13 – La monnaie : le point de notre débat (I)

08 05 2008

Publié par Paul Jorion

Je propose un point synthétique sur notre débat relatif à la monnaie. J’ai vu trois thèses se développer dans nos discussions. Vous me direz s’il y en a davantage et vous me corrigerez sur la formulation de ces trois thèses.

(1) Résolvons la question de la monnaie et tout le reste en sera – sinon résolu – du moins sérieusement simplifié. Il est impossible de justifier sur un plan théorique le versement d’intérêts.

(2) Les intérêts représentent la part de la création des richesses qui revient à ceux qui ont consenti des avances. Résolvons la question de la manière dont la richesse est partagée et tout le reste sera – sinon résolu – du moins sérieusement simplifié. Il existe un non–dit dans la thèse (1) : dire qu’« il est impossible de justifier sur un plan théorique le versement d’intérêts », est une manière déguisée de dire qu’il faut abolir la propriété privée.

(3) Les thèses (1) et (2) sont prisonnières d’une aporie du type « Qui vient d’abord ? La poule ou l’œuf ? » Les problèmes posés ne pourront être résolus qu’au sein d’un nouveau paradigme qui intégrera la question de la création de richesse dans un espace à quatre dimensions, la quatrième étant bien entendu le temps. Les casse–têtes liés à la monnaie résultent essentiellement du fait que nous examinons les questions liées à la richesse en mêlant les interrogations qui n’ont de sens que dans un espace à quatre dimensions et celles qui n’ont de sens que dans un espace à trois dimensions.

Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.“

=============================.

14 réponses à “La monnaie : le point de notre débat”
  1. Jean Jégu dit :
    8 mai 2008 à 19:07 Pour ce qui me concerne, je ne sais où me classer. Je n’ai jamais dit que la paiement d’un intérêt était théoriquement injustifiable. Je pense par ailleurs que ce n’est pas essentiellement la récompense d’enrichissement pour avoir consenti une avance, mais tout simplement la mesure nécessaire pour que face à une inflation toujours constatée et probablement justifiable compte tenu de la dimension ”temps”, l’épargne monétaire conserve son pouvoir d’achat, cette propriété étant intrinsèque à la définition de la monnaie.

    De plus, l’essentiel, à savoir la maîtrise de la création monétaire (c’est-à-dire de la quantité et du choix des attributaires) confiée d’une manière qui reste à définir à une autorité relevant de la démocratie, c’est-à-dire soucieuse du bien général et jugée à cette aune, n’apparaît pas dans la synthèse.

    Enfin, sans vouloir brouiller les cartes, personnellement je suis persuadé qu’il n’y a pas que le crédit qui soit créateur de monnaie. Il existe aussi une monétisation de actifs et de dettes, pratiquées par les banques. Je propose que ces mécanismes soient bien conservés pour la collectivité, d’autant plus qu’elle est seule l’ ultime garantie de sa monnaie. Ceux qui auraient le courage de me lire trouveront tout cela dans mes pages.

  2. Stilgar dit :
    8 mai 2008 à 19:12 Juste en passant, avant de m’absenter pour plusieurs jours..

    Je pense qu’il faut séparer deux sortes d’intérêts :

    1 – les intérêts sur une épargne préalable, justifiée par le fait que pour le prêteur/épargnant, c’est le prix de sa renonciation temporaire à une consommation ainsi que le risque de non-remboursement ou de perte de pouvoir d’achat, et pour l’emprunteur, c’est un coût correspondant à une consommation anticipée. Pour ma part, je préfère nommer ce type d’intérêts par “dividendes”

    2 – les intérêts sur la création monétaire bancaire (”ex nihilo” ;-) … ou plutôt – pour éviter de gêner Paul – en contrepartie de reconnaissance de dette ) sont, à mon sens, injustifiés lorsqu’ils enrichissent une banque commerciale qui émet la monnaie (même avec de l’inflation qui dépasserait le taux d’intérêt qu’elle a demandé, son bilan comptable revient à zéro si le prêt est remboursé : tout ce qu’elle peut perdre c’est une moindre valeur d’usage des intérêts qu’elle recevra).

    En ce qui concerne cette inflation, il me semble logique que l’emprunteur la “rembourse” à la collectivité. On peut donc discuter de savoir s’il s’agit d’intérêts pré-décidés, ou d’un calcul a posteriori de la valeur réelle de la monnaie dans le temps, compte tenu d’une éventuelle inflation (qui apporterait à l’emprunteur un enrichissement sans justification s’il ne remboursait que le capital sans autre “pénalité”)

    Pour la question « Qui vient d’abord ? La poule ou l’œuf ? », je ne crois pas que ce soit très important… : la richesse est créée par le travail (que ce soit celui de l’homme ou de la machine), avec l’aide de la nature, et ce n’est pas la monnaie qui devrait être un obstacle à la création des richesses réelles (utiles) puisque, étant maintenant totalement dématérialisée, sa quantité n’est plus limitée (ce qui ne veut pas dire qu’elle doit être créée n’importe comment comme c’est le cas actuellement).

  3. Jean Bayard dit :
    10 mai 2008 à 13:34 Je partage tout à fait l’avis de Paul Jorion, qui est aussi me semble-t-il celui de Stilgar et de Jean Jégu : en résolvant la question de la monnaie, tout le reste devrait suivre. Mais, attention ! une erreur de diagnostic conduit fatalement à une erreur de prescription.

    A la suite de longs travaux de recherche, je crois pouvoir dire que l’activité nationale de production est soumise à l’influence désordonnée, parce que non régulée, de ses deux facteurs endogènes opposés que sont l’épargne et le crédit, le premier produisant un effet de frein, le second produisant au contraire un effet d’accélérateur. Le résultat de ce désordre s’appelle la conjoncture. Et, il n’y a de fatalité que de l’accepter.

    L’affaire des “subprimes” est sans nul doute à l’origine de la crise économique que traversent les Etats-Unis. La perte de confiance et le reflux des concours accordés à l’économie par le système bancaire, qui en sont la suite, ont pour conséquence une décélération de l’activité de production. Et ce pays qui vit à crédit plus que tout autre s’enfonce inexorablement dans la récession.

    A mon avis, la régulation monétaire que seul l’Etat est en mesure d’exercer est le seul moyen de redresser nos économies nationales. Pour assumer pleinement cette fonction, l’Etat doit reprendre le contrôle de sa banque centrale, condition sine qua non. Là se trouve le verrou monétaire qu’il est urgent et vital de faire sauter !

    Depuis plusieurs années, je préconise que l’Institut d’émission (et il en a les moyens) par le canal des banques couvre les risques d’insolvabilité de tous les agents économiques, entreprises (individuellement) et ménages (globalement), contre une rémunération et selon des modalités à fixer. Si la responsabilité de la Fed avait été engagée dans ce sens, je pense que la crise des “subprimes” n’aurait pas eu lieu.

    Je suggère également que les besoins financiers de l’Etat soient exclusivement couverts par la banque centrale, sans intérêt ni échéance, au titre des concours nationaux à l’économie. Monnaie permanente à substituer massivement à la monnaie d’endettement. Par ce moyen, on réduit très sensiblement les risques encourus sur le plan macroéconomique de l’accumulation de l’endettement et des intérêts y relatifs. Il faut savoir que les intérêts bancaires donnent lieu à destruction monétaire, ce qui signifie que la masse monétaire en circulation devient alors insuffisante pour assurer le remboursement des emprunts, ce qui nécessite une folle course en avant vers toujours plus de crédits !

    Il est tout de même un peu excessif que les ménages soient imposés pour verser des intérêts aux banques et aux rentiers afin de financer le pays à partir de monnaie créée de rien !

    Enfin, je pense que l’économie privée (entreprises et ménages) peut être financée par les seules banques et établissements de crédit (en sous-traitance), même s’il s’agit de création monétaire ex-nihilo, contre une rémunération destinée à couvrir les seuls frais du service des concours à l’économie et de l’assurance contre le risque d’insolvabilité. Les prêts et emprunts seraient alors indexés sur un indice approprié destiné à couvrir l’érosion monétaire. L’intérêt des prêts et emprunts étant à terme supprimé. Prêteurs et emprunteurs seraient ainsi égaux devant l’inflation.

  4. Bernard dit :
    10 mai 2008 à 17:31 Je me classerai dans la première catégorie, tout au moins pour les transactions du secteur privé.

    L’intérêt est pour moi uniquement une rémunération de la défiance, et qui trouve naturellement une place de choix dans le dogme actuel qui exalte la concurrence.

    Si ce discours n’est plus tenu, on va découvrir que personne n’est créancier tout au long de sa vie, pas plus que débiteur.

    La rémunération du créancier sera la réponse à son besoin de sécurité, à travers la solidarité redistributive de ses phases de débiteur, que l’absence de dette financière facilitera d’ailleurs largement.

    On peut à l’inverse concevoir un intérêt pour les investissements publics que l’on souhaite promouvoir.

    L’association de la disparition des intérêts et de la propriété est pour moi un contresens majeur,
    puisque c’est bien ce phénomène d’accumulation financière qui détruit la propriété privée, suivant en celà la démonstration que H. Arendt qui en a faite en 1958.

    On voit bien d’ailleurs où en est déjà arrivé la dépossession progressive des travailleurs de leurs propriétés enracinées dans leur terroir, et leur perte de contrôle sur ce qui se passe dans leur lieu de vie et environnement vital, tout le discours du système étant au bénéfice de l”actif”, “mobile”, qui en sera réduit à chercher sa propriété privée en fonction de ce que la valorisation de sa force de travail lui permet d’espérer, à moins qu’il ne réussisse dans les “affaires”.

    Le reste en sera sérieusement simplifié :

    Il suffira de créer des mécanismes d’équilibrage entre les zones socioéconomiques mondiales , protections nécessaires pour ne pas en tarir les productions et les échanges locaux.

    Les maître-mots de l’avenir sont “confiance” et “réversibilité”.

  5. Eric Dannemark dit :
    12 mai 2008 à 00:30 Si attendre a de la valeur, ce n’est que dans certaines circonstances qu’on est payé pour attendre.
    La monnaie acceptée dans une communauté en lieu et place de “valeurs” concrètes ne produit en elle-même aucune valeur supplémentaire que l’on pourrait se partager. Mais il est des valeurs qui sont produites et reconnues et sans lien avec leur coût de production : le sourire ou autre de Vanessa, le talent de Paul, celui de Zidane, l’abstinence du prêteur…
    Bref dans une communauté close où les seules valeurs sont des objets matériels évalués à leur coût de production tout est simple. Dans un monde plus complexe, non fermé, où les valeurs sont subjectives et acceptées comme telles, y inclus la circulation de la monnaie, il faut multiplier les limites mais cela limite la subjectivité acceptée de manière générale…Si on va jusqu’au bout des rêves de contrôle, on se retrouve avec les SEL…l’économie de tickets…qui est une pratique contre le système de marché du type planification mais sans les avantages de la planification.
    Il faut limiter les limitations…
  6. Atlantis dit :
    12 mai 2008 à 07:31 Hypothèse 1 aussi.
    Toutefois je doute très très fortement qu’on y touche car ça serait saper une des bases du système pyramidal mis en place (qui a eu besoin de la globalisation pour continuer sa fuite en avant). Les gardiens sont vigilants et grassement payés. On pourra à mon avis n’y toucher qu’une fois que le système se sera effondré (ce qui se fera inéluctablement, et dans la douleur).
  7. Paul Nollen dit :
    15 mai 2008 à 19:45 Réponse à Jean Bayard

    Proposition de l’AMI : (American Monetary Institute) http://www.monetary.org

    Le besoin d’une Réforme Monétaire

    Traduit par Mr. Ole Mackeprang

    Une réforme monétaire est la mesure nécessaire à prendre, si l’on souhaite éviter à l’humanité un désastre nucléaire, et l’éloigner d’un futur miné par la corruption et le coût des guerres, pour la diriger vers un monde de plus de justice et de beauté.

    Le pouvoir de créer de l’argent est un pouvoir terrifiant, parfois plus puissant que l’ensemble des pouvoirs exécutifs, législatifs et juridiques réunis. Celui qui le détient possède un ‘chéquier magique’ dont les chèques ne peuvent pas être sans provision. Quand ce type de pouvoir est sous contrôle privé, il peut servir à s’enrichir, ou plus important encore, il détermine le sens de notre société, en décidant l’emploi de l’argent, c’est-à-dire à quoi il doit être dépensé, ou non. Sera-t-il employé pour construire ou réparer des infrastructures vitales, comme des digues pour protéger nos villes les plus importantes? ou va-t-on l’employer pour subventionner des guerres, ou bien des prêts immobiliers, en créant un capital inflationniste – un boum immobilier ?

    Cela signifie que le pouvoir qui émet l’argent ne devrait jamais être aliéné du gouvernement élu démocratiquement pour être ainsi placé entre les mains de privés, comme c’est pourtant le cas aujourd’hui avec le système de la Réserve Fédérale des Etats-Unis.

    Eu fait, la plupart des gens seraient surpris d’apprendre que la majeure partie de la masse monétaire n’est pas créée par le gouvernement, mais par des banques privées lorsqu’elles souscrivent des prêts. A travers le processus ‘fractionnaire’ de la Réserve Fédérale, le système crée un mode d’achat, lorsque les banques accordent des prêts aux comptes courants. Ainsi la plus grande part de notre argent est émise comme un endettement rémunéré.

    Nous empruntons ce système monétaire aux banques privées alors que nous devrions en être les propriétaires, et non les locataires. Notre gouvernement a le pouvoir souverain d’émettre de l’argent (art. 1, sec. 8 ) et de le dépenser en le mettant en circulation, afin de promouvoir la richesse générale en créant et en réparant des infrastructures, y compris des infrastructures humaines telles que la santé et l’éducation, au lieu d’abuser le système au profit de la spéculation, comme l’industrie bancaire l’a fait à travers l’histoire. Nos législateurs doivent maintenant revendiquer ce pouvoir !

    L’argent a de la valeur, grâce aux gens de talent et aux ressources et infrastructures, qui travaillent ensemble, dans un cadre légal et soutenable. L’argent est le lubrifiant indispensable qui leur permet de continuer à fonctionner. Ce n’est pas un capital intrinsèquement, mais un outil pour obtenir de la richesse. L’argent est un pouvoir social abstrait basé sur la loi, et tout ce qu’un gouvernement accepte sous forme d’impôt est de l’argent. La valeur de l’argent n’est pas créée par les sociétés privées qui le contrôlent actuellement.

    Malheureusement ‘l’expérience’ humaine de l’émission d’argent privée ne s’avère qu’une longue histoire de fraudes, de mauvaise gestion et de tromperie*. Les abus bancaires sont partout, et évidents. Des entreprises privées importantes se contentent d’exploiter le système monétaire au lieu de produire. Par exemple, en juin 2005, la Citibank et Merrill Lynch ont payé plus de 1,2 milliards de dollars aux retraités d’Enron en règlements de plaintes pour fraudes.

    La création de l’argent privée par le système ‘fractionnaire bancaire’ engendre une concentration des richesses sans précédent, qui détruit le processus démocratique et finalement promeut l’impérialisme. Moins d’1% de la population possède 50% de la richesse globale, pendant que l’infrastructure vitale est ignorée. La Société des Ingénieurs Civils classifie notre infrastructure à un niveau D et estime que 1.6 trillion de dollars sont nécessaires pour maintenir un niveau acceptable. Ce fait seul montre que le système monétaire en vigueur dans le monde est désastreux et nécessite une réforme, de façon urgente.

    Des réparations de l’infrastructure créeraient du travail de qualité pour toute la nation. On prétend que le gouvernement doit soit emprunter, soit faire appel aux impôts supplémentaires, pour trouver l’argent pour des tels projets. Mais il est bien connu que le gouvernement peut créer directement cet argent et simplement le mettre en circulation pour ce genre de projet, sans encourir des risques inflationnistes.

    La Réforme Monétaire est obtenue en trois étapes qui néanmoins doivent être entreprises simultanément pour être efficaces. Les trois étapes sont indissolublement liées, et l’une sans les deux autres ne fonctionnera pas et aurait au contraire un effet néfaste pour la situation monétaire.

    Premièrement, on doit incorporer le système de Réserve Fédérale dans le Trésor des Etats-Unis où sont créées toutes les nouvelles émissions d’argent, non assujetties aux intérêts, et mises en circulation pour promouvoir les nécessités sociales, bien que contrôlés pour ne devenir ni inflationnistes ni déflationnistes.

    Deuxièmement, il faut abolir le privilège des banques de créer de l’argent, en mettant fin au système fractionnaire d’une façon souple et élégante. Tous les crédits privés en cours seront convertis en argent du gouvernement américain. Les banques alors seront intermédiaires en acceptant des dépôts d’épargne et pourront le prêter aux emprunteurs, ce que les gens croient qu’ils font maintenant.

    Troisièmement, il faut émettre de l’argent nouveau pour être dépensé pour l’infrastructure, y compris l’éducation et la sécurité sociale nécessaire à toute société en croissance, en commençant par les 1,6 mille milliards que la Société des Ingénieurs Civils estime nécessaire à la maintenance de l’infrastructure; en créant de bons emplois à travers la nation, qui vont revigorer l’économie locale et refinancer le gouvernement à tous les niveaux.

    Le faux spectre de l’inflation est toujours revendiqué contre de telles suggestions, alors que c’est le devoir d’un gouvernement de fournir l’argent nécessaire. C’est l’argument réflexe, résultat de décennies, voire de siècles de propagande anti-gouvernementale. Lorsqu’on examine le résultat monétaire, il parait évident que le gouvernement a plus de mérite à émettre et contrôler l’argent que tout émetteur privé*. L’inflation est évitée, car une richesse tangible sera créée dans le processus.

    Les législateurs ont souvent cru qu’ils pouvaient ignorer la grande question de la structure de notre système monétaire. Dès l’époque de la Convention Constitutionnelle, les délégués ont ignoré le pouvoir monétaire de la société, et l’excellent cursus de l’argent émis par le gouvernement a permis la construction d’une infrastructure coloniale et a créé une nation* Ils ont laissé le pouvoir de l’argent entre les mains de n’importe qui, au lieu de le confier à une quatrième branche monétaire du gouvernement. L’histoire nous démontre que le pouvoir serait une quatrième branche si seulement nous le voulions. Ce n’est pas sécurisant de laisser autant de pouvoir et de privilèges dans des mains privées ! C’est contraire à notre système de contrôles et d’équilibre. La crise qui se développe actuellement exige que nous réévaluions et nous penchions sur ce dilemme, dès maintenant. Voilà ma suggestion, faisons notre devoir afin d’arriver à une vrai compréhension de ce problème et à sa solution.

    Comme disait le défunt Sénateur Wright Patman, membre du Comité du Congrès pour les Banques et Monnaies durant 16 ans, « Je n’ai jamais encore rencontré quelqu’un qui pouvait, en utilisant sa raison et sa logique, justifier le fait que la Banque Fédérale emprunte pour utiliser son propre argent… Je pense qu’avec le temps ils vont nous le reprocher : les gens vont exiger que ceci change. Je pense qu’avec le temps ils vont nous le reprocher, à vous et à moi, et à tout le Congrès, de n’avoir rien fait en permettant à un tel système idiot de se poursuivre. »

    La proposition pour l’Europe (Prof Joseph Huber et James Robertson )

    http://www.socialcurrency.be

    La proposition législative :

    Déclaration des dépôts à vue en tant que moyen de paiement légal :

    L’établissement de la prérogative publique de créer l’argent officiel exigera un changement simple mais fondamental de la loi.

    Ceci est illustré le plus clairement par le changement requis dans le statut du système européen des banques centrales et de la banque centrale européenne.

    L’article 16 du statut européen est intitulé “Billets”. Il contient le texte suivant:
    “… le conseil des gouverneurs est seul habilité à autoriser l’émission de billets de banque dans la Communauté. La BCE et les banques centrales nationales peuvent émettre de tels billets. Les billets de banque émis par la BCE et les banques centrales nationales sont les seuls à avoir cours légal dans la Communauté.””

    La version modifiée aurait pu être intitulée “Monnaie légale”.

    Elle pourrait contenir les lignes suivantes :

    “… le conseil des gouverneurs est seul habilité à autoriser l’émission de moyens de payement légaux dans la Communauté. Les moyens de paiement légaux incluent la pièce de monnaie, les billets de banque et les comptes courants. La BCE et les banques centrales nationales peuvent émettre de tels modes de paiement. Les pièces de monnaie, les billets de banque et les comptes courants émis par la BCE et les banques centrales nationales sont les seuls moyens de payement à avoir cours légal dans la Communauté.”

    Paul

  8. Stilgar dit :
    15 mai 2008 à 21:35 L’écosociétalisme propose que la monnaie soit émise à la création de richesse (et au bénéfice du créateur) et détruite lors de la consommation de richesse, sur le compte du consommateur… http://tiki.societal.org/
  9. Paul Nollen dit :
    16 mai 2008 à 17:40 Hello Stilgar,

    c’est André-Jacques Holbecq (AJH) du site ” SOCIÉTAL ” qui m’a donné le lien a Paul Jorion ;-)
    Je suis toujours à la recherche du “common ground”, c’est, a mon avis, le seul moyen pour arriver quelque part.

    Paul

  10. Stilgar dit :
    17 mai 2008 à 08:27 Bien, il est temps d’avouer :-)
    J’avais pris ce pseudo ( vous avez tous -?- lu “Dune” de Frank Herbert) lors de ma première intervention sur le blog de Paul Jorion, ne sachant pas trop où je mettais les pieds … n’y voyez pas de malice ni tentative malsaine quelconque…
    J’ai prévenu Paul Jorion de ma véritable identité dès le 9 avril, car je considère que c’était la moindre des choses que lui soit au courant..
    Donc, je signerai mes interventions par mes initiales (AJH) à partir de maintenant, tout en gardant le même pseudo.
    A-J Holbecq

    PS: Je vous signale la sortie actuelle – aux éditions Yves Michel – de “La dette publique, une affaire rentable” écrit en collaboration avec Philippe Derudder (après, l’an dernier, de “les 10 plus gros mensonges sur l’économie” chez Dangles)

  11. Paul Nollen dit :
    17 mai 2008 à 09:42 Bonjour AJH ;-)

    Paul

  12. karlu$$ dit :
    17 mai 2008 à 16:25 AJH … le céréalier bio ??
  13. Stilgar dit :
    17 mai 2008 à 16:49 Non, non ;-)
    J’ai écrit sur l’autre fil ” Voici ce qu’écrit un cultivateur sur le forum “oléocène” ” … je n’étais que le messager…

    AJH

  14. Stilgar (AJH) dit :
    22 mai 2008 à 16:30 Jean Jégu et moi-même avons essayé de “synthétiser” une explication sur la création monétaire : la voici.

    Une banque A gère le compte d’un client “a”. Celui-ci dépose 100 € sur son compte. Nous ne préjugeons pas de l’origine (billets, virement, encaissement de chèques …) de ces 100 €. Nous supposons seulement que l’opération est faite dans les règles.

    Cela veut dire que ce Dépot à Vue (DAV) de 100 est comptabilisé en M1, au passif de la banque A, et qu’en plus cette banque A dispose de 20 € en monnaie centrale (M0) sur son compte en Banque Centrale pour couvrir statistiquement les retraits en monnaie fiduciaire. Le client “a” va tirer disons 20 € en monnaie fiduciaire (le DAV est diminué de 20, et 20 sont extraits de M0 et passent dans M1 ; M1 n’est pas changé car – 20 + 20 = 0 ) et payer un fournisseur “b” titulaire de compte dans une banque B, avec les 80 € restants, par virement ou chèque. ( N.B. Le cas où “b” serait aussi client de A est plus trivial et sans intérêt pour notre explication). M1 qui est la somme de tous les billets et pièces (monnaie fiduciaire) et de tous les DAV (monnaie scripturale) n’est toujours pas modifié mais le mouvement du chèque entre les banques A et B entraine un mouvement de compensation au niveau de M0.

    La banque A voit son compte à la Banque Centrale diminuer de 80 € et la banque B le sien augmenter de 80 €. (On sait bien qu’en réalité le mouvement ne se fait que sur les différences en fin de journée, mais conceptuellement c’est exactement comme si les mouvements s’effectuaient pour chaque chèque individuellement). Donc non seulement ce chèque est bien “couvert” en Banque Centrale mais il est “sur-couvert” car il suffit pour cela de 80 * 20 %= 16 €.

    La banque B dispose donc de 80 – 16 = 64 € en monnaie centrale M0. Que peut-elle en faire ?

    Hypothèse 1

    Soit accorder – si elle trouve des emprunteurs – de nouveaux crédits en M1 jusqu’à une valeur totale de 64/0,20 = 320 € de M1 ! Voilà donc M1 qui, à partir des 100 € initiaux est devenu : 20€ en billets retirés par le titulaire “a” du crédit initial + 80€ du premier bénéficiaire “b” du chèque + 320 € des autres emprunteurs ultérieurs = 420 € de M1 soit une augmentation de 320 % … Il y a bien création monétaire.

    Hypothèse 2

    Soit les reprêter à la banque A qui, de toute façon, en a besoin. En effet elle n’avait attribué que 20 € de M0 à la couverture du dépôt initial de 100 € de M1, or elle a sorti de M0 les 20 € du retrait en billets et les 80 € du fait de la “fuite” du chèque de 80 € . Elle a donc son compte en Banque Centrale en déficit de 80 € ! Elle doit se “refinancer” d’urgence en monnaie de base M0 ! Pour cela elle peut se tourner vers la Banque Centrale (seule émettrice de M0) et lui emprunter au taux directeur prévu moyennant des garanties en titres sérieux (éligibles au refinancement) à moins que la banque B ne lui prête elle-même à un taux légèrement légèrement inférieur au taux directeur ce qui arrange tout le monde (aussi bien la banque A que la banque B qui n’a pas nécessairement trouvé des emprunteurs dans l’instant).

    Ce ne sont donc pas les 80 € de M1 qui sont reprêtés (ils sont toujours sur le compte de « b » dans la banque B) mais ce sont eux qui permettent à la banque B de disposer de 80 € de M0 pour d’une part couvrir le compte de « b » ( 16 € ) et d’autre part bénéficier de la capacité d’attribuer de nouveaux crédits sur la base des 64 € de M0 supplémentaires. Cette capacité autorise d’émettre jusqu’à 64 / 0,20 = 320 € nouveaux dans M1. Il n’y a pas de “reprêt” ; il n’y a que des prêts nouveaux adossés à la masse M0 en Banque Centrale , masse M0 qui va croissant par le “refinancement ” des banques auprès de la Banque Centrale. Ce refinancement se fait à la demande des banques sur la base de titres qu’elles ont acquis précédemment en créant de la monnaie dans M1 pour les acquérir (Il s’agit de la monétisation des actifs).

    On pourrait donc dire que la monnaie M1 (les moyens de paiements) se déplace [elle peut avancer (augmenter) mais aussi reculer (diminuer) sur deux pieds : un fort (en volume) M1 et un plus faible M0]. Les banques commerciales émettent, sous contraintes réglementaires, la monnaie M1 scripturale utilisée par l’économie et la finance et la Banque Centrale émet, sur requête des banques commerciales, la monnaie M0 qui leur est nécessaire. Le rapport de force qui peut apparaitre entre les parties n’implique jamais l’intérêt général si, du moins, la Banque Centrale est totalement indépendante de l’Etat comme le requiert l’orthodoxie actuelle.

    Dans le cas du texte synthétique d’Allais, on pourrait peut-être le paraphraser ainsi :

    Fondamentalement, le mécanisme du crédit aboutit à une création de moyens de paiement ex nihilo, car le détenteur d’un dépôt auprès d’une banque le considère à juste titre comme une encaisse disponible en billets, alors que, dans le même temps sur la base de la “monnaie centrale” reçue avec ce dépôt et, s’il le faut, d’un “refinancement” complémentaire adéquat, la banque a pu créer et prêter l’équivalent de la plus grande partie de ce dépôt qui, redéposé ou non dans une banque, est considéré à son tour et également à juste titre comme une encaisse disponible en billets par son récipiendaire. Mais les banques prennent ainsi des engagements qu’elles ne peuvent tenir autrement qu’en moyenne. À chaque opération de crédit il y a ainsi réplication monétaire partielle. Au total, le mécanisme du crédit aboutit à une création ex nihilo de monnaie effective M1 par de simples jeux d’écriture dans et par les banques commerciales, à un niveau qui dépasse très largement celui de la monnaie de base M0.

Publicités
Cet article a été publié dans Banques, Débat monétaire. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s