367 – Phase terminale?

Pour Pablo Servigne, co-auteur de l’ouvrage « Comment tout peut s’effondrer », le mot crise n’est plus approprié à notre situation présente. C’est le terme d’effondrement total qu’il convient désormais d’évoquer.

En l’occurrence, dit Pablo Servigne il n’est plus possible de revenir en arrière, plus possible d’enrayer la chute. L’effondrement en cours est trop avancé. D’autant qu’il existe plusieurs foyers d’effondrement qui se complètent et se renforcent :

  • L’effondrement financier,
  • L’effondrement économique,
  • L’effondrement climatique,

Pourquoi allons-nous vers une crise monétaire, financière et économique « terminale » ?

Quelques chiffres issus du livre de  François Morin,  [Professeur émérite en sciences économiques à l’Université de Toulouse 1, qui  a également été membre du Conseil Général de la Banque de France  (de 1985 à 1993) et du Conseil d’analyse économique]

Une poignée de banques dites systémiques – 28 sur les 8 000 établissements bancaires exerçant actuellement dans le monde – sont constituées en un oligopole bancaire. La puissance économique et politique de cet oligopole nous prive des moyens d’empêcher l’avènement d’un cataclysme d’ampleur inédite. Si l’une de ces banques tombe, elle entraînera TOUT le système bancaire et financier dans sa chute. Les Etats n’auront aucun moyen d’intervenir sur ces montants .

– Le montant total des bilans de ces 28 banques représente à fin 2012,  50 350 milliards de dollars soit # 45 000 milliards d’euros (PIB France = 2000 milliards d’euros). Quasiment le montant de la dette publique mondiale.

– 10 des plus grosses parmi les 28 banques dites « systémiques »  ont une taille de bilan qui dépasse le PIB de la France . Dans celles ci, 4 américaines, 2 françaises, 1 allemande, 1 anglaise,  1 japonaise, 1 chinoise

– Mais il y a mieux, ce sont les produits dérivés, hors bilan.

Un produit dérivé ou contrat dérivé est un instrument financier  :

·     dont la valeur fluctue en fonction de l’évolution du taux ou du prix d’un autre produit appelé sous-jacent ;

·     qui ne requiert aucun placement net initial ou peu significatif ;

·     dont le règlement s’effectue à une date future.

Ce produit consiste en un contrat entre deux parties,  fondé sur un actif sous-jacent, réel ou théorique, généralement financier.

L’actif sous-jacent, ce sur quoi porte l’option, peut être par exemple :
·     une action cotée en Bourse ;
·     une obligation ;
.    un indice boursier, comme le CAC 40  ;
·     une  matière première (blé, pétrole, cuivre, sucre…) ;
·     un taux de change ;
·     un taux d’intérêt
·     des flux financiers liés à la réalisation d’un événement prévu dans le contrat, comme le défaut de paiement d’une entreprise, un événement climatique, une catastrophe naturelle, etc.

L’instrument principal est le credit default swap dit CDS. Il s’agit d’un contrat entre un vendeur de protection et un acheteur de protection sur une entité (entreprise, collectivité locale, pays, etc.) de référence pour une durée fixée par lequel :
·     l’acheteur s’engage à payer un montant périodique et régulier pendant la durée du swap ;
·     en échange du paiement par le vendeur d’une certaine somme dans le cas où se produirait, pendant la durée du CDS, un certain type d’événement, prévu par le contrat, affectant le crédit de l’entité de référence (défaut de paiement d’intérêts, surtout).

90 % des transactions de produits dérivés sont négociées de gré à gré. Ce type de négociation est plus discret et moins cher que le passage par des marchés organisés. Il est notamment utilisé par les hedge funds et des sociétés créées par les banques. Les engagements pris n’affectent pas les bilans ni les chiffres officiels de solvabilité

– Fin 2014, seulement 18 des 28 banques systémiques détenaient pour 720 000 milliards de produits dérivés.  Pour prendre un élément de comparaison, le PIB  de la France se monte à 2000 milliards soit quasiment 300 fois moins !

– Rien que pour la France : le bilan des 4 banques systémiques françaises est égal à 3 fois le PIB français et leurs produits dérivés à 44 fois (pour  86 fois au Royaume Unis)

Prenons un exemple, celui du marché des changes :

Le volume des transactions sur le marché des changes atteints 5.300 milliards de dollars par jour en avril 2013.

5.300 milliards de dollars par jour, c’est presque 2 millions de milliards par an, soit 25 fois le PIB mondial nominal en 2013 (73.000 milliards), rien que pour les échanges de devises !

Cela revient à dire que les simples échanges de devises représentent 25 fois l’économie réelle ! Si l’on ajoute à cela l’ensemble des transactions qui ne sont pas directement rattachées à l’économie réelle des ménages et des entreprises, c’est-à-dire à l’activé économique traditionnelle, nous atteignons des sommes qui dépassent l’entendement.

Ce que l’auteur, François Morin,  démontre dans son ouvrage c’est que les banques systémiques occupent des positions dominantes sur plusieurs marchés fondamentaux de la finance globale. Il met en évidence les liens d’interdépendance entre les membres de cet oligopole bancaire, tant financière qu’institutionnelle, à travers leurs participations aux institutions internationales. Tout cela leur donne la capacité réelle de déstabiliser la planète entière à travers leurs abus qui ont été mis en évidence lors des nombreux scandales révélés ces derniers temps : subprimes, manipulation du Libor, du marché des changes ou des produits dérivés. Ce fonctionnement frauduleux est à l’origine d’une partie du surendettement public actuel et les amendes que se sont vues infliger certains établissements ne changeront rien aux pratiques en vigueur.

Le constat étant fait, on en arrive à la question fondamentale de savoir si nous avons les moyens d’éviter le scénario catastrophe qui se profile à l’horizon, provoqué soit par l’éclatement de la bulle obligataire ou du marché des actions, soit plus probablement par la faillite d’une banque systémique, et qui verrait toutes les tensions internes et géopolitiques existantes, pour le moment, contenues, provoquer des affrontements en tout genre.

François Morin propose une solution pour remédier aux graves dysfonctionnements de la finance : la mise en place d’une monnaie commune internationale et la réintroduction des taux de change fixes. Mais comme il l’écrit lui-même, cela « suppose une communauté internationale suffisamment rassemblée pour définir ses intérêts collectifs ». En aurons nous les capacités et les volontés internationales? Certainement pas à mon sens.

J’ai prôné en son temps  la pure et simple nationalisation de la monnaie et la limitation de l’émission de celle ci par la seule Banque de France au bénéfice du Trésor Public (cette proposition impose une souveraineté totale que nous n’avons plus avec l’euro) donc l’interdiction pour les banques commerciales de créer leur propre monnaie de crédit, simultanément à une garantie totale par la Banque de France de l’ensemble des comptes de transaction (les montants des « dépôts à vue » des particuliers et des entreprises) qui seraient, à partir de cette décision politique,  totalement garantis.

Que ce soit l’une ou l’autre des solutions proposées par quelques économistes, elles ne seront malheureusement pas mises en place avant un effondrement, et après il sera trop tard.

Il est difficile de prévoir toutes les conséquences d’un tel « crash », mais on peut citer l’arrêt des transactions économiques induisant à très faible délai l’effondrement des réseaux de distribution (alimentaire, eau, électricité, gaz, carburants). Le traitement des eaux grises, l’assainissement en général, la production et distribution de médicaments et de soins, etc., ne seront plus assurés. Le « sauve qui peut » sera général et les pires « hordes sauvages » feront tout pour survivre.

On peut répondre et argumenter qu’en cas de prémisses d’un tel crash les Gouvernements réagiraient rapidement… je ne le pense pas; ce sera trop brutal.

Aujourd’hui, vous le savez, l’économie fonctione à « zéro stocks » ce qu’on appelle aussi le « flux tendu » ; l’autonomie alimentaire d’une ville moyenne n’est que de quelques jours.

Pour ma part je suggère à mes amis de mettre de coté, dans la mesure de leurs moyens, une somme importante en espèce, quelques pièces d’or et des biens échangeables, d’organiser pour leurs enfants ou petits enfants des « bases autonomes durables » en les orientant vers les métiers indispensables dans des sociétés qui pourraient très bien se retrouver « féodales » ou dictatoriales. Je leur dis aussi de s’équiper de quoi survivre plusieurs mois et se défendre, enfin de ne surtout pas rester en ville dès que les premiers « symptomes » apparaîtront (fermeture des banques, DaB vidés, magasins fermés, queue aux pompes à essence, panique consumériste, voitures brulées, grève des transports, blocage d’autoroutes, etc) : lorsque la loi martiale sera décrétée, il sera déjà trop tard !

Mais l’attitude majoritaire reste sans conteste au déni de la réalité, tous étant obnubilés par leurs profits à courte vue. Moi, j’ai l’impression d’avoir fait tout mon possible pour prévenir, depuis de longues années, tous ceux qui me lisent ou m’écoutent.

 

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366 – écomonétarisme

Je pense vraiment qu’il est trop tard comme je le signale dans le précédent billet : les 0,001% ont gagné ! Leur but est de s’accaparer tous les actifs des banques qui feront faillite, tout en imposant aux débiteurs (ceux qui ont des dettes envers les banques) de payer celles ci. Bien sur, toutes les banques qui auront fait faillite ne rembourseront pas leurs dettes : les comptes bancaires et les épargnes. Il en sera sans doute de même des assurances-vie et peut être des pensions versées par les fonds de pension.

Quel système social, écologique et monétaire pourrions-nous espérer sur le très long terme, quand le balancier de l’histoire chassera cette caste ?

Application du système monétaire préconisé dans l’Ecosociétalisme: l’écomonétarisme.
Explications (1) selon 
Brieuc Le Fèvre

Par écomonétarisme, nous entendons le système monétaire propre à l’écosociétalisme, qui est lui-même l’architecture économique propre à la société sociétale. L’écomonétarisme est donc un système monétaire sociétal, et se trouve au coeur de la seule l’alternative socio-économique aujourd’hui crédible pour remplacer le système capitaliste ultra-libéral: l’écosociétalisme.

Pour entrer dans l’écomonétarisme avec quelque chance de le comprendre, il faut commencer par abandonner tous nos préjugés, toute notre culture, toutes nos croyances et certitudes actuelles sur la monnaie, car l’ensemble des concepts présents n’est applicable qu’aux monnaies capitalistes. La monnaie écosociétale est tout autre, et, hormis le nom de monnaie et la fonction d’échange, elle ne possède rien de commun avec les monnaies capitalistes.

En particulier, la monnaie écosociétale, appelée le « merci », ne possède pas de valeur en elle-même, ce qui interdit tout jeu boursier où elle pourrait s’échanger, se coter, s’achèter et se vendre. La monnaie écosociétale n’a de valeur que parce qu’elle permet d’acheter un bien ou un service, que parce qu’elle est, dès l’origine, la contre-partie d’un travail.

De fait, l’écomonétarisme propose que chacun, pour son travail, reçoive une certaine quantité de mercis, créés pour l’occasion. Cette rémunération est variable en fonction de critères écosociétaux (utilité, pénibilité, dangerosité du travail, qualification du travailleur), et surtout indexée sur le temps. Le travail lui-même, ou plutôt la production résultante a pour prix de vente brut la somme des mercis reçus par le producteur pour le réaliser. Ainsi, il y a sur le marché juste autant de monnaie en possession des citoyens que la valeur des production disponibles.

La monnaie reste dans le portefeuille électronique de chaque travailleur jusqu’à ce que celui-ci décide d’acquérir quelque chose, bien ou service. Alors, la monnaie est purement détruite, effacée. En effet, la monnaie « dépensée » à cette occasion correspond à la somme des mercis émis pour « remercier » le producteur du bien. Une fois ce bien acquis, il est retiré du marché. La monnaie ayant rempli son office, elle n’a plus lieu d’être. Elle est donc détruite.

Le principe écosociétal de création/destruction de la monnaie fait que sans production, la monnaie, non seulement n’a pas de valeur, mais même elle n’existe pas, puisqu’elle n’est créée qu’à l’occasion d’un travail!

Pas de travail, pas de richesse, pas de monnaie symbolisant la richesse. Ce constat simple et lumineux est au coeur de l’écomonétarisme. Nous devons soigneusement le conserver dans un coin de notre esprit, car nous aurons bientôt à affronter de nouveau le lien qui subordonne le symbole à la richesse, et qui interdit au symbole d’exister quand la richesse n’est pas.

La monnaie ainsi créée à l’occasion d’un travail permet l’échange direct et immédiat entre praticuliers-producteurs, et n’est guère à ce stade qu’une amélioration du troc. Elle doit donc trouver le moyen de répondre également aux nombreux transferts de matières et produits du monde industriel d’aujourd’hui. Nous pouvons y arriver, mais à condition là encore de rejeter vigoureusement nos réflexes capitalistes.

L’écosociétalisme instaure la liberté d’entreprendre sans propriété privée de l’outil de production et sans capital d’investissement. L’entrepreneur, comme dans le capitalisme, commence par établir un dossier, qui prouve que le marché existe pour la production envisagée, et que la dite production est respectueuse de l’environnement et de la société (voire est bénéfique, donc sociétale). Dans ce cas, la communauté autorise l’entrepreneur à recevoir les équipements nécessaires pour démarrer immédiatement son entreprise.

La gestion écomonétaire comptabilise tout ce qui entre dans l’entreprise (machines, consommables, matière première, équipement, mobilier, etc), et y fait correspondre le prix brut de vente de la production, avec étalement du report de prix sur la période d’amortissement présumé de chaque item. Il s’agit donc de reporter le prix de chaque bien entrant dans l’entreprise, divisé par le nombre présumé d’objets qui seront produits au cours du temps présumé de vie de l’équipement, sur le prix de chaque objet fabriqué. Il faut aussi, bien sûr, ajouter à ce prix brut de production l’ensemble des salaires versés au sein de l’entreprise durant le temps de la production de l’objet (par exemple: 10000 mercis quotidiens de salaire, 1000 objets fabriqués par jour, prix de vente brut de l’objet, hors amortissement: 10 mercis).

L’écomonétarisme est donc organisé pour pouvoir « transférer » sur le prix de vente final l’ensemble des mercis utilisés pour transformer une matière première en objet fini. Il est par conséquent possible d’appliquer le schéma de création/destruction de la monnaie présenté ci-dessus à chaque étape de la transformation impliquant un travail humain, y compris la fabrication des machines, des outils, des bâtiments, etc.

Le consommateur final paiera, au total, une somme de mercis qui correspondra assez fidèlement au nombre d’heures de travail qui auront été nécessaires pour produire l’objet convoité, puisque chaque intervenant est payé en relation directe avec son temps de travail.

En conséquence du report des amortissements sur le prix de vente final, ce sont les consommateurs qui détruisent, in fine, la monnaie créée pour remercier les travailleurs qui ont fabriqué les machines, équipements, consommables, etc. L’entreprise, elle, les a reçus sans rien débourser, et n’est donc en rien propriétaire de ses outils; elle n’en est que le dépositaire, sous contrat avec la communauté. L’entrepreneur n’est donc pas propriétaire de son entreprise, mais il n’est pas non plus responsable financièrement en cas de problème! Il est un salarié comme les autres, dont le rôle est d’organiser au mieux le production.

Cette situation, éventuellement moins gratifiante sur le plan personnel, est aussi beaucoup plus reposante, et permet d’envisager des actions qui, pour la capitalisme, seraient qualifiées de « risquées ». En effet, l’écomonétarisme supprimant le recours aujourd’hui obligatoire à des fonds d’investissement privés, et libérant de ce fait l’entreprise aussi bien de la nécessité de remboursements à échéance que du contrôle absolu d’actionnaires anonymes, rend au chef d’entreprise toute sa liberté de mouvement quant à ses choix stratégiques.

Ce schéma de production est cohérent et satisfaisant, mais ne prend pas en compte le fait qu’une grande partie de la population ne travaille pas encore, ne travaille plus, ou bien ne peut travailler, pour quelque raison que ce soit. Sachant qu’il est impossible de créer du symbole monétaire sans contre-partie réelle, comment permettre la répartition de la richesse commune entre tous les membres de la société?

Le capitalisme crée des taxes. L’écomonétarisme crée le transfert de valeur, bien supérieur à la taxation en ceci que la somme des symboles distribués (la monnaie) ne dépend pas de la production, ce qui implique que la monnaie n’est jamais trop rare. Par contre, le pouvoir d’achat des symboles sera fonction de la quantité de biens produits. Ceci est exactement le contraire d’une taxe, dont le montant dépend de la production, mais qui ne fait pas varier le pouvoir d’achat des symboles.

Notre transfert de valeur est appelé ainsi car il transfère sur les biens produits la valeur des symboles créés pour celles et ceux qui ne travaillent pas. Cette monnaie constitue le Revenu Sociétal, qui est unique et inaliénable pour tous les humains, sauf les enfants pour lesquels il est proportionnel à l’âge (besoins croissants avec l’âge).

L’écomonétarisme possède donc une « anti-taxe » unique, le Transfert EcoSociétal, que nous appelons toutefois, par souci de compréhensibilité « Taxe EcoSociétale » ou TES (parfois noté « Contribution Eco Sociétale » => CES) , qui permet en fait de « diluer » le pouvoir d’achat des travailleurs, en en donnant un peu aux non-travailleurs. Ce Revenu Sociétal, aussi appelé « viatique », est donc de la monnaie créée sans travail, ce qui semble contraire à notre principe primordial: pas de symbole sans richesse. Sauf que, par le jeu de la TES, les dits symboles sont désormais « assis » sur la richesse.

Comme conséquence, il y a qu’une société écosociétale ne saurait faire vivre ses membres du seul viatique. En effet, si il n’y a pas de travail, donc pas de richesse, les symboles pourront toujours être créés, mais ils n’auront pas de pouvoir d’achat. Ce sera de la monnaie de singe. Ainsi, par un mécanisme auto-régulateur, une société qui verrait son activité ralentir verrait parallèlement le pouvoir d’achat de ses symboles diminuer, ce qui imposerait à ses membre de travailler pour en acquérir plus (car le salaire s’ajoute au viatique). Par suite, la richesse augmente, donc le pouvoir d’achat des symboles aussi.

Mais allons encore un peu plus loin. Puisque l’écomonétarisme permet de créer des symboles monétaires en les « asseyant » sur la richesse, il va être possible de créer des revenus pour du travail qui ne crée pas de richesse marchande, palpable, commerciale. C’est-à-dire qu’il est possible de fonder une société civilisée complète en finançant l’indispensable service public. En effet, par le jeu du TES, il est possible de transférer sur la richesse « marchande » la valeur des symboles créés pour remercier tous ceux qui travaillent au service de la communauté, comme les médecins, les infirmières, les professeurs et éducateurs, les chercheurs, les artistes, etc.

Toutes les personnes qui travaillent pour l’ensemble de la communauté reçoivent de la monnaie, laquelle sera in fine détruite par la consommation de biens et de services par l’ensemble de la même communauté. L’écomonétarisme est un système économique réellement solidaire, puisque les producteurs de biens et services « marchands » construisent, en travaillant, l’assise du TES. Par suite, ils permettent de « remercier », par la création de monnaie, les producteurs de biens et services « non marchands » dont tous profiteront (routes, ponts, réseaux d’eau, de télécom, d’électricité, hôpitaux, garderies, personnel d’accompagnement, de santé, etc).

Ces quelques lignes ont déjà défini l’essence de l’écomonétarisme, et les bases d’un système sociétal. En effet, il suffit désormais d’énoncer ces trois règles simples pour inventer l’écosociétalisme:

(1) Le salaire est proportioné à la sociétalité de la production, et maintenu dans une fourchette de 1 (salaire de base) à 3 (salaire maximum), afin d’éviter la création de profondes inégalités anti-sociétales, sources de conflits.

(2) La Taxe EcoSociétale (TES) est proportionné à la sociétalité de la production, de telle sorte que les productions les plus sociétales soient favorisées.

(3) Le viatique (« revenu de base » ou « revenu citoyen ») est fixé de telle sorte qu’il permette une vie digne à ceux qui ne vivent que de cette monnaie (nourriture, vêtement, logement).

Le détail des manières de fixer les salaires et le TES, ou encore le montant du viatique ou la façon de le calculer, ainsi que les biens et services entrant dans le « service public », peuvent être variables d’une communauté à l’autre. Mais le noyau dur, incontournable, de l’écosociétalisme est bien là: l’écomonétarisme fonde le seul système socio-économique post-capitaliste qui soit aujourd’hui crédible.

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365 – Trop tard

Les 0,01% , c’est-à-dire les grands banquiers, les grands capitalistes et autres « grands » qui travaillent pour eux, ont gagné, c’est pour moi évident. Voyant que la population continue à croître et veut augmenter son niveau de vie (donc sa consommation globale), que la pollution s’installe, que les réserves d’énergie fossiles et celles de matériaux s’amenuisent, que le climat se réchauffe trop, que les océans s’acidifient et leurs ressources naturelles disparaissent, que voulez vous qu’ils fassent pour sauver leur classe, leur mode de vie et leurs descendants, puisqu’il n’est pas question de partager et que même le partage ne suffirait pas?

Selon moi, et sans chercher à être complotiste, leur seule solution – je dis bien « de leur point de vue » – consiste à créer les troubles amenant partout aux guerres et aux guerres civiles, afin de laisser se réduire drastiquement les populations et peut être ensuite de se poser en sauveurs / dictateurs avec la pauvreté installée partout mais beaucoup d’argent à prendre en taxes et reconstruction.

C’est à mon avis le plan mis en œuvre: attendez vous dans un délai très court à un effondrement global (voir lien wikipédia) de nos sociétés de consommation,et nous ne pourrons rien y faire si ce n’est « sauver les meubles »

C’est dans cet esprit que nous avons créé sos maires, parce que les Maires des communes rurales restent le seul canot de sauvetage collectif.

Et c’est dans cet esprit que nous avons créé   entraide-humanum parce que la coopération entre ruraux et urbains sera pour beaucoup le gilet de sauvetage individuel.

N’attendez pas trop!

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364 – S.O.S.

Vous le savez: comme des dizaines d’économistes , de chercheurs, de politiques, je considère que nous nous rapprochons dangereusement d’un effondrement.

A mon avis, celui-ci sera double. D’une part un effondrement de long terme du au réchauffement climatique, à la pollution, au pic des produits pétrolier, à la surpopulation, et donc je rejoins Meadows sur ces points (faites une recherche sur ce nom dans ce site, il y a plusieurs articles), d’autre part , au sein de cet effondrement long, un effondrement brutal qui sera causé comme la plus part des crises financières et économiques : spéculation effrénée, effondrement d’une banque « systémique », effondrement marché boursier / devises / obligations, suivi d’un effondrement du système bancaire, lui même suivi d’un effondrement économique et des réseaux (électricité, eau, alimentation, santé, etc… ). … je vous laisse imaginer ce futur dystopique qui, a mon avis, ne devrait pas tarder et sera extrêmement brutal, de l’ordre de quelques jours.

Avec quelques amis, nous avons considéré que si nous n’avons aucun espoir d’empêcher ce collapse, nous pouvons au moins essayer d’en limiter les conséquences pour quelques uns de nos concitoyens qui auront bien voulu nous écouter. Pour ce faire, nous avons créé deux sites internet:
https://entraide-humanum.org/ qui propose de mettre en relation urbains et ruraux
https://sosmaires.org/ qui propose d’alerter et d’aider les Maires des communes rurales

Merci à mes lecteurs de diffuser ces deux adresses.

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363 – Yves Cochet

Sans commentaire

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362 – PLF 2018

DISPOSITIONS RELATIVES À L’ÉQUILIBRE
DES RESSOURCES ET DES CHARGES

Article 28

I. – Pour 2018, les ressources affectées au budget, évaluées dans l’état A annexé à la présente loi, les plafonds des charges et l’équilibre général qui en résulte sont fixés aux montants suivants :

(En millions d’euros *)
Ressources Charges Solde
Budget général

Recettes fiscales brutes / dépenses brutes

406 573 446 248

À déduire : Remboursements et dégrèvements

119 967 119 967

Recettes fiscales nettes / dépenses nettes

286 605 326 280

Recettes non fiscales

13 232

Recettes totales nettes / dépenses nettes

299 837 326 280

À déduire : Prélèvements sur recettes au profit des collectivités territoriales et de l’Union européenne

60 259

Montants nets pour le budget général

239 579 326 280 –86 702
(dont 41,5 d’intérêts de la dette)

Évaluation des fonds de concours et crédits correspondants

3 332 3 332

Montants nets pour le budget général, y compris
fonds de concours

242 910 329 612

Budgets annexes

Contrôle et exploitation aériens

2 127 2 132 –4

Publications officielles et information administrative

186 173 13

Totaux pour les budgets annexes

2 313 2 305 8

Évaluation des fonds de concours et crédits correspondants :

Contrôle et exploitation aériens

57 57

Publications officielles et information administrative

0 0

Totaux pour les budgets annexes, y compris fonds de concours

2 370 2 362 8

Comptes spéciaux

Comptes d’affectation spéciale

77 662 75 581 2 080

Comptes de concours financiers

128 225 129 392 –1 167

Comptes de commerce (solde)

45

Comptes d’opérations monétaires (solde)

62

Solde pour les comptes spéciaux

1 021

Solde général

–85 673
(dont 41,5 d’intérêts de la dette)
* Les montants figurant dans le présent tableau sont arrondis au million d’euros le plus proche ; il résulte de l’application de ce principe que le montant arrondi des totaux et sous-totaux peut ne pas être égal à la somme des montants arrondis entrant dans son calcul.

II. – Pour 2018 :

1° Les ressources et les charges de trésorerie qui concourent à la réalisation de l’équilibre financier sont évaluées comme suit :

(En milliards d’euros)
Besoin de financement

Amortissement de la dette à moyen et long termes

116,6

Dont amortissement de la dette à moyen et long termes

115,9

Dont suppléments d’indexation versés à l’échéance (titres indexés)

0,7

Amortissement des autres dettes

Déficit à financer

85,7
(dont 41,5 d’intérêts de la dette)

Autres besoins de trésorerie

0,3

Total

202,6
Ressources de financement

Émission de dette à moyen et long termes, nette des rachats

195,0

Ressources affectées à la Caisse de la dette publique et consacrées au désendettement

1,0

Variation nette de l’encours des titres d’État à court terme

Variation des dépôts des correspondants

1,0

Variation des disponibilités du Trésor à la Banque de France et des placements de trésorerie de l’État

2,1

Autres ressources de trésorerie

3,5

Total

202,6  ;

2° Le ministre chargé des finances est autorisé à procéder, en 2018, dans des conditions fixées par décret :

a) À des emprunts à long, moyen et court termes libellés en euros ou en autres devises pour couvrir l’ensemble des charges de trésorerie ou pour renforcer les réserves de change ;

b) À l’attribution directe de titres de dette publique négociable à la Caisse de la dette publique ;

c) À des conversions facultatives et à des opérations de pension sur titres d’État ;

d) À des opérations de dépôts de liquidités auprès de la Caisse de la dette publique, auprès de la Société de prise de participation de l’État, auprès du Fonds européen de stabilité financière, auprès du Mécanisme européen de stabilité, auprès des institutions et agences financières de l’Union européenne, sur le marché interbancaire de la zone euro et auprès des États de la même zone ;

e) À des souscriptions de titres de créances négociables émis par des établissements publics administratifs, à des rachats, à des échanges d’emprunts, à des échanges de devises ou de taux d’intérêt et à l’achat ou à la vente d’options, de contrats à terme sur titres d’État ou d’autres instruments financiers à terme ;

3° Le plafond de la variation nette, appréciée en fin d’année, de la dette négociable de l’État d’une durée supérieure à un an est fixé à 79,1 milliards d’euros .

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361 – l’impossible équation

blog.francetvinfo.fr
Environnement : l’impossible équation décroissante |

Article d’Alexandre Delaigue

Alors que se termine la COP23, que plus de 15000 scientifiques ont lancé un cri d’alarme sur l’état de la planète, les appels à changer de mode de vie se multiplient. Réduire la consommation, limiter la population, réduction des émissions de carbone, sont discutées. La question de la décroissance se pose. Mais lorsqu’on regarde les chiffres de près, de tels scénarios ne semblent guère plausibles.

Sur son blog, l’économiste Branko Milanovic essaie de chiffrer la décroissance. Supposons déjà que l’on bloque le PIB mondial au niveau actuel. Avec le niveau actuel d’inégalités mondiales cela signifierait condamner, à perpétuité, 15% de la population mondiale à vivre dans un état de pauvreté abjecte, à moins d’1.9 dollars par jour; et un quart de la population sous les 2.5 dollars par jour. Bloquer la pauvreté mondiale à un tel niveau serait inacceptable : il faudrait donc réduire le niveau de vie des habitants des pays riches pour compenser.

Milanovic envisage différents objectifs de réduction des inégalités. Premièrement, amener la population mondiale au niveau de vie médian des pays riches, environ 14600 dollars par an par personne. C’est insoutenable : le niveau de vie médian des pays riches vous place aux 91% mondiaux les plus riches. résultat, pour en arriver là, le PIB mondial serait multiplié par 2.7. Si l’on souhaite maintenir le PIB mondial constant et faire disparaître les inégalités, il faudrait viser le PIB mondial moyen, soit 5500 dollars par an par personne [nota: il s’agit de 5500dollars  en « Parité de Pouvoir d’Achat »], qui vous place dans les 73% plus riches mondiaux. Cela correspond au niveau des 10% les plus pauvres des pays riches; pour rappel cela correspond à la moitié de l’actuel seuil de pauvreté français qui est d’environ 1000 euros par mois pour une personne seule.

Il ne s’agit donc pas de réduire les seuls revenus des « riches » mais d’un quart de la population mondiale, qui inclut 90% de la population des pays développés. En moyenne, le revenu des habitants des pays développés devrait diminuer des deux tiers. Les riches perdraient le plus; mais au niveau mondial, un habitant des pays développés se trouve rapidement très haut dans le classement. Vous pouvez aller voir ici ou vous vous situez dans l’échelle mondiale des revenus. Il y a de bonnes chances que vous vous retrouviez avec un revenu qui diminuerait de 80% ou plus.

Milanovic constate qu’une telle réduction des inégalités mondiale est inenvisageable. Les inégalités mondiales sont tout simplement trop élevées pour pouvoir être significativement réduites sans croissance économique. Et on ne sait pas comment faire : historiquement seules des catastrophes majeures ont permis de réduire significativement les inégalités. En Europe, seules les deux guerres mondiales et la peste noire ont réduit significativement les inégalités. Une politique dont le principe est de réduire des deux tiers le revenu de l’ensemble des habitants des pays riches est de la plus haute fantaisie. En guise de comparaison, depuis la crise le PIB grec a diminué d’un tiers environ; même le Venezuela qui s’effondre n’en est pas arrivé à ce point.

Une autre manière de voir les choses est de se focaliser sur les émissions de gaz à effet de serre. En 2015, Chancel et Piketty se sont posé la question des inégalités d’émission de carbone. Leur point de départ est de se demander combien d’émissions de carbone supplémentaires nous pouvons nous permettre si nous voulons limiter à deux degrés la hausse des températures mondiales d’ici 2100.Sur la base de cette estimation, ils déduisent que chaque humain sur la planète peut émettre 1.3 tonnes d’équivalent CO2 par an d’ici 2100. C’est 6 fois moins que le niveau actuel moyen d’émissions par personne, qui se situe à 6 tonnes de CO2 par personne.

Bien sûr ce niveau d’émission actuel moyen est très inégalement réparti : ils montrent que les émissions actuelles sont d’environ 20t/hab par an en Amérique du Nord, 9t/hab en Europe, 8t/hab en Chine, 5.2 en Amérique du Sud, 2.4 en Asie du Sud et en Afrique. En d’autres termes, aucun continent n’est dans la limite et tous devraient réduire leurs émissions (en France on en est actuellement à 5t).

Pour se faire une idée de l’ampleur de l’effort que cela représente individuellement, on peut aller se référer à un calculateur d’empreinte environnementale. Si l’on considère simplement l’alimentation, une grande part de nos émissions provient de la consommation de viande, en particulier de viande bovine. Vous pouvez aller voir sur ce lien l’estimation des émissions de carbone correspondant à quelques types de régime alimentaire. Il en ressort qu’un régime vegan vous place à 1.5 tonnes de carbone par an; 1.7 pour un régime végétarien.

En d’autres termes: rien qu’avec une alimentation végane vous êtes déjà à la limite à ne pas dépasser. Vous devez donc pour tenir le quota renoncer définitivement à la viande, mais aussi cesser toute autre émission de gaz à effet de serre. Cela signifie, plus de trajet en voiture, plus de voyage en avion, plus de possibilité de chauffer votre maison au gaz ou au fioul. Et 100% de l’électricité que vous consommez devrait être non émettrice (donc solaire, vent, ou nucléaire).

Il est possible de vivre avec un tel niveau d’émissions : il suffit d’être plus pauvre que le Vietnam en 2009. Mais il suffit d’en décrire concrètement les implications pour voir l’irréalisme de cette proposition.

Ces différentes estimations nous amènent au même point. Il n’y a pas de moyen crédible de réduire les inégalités mondiales significativement sans croissance économique (jointe à une meilleure distribution des revenus à l’intérieur des pays). Et il n’y a pas de moyen crédible de lutter contre le changement climatique sans envisager des changements technologiques majeurs qui toucheraient l’intégralité de notre consommation et de notre production. Il n’y a pas d’autre voie pour préserver l’environnement et réduire les inégalités mondiales qu’une combinaison de croissance économique, de redistribution, et de progrès technologiques majeurs. La seule décroissance qui marche, c’est une bonne guerre.

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