334 – Ah, si j’étais candidat …

Le 20/02/2017
J’ai publié une première fois ce texte le 3 février , puis je l’ai retiré le lendemain, décidé d’attendre quelques semaines de plus en espérant une prise en compte tardive. C’est trop tard maintenant, NDA ne passera probablement pas la barre du premier tour et je le regrette sincèrement.

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Vous le savez, cela fait plusieurs années (7 si je compte bien) que je soutiens Nicolas Dupont-Aignan, voyant en lui l’homme intègre et compétent qu’il nous faudrait pour diriger la France dans un cadre souverain.

Ce n’est pas un secret de vous dire que j’ai fait partie des « experts économiques » qu’il avait réunis

Voyant fin décembre que nos principales propositions économiques et monétaires, ayant de fortes conséquences budgétaires (et donc sur la dette publique) , n’étaient pas prises en compte dans le pré programme présenté, nous avons, comment dire, poussé un coup de gueule!
NDA nous a demandé de venir à Paris le 7 janvier pour défendre nos options devant lui.

Le 20 janvier,  nous avons présenté (le « nous » , c’est 4 économistes ) les propositions économiques, budgétaires et monétaires fortes en essayant d’expliquer qu’elles étaient nécessaires non seulement pour libérer la France mais aussi pour montrer sa véritable volonté de « désobéir » à Bruxelles. et disons le, pour aussi tenter de faire le buzz et remonter dans les sondages.

Nous n’avons pas été entendus.

Le programme de NDA a été présenté le 1 er février et si nous reconnaissons qu’il présente quelques mesures intéressantes, nous considérons qu’il lui manque la volonté forte d’utiliser la Banque de France pour financer cette relance keynésienne nécessaire, outre quelques unes de nos autres propositions qui n’ont pas été prises en compte.

Voici, ce que nous avions proposé, nous vous laissons juges:

« Très peu de temps après la mise en place de l’euro, l’économie française n’a cessé de perdre des emplois, les entreprises se sont expatriées, la balance commerciale s’est dégradée et les efforts demandés au Peuple français n’ont eu aucun effet. La transformation avec nos partenaires européens de l’euro “monnaie unique” en euro “monnaie commune”, chapeautant des monnaies nationales qui lui seront liées par des parités révisables chaque année, prendra du temps.

En attendant il nous faut réagir. Notre impuissance collective, c’est notre perte de croyance en nous-mêmes. Car si l’État ne peut pas tout, il peut tout de même des choses considérables pour peu qu’il accepte d’user de sa force légitime, lorsqu’il agit pour l’intérêt et la protection de son peuple.

Nous proposons de relancer l’activité industrielle, agricole, et des services. De relocaliser ou créer sur 5 ans, par la relance et les facilités accordées aux entreprises produisant en France, deux millions d’emplois directs, auxquels viendront s’ajouter de très nombreux emplois indirects et induits, en favorisant particulièrement la transition écologique.

Ceci sera atteint en réduisant le montant de la dette publique due à la finance, sans demander d’effort inutile au français.

Comment  procéder?

1 – Protection de nos marchés publics et privés

Nous mettrons en place une boîte à outils, dans laquelle puiser selon les cas, pourvu qu’ils soient efficaces et équilibrés.
– prise de participation majoritaire de l’Etat dans toutes les entreprises « 
sensibles et menacées»
– contingentement sans enchères
– contingentement avec enchères (proposition de Maurice Allais)
– enchères au fil de l’eau
– appels d’offres classiques (qui sont des variantes des enchères, pratiquées quotidiennement)
– taxe douanière
– taxe compensatrice (d’un dumping, d’une externalité telle que la pollution émise par le producteur …)
– contreparties
Etc.

2 – Relance de l’activité

– Outre les propositions d’investissement public et de recherche faites dans le programme global qui vous est présenté, nous lancerons un grand plan d’indépendance énergétique orienté vers l’isolation par l’extérieur des bâtiments collectifs existants (poste important de consommation d’énergie fossile donc d’importations) et le remplacement des systèmes de chauffage existant (fossile ou électrique) par des pompes à chaleur de fabrication exclusivement française (> 90% des composants et main d’œuvre)

– Nous transférerons le montant du CICE en ciblant des baisses de charge pour les entreprises soumises à la concurrence internationale.

3 – Financements par la Banque de France

La Banque de France fera croître chaque année la masse monétaire, en monnaie permanente (non remboursable) et dans une proportion égale au taux de croissance du PIB constaté pour l’année en cours.

Par ce moyen, la Banque de France abondera un FONDS POUR L’INVESTISSEMENT ET LA RELOCALISATION, auquel seront éligibles les entreprises ayant obtenu le label COQ BLEU, c’est-à-dire qui produisent et font de la recherche en France, y créent ou relocalisent de l’emploi, rapatrient de l’activité, respectent les normes de qualité. Ces financements ou co-financements seront dédiés aux installations et aux investissements (robots, machines, locaux, véhicules, etc.). L’éligibilité englobe les PME, TPE, indépendants, artisans et agriculteurs.

Si les engagements de l’entreprise bénéficiaire sont tenus (par exemple tant d’emplois durables créés en zone rurale, normes de production, etc.), tout ou partie du financement lui reste acquis, sans obligation de remboursement de sa part, au terme de 5 ans.

L’Entreprise qui respecte ainsi ses engagements, devient donc propriétaire de l’outil. Elle augmente en valeur, tandis que des emplois durables auront été créés avec pour conséquence moins de charges et plus de rentrées fiscales. Nous estimons qu’en moyenne 50 % du total des sommes octroyées resteront définitivement dans l’entreprise ; l’autre moitié étant remboursée et immédiatement réinjectée dans le Fonds pour d’autres prêts à suivre.

Montant annuel d’abondement du Fonds par la banque de France, en rythme de croisière: 35 milliards par an pour le cas d’une croissance de 3,5 %, avec un coût nul pour l’État.

L’État aura aussi recours à cette source monétaire directe pour orienter l’investissement (commande publique) dans des infrastructures d’avenir, productrices de richesses : réseaux très haut débit, nouveaux axes de transport, production d’énergie, etc. En particulier : aménagement de zone rurale lorsqu’une entreprise COQ BLEU s’y installe, rééquilibrage des territoires, formation et mise à niveau des personnels embauchés, etc.

4 – Rachat des titres arrivant à échéance, par la Banque de France

Nous diminuerons la dette publique due aux marchés financiers (banques, fonds de pension, assurances-vie) en la transférant sur la Banque de France comme le font plusieurs pays, par exemple, le Japon (la Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays et l’augmente chaque année de 13%), l’UE via la BCE et son Quantitative easing qui a dépassé 1200 milliards d’euro de rachat de dette dont 160 pour la Banque de France en tant qu’actionnaire de la BCE, la Grande Bretagne.

La Banque de France procédera au fur et à mesure de leurs échéances au rachat des titres de dette arrivant à échéance (pour l’État seul, le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017, puis de 135 (2018),160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 48 (1 semestre 2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts. Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%.

ANNEXE: PRÉCISIONS

1- En 2017 l’Etat devra emprunter 185,4 milliards dont 69,3 milliards au titre du déficit budgétaire (celui-ci incluant 41,8 milliards d’intérêts sur les dettes) et 116,1 milliards au titre du renouvellement des titres arrivant à échéance. A partir de juin 2017, c’est bien évidemment le solde dont il faudrait tenir compte soit 72 milliards pour les renouvellements de dette et environ 35 milliards de déficit budgétaire

2 – Au lieu de refinancer sur les marchés les titres d’obligation arrivant à échéance, la Banque de France procédera à leur rachat (le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017 et, selon prévisions de l’agence France Trésor de 135 (2018) ,160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 97 (2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts (voir tableau Jacques Sapir) mais les chiffres des intérêts ne sont que des « potentialités » qui sont fonction du taux d’intérêt auquel la France emprunterait sur les marchés sur la période 2017 => 2022.

Gains liés au seul refinancement à taux « 0% » (article de Jacques Sapir)

  2017 (mai-
décembre)
2018 2019 2020 2021 2022 (janvier-
avril)
Montant du gain annuel 0,5 4,35 7,58 11,24 13,83 16,24
Gain cumulé 0,55 4,89 12,47 23,71 37,54 53,78

Racheter les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie nouvelle dans l’économie réelle : c’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été “consommé” par l’économie réelle

Argumentation complémentaire

http://www.economie.gouv.fr/facileco/bce-creation-monetaire-dette-publique
Aux États-Unis et en Grande Bretagne

La situation de la Federal Reserve Bank (ou FED, la Banque centrale des Etats-Unis) ainsi que celle de la Banque d’Angleterre sont différentes car, à l’inverse de la BCE, elles ont le droit d’acheter directement des titres de la dette publique sur le marché des émissions primaires.

La FED et la Banque d’Angleterre peuvent donc directement financer une partie du déficit public américain et anglais. Ce faisant, elles « monétisent » la partie du déficit public qu’elles financent, ce qui revient à créditer le compte du Trésor en monnaie nouvellement créée qui a son tour viendra gonfler la masse monétaire via les utilisations qu’en fera le Trésor (traitement des fonctionnaires, paiements des fournisseurs).

Par ailleurs, en se portant acquéreurs d’obligations émises par le Trésor, la FED et la Banque d’Angleterre pèsent directement sur la demande de titres de la dette publique et donc sur la détermination des taux d’intérêt, ce qui est l’objectif principal de ces interventions.

Le fait de pouvoir souscrire aux émissions primaires de la dette publique confère donc deux avantages pour des économies confrontées à des conjonctures économiques difficiles :

  • stimuler automatiquement le gonflement de la masse monétaire (et donc injecter des liquidités dans l’économie) ;
  • peser directement sur la formation des taux d’intérêt lors des émissions primaires des titres obligataires publics.

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Shinzo Abe fait acheter à la Banque du Japon, tous les ans, environ 650 milliards d’euros, 13% du PIB du pays ! La Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays.

Par sa participation au Q.E. de la BCE, la Banque de France a déjà en fait racheté pour 160 milliards d’obligations qu’elle a porté à son bilan

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  1. Il faut toujours se souvenir qu’un État souverain peut émettre la monnaie dont il a besoin. Seules les devises étrangères doivent être empruntées, seule la balance extérieure négative « coûte » de l’argent. Toute la monnaie nationale émise dans le pays circule et revient progressivement en totalité à l’État sous forme de taxes et d’impôts au terme d’un certain nombre de cycles économiques (une vingtaine), sauf évidemment celle partie en importations.
  1. Alain Grandjean, économiste de la Fondation Nicolas Hulot co auteur de « financer l’avenir sans creuser la dette » de mai 2011 http://financerlavenir.fnh.org/propositions/financer-lavenir-proposition-et-debat-sur-linnovation-financiere/ y écrit «Il ne s’agit pas d’échanger l’arbitraire de Francfort pour l’arbitraire de l’État mais de dégager des marges de manœuvre pour que les gouvernements puissent préparer l’avenir .Cela nécessiterait en première estimation environ 600 milliards d’euros en France d’ici 10 ans , soit environ 3% du PIB par an . Les investissements financés ou garantis par l’État seraient bien sûr réalisés par le secteur privé. »
  1. Charles Sannat écrit « Alors que pouvons-nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrime l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. » (http://www.loretlargent.info/reflexions/le-pari-de-linevitable-monetisation/4010/)
  1. Nous pourrions presque rajouter Henri Guaino « En finir avec une économie de sacrifice»!
  1. Comme le dit Michel Crinetz « Si, aux termes de l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’union européenne, « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres », il n’est pas interdit de leur donner de l’argent. Nul besoin, donc, de modifier le traité. Rien non plus ne l’interdit dans les statuts de la banque de France. »

Les conséquences de ces propositions sur le budget et le bilan de la Banque de France pouvaient se résumer ainsi que je les aies également présentées à NDA.

Récapitulatif des effets des 5 propositions.

1 – La « boîte à outils » de protection des marchés publics et privés => pas d’effet direct sur les dépenses ou recettes

2 – Transfert du montant du CICE sur les entreprises soumises à concurrence internationales => pas de variation du budget établi par l’actuel gouvernement pour 2017

3 – Abondement du Fonds d’aide à l’industrialisation et à la relocalisation => Nous avons deux choix d’imputation et de présentation :
3.1 –  Ce Fonds d’aide est un équivalent bancaire. Le Trésor Public n’intervient pas. Nous aurons donc une simple augmentation du bilan de la Banque de France (ce seront des « crédit -bail » dont 50% seront remboursés à partir de 2025), pas d’incidence sur le budget (augmentation du bilan Banque de France annuel 20, 30, 35, 35, 35. Remboursements entre 2025 et 2032 :  10, 15, 17,5, 17,5, 17,5)

Mais on peut considérer que nombre de saupoudrages actuels vont disparaitre.
3.2 – Prêt de la Banque de France au Trésor Public qui pourra augmenter le capital d’une structure telle que l’Agence de Participation de l’Etat laquelle en définitive comptabilisera les prêts aux entreprises . S’inscrit en dépenses dans le Budget de l’État et en augmentation du bilan de la Banque de France

4 – Rachat par la Banque de France  des titres à échéance. L’effet sera de diminuer les intérêts de la dette de l’État portés dans le budget chaque année, prévus par l’Agence France Trésor  (montant de 41,8 milliards en 2017).

Le montant de l’augmentation du bilan de la BdF est connu (Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%., mais bien évidemment sur la durée du mandat, calculé à 2%, c’est bien moindre (17,3 Mds)

5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance (10 milliards par point de croissance) soit  par année 18, 25, 30, 35, 35,
Peut être considérée comme une recette nette pour le budget de l’Etat parallèlement à une augmentation du bilan de la Banque de France (masse monétaire)

Tableau récapitulatif
Sur le mandat 2017/2022 Budget de L‘Etat Bilan BdF
1 – « boîte à outils » 0 0
2 – Transfert du montant du CICE 0 0
3.1 – Financement direct de la  Banque de France à un Fond d’Industrialisation et de Relocalisation 0 (hors bilan) Augmentation
3.2 – Industrialisation et Relocalisation via l’Agence de Participation de l’Etat
La Banque de France prête à l’Etat qui abonde l’Agence de Participation de l’Etat
Augmente le déficit de l’Etat
(prêt de la BdF)
Augmentation
4 – Rachat par la Banque de France des OAT à échéance. Diminution des intérêts qu’il faudrait payer pendant le mandat (suivant les taux qui seraient pratiqués)

A 2%, c’est 17,3 Mds

Augmentation 674 Mds
5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance :18, 25, 30, 35, 35, Diminution de 143 Mds Augmentation 143 Mds

Comme vous pouvez le constater dans le programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan , nos propositions n’ont pas été retenues… tant pis, pas pour nous, mais pour la France.

Ah, si j’avais été candidat !

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333 – dette publique et banque de France!

Entre mai 2017 et mai 2022 c’est 711 milliards d’OAT (Obligations Assimilables du Trésor) sur les 2200 milliards de dette publique, qu’il va falloir « faire rouler » (c’est à dire emprunter pour les rembourser).
A ceci, il faut ajouter la somme des déficits prévisibles sur cette période de 400 qui feront monter la dette à plus de 2600 milliards.

Le simple fait d’autoriser la Banque de France à racheter les titres arrivant à échéance (les 711 milliards) et de prêter directement à l’Etat ses besoins supplémentaires (les déficits de 400 milliards), au lieu de passer par « les marchés », ferait gagner à la France (à nous tous) environ 250 milliards d’intérêts sur 10 ans (si les taux sont à 2%) ou près de 500 milliards si les taux sont montés à 4%.

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332 – évidences sur l’import/export-article de B. Lemaire

Article de Bruno Lemaire paru le vendredi 10 février 2017 sur  http://monnaiepublique.blogspot.fr/2017/02/quelques-evidences-sur-limportexport.html

à propos de la prestation de Madame GAL (Tanneries GAL) sur France 2

Quelques évidences sur l’import/export

Le rôle de la monnaie dans les questions d’Import/export

Par Bruno Lemaire, ancien doyen associé d’HEC

J’ai toujours un peu de mal à accepter, en tant qu’ex-enseignant, que l’idéologie permette à ce point de travestir la réalité, du moins celle des chiffres. D’où ma stupeur face à une exportatrice française qui, dans l’émission politique de France 2, affirmait avec aplomb qu’une dépréciation de l’euro français de 21% vis-à-vis de l’euro allemand (pour ne pas dire franc 2017 vs mark 2017) conduirait à la faillite de son entreprise.

Un petit rappel avant de montrer cette grossière erreur (à son insu de son plein gré, mais on peut supposer que ce chef d’entreprise a été choisi pour cela) : Les importations représentent environ 25% du PIB, les exportations 22,5% du PIB, d’où un taux de couverture export/import voisin de 90%

Nous allons donc prendre 2 cas, l’un moyen, l’autre extrême en prenant l’exemple de la Tannerie Gal, dont la gérante, comédienne par ailleurs, est intervenue sur France 2

Cas moyen : Madame Gal importe 25% de ses matériaux de base, des peaux, d’Allemagne, en cas de dépréciation, cela renchérirait donc ses coûts de 0,21 fois 25%, soit 5.25%.

Trois possibilités/scénarios : la tannerie Gal exporte toute sa production en Allemagne, avec un avantage de change de 21%. Dans ce contexte ses prix à l’export, en « mark ou euro allemand », auront baissé de l’ordre de 15.5%. Tout va bien pour la tannerie Gal

Deuxième possibilité : la moitié de sa production va en Allemagne, l’autre moitié reste en France, ou dans un pays dont le taux de change n’a pas changé vis-à-vis du « nouveau franc »

Vis-à-vis de l’Allemagne, les prix ont baissé de 15.5%, vis-à-vis de la zone franc, les prix ont augmenté de 5.25%. Là encore, tout va bien pour la Tannerie Gal, qui aura vu son chiffre d’affaires augmenter de 5%

Troisième possibilité : le quart de sa production va en Allemagne, un autre quart va dans une zone appréciée de 6% (valeur de l’euro actuel), la dernière moitié reste en zone « franc nouveau »

Vis-à-vis de l’Allemagne, prix en baisse de 15.5%, vis-à-vis de la « zone euro », prix en baisse de 1.5%, vis-à-vis de la zone franc, prix en hausse de 5.25%. Dans l’ensemble, les prix auront baissé de 3.25%. Là encore aucun problème.

Dans le cas extrême, en supposant que 50% – ce qui est énorme, vu ce qui est indiqué sur le site de cette tannerie qui ne « traite » pas que des peaux venues d’Allemagne, mais aussi des « peaux françaises » – de ses achats viennent d’Allemagne, nous pourrions faire des raisonnements analogues

Ses coûts auraient augmenté de 10,5%, et en reprenant nos trois scénarios, dans le premier cas la tannerie Gal aurait des prix moyens (exprimés en monnaie allemande) en baisse de 10.5%. Dans le deuxième scénario les prix auraient baissé de 2.75%. Ce n’est que dans le troisième scénario que nous pourrions avoir une très légère augmentation de prix.

Tous ces calculs, un peu fastidieux mais à la portée d’un élève de CM2 ancien régime (ou d’un bachelier régime Najat Vallaud Belkacem) montrent une chose. Une dépréciation d’une monnaie conduit dans la plupart des cas à une amélioration de la production et à une baisse des prix vis-à-vis des nations dont la monnaie est appréciée.

Cela montre aussi, soit que Madame Gal est une très mauvaise chef d’entreprise, soit une très grande menteuse (et une excellente comédienne)

Remarque complémentaire   n°1 (rajoutée le 11/02 suite à un commentaire de A.J. Holbecq)
En prenant des chiffres officiels pour la production réellement exportée par la Tannerie Gal, qui tourne autour de 5% de son chiffre d’affaire, et en prenant une estimation réaliste pour les matériaux « nobles » importés d’Allemagne (peaux plus épaisses que les peaux de vaches françaises) de l’ordre de 15% (sachant que d’autres matières et d’autres coûts existent) nous arrivons à un surcoût en monnaie locale de 3%, pour une dépréciation de 21% vis à vis du Mark allemand (ou de l’euro germain). Pour l’export, c’est en fait une diminution de prix de 1%. Difficile de croire que la Tannerie Gal courre à la faillite de ce seul fait.

Remarque complémentaire n°2 (elle aussi rajoutée le 11/02) en guise de « morale de l’histoire »
Vu notre déficit commercial actuel 2,5% du à des importations de l’ordre de 25% du PIB et à des exportations de l’ordre de 22.5%, toute dépréciation de notre monnaie nationale ne peut qu’être bénéfique. Une dépréciation de 21% (le maximum de ce qui est envisagé vis à vis de l’Allemagne) peut entraîner une hausse (moyenne) de 5% pour les prix internes mais serait accompagnée d’une diminution moyenne des prix à l’export de 16%, d’où une augmentation des dites importations, et donc une diminution, voire une annulation de notre déficit commercial et une relance de l’activité. La baisse associée du chômage (produire français ET exporter davantage) donc aussi des charges ASSEDIC compenserait en grande partie les éventuelles augmentations des prix « domestiques ».

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331 – Relance keynésienne et dette publique!

La France va mal: déficits, dette, chômage, pauvreté, désindustrialisation, balance extérieure  et notre incapacité à retrouver notre « autonomie » (agricole et industrielle) qui nous oblige de plus en plus à importer nos besoins ou ce que nous considérons comme nos besoins. « La Tribune » titrait avant hier « Commerce extérieur : c’est la Bérézina ! »

Pour nous sortir de cette spirale due à la protection sociale que nous offrons, par rapport à nos concurrents, il n’y a que 2 solutions « fortes »:
– La première c’est quitter l’UE et l’euro afin de retrouver une compétitivité par une dévaluation monétaire face, en particulier, à l’Allemagne.
– La seconde, beaucoup plus rapide, serait de prendre un certain nombre de décisions, désobéissant frontalement aux Traités, afin d’impulser, dans notre pays, une forte relance keynésienne.

C’est cette dernière que je propose ici en attendant que le Peuple français soit majoritairement décidé à quitter l’UE et l’euro.

Comment  procéder?

Diminuer les dépenses ou augmenter les impôts ? Ni l’un ni l’autre mais utiliser la capacité de création monétaire de la Banque de France,  pour financer  cette relance keynésienne nécessaire et  les investissements dont ont besoin les entreprises installées sur le sol français, ce qui se traduira nécessairement par une augmentation des déficits publics pendant quelques années,

C’est aussi vers un grand plan d’indépendance énergétique orienté vers l’isolation par l’extérieur des bâtiments collectifs existants (poste important de consommation d’énergie fossile donc d’importations) et le remplacement des systèmes de chauffage existant (fossile ou électrique) par des pompes à chaleur de fabrication exclusivement française (> 90% des composants et main d’œuvre)

La Banque de France fera croître chaque année la masse monétaire, soit en monnaie permanente (non remboursable) et dans une proportion égale au taux de croissance du PIB constaté pour l’année en cours, soit, pour le complément, en prêts directs au Trésor Public, au taux dit « de refinancement » tel qu’en bénéficient les banques commerciales. Il faudra néanmoins veiller à ce que cette monnaie soit orientée vers les investissements et non pas le fonctionnement de l’État.

La Banque de France ou l’État abonderont un FONDS POUR L’INVESTISSEMENT ET LA RELOCALISATION,

L’État aura aussi recours à cette source monétaire directe pour orienter l’investissement (commande publique) dans des infrastructures d’avenir, productrices de richesses : réseaux très haut débit, nouveaux axes de transport, production d’énergie, etc. En particulier : aménagement de zone rurale lorsqu’une entreprise  s’y installe, rééquilibrage des territoires, formation et mise à niveau des personnels embauchés, etc.

De plus, le rachat des titres arrivant à échéance, par la Banque de France permettra de diminuer progressivement le poids des intérêts dans les déficits (actuellement près de 42 milliards, mais les taux remontent!)

Diminuer la dette publique due aux marchés financiers (banques, fonds de pension, assurances-vie) en la transférant sur la Banque de France comme le font plusieurs pays, par exemple, le Japon (la Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays et l’augmente chaque année de 13%), l’UE via la BCE et son Quantitative easing qui a dépassé 1200 milliards d’euro de rachat de dette dont 160 pour la Banque de France en tant qu’actionnaire de la BCE, la Grande Bretagne.

La Banque de France procédera au fur et à mesure de leurs échéances au rachat des titres de dette arrivant à échéance (pour l’État seul, le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017, puis de 135 (2018),160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 48 (1 semestre 2022) http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts. Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%.

Bien sur , tout ceci est interdit par les Traités … et alors? Que risque la France, de se faire éjecter de la zone euro? Merci dans ce cas!

En fait, nous savons qu’il faudrait aller encore beaucoup plus loin et passer à la « monnaie pleine » c’est à dire un système monétaire où seule la collectivité pourrait émettre la monnaie nécessaire, en laissant aux banques commerciales leur seul rôle d’intermédiaire entre l’épargnant et l’emprunteur.
Mais en attendant que les citoyens comprennent les avantages de ce système, si nous voulons nous en sortir, c’est d’une relance keynésienne appuyée par des actions directes de la banque de France dont nous avons besoin.

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ANNEXE: PRÉCISIONS

1- En 2017  l’État devra emprunter 185,4 milliards dont 70 milliards au titre du déficit budgétaire (celui-ci incluant 41,8 milliards d’intérêts sur les dettes) et 116,1 milliards au titre du renouvellement des titres arrivant à échéance.

2 – Au lieu de refinancer sur les marchés les titres d’obligation arrivant à échéance, la Banque de France procédera à leur rachat (le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017 et, selon prévisions de l’agence France Trésor de 135 (2018) ,160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 97 (2022) http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html 

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts (voir tableau Jacques Sapir) mais les chiffres des intérêts ne sont que des « potentialités » qui sont fonction du taux d’intérêt auquel la France emprunterait sur les marchés sur la période 2017 => 2022.

Gains liés au seul refinancement à taux « 0% » (article de Jacques Sapir)

2017 (mai-
décembre)
2018 2019 2020 2021 2022 (janvier-
avril)
Montant du gain annuel 0,5 4,35 7,58 11,24 13,83 16,24
Gain cumulé 0,55 4,89 12,47 23,71 37,54 53,78

(Racheter les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie nouvelle dans l’économie réelle : c’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été “consommé” par l’économie réelle)

 

 

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334- Si j’étais candidat…

J’ai publié ce texte le 3 février puis retiré  (ce qui explique les commentaires « anti-datés »), puis je l’ai retiré, décidé d’attendre quelques semaines de plus en espérant une prise en compte tardive. C’est trop tard maintenant, NDA ne passera probablement pas la barre du premier tour et je le regrette sincèrement.

______________________________

Vous le savez, cela fait plusieurs années (7 si je compte bien) que je soutiens Nicolas Dupont-Aignan, voyant en lui l’homme intègre et compétent qu’il nous faudrait pour diriger la France dans un cadre souverain.

Ce n’est pas un secret de vous dire que j’ai fait partie des « experts économiques » qu’il avait réunis

Voyant fin décembre que nos principales propositions économiques et monétaires, ayant de fortes conséquences budgétaires (et donc sur la dette publique) , n’étaient pas prises en compte dans le pré programme présenté, nous avons, comment dire, poussé un coup de gueule!
NDA nous a demandé de venir à Paris le 7 janvier pour défendre nos options devant lui.

Le 20 janvier,  nous avons présenté (le « nous » , c’est 4 économistes ) les propositions économiques, budgétaires et monétaires fortes en essayant d’expliquer qu’elles étaient nécessaires non seulement pour libérer la France mais aussi pour montrer sa véritable volonté de « désobéir » à Bruxelles. et disons le, pour aussi tenter de faire le buzz et remonter dans les sondages.

Nous n’avons pas été entendus.

Le programme de NDA a été présenté le 1 er février et si nous reconnaissons qu’il présente quelques mesures intéressantes, nous considérons qu’il lui manque la volonté forte d’utiliser la Banque de France pour financer cette relance keynésienne nécessaire, outre quelques unes de nos autres propositions qui n’ont pas été prises en compte.

Voici, ce que nous avions proposé, nous vous laissons juges:

« Très peu de temps après la mise en place de l’euro, l’économie française n’a cessé de perdre des emplois, les entreprises se sont expatriées, la balance commerciale s’est dégradée et les efforts demandés au Peuple français n’ont eu aucun effet. La transformation avec nos partenaires européens de l’euro “monnaie unique” en euro “monnaie commune”, chapeautant des monnaies nationales qui lui seront liées par des parités révisables chaque année, prendra du temps.

En attendant il nous faut réagir. Notre impuissance collective, c’est notre perte de croyance en nous-mêmes. Car si l’État ne peut pas tout, il peut tout de même des choses considérables pour peu qu’il accepte d’user de sa force légitime, lorsqu’il agit pour l’intérêt et la protection de son peuple.

Nous proposons de relancer l’activité industrielle, agricole, et des services. De relocaliser ou créer sur 5 ans, par la relance et les facilités accordées aux entreprises produisant en France, deux millions d’emplois directs, auxquels viendront s’ajouter de très nombreux emplois indirects et induits, en favorisant particulièrement la transition écologique.

Ceci sera atteint en réduisant le montant de la dette publique due à la finance, sans demander d’effort inutile au français.

Comment  procéder?

1 – Protection de nos marchés publics et privés

Nous mettrons en place une boîte à outils, dans laquelle puiser selon les cas, pourvu qu’ils soient efficaces et équilibrés.
– prise de participation majoritaire de l’Etat dans toutes les entreprises « 
sensibles et menacées»
– contingentement sans enchères
– contingentement avec enchères (proposition de Maurice Allais)
– enchères au fil de l’eau
– appels d’offres classiques (qui sont des variantes des enchères, pratiquées quotidiennement)
– taxe douanière
– taxe compensatrice (d’un dumping, d’une externalité telle que la pollution émise par le producteur …)
– contreparties
Etc.

2 – Relance de l’activité

– Outre les propositions d’investissement public et de recherche faites dans le programme global qui vous est présenté, nous lancerons un grand plan d’indépendance énergétique orienté vers l’isolation par l’extérieur des bâtiments collectifs existants (poste important de consommation d’énergie fossile donc d’importations) et le remplacement des systèmes de chauffage existant (fossile ou électrique) par des pompes à chaleur de fabrication exclusivement française (> 90% des composants et main d’œuvre)

– Nous transférerons le montant du CICE en ciblant des baisses de charge pour les entreprises soumises à la concurrence internationale.

3 – Financements par la Banque de France

La Banque de France fera croître chaque année la masse monétaire, en monnaie permanente (non remboursable) et dans une proportion égale au taux de croissance du PIB constaté pour l’année en cours.

Par ce moyen, la Banque de France abondera un FONDS POUR L’INVESTISSEMENT ET LA RELOCALISATION, auquel seront éligibles les entreprises ayant obtenu le label COQ BLEU, c’est-à-dire qui produisent et font de la recherche en France, y créent ou relocalisent de l’emploi, rapatrient de l’activité, respectent les normes de qualité. Ces financements ou co-financements seront dédiés aux installations et aux investissements (robots, machines, locaux, véhicules, etc.). L’éligibilité englobe les PME, TPE, indépendants, artisans et agriculteurs.

Si les engagements de l’entreprise bénéficiaire sont tenus (par exemple tant d’emplois durables créés en zone rurale, normes de production, etc.), tout ou partie du financement lui reste acquis, sans obligation de remboursement de sa part, au terme de 5 ans.

L’Entreprise qui respecte ainsi ses engagements, devient donc propriétaire de l’outil. Elle augmente en valeur, tandis que des emplois durables auront été créés avec pour conséquence moins de charges et plus de rentrées fiscales. Nous estimons qu’en moyenne 50 % du total des sommes octroyées resteront définitivement dans l’entreprise ; l’autre moitié étant remboursée et immédiatement réinjectée dans le Fonds pour d’autres prêts à suivre.

Montant annuel d’abondement du Fonds par la banque de France, en rythme de croisière: 35 milliards par an pour le cas d’une croissance de 3,5 %, avec un coût nul pour l’État.

L’État aura aussi recours à cette source monétaire directe pour orienter l’investissement (commande publique) dans des infrastructures d’avenir, productrices de richesses : réseaux très haut débit, nouveaux axes de transport, production d’énergie, etc. En particulier : aménagement de zone rurale lorsqu’une entreprise COQ BLEU s’y installe, rééquilibrage des territoires, formation et mise à niveau des personnels embauchés, etc.

4 – Rachat des titres arrivant à échéance, par la Banque de France

Nous diminuerons la dette publique due aux marchés financiers (banques, fonds de pension, assurances-vie) en la transférant sur la Banque de France comme le font plusieurs pays, par exemple, le Japon (la Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays et l’augmente chaque année de 13%), l’UE via la BCE et son Quantitative easing qui a dépassé 1200 milliards d’euro de rachat de dette dont 160 pour la Banque de France en tant qu’actionnaire de la BCE, la Grande Bretagne.

La Banque de France procédera au fur et à mesure de leurs échéances au rachat des titres de dette arrivant à échéance (pour l’État seul, le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017, puis de 135 (2018),160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 48 (1 semestre 2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts. Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%.

ANNEXE: PRÉCISIONS

1- En 2017 l’Etat devra emprunter 185,4 milliards dont 69,3 milliards au titre du déficit budgétaire (celui-ci incluant 41,8 milliards d’intérêts sur les dettes) et 116,1 milliards au titre du renouvellement des titres arrivant à échéance. A partir de juin 2017, c’est bien évidemment le solde dont il faudrait tenir compte soit 72 milliards pour les renouvellements de dette et environ 35 milliards de déficit budgétaire

2 – Au lieu de refinancer sur les marchés les titres d’obligation arrivant à échéance, la Banque de France procédera à leur rachat (le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017 et, selon prévisions de l’agence France Trésor de 135 (2018) ,160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 97 (2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts (voir tableau Jacques Sapir) mais les chiffres des intérêts ne sont que des « potentialités » qui sont fonction du taux d’intérêt auquel la France emprunterait sur les marchés sur la période 2017 => 2022.

Gains liés au seul refinancement à taux « 0% » (article de Jacques Sapir)

  2017 (mai-
décembre)
2018 2019 2020 2021 2022 (janvier-
avril)
Montant du gain annuel 0,5 4,35 7,58 11,24 13,83 16,24
Gain cumulé 0,55 4,89 12,47 23,71 37,54 53,78

Racheter les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie nouvelle dans l’économie réelle : c’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été “consommé” par l’économie réelle

Argumentation complémentaire

http://www.economie.gouv.fr/facileco/bce-creation-monetaire-dette-publique
Aux États-Unis et en Grande Bretagne

La situation de la Federal Reserve Bank (ou FED, la Banque centrale des Etats-Unis) ainsi que celle de la Banque d’Angleterre sont différentes car, à l’inverse de la BCE, elles ont le droit d’acheter directement des titres de la dette publique sur le marché des émissions primaires.

La FED et la Banque d’Angleterre peuvent donc directement financer une partie du déficit public américain et anglais. Ce faisant, elles « monétisent » la partie du déficit public qu’elles financent, ce qui revient à créditer le compte du Trésor en monnaie nouvellement créée qui a son tour viendra gonfler la masse monétaire via les utilisations qu’en fera le Trésor (traitement des fonctionnaires, paiements des fournisseurs).

Par ailleurs, en se portant acquéreurs d’obligations émises par le Trésor, la FED et la Banque d’Angleterre pèsent directement sur la demande de titres de la dette publique et donc sur la détermination des taux d’intérêt, ce qui est l’objectif principal de ces interventions.

Le fait de pouvoir souscrire aux émissions primaires de la dette publique confère donc deux avantages pour des économies confrontées à des conjonctures économiques difficiles :

  • stimuler automatiquement le gonflement de la masse monétaire (et donc injecter des liquidités dans l’économie) ;
  • peser directement sur la formation des taux d’intérêt lors des émissions primaires des titres obligataires publics.

__________________

Shinzo Abe fait acheter à la Banque du Japon, tous les ans, environ 650 milliards d’euros, 13% du PIB du pays ! La Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays.

Par sa participation au Q.E. de la BCE, la Banque de France a déjà en fait racheté pour 160 milliards d’obligations qu’elle a porté à son bilan

______________

  1. Il faut toujours se souvenir qu’un État souverain peut émettre la monnaie dont il a besoin. Seules les devises étrangères doivent être empruntées, seule la balance extérieure négative « coûte » de l’argent. Toute la monnaie nationale émise dans le pays circule et revient progressivement en totalité à l’État sous forme de taxes et d’impôts au terme d’un certain nombre de cycles économiques (une vingtaine), sauf évidemment celle partie en importations.
  1. Alain Grandjean, économiste de la Fondation Nicolas Hulot co auteur de « financer l’avenir sans creuser la dette » de mai 2011 http://financerlavenir.fnh.org/propositions/financer-lavenir-proposition-et-debat-sur-linnovation-financiere/ y écrit «Il ne s’agit pas d’échanger l’arbitraire de Francfort pour l’arbitraire de l’État mais de dégager des marges de manœuvre pour que les gouvernements puissent préparer l’avenir .Cela nécessiterait en première estimation environ 600 milliards d’euros en France d’ici 10 ans , soit environ 3% du PIB par an . Les investissements financés ou garantis par l’État seraient bien sûr réalisés par le secteur privé. »
  1. Charles Sannat écrit « Alors que pouvons-nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrime l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. » (http://www.loretlargent.info/reflexions/le-pari-de-linevitable-monetisation/4010/)
  1. Nous pourrions presque rajouter Henri Guaino « En finir avec une économie de sacrifice»!
  1. Comme le dit Michel Crinetz « Si, aux termes de l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’union européenne, « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres », il n’est pas interdit de leur donner de l’argent. Nul besoin, donc, de modifier le traité. Rien non plus ne l’interdit dans les statuts de la banque de France. »

Les conséquences de ces propositions sur le budget et le bilan de la Banque de France pouvaient se résumer ainsi que je les aies également présentées à NDA.

Récapitulatif des effets des 5 propositions.

1 – La « boîte à outils » de protection des marchés publics et privés => pas d’effet direct sur les dépenses ou recettes

2 – Transfert du montant du CICE sur les entreprises soumises à concurrence internationales => pas de variation du budget établi par l’actuel gouvernement pour 2017

3 – Abondement du Fonds d’aide à l’industrialisation et à la relocalisation => Nous avons deux choix d’imputation et de présentation :
3.1 –  Ce Fonds d’aide est un équivalent bancaire. Le Trésor Public n’intervient pas. Nous aurons donc une simple augmentation du bilan de la Banque de France (ce seront des « crédit -bail » dont 50% seront remboursés à partir de 2025), pas d’incidence sur le budget (augmentation du bilan Banque de France annuel 20, 30, 35, 35, 35. Remboursements entre 2025 et 2032 :  10, 15, 17,5, 17,5, 17,5)

Mais on peut considérer que nombre de saupoudrages actuels vont disparaitre.
3.2 – Prêt de la Banque de France au Trésor Public qui pourra augmenter le capital d’une structure telle que l’Agence de Participation de l’Etat laquelle en définitive comptabilisera les prêts aux entreprises . S’inscrit en dépenses dans le Budget de l’État et en augmentation du bilan de la Banque de France

4 – Rachat par la Banque de France  des titres à échéance. L’effet sera de diminuer les intérêts de la dette de l’État portés dans le budget chaque année, prévus par l’Agence France Trésor  (montant de 41,8 milliards en 2017).

Le montant de l’augmentation du bilan de la BdF est connu (Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%., mais bien évidemment sur la durée du mandat, calculé à 2%, c’est bien moindre (17,3 Mds)

5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance (10 milliards par point de croissance) soit  par année 18, 25, 30, 35, 35,
Peut être considérée comme une recette nette pour le budget de l’Etat parallèlement à une augmentation du bilan de la Banque de France (masse monétaire)

Tableau récapitulatif
Sur le mandat 2017/2022 Budget de L‘Etat Bilan BdF
1 – « boîte à outils » 0 0
2 – Transfert du montant du CICE 0 0
3.1 – Financement direct de la  Banque de France à un Fond d’Industrialisation et de Relocalisation 0 (hors bilan) Augmentation
3.2 – Industrialisation et Relocalisation via l’Agence de Participation de l’Etat
La Banque de France prête à l’Etat qui abonde l’Agence de Participation de l’Etat
Augmente le déficit de l’Etat
(prêt de la BdF)
Augmentation
4 – Rachat par la Banque de France des OAT à échéance. Diminution des intérêts qu’il faudrait payer pendant le mandat (suivant les taux qui seraient pratiqués)

A 2%, c’est 17,3 Mds

Augmentation 674 Mds
5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance :18, 25, 30, 35, 35, Diminution de 143 Mds Augmentation 143 Mds

Comme vous pouvez le constater dans le programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan , nos propositions n’ont pas été retenues… tant pis, pas pour nous, mais pour la France.

Ah, si j’avais été candidat !

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330 – Philippe Desbrosses

Écoutez !

L’alimentation bio et le rêve de mutation.
Conférence de Philippe Desbrosses lors du salon Breizh Nature, Salon de la Bio & du Bien-être, le 15 janvier 2017 à Quimper

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329 – Réponses aux critiques « monnaie pleine »

n
/Réponse CF/21-11-16/Draft 1

INITIATIVE POPULAIRE POUR UNE RÉFORME MONÉTAIRE “MONNAIE PLEINE”

LE MESSAGE DU CONSEIL FÉDÉRAL :
UN CONSTAT D’IGNORANCE OU DE MAUVAISE FOI….
OU LES DEUX À LA FOIS ?

Par Christian Gomez

Ainsi donc, le Conseil Fédéral vient  de recommander le rejet de la Réforme « Monnaie pleine » proposée à la votation du peuple suisse par des citoyens conscients des tares irrémédiables du système monétaire actuel.  Il s’agit là d’un choix éminemment regrettable car la faiblesse des arguments qui appuient cette décision montre la légèreté avec laquelle celle-ci a été prise. Elle parait refléter en effet une grande médiocrité dans une réflexion tétanisée par toute innovation qui l’éloignerait des sentiers battus et la distinguerait d’une pratique usuelle qui, pourtant, a montré tous ses dangers et toutes ses limites durant toute son histoire et, plus particulièrement, dans la dernière crise qui se prolonge encore aujourd’hui, dix ans après son commencement.  Elle montre aussi une soumission aux intérêts en place sans aucune réflexion, aucune distanciation, pour différencier l’intérêt général et les intérêts particuliers, toujours égoïstes et à courte vue.  Elle traduit surtout une incompréhension totale des principes de la réforme et des raisonnements économiques qui la fondent, tels qu’ils ont été élaborés par les économistes les plus brillants de l’histoire de la pensée économique, ce qui invalide les fondements mêmes de la décision prise.

Nous en appelons donc aux représentants du peuple pour qu’ils refusent cette recommandation inepte, dépourvue de bases et contraire à l’intérêt général, et appuient cette refondation du système monétaire propre non seulement à sécuriser l’ensemble de notre système de financement et à réguler plus finement notre évolution économique mais aussi à rendre plus efficace et plus équitable le fonctionnement de notre système économique.

Examinons un à un les principaux « arguments » avancés par le Conseil Fédéral pour en montrer toute la vacuité.

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