19 – D’abord comprendre ce qu’est la monnaie

20 06 2008

Publié par Paul Jorion

Le 15 juin, il y a cinq jours, Armand écrivait :

La vision comptable conduit, me semble-t-il, à confondre la valeur d’un bien matériel, son prix à un instant donné et même ce qu’un engagement pourrait rapporter dans le futur, c’est-à-dire à additionner bananes, dessins représentant des bananes et bananiers au motif que ce sont des fruits, des représentations de fruit, ou des fruits en devenir ; ce que rappelait déjà Magritte avec son « Ceci n’est pas une pipe »

Mais ce n’est pas simplement la vision comptable : c’est ce que fait la monnaie effectivement. La monnaie est une richesse en soi – c’est moins évident sur le plan conceptuel depuis que sa convertibilité en or a disparu, mais cela fonctionne encore de cette manière – c’est aussi une représentation de la richesse, lorsqu’un titre est émis parce qu’une vraie richesse a été mise en gage : offerte en collatéral (une maison, un champ, etc.) et c’est enfin un transformé de la richesse, lorsque la moisson est réalisée par sa vente, surplus résultant de la combinaison des avances (en nature ou en monnaie), du soleil et de la sueur des hommes : une richesse extérieure à la richesse existante a été créée « ex natura » et transformée en monnaie.

Il y a alors deux questions à résoudre : 1) qu’est-ce qui constitue richesse ? ; 2) qu’est-ce qui fait que nous considérons légitime – depuis plusieurs siècles au moins – d’additionner richesse existante, représentation de richesse et transformé de richesse ? A mon sens, la notion-même de « création de monnaie » n’aura pas été réellement clarifiée (je ne parle pas de la description des mécanismes) tant que nous n’aurons pas répondu à ces questions.

En attendant, je vous propose – pour nourrir les nôtres – les réflexions de l’un de ceux qui ont véritablement réfléchi sur ces questions. Lisez le passage sans vous préoccuper de qui l’a écrit (la réponse est à la fin).

Chaque homme est riche ou pauvre selon le degré dans lequel il peut se permettre de profiter des nécessités, des conforts et des amusements de la vie humaine. Mais une fois que la division du travail s’est complètement opérée, il n’est qu’une très petite partie de ceux–ci auxquels il peut accéder par son propre travail. Il doit obtenir la majeure partie de ceux–ci du travail d’autres hommes et il sera riche ou pauvre selon la quantité de ce travail qu’il peut commander, ou qu’il peut se permettre d’acheter. C’est pourquoi pour la personne qui la possède, la valeur de toute marchandise qu’il n’entend pas utiliser ou consommer lui–même mais échanger pour d’autres marchandises, est égale à la quantité de travail qu’elle l’autorise à acheter ou à commander. (…) Ce que chaque chose vaut réellement pour l’homme qui l’a acquise, et qui veut s’en défaire ou l’échanger pour quelque chose d’autre, sont la peine et l’embarras qu’il peut s’épargner, et qu’il peut imposer à d’autres. (…) “La richesse”, a dit Mr. Hobbes, “est pouvoir”. Mais la personne qui, soit acquiert, soit hérite d’une grande fortune, n’acquiert pas nécessairement ou n’hérite pas nécessairement d’un pouvoir politique, qu’il soit civil ou militaire. Sa fortune lui fournira peut–être les moyens de les acquérir tous deux, mais la simple possession de la fortune ne lui procurera nécessairement ni l’un ni l’autre. Le pouvoir que cette possession lui procure immédiatement et directement, c’est le pouvoir d’acheter ; un certain commandement sur toute la force de travail, sur tous les produits du travail qui se trouvent alors sur le marché. Sa fortune est élevée ou médiocre dans la proportion même de l’étendue de ce pouvoir ; ou de la quantité, soit du travail d’autres hommes, soit – ce qui est la même chose – du produit du travail d’autres hommes, qu’elle lui permet d’acheter ou de commander. La valeur d’échange de chaque chose doit toujours être exactement égale à l’étendue de ce pouvoir qu’elle procure à son propriétaire.

Adam Smith, La richesse des nations (1776) (An Inquiry into the Nature and Causes of the Wealth of Nations, 2 vol., Oxford : Oxford University Press, 1976 : 47-48).

Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite======================================================

18 réponses à “D’abord comprendre ce qu’est la monnaie”
  1. zoupic dit :
    20 juin 2008 à 17:42 je le vois bien quand je propose à ma petie soeur de faire la vaisselle pour 2€. Somme qui pour moi n’est pas significante, mais qui lui permettra d’acheter ses bonbons.
  2. Paul Jorion dit :
    20 juin 2008 à 17:50 @ Zoupic

    L’exploitation peut en effet caractériser la manière dont le surplus (la moisson) est redistribué entre ceux qui font les avances (je suppose que tu nourris ta petite sœur autrement qu’en sucettes) et ceux qui apportent leur force de travail.

  3. franck marsal dit :
    20 juin 2008 à 18:22 La comptabilité peut franchir un pas de plus que la monnaie, qui, on le voit dans ce blog, offre pas mal de souplesse pour se déclarer plus riche que l’on n’est, ce qui est un moyen pour le devenir effectivement.

    La comptabilité va plus loin puisqu’elle mesure d’autres supports de “richesse” ou d’engagements. Je pense qu’il n’est pas anodin que, précisément maintenant, de nouvelles normes comptables se mettent en place comme un couronnement de la dérégulation.

    Les questions que je me pose sont :”ces normes ne sont-elles pas la généralisation des pratiques de feu ENRON ?”

    et n’y a-t-il pas possibilité, à travers ces normes, pour la sphère financière de “larguer les amarres” par rapport à l’économie réelle ?

  4. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    20 juin 2008 à 18:29 La monnaie est donc la capacité qu’à un homme de mettre en esclavage un autre homme, si le premier dispose du capital dont ne dispose pas le second. La première chose à faire est de bannir la possession privée du “capital ” (productif) dans sa définition première : biens ou richesses accumulés générant de nouveaux biens ou revenus.

    Le capital naturel (sol, air, eau, sous-sol, mer) doit être un “bien collectif” et à ce titre il ne doit pas pouvoir être approprié par un individu ou une société d’individus.
    … et qu’on ne me dise pas qu’il y a besoin de capital monétaire pour produire.

    Juste pour que les choses soient claires :

    Tout libéral connaît les deux exemples que je donne ici, mais mes lecteurs ne sont pas tous libéraux.

    Un premier exemple : vous trouvez un bâton par terre. Ce bâton n’est à personne, et n’est utile à personne. Vous le prenez, vous sortez votre couteau, vous le transformez en statuette. Votre travail est une manifestation de votre liberté. Et votre travail n’a été nuisible à personne (autrement vous êtes responsable, ce qui nécessite de s’arranger ou rembourser ou corriger).

    L’idéologie libérale explique : « vous vous êtes approprié ce morceau de la nature par votre travail ». Cette statuette vous appartient, elle n’est plus le bâton que tout le monde pouvait prendre. Puisqu’elle vous appartient, vous pouvez l’échanger. Mais vous pouvez aussi la donner. Et y compris à vos descendants. Ensuite, le monde est rempli de “statuettes” faites avec du travail sur des bouts de la nature, que dame nature a donnés gratuitement.

    Deuxième exemple : un berger a l’habitude de venir faire boire ses moutons dans une rivière. Toujours au même endroit. Et depuis des années. Une usine s’installe alors en amont et pollue l’eau. L’idéologie libérale explique : le berger était là avant, il utilisait l’eau en aval avant. Il s’était donc approprié par son travail la rivière en aval. Et l’usine n’avait donc pas le droit de dégrader la qualité de l’eau appropriée par le berger. L’usine est responsable et doit réparer le préjudice. Le droit libéral protégerait donc le berger. Notez que le préjudice doit être avéré : afin d’éviter toute législation liberticide, le libéralisme promeut une responsabilité que l’on vérifie à posteriori.

    Voici pour la conception libérale de la propriété. Ensuite, une fois les droits de propriété bien définis, chaque propriétaire est totalement maître de ses propriétés. En particulier, si un propriétaire détériore les bouts de la nature dont il est propriétaire, l’idéologie ne voit rien à y redire. Il serait donc imaginable que le propriétaire d’une grande forêt, non seulement la rase pour vendre du bois, mais en plus la pollue durablement avec des activités plus ou moins rémunératrices. Ce qui pourrait compenser la perte de valeur de terrain.

    Pour ma part, avec les sociétalistes, je dis (en recopiant un morceau de page de mon site) :

    Les sociétalistes ne pensent pas que l’on puisse distinguer le fonctionnement de l’économie de la politique sociale et pensent que les deux sont intimement imbriqués. Ils pensent de plus que proposer un antagonisme entre l’Etat et l’individu est une erreur, le groupe des individus (d’un pays) formant bien l’Etat. Qui plus est, laisser la propriété individuelle, et particulièrement celle des biens de production, grossir sans limite ne peut qu’aggraver les inégalités. Alors oui, la liberté de l’individu est importante, mais pas au point de lui permettre d’accumuler du capital sans limite et de devenir parfois aussi puissant qu’un Etat..

    C’est la raison pour laquelle nous proposons la possibilité de transmission d’un capital “mobilier” sur une seule génération : ainsi le cumul générationel ne pourra pas avoir lieu et les “jouissances” d’un descendant des générations futures seront bien issues des fruits de son apport sociétal et non pas des apports sociétaux réalisés par ses ancêtres.

    Pour le premier exemple (le bâton) les sociétalistes diraient : ” Ce bâton que vous avez trouvé par terre est le symbole des biens naturels qui appartiennent donc à la collectivité et non à celui qui l’a trouvé. Mais celui qui l’a trouvé ainsi que celui qui l’a transformé doivent chacun obtenir une juste rétribution pour leur travail.”

    Pour le second exemple, les sociétalistes argumenteraient seulement qu’il n’y a aucune raison qui puisse permettre à une usine de s’installer en amont, sauf si l’utilité collective est impérative sur les droits individuels du berger, puisque la source n’appartient pas au berger

    Quant au droit à détruire la Nature dont on a la “propriété”, là encore les sociétalistes ne peuvent donner leur accord sur un concept aussi brutal. En effet, la Nature n’est pas propriété d’un seul, quelle que soit la petitesse de la fraction possédée. De plus, la Nature est un tout à l’échelle globale, et raser une forêt ou polluer un sol est un acte irresponsable et criminel, aussi bien envers ses contemporains qu’envers les générations futures. Enfin, même dans le cadre de l’idéologie libérale prônée ici, le droit à détruire la Nature dont on est “propriétaire” ne tient pas. De fait, la Nature, on le sait de mieux en mieux par les études scientifiques en environnement, fonctionne comme un tout à l’échelle globale, et donc en détruire une parcelle revient à porter préjudice à autrui, quelque part, ailleurs dans l’espace ou dans le temps, ce qui nous place dans le cas du berger et de l’usine. Dans ce cas, le destructeur de la Nature doit cesser sa destruction ou réparer les dégâts, dixit l’idéologie. Pour prendre une analogie, la Nature est comme une grosse pendule très compliquée donc chacun des millions de rouage est utile. Si les petits démons qui habitent la pendule étaient des libéraux au sens donné ici, ils s’approprieraient chacun un rouage ou un bout de rouage. Donner à chacun le droit de détruire sa propriété reviendrait fatalement à détruire totalement au moins un rouage au bout d’un certain temps. Fatalement, tous les autres rouages cesseraient de fonctionner correctement, et en fin de compte, les personnes intéressées à lire l’heure seraient lésées. Il y a donc bien un préjudice causé à autrui par la destruction des morceaux de rouage.

  5. jean-michel dit :
    20 juin 2008 à 19:48 Il me semble que dans toutes les discussions sur la monnaie, il importe de tirer tout le parti possible de la distinction courante chez les économistes entre les formes de la monnaie (métallique, papier, etc.) et les fonctions de cette même monnaie (unité de compte, intermédiaire des échanges et réserve de valeur). J’avais tenté il y a quelques années lors d’un workshp à Newport (RI) de donner un fondement anthropologique et même clinique à cette distinction (en repérant une dimension technique, concernée par les atechnies, une dimension logique, concernée par les aphasies, une dimension sociale – celle de l’échange – et une dimension libidinale – celle de la jouissance que paie l’argent). Je n’ai guère retravaillé cette question depuis, mais on peut trouver une version un tant soit peu développée ici : http://rennes-mediation.org/download/redirec.php?id=9

    Le passage de Smith que site Paul me semble mêler en permanence (c’est tout le problème de Smith et de ses successeurs) la dimension sociale (le pouvoir de commandement) et la dimension libidinale (la peine ou le déplaisir – Unlust – comme aurait dit Freud).

  6. Paul Jorion dit :
    20 juin 2008 à 20:50 @ jean–michel

    Les « fonctions » de la monnaie : 1. unité de compte, 2. intermédiaire des échanges et 3. réserve de valeur.

    1. Unité de compte pour la richesse = toute richesse peu s’évaluer en quantité de monnaie

    2. Richesse échangeable sous une forme « générique » = tout peut s’acheter, tout peut se vendre grâce à de la monnaie

    3. Richesse tout court = tout le monde veut de la monnaie

    Donc la monnaie est une richesse générique quantifiable.

    Et c’est là qu’on s’arrête toujours… alors qu’on ne devrait pas parce que

    1. C’est aussi la représentation d’une richesse non-monétaire existante : crédit sur un gage (maison, champ, future moisson)

    2. ainsi que le moyen de transformer une richesse non-monétaire neuve en « richesse générique quantifiable » (la nouvelle moisson).

  7. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    21 juin 2008 à 07:02 @Paul

    Je suis d’accord avec ” 1. C’est aussi la représentation d’une richesse non-monétaire existante : crédit sur un gage (maison, champ, future moisson) ”

    Mais je ne suis pas absolument certain de bien saisir ce que tu veux dire par ” 2. ainsi que le moyen de transformer une richesse non-monétaire neuve en « richesse générique quantifiable » (la nouvelle moisson). ”

    Peux tu préciser ta pensée?

  8. Paul Jorion dit :
    21 juin 2008 à 16:31 @ Stilgar

    2. ainsi que le moyen de transformer une richesse non-monétaire neuve en « richesse générique quantifiable » (la nouvelle moisson).

    La nouvelle moisson est vendue (« réalisée ») : une part de revenu correspond aux avances qui avaient été consenties, cette part est remboursée. Ce qui reste est le surplus (la « fructification » du capital [= les avances], grâce à la sueur et au soleil). Une part du surplus est versée en intérêts au « capitaliste » qui avait consenti les avances, le reste revient au travailleur.

    Ce surplus est la « croissance », la pression qu’exerce l’accroissement de richesse sur la banque centrale pour qu’elle imprime de nouveaux billets reflétant cet accroissement.

    Nous avons été d’accord pour dire que les intérêts, interviennent comme un « supplément » à la monnaie existante. La réalisation de la moisson, sa vente opère la « transformation d’une richesse non-monétaire neuve en “richesse générique quantifiable” », c’est–à–dire en monnaie.

  9. Rumbo dit :
    22 juin 2008 à 02:00 Pas très d’accord avec Paul Jorion ci-dessus.

    Vraiment très occupé hors d’Europe, voici la définition de la monnaie qui me paraît la plus exacte :

    — La monnaie permet d’acheter ce qu’on ne fabrique pas, c’est un permis d’acheter. Ni plus ni moins. Elle doit constituer une couverture de 100%-monnaie —.

    Indication relative à la monnaie : la monnaie WIR en Suisse constitue déja un progrès très significatif dans le domaine monétaire. Dans le cas le plus défavorable, le Wir ne coûte pas plus de 3,5%. Dans la plupart des cas son coût définitif ne dépasse pas 2,5% ! Il y a moins encore. Mais – on – parle très peu du fonctionnement bancaire intérieur de la Suisse…

  10. Rumbo dit :
    23 juin 2008 à 06:33 Depuis le Canada.
    Je reviens rapidement sur la réponse de Paul Jorion.

    Paul Jorion a écrit :

    (…) Une part du surplus est versée en intérêts au « capitaliste » qui avait consenti les avances, le reste revient au travailleur.

    Dans cette partie de phrase :

    (…) Une part du surplus est versée en intérêts au “capitaliste” qui avait consenti les avances (…)

    —> il s’agit ici de la partie B des prix de vente du théorème A + B du major Clifford Hugh Douglas, découvreur expérimental du Crédit-Social (qui pourrait s’appeler : Argent-Social). Pour richissimes que soient des capitalistes, et une fois leurs investissements et réinvestissements effectués, ils auront beau déployer le plus grand train de vie, posséder plusieurs maisons et propriétés dans les endroits les plus huppés du monde, avoir un ou plusieurs yachts, jets privés, et tutti quanti, d’ailleurs ces mêmes riches ne pouvant pas banqueter plusieurs fois chaque jour, ils ne pourront donc jamais acheter toute la production (d’où, entre autres, le marketing créé par eux-mêmes, et qui a accentué le gaspillage, créé des productions parasites et des besoins inutiles, snobs et stupides et ainsi éreinté l’environnement et l’écosystème, etc., ceci dit en passant). La “qualité” du pouvoir d’achat des “capitalistes” ne peut donc (avec la “meilleure volonté”) absorber toute la quantité de la production.

    Et dans cette partie de phrase :

    (…) le reste revient au travailleur.

    —> il s’agit ici de la partie A des prix de vente de ce théorème A + B du major C. H. Douglas. Cette partie A, qui comprend les salaires versés aux travailleurs pour leur consommation, ne pourra elle aussi, pour des raisons diamétralement inverses, absorber toute la production. La “quantité” des salaires versés aux travailleurs, travailleurs pourtant infiniment plus nombreux que les “capitalistes”, ne pourra donc jamais absorber elle aussi toute la production à cause de sa faiblesse chronique et constante. Alors que c’est précisément la quantité des revenus salariaux qui devraient éponger toute la production.

    Digression. Je ne comprends pas bien pourquoi ce “grand nombre de travailleurs”, même encore aujourd’hui, n’ “intéresse pas” nos “grand pontes” de la “finance” qui lanternent gentiment, plutôt très méchamment, tout le monde avec ce système indéfendable, même avec du génie… C’est l’une des pires violences, mais celle-ci est en col blanc, c’est pour ça que le public n’y voit goutte. Fin de la digression.

    En résumé : le pouvoir d’achat de A, plus celui de B, devraient, dans une FINANCE et une MONNAIE SAINES, stérile d’intérêts (ce qui est techniquement réalisable en tout point), acheter sans difficulté particulière le résultat A + B formant les prix de vente au final. Les commandes afflueraient vers l’industrie et l’agriculture. Qui dit mieux ? Autrement dit, il y aurait là un pouvoir d’achat général équilibré avec la production générale (c’est encore plus facile à faire que de faire fonctionner le système financier et monétaire faussé actuel).

    Pourquoi ne recherchons-nous pas systématiquement cette ÉGALITÉ : production = émission monétaire qui est POSSIBLE ? Ne pas appliquer une technique possible à haut rendement et à coût inférieur devient une attitude fallacieuse et coupable.

    C’EST LE CŒUR DU SUJET !

    Puis ensuite, Paul Jorion écrit :

    Ce surplus est la « croissance », la pression qu’exerce l’accroissement de richesse sur la banque centrale pour qu’elle imprime de nouveaux billets reflétant cet accroissement.

    Cette phrase est ici en rapport avec les propositions de C. H. Douglas lorsqu’il propose qu’un office national (ou plurinational) d’émission (qu’on peut appeler comme on veut) ait l’exclusivité de la création monétaire, les banques commerciales ne prêtant plus QUE l’argent de leurs déposants, avec une couverture à 100%-monnaie (au moins M1). Ceci résulte du fait démontré que le montant de la production totale EST le montant de la consommation totale. La production engendrant normalement un enrichissement quantifiable à chaque exercice. Cet enrichissement vrai et concret permettrait ainsi une émission monétaire parfaitement saine, stérile d’intérêts, allant jusqu’à permettre le versement à tous, pauvres et riches, d’un dividende égal à tous et régulier. Et ceci, sans prendre dans la poche de personne. Ce dividende pourrait être peu de chose pour les riches, mais quelque chose d’inestimable pour les plus pauvres. Un dividende de 500 par mois à quelqu’un qui n’aurait un revenu que de 800, donc un revenu mensuel qui passerait à 1300, serait très conséquent pour lui par rapport à celui qui aurait un revenu de 4000 qui passerait mensuellement à 4500.

    Paul Jorion, il faut envisager le Crédit-Social.

    Ci-dessous, c’est un site très catho, mais sur ce blog je crois avoir bien compris qu’on ne s’arrête plus à la “couleur de l’encre”, mais à son contenu (autrement je serais très déçu).

    Voir :

    http://www.michaeljournal.org/finsain1.htm

    Ainsi on en aurait fini, ENTRE AUTRES, avec ceci qui se passe de commentaires :

    http://www.horizons-et-debats.ch/37/37_19.htm

  11. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    23 juin 2008 à 07:22 Après avoir mieux compris ce que Paul voulait dire, je suis globalement d’accord avec les 3 propositions suivantes

    – la monnaie est une richesse générique quantifiable (intégrant 1. unité de compte, 2. intermédiaire des échanges et 3. réserve de valeur)

    – la monnaie est la représentation d’une richesse non-monétaire existante : crédit sur un gage (maison, champ, future moisson)

    – la monnaie est le moyen de transformer une richesse non-monétaire neuve en « richesse générique quantifiable » (la nouvelle moisson).

    Mais l’intervention de Rumbo nous fait revenir dans le coeur du sujet : pourquoi la monnaie créée par le système bancaire devrait-elle être payante sous forme d’intérêts alors que la seule justification de l’intérêt (pour une banque) c’est qu’il compense un risque de non remboursement : il serait beaucoup plus logique et moral de “mutualiser” ce risque par un système assurantiel.

    Je m’explique un peu : lorsque le système bancaire émet la monnaie, le remboursement du capital prêté permet d’effacer ce prêt dans la comptabilité, quelque soit l’évolution de la “valeur” de la monnaie (si inflation) … le système bancaire ne “perdra” que sur le pouvoir d’achat des intérêts, comme de toute façon il peut actuellement, lors d’un prêt à taux fixe, gagner moins que ce qu’il avait prévu.

    Tout nous montre que soit il faut faire disparaitre l’intérêt sur la création monétaire, soit il faut que l’intérêt soit versé à la collectivité (toute la monnaie d’origine “centrale”)

  12. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    23 juin 2008 à 09:44 @Rumbo

    Les commandes afflueraient vers l’industrie et l’agriculture. Qui dit mieux ?

    … attention à cette idée qui pourrait laisser penser que la production peut être “illimitée” . Nous sommes dans un monde fini et l’empreinte écologique globale (mondiale) dépasse 1 depuis 1983 pour atteindre 1,22 en 2000 (je n’ai pas de chiffre plus récent, mais on doit être au moins à 1,25 / 1,30).

  13. Rumbo dit :
    23 juin 2008 à 13:08 @A-J Holbecq

    C est certain, j’emploie cette expression en toute conscience pour appuyer mon propos. Mais aussi, le progrès est de plus en plus réel s’il devient le moteur du respect de l’environnement et de l’écosystème. De la même façon, je provoque en disant que l’idéal est de ne pas travailler grâce aux progrès machinique pour soulever les pénibles contradictions qu’on entend la plupart du temps au sujet du chômage.

  14. moneterre dit :
    23 juin 2008 à 13:29 Bonjour,

    D’entrée, je ne suis pas un connaisseur de la question monétaire ni même de la plume, et si mon commentaire est hors sujet, je vous prie de bien vouloir l’effacer de peur du ridicule.

    Je me suis initié à cette question de monnaie et d’échange avec beaucoup de peine, n’utilisant pas les mêmes concepts ou modèles.

    Je vous livre ici un peu de mes réflexions assez primaires et laborieusement formalisées, n’étant pas non plus acquis aux sciences humaines.

    J’espère toutefois ne pas décevoir et contribuer un tant soit peu au thème de la monnaie.

    L’échange économique est un échange de contrepartie.

    J’échange mon travail pour une certaine somme d’argent, somme que je pourrais échanger contre de la nourriture ou des services.

    Sur l’espace de l’échange, les échangeurs sont nombreux, les produits diversifiés et les besoins multiples, si bien qu’un intermédiaire aux échanges contribue à faciliter ceux-ci.

    Cet intermédiaire a reçu – selon moi – le nom de monnaie.

    La nature ou forme de cet intermédiaire a varié aux cours du temps, celle ayant eu le plus de succès est je pense la forme ou nature : argent-métal (or et argent).

    Plus tard, on a rajouté à la monnaie métal d’autres natures ou formes : de l’or, des biens, des produits de l’activité humaine et tout récemment des produits futurs de l’activité humaine.

    La structure officielle chargée de définir ce qui est monnaie (légale), ce qui ne le sera pas ou ce qui le sera dans un délai de temps donné est la Banque centrale.

    Dans ce schéma, une donnée reste constante : la contrepartie. La nature de la monnaie usitée est en effet une contrepartie soit existante (or, biens, gages) soit à venir (les investissement effectués pour produire des biens).

    La contrepartie a son origine dans les temps anciens. Les premières organisations sociales utilisaient la contrepartie pour effectuer les échanges entre eux.

    Telle tribu ou clan apportait du sel et l’échangeait contre de l’or ou du blé ou d’autres biens encore. Cela se faisait sur des endroits précis. Ensuite au sein de ces organisation, on procédait à la redistribution parmi les membres, des normes propres pour la redistribution existaient.

    L’organisation en général de ces peuples ne souffrait pas de propriété privée, tel point d’eau appartenait à telle tribu que par la force et l’autorité de cette tribu sur les autres, il en est de même des pâturages et des terres agricoles. Des fois des traités permettaient de résoudre certains problèmes quant à l’accès à certaines ressources.

    La tribu ou le clan garantissait une certaine sécurité de vie à ses membres souvent de même famille.

    La monnaie d’aujourd’hui est une monnaie de contrepartie, utilisée par les membres de notre société contemporaine, comme ci chacun de nous représentait un clan ou une tribu.

    Il serait intéressant de se poser la question de savoir si une organisation sociale de type “tribu” ou “clan” est bien indiquée dans une structure comme la nôtre?

    Quelles sont les caractéristiques de ces deux types d’organisation : tribu, clan – état de droit?

    L’utilisation de monnaie – contrepartie dans nos échanges est-elle une forme qui favorise un état de droit?

  15. TL dit :
    25 juin 2008 à 17:00 Fondamentalement, la monnaie est un actif juridique qui donne le droit d’acquérir, de louer ou de profiter de biens ou services, à condition cependant que ces actifs soient offerts.

    Le transformé de richesse, qu’est-ce ? Le carburant en est-il, puisqu’il est du transformé d’une autre richesse, le pétrole ?

    Alors on peut remonter dans la généalogie des moyens de production pour ne trouver que du travail (de l’effort), et des matières premières (soleil inclus). Les machines et tout le capital productif sont un composé de matières premières et de travail. En fait, des possibilités sont exploitées en transformant par le travail les matières premières en autre chose, mais d’autres possibilités sont perdues. Ceci influe sur la richesse. La transformation n’est pas neutre ou linéaire, elle est complexe car elle offre et enlève des possibilités.

    Ce raisonnement vaut aussi pour le capital patrimonial privé (maison, objets de loisir…).

    Il y a richesse acquise et richesse potentielle d’une certaine manière, ou pour rejoindre le tryptique évoqué, richesse existante et richesse potentielle.

    Une métaphore me vient à l’esprit, pour souligner le côté potentiel à la hausse comme à la baisse de la richesse : une catastrophe naturelle.

    Les bâtiments détruits sont des pertes pour leurs propriétaires, ou les assurances ; et si le dégât sature la capacité réactive de l’économie, la monnaie peut ne plus rien valoir, puisqu’une mise aux enchères plus ou moins ordonnée sera faite des stocks existants de biens et services de survie.

  16. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    25 juin 2008 à 18:08 On retrouve, dans ce qu’exprime TL, ce que nous avons développé dans le “modèle écosociétal”, en particulier ici http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=Ecosocietalisme0 (voir le “C” du préambule)
  17. Rumbo dit :
    26 juin 2008 à 15:05 Le texte ci-dessous, de Louis EVEN, aurait sans doute sa place dans pas mal de sujets dans ce blog. Selon les cas, je pourrais le mettre dans d’autres sujets. Il a l’avantage de nous rappeler à tout propos le, ou les caps à suivre, et pas d’autres. Je l’ai à peine ajusté pour l’époque actuelle.

    Donc, il faut SURTOUT se rappeler de ceci:

    Impôt sur le revenu = un vol
    Dette nationale = supercherie, escroquerie

    Les travailleurs du pays créent les richesses. Les banques font la comptabilité financière pour permettre aux citoyens d’échanger les richesses. Cette comptabilité financière, c’est l’argent.

    Les Français (et les citoyens des autres pays) sont, de droit, propriétaires des richesses qu’ils créent. Mais les banques volent aux Français (et aux autres) leurs richesses. Les banques se constituent elles-mêmes propriétaires de l’argent qu’elles fabriquent. Les banques inscrivent à leur propre actif ce qui devrait être l’actif de la société, l’actif du pays. En même temps, elles inscrivent au passif du pays toutes les richesses du pays. Cette dernière opération se fait quand les banques prêtent du crédit basé sur les richesses et qu’elles inscrivent ce crédit au passif des emprunteurs, qui sont les particuliers, les entreprises et les gouvernements.

    Les banques volent aux Français (et aux autres) l’actif du de la France (et des autres pays), en inscrivant cet actif à leur actif à elles et au passif du pays, dans leur comptabilité financière. Les banques volent le crédit de la société. Elles volent le crédit social.

    Les banques sont des faussaires. Elles pratiquent une fausse comptabilité de l’argent. Elles volent l’actif national, l’inscrivent au passif de la nation. Cela constitue la dette nationale, et cela fait naître des taxes voleuses.

    Les banques peuvent effectuer cette opération de vol, parce que tout l’argent qu’elles créent, elles le créent sous forme de prêts aux individus et aux gouvernements. Tout l’argent qui vient au monde dans le pays est créé par les banques et sous forme de dettes. C’est de l’argent-dette. Les banques devraient créer de l’argent libre de dettes, et le placer au crédit et non pas au débit de la nation.

    La dette nationale est la plus grande supercherie et la plus grande escroquerie de l’histoire. La dette nationale, c’est le capital national volé par la banque. La dette nationale devrait être convertie en capital national, en capital social, en crédit social.

    Et les intérêts sur la dette devraient être convertis en dividendes sociaux. De cette façon, les taxes disparaîtraient. Et les dividendes les remplaceraient. Les taxes qui sont imposées, quand on pourrait avoir un dividende, sont un vol.

  18. alain vidal dit :
    24 septembre 2008 à 21:07 Les intérêts bancaires, un privilège jamais aboli, accordé autrefois, par les rois aux banquiers.
    La crise mondiale, une crise de banquiers têtus s’accrochant aux intérêts sur la monnaie.
    Une loi pour le droit des Etats à contrôler les Banques Centrales
    Pour une monnaie de service public, une monnaie d’intérêt général, sans intérêts privés

    Les banquiers font des profits en vendant de la monnaie contre des intérêts payés par l’emprunteur.
    Avec 92% de monnaie électronique (8% de billets et pièces), la création monétaire est quasiment gratuite !
    La réserve d’or mondiale, une pépite dans un océan de monnaies électroniques.
    Un banquier crée un milliard d’euros sur un ordinateur en quelques secondes, des chiffres et des lettres !
    Pour un remboursement sur quinze ans de ce milliard emprunté, 5% d’intérêts représentent l’équivalent…
    des revenus accumulés par un salarié payé 1000 euros, et travaillant pendant un million de mois !!!

    La révolution informatique continue de réduire massivement les emplois…
    Avec le chômage : moins de salaires, moins de monnaie vendue et moins de profits pour les banques.
    C’est tragique…pour les banquiers qui ont besoin du travail des autres pour empocher les intérêts.

    Des banquiers aveuglés veulent continuer à profiter du travail des hommes malgré le progrès technique.
    La crise mondiale, un refus mondial de voir la réalité : le remplacement des humains par les machines.
    5 salariés suffisent là où il en fallait 100 autrefois (une productivité multipliée par vingt en 200 ans).
    Toujours plus de richesses produites avec de moins en moins de travail humain.
    Cela justifie pour chacun et à vie, un « revenu d’existence » non conditionné par un emploi.

    Par pur intérêt, les banquiers accordent ou non des prêts aux entreprises et aux particuliers.
    Financement d’armes au détriment de logements, d’écoles, d’hôpitaux…
    Stocks alimentaires détruits car invendus par pénurie de pouvoir d’achat, pénurie de monnaie…
    Faillite, chômage ou famine, les peuples souffrent pour garantir les privilèges des banquiers.
    Mais les intérêts bancaires et l’obligation d’avoir un emploi pour disposer d’un revenu nous interdisent
    de produire en fonction des seuls besoins des populations.
    Et pourtant, réserves de matières premières, d’énergie et main-d’œuvre, sont toujours là, prêtes à produire.

    Le rôle des Etats n’est pas d’aider les privilégiés en difficulté, mais d’abolir les privilèges !!!
    Par les intérêts, les banques ont droit de vie ou de mort sur les entreprises, les particuliers et les Etats.
    Cessons de privatiser les profits et de socialiser les pertes…Des populations en souffrent atrocement.

    Toute invention contient une multitude de savoirs et savoir-faire accumulés par nos ancêtres.
    Nous en sommes tous les héritiers.
    Cet héritage mondial, véritable patrimoine de l’humanité, légitime aussi le « revenu d’existence. »
    L’abolition des intérêts sur la monnaie abolira la course au profit et le productivisme destructeur.
    Le temps de travail de chacun sera considérablement réduit. Les banques serviront enfin l’intérêt général.
    La monnaie du « revenu d’existence » sera créée en fonction de productions décidées démocratiquement,
    dans le respect du droit à la vie (santé, logement, éducation…) et de l’environnement.
    (20/09/08) Libérons La Monnaie Nantes-Le Pellerin

    PETITION INTERNATIONALE AUX PARLEMENTAIRES
    Une loi pour le droit des Etats à contrôler les Banques Centrales
    Pour une monnaie de service public, une monnaie d’intérêt général, sans intérêts privés
    nom prénom qualité email

    Envoyer à : vidal.mothes@wanadoo.fr ou Alain Vidal, 5, avenue Louis Vasseur, 44 000 Nantes
    site : liberonslamonnaie.fr/ blog : liberonslamonnaie.blogspot.com/

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