324 – Conséquences d’une sortie de l’euro

Alexis Feertchak, du FigaroVox, a soumis plusieurs questions à Jacques Sapir, duquel j’ai extrait une question et sa réponse. L’intégralité de l’article est ici (Publication 2 décembre 2016 · Mis à jour 4 décembre 2016)

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A quoi pourrait ressembler concrètement une sortie de l’euro ? Des citoyens français y perdraient-ils plus que d’autres?

Dans une sortie de l’euro, et ce quel que soit le scénario, nous avons une décision de re-dénominer tous les paiements et tous les comptes de l’euro au franc (ou à tout autre nom donné à la monnaie française). Une personne qui touche 1400 euros par mois, qui paye un loyer de 650 euros, qui s’est endettée pour 10 000 euros, et qui a au total 30 000 euros sur ses divers comptes bancaires, se retrouve du jour au lendemain avec 1400 francs de salaire, un loyer de 650 francs, une dette de 10 000 francs et des avoirs bancaires de 30 000 francs. Autrement dit, pour elle rien ne change.

Si le Franc se déprécie de 30% par rapport à la monnaie allemande, de 10% par rapport ou Dollar des Etats-Unis, mais s’apprécie de 5% par rapport à la Lire italienne que se passe-t-il ? Quand notre personne, si elle a une voiture, passera prendre du carburant à la station-service celui-ci aura augmenté non de 10% (la dépréciation du Franc par rapport au Dollar) mais de 10% sur son prix hors taxes, qui n’est que de 15% du prix total. Le coût du carburant aura augmenté de 1,5%. Admettons que cette personne aille acheter son pain après, elle ne verra aucune différence. Si elle va au supermarché et qu’elle achète des pates italiennes, elle verra une baisse de -5% mais, si elle veut acheter un produit allemand, par contre elle constatera une hausse de 30%. Arrêtons nous à ce problème. Admettons que cette personne envisage de changer de voiture. Elle constatera alors que les voitures allemandes ont fortement augmenté, les voitures françaises sont restées au même prix (pour les modèles fabriqués en France), mais qu’une voiture italienne a légèrement baissé. Veut-elle partir en vacances ? Tout d’abord, rappelons qu’il n’y a que 55% des français qui partent en vacances, et sur ce total environ 25% à l’étranger, soit 14%. Si cette personne veut partir en Allemagne (tous les gouts sont dans la nature…) elle verra que ses vacances sont considérablement plus chères. Mais, si elle se décide à partir en Italie, en Espagne, voire en Grèce (pays qui déprécieraient leurs monnaies plus que Franc ne l’aurait été), elle constatera que ses vacances lui coutent moins chers. Et, si elle se décide à rester en France (comme une majorité de français) elle verra que rien n’aura changé. Cette personne ne sentirait que très faiblement l’impact de cette dépréciation. Par contre, elle pourrait constater assez rapidement que le climat économique a changé, que son voisin a pu retrouver un travail, qu’elle-même, qui se faisait du souci dans son entreprise et qui craignait un plan social, voit désormais l’avenir se dégager.

Cet exemple montre que l’affirmation qu’une dépréciation du franc de 10% se traduirait par une hausse des prix de 10% est absolument fausse et n’a aucune base économique. Les déclarations de Laurent Wauquiez à cet égard confinent au délire[19]. D’abord, les loyers, les prix des transports en commun, de la cantine scolaire (si cette personne a des enfants) ne bougeraient pas. Ensuite, sur les produits importés, il faudrait déterminer d’où viennent ces produits. En cas d’un éclatement de l’euro, certaines monnaies se déprécieraient plus que le Franc. Les prix de ces produits baisseraient. Par contre, le Franc se déprécierait face au Dollar des Etats-Unis, mais surtout face au Mark allemand. La question alors se posera pour cette personne de changer de produits, d’abandonner des produits faits en Allemagne pour choisir des produits faits en France, ou dans des pays dont la monnaie se serait dépréciée plus que le Franc. Si, à la place de cette personne gagnant 1400 euros/francs, nous prenions un cadre un cadre dirigeant, qui gagne 7000 euros/francs par mois, qui roule en Audi ou en Mercédès et qui aime aller se prendre un week-end à New-York, bref un typique représentant de ces élites mondialisées que l’on nous donne en exemple. Pour lui, bien entendu, le cout de sa consommation augmenterait fortement. Mais, de telles personnes représentent 1% de la population active…On constate, à travers cet exemple, qu’une dépréciation de la monnaie est aussi un mécanisme de rééquilibrage entre la partie de la population qui consomme « local » et la (petite) partie de la population qui consomme « mondial ».

Si nous considérons maintenant le problème général des dettes, on verra que l’on est très loin des descriptions catastrophistes qui ont pu être faites. La dette publique, si elle est émise en France est automatiquement re-dénominée en Franc. Or, 97% de la dette publique française est en bons du Trésor émis en France. La dette des ménages est, elle aussi, très largement émise en France et ne bougerait pas. La dette des entreprises est à 33% composée de titres émis sur des places étrangères[20]. Ces titres seraient réévalués (de 10% car ils sont en général émis en Dollars). Mais, ce sont des entreprises multinationales qui émettent ces titres. Or, une société qui vend à l’étranger réalise son chiffre d’affaires dans la monnaie des pays où elle vend. Cela signifie que le chiffre d’affaires réalisé en Allemagne sera réévalué lui aussi de 30%, celui réalisé aux Etats-Unis de 10% et ainsi de suite. La dette des banques et sociétés financières est émise à 40% en titres étrangers ; mais leur chiffre d’affaires est – tout comme pour les entreprises non-financières – largement réalisé dans des pays étrangers. Le risque de dette est ainsi très faible, même s’il faudra regarder avec précision le cas individuel de certaines sociétés financières ou de certaines entreprises.

En ce qui concerne l’épargne des ménages français, une large partie de cette dernière est constituée soit de l’immobilier soit de produits financiers très stables, comme les assurances-vie. Ces produits ne connaîtront pas de changements. La petite part de l’épargne qui est constituée par des actions pourrait connaître, elle, des mouvements contradictoires. Une sortie de l’euro entrainera pendant quelques semaines une baisse de la bourse. Puis, quand les marchés financiers comprendront les avantages que la France tirera de cette nouvelle situation, la bourse se remettra à fortement augmenter. C’est le processus que l’on a vu à l’œuvre au Royaume-Uni après le succès du référendum sur le BREXIT.

A quelques jours de la sortie du film, La Conquête, qui retrace l’ascension de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, André Bercoff publie aux éditions du Rocher « La Chasse au Sarko ».

C’est d’ailleurs ici que se situe en réalité le principal problème qui se posera, à terme, à un gouvernement français. Au fur et à mesure que l’on comprendra qu’une sortie de l’euro avantage considérablement l’économie française, les capitaux internationaux viendront s’investir en France. Si les investissements directs, qui créent de l’emploi, sont une bonne chose, les investissements purement financiers en sont une mauvaise. Ils provoquent des bulles spéculatives et une réappréciation de la monnaie, qui pourrait effacer, au bout de deux ou de trois ans, les bénéfices (ou une partie des bénéfices) d’une sortie de l’euro. Il faudra donc que le gouvernement utilise les contrôles de capitaux pour empêcher ces capitaux spéculatifs d’entrer en France. L’introduction d’un système de contrôle des capitaux est même conseillée par le FMI[21]. En fait, le risque principal qui pourrait faire dérailler l’économie française dans une perspective d’une sortie de l’euro est celui d’une appréciation trop rapide du Franc, à la suite de manœuvres spéculatives. Il faudra donc s’en prémunir.

Cela indique d’ailleurs que le cadre des activités financières ne saurait rester inchangé dans le cas d’une sortie de l’euro. En fait, cette sortie implique des changements importants dans la structuration et l’organisation des activités financières, mais aussi de leurs répercussions sur les entreprises. Ces changements seraient plus efficaces s’ils étaient concertés, si ce n’est dans l’ensemble des pays de la zone euro du moins pour une partie d’entre eux, par exemple entre la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Ici encore, certains de nos partenaires peuvent avoir les mêmes vues que nous, et d’autres non, comme c’est le cas avec l’Allemagne voire les Pays-Bas. A travers cette question de la coopération se redessinera de fait une autre Europe, une Europe structurée par des projets et non par des contraintes ou des règles comme c’est le cas actuellement dans l’Union européenne. Et cela révèle l’un des enjeux d’une sortie de l’euro : aboutir à créer une autre Europe, qui ne soit plus une Europe de la financiarisation et de l’austérité mais une Europe tournée vers la libre coopération des Nations souveraines pour le progrès social des peuples qui la composent. C’est pour cela que la sortie de l’euro est absolument capitale pour le devenir tant de la France et de l’Italie, que des pays qui composent l’Europe en général.

 

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323 – Engagement pour le R.I.C.

Les hommes de pouvoir n’écriront surement pas les règles qui limitent leurs pouvoirs…
Etienne Chouard , Yvan Bachaud (clic-ric), Patrice Weigel (OCCIR), Ray Zaharia et moi-même avons écrit une « pétition/engagement » pour tenter de forcer la main à tous les candidats afin qu’une bonne fois pour toute le Peuple obtienne la possibilité de lancer, comme dans beaucoup de pays et en particulier en Suisse, les Référendum d’Initiative Citoyenne de leur choix , avec des conditions raisonnables.

Signez et partagez cette « pétition engagement » pour faire comprendre aux politique que nous VOULONS obtenir cette possibilité … A partir de quelques millions d’électeurs qui s’engagent, nous pensons qu’ils réfléchiront.

http://tinyurl.com/gnfwyjt

ric1

Lettre ouverte sous forme de pétition, adressée à tous les candidats à l’élection présidentielle de 2017, ainsi qu’aux candidats à la députation.

En nous appuyant sur le premier alinéa de l’article 3 de la Constitution «La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum», nous prétendons que dans une démocratie véritable les citoyens doivent avoir également l’initiative du référendum.

Chaque vote est secret. Nous ne vous dirons donc pas pour qui nous voterons lors de la prochaine élection présidentielle de 2017. Mais nous pouvons vous dire qu’en signant cette « pétition » c’est un engagement de ne voter pour aucun candidat qui ne se sera pas engagé sur l’honneur à faire inscrire dans la loi au cours des 6 premier mois de son mandat le Référendum d’Initiative Citoyenne à tous les niveaux territoriaux et sur tous les sujets, sur demande contrôlée de 5% de la population de la zone territoriale concernée (Commune, Communauté de Communes, Départements, Régions, National).

J’exige, comme chacun des signataires de cette pétition, le Référendum d’Initiative Citoyenne qui seul donnerait un vrai pouvoir au peuple, et je m’engage à voter contre, aux prochaines élections, les partis et les candidats qui le refusent que ce soit activement ou passivement.

Pétition initiée par Yvan BACHAUD (Clic-Ric), Étienne CHOUARD, André-Jacques HOLBECQ, Patrice WEIGEL (OCCIR), Raymond ZAHARIA.

Cette pétition sera remise à:

  • Candidats à l’élection présidentielle
  • Candidats à l’élection législative
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322 – Wikipedia. Suppression de la page A-J Holbecq

André-Jacques Holbecq

Naissance 13 août 1942(74 ans)
Nationalité Drapeau de la France France

André-Jacques Holbecq, né le 13 août 1942, est engagé dans différents mouvements altermondialistes[1], essentiellement comme auteur d’une proposition de système économique alternatif, l’écosociétalisme[2],[3], développé sur la base de la notion de sociétalisme dont il est également l’auteur. Il est adhérent à Debout la France (anciennement Debout La République)[4].

Parcours

André-Jacques Holbecq commence un cursus universitaire (économie et expertise comptable) à la Faculté de Droit de Lille, mais décide de profiter des possibilités offertes par l’ALAT (Aviation Légère de l’Armée de Terre) où il obtient son diplôme de pilote lors d’un service militaire en tant qu’appelé. Il est engagé à Air France en 1968 et termine sa carrière en 1993 comme pilote sur Concorde.

À partir des années 1990, et parallèlement à sa carrière de pilote, il s’intéresse à l’économie et écrit son premier livre en 2002 (Un regard citoyen sur l’économie). Il poursuit par la suite une réflexion débouchant sur une proposition de modèle économique alternatif au système capitaliste : l’écosociétalisme.

Ses thèmes de travail sont en particulier la monnaie et la dette publique Son rôle, au côté d’Étienne Chouard, sur les effets supposés de la loi de janvier 1973 sur la Banque de France a été critiquée par Alain Beitone[5]. L’enquête d’Alain Beitone a fait l’objet d’un résumé dans le journal Le Monde [6]. La blogueuse et juriste Magali Pernin, reprenant ce travail, est parvenue sensiblement au même résultat [7]. De son coté, après discussion avec Magali Pernin, Étienne Chouard avait fini par convenir qu’il s’était trompé [8].

De même une journaliste de l’équipe d’Arrêt sur images a pu démontrer son implication dans la diffusion d’une vidéo prétendant expliquer la dette publique en 10 minutes [9] . Dans le même article un certain nombre d’économistes de renom critiquaient eux aussi vertement les thèses défendues par André-Jacques Holbecq.

A-J Holbecq a réfuté ces critiques lors d’une intervention aux Universités d’automne du M’PEP le 1er novembre 2012 «Où en est-on de la dette publique?» , ainsi que dans la 3° édition parue en janvier 2015 de «la dette publique, une affaire rentable » , et dans l’e-book paru en 2014, «la dette publique: état des lieux (mieux la comprendre et comment en sortir !)»

Réflexions sur l’économie

André-Jacques Holbecq est engagé dans une réflexion sociologique et économique en particulier sur les sujets de la monnaie, de la dette publique et de la transition écologique.

  • En travaillant à l’élaboration d’un modèle social, économique et monétaire ayant fait l’objet d’un développement complet dans son livre paru en 2005, « Une alternative de société : l’écosociétalisme », préfacé par Patrick Viveret[11] et entièrement disponible sur un site dédié[12]. Ce modèle qu’il a nommé « le sociétalisme » est relativement proche du « distributisme. »
  • En estimant que la Nation doit reprendre, en tant que droit régalien, celui d’émettre la monnaie sans intérêts dont elle a besoin pour son développement et le remboursement de la dette publique (« La dette publique, une affaire rentable». Il est proche sur ce point du chartalisme mais aussi de la proposition suisse de monnaie pleine(Vollgeld initiative) et du 100 % monnaie[13]. Ses propositions rejoignent par exemple celles de Maurice Allais ou de Bernd Senf.
  • En préconisant, avec Philippe Derudder l’instauration immédiate en France d’une monnaie complémentaire finançant l’introduction d’un Espace Économique Complémentaire dit Sociétal (complémentaire au système économique existant), dont l’originalité ou la vocation n’est pas la recherche de l’équilibre comptable ou du profit financier mais celle du « bénéfice sociétal ». Cette proposition est développée dans un livre paru en 2011 : « Une monnaie nationale complémentaire » préfacé par Pierre Rabhi

Références

André-Jacques Holbecq est intervenu publiquement à de nombreuses reprises pour défendre ses thèses.

On peut mentionner des interventions en 2007 lors d’une conférence-débat avec Philippe Derudder à Cahors le 20 avril 2007 sur les thèmes de la création monétaire et de la dette publique et Étienne Chouard sur la monnaie à Aix-en-Provence le 22 mai 2007, dans le cadre des débats « Repaire » faisant suite aux émissions de Daniel Mermet La-bas si j’y suis. Le 6 juillet 2012 il intervient sur le sujet de la monnaie et de la dette publique lors des « Rencontres Déconnomiques d’Aix en Provence » [14]. Le 6 octobre 2012, il est invité à participer à un débat «Quelles mutations économiques après la crise ?» lors du 25e Festival du livre à Mouans-Sartoux

En 2010, l’économiste Jean Gadrey publie une de ses analyses concernant la dette publique sur son blog[3].

Il fait partie de l’équipe des économistes ayant préparé le rapport « Financer l’avenir sans creuser la dette »[15] (document de travail du séminaire de réflexion du 30 mars 2011) par la Fondation Nicolas-Hulot.

André-Jacques Holbecq intervient sur la radio FM « Ici et Maintenant ! » : durant la campagne présidentielle de 2007, il anime la « Revue de presse interactive » en décryptant les programmes économiques des candidats à la lumière de l’écosociétalisme[16].

André-Jacques Holbecq a écrit de très nombreux articles en particulier sur le « blog gaulliste libre » de Laurent Pinsolle[17] et sur son blog intitulé « Postjorion »[18]. Il est également très actif sur facebook[19]

Affaire Ummo (extra-terrestres)

André-Jacques Holbecq a lancé le site ummo-sciences.org[20] et a été mentionné dans deux lettres[21] de l’affaire Ummo dont il est considéré comme un spécialiste par le site rr0.org[22]. Une troisième lettre reconnue comme fausse lui a été directement adressée[23]. Il a également préfacé un livre sur ce sujet[24].

Publications

Ouvrages

Articles

La pertinence de cette section est remise en cause, considérez son contenu avec précaution. En discuter ? (septembre 2016)
  • André-Jacques Holbecq, « La monnaie commune, contre l’éclatement de la zone euro », Projet, vol. 3, no 328,‎ 2012, p. 39-44 (lire en ligne)

Voir également

  • Marie Martin-Pécheux qui a créé la bioéconomie organique et participe au développement de théories économiques alternatives, telles que l’écosociétalisme.

Articles connexes

Liens externes

  • Site « dette et monnaie »

Notes et références

 

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321 – des fautes et la honte.

Charlie : des fautes ! Bataclan : la honte !

(Eric Stemmelen, délégué national à la sécurité DLF)

L’année 2015 a été endeuillée par les attentats commis dans les locaux du journal Charlie Hebdo en janvier et par ceux au Bataclan en novembre. Dans les 2 cas, il y a eu non pas des erreurs d’appréciation mais de véritables fautes commises par les responsables du ministère de l’Intérieur à tous les niveaux.

Charlie : les menaces n’ont jamais été prises au sérieux et par conséquent la sécurité n’a jamais été assurée comme elle devait l’être :

Depuis 2006 et la publication des caricatures de Mahomet, Charlie faisait l’objet de menaces islamistes, menaces concrétisées en 2011 par le jet d’un cocktail molotov.

En mars 2013, non seulement Stéphane Charbonnier dit Charb apprend que sa tête est mise à prix pour crime contre l’Islam dans le luxueux magazine « Inspire » rédigé en anglais et publié depuis 2010 par AQPA (Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique) au Yémen. Ce n’est pas l’UCLAT (Unité de Coordination et de Liaison Antiterroriste) du ministère de l’Intérieur qui prévient Charb et les autres services de police compétents (Préfecture de Police et Service de la Protection (SDLP) anciennement connu sous le nom de SPHP –Service de la Protection des Hautes Personnalités) comme cela aurait du être le cas. Pas du tout, c’est Charb lui-même qui prévient la police ! Non seulement le SPHP ne met pas en place une équipe de protection rapprochée conséquente à savoir 6 ou 7 policiers mais pire, réduit à 2 fonctionnaires la sécurité personnelle de Charb 6 mois après cette menace grave et précise. Sans aucune concertation avec le SDLP, la Préfecture de Police retire en septembre 2014 la voiture de police qui était de faction devant les locaux du journal et enlève les barrières de sécurité. Tout ceci est la conséquence de décisions prises sans aucune considération et analyse sérieuse de la menace.

La suppression des gardes statiques et des barrières relèvent de la seule appréciation du Préfet de Police et du service placé sous ses ordres , la Direction de l’Ordre Public et de la Circulation (DOPC) de la Préfecture de Police : les responsables de ces malheureuses décisions sont clairement identifiés : le Préfet de Police et le Directeur de la DOPC car ce genre de décision est nécessairement pris au plus haut niveau de la Préfecture de Police.

Par contre la décision d’accorder, de réduire ou de supprimer la protection rapprochée ( au minimum 3 policiers en permanence) ou l’accompagnement de sécurité (1 ou 2 policiers) pour une personnalité est une décision politique et non pas technique.

En effet l’arrêté du 12 août 2013 signé Manuel Valls, ministre de l’Intérieur ne souffre d’aucune ambiguïté : c’est le ministre de l’Intérieur en personne qui décide. En l’occurrence le même Manuel Valls qui en droit peut donner délégation de pouvoir (et non de signature) à son directeur de cabinet Thierry Lataste en l’occurrence. Le directeur général de la Police nationale peut lui aussi avoir pris cette décision à la seule condition qu’il ait la délégation de pouvoir. Or comme ce type de décision qui concerne les personnalités françaises mais aussi étrangères est hautement sensible , il est quasiment certain que la décision a été prise au niveau du ministre de l’Intérieur et de son cabinet.

Cette décision est datée et signée : plus d’un an après l’attentat de Charlie on ne sait toujours pas qui a pris la décision de transformer la protection rapprochée de Charb en simple accompagnement de sécurité et pour quelles raisons !

Le pouvoir en place a promis la vérité aux français : on ne l’a pas.

Dans tous les cas, il est certain que:

  • ne pas assurer ni une protection rapprochée à Charb ni une protection des bâtiments alors que c’est Al-Qaida qui a proféré des menaces de mort précises n’est pas une erreur d’appréciation mais une faute gravissime dont on connaît les conséquences.

  • ne pas connaître les auteurs des décisions, plus d’un an après l’attentat, est franchement scandaleux,

  • aucun mais absolument aucun responsable politique ou opérationnel du ministère de l’Intérieur n’a démissionné, n’a été sanctionné ni ne s’est même excusé comme si personne n’était responsable d’une succession de décisions catastrophiques. On notera quand même que Manuel Valls a été promu Premier Ministre et que Thierry Lataste a été promu , directeur de cabinet du Président de la République!.

  • les parlementaires de gauche et de droite n’ont pas jugé bon de constituer une commission d’enquête qui aurait pourtant été bien utile.

Le Bataclan: la honte ! :

Autant les décisions prises à Charlie n’ont pu que favoriser la commission des crimes commis par les frères Kouachi et sont donc constitutifs de fautes successives, autant les décisions prises quelques mois après, lors de l’attaque du Bataclan constituent à la réflexion et le mot n’est pas trop fort une véritable honte.

Le 13 novembre 2015, 3 terroristes perpétuent un massacre pendant 3 h dans la salle de spectacle du Bataclan à compter de 21 h 30.

Le Préfet de Police, autorité civile compétente sur Paris, prend des décisions franchement inadmissibles :

  1. Apprenant l’attaque du Bataclan survenue après celle du Stade de France et les fusillades dans les rues de Paris, le Préfet de Police ne demande pas au Directeur Général de la Police Nationale de réunir la Force d’Intervention de la Police Nationale (FIPN) qui permet de mettre sous l’autorité du RAID, en cas de prise d’otages à Paris la Brigade de Recherche et d’Intervention (BRI) de la Préfecture de Police . Or en janvier 2015, la FIPN avait été constitué dans le cadre de la prise d’otages à l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes. Ce qui était valable en janvier ne l’était plus en novembre ! C’est ainsi que le RAID, le service le plus compétent de la Police Nationale en matière de prise d’otages n’a pas été désigné comme directeur des opérations au Bataclan. C’est à cette occasion que l’on se rend compte que le Directeur Général de la Police Nationale porte bien mal son nom puisqu’il n’est pas le directeur des services de police de Paris et des départements de la petite couronne (1/4 des effectifs de la police française)!.

  2. Dans les minutes qui suivent l’attaque arrivent très vite sur place quelques policiers dont le commissaire d’une Brigade Anti-Criminalité et son chauffeur, lesquels n’écoutant que leur courage et leur devoir entrent armés de leurs seules armes de poing à l’intérieur du Bataclan et réussissent à tuer un des terroristes ce qui permet à 300 otages de sortir. Quelques minutes après l’arrivée des premiers policiers, 8 soldats de l’opération Sentinelle équipés de gilets pare-balles et de fusils d’assaut se trouvent également présents. Se produit alors une chose incroyable : les militaires ne reçoivent pas l’ordre de leur hiérarchie d’intervenir, ils refusent même, de prêter leurs FAMAS aux quelques policiers présents démunis d’armes de guerre. La hiérarchie militaire expliquera que les militaires étaient à la disposition des autorités civiles. Or les policiers sur place ont une carte professionnelle dite de police qui est en fait une carte de réquisition des autorités civiles et militaires. Mais il se trouve qu’en France et particulièrement à Paris, le policier présent sur place fut-il commissaire est en pratique dépourvu de tout pouvoir de réelle décision. C’est donc et il faut être très clair sur ce point, le Préfet de Police et son représentant à la salle de commandement de la Préfecture de Police qui ont refusé de faire appel aux militaires présents en oubliant que la France, d’après les propos du Président de la République et du Premier Ministre , était en état de guerre, que la légitime défense ne s’applique pas qu’à soi même mais existe aussi pour autrui en application de l’article 122-5 du Code Pénal ,en oubliant surtout la notion d’urgence dans ce qui n’est pas une prise d’otages classique mais une tuerie de masse.

Il faut attendre plus d’une heure pour que la force d’intervention rapide de la BRI et le RAID arrivent . Ce n’est qu’à 0h 20 que l’assaut est donné soit près de 3 heures après le début de l’attaque.

Et pendant ces longues heures, les terroristes qui ne sont plus que 2, massacrent plus de 100 personnes non pas ne les tuant mais en les torturant ce que l’on n’a pas dit aux français : ils ont égorgé, décapité, éviscéré , lacéré au couteau les organes génitaux des femmes et même arraché les yeux des victimes dont on peut espérer, sans vraiment le croire, qu’elles étaient mortes.

Et pendant ce temps là les 8 militaires de l’opération Sentinelle reçoivent l’ordre de ne pas intervenir : ce jour là le respect de la lettre du règlement militaire a été une catastrophe. Les autorités civiles et militaires qui ont donné cet ordre ce jour là ne sont pas dignes de leurs fonctions.

3) Mais ce n’est pas tout, les autorités de la Préfecture de Police ont aussi pris une autre décision elle aussi catastrophique : le 13 novembre, de façon fortuite, 45 gendarmes du Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN) hautement spécialisés comme le RAID dans le domaine des prises d’otages, étaient présents à la caserne des Célestins à quelques centaines de mètres du Bataclan. Comme Paris est en zone de compétence de la police et non de la gendarmerie, le Préfet de Police qui là aussi a le pouvoir de réquisition, a choisi d’appliquer le règlement et préférait attendre l’arrivée de la BRI et du RAID plutôt que de solliciter l’intervention des gendarmes. On connaît le résultat : plus d’une centaine de victimes massacrés. C’est le deuxième scandale de la soirée encore plus grand que celui de la non intervention des 8 soldats de l’opération Sentinelle. Ce jour là les compétences des uns et des autres ont été respectées à la lettre et tant pis pour les victimes qui ont attendu en vain l’intervention des 45 gendarmes du GIGN et des 8 soldats de Sentinelle alors que tout le monde savait qu’un massacre avait méthodiquement lieu. Ce jour là, les décisions prises par les autorités civiles et militaires sont tout simplement honteuses.

Les attentats sur Charlie et au Bataclan mettent en lumière crue l’incompétence crasse de certains décideurs qui sont arrivés au sommet de la hiérarchie en gagnant manifestement leurs galons dans les salons et sous les ors de la République en application du principe bien connu : l’allégeance est supérieure à la compétence. De toute façon, dans ces deux affaires tragiques pour les victimes et le pays, personne mais absolument personne n’a reconnu son incompétence, ses erreurs, personne n’a démissionné ni n’a été viré ni ne s’est excusé : c’est peut être cela le plus choquant : la certitude d’avoir eu raison et l’absence totale de regret et de remords !

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320 – Charles-Edouard Ranchin

Charles-Edouard Ranchin invité par Emmanuel Lechypre dans l’émission « la librairie de l’éco ». L’approche et l’innovation de l’ouvrage « cinq ans cinq millions d’emplois » sont largement mis en avant.

 

Voir un résumé de son livre sur article 315

Voir aussi :

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319 – Populations soutenables 2014

Populations soutenables par pays et par zones

Cet article réactualise l’article 121 – A-J Holbecq: populations soutenables

Vous trouverez ce document en pdf sur http://www.isecoeco.org/wp-content/uploads/2014/09/Overshoot-Index-2014-v2.pdf

L’indice Overshoot évalue la mesure dans laquelle un pays peut se soutenir sur ses propres ressources renouvelables, en mesurant la consommation actuelle par habitant vis à vis de la biocapacité par habitant. Les mesures de l’empreinte écologique de la région de la terre biologiquement productive et de l’eau nécessaire pour produire les ressources / services écologiques renouvelables et absorber les déchets d’une population donnée à un niveau moyen donné de la consommation des ressources. La biocapacité est la capacité biologiquement productive d’une région – les terres cultivées, les pâturages, les forêts, l’eau douce, etc. Il ne comprend pas les ressources non renouvelables comme les combustibles fossiles et d’autres minéraux. Le véritable équilibre entre la consommation et la demande de ressources apparaît encore plus défavorable lorsque la réduction progressive vers une utilisation nulle de non-renouvelables est prise en compte dans les chiffres. Une façon satisfaisante pour ce faire n’a pas encore été mis au point. Il suppose également que 100% de la biocapacité est attribuée à l’homme, car il n’y a pas de chiffre convenu pour la part nécessaire nécessaire pour conserver la biodiversité. Empreinte écologique et biocapacité sont mesurés en hectares globaux (hectares avec une productivité biologique moyenne mondiale) par personne.: l‘augmentation de la productivité permettrait de réduire la dépendance; tandis que l’augmentation de la population ou l’ augmentation de la consommation par tête augmenterait l’empreinte écologique .
Le pourcentage de l’empreinte d’une région utilisant ses ressources renouvelables est son pourcentage d’auto-suffisante; le pourcentage restant est son pourcentage de dépendance. De même, le pourcentage de la population d’une région utilisant ses ressources renouvelables est sa population durable aux niveaux actuels de consommation avec la technologie actuelle; le pourcentage restant est sa population de dépassement. Une dépendance de plus de zéro signifie qu’un pays, la région ou le monde se fonde sur d’autres pays ou, des ressources non durables et non renouvelables pour sa consommation . Les pays de dépassement augmentent leur dépendance, et les autres se rapprochent de dépassement, que ce soit leur population ou de leur consommation par habitant croît; et plus rapide si les deux grandissent.
Toutes les données sources sont à partir des tableaux de données 2012, sur la base de chiffres de 2009, produit par le Global Footprint Network (GFN). Les pays ayant une population de moins d’un million ont été omis. Les données de GFN sont en grande partie à partir de sources des Nations Unies; leur méthodologie est encore certes imprécise, mais est sujette à amélioration continue. Pour plus de détails sur les calculs, aller à www.footprintnetwork.org Cette extrapolation à partir des données GFN a été produit par les questions de population, http://www.populationmatters.org/

overshoot-index-2014-v21-1 overshoot-index-2014-v21-2 overshoot-index-2014-v21-3

 

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318 – Patrimoine français

Extrait de  http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1578#inter1

 

patrimoine-france-2014-2

patrimoine-france-2014(Image agrandie)

En résumé (2014):

Actifs Non Financiers : 13 407  Mds€

Actifs Financiers : 24 243 Mds€

Total des actifs : 37 650  Mds€

Passifs Financiers 21 526 Mds€

Patrimoine Net : 13 064 Mds€
Dont :
ménages  = 10 334
Sociétés non financières = 1 952
Société financières = 420
APU = 358

 

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