339 – Emploi: proposition Charles Ranchin

LA NOUVELLE ÉCONOMIE DE LA FRANCE POUR L’EMPLOI

EN 5 THÈMES ET 50 POINTS

Les quatre premiers thèmes points relevés ci-dessous sont la synthèse de l’ouvrage de 300 pages     « Cinq ans, cinq millions d’emplois par le made in France » aux éditions Publibook, http://charlesedouardranchin.com/

Le dernier thème est une reprise de réflexions ou propositions menées par des économistes ou politiques liées directement à l’emploi ou visant à privilégier ce qui est produit en France

1- Le «contrat d’entente»

Le « contrat d’entente » est l’expression de l’investissement de l’État dans l’outil industriel. Il actionne par synergie le recrutement par l’Entreprise de demandeurs d’emploi. Toutes les forces s’y retrouvent, l’Entreprise par l’acquisition gratuite d’un nouvel outil, le salarié par un emploi durable et l’État qui trouve une réponse au chômage et aux jeunes sans formation. Les termes du contrat courent sur 5 ans

Le recrutement en entreprise

Le recrutement est fait en fonction des chiffres de l’entreprise (Chiffre d’affaire, montant de l’investissement, nombre d’employés actuels)

Le recrutement d’un chômeur à moins de 10 ans de la retraite sera exonéré à 75% des charges

Le recrutement d’un chômeur proche de la retraite qui formera un jeune sans formation sera totalement exonéré de charges et 25%  de son salaire sera assumé par l’État

Une entreprise ayant des salariés à moins de 15 ans de la retraite bénéficiera de paliers d’exonération de charges

Un jeune sans formation sera totalement pris en charge pendant 2 ans par l’État

Les garanties de l’État

Un engagement sur la durée

Supporter les coûts d’un salarié en fonction de sa catégorie, qu’il soit dans « l’Entreprise » ou issu de la recherche d’emploi

Promouvoir la formation en entreprise pour les jeunes avec ou sans formation initiale, sans expérience

Permettre aux séniors, en recherche d’emploi ou non, qui ont une forte expérience dans « l’Entreprise » de travailler sereinement jusqu’à la retraite tout en formant un jeune de l’objectif précédent.

Au terme des 5 ans, l’Entreprise deviendra légalement propriétaire de la machine-outil financée par l’État

2 – Financer le nouvel Outil manufacturier et industriel

Le blocage du financement et l’appréhension d’une main-d’œuvre coûteuse ont mis en péril la totalité de l’écosystème industriel et manufacturier français. Aujourd’hui, l’automatisation a réduit le coût de la main-d’œuvre dans le produit final. Un produit fabriqué en France acquiert plus de valeur marketing que celui fabriqué ailleurs. C’est dans l’automatisation que se trouve une réponse pour la compétitivité d’un produit, permettant d’envisager la relocalisation d’usines

Le budget

Rassembler les aides actuelles directes ou indirectes dans un seul budget de 48 milliards/an

Diminuer le crédit d’impôt à l’innovation et Recherche et développement par l’augmentation de l’investissement dans la machine-outil

Mettre en place à travers du personnel issu de l’entreprise des pôles gratuits de conseils et d’accompagnement

Investir dans le nouvel outil manufacturier et industriel

Proposer aux entreprises différents paliers de financement, complet partiel ou à crédit préférentiel et sur 5 ans

Avoir un plan adapté à chaque entreprise à travers un nouvel organisme de gestion : le CI3E (Centre d’Investissement de l’État pour l’Économie et l’Entreprise)

Imposer le développement (en accentuant l’innovation, la recherche et développement) et la fabrication des nouvelles machines-outils en France

Garantir la pérennité

Chaque entreprise doit avoir accès au financement

Le financement de l’évolution du nouvel outil est garanti sur 10 ans

Au terme du financement, la machine-outil appartient à l’entreprise

3 – Relocaliser la production industrielle

Relocaliser est un moyen efficace d’augmenter ses capacités industrielles. Une automatisation des procédés de fabrication rend cette hypothèse viable et pérenne. Il faut relocaliser avec intelligence, au bon endroit en privilégiant les lieux où habitent les ouvriers et non l’inverse.  C’est également l’occasion de mettre en avant le développement durable et de sauvegarder les terres agricoles en réutilisant préférentiellement les actuelles friches industrielles

Financement par l’État de la relocalisation

Identifier les besoins en main-d’œuvre de l’entreprise et privilégier celle qui est en recherche d’emploi donc immédiatement disponible

S’assurer du développement pérenne de la relocalisation

La formation

Mettre en place un plan de formations régionales pour le personnel, en correspondance avec les besoins présents et futurs de l’entreprise

La formation continue devient obligatoire dès le CAP

Localiser l’Entreprise au bon endroit sur le territoire

Le lieu d’implantation doit être proche du lieu d’habitation des employés

L’implantation doit se faire de prime abord sur les lieux de friches industrielles

Arrêt d’implantation d’usines sur des terres cultivables

Les garanties de l’État

L’État garantit pendant 5 ans aux  entreprises nouvellement installées qu’il n’imposera pas de nouvelles législations qui leur seraient contraignantes au développement ou à l’investissement

L’entreprise ne pourra être bloquée dans son extension dans les 10 ans suivant sa réimplantation

L’État garantit la mise en place d’infrastructures adaptées aux besoins de l’implantation puis du développement

4 – Augmenter la production locale par la mise en place d’outils concrets

Comment peut-on augmenter la production locale et en escompter de la compétitivité si l’on est incapable de savoir ce qui y est fabriqué, comment, et par qui ? Pour investir au bon endroit en étant parfaitement efficace, il faut se doter de bases de données alimentées par des outils de management spécifiques.

Outil « Data Manufacturing » 

Savoir qui fabrique quoi

Savoir qui importe quoi. Est-ce que ce qui est importé est aussi par ailleurs fabriqué localement ?

Outil « M.I.N de l’Industrie »

Créer un centre d’échange d’information entre l’acheteur et le fabricant

Identifier les entreprises relocalisables

Obligation d’étiquetage de l’origine sur tous les produits

Outil « Matrice Wiper » L’état d’obsolescence des machines-outils recensées, leurs capacités productives

Mettre en place un centre d’analyse des machines-outils

Identifier l’axe d’amélioration de chaque machine : la changer, l’améliorer, la transformer

Outils de la compétitivité

Renfoncer les aides aux innovations stratégiques et scientifiques

Aider les entreprises dans le virage du numérique par la mise en place au sein des CCI d’un pôle spécifique

Simplifier et rendre gratuit l’enregistrement d’un brevet à l’international

5 – Modifier et adapter la législation actuelle

Les différentes couches législatives et taxations ont largement mis en péril l’emploi sur le territoire. Il faut redonner un pouvoir et une attractivité au produit fabriqué en France, ainsi que remettre en valeur la main-d’œuvre expérimentée existante. Ce dernier thème est une reprise de diverses réflexions et propositions menées par des économistes ou politiques liées directement à l’emploi ou favorisant la production française

Imposer la production française dans les appels d’offres publics et privés

40 % des produits ou matériels dans les appels d’offres publics doivent être issus de la production française

100 % de la maintenance et le SAV doivent être assurés par une entreprise enregistrée et fonctionnant en France

60 % des appels d’offres de services ou travaux, aux entreprises françaises

Mettre en place pour le privé une baisse de la TVA de 0,5 à 2,5 points, récupérable sous forme de bonus dans l’impôt sur les sociétés de l’entreprise, pour celles qui achètent un produit semi-fini fabriqué en France

Réformer l’approche du travailleur détaché

Rendre obligatoire l’enregistrement d’un travailleur détaché auprès d’une entreprise immatriculée en France existante depuis au moins 5 ans

Un travailleur détaché ne pourra être moins payé que le smic horaire

Les taxes et charges de l’entreprise employant un travailleur détaché seront prélevées à la source et en amont du travail, sur un principe de provisions

Favoriser l’entrepreneuriat et la reprise d’entreprises.

Exonérer d’impôt sur le revenu le repreneur, pendant 2 ans, et partiellement le vendeur

Ouvrir l’assurance chômage aux démissionnaires d’un CDI pour une création d’entreprises d’au moins 3 salariés

Gratuité du changement des statuts et enregistrements auprès de l’administration et des Chambres de commerce dans le cas d’une reprise

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338 – Planche à billets

(reprise du billet paru sur « le blog gaulliste libre » le 11 mars 2017)

A Nicolas Dupont-Aignan qui, lors d’une émission le 8 mars sur la 5 (« C’à vous ») disait grosso modo « la BCE prête à zéro pour cent aux banques, je demanderai donc à la BCE de prêter à l’État français au même taux», le journaliste Patrick Cohen a rétorqué instantanément « planche à billets !» avec une moue qui en disait long sur son jugement concernant cette proposition.

Ceci m’amène à deux critiques :

1 – NDA a tort d’espérer pouvoir financer les déficits de l’État par des emprunts auprès de la BCE . Outre que l’article 123 du Traité de Lisbonne l’interdit formellement, bon nombre des autres membres de la BCE s’y opposeraient de toute façon (et en premier lieu l’Allemagne). Aucun espoir de ce coté là tant que nous sommes tenus par Bruxelles et cette proposition serait sans intérêt si nous quittions l’euro..

2 – Mais Cohen se trompe également. D’où pense t-il que vient l’épargne qui actuellement alimente la dette des États ? Eh bien, des épargnants en grande majorité. Et d’où vient l’argent des épargnants ? Eh bien de monnaie secondaire émise par les banques à l’occasion de crédits, monnaie qui a« transité » sur différents comptes avant d’aboutir sur le compte de l’épargnant- prêteur,  crédits dont la contrepartie à l’actif sont des « obligations «  (hypothèques, nantissements, reconnaissances de dettes) qui ne sont pas publiques mais privées ! Si ce n’est pas aussi « la planche à billet » c’est quoi ?

Et Cohen se trompe une autre fois car il ne se demande pas non plus d’où vient la monnaie du Quantitative Easing des Banques Centrales, que ce soit celui de la BCE, de la FED ou de la BoJ (Banque du Japon) qui achète chaque année environ 650 milliards d’euros, 13% du PIB du pays (La Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays). N’est ce pas « la planche à billets » ?

En fait, seule la Banque de France, réquisitionnée, pourrait apporter à l’État le financement des 100 milliards de déficits annuels qu’induit nécessairement un programme de relance (qui est une nécessité absolue !), simultanément au rachat des titres arrivant à échéance de l’ordre de 675 milliards sur les 5 ans

(complément) C’est aussi le seul moyen de voir diminuer la dette publique « externe » en transférant à la Banque de France (c’est à dire à nous même) la dette passée et les besoins futurs

En complément, lire https://postjorion.wordpress.com/2017/02/20/334-ah-si-jetais-candidat/

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337 – Bradage TECHNIP

Le bradage de Technip rapporte le jackpot à ses dirigeants

Dans un article publié sur Mediapart en novembre dernier, Martine Orange dénonçait le bradage par l’état français du groupe parapétrolier Technip à travers la fusion avec la société américaine FMC. D’après une source bien placée, lors de la traditionnelle réception de fin d’année le 5 janvier, Thierry Pilenko le PDG, a confirmé qu’il avait reçu le soutien indéfectible du gouvernement pour mener à bien son projet. Il a aussi fait preuve d’un certain sens de l’humour – qu’au bénéfice du doute on ne considérera non pas comme une marque de cynisme absolu mais comme aussi déplacé qu’involontaire – en tenant à rassurer ses collaborateurs sur son avenir personnel au sein de la nouvelle société, confirmant qu’il resterait impliqué.  Ces derniers ont dû effectivement se sentir mieux, eux qui se demandent chaque jour quel va être leur avenir au sein d’un nouveau groupe à l’organisation confuse et où les postes ont été distribué avec des titres plus pompeux les uns que les autres sans qu’aucun organigramme ne précisant les fonctions ne soit publié. Mais si les salariés peuvent légitimement s’inquiéter de leur sort, les dirigeants eux, ne peuvent que se féliciter de l’opération qui, selon les chiffres rapportés par Reuters, leur a rapporté près de 72 millions d’euros en actions du nouveau groupe.  Là aussi de quoi mettre du baume au cœur des « collaborateurs » qui depuis deux ans maintenant n’ont pas bénéficié de la moindre augmentation de salaire !

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336 – Remplaçons l’euro par le franc (Ch. Gomez, G. Lafay)

200-francs

Article de Christian Gomez et Gérard Lafay, paru dans
LE CERCLE Les ECHOS /POINT DE VUE le 27/02/2017
http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0211829466451-comment-sortir-limpasse-monetaire-2068108.php

La politique monétaire accommodante de la BCE n’a pas d’effet favorable sur l’économie réelle. Remplaçons l’euro par le franc et créons, en contrepartie, une nouvelle monnaie commune.

Alors que l’économie réelle stagne dans beaucoup de pays, on observe une hypertrophie de la finance, avec la multiplication des produits dérivés et des effets de levier, ainsi que le « trading » à haute fréquence sur les marchés internationaux. Dans l’ensemble du monde, les dettes publiques et privées ont désormais atteint un niveau historique. C’est pourquoi certains craignent une déflagration financière pire que celle de 2008.

Si la financiarisation a été facilitée par une vague de déréglementation, son origine tient à la nature même de la création monétaire, dont la masse est devenue extravagante. Cette création fut d’abord le fait des banques privées qui, depuis de nombreuses années, créent de la monnaie ex nihilo par le moyen du crédit bancaire, selon l’adage bien connu « les crédits créent les dépôts ».

Pas d’effet favorable sur l’économie réelle

Plus récemment, pour tenter de relancer l’économie, les banques centrales ont mis en oeuvre des mécanismes d’ « assouplissement quantitatif », consistant à racheter régulièrement de la dette souveraine détenue par les banques privées. Cette solution a créé de la liquidité pour celles-ci, encourageant la spéculation sur les actifs existants, et donc la montée de leurs prix. En revanche, elle n’a eu aucun effet favorable sur l’économie réelle.

En ce qui concerne l’Europe, la situation s’est aggravée au sein de la zone euro, dont la croissance de la production est devenue la plus faible du monde. Après la gestion pour le moins discutable de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi a suivi cette méthode de l’assouplissement quantitatif, faisant tomber les taux d’intérêt au voisinage de zéro (voire négatifs).

Cette politique de la BCE a permis d’engendrer une baisse bénéfique du taux de change de la monnaie unique européenne, qui avait atteint un niveau exorbitant vis-à-vis du reste du monde. Cependant, l’euro demeure un échec cuisant, en raison des disparités structurelles entre les pays de la zone : d’une part, la divergence chronique d’évolution des prix intérieurs, qui reflète la diversité socioculturelle des pays ; d’autre part, la différence d’efficacité et de spécialisation sectorielle entre leurs systèmes productifs.

Une réforme Allais

Partout, la question centrale est de savoir comment sortir de l’impasse dans laquelle tous les pays sont engagés. Dans l’ensemble du monde, la seule solution serait d’appliquer une véritable réforme monétaire, telle qu’elle a été préconisée par Maurice Allais, prix Nobel d’économie, et proposée sous des formes diverses par des ténors de la science économique. Cette réforme est, dans son principe, une « vieille idée », mais elle n’a jamais été autant d’actualité.

Dans la formulation présente, la création monétaire serait le fait de la seule Banque centrale, tandis que les « banques universelles » seraient scindées en trois catégories d’établissements strictement indépendants :

– des compagnies de services monétaires, n’ayant à leur passif que des dépôts à vue, et à leur actif que des créances sur la Banque centrale (billets en circulation et monnaie électronique émise par celle-ci)

– des banques de crédit, qui récolteraient les dépôts d’épargne à différents termes pour les replacer sur des échéances légèrement inférieures, sans effectuer de « transformation »

– des banques de marché

La Banque centrale aurait à son passif les billets en circulation, la monnaie électronique, et le compte du Trésor public, à son actif les avoirs et titres, ainsi que les créances sur les compagnies de services monétaires. Les dépôts de nature monétaire seraient complètement couverts par de la monnaie de base et circuleraient comme par le passé, la monnaie électronique circulant comme la monnaie fiduciaire, et les agents économiques effectueraient toutes leurs opérations comme par le passé.

Retour au franc

Dans le cas de la France, cette réforme permettrait de retrouver la souveraineté monétaire, confisquée par la Banque centrale européenne et les banques privées. Le franc français serait recréé, cependant que la monnaie unique serait remplacée par une monnaie commune, unité de compte équivalente à l’ancien écu. La dette souveraine de l’État français, émise pour 97 % en droit français, serait convertie en notre nouvelle monnaie nationale, selon le principe de la lex monetae, puisqu’en vertu du droit international, chaque pays a droit à sa souveraineté monétaire.

Au lieu de recourir à la finance internationale, tout nouveau déficit budgétaire serait financé monétairement sans aucune inflation, par la mise à disposition des ressources résultant de l’augmentation souhaitée de la masse monétaire en circulation. Ce serait la seule voie d’injection monétaire, la source bancaire étant tarie du fait de la réforme.

Pour être crédible, et afin d’éviter toute dérive démagogique, le principe d’indépendance de la Banque de France serait affiché clairement, dans le cadre d’un mandat assurant une croissance raisonnable de l’offre de monnaie (taux annuel de l’ordre de 4% à 5%, correspondant à l’augmentation du volume de production et d’une hausse modérée des prix).

La France donnerait ainsi au reste du monde un exemple novateur, qui serait rapidement imité ensuite par de nombreux pays. Au slogan creux de François Hollande (« Mon adversaire, c’est la finance »), on proposerait un slogan plus rassembleur : (« nationalisons la monnaie et pas les banques »), pour faire de la monnaie ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : un bien commun.

Christian Gomez est économiste et ancien banquier d’investissement.
Gérard Lafay est professeur émérite d’économie à l’université Panthéon-Assas

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335 – Monnaie forte et idées courtes

Un article d' »Hadrien »

L’EURO, MONNAIE MOINS FORTE QUE LE FRANC !

Pour comparer les deux monnaies, il suffit d’en juger l’évolution sur leurs périodes d’existence respectives depuis la disparition du Gold Exchange Standard qui a laissé place aux changes flottants généralisés:
– Fin du Gold Ex. St. (15.08.1971): 1 F = 0,1816 $
– Cours fin du Franc (01.01.1999): 1 F = 0,1778 $ (-2,1% en 28 ans, soit -0,75% par décennie)
et adoption de l’Euro(01.01.1999): 1 E = 1,1667 $
– Cours act de l’Euro(22.02.2017): 1 E = 1,0513 $ (-9,89% en 18 ans, soit 5,5% par decennie, une dépréciation de l’Euro sept fois plus forte que celle du Franc)
Encore faut-il noter que l’Euro n’a pas fini sa période baissière de Quantitative Easing, contrairement au Dollar qui l’avait effectuée bien avant.
Il est donc erroné d’alléguer, comme le prétendent les médias sous influence, une forte dépréciation à redouter en cas de retour au Franc. L’Euro est en réalité une monnaie dont le cours reflète l’effet de moyenne entre Nord et Sud de l’Europe. La France occupe une position médiane, de sorte qu’un Eurofranc serait très voisin de l’Euro actuel, et devrait même subir en toute logique une légère appréciation.
Il en va évidemment très différemment avec le Mark, qui subirait une très forte appréciation ramenant ses exports à leurs justes proportions, confirmant en cela les récents propos de Donald Trump qui a jugé l’économie allemande « passager clandestin » d’un Euro « sous-évalué » par la participation des pays ne pratiquant pas la même austérité que l’Allemagne.

VOUS AVEZ DIT « Austérité » ?
En effet, en adoptant une monnaie unique et une Banque centrale inspirées par l’austérité monétaire traditionnelle du Deutschemark, mais sans structure fédérale, tous les autres pays se voient imposer leurs politiques socio-économiques : il faut compenser les écarts de compétitivité externe, non plus par le change puisqu’il n’existe plus, mais par l’austérité socio-salariale interne, seule variable restante pour s’ajuster à l’Allemagne.
Lorsque s’acheva l’introduction de l’euro, sous sa forme fiduciaire (2002), notre balance extérieure devint pour la première fois globalement déficitaire…
de peu en 2003, puis :
de 5 Mds en 2004,
de 24 Mds en 2005,
de 30 Mds en 2006,
de 42 Mds en 2007,
de 56 Mds en 2008,
etc.
Dans une Union monétaire et douanière non fédérale, c’est le pays qui s’impose le plus d’austérité socio-économique qui oblige tous les autres à le suivre !
D’où l’intérêt d’analyser d’un peu plus prés la situation socio-économique de cette Allemagne que citent volontiers tous ceux qui n’y ont jamais vécu :

OÙ LA RICHESSE MÉDIANE DE LA POPULATION EST-ELLE LA PLUS FAIBLE EN ZONE EURO ? … EN ALLEMAGNE !

C’est, en extraits, le rapport original de l’étude 2012 de la BCE tant commentée par les médias avec une gêne évidente, concernant le patrimoine net des ménages en zone euro:
http://www.ecb.europa.eu/pub/p […] bsp2en.pdf

Le patrimoine ou NET WEALTH (Richesse nette, c.a.d. moins les dettes) comporte bien:
– Real Assets (dont real estate assets, c.a.d. immobilier)
– Financial assets (avoirs financiers)

Patrimoine médian PAR MÉNAGE (Zone euro)
Luxembourg: 398 KE
Chypre: 267 KE
Malte: 216 KE
Belgique: 206 KE
Espagne: 183 KE
Italie: 173 KE
France: 116 KE
Pays-bas: 104 KE
Grèce: 102 KE
Slovénie: 101 KE
Finlande: 85 KE
Autriche: 76 KE
Portugal: 75 KE
Slovaquie: 61 KE
ALLEMAGNE: 51 KE
Patrimoine médian PAR PERSONNE :

Belgique: 95 KE
Espagne: 70 KE
Italie: 70 KE
France: 55 KE
Pays bas: 47 KE
Finlande: 45 KE
Grèce: 42 KE
Autriche: 40 KE
Portugal: 30 KE
ALLEMAGNE: 30 KE

On comprend que ce rapport ait fait scandale en Allemagne!
Avec sa politique jusqu’alors, non seulement l’Allemagne n’est pas plus riche en moyenne (cf lien sus-cité) que la France mais, on le voit, l’allemand est de richesse médiane deux fois inférieure à celle du français, ce qui traduit une inégalité sociale d’un facteur 2 (rapport de la moyenne à la médiane). C’est à cela aussi que l’euro condamne inévitablement à terme les français… et tous les autres !
Les allemands sont notamment une majorité de locataires, car seule une minorité (44%) a eu accès à la propriété…malgré son faible coût au regard des prix français ! Et l’on ne peut même pas invoquer la réunification puisque les Allemands de l’Est étaient propriétaires à 90%, pouvant tous racheter leur logement à l’État, à un coût modique, au bout d’un certain nombre d’annuités de location.
Qu’a donc fait l’Allemagne de l’Ouest de tous ses excédents commerciaux durant toute la deuxième moitié du XXe siècle ?
La réponse a malheureusement été donnée par Gaël Giraud et Cécile Rouard dans leur livre (Le facteur douze):
« les ménages allemands possédant plus de 100 millions d’actifs sont au nombre de 900, juste derrière les USA avec 3000, (contre 300 en France) », soit le nombre proportionnellement le plus grand de ces très riches parmi toute la population mondiale, faisant désormais de l’Allemagne le pays le plus inégalitaire des grands pays développés!
Là encore, un fait qui est soigneusement dissimulé par la doxa libérale qui nous engage à suivre ce modèle: les excédents allemands s’exercent au détriment des bas salaires et viennent gonfler la fortune des actionnaires d’entreprises (ce qui explique pourquoi on ne voit rien en observant le patrimoine moyen qui intègre indistinctement les deux).
On ne s’étonnera pas, après tout cela, que Alain Minc ait pu pousser ce cri du coeur dans le titre de son dernier livre: « Vive l’Allemagne » !

CONSÉQUENCE :
QUAND LA FOURMI A MOINS DE PROVISIONS QUE LES CIGALES
ELLE SE MONTRE MOINS PARTAGEUSE EN DÉPENSE PUBLIQUE…

http://www.inegalites.fr/spip.php?article1835
Dépense publique EN % DU PIB (Europe):
Danemark: 57,6
France: 56
Grèce: 51,8
Suède: 51,2
Italie: 49,9
Pays bas: 49,8
Royaume-Uni: 48,6
ALLEMAGNE: 45, 3
Espagne: 45,2

ET OBLIGE TOUT LE MONDE À FAIRE COMME ELLE :
http://fortune.fdesouche.com/3 […] ine-public

Quand aux salaires et revenus réels, on sait depuis longtemps que les salaires nominaux ne peuvent être comparés car ils n’incluent pas les mêmes choses (avantages sociaux, etc.)
De même leur moyenne peut cacher une grande masse de bas salaires sous les fortes salarisations de primes et profits divers chez les plus élevés.
Car s’imposer la stabilité des prix par une monnaie forte, alors que Dollar et Yuan pratiquent une toute autre politique monétaire, et rechercher en outre les excédents commerciaux, c’est imposer la double peine aux travailleurs de son pays :
À preuve, un certain nombre de statistiques parlantes qui en montrent l’effet désastreux:
Proportion de BAS SALAIRES en Europe (Source OCDE):
Allemagne………. 22,4%
Royaume-Uni…… 22,5%
Pays-bas……….. 18,3%
Espagne………… 14,6%
Italie…………….. 12,36%
Belgique………….. 6,37%
France…………….. 6,08%
Zone euro………. 14,74%

TAUX DE SURCHARGE DES COÛTS DU LOGEMENT, défini de façon fort claire :
« pourcentage des ménages dont le coût total du logement représente 40% ou plus du revenu disponible »
Étonnamment, il est en France le plus faible (5,2) de toute l’Eurozone (y compris Autriche 7, Portugal 8,3, etc.)
Allemagne………… 16,6
Pays-bas………….. 14,4
Espagne…………… 14,2
Belgique……………. 11
Italie………………….. 7,9
Royaume-Uni……….. 7,4
France……………….. 5,2
Zone euro………….. 11,7
(Source : EUROSTAT)

Comme pour le patrimoine, plus haut, c’est le REVENU median DISPONIBLE (beaucoup plus faible) des ménages qui doit être comparé :
http://appsso.eurostat.ec.euro […] 04&lang=fr
Or, on voit l’Allemagne passer de 16400 à 19600 euros de 2005 à 2012,
pendant que la France passe de 15900 à 20600 sur la même période !

OÙ LE CHÔMAGE (RÉEL) ÉLEVÉ EST-IL LE PLUS DISSIMULÉ ?
… EN ALLEMAGNE !

Voici, par exemple, la traduction partielle d’une étude critique, en date de 2011, que l’on peut trouver sur un site international anglo-saxon:
(http://www.wsws.org/en/articl  es/2011/11/unem-n12.html)

EMPLOI EN ALLEMAGNE: Apparence et réalité
L’agence fédérale de l’emploi allemand (BA) rapportait une nouvelle diminution du chômage.
En fait, les statistiques de cet organisme ont peu de choses à voir avec la réalité sociale.

CHÔMAGE RÉEL
Un regard plus attentif sur ces statistiques révèle tout d’abord qu’un million de sans-emploi n’est pas répertorié dans les chiffres officiels du chômage: Quelques 376 000 de plus de 58 ans sont éliminés des statistiques, de même que 190 000 à un euro de l’heure. Plus de 300 000 engagés dans des occupations de formation ne figurent pas non plus dans ces statistiques. Même chose pour 320 000 sans emploi pour cause de santé.
Manquent également dans ces chiffres tous ceux dont les aides ont été supprimées pour une raison ou une autre. En 2010, le nombre de telles suppressions augmenta de 14% d’une année sur l’autre.
Et les perspectives de suppression du BA pour l’année à venir sont presque d’un million.
C’est seulement sur la base de telles tricheries statistiques que le BA arrive à des chiffres de chômage relativement inférieurs à ceux des autres pays…
Si l’on considère seulement le nombre total des bénéficiaires d’aides, les chiffres officiels gonflent énormément, tout en gardant à l’esprit qu’en sont exclus tous ceux qui, pour diverses raisons, ne reçoivent rien.
En outre, selon la dernière estimation du BA, quelques 5,1 millions de travailleurs employés recevaient une indemnité de chômage ! Ces bénéficiaires justifient d’une forme ou d’une autre de travail, mais leurs revenus sont si faibles qu’ils relèvent des aides aux sans-emploi. Ce groupe inclue 1,4 million de gens qui sont à temps partiel, à contrat limité, ou en « mini-job », ne gagnant pas plus de 400 euros par mois, 230 000 employés à temps partiel dans d’autres catégories, et environ 320 000 qui travaillent à plein temps mais gagnent moins que le miséreuse rétribution de base, malgré 40 heures par semaine.
Le rapport du BA révèle pas mal de choses sur le taux des récipiendaires d’indemnités chômage (Hartz IV). En Juin 2011, 6,1 millions de gens parmi 3,4 millions de familles reçurent de telles indemnités Hartz IV. Dans ces familles, une moyenne de 1,9 millions de gens reçurent environ 340 euros mensuels par personne.

EMPLOIS SOUS-PAYÉS
Un fort pourcentage de ceux évacués des statistiques du chômage est constitué de jeunes immigrés ou de jeunes femmes. Munk appelle ces jeunes gens « l’armée de réserve des peu qualifiés sur le marché du travail ». Ces jeunes hommes et femmes sont inéluctablement amenés à accepter les travaux les moins bien payés.
Il n’est donc pas surprenant que le nombre de travailleurs mal payés augmente en Allemagne.
Selon une étude divulguée par « Prognos AG Reseach Company », quelques 1,2 million de gens gagnent moins de 5 eurs de l’heure et 5 millions moins de 8,50 euros (brut).
Si l’on considère le secteur des bas salaires selon les standards internationaux (définissant un bas salaire comme inférieur aux deux tiers de la moyenne), alors presque un travailleur sur quatre en Allemagne est un salarié pauvre. Cela se monte à environ 10 millions de travailleurs.
Le nombre officiel de pauvres en Allemagne est également en augmentation régulière. En 2009, le bureau fédéral des statistiques comptait approximativement 12,6 millions de pauvres. Les plus touchés par la pauvreté sont les sans-emploi et les personnes seules.
Cette croissance de la pauvreté en Allemagne est due largement aux politiques de la coalition SPD-Verts menée par le chancelier Schröder, qui mit en oeuvre en 1998 les plus grandes coupes budgétaires sociales depuis la seconde guerre mondiale.
Un chômage élevé, un secteur croissant de bas salaires et des coupes sévères dans les dépenses sociales sont à la base d’un désatre social qui ne peut que s’agraver avec le développement de la présente crise.
Les statistiques officielles tentent de le camoufler en le maquillant. Mais, contrairement aux statistiques, on ne peut pas falsifier l’expérience vécue de millions de gens.

MONNAIE FORTE ET IDÉES COURTES

Durant toute l’après guerre, on n’a cessé à propos du mark, en France et ailleurs, de confondre monnaie forte et fort pouvoir d’achat, ce qui n’a rien à voir: le mark ne se dévaluait pas, mais les (bas) salaires ne « s’évaluaient » pas non plus… Raison pour laquelle les touristes allemands ne s’arrêtaient guère en France ni en Italie !
On est également resté sur la légende bismarckienne que les Allemands avaient le même système social que nous, avec les mêmes avantages sociaux, dont on constate pourtant les différences aujourd’hui dans le revenu disponible des ménages, et surtout le faible patrimoine accumulé en Allemagne…
Or, il devrait en être différemment puisqu’une démographie qui diminue partage son acquis entre moins d’enfants !

Dans la préparation de l’euro, vu comme euro-mark, on a sur-évalué le pouvoir d’achat intérieur allemand, en fonction d’indicateurs (salaires horaires ou annuels) qui ne couvraient pas forcément la même chose (retraites, par exemple).
Ainsi, on ne nous dirait pas aujourd’hui que les allemands veulent un euro fort pour leurs retraités si ceux-ci étaient sous le régime de répartition français, qui est insensible aux évolutions de la monnaie, ce qui n’est pas le cas de la capitalisation !

Aujourd’hui, devant la crise socio-économique des pays qui souffrent le plus en Europe, la BCE a dû procéder au même « Quantitative Easing » que la Fed devant la crise financière, ce qui rend légitime la comparaison annoncée en en-tête de ce texte. Le résultat final est surprenant : non seulement l’Euro a accéléré la désindustrialisation de la France, comme tout le monde en convient, mais on constate qu’il a appauvri les français en capital monétaire et pouvoir d’achat… la seule chose dont « l’Euro-fort » était censé les protéger !

N.B.
Durant les deux derniers siècles:
– la France, tout comme l’Italie, n’a jamais fait défaut…
– L’Allemagne 6 fois ! (Prusse 1813, Hesse 1814, Schleswig-Holstein 1850, Allemagne moderne 1932, 1939, 1948)
– L’ « Ecole autrichienne » 5 fois ! (Autriche-Hongrie 1816, 1868, Autriche 1938, 1940, 1945)
– Le Royaume-Uni 4 fois (1822, 1834, 1888-89, 1932)
– Les États-Unis 3 fois (9 États 1841-1842, 10 États 1873-83, USA 1933)
– La Chine 3 fois (1921, 1932, 1939)
– Le Japon 2 fois (1942, 1946-1952)
Les préjugés ont la vie dure…
Mais avec un peu de patience, si l’on reste dans la roue des allemands sous l’euro, ça finira bien par nous arriver !

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334 – Ah, si j’étais candidat …

Le 20/02/2017
J’ai publié une première fois ce texte le 3 février , puis je l’ai retiré le lendemain, décidé d’attendre quelques semaines de plus en espérant une prise en compte tardive. C’est trop tard maintenant, NDA ne passera probablement pas la barre du premier tour et je le regrette sincèrement.

______________________________

Vous le savez, cela fait plusieurs années (7 si je compte bien) que je soutiens Nicolas Dupont-Aignan, voyant en lui l’homme intègre et compétent qu’il nous faudrait pour diriger la France dans un cadre souverain.

Ce n’est pas un secret de vous dire que j’ai fait partie des « experts économiques » qu’il avait réunis

Voyant fin décembre que nos principales propositions économiques et monétaires, ayant de fortes conséquences budgétaires (et donc sur la dette publique) , n’étaient pas prises en compte dans le pré programme présenté, nous avons, comment dire, poussé un coup de gueule!
NDA nous a demandé de venir à Paris le 7 janvier pour défendre nos options devant lui.

Le 20 janvier,  nous avons présenté (le « nous » , c’est 4 économistes ) les propositions économiques, budgétaires et monétaires fortes en essayant d’expliquer qu’elles étaient nécessaires non seulement pour libérer la France mais aussi pour montrer sa véritable volonté de « désobéir » à Bruxelles. et disons le, pour aussi tenter de faire le buzz et remonter dans les sondages.

Nous n’avons pas été entendus.

Le programme de NDA a été présenté le 1 er février et si nous reconnaissons qu’il présente quelques mesures intéressantes, nous considérons qu’il lui manque la volonté forte d’utiliser la Banque de France pour financer cette relance keynésienne nécessaire, outre quelques unes de nos autres propositions qui n’ont pas été prises en compte.

Voici, ce que nous avions proposé, nous vous laissons juges:

« Très peu de temps après la mise en place de l’euro, l’économie française n’a cessé de perdre des emplois, les entreprises se sont expatriées, la balance commerciale s’est dégradée et les efforts demandés au Peuple français n’ont eu aucun effet. La transformation avec nos partenaires européens de l’euro “monnaie unique” en euro “monnaie commune”, chapeautant des monnaies nationales qui lui seront liées par des parités révisables chaque année, prendra du temps.

En attendant il nous faut réagir. Notre impuissance collective, c’est notre perte de croyance en nous-mêmes. Car si l’État ne peut pas tout, il peut tout de même des choses considérables pour peu qu’il accepte d’user de sa force légitime, lorsqu’il agit pour l’intérêt et la protection de son peuple.

Nous proposons de relancer l’activité industrielle, agricole, et des services. De relocaliser ou créer sur 5 ans, par la relance et les facilités accordées aux entreprises produisant en France, deux millions d’emplois directs, auxquels viendront s’ajouter de très nombreux emplois indirects et induits, en favorisant particulièrement la transition écologique.

Ceci sera atteint en réduisant le montant de la dette publique due à la finance, sans demander d’effort inutile au français.

Comment  procéder?

1 – Protection de nos marchés publics et privés

Nous mettrons en place une boîte à outils, dans laquelle puiser selon les cas, pourvu qu’ils soient efficaces et équilibrés.
– prise de participation majoritaire de l’Etat dans toutes les entreprises « 
sensibles et menacées»
– contingentement sans enchères
– contingentement avec enchères (proposition de Maurice Allais)
– enchères au fil de l’eau
– appels d’offres classiques (qui sont des variantes des enchères, pratiquées quotidiennement)
– taxe douanière
– taxe compensatrice (d’un dumping, d’une externalité telle que la pollution émise par le producteur …)
– contreparties
Etc.

2 – Relance de l’activité

– Outre les propositions d’investissement public et de recherche faites dans le programme global qui vous est présenté, nous lancerons un grand plan d’indépendance énergétique orienté vers l’isolation par l’extérieur des bâtiments collectifs existants (poste important de consommation d’énergie fossile donc d’importations) et le remplacement des systèmes de chauffage existant (fossile ou électrique) par des pompes à chaleur de fabrication exclusivement française (> 90% des composants et main d’œuvre)

– Nous transférerons le montant du CICE en ciblant des baisses de charge pour les entreprises soumises à la concurrence internationale.

3 – Financements par la Banque de France

La Banque de France fera croître chaque année la masse monétaire, en monnaie permanente (non remboursable) et dans une proportion égale au taux de croissance du PIB constaté pour l’année en cours.

Par ce moyen, la Banque de France abondera un FONDS POUR L’INVESTISSEMENT ET LA RELOCALISATION, auquel seront éligibles les entreprises ayant obtenu le label COQ BLEU, c’est-à-dire qui produisent et font de la recherche en France, y créent ou relocalisent de l’emploi, rapatrient de l’activité, respectent les normes de qualité. Ces financements ou co-financements seront dédiés aux installations et aux investissements (robots, machines, locaux, véhicules, etc.). L’éligibilité englobe les PME, TPE, indépendants, artisans et agriculteurs.

Si les engagements de l’entreprise bénéficiaire sont tenus (par exemple tant d’emplois durables créés en zone rurale, normes de production, etc.), tout ou partie du financement lui reste acquis, sans obligation de remboursement de sa part, au terme de 5 ans.

L’Entreprise qui respecte ainsi ses engagements, devient donc propriétaire de l’outil. Elle augmente en valeur, tandis que des emplois durables auront été créés avec pour conséquence moins de charges et plus de rentrées fiscales. Nous estimons qu’en moyenne 50 % du total des sommes octroyées resteront définitivement dans l’entreprise ; l’autre moitié étant remboursée et immédiatement réinjectée dans le Fonds pour d’autres prêts à suivre.

Montant annuel d’abondement du Fonds par la banque de France, en rythme de croisière: 35 milliards par an pour le cas d’une croissance de 3,5 %, avec un coût nul pour l’État.

L’État aura aussi recours à cette source monétaire directe pour orienter l’investissement (commande publique) dans des infrastructures d’avenir, productrices de richesses : réseaux très haut débit, nouveaux axes de transport, production d’énergie, etc. En particulier : aménagement de zone rurale lorsqu’une entreprise COQ BLEU s’y installe, rééquilibrage des territoires, formation et mise à niveau des personnels embauchés, etc.

4 – Rachat des titres arrivant à échéance, par la Banque de France

Nous diminuerons la dette publique due aux marchés financiers (banques, fonds de pension, assurances-vie) en la transférant sur la Banque de France comme le font plusieurs pays, par exemple, le Japon (la Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays et l’augmente chaque année de 13%), l’UE via la BCE et son Quantitative easing qui a dépassé 1200 milliards d’euro de rachat de dette dont 160 pour la Banque de France en tant qu’actionnaire de la BCE, la Grande Bretagne.

La Banque de France procédera au fur et à mesure de leurs échéances au rachat des titres de dette arrivant à échéance (pour l’État seul, le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017, puis de 135 (2018),160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 48 (1 semestre 2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts. Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%.

ANNEXE: PRÉCISIONS

1- En 2017 l’Etat devra emprunter 185,4 milliards dont 69,3 milliards au titre du déficit budgétaire (celui-ci incluant 41,8 milliards d’intérêts sur les dettes) et 116,1 milliards au titre du renouvellement des titres arrivant à échéance. A partir de juin 2017, c’est bien évidemment le solde dont il faudrait tenir compte soit 72 milliards pour les renouvellements de dette et environ 35 milliards de déficit budgétaire

2 – Au lieu de refinancer sur les marchés les titres d’obligation arrivant à échéance, la Banque de France procédera à leur rachat (le montant des titres moyens et long terme arrivant à échéance est de 72 milliards d’euros pour le second semestre de 2017 et, selon prévisions de l’agence France Trésor de 135 (2018) ,160 (2019),147 (2020), 112 (2021), 97 (2022)

http://www.aft.gouv.fr/articles/encours-detaille-de-la-dette-a-moyen-et-long-terme_149.html )

La dette externe décroîtrait donc d’autant chaque année ainsi que les intérêts (voir tableau Jacques Sapir) mais les chiffres des intérêts ne sont que des « potentialités » qui sont fonction du taux d’intérêt auquel la France emprunterait sur les marchés sur la période 2017 => 2022.

Gains liés au seul refinancement à taux « 0% » (article de Jacques Sapir)

  2017 (mai-
décembre)
2018 2019 2020 2021 2022 (janvier-
avril)
Montant du gain annuel 0,5 4,35 7,58 11,24 13,83 16,24
Gain cumulé 0,55 4,89 12,47 23,71 37,54 53,78

Racheter les dettes existantes ce n’est pas injecter de la monnaie nouvelle dans l’économie réelle : c’est racheter un stock de dette existant qui a déjà été “consommé” par l’économie réelle

Argumentation complémentaire

http://www.economie.gouv.fr/facileco/bce-creation-monetaire-dette-publique
Aux États-Unis et en Grande Bretagne

La situation de la Federal Reserve Bank (ou FED, la Banque centrale des Etats-Unis) ainsi que celle de la Banque d’Angleterre sont différentes car, à l’inverse de la BCE, elles ont le droit d’acheter directement des titres de la dette publique sur le marché des émissions primaires.

La FED et la Banque d’Angleterre peuvent donc directement financer une partie du déficit public américain et anglais. Ce faisant, elles « monétisent » la partie du déficit public qu’elles financent, ce qui revient à créditer le compte du Trésor en monnaie nouvellement créée qui a son tour viendra gonfler la masse monétaire via les utilisations qu’en fera le Trésor (traitement des fonctionnaires, paiements des fournisseurs).

Par ailleurs, en se portant acquéreurs d’obligations émises par le Trésor, la FED et la Banque d’Angleterre pèsent directement sur la demande de titres de la dette publique et donc sur la détermination des taux d’intérêt, ce qui est l’objectif principal de ces interventions.

Le fait de pouvoir souscrire aux émissions primaires de la dette publique confère donc deux avantages pour des économies confrontées à des conjonctures économiques difficiles :

  • stimuler automatiquement le gonflement de la masse monétaire (et donc injecter des liquidités dans l’économie) ;
  • peser directement sur la formation des taux d’intérêt lors des émissions primaires des titres obligataires publics.

__________________

Shinzo Abe fait acheter à la Banque du Japon, tous les ans, environ 650 milliards d’euros, 13% du PIB du pays ! La Banque Centrale du Japon possède aujourd’hui plus de 40% de la dette du pays.

Par sa participation au Q.E. de la BCE, la Banque de France a déjà en fait racheté pour 160 milliards d’obligations qu’elle a porté à son bilan

______________

  1. Il faut toujours se souvenir qu’un État souverain peut émettre la monnaie dont il a besoin. Seules les devises étrangères doivent être empruntées, seule la balance extérieure négative « coûte » de l’argent. Toute la monnaie nationale émise dans le pays circule et revient progressivement en totalité à l’État sous forme de taxes et d’impôts au terme d’un certain nombre de cycles économiques (une vingtaine), sauf évidemment celle partie en importations.
  1. Alain Grandjean, économiste de la Fondation Nicolas Hulot co auteur de « financer l’avenir sans creuser la dette » de mai 2011 http://financerlavenir.fnh.org/propositions/financer-lavenir-proposition-et-debat-sur-linnovation-financiere/ y écrit «Il ne s’agit pas d’échanger l’arbitraire de Francfort pour l’arbitraire de l’État mais de dégager des marges de manœuvre pour que les gouvernements puissent préparer l’avenir .Cela nécessiterait en première estimation environ 600 milliards d’euros en France d’ici 10 ans , soit environ 3% du PIB par an . Les investissements financés ou garantis par l’État seraient bien sûr réalisés par le secteur privé. »
  1. Charles Sannat écrit « Alors que pouvons-nous faire? Et bien monétiser pardi! Comme tout le monde. Oui mais les allemands ne veulent pas. Certes. Mais ils n’auront pas le choix. Leur économie dépend à 80% des échanges intracommunautaires. Une crise européenne est une crise pour l’Allemagne. Une crise de l’Euro est une crise de la monnaie allemande. C’est l’héritage essentiel de Mitterrand qui a su arrime l’Allemagne à la France avec le traité de Maastricht. » (http://www.loretlargent.info/reflexions/le-pari-de-linevitable-monetisation/4010/)
  1. Nous pourrions presque rajouter Henri Guaino « En finir avec une économie de sacrifice»!
  1. Comme le dit Michel Crinetz « Si, aux termes de l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’union européenne, « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres », il n’est pas interdit de leur donner de l’argent. Nul besoin, donc, de modifier le traité. Rien non plus ne l’interdit dans les statuts de la banque de France. »

Les conséquences de ces propositions sur le budget et le bilan de la Banque de France pouvaient se résumer ainsi que je les aies également présentées à NDA.

Récapitulatif des effets des 5 propositions.

1 – La « boîte à outils » de protection des marchés publics et privés => pas d’effet direct sur les dépenses ou recettes

2 – Transfert du montant du CICE sur les entreprises soumises à concurrence internationales => pas de variation du budget établi par l’actuel gouvernement pour 2017

3 – Abondement du Fonds d’aide à l’industrialisation et à la relocalisation => Nous avons deux choix d’imputation et de présentation :
3.1 –  Ce Fonds d’aide est un équivalent bancaire. Le Trésor Public n’intervient pas. Nous aurons donc une simple augmentation du bilan de la Banque de France (ce seront des « crédit -bail » dont 50% seront remboursés à partir de 2025), pas d’incidence sur le budget (augmentation du bilan Banque de France annuel 20, 30, 35, 35, 35. Remboursements entre 2025 et 2032 :  10, 15, 17,5, 17,5, 17,5)

Mais on peut considérer que nombre de saupoudrages actuels vont disparaitre.
3.2 – Prêt de la Banque de France au Trésor Public qui pourra augmenter le capital d’une structure telle que l’Agence de Participation de l’Etat laquelle en définitive comptabilisera les prêts aux entreprises . S’inscrit en dépenses dans le Budget de l’État et en augmentation du bilan de la Banque de France

4 – Rachat par la Banque de France  des titres à échéance. L’effet sera de diminuer les intérêts de la dette de l’État portés dans le budget chaque année, prévus par l’Agence France Trésor  (montant de 41,8 milliards en 2017).

Le montant de l’augmentation du bilan de la BdF est connu (Entre juillet 2017 et juin 2022, c’est ainsi 674 milliards d’euros qui seront rachetés par la Banque de France, nous évitant pour les années futures de nous charger de leurs intérêts.

Sur des OAT à 10 ans qu’il faudrait émettre dans l’actuel système, à 2% d’intérêts c’est 133 milliards d’intérêts d’économisés pour le futur, 200 à 3%, et 330 si les taux remontaient à 5%., mais bien évidemment sur la durée du mandat, calculé à 2%, c’est bien moindre (17,3 Mds)

5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance (10 milliards par point de croissance) soit  par année 18, 25, 30, 35, 35,
Peut être considérée comme une recette nette pour le budget de l’Etat parallèlement à une augmentation du bilan de la Banque de France (masse monétaire)

Tableau récapitulatif
Sur le mandat 2017/2022 Budget de L‘Etat Bilan BdF
1 – « boîte à outils » 0 0
2 – Transfert du montant du CICE 0 0
3.1 – Financement direct de la  Banque de France à un Fond d’Industrialisation et de Relocalisation 0 (hors bilan) Augmentation
3.2 – Industrialisation et Relocalisation via l’Agence de Participation de l’Etat
La Banque de France prête à l’Etat qui abonde l’Agence de Participation de l’Etat
Augmente le déficit de l’Etat
(prêt de la BdF)
Augmentation
4 – Rachat par la Banque de France des OAT à échéance. Diminution des intérêts qu’il faudrait payer pendant le mandat (suivant les taux qui seraient pratiqués)

A 2%, c’est 17,3 Mds

Augmentation 674 Mds
5 – Émission monétaire permanente liée à la croissance :18, 25, 30, 35, 35, Diminution de 143 Mds Augmentation 143 Mds

Comme vous pouvez le constater dans le programme présidentiel de Nicolas Dupont-Aignan , nos propositions n’ont pas été retenues… tant pis, pas pour nous, mais pour la France.

Ah, si j’avais été candidat !

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333 – dette publique et banque de France!

Entre mai 2017 et mai 2022 c’est 711 milliards d’OAT (Obligations Assimilables du Trésor) sur les 2200 milliards de dette publique, qu’il va falloir « faire rouler » (c’est à dire emprunter pour les rembourser).
A ceci, il faut ajouter la somme des déficits prévisibles sur cette période de 400 qui feront monter la dette à plus de 2600 milliards.

Le simple fait d’autoriser la Banque de France à racheter les titres arrivant à échéance (les 711 milliards) et de prêter directement à l’Etat ses besoins supplémentaires (les déficits de 400 milliards), au lieu de passer par « les marchés », ferait gagner à la France (à nous tous) environ 250 milliards d’intérêts sur 10 ans (si les taux sont à 2%) ou près de 500 milliards si les taux sont montés à 4%.

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