vous mettez un pied devant l’autre. En vous réveillant le matin vous ne pensez pas à la composition chimique de l’air que vous avez respiré dans la nuit.
      Le non dit est un présupposé que l’on ne peut qu’admettre, car il en a toujours été ainsi : (1) pour la plèbe (99,99%) une monnaie par pays ou par Zone, (2) pour chapeauter la plèbe une banque dite « centrale », ou privée ou régalienne ou un mix, cela n’a pas grande importance, (3) pour les topPatriciens … dans une nuit profonde sans le cri d’un quelconque animal, abyssale forêt équatoriale alliant angles-morts, camouflages, diversions,
      Monde antonyme
      à étalons tangibles
      Les gioTitres couplés à la stratégie Adray

      paradigme AGjR [ Adray+Giop+Rubak],

      ne font appel aux monnaies du Système IAS-BRI.
      Les mathématiciens en topBanque jouent plusieurs rôles. Dans un groupe hétérogène de douze hauts experts à très haut niveau, dont un mathématicien champion sollicité comme conseil, le rôle n’est pas le même pour le mathématicien et pour le leader du groupe ou un Shadow decision-maker que l’on n’entend pas.

      J'aime

  5. Wided dit :

    Bonjour,

    Pouvez vous m’expliquer, svp, cet extrait du chapitre 3 du livre de Sylvie Diatkine « Les fondements de la théorie bancaire: (les préoccupations relatives à la théorie et à l’organisation bancaire présentes dans les premiers chapitres de l’ouvrage de 1802 ne sont pas incompatibles ou d’un autre ordre que celle qui sont développées à la fin de l’ouvrage…) on parlant du livre de Thornton « Paper Credit » 1802
    pourquoi y a t il une contradiction entre les premiers et le dernier chapitres?

    Merci d’avance
    Cordialement
    Wided

    J'aime

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