295 – monnaie pleine

5 février 2015

Copies des pages explicatives du site  » Vollgeld  »

 

Dépôts entièrement garantis
Valeur affranchie de l’intérêt
ne dépendant plus du crédit

Il est tout à fait erroné de penser que seule la Banque nationale suisse a le privilège d’émettre de la monnaie. Ce sont les banques privées qui créent la masse monétaire sur la base des crédits qu’elles octroient à leurs clients, c’est de l’argent-dette. L’argent « fiduciaire » qui est émis sur mandat de la Confédération, ne représente que le 10ème de cette masse monétaire. Il est obtenu seulement lors du remboursement d’un montant en monnaie scripturale, lors d’un retrait au bancomat par exemple. Le reste, soit environ les 90% de la masse monétaire en circulation, est constitué de l’argent dit « scriptural ». L’octroi de crédit est guidé par le profit, les banques contrôlent entièrement le financement des initiatives entrepreneuriales et commerciales. La nature du crédit est donc une forme moderne d’asservissement de direction de l’ensemble de la société. La réforme monétaire propose de rendre à la Banque nationale suisse le monopole de l’émission de monnaie ainsi que de faire de la monnaie une valeur fiduciaire réelle et non plus la contrepartie d’une dette ou une marchandise sujette à spéculation. L’argent et son émission deviennent un service public visant à se conformer à l’intérêt national. Ci-dessous, les enjeux et étapes de cette innovation nécessaire.

N’est-il pas vrai que la Banque nationale suisse a le monopole de l’émission de monnaie ? On croit à tort que la BNS est l’institution qui, en Suisse, crée et met en circulation la monnaie. C’est bien ce rôle Lire la suite »


294 – Revue de lecture – N. Bouleau

3 février 2015

Revue de lecture – « Une monnaie nationale complémentaire.
Pour relever les défis écologiques et humains »

Par Nicolas BOULEAU, économiste, membre du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme. Article publié pour la première fois en avril 2011.

 

Une monnaie nationale complémentaire
Pour relever les défis humains et écologiquesPhilippe Derudder et André-Jacques Holbecq
Editions Yves Michel, 2011, 12€Il est plus utile ici de souligner l’importance des questions auxquelles cet ouvrage propose une réponse que d’en faire un résumé. Le rapport « portée de la réflexion » sur « prix de l’ouvrage » est très avantageux.

 

Comment valoriser les biens collectifs

Nourrie d’une inquiétude grandissante devant les catastrophes techniques, l’érosion du vivant, les limites de la planète et le changement climatique, la pensée écologique a développé des thèses, révolutionnaires ou réformatrices, qui dénoncent la société de consommation, le profit destructeur du capitalisme débridé, le Business as usual. Mais depuis les premières semonces, maintenant anciennes, peu de changements se sont produits : plusieurs causes de dommage reconnues continuent de croître. Nous sommes à un stade où la majorité des gens a pris conscience des tendances et de leurs conséquences mais où néanmoins les outils du passage à l’action ne sont pas là. Au point que la communication sur ces sujets devient paradoxale : l’inquiétude au niveau collectif au lieu de susciter la valorisation des biens communs, la mise en place d’institutions de mesures et de contrôle, et de préserver le cadre de vie, accentue les comportements de protection individuelle et l’égoïsme des ménages d’où une planification inopérante dans les pays pauvres, un vote en faveur de l’économie la plus libérale dans les démocraties occidentales et une industrialisation déréglementée dans les pays en développement par renforcement de la mondialisation.

Depuis longtemps les analyses de Jacques Ellul, d’André Gorz ou de Lester Brown qui plaident en faveur d’une économie écologique et durable ont pointé la nature destructrice du marché capitaliste : elle est principalement due à la quête de croissance et à la dévalorisation de fait des biens collectifs. De la valeur n’est accordée qu’aux activités et ressources qui peuvent immédiatement s’ouvrir à l’argent et en générer. Les biens qui ne sont pas déjà propriété privée sont traités comme gratuits, exception faite de ceux qui sont répertoriés comme en péril à protéger dans des nomenclatures tardives et toujours mal appliquées. Les prix de marchés ne prennent pas en compte les dommages à long terme de l’environnement. La question des taux d’intérêt et celle de l’actualisation sont au cœur de cette pseudo-rationalité envahissante. Aussi de tous les projets de réforme de l’économie, la monnaie, cette technologie sociale si efficace actuellement, est-elle sans doute l’outil le plus performant que l’on puisse réajuster.

 

Agir sur le long terme grâce à la monnaie

C’est une idée à la mode. Plusieurs personnalités et partis politiques ont évoqué récemment la création monétaire comme une éventualité sérieuse à prendre en compte pour des objectifs de redistribution sociale ou environnementaux. Est-ce possible actuellement avec quelques modifications dans la réglementation financière en Europe ? Ou bien est-ce là une utopie que le capitalisme va aisément virtualiser ? L’usage de la monnaie est fondé sur la confiance. Y toucher est délicat. Pourtant une des leçons de la tornade financière récente n’est-elle pas, in fine, que la confiance vient moins de l’imposante architecture des sièges des établissements financiers que du fait que les Etats représentent l’économie réelle due au travail des hommes ?

La masse monétaire n’est pas gérée de la même façon aux Etats-Unis ou au Japon où les Banques centrales peuvent mener une politique monétaire publique c’est-à-dire frapper monnaie pour l’Etat, et en Europe où la Banque centrale européenne et les Banques centrales nationales qui la représentent n’ont pas ce droit et ne peuvent donc jouer que sur des taux par l’intermédiaire de banques privées. En effet, l’article 123 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne stipule : « Il est interdit à la Banque centrale européenne et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées «banques centrales nationales», d’accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions, organes ou organismes de l’Union, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la Banque centrale européenne ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite. » La philosophie du traité  est d’obliger les gouvernements à emprunter à des taux fixés par le marché dans le but d’empêcher la création monétaire publique perçue comme facteur d’inflation. Cette disposition impose aux Etats de se plier au jugement privé de rentabilité qui choisit des taux variables suivant les perspectives de sécurité de remboursement.

Des difficultés graves en ont résulté pour des pays tels que la Grèce, l’Irlande, le Portugal et l’Espagne qui doivent emprunter à des taux bien supérieurs à ceux des pays comme la France et l’Allemagne économiquement plus crédibles. Elles ont entraîné les décisions de la BCE et du FMI que l’ont sait de création du fonds de stabilité financière européen qui a prêté à la Grèce 110 milliards d’Euros pour l’instant jusqu’en 2013. Mais ce genre d’arrangement avec la lettre du traité pour raison politique, est critiqué comme un risque indu par une part de l’électorat français et surtout allemand. Les deux logiques s’affrontent et aujourd’hui à la mi-avril 2011 les marchés prêtent à la Grèce à dix ans au taux de 14,5% et à l’Allemagne à 3,3%, de quoi méditer…

Les  banques privées créent de la monnaie de plusieurs façons, la plus évidente est qu’en moyenne le rythme global des crédits qu’elles accordent est supérieur au rythme des remboursements de prêts qu’elles reçoivent et aussi — la crise a montré que ce n’était pas une hypothèse d’école — parce que les risques de contrepartie font qu’il y a des crédits non remboursés, les montants correspondants sont de la création monétaire. Le lecteur trouvera des précisions sur ces mécanismes sur le site de l’association Chômage et monnaie et sur celui de la BCE.

 

Un des moyens de la création monétaire publique : une monnaie supplémentaire écologique

Alors que la monnaie est évidemment sociale puisqu’elle n’a pas de fondements « naturels » c’est un choix très fort de confier quasi-exclusivement à des instances privées le soin de la créer, car elle est le moyen d’action par excellence. D’un point de vue écologique, on impose ainsi au système ouvert que nous sommes comme êtres vivants la recherche de profits immédiats. De nombreux auteurs considèrent que cette stratégie financière est anachronique et que — compte tenu des problèmes globaux — le pouvoir politique doit reprendre démocratiquement la maîtrise de ce levier essentiel. Les emprunts contractés par les Etats auprès des marchés se perpétuant et se cumulant si le budget reste déficitaire — ce qui est le cas dans la plupart des Etats — on arrive à un régime permanent qui ressemble à la création monétaire publique sauf que 1) il y a rémunération des banques privées (domestiques ou internationales) 2) la charge de l’intérêt de la dette incite les Etats à utiliser la part gouvernable du budget (celle qui n’est pas promise à des frais permanents) à des placements dont la rentabilité est proche des taux privés. Le long terme, plus incertain et moins urgent, ne peut plus être envisagé et traduit en politique économique.

Des économistes aux Etats-Unis (cf. Real-World Economics Review), au Royaume Uni (cf. la revue Prosperity) et même en Allemagne (cf. le site Monetative) proposent une réappropriation publique de la création monétaire comme outil pour la maîtrise d’objectifs globaux et environnementaux. Cela pose deux sortes de difficultés.

  • Une question de gouvernance : comment limiter la création monétaire par les BCN pour les Etats. Question politique et juridique qui se complique dans le contexte européen, mais qui au fond est forcément soluble puisque ce type de responsabilité est assumé par la FED aux Etats-Unis actuellement. Elle est au demeurant hors de l’agenda européen car le pays le plus attaché au système actuel est aussi celui qui a les meilleures performances économiques.
  • Une question de mise en œuvre : comment se fait le passage entre les objectifs (définis par la politique environnementale) et des actions économiques ? Le problème est similaire à celui soulevé par le CDM, mécanisme de développement propre, où des entreprises affichent qu’elles font des investissements pour aider les pays en développement à moins polluer, et font parfois tout autre chose, en délocalisant tout simplement. Les objectifs sont des mots, leur sens est vague, les indicateurs sont plus complexes que des prix. Comment s’assurer que sous couvert d’effort vers ces objectifs les entreprises ne vont pas faire bénéficier d’autres pans de leurs activités des mécanismes d’incitation publique ?

C’est notamment en raison de ce risque de dérive que les auteurs de l’ouvrage présenté préconisent la création d’une monnaie supplémentaire utilisée par des entreprises à vocation sociétale. Leurs propositions — qui prolongent les thèses de Ph. Derudder Rendre la création monétaire à la société civile, Yves Michel 2005 — sont très convaincantes et semblent pouvoir se faire en France sans contradiction avec le système actuel, même pouvoir entraîner d’autres pays par la suite. Le style est plaisant et les technicités très pédagogiquement exposées par des analogies accessibles. L’ouvrage n’est pas dogmatique ni abstrait, il fait d’autant plus réfléchir.


2014 en révision

29 décembre 2014

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Le Concert Hall de l’Opéra de Sydney peut contenir 2 700 personnes. Ce blog a été vu 56 000 fois en 2014. S’il était un concert à l’Opéra de Sydney, il faudrait environ 21 spectacles pour accueillir tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.


293 – Monnaie nationale complémentaire

9 novembre 2014

Une monnaie nationale complémentaire de Bien commun

La crise actuelle (économique, écologique, financière, humaine…) est le fruit d’un conditionnement de la pensée économique :

1 – On traite l’argent comme s’il avait une existence et une valeur propres, comme au temps où il était appuyé sur l’or et donc rare!
2 – Cette conception conduit à croire que le bien commun ne peut qu’être financé par redistribution de la richesse au moyen de l’impôt, présenté comme symbole de solidarité nationale!
3 – On croit enfin qu’une seule monnaie doit circuler dans un espace donné.

Eh bien NON! Depuis 1971, date à laquelle la dernière monnaie encore convertible en or, le dollar américain a abandonné cette convertibilité, la monnaie n’est qu’une unité de compte virtuelle créée par la seule volonté humaine; une convention sociale sans valeur propre et potentiellement « infinie ».

NON, la redistribution par la fiscalité ne se justifie plus. Pourquoi devrait-on aller prendre dans la poche des gens ce que la société elle-même peut créer par simple écriture sous réserve bien sûr de pouvoir détruire la monnaie excédentaire.

NON, une unique monnaie n’a rien d’impératif; l’histoire révèle que l’humanité s’est construite autour d’une diversité de monnaies sur un même territoire.

Par ailleurs, l’économie ne fait pas de distinction entre l’intérêt privé et l’intérêt collectif. Elle obéit au postulat d’Adam Smith qui supposait que l’intérêt collectif découlait de la satisfaction des intérêts particuliers par ruissellement, la prospérité des uns retombant sur les autres qui, à leur tour, redistribuent. Mais n’oublions pas qu’au XVIIIeme siècle la monnaie était matérielle et que la production occupait toute la population y compris les enfants. Pas de protection sociale, pas de retraite, pas de système de santé, pas d’école gratuite. C’est la solidarité au sein des familles et des communautés et la charité pratiquée par l’église et certains riches qui assuraient tant bien que mal le Bien commun. Quoi que le système ait évolué dans ses techniques, entre le XVIIIeme et le début du XXIeme siècle, l’idéologie est restée la même. l’État providence maintenant investi de l’intérêt collectif en conditionne le contenu à ce que les retombées fiscales lui permettent de faire. C’est une dépense dans l’économie, un handicap à la compétitivité.

Tant que la pensée économique n’admet qu’une seule monnaie sur un territoire à fortiori conçue comme si elle était matérielle, le bien commun ne peut qu’être un sous-produit de l’activité marchande toujours remis en question sous la pression des exigences qu’imposent une économie globalisée. Or à ce jour où la production marchande n’offre plus d’emploi à tous et ne peut fonctionner que dans une dynamique de croissance infinie incompatible avec ce que la planète peut soutenir, il ne peut y avoir d’avenir que si la qualité de vie est considérée comme une RICHESSE prioritaire. La nature maintenant dématérialisée de la monnaie rend ce défi possible.

Pour ce faire il « suffit » de DÉCOUPLER le Bien commun de l’activité marchande, en le traitant dans un espace économique nouveau, AUTONOME, complémentaire à l’économie marchande. Ce nouvel espace regroupe les activités dont le contenu n’a pas par nature à être considéré comme une marchandise, tel que la santé, l’éducation, la recherche fondamentale, l’eau, la transition écologique, etc … Il est régi par un statut juridique spécifique et n’a pas pour finalité le profit financier ou l’équilibre comptable mais celle de bénéfice éco-social, c’est-à-dire l’atteinte concrète des objectifs écologiques et sociaux visés pour améliorer la qualité de la Vie.

C’est le débat public, partant du local vers le global, qui détermine ce qui doit relever légitimement de chaque champ, le marchand ou l’éco-social. Quant au financement, et c’est là la clé, il n’est plus assuré par l’impôt, ni par l’emprunt, mais par l’utilisation d’une monnaie de bien commun complémentaire à la devise nationale  dont le nom reste à trouver (le socio?).
Elle est CRÉÉE EX-NIHILO par un organisme public sous mandat et contrôle citoyen, à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés démocratiquement. Ainsi la Nation peut-elle répondre aux enjeux humains et écologiques à la hauteur qu’il convient, sans affecter ni ses relations ni son commerce extérieurs. Certaines conditions pour cela doivent toutefois être respectées :

- La monnaie de bien commun a cours exclusif à l’intérieur du territoire national et n’est pas convertible en devises (sauf dans certaines conditions) pour ne pas affecter leur cours

- Elle a cours légal de sorte que quiconque sur le territoire a obligation de l’accepter en paiement.

- Elle a parité de pouvoir d’achat avec la devise nationale pour faciliter les échanges qui peuvent se faire partout sur le territoire avec l’une ou l’autre monnaie.

- La monnaie de bien commun, à quelques exceptions près, ne donne accès qu’à des biens et services durables produits sur le territoire. Cela peut être perçu comme restrictif et désavantageux pour les personnes dont les revenus seront exclusivement en monnaie complémentaire, mais les enjeux écologiques et la finalité d’amélioration de qualité de vie exigent une consommation responsable. Il est à noter toutefois que cette exigence favorise la relocalisation de productions abandonnées, dans des conditions sociales et environnementales respectueuses. Un avantage pour tous en fin de compte.

- La monnaie de bien commun est exclusivement scripturale. Pas de pièces ni de billets; il est en effet impératif de savoir à tout instant combien il y a de monnaie en circulation pour assurer une fine gestion de la masse monétaire. La population doit être protégée par la loi contre tout risque de flicage et d’utilisation abusive des données.

- Une fiscalité s’applique à ce nouveau champ économique, dont le but n’est pas de constituer une recette redistribuable mais de destruction de cette monnaie afin d’éviter tout risque d’inflation.

Les avantages :

On ne touche pas au système marchand, donc aux intérêts dominants.

Seule la volonté nationale suffit pour mettre en œuvre ce dispositif. Pas besoin de renégocier les traités et accords internationaux. On peut supposer qu’il y aura des « indignations » et des pressions internationales hostiles, mais qui s’apaiseront dans la mesure où le but n’est pas de créer un avantage concurrentiel; il est de donner un exemple à suivre par tous.

La question de l’emploi trouve sa solution. C’est une immense gamme d’activités utiles, rémunératrices et épanouissantes qui s’offre à toutes celles et ceux qui ne se sentent plus à leur place dans le système actuel ou qui en sont exclues ou mis en marge.
La question de la dette publique trouve aussi sa solution car il n’y a plus aucune raison pour que le budget de l’État soit déficitaire. Non seulement le recours à l’emprunt pour financer la politique de Bien commun devient inutile mais il devient possible de rembourser progressivement la dette antérieure.

La pleine reconnaissance d’un espace dont la finalité est purement qualitative tirera naturellement la société vers le haut; le secteur marchand se trouvera entraîné dans cette spirale vertueuse pour répondre à la demande.

Les grandes questions de société comme la santé, l’éducation, l’alimentation, l’énergie, traditionnellement abordés par rapport aux budgets disponibles et aux intérêts économiques dominants pourront être débattus sur le fond sans que les aspects financiers viennent polluer la réflexion en y mélangeant leur logique comptable.

L’économie marchande se trouve libérée de l’impératif de croissance et peut se consacrer à l’exclusive satisfaction des besoins sans plus avoir à les créer artificiellement.

La qualité de vie ne dépend plus des performances de l’économie marchande ni du commerce extérieur. Le modèle s’étendant, des pays dits pauvres peuvent parvenir à un haut niveau de qualité de vie dans le respect de leur culture et de leurs traditions. Les problèmes liés aux mouvements migratoires si cruciaux actuellement trouvent alors une solution naturelle car, quand on est bien chez soi, pourquoi aller chez les autres sauf de le choisir?

Libérées de l’aiguillon de la nécessité et de l’obligation de marchandage, les relations internationales iront vers une pacification.

Le débat public permanent nécessaire pour déterminer les axes d’amélioration de qualité de vie à partir du local, conduira à une meilleure expression de la démocratie.

Il faut donc soutenir l’idée d’une Monnaie Nationale Complémentaire
( de Ph. Derudder et A-J Holbecq -préface de Pierre Rabhi – éditions Yves Michel -
http://www.souffledor.fr/boutique/produits_monnaie-nationale-complementaire-une__3340.html )

UMNC2

Lire aussi l’analyse de ce livre, par  Nicolas BOULEAU, économiste, membre du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme.


292 – A-J Holbecq: interview

30 juin 2014

Interview par Olivier Siméon sur « La voix de la Russie » paru en deux parties les 26 et 27 juin 2014

Liens directs première partie , seconde partie

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Croissance et dette : le retour nécessaire des Banques Centrales

Par La Voix de la Russie | Quelle est l’origine de la dette des Etats ? A qui appartiennent la dette et la création monétaire ? Comment se sortir de la spirale de l’endettement des Etats et se réapproprier la création monétaire, permettant de financer l’avenir et les investissements ? Éléments de réponse avec André-Jacques Holbecq, économiste et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet de la dette et de la monnaie.

La Voix de la Russie : André-Jacques Holbecq, bonjour. Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux questions monétaires et de dette des États. Pourquoi l’ancien pilote de Concorde que vous êtes a-t-il été amené à se spécialiser sur ces questions ? En quoi ces thématiques sont-elles importantes ?

André-Jacques Holbecq : Les hasards de la vie ont fait qu’après deux années d’économie en fac et quelques autres activités, j’ai choisi de vivre professionnellement ma passion, l’aviation. J’ai eu la chance de gravir les échelons qui m’ont amené à piloter le Concorde. Un petit problème de santé, en 1993 m’a imposé une retraite anticipée après 25 ans à Air France. J’ai repris en autodidacte des études en économie ce qui m’a amené à poser un regard critique sur certains points de vue. Ils ont été développés dans mon premier livre « Un regard citoyen sur l’économie » et ensuite dans « Les 10 plus gros mensonges sur l’économie », co-écrit avec Philippe Derudder. La thématique de la dette publique est venue ensuite avec « La dette publique, une affaire rentable ». Nous avons aussi écrit d’autres livres ensemble ou chacun de notre côté.

La création de la monnaie et sa circulation ainsi que la dette publique qui en est une des conséquences directes sont des thématiques importantes car elles déterminent « l’économie » de la société et donc le bien vivre ou le mal vivre de la population.

LVdlR : A quel moment et pour quelle raison le pouvoir de création monétaire est-il passé de la Banque de France (de l’État) aux banques privées ?

A.-J. H. : Vers 1650, à Londres et à Amsterdam, les orfèvres comprennent qu’ils peuvent émettre plus de « certificats de dépôts » que les valeurs métalliques (or, argent) déposées par les marchands et les aristocrates dans leurs coffres, en faisant le pari que tous les déposants ne reviendront pas échanger en même temps ces bons au porteur. Ceux-ci circulent donc en règlement de dette entre les individus sans imposer l’obligation de venir retirer les valeurs métalliques pour assurer les paiements. Les orfèvres deviennent donc banquiers modernes par l’invention de la monnaie de crédit et des réserves fractionnaires que sont les valeurs métalliques qui ne représentaient plus la totalité de l’émission de « papier ».

Il y eut ensuite des évolutions avec l’intervention des États qui assez vite créèrent des « banques centrales » comme la Banque d’Angleterre fondée en 1694. Certaines publiques, d’autres privées : certaines le sont restées, d’autres ont été nationalisées (comme la Banque de France en 1945).

Mais bien évidemment entre le XVIIème siècle et nos jours le système monétaire continuera d’évoluer et les débats seront souvent violents entre les écoles, par exemple entre les défenseurs de l’école de la banque et l’école de la circulation (débats aboutissant à l’Act de 1844 en Angleterre, [voir note 1]); certains vont suggérer des solutions radicales en proposant de faire cesser toute création de monnaie à partir du crédit, comme le propose également l’initiative Suisse « VOLLGELD » que nous soutenons par la pétition « Rendez-nous la monnaie ! » puisque le Référendum d’Initiative Citoyenne n’existe pas en France.

LVdlR : Et ce transfert de pouvoir régalien a été retranscrit dans le droit européen je présume ?

A.-J. H. : Oui. Déjà en France, la loi bancaire du 3 janvier 1973 avait sérieusement limité la capacité de l’État de se financer de lui-même (plus précisément via sa banque centrale, la Banque de France). Le traité de Maastricht en 1993 a introduit dans son article 104 l’interdiction absolue pour les États de se financer auprès de leur propre banque Centrale. Cet article a été repris dans son intégralité dans le traité de Lisbonne (art. 123).

Il ne s’agit pas d’une loi divine. Cette loi, ce sont les chaînes que nous nous sommes volontairement attachées. Nous pouvons les détacher.

LVdlR : Quel lien y a-t-il entre création monétaire et dette publique ?

A.-J. H. : L’État n’a que quatre manières d’équilibrer son Budget s’il considère nécessaire de le faire : augmenter les recettes, diminuer les dépenses, emprunter le solde négatif ou le « monétiser » (c’est-à-dire créer la monnaie nécessaire [voir note 2]). L’État a donc rejeté totalement la quatrième solution pour protéger la rente. Les soldes négatifs des budgets des administrations publiques sont empruntés sur les marchés, augmentant chaque année la dette du montant du déficit, alors qu’il serait beaucoup plus simple et économique de « monétiser » ces besoins de financement.

LVdlR : Fin 2013, la dette publique de la France est de plus de 1900 milliards d’euros, soit 93% de son PIB. 30 ans plus tôt, en 1983, la dette française n’est que de 170 milliards d’euros, soit 25 % du PIB. Comment expliquer cette explosion de la dette ?

A.-J. H. : Pour environ 80 % l’augmentation est due aux cumul des intérêts [voir note 3], la crise de 2007 est responsable des 20 % restant. Ceci se démontre facilement en établissant la somme des intérêts payés (et donc empruntés) sur cette période. Ceci se démontre également lorsqu’on fait la somme des « soldes primaires » (c’est à dire des soldes annuels du budget, sans les intérêts).

LVdlR : Faîtes-vous un lien entre la dette et la création monétaire d’une part, et les impôts et le chômage de l’autre ?

A.-J. H. : Le lien est très fort et les néochartalistes [voir note 4] (qui sont donc keynésiens) ont une excellente approche à ce sujet. Ils considèrent que les impôts ne pouvant être payés que par une monnaie reconnue par l’État (la monnaie de Banque Centrale) il faut que celle ci soit émise justement par l’État en quantité suffisante pour justement permettre de payer l’impôt. Ils inversent le sens de la réflexion.

A partir de là on déduit facilement qu’un État (souverain) doit se substituer aux entreprises privées si l’activité n’est pas suffisante, en ayant pour objectif un taux de chômage le plus bas possible. Ce qui veut dire que lorsque les entreprises privées n’embauchent plus, l’État doit prendre le relais par la commande publique (grands travaux, transition énergétique et écologique par exemple) financée par la création monétaire centrale, car, lorsqu’un pays a un besoin (collectivement souhaitable), la volonté de le satisfaire, les moyens techniques et énergétiques, un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,… l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire nécessaire pour la réaliser.

Cette monnaie va ensuite diffuser dans l’économie. Le Trésor Public, via des impôts non remis en circulation, devient régulateur de la quantité de monnaie circulant dans la sphère économique. Il ne faut pas, évidemment, que les crédits des banques commerciales viennent perturber l’équilibre. C’est l’une des raisons de notre soutien aux propositions de « monnaie pleine » ou du « 100 % monnaie ».

LVdlR : Parlons maintenant du remboursement des intérêts de la dette. Combien payent les Français chaque année pour rembourser les intérêts de la dette, qu’est-ce que cela représente en valeur ?

A.-J. H. : C’est en moyenne 50 milliards par an d’intérêts qui sont distribués aux détenteurs de titres de la dette. J’ai beaucoup de mal à utiliser l’expression « les français payent chaque année 50 milliards… », simplement parce que, comme nous ne les avons pas (les budgets sont négatifs, c’est le fameux « déficit » dont nous entendons parler tous les jours), nous empruntons l’équivalent de ce déficit ce qui augmente la dette (en plus de faire « rouler » les obligations arrivant à échéance). Et dans ce déficit, il y a les intérêts. On peut donc dire que les nouveaux acheteurs de dette payent aux anciens les intérêts que ces derniers perçoivent ! Tout cela évidemment avec pour conséquence l’augmentation du stock de la dette pour le pays.

La dépendance aux marchés financiers place tous les gouvernements sous la menace de l’augmentation des taux d’intérêt et donc d’une aggravation de la dette. Car les 50 milliards d’intérêts d’aujourd’hui sont dus à des taux très faibles… imaginez que les taux remontent à des valeurs que nous avons connues dans le passé … des taux à 10 %, et les intérêts passeraient progressivement à 200 milliards par an et nous ne pourrions plus les emprunter !

Aujourd’hui, les gouvernements de droite ou de gauche doivent respecter la règle imposée par les financiers de la planète sous peine d’être mis en difficulté.

Quant à nous, Français, nous subissons la régression et l’austérité.

LVdlR :En cherchant à savoir à qui appartient la dette française, on découvre qu’il est très difficile d’obtenir des informations. Ces dernières ne sont pas publiques. Pour quelles raisons ?

A.-J. H. : La dette de l’État est initialement vendue par l’Agence France Trésor à 19 banques françaises et étrangères qu’on appelle les « Spécialistes en Valeurs du Trésor ». Celles-ci replacent les titres de dette auprès d’autres banques, des assureurs, des fonds de pension, etc. Il est donc très difficile de suivre à la trace les titres de dette qui en plus sont revendus et rachetés sur les marchés. C’est l’opacité la plus totale.

Seul un audit, par exemple à l’occasion d’échanges imposés de titres, permettrait de savoir à qui réellement appartiennent les titres. L’AFT donne néanmoins une estimation concernant les OAT par les non résidents : 65 % [voir note 6] dont probablement la moitié en Europe.

Des 35 % restant, donc Français, un peu moins de 2/3 sont dans les portefeuilles des assurances vies et fonds de pension, 1/3 dans les actifs des banques.

LVdlR :Certains responsables politiques français, lorsqu’on évoque la question de la suppression de la dette, répondent qu’on pénaliserait alors le « petit épargnant français ». Qu’en est-il ?

A.-J. H. : C’est exact pour une partie puisque les titres de dette sont détenus par des assurances-vie et des fonds de pension (caisses de retraite par capitalisation). Il est impossible de savoir quelle est la proportion de gros et de petits épargnants, de français et d’étrangers, sauf à procéder comme je le disais à un audit. Pour la part détenue par les banques, ce serait pour elles une perte importante et les actionnaires n’aiment pas cette idée, évidemment.

Je pense donc qu’il ne faut pas faire défaut mais peut être faudrait-il limiter la possibilité de revente des titres ou de transfert successoral tout en payant les intérêts jusqu’au décès des détenteurs. C’est juste une idée.

LVdlR :Comment réagissez-vous à ceux qui expliquent, à l’instar du gouvernement français, qu’il est nécessaire de consacrer des efforts financiers à la baisse de la dette afin d’être moins dépendants des marchés prêteurs, et ainsi plus indépendants ?

A.-J. H. : Les dirigeants sont victimes de plusieurs dogmes mais en particulier celui d’avoir oublié qu’un État peut émettre sa propre monnaie (la seule monnaie que nous ne pouvons – techniquement – pas émettre, ce sont les devises étrangères). Ils considèrent en plus d’une manière erronée que le budget d’un État est la représentation du budget d’un ménage (qui ne peut dépenser plus que ce qu’il gagne sauf à emprunter), et ils en arrivent donc à penser que l’équilibre est indispensable. Et pourtant, c’est l’inverse : le déficit d’un État est indispensable pour satisfaire tous les besoins d’investissement collectifs à long terme qu’aucun acteur privé, faute de rentabilité, ne veut prendre à sa charge.

LVdlR :L’annulation de la dette a eu lieu à plusieurs reprises dans l’histoire, comme en Russie récemment (après la crise financière de 1998), et en France il y a plus longtemps, je crois ?

A.-J. H. : Il n’y a pas eu d’annulation de la dette dans l’histoire récente de la France. C’est l’inflation dès la fin des années 30 associée avec la croissance des Trente Glorieuses qui va laminer le poids de la dette, aboutissant à une réduction de celle-ci à moins de 15% du PIB au début des années 1970. Mais il faut se souvenir que depuis 1971 la monnaie est totalement déconnectée d’une quelconque valeur en or. En théorie il n’y a plus de limite à la création monétaire (je dis bien en théorie) depuis 1971 année où les monnaies sont déconnectées de l’or.

En fait les États ont d’autres armes que l’annulation pure et simple si la dette devient excessive ou plutôt s’ils n’arrivent plus à financer les déficits sur les marchés à des taux raisonnables. Parmi les mauvaises solutions, il y a celle que mettent en application beaucoup de gouvernements de l’U.E., c’est-à-dire l’augmentation de l’imposition jointe à une réduction des dépenses donc une réduction brutale des déficits. Cette méthode nous emmène à mon avis droit dans le mur de la récession ou d’une croissance très molle.

L’inflation (pour les dettes extérieures) est une excellente méthode. Quand à la « renégociation » elle a eu par exemple un effet important sur la dette de la Grèce qui n’est pas pour autant sauvée malgré les sacrifices de sa population. Il fallait pour elle d’une part lui faire quitter la zone euro immédiatement et vraiment faire défaut sur l’ensemble de sa dette.

Mais, je le répète, excusez-moi, un État souverain peut toujours créer toute la monnaie qu’il veut pour rembourser sa dette, celle qui est libellée dans sa devise et sous contrat de droit national [note 7].

LVdlR :L’inconvénient d’une « renégociation » ou d’un défaut de la dette a pour conséquence de voir les épargnants privés de leur créance… Du coup, les États ne sont plus crédibles pour emprunter afin de pouvoir se développer ?

A.-J. H. : Je pense qu’il est important de ne pas léser les petits épargnants car ils ne sont pas responsables des choix « d’investissement » des structures à qui ils ont confié leur épargne pour la protéger et en obtenir un tout petit rendement en attendant leurs vieux jours. Avant de parler d’annulation ou de restructuration de la dette, un audit est donc nécessaire. Il y a ensuite plusieurs solutions pour rendre la restructuration éventuelle plus juste.
Au delà de cette question il faut se souvenir que les États, s’ils sont souverains (je redis que ce n’est plus le cas des États de la zone euro), n’ont nul besoin d’emprunter dans leur propre monnaie pour pouvoir se développer. Il est évident que le besoin d’importation (matières premières, énergie, savoir faire étranger) peut limiter le développement si l’État ne dispose pas des devises de commerce international (dollar, euro, livre sterling) ou ne peut emprunter sur les marchés de devises. De ce fait, l’équilibre le plus important pour un État est celui de la balance extérieure, la balance commerciale en particulier.

LVdlR : Comment l’Argentine a-t-elle pour sa part géré sa crise de la dette au début des années 2000 ?

A.-J. H. : Ses créanciers ont accepté des rééchelonnements et des réductions de façon à ne pas perdre la totalité de leur mise. Le plan argentin de conversion de dette conduisit à une réduction du capital de 50 % en moyenne.

À la fin de la période de conversion des dettes, en février 2005, 75% des créanciers avaient accepté l’offre du Gouvernement argentin.

LVdlR : Évoquons aussi la faramineuse dette US. Comment celle-ci est-elle devenue si élevée ? Y a-t-il un risque selon vous de défaut de paiement de la dette US et d’une fragilisation du dollar ? (certains économistes russes prévoient même une chute imminente du dollar).

A.-J. H. : Depuis le début du sauvetage bancaire aux États-Unis au 3e trimestre 2008 la FED a injecté d’énormes sommes dans l’économie US. Entre 2008 et 2012, la Réserve fédérale a acheté 2 300 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Ces injections de liquidités ont eu pour avantage de faire chuter les taux d’intérêts.

La dette publique atteint maintenant 17.400 milliards de dollars (soit environ 12.800 milliards d’euros), 105 % de son PIB. On voit bien que les pays européens ne sont pas les seuls à avoir des dettes gigantesques, mais à mon avis pas plus les uns que les autres ne pourront rembourser ces dettes et les créanciers pourront s’estimer heureux s’ils perçoivent de faibles intérêts.

A moins, comme le prévoit Alexandre Aïvazov, qu’ils ne fassent défaut sur leur dette (auquel cas le dollar s’effondrerait) et mettent en place une nouvelle devise ? N’oublions pas néanmoins que le dollar détient une position dominante en tant que monnaie de réserve mondiale bien que d’autres devises lui taillent progressivement des parts de marché; aucun pays n’a intérêt à un effondrement trop rapide du dollar.

Et si nous pouvions prévoir l’avenir il n’y aurait jamais de crise.

LVdlR : Vous avez évoqué plus haut une pétition demandant aux autorités de « rendre la monnaie ». De quoi s’agit-il ?

A.-J. H. : Comme je l’ai dit plus haut nous ne disposons pas en France d’une loi permettant aux citoyens de lancer un Référendum [voire note 8]. Puisque nos voisins suisses vont demander à leurs concitoyens, par l’intermédiaire d’une votation, de choisir la mise en place d’un système monétaire dit « monnaie pleine » ou de garder le système actuel à réserves fractionnaires, nous avons considéré que la seule solution pour les soutenir tout en faisant connaître en France cette option de « monnaie pleine », était la mise en place d’une pétition. Il s’agit dans le fond de proposer les objectifs suivants :
a. La Banque Centrale créera désormais seule la monnaie scripturale électronique (monnaie pleine).
b. Les banques ne pourront plus elles-mêmes créer de la monnaie scripturale, mais prêter seulement de la monnaie déjà existante sous forme d’épargne qui leur serait confiée.
c. Les dépôts à vue sont transformés en monnaie centrale et passent en hors bilan des banques commerciales.
d. La Banque Centrale mettra en circulation chaque année la nouvelle monnaie pleine (sans dette) au Trésor Public, aux Départements ou Régions, ou aux citoyennes et citoyens [note 9].

LVdlR : La réappropriation souveraine de la monnaie et de la création monétaire impliquent-elles une sortie de l’euro ?…

A.-J. H. : Oui, cette proposition de « monnaie pleine » impose une sortie de l’euro, volontaire ou non, le retour à des monnaies nationales, avec ou sans création d’une nouvelle « monnaie commune » [note 10].

En effet le dogme budgétaire et monétaire imposé par Bruxelles (plus exactement les Chefs d’Etat et de Gouvernements ), sont incompatibles avec cette proposition qui a été également portée en 2012 par deux économistes du FMI, Jaromir Benes et Michael Kumhof, dans un article célèbre « The Chicago Plan Revisited » [note 11]. Je vois mal les 28 pays de l’U.E. s’accorder sur ce sujet au point de trouver l’unanimité dans un nouveau Traité.

Je pense que la Suisse pourrait nous donner une grande leçon, mais que même si la proposition est rejetée par le Peuple souverain, la prochaine crise monétaire ou financière sera l’occasion de reparler de cette alternative.

LVdlR : Plus généralement, quelles sont les pistes pour les États et les peuples de se délier de cet épineux problème de la monnaie d’une part et de la dette de l’autre ? Dans ce contexte, comment financer l’avenir et les investissements ?

A.-J. H. : Depuis près de 15 ans je défends l’idée qu’un bon système monétaire ne doit pas être privé. Comme l’avait noté Maurice Allais, les banques détiennent un privilège qui devrait revenir à la collectivité. Il faut donc à mon avis changer de dogme ou de paradigme et considérer que le Peuple doit pouvoir émettre lui même la monnaie dont il a besoin, sans passer par les structures privées que sont les banques. Or, depuis la crise de 2008, les banques centrales soutiennent l’activité en injectant massivement des liquidités, lesquelles malheureusement sont utilisées par les banques en grande partie pour spéculer, alors que l’’économie réelle a besoin que ces liquidités se fixent sur le long terme dans des investissements qui relancent la croissance, favorisent la transition énergétique et luttent contre le changement climatique.

Le système favorise la spéculation et non l’économie réelle… il faut donc changer de système !

Une émission monétaire annuelle raisonnable de 5 % du PIB, soit environ 100 milliards d’euros (ou de francs post euros si nous quittions la zone ou que l’euro n’explose), permettrait de couvrir les déficits et ainsi empêcher la dette de grossir. Donc – prenons l’exemple de 2013 avec son déficit de 87 milliards d’euros – en premier lieu les intérêts de 51 milliards et 36 milliards de déficit primaire. Reste 13 milliards que nous pouvons utiliser suivant nos choix. Un peu d’inflation aurait aussi des effets bénéfiques sur le stock de dette.

N’oublions pas que lorsqu’un État est souverain sur la gestion de sa propre monnaie, ce qui n’est plus le cas de la France engluée dans la zone euro, et que la banque centrale appartient à ce même État, les prêteurs sont tenus par le taux zéro que pratique la banque centrale envers son État ; les prêteurs deviennent de ce fait nécessairement raisonnables !

Mais la seule monétisation n’est pas suffisante et d’autres « révolutions », d’autres choix politiques, seraient nécessaires…

LVdlR : A vous lire, on a l’impression que l’euro est la source du mal, la raison exclusive des problèmes économiques de la France. Pourtant, certains pays comme l’Allemagne s’en sortent bien avec l’euro…

A.-J. H. : L’Allemagne a effectivement de gros excédents commerciaux, aussi bien avec la France qu’avec la Chine, mais ce n’est quand même pas tout rose dans ce pays non plus (chômage réel, pauvreté, faiblesse des patrimoines, vieillissement de la population, etc.) . La France reste la 5e ou 6e puissance économique mondiale et les salariés français sont parmi les plus productifs du monde, mais je considère que l’U.E. et surtout l’euro nous entraînent sur une mauvaise pente, celle du déclin.

Bien sur, nous avons aussi notre responsabilité : la taille trop faible des entreprises françaises, leur manque de fonds propres, le coût des cotisations sociales qui pourraient être basculées sur la consommation, les lois, règles et décrets par centaine de milliers et les administrations tatillonnes qui freinent la volonté entrepreneuriale [note 12].

L’économie française et son type de production « milieu de gamme » a besoin d’une monnaie plus faible, sans doute 20 % sous celle de la parité actuelle de l’euro, disons à parité avec le dollar. A mon sens le critère de valeur relative des monnaies doit être déterminé par la nécessité d’un équilibre de la balance extérieure (et en particulier la balance commerciale) entre les pays : n’oublions pas que les seules monnaies que ne peut pas produire une Nation, ce sont les devises extérieures dont elle a besoin pour ses importations. En ce sens la Charte de la Havane qui a été rejetée par les USA en 1948, avait bien cerné ce problème de ce nécessaire équilibre.

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1/ Dans la première moitié du XIXème siècle, en Grande-Bretagne, un débat fameux eu lieu entre la « banking school » et la « currency school ». Pour les tenants du « banking principle » (principe de banque), la monnaie est un moyen de paiement et donc, avant tout, un instrument de crédit croissance relativement forte du pays pionnier de la révolution industrielle. Les entreprises n’obtenaient donc pas les crédits dont elles avaient besoin pour financer leur expansion, ce qui provoquait la faillite de certaines d’entre elles. Il ne fait pas de doute que la monnaie actuelle est endogène … les banques satisfont à la demande de crédit des Agents Non Bancaire et se tournent ensuite vers la banque centrale qui n’a d’autre solution que de satisfaire les demandes de refinancement en monnaie centrale laquelle corresponds en particulier à la fourniture de billets et de soutient aux banques débitrices., suscité par les besoins de l’économie (on parlera bien plus tard, de « monnaie endogène »). La création monétaire est un viatique, qui se doit d’être souple afin de croissance relativement forte du pays pionnier de la révolution industrielle. Les entreprises n’obtenaient donc pas les crédits dont elles avaient besoin pour financer leur expansion, ce qui provoquait la faillite de certaines d’entre elles.Il ne fait pas de doute que la monnaie actuelle est endogène … les banques satisfont à la demande de crédit des Agents Non Bancaire et se tournent ensuite vers la banque centrale qui n’a d’autre solution que de satisfaire les demandes de refinancement en monnaie centrale laquelle corresponds en particulier à la fourniture de billets et de soutient aux banques débitrices.

2/ Les banques commerciales « monétisent » des actifs non monétaires (hypothèques, obligations, reconnaissances de dettes) en portant simplement la valeur de ceux-ci à l’actif de leur bilan et, simultanément, sous forme de monnaie scripturale utilisable sur le compte de l’emprunteur. Au niveau d’une Banque Centrale la procédure est identique, les actifs non monétaires étant des bons du Trésor ou des obligations et la monnaie créée corresponds à l’augmentation du compte du Trésor Public dans cette même Banque Centrale. Notons que la Banque de France appartenant en totalité à l’État, la monétisation corresponds à une dette à soi même et se traduit par une augmentation de la quantité de monnaie disponible pour l’État qui, l’utilisant pour ses dépenses, va diffuser cette monnaie nouvelle dans l’économie, sans être tenu, comme pour un emprunteur particulier vis à vis d’une banque commerciale, à la rembourser.

3/ En 1970 la dette était de 25,1 milliards d’euros, soit 163,5 milliards d’euros « 2013 ». En 2013 celle ci était de 1925,3. C’est donc une augmentation de 1761,8 milliards. Durant cette période nous avons payé 1228,7 milliards d’intérêts en euros courants, soit 1580,8 milliards « 2013 ». Les intérêts cumulés représentent 82 % de la dette publique. Sans ces intérêts la dette serait aujourd’hui de 344,5 milliards.

4/ Le néochartalisme est une école de pensée économique appelée aux USA et en Australie « Modern Monetary Theory ». Dans cette théorie les économistes considèrent que c’est l’État qui crée la monnaie en dépensant, et détruit cette monnaie en la taxant : la fiscalité sert alors à revendiquer la monnaie et à contrôler la masse totale de monnaie en circulation et se trouve donc être un outil monétaire essentiel au maintien de la valeur d’échange de la monnaie. La théorie originale (le Chartalisme) fut développée par l’économiste Georg Friedrich Knapp au début du XXe siècle et a influencé le Traité sur la monnaie de Keynes.

5/ Même si on peut trouver ici ou là des informations partielles non chiffrées, par exemple ce document de 2011 de l’Agence Reuter « Les 50 plus gros détenteurs de dette française ».

6/ On peut juger que ce pourcentage détenu par des non-résidents est important, mais il faut se souvenir que les français (épargnants, caisses de retraite, banques) détiennent eux aussi de la dette étrangère.

7/ C’est d’ailleurs le cas de 97 % de la dette française si bien que la sortie éventuelle de la zone euro transformerait 97 % de la dette française en « francs ».

8/ Signalons sur ce sujet le Référendum d’Initiative Citoyenne l’association « O.C.C.I.R. » dont l’objet est l’inclusion de cette possibilité dans la Constitution française

9/ Voir plus de précisions et d’explications sur le site en support : http://100monnaie.wordpress.com/

10/ C’est Jacques Sapir et Philippe Murer qui ont le mieux développé les différentes hypothèses et les conséquences de la dissolution de l’euro dans un rapport commandé par la Fondation Res Publica « Les scenarii de dissolution de l’euro ».

11/ Un excellent article de Gaël Giraud sur la « Revue Banque » N° 752 du 25/09/2012 à ce sujet.

12/ Voir à ce sujet l’excellent livre de Philippe Eliakim « Absurdité à la française »


291 – Rendez-nous la monnaie !

10 juin 2014

Signez et diffusez s’il vous plait la pétition ci-dessous « Rendez-nous la monnaie ! » sur http://tinyurl.com/lx79h3p , en soutien à l’initiative Suisse « Vollgeld » (monnaie pleine).
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Depuis maintenant trop longtemps les banques commerciales privées ont obtenu le transfert d’un pouvoir régalien autrefois détenu par la puissance publique: celui de créer par une simple ligne d’écriture informatique toute la monnaie scripturale, monnaie chargée d’intérêts, que les ménages, les entreprises et même les administrations sont dans l’obligation d’utiliser lors de tous les échanges commerciaux.

Négligeant leur rôle premier qui est de financer l’économie (une carence qui explique en partie la gravité de la crise et du chômage), elles spéculent en risquant d’entrainer les déposants dans leur chute. On compte plus de 20 crises financières depuis 1980 dont la dernière de 2007 laisse encore de nombreuses traces ; la prochaine emportera peut être toutes vos économies car la garantie des dépôts ne peut s’appliquer en cas de crise systémique !

Nos voisins Suisses lancent aujourd’hui une « initiative pour la monnaie pleine » dans le but d’obtenir une votation sur ce sujet. Si la votation remportait la majorité, la Banque Centrale (Banque Nationale Suisse) garantirait à 100 % les dépôts à vue et serait seule autorisée à créer toute nouvelle monnaie, sans intérêts.

Hélas, nous en France, ne disposons pas du Référendum d’Initiative Citoyenne (1) qui permettrait d’amener un tel sujet au débat démocratique ; il nous reste cette pétition que nous vous demandons de signer et de faire circuler. Elle se résume en ces mots :
«Donner à la Banque de France le droit exclusif d’émettre toute la monnaie nouvelle au bénéfice de la collectivité, et de garantir les comptes de dépôts»

Cette pétition sera transmise – au moment de la votation Suisse – au Président de la République, au premier Ministre et au Ministre des finances de la France, aux Présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat et à tous les chefs des partis politiques, Pour plus d’efficacité, s’il vous plait, diffusez-là sur vos réseaux.

C’est volontairement que cette pétition est courte et par là même peu détaillée. Vous trouverez plus de précisions sur https://100monnaie.wordpress.com/, où nous pouvons également répondre à vos questions.
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(1) Le référendum d’initiative citoyenne est l’unique revendication de l’association « Article 3 », que vous pouvez soutenir en vous rendant sur son site : http://www.article3.fr/



Objectifs
1. La Banque Centrale créera désormais seule la monnaie scripturale électronique (monnaie pleine).
2. Les banques ne pourront plus elles-mêmes créer de la monnaie scripturale, mais prêter seulement de la monnaie déjà existante sous forme d’épargne qui leur serait confiée.
3. Les dépôts à vue sont transformés en monnaie pleine et passent en hors bilan des banques commerciales
4. La Banque Centrale mettra en circulation chaque année la nouvelle monnaie pleine (sans dette) au Trésor Public, aux Départements ou Régions, ou aux citoyennes et citoyens.
Explications sur http://100monnaie.wordpress.com/


290 – l’avancée du 100% monnaie

16 mai 2014

Article paru le 13 mai 2014 sur le blog http://www.gaullistelibre.com/

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Martin Wolf, éditorialiste du Financial Time, dans un article du 24 avril 2014 intitulé  » Strip private banks of their power to create money  » (que vous pouvez retrouver sur ce lien) pense que la prochaine crise verra la mise en place d’un système monétaire à réserves totales (100% money) : « This will not happen now. But remember the possibility. When the next crisis comes – and it surely will – we need to be ready » (« ceci ne va pas advenir aujourd’hui. Mais souvenez-vous de cette possibilité. Quand la prochaine crise arrivera – et ça aura lieu – nous avons besoins d’être prêts »)

Il faut dire que depuis quelques années cette proposition imaginée par Irving Fisher en 1936 lequel tirait les conclusions de l’ensemble des débats entre l’École de la circulation et l’École de la banque (Currency school et Banking school) revient dans la réflexion des économistes et sans doute bientôt dans le public: nous ne pouvons que nous en réjouir.

En France Maurice Allais reprends la proposition de Fisher en l’améliorant (dans « la crise mondiale d’aujourd’hui« ) . Christian Gomez l’un de ses anciens élève devenu « grand banquier » écrit un article fondamental sur ce sujet (« Une « vieille » idée peut-elle sauver l’économie mondiale? » Un réexamen de la proposition d’une réforme radicale du système bancaire: L’imposition d’un coefficient de réserves de 100% « ) . Gabriel Galand (de « Chômage et monnaie ») présente lors du colloque monnaie des économistes atterrés en mars 2012 « Une monnaie à garantie totale, une vieille idée qui fait son chemin » . Votre serviteur pour sa part tente une vulgarisation de ces propositions en lui attribuant un nom plus accrocheur: le SMART (Système Monétaire A Réserve Totales)

En 2012 toujours, deux économistes du FMI, Jaromir Benes and Michael Kumho, publient en anglais une étude extrêmement détaillée et approfondie  » The Chicago Plan Revisited  » que résume Gaël Giraud dans la « Revue Banque » sous le titre « Rendre le monopole de la création monétaire aux banques centrales ?« , et dans lequel il explique  que cette étude « montre […] que le 100% money remplirait très probablement ses promesses s’il était mis en œuvre : réduction de l’amplitude du cycle du crédit, disparition du risque de bank run, réduction des dettes publique et privée« .

Réserver à la collectivité les gains de la création monétaire
– L’émission et l’utilisation de la nouvelle monnaie – totalement gratuite (sans intérêts) – fait partie des prérogatives du Gouvernement, du Parlement et de la Banque Centrale, mais toute autre formule démocratique qui aurait son mot à dire sur la quantité de monnaie annuellement créée peut être mise en place (ie; intervention de la Cour des Comptes par exemple). C’est en définitive le Trésor Public qui en est destinataire et ce montant annuel (de quelques pour cents de la masse monétaire déjà en circulation soit pour fixer une idée, entre 50 et 100 milliards d’euros annuels pour notre pays) correspondant à une recette de l’État. Celle-çi augmentera d’autant les capacités d’investissement collectives: on retrouve ici d’ailleurs une idée proche de celle du néochartalisme.

- D’autres avantages plus techniques sur lesquels je ne m’étendrai pas ici, et en particulier la possibilité (il s’agit d’un choix politique) de « geler » environ 2/3 de la dette publique.

Une organisation bancaire bien différente.

- Les banques de dépôt (les « Compagnie de Service Monétaire » ou  CSM, dans la terminologie de Christian Gomez)  devront observer un coefficient de réserves de 100 %. Tous les comptes de chèques ne pourront faire circuler que de la monnaie déjà  « en caisse ». Le but est d’aligner toutes les formes de monnaie bancaire sur les billets de la Banque Centrale et d’inverser la règle actuelle qui veut que « les crédits font les dépôts ». La monnaie sera remise aux banques de dépôts contre la partie de leurs actifs qui correspond à leurs prêts: il y aura donc substitution de cette monnaie aux titres des banques et un coefficient de réserves de 100 %  sera appliqué à tout moment.

- Les dépôts étant entièrement reliés aux réserves, tous les instruments de paiement se comporteraient comme s’il s’agissait d’une circulation de monnaie de Banque Centrale (monnaie fiduciaire) .

- L’épargne serait gérée par un autre type de banques, les banques de prêts, intermédiaires entre les emprunteurs et les épargnants,  sans aucune capacité pour elles d’utiliser l’épargne pour spéculer ni de prêter des sommes dont elles ne disposeraient pas.

Cerise sur le gâteau

Nos amis Suisses de VOLLGELD INITIATIVE, terminent la préparation (100 000 soutiens nécessaires et un peu de moyens financiers) d’une « initiative monnaie pleine » qui devrait aboutir à une votation nationale (et on peut se poser une question  à cette occasion : à quand la mise en place du Référendum d’Initiative Citoyenne qui nous manque cruellement en France, soit disant phare de la démocratie ?)

Lors du lancement officiel de l’initiative nous essayerons de donner le maximum d’impact médiatique à cette véritable révolution en préparation et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour expliquer tous les avantages de ce qui se retrouve selon les pays sous les termes de « monnaie pleine », « positive money », « 100% money », « monnaie utile », « pouvoir monétatif » et « SMART ». Mais il s’agit toujours à quelques détails près de la même  proposition: les entreprises privées ne doivent plus disposer du droit d’émettre la monnaie, notre monnaie.

A-J Holbecq


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