16 – La création de la monnaie… et nous

05 06 2008

Publié par Paul Jorion

Je ne savais pas où je mettais les pieds quand, le 7 février, dans mon premier billet consacré à la monnaie Le scandale des banques qui « créent » de l’argent je remettais en question la notion de création ex nihilo de monnaie par les banques commerciales.

Depuis le début février, j’ai rédigé 15 billets spécifiquement consacrés à la question de la monnaie, et à l’heure où j’écris, le débat à suscité de votre part 296 commentaires (moins la poignée qui ont été rédigés par moi).

Nous ne perdons pas notre temps parce que nous avançons. Parfois à petits pas et parfois à grands pas. Nous ne sommes toujours pas entièrement d’accord mais nous le serons : j’en suis convaincu.

Ce que nous faisons est relativement unique (il y a des précédents, entre autres au XVIIè siècle avec les premiers développements du calcul des probabilités dans le cercle du duc de Roannez et aux débuts de la mécanique quantique) : une entreprise collective de découverte qui – comme certains l’ont souligné – est toujours courtoise et motivée par le seul souci de comprendre.

Cette question de la création monétaire n’a pas été comprise par les professionnels de la finance et ils ont fait pire : ils ont produit, sous l’égide de Milton Friedman, une théorie « monétariste » complètement fausse – un pur produit idéologique – et à ce point admise qu’une grande partie de nos efforts consiste simplement à en éliminer toutes les implications.

Ceux que j’appellerai les « amateurs éclairés » sont intervenus pour se coltiner avec les innombrables anomalies des théories admises : les intellectuels, les matheux, les cérébraux (souvent ingénieurs) et ils ont consenti un énorme travail mais – et c’est ce qui m’a conduit à intervenir en février – sans résoudre non plus tous les problèmes et… en engendrant parfois les anomalies de leurs propres théorisations.

Ce que j’ai fait – et que je continuerai de faire, jusqu’à ce que nous soyons parvenus au but – c’est jouer à la mouche du coche et (jouant sur les assonances) dire : « Ici, ça cloche encore », en tentant de jeter un pont entre les connaissances que les professionnels ont accumulées sur le processus de création de la monnaie et celles que les amateurs éclairés leur ont heureusement ajoutées !

Nous n’y sommes pas encore mais nous y sommes presque ! J’ai pensé qu’une petite dose d’auto-congratulation était d’ores et déjà amplement méritée.

Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite

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16 réponses à “La création de la monnaie… et nous”
  1. Emir Abel dit :
    5 juin 2008 à 07:59 A ce sujet, je ne peux que chaudement vous recommander la lecture du bouquin de A.-J. Holbecq et P. Derudder (préface E. Chouard) La dette publique, une affaire très rentable. A qui profite le système ? qui, comme son titre ne l’indique pas, explique dans le détail les mécanismes de création monétaire et les liens avec la dette publique, de façon claire et très pédagogique.

    Sans enlever en rien les mérites de ce blog et l’action initiée, il me semble qu’une grosse partie du travail est déjà fait et disponible dans ce livre.

  2. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    5 juin 2008 à 08:40 Merci Emir Abel,

    Mais il faut aussi remercier Paul de nous pousser à affiner nos explications, et souvent de nous imposer de les présenter sous des angles différents. Les diverses interventions de plusieurs intervenants ont été très précieuses: soit elles ont montré que ce système de création monétaire était loin d’être admis ou compris, soit elles ont permis à des spécialistes (mêmes “amateurs”) de préciser, d’affirmer ou d’infirmer certaines explications.

    Il reste qu’il manque encore, à mon sens, une explication simple et directement assimilable (mais qui ne fasse pas fuir les universitaires ou les banquiers centraux ou non) à l’usage d’un public initialement peu averti.

    AJH

  3. Paul Jorion dit :
    5 juin 2008 à 17:08 C’est cela qui me fait dire que nous y sommes presque : nous n’avons pas encore

    une explication simple et directement assimilable (mais qui ne fasse pas fuir les universitaires ou les banquiers centraux ou non) à l’usage d’un public initialement peu averti

  4. Emir Abel dit :
    5 juin 2008 à 19:07 Je crois que la vraie question, une fois que nous sommes globalement d’accord sur l’explication, c’est de déterminer comment diffuser le message afin que la majorité de nos concitoyens prennent conscience de la réalité (qu’ils prennent la pilule rouge. Ceux qui ont vu le film “Matrix” comprendront …).

    La forme du message ne peut certes pas être la même pour tout le monde.

    Pour les universitaires et les banquiers, le livre cité plus haut en référence par exemple devrait largement suffire. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’ils sont soit de mauvaise foi (et que le système leur convient) soit qu’ils sont dans la dénégation (car ils refusent la réalité) et on ne peut pas faire grand-chose.

    Pour la grande majorité de nos concitoyens, je crois qu’il faut arriver effectivement à trouver “une explication simple et directement assimilable”. Il faut trouver un slogan, une idée “marketing” qui frappe les esprits. Ce n’est pas facile, je le concède.

    Une association d’éducation populaire comme ATTAC par exemple aurait pu (aurait dû) s’emparer de cette thématique, en faire son cheval de bataille principal (sinon unique) au lieu de s’éparpiller sur des milliers de thématiques (au prétexte que tout est dans tout ?) et de s’entre-déchirer pour des questions de pouvoir politique.

    Enfin, le lobbying auprès de certains hommes politiques doit pouvoir, à terme, être efficace et permettre que l’un d’entre eux s’empare du sujet et le porte en avant ?

    En attendant d’autres moyens intermédiaires sont envisageables comme par exemple jouer au “troll” sur Internet mais de façon intelligente et positive en renvoyant les intervenants sur des sites pertinents comme http://www.chomage-et-monnaie.org/

  5. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    5 juin 2008 à 20:57 @Emir Abel
    Je ne pense pas que notre bouquin soit à destination des universitaires et des banquiers (ceux là liront Chaîneau, Maris, Plihon, Allais, … pour ne citer qu’eux), mais plus à destination d’un public éclairé, qui est celui qui s’intéresse au fait monétaire et se pose la question “pourquoi cette dette publique?”

    Au “reproche” qui nous est fait concernant le titre (qui a trait à la dette, alors qu’1/3 du livre tente d’expliquer la monnaie et le système bancaire), c’est simplement parce que nous ne pouvions expliquer nos positions quand à la dette sans parler et expliquer auparavant la création monétaire et le système bancaire (éclairage nécessaire également pour permettre de comprendre nos propositions), car tout le monde, hélas, ne lis pas le blog de Paul Jorion ;-).

  6. Leduc dit :
    6 juin 2008 à 02:37 Bonjour à tous, depuis quelques temps j’essaie de suivre un peu ce qui se passe sur ce blog. Pour ma part je n’ai que peu de connaissance dans le domaine de la finance ou économique en général (une année d’économie en seconde au lycée), je possède un bac S, j’estime avoir une intelligence normale (un QI au dessus de 100), enfin je veux dire que je suis un citoyen lambda avec un sens commun pas trop mauvais et assez débrouillard :) Moi, en tant que profane, si vous arrivez à publier un article définitif et récapitulatif sur la monnaie et toutes ses modalités de création, l’épargne, les banques centrales, les banques commerciales, etc, et bien ma foi je me ferais un plaisir de vous donner un bien modeste et humble avis :) J’imagine que ce ne doit pas être facile de concilier un vocabulaire et une terminologie trop technique et à la fois un souci de vulgarisation peut-être pour ceux qui n’ont pas forcément les connaissances nécessaires. J’espère et reste intimement convaincu que vous pourriez développer des idées qui pourraient être comprises par un plus grand nombre sans pour autant que cela soit excessivement simplifié.
  7. Jean Jégu dit :
    6 juin 2008 à 09:55 @ Leduc

    C’est très bien d’essayer de suivre ; je vous en remercie car nous écrivons pour cela. Mais, je voudrais quand même attirer votre attention et celle des lecteurs en général. Bien sûr, le mieux serait que l’un ou l’autre d’entre nous rédige un “post” clair et précis de deux tiers de page qui permettrait à tout esprit normalement constitué de comprendre monnaie et finance. De la même manière, si la méthode marche, que quelqu’un nous écrive, en deux pages au plus, « un article définitif et récapitulatif » comme vous le dites, qui permettrait à tout un chacun de bien appréhender les mathématiques : algèbre, géométrie, trigonométrie, calcul différentiel et intégral, probabilités, matrices et tenseurs, et théorie des ensembles naturellement !
    Non ; ce n’est pas possible. Il faut aussi que chacun se prenne par la main, choisisse des livres à son niveau et accepte d’y consacrer du temps. L’affaire le mérite.

  8. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    6 juin 2008 à 10:26 Bonjour
    On peut déjà commencer par isoler ce qu’ont écrit des spécialistes, non ?

    Ci dessous, de Dominique Plihon, « La monnaie et ses mécanismes » (éd. La Découverte – ISBN 2-7071-3185-7 – 2000). Dominique Plihon est professeur d’économie à l’université Paris Nord où il dirige le DESS « Banque, finance, gestion des risques » après avoir occupé la fonction d’économiste à la Banque de France et au Commissariat général du Plan.

    P4: « La monnaie est d’abord créée par les banques, à l’occasion de leurs opérations de crédit, en réponse aux besoins de financement des agents déficitaires, les entreprises en particulier. Ces dernières utilisent cette monnaie pour payer les salaires. Les salariés ne dépensent pas immédiatement leurs encaisses monétaires, car la monnaie permet de différer l’utilisation des ressources d’une période à l’autre … »

    P6: « Actuellement la monnaie est essentiellement scripturale, c’est-à-dire constituée d’avoirs matérialisés par une inscription sur des comptes bancaires ou postaux (…) . Les banques ont le monopole de la création de monnaie scripturale tandis que la monnaie fiduciaire est émise par la banque centrale. Cette “monnaie centrale” représente près de 10% du total des encaisses des agents non financiers (entreprises, ménages, administrations), principalement sous la forme de billets… »

    P13: « Le développement de la monnaie scripturale dont la part dans les moyens de payement (M1) est passé de 58% à 87% de 1960 à 1998, s’explique également par des qualités de commodités (…) La monnaie scripturale figure au passif du bilan des établissements habilités à gérer celle-ci. »

    P19: « La monnaie créée se concrétise par une inscription au compte du client emprunteur qui figure au passif du bilan bancaire ; la contrepartie est inscrite à l’actif à un poste créance sur le client. Le remboursement du crédit aboutira, de façon symétrique, à une destruction de monnaie en diminuant à la fois l’actif et le passif du bilan bancaire. La masse monétaire, constituée essentiellement par la monnaie scripturale, s’accroît lorsque les flux de remboursements sont inférieurs aux flux de crédits nouveaux (…)
    Les banques commerciales collectent également de l’épargne ; la part des crédits financés sur épargne ne participe pas, par définition, à la création de monnaie. »

    P20: « L’émission de billets est le monopole de la Banque centrale, souvent qualifiée pour cette raison “d’institut d’émission”, les banques, de leur côté, ont le monopole de la création de monnaie scripturale… »

    P 42: « La création monétaire est le privilège des banques : celles-ci créent de la monnaie en “monétisant” leurs créances et en émettant des dettes qui ont la particularité d’être acceptées comme moyens de payement. La plupart du temps, les créances bancaires correspondent à des crédits : il s’agit de monnaie de crédit, créée ex-nihilo par les banques à l’occasion de leurs prêts ».

    Je rajoute: “la monnaie ainsi créée sous forme de crédit circule à son tour et devient, pour certains, une épargne qu’ils peuvent à leur tour prêter.”

    Est-ce que “l’homme de la rue” (ce n’est pas péjoratif) comprend ceci ?

  9. Emir Abel dit :
    6 juin 2008 à 12:17 @Stilgar
    “Est ce que “l’homme de la rue” comprend ceci ?”

    Je crains que non. C’est bien là tout le problème

    @Jean Jégu
    “le mieux serait que l’un ou l’autre d’entre nous rédige un “post” clair et précis de deux tiers de page qui permettrait à tout esprit normalement constitué de comprendre monnaie et finance”

    Cela a déjà été fait remarquablement, me semble-t-il, par …. vous même ici : http://pagesperso-orange.fr/jegu.jean/navirapid.html

  10. Jean Jégu dit :
    6 juin 2008 à 15:38 @ Emir Abel.
    Et pan sur le bec ! Merci quand même et très sincèrement pour votre amabilité . JJ
  11. Leduc dit :
    6 juin 2008 à 23:12 J’ y vois un peu plus clair. Ce blog, les extraits de livres, l’article de Jean dégrossissent pas mal le terrain pour le “profane” :)
    Franchement, ce qui ressort de tout cela, c’est que le terme de “bankster” me semble très bien approprié. Il s’agit littéralement d’une vaste escroquerie. Rappelons nous le sketch de Coluche : “moins tu peux payer, plus tu paies !”

    Il y a une chose qui m’interpelle dans la fonction de l’argent, ce qu’il permet en fonction des époques. Aux époques pré industrielles (pourquoi pas au Moyen-Age), les capacités de productions étaient évidemment très faibles vu qu’il n’y avait que des techniques de fabrications artisanales. La productivité était très faible, et je me dis que la monnaie à l’époque jouait vraiment du mieux qu’elle pouvait son rôle : elle permettait sans doute de répartir le peu qu’on arrivait à produire le plus équitablement possible et sans doute aussi permettait de concentrer l’activité économique sur l’essentiel et ce qui était vraiment important, d’une manière assez rationnelle (même si la Raison n’était sans doute pas formellement aussi développée qu’aujourd’hui). Les besoins étaient sans aucun doute toujours insatisfaits, les capacités économiques étant largement inférieure aux besoins de la population, et les royaumes avaient toujours la facheuse tendance à ruiner les économies de certaines régions en déclenchant des guerres. Mais j’imagine que l’argent servait au mieux l’économie malgré tout.

    Aujourd’hui, qu’elles sont les différences ? Grâce à l’essor de la science, des applications industrielles de ces découvertes, on a pu démultiplier les capacités de productions par un facteur dépassant l’imagination. On a inventé tout un tas de technique, de technologies, on a utilisé les énergies fossiles et ainsi permis de développer les capacités de productions au point que nous pourrions sans doute (si nous le voulions bien et bien malgré le décollage démographique planétaire qu’il y a eu lieu depuis 2 siècles) satisfaire largement les besoins élémentaires du monde entier et même assûrer un peu, pas mal ou beaucoup d’accessoire et de superflu sans aucun doute.

    Alors qu’est-ce qui limite le développement harmonieux d’un monde aussi parfait que possible ? Qu’est-ce qui empêche les hommes d’arriver à un futur genre Star Trek ou autre scénaro sci-fi où l’humanité aurait formé une grande fédération et où le progrès permettrait à l’humanité de vivre dans de bonnes conditions ? Qu’est-ce qui empêche des projets ambitieux et pharaoniques de développer partout une agriculture abondante, des installations de productions d’électricité renouvelables (éoliennes, solaires, biomasse, etc), de ne pas gaspiller les ressources, de bien gérer intelligemment celles dont nous disposons, de fournir des biens et services à tout le monde ? Je reste intimement convaincu qu’arrivé au niveau de science et de technologie que nous connaissons depuis quelques décennies, ça ne poserait aucun problème technique afin qu’aucun homme ne manque ni d’eau, ni de nourriture, ni d’électricité, ni de tous les besoins élémentaires. Et je suis de plus en plus persuadé que le principal obstacle à un tel développement harmonieux et durable tourne autour principalement de la monnaie, de l’argent, du financement par cet argent (apparemment de plus en plus virtuel, irréel et dématérialisé), du capitalisme ou la tournure qu’il a pris peut-être. L’argent ne semble servir que ceux qui possède déjà de l’argent, il me semble finalement qu’on ne prête qu’aux riches, qu’à ceux qui ont de l’argent, et moins on en a et moins on a de chance de s’en voir prêter (et si on en obtient malgré des conditions difficiles d’octroi, on doit rembourser plus que ceux qui en ont, sur des crédits plus longs avec plus d’intérêts). L’argent semble finalement de moins en moins servir l’intérêt commun, collectif, et semble de plus en plus profiter à des intérêts particuliers, individuels. Il sert de moins en moins à satisfaire les besoins des populations apparemment (qui pourrait encore le nier en constatant les centaines de millions de personnes, les milliards, qui manquent de tout dans le monde, les centaines de millions d’autres qui (sur)vivent comme il y a 500 ans ou peut-être même encore pire). On pourrait développer des projets utiles, intelligents, écologiques, pour le bienfait des êtres humains, mais il faut croire que ça ne rapporte pas assez ou pas du tout sur investissement, donc pas intéressant.

    La monnaie, l’argent, en dehors des modalités de sa créations, il faudrait aussi s’intéresser à ses fonctions, ses buts, sur sa raison d’être. J’ai l’impression qu’au niveau de la monnaie, il y a quelque chose qui nous échappé pendant le passage dans l’ère moderne et l’avènement du capitalisme.

  12. Paul Jorion dit :
    6 juin 2008 à 23:13 @ Leduc, Emir Abel, Jean Jégu

    Ce que je vise personnellement, c’est un texte qui devrait faire 15 à 25 pages, pour être suffisamment clair et qui soit publiable sur support papier. Ce serait une œuvre collective dont je resterais le modérateur mais que pourraient signer tous ceux des participants qui s’y reconnaissent. Les versions « dissidentes » – non modérées par moi – resteraient bien entendu les bienvenues ici – comme dans les attendus des cours suprêmes, où la minorité justifie sa propre position. Le public auquel le texte serait destiné ne serait ni celui des économistes, ni celui des spécialistes de la finance mais celui de la multitude (le Peuple !). J’ai souvent publié dans La Revue du MAUSS, et c’est à une publication de ce genre que je soumettrais notre texte.

  13. Blog de Paul Jorion » La monnaie : approche comptable et approche économique dit :
    7 juin 2008 à 00:44 […] La monnaie et ses mécanismes (La Découverte 2000) que A-J Holbecq (Stilgar) nous propose dans un récent commentaire, me permettent de mettre le doigt sur l’une des choses qui me chipotent encore dans notre débat […]
  14. Emir Abel dit :
    7 juin 2008 à 10:44 @ Paul

    A ce stade, je voudrais d’abord vous remercier. Grâce à votre blog, j’ai découvert les contributions (association, livres, posts, blogs, …) de gens comme A-J Holbecq (Stilgar) et Jean Jégu qui m’ont aidé à progresser dans ma compréhension des théories de la création monétaire. Ils m’ont permis d’approfondir et de préciser certaines zones grises surgies de mes lectures sur le sujet.

    Pour en revenir à votre souhait d’un texte de 15 à 25 pages, j’avoue une certaine perplexité. Je vais essayer de m’expliquer.

    Quel serait l’objectif d’un tel texte ? S’il est destiné à des “décideurs” (banquiers, financiers, hommes politiques, …) afin de leur faire prendre conscience de la situation, j’ai peur que cela soit trop court et ne permette pas de développer dans le détail des arguments convaincants. S’il est destiné au “grand public”, j’ai peur que le nombre de pages envisagé soit rébarbatif.

    Je reconnais ne pas être très positif avec ce genre de propos mais je reste néanmoins tout à fait enthousiasmé par une participation éventuelle (dans les limites de mes compétences) à votre projet.

  15. Leduc dit :
    7 juin 2008 à 13:26 Je reste confiant dans l’accomplissement de votre projet et vous y encourage.

    Parmi le grand public il y aura sans doute une grande majorité qui ne comprendraient rien à une telle synthèse, ou alors qui tout simplement n’en auraient rien à fiche car cela ne correspondrait pas à leurs centres d’intérêts.

    Mais cela vaut le coup de le faire, même s’il n’y a que 10% de la masse populaire qui en retire quelque chose de positif.

    Il y a vraiment tout un tas de personne qui voudraient mieux comprendre mais qui sont découragés par la multitude d’infirmations contradictoires, par des fausses pistes. Peut-être même que des groupes qui ont tout intérêt à désinformer le public à ce sujet contribuent à cet état d’ignorance.

    Courage et bonne chance !

  16. A-J Holbecq (Stilgar) dit :
    7 juin 2008 à 14:19 Puisque le 6 juin Emir Abel a écrit ” je crains que non” ;-) , j’ai tenté de simplifier ce résumé (qui n’explique évidemment pas le “comment” dans le détail.. et qui est à la limite possible de la vulgarisation). J’obtiens donc un premier jet :

    ++++

    La monnaie est issue d’une écriture comptable pour passer ensuite dans la sphère économique ou financière.

    La monnaie fiduciaire (billets de banque) est émise par la banque centrale et doit être achetée par les banques commerciales pour satisfaire les besoins de espèces de la population. Mais les banques commerciales ont aussi le monopole légal de la création de monnaie scripturale (d’écriture comptable) qui représente 85% de la masse monétaire totale .

    Cette monnaie scripturale est créée par les banques en réponse aux besoins de financement des différents acteurs de l’économie. Dans le cas des entreprises par exemple, celles-ci utilisent cette monnaie pour payer, entre autres, leurs fournisseurs et les salaires qui seront ensuite dépensés dans le circuit économique.

    Ce privilège des banques leur permet de créer de la monnaie en “monétisant” leurs créances et en émettant des dettes qui ont la particularité d’être acceptées comme moyens de payement : il s’agit de monnaie de crédit, créée en échange de la simple demande (et d’apports de garanties) par les banques à l’occasion de leurs prêts.

    La monnaie scripturale est constituée d’avoirs matérialisés par une inscription sur des comptes bancaires du client emprunteur et figure au passif du bilan bancaire ; la contrepartie est inscrite à l’actif à un poste créance sur le client.

    Le remboursement du crédit aboutira, de façon symétrique, à une destruction de monnaie en diminuant à la fois l’actif et le passif du bilan bancaire. La masse monétaire, constituée essentiellement par la monnaie scripturale, s’accroît lorsque les flux de remboursements sont inférieurs aux flux de crédits nouveaux.

    La monnaie ainsi créée par les banques sous forme de crédit circule à son tour et devient, pour certains, une épargne qu’ils peuvent à leur tour prêter.

    Les banques commerciales collectent également de l’épargne ; la part des crédits financés sur épargne ne participe pas, par définition, à la création de monnaie, mais cette épargne utilisable a bien fait l’objet, à un moment antérieur, d’une création monétaire puisque la monnaie n’existe pas “naturellement”.

    ++++++

    Est-ce (un peu) plus clair ?
    Prochain tour (lundi) pour parler de l’intérêt … mais procédons par ordre.

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