381 – Face à l’effondrement, si j’étais maire?

Vous pouvez le commander chez votre libraire habituel
ou directement aux éditions Yves Michel
(13 €)

Présentation de Pascale Stouvenot, relations presse de l’éditeur:

« Le livre est une alerte des risques d’un effondrement prochain sur plusieurs niveaux : économique, social, écologique que les maires, les élus et les citoyens doivent prendre au sérieux. Mais c’est aussi une réflexion pour améliorer notre indice de résilience, face à cet événement traumatique.

De quel effondrement parle t-on? Il s’agit dans ce livre pratique, de mettre en évidence la grande probabilité d’un effondrement global des ressources industrielles de notre société. Il n’est pas question de survivalisme mais de collapsologie : les co-auteurs Alexandre Boisson, ancien policier et André-Jacques Holbecq, économiste citoyen, veulent alerter les Maires mais aussi l’ensemble des élus et des administrés, sur le fait qu’il est urgent de mettre en action notre résilience face à ce constat alarmant. S’éclairer sur ce qui nous arrive pour trouver ensemble les actions politiques à mettre en place. Si demain, nos ressources, qu’elles soient de nature agricole, économique, financière, énergétique, venaient à manquer, comment l’ensemble des acteurs de cette ère anthropocène procèderait pour faire face à cette crise? Les deux auteurs proposent des solutions concrètes et pratiques. Citoyens et Maires doivent s’unir pour autonomiser les communes dans les domaines de l’alimentation, les réseaux de distribution, la santé, l’hygiène, la production d’énergie.
Certains villages français ont déjà anticipé face à cette alerte en mettant au point des solutions autonomes. Il s’agit aussi de redonner de l’intelligibilité au phénomène de «crise» et de ré-intégrer du sens dans ce que nous vivons. Pablo Servigne, membre du comité de soutien de Sos Maires, le signale en début de livre : «chercher à organiser les collectivités locales pour éviter les impacts trop délétères, chercher à construire une résilience commune, voire carrément changer de rapport à la vie et aux autres, voilà qui est crucial, urgent et qui redonne du sens à notre époque.» »

Publié dans Alternatives économiques, Collapse, Desbrosses, Effondrement, Propositions, Servigne | 1 commentaire

380 – Appel à l’autonomie alimentaire locale

Dynamiser les productions locales est le meilleur moyen d’affronter localement l’effondrement qui vient !

Publié dans Alternatives économiques, Collapse, Effondrement | 5 commentaires

379 – Quatre scénarios

Publié dans Uncategorized | 1 commentaire

378 – Chartalisme, monnaie pleine et plein emploi.

C’est l’État qui décide quelle est la monnaie utilisable (devise nationale) sur un territoire qu’il gère et organise,

– pour éviter la profusion de différentes monnaies,

– c’est dans la monnaie qu’il choisit (devise nationale) que les taxes et impôts lui seront payés

L’État peut décider que la seule monnaie utilisable sur son Territoire est celle qu’il émets (monnaie pleine). La seule monnaie qui ait cours est celle garantie par la Banque Centrale

– exit l’émission monétaire des banques commerciales ; leurs rôles sont d’une part de tenir la comptabilité des déposants, d’autre part de mettre en relation épargnants et emprunteurs sur les durées de prêts et taux d’intérêts décidés d’un commun accord entre épargnants et emprunteurs (contrat)

– à ce titre, l’État connaît exactement la quantité de monnaie en circulation

Dans un système chartaliste (MMT : Théorie de la Monnaie Moderne) il faut bien comprendre que l’État n’a nul besoin des taxes et impôts payés par les contribuables pour assurer le fonctionnement de l’administration, les investissements collectifs et la répartition. Les recettes fiscales ne sont autre chose qu’une simple régulation de la masse monétaire en circulation. Ce sont aussi les dépenses du gouvernement qui fournissent l’offre de ce qui est nécessaire pour payer les impôts.

Dans ce système chartaliste l’augmentation périodique de la masse monétaire est proposée par le Gouvernement, décidée par le Parlement, mis en place par la Banque Centrale qui alimente le Compte du Trésor avec la nouvelle monnaie qu’elle a créée. Les dépenses de l’État redistribuent cette monnaie en cascade et les taxes vont revenir à l’État au terme d’un certain nombre de cycles. (lire  « 278 – vos dépenses sont mes revenus »).

Il n’y a plus de déficit, plus de recours à l’emprunt sur les marchés pour la devise nationale, donc plus d’intérêts à verser (en gros, nous aurions pu économiser 1500 milliards d’emprunts sur un total de dette de 2000 milliards depuis 1974)

L’État devient employeur en dernier ressort (EDR) : le chômage est réduit à son minimum incompressible

Car, si une collectivité a:
1 – un besoin (collectivement souhaitable),
2 – la volonté de le satisfaire,
3 – les moyens techniques et énergétiques,
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement pour ne pas satisfaire ce besoin est une fausse excuse

Le Centre pour le plein emploi et la stabilité des prix a présenté une proposition de type EDR, qui comporte six ingrédients clés (cité dans MMT-France):

        1. Le programme offre un travail à toute personne qui est prête, disposée et capable de travailler sans distinction de race, de sexe, d’éducation, d’expérience de travail ou de statut d’immigrant, et quelle que soit la performance de l’économie. La simple énumération de ces conditions montre clairement pourquoi les entreprises privées ne peuvent offrir une demande de main-d’œuvre infiniment élastique. Le gouvernement doit jouer un rôle. Au minimum, le gouvernement national doit fournir les salaires et les avantages du programme, bien que cela ne signifie pas en réalité que le programme EDR doit être géré par le gouvernement.

        2. L’EDR embauche par le bas. C’est un filet de sécurité de l’emploi. Il ne devrait pas rivaliser avec le secteur privé ou même avec des emplois autres que ceux de l’EDR dans le secteur public. Ce n’est pas un programme qui fonctionne en «amorçant la pompe», c’est-à-dire en augmentant la demande globale. Essayer d’atteindre le plein emploi simplement en amorçant la pompe avec, par exemple, les dépenses militaires pourraient générer de l’inflation. C’est parce que le keynésianisme militaire embauche par le haut. Mais par définition, l’EDR embauche par le bas; c’est une politique de stock-tampon, – et comme tout programme de ce type, elle doit stabiliser le prix du stock-tampon – dans ce cas, les salaires à la base.

        3. L’objectif est le plein emploi, mais avec des marchés du travail en perte de vitesse. Ceci est pratiquement garanti si l’EDR embauche par le bas. Avec l’EDR, les marchés du travail sont lâches, car il existe toujours un bassin de main-d’œuvre pouvant être embauché à partir de l’EDR et dans des entreprises privées. À l’heure actuelle, la libéralisation des marchés du travail ne peut se faire qu’en gardant les gens en dehors du travail – l’ancienne approche de l’armée de réserve des chômeurs.

        4. Le programme de compensation de l’EDR devrait fournir un niveau de vie décent, même s’il contribue au maintien de la stabilité des salaires et des prix. Nous avons suggéré que le salaire commence à être fixé à 6,25 dollars l’heure aux États-Unis. Un ensemble d’avantages pourrait inclure les soins de santé, la garde d’enfants, les congés de maladie, les vacances et les contributions à la sécurité sociale, de sorte que les années passées dans le système de l’EDR compteraient pour la retraite.

        5. L’expérience de l’EDR prépare les travailleurs au travail post-EDR, que ce soit dans le secteur privé ou dans le secteur public. Ainsi, les travailleurs de l’EDR devraient acquérir des habitudes de travail et des compétences utiles. La formation et le recyclage devraient constituer un élément important de chaque travail de l’EDR.

        6. Enfin, les travailleurs de l’EDR sont engagés dans des activités utiles. Pour les États-Unis, nous avons proposé qu’ils se concentrent sur la fourniture de services publics, mais un pays comme l’Argentine pourrait avoir un besoin beaucoup plus grand d’infrastructures publiques; pour les routes, les services publics, les services de santé, l’éducation. Les travailleurs de l’EDR devraient faire quelque chose d’utile, mais ils ne devraient pas faire les choses qui sont déjà faites et surtout ne doivent pas concurrencer le secteur privé. Ce sont les caractéristiques de base d’un programme de l’EDR.

Le salaire offert aux employés du secteur public EDR ne fait pas concurrence aux salaires du secteur privé. Ainsi, lorsque la demande de main-d’œuvre augmente dans le secteur privé, les travailleurs seront embauchés par ce secteur privé. Inversement, si le secteur privé licencie, les travailleurs trouvent un emploi dans le secteur public. Ainsi, le programme exerce la pression compensatoire sur les prix en assurant la stabilité des salaires dans le secteur public et un puissant mécanisme anticyclique.

Publié dans 100% monnaie, Budgets publics, Chartalisme, Emploi, finance fonctionnelle, Holbecq, monnaie pleine | 3 commentaires

377 – Vulgarisation MMT

Un très bon article de vulgarisation de Gabriel Galand sur « Chômage et Monnaie »

Le néo-chartalisme ou Théorie Monétaire Moderne (MMT)

18 mai 2019 par Gabriel Galand | Catégorie: Théories et mécanismes monétaires | Pas de commentaires

 

L’emploi au beau milieu de la crise de 2008 de forts déficits, avec succès, a mis à bas l’opinion répandue de la non-pertinence du volontarisme budgétaire. Ceci a donné un coup de pouce aux théories hétérodoxes, notamment les théories keynésiennes, et l’importance croissante des medias sociaux a permis à ces théories alternatives de se faire entendre. Il en est ainsi du néo-chartalisme, souvent appelé sur ces réseaux MMT (Modern Money Theory). Aux Etats-Unis, les plus grands analystes en ont parlé, en bien ou en mal. Le mouvement qui la soutient a réussi à trouver une certaine résonnance sur internet, il a rallié à lui nombre de postkeynésiens, et il a quelques places fortes universitaires, la plus connue étant l’UMKC (Université du Missouri à Kansas City). Son implantation dans les autres pays est variable. Il est notablement plus développé qu’ailleurs en Italie et en Australie. Cependant, aucun pays n’a pour l’instant mis la théorie en application. Le lecteur va comprendre pourquoi quand il saura de quoi il retourne. Car c’est une véritable révolution des esprits qui serait nécessaire.

Pourquoi se référer au chartalisme, la théorie de Georg Friedrich Knapp[1] ? Parce que, à sa suite et à celle de J.M. Keynes, qui s’y est référé, les néo-chartalistes pensent que c’est l’Etat qui décide ce qui peut servir de monnaie et qui fait appliquer cette décision en rendant son usage obligatoire, notamment pour payer les impôts, amendes, etc…. Le terme de « chartalisme » vient du fait que la possibilité pour les banques de créer de la monnaie est accordée par l’Etat par des « chartes ». Cette théorie rompt avec le métallisme et notamment celle de l’étalon-or, encore en vigueur à l’époque.

Dans la théorie néo-chartaliste, le pays concerné est monétairement « souverain », c’est-à-dire que le gouvernement et sa banque centrale décident conjointement en pleine liberté de tous les aspects de la politique monétaire, y compris les modalités de création monétaire. Les pays de la zone Euro ne sont manifestement pas actuellement dans ce cas.

Pour appliquer la MMT il faut aussi que le pays concerné laisse flotter sa monnaie vis-à-vis des autres pays avec lesquels il commerce.

Il est aussi possible d’appliquer les principes de la théorie, avec la restriction que la banque centrale ne peut pas créditer directement le gouvernement. Celui-ci doit au minimum émettre un titre de dette qui est racheté par la banque centrale, soit directement, soit sur le marché secondaire en fonction de la politique monétaire (« open market »). Ces restrictions existent aujourd’hui aux Etats-Unis et dans la plupart des autres pays développés. En zone Euro il y a interdiction pour les banques centrales nationales, sauf circonstances spéciales, de racheter des titres souverains, donc la MMT ne peut s’y appliquer.

A partir du moment où ces conditions sont réunies, la MMT peut se résumer à quelques principes fondamentaux, que nous allons d’abord énoncer brièvement. Ensuite nous comparerons notre résumé des principes avec les revendications des néo-chartalistes, et nous nous expliquerons sur les différences. Et enfin nous déroulerons les conséquences de nos principes.

Premier principe

Le gouvernement est responsable de la régulation de l’économie, c’est-à-dire qu’il doit assurer le plein emploi sans inflation. Pour ce faire, il utilise à la fois la politique budgétaire et la politique monétaire. Ceci est dans la droite ligne du chartalisme qui considère la monnaie comme une chose de l’Etat.

En fait ces deux politiques sont étroitement intégrées. Il faut bien réaliser qu’une telle intégration est absolument contraire aux idées dominantes. Pour celles-ci, l’économie réelle trouve son équilibre indépendamment de la monnaie, qui ne fait qu’exprimer les prix. D’où l’idée que la politique monétaire doit être restreinte à la maîtrise de l’inflation, et qu’il faut confier sa gestion à un organisme indépendant. Aujourd’hui l’indépendance des banques centrales est la règle presque partout[2].

 

Deuxième principe :

L’équation des soldes financiers des secteurs institutionnels est prise en compte dans toutes ses conséquences.

Les lecteurs de ce site ne font pas une découverte, car nous sommes depuis longtemps des défenseurs de l’application de cette équation. Pour les autres, vous pouvez trouver sur ce site une fiche technique sur ce sujet. Cette équation dit simplement que la somme des soldes financiers des secteurs est nulle. Les secteurs, ce sont par exemple le secteur public, le secteur privé et le secteur extérieur. La conséquence la plus importante concernant la MMT est que si le secteur privé est positif (épargnant) et le secteur extérieur également positif (balance commerciale négative), alors le secteur public est forcément négatif (déficit). Dans cette optique, le déficit du secteur public ne peut être vu comme systématiquement nuisible, car sa valeur optimale dépend de la situation du reste de l’économie.

La théorie dominante considère que les déficits budgétaires sont nuisibles et doivent être réduits au minimum parce qu’ils empêchent les emprunteurs privés de placer leur épargne et parce qu’ils font monter les taux d’intérêt (théorie des fonds prêtables).

 

Troisième principe :

Il est fait application de la théorie de la « Finance Fonctionnelle », d’Abba Lerner. Celui-ci a énoncé au début des années 1940 que :

– Si les revenus sont trop faibles, le gouvernement doit dépenser plus (par rapport aux impôts). La présence de chômage est une preuve suffisante de cette situation, donc s’il y a du chômage c’est que le gouvernement ne dépense pas assez ou que les impôts sont trop élevés.

– Si les taux d’intérêt sont trop élevés le gouvernement doit fournir plus de « réserves » aux banques, soit en dépensant plus, soit en rachetant des titres de dette.

Pour lui comme aujourd’hui pour les néo-chartalistes, un gouvernement disposant d’une monnaie souveraine flottante a toute latitude fiscale et monétaire pour conduire l’économie au plein emploi et les taux d’intérêt vers la cible fixée. Abba Lerner a rejeté la doctrine de la « finance saine » qui assimilait la gestion de l’Etat à celle d’un ménage ou d’une entreprise. Pour lui, il n’y a pas de norme de niveau « correct » ou « maximum » pour un déficit de l’Etat autre que celle du niveau de déficit qui permet d’atteindre le plein emploi.

 

Quatrième principe :

Ce principe est celui de l’Etat Employeur en Dernier Ressort. Ceci signifie que selon ce principe, l’Etat doit fournir un emploi à tout citoyen qui n’en trouve pas. La MMT rejette la solution du partage du travail, ainsi que celle du revenu d’existence. Elle préfère garantir un emploi, parce que faire qu’un chômeur produise est meilleur pour lui et pour la nation que de le payer à ne rien faire. De plus, si le salaire versé par l’Etat pour ces emplois « auxiliaires » est bien géré, il peut permettre de contrôler l’inflation, car ces salaires peuvent servir de référence aux autres salaires, et de là, aux autres prix des biens et services. C’est donc une arme contre l’inflation.

La plupart des partisans de la MMT, mais pas tous, soutiennent l’idée du travail garanti. Ce dispositif soulève des problèmes particuliers, nous en parlerons dans un autre article à venir.

Nous avons donc terminé la liste des principes de la MMT. Ceux qui ont déjà entendu parler de cette théorie seront sans doute étonnés que nous en tenions là. Qui plus est, ceux qui la connaissent bien nous reprocheront sans doute de la tronquer, voire de la trahir. Il nous faut donc expliquer pourquoi nous simplifions ainsi la MMT.

D’abord, nous n’avons pas parlé du principe qui est en général mis en premier par les théoriciens, c’est celui des origines de la monnaie. Nous avons expliqué plus haut que pour la MMT c’est l’Etat qui émet la monnaie et qui l’impose. Mais les néo-chartalistes vont plus loin. Ils pensent que ce sont les impôts qui fondent la monnaie. Si les citoyens acceptent la monnaie émise par l’Etat, c’est parce qu’ils en ont besoin pour payer leurs impôts, ceux-ci ne pouvant être payés qu’avec de la monnaie de l’Etat. Ils vont jusqu’à prétendre que les impôts ne peuvent être payés si l’Etat ne fournit pas d’abord la monnaie pour payer à ses concitoyens, en dépensant au moins autant. Ils emploient aussi très couramment des expressions telles que « tax-driven economy » (économie fondée sur les taxes) ou « la monnaie est un crédit de taxe ». Nous ne nous étendrons pas plus sur cet aspect de la MMT, car nous pensons qu’il a un intérêt surtout historique et n’apporte rien aux caractéristiques opérationnelles de la MMT dans nos sociétés d’aujourd’hui.

Les néo-chartalistes parlent aussi souvent de monnaie « verticale » et de monnaie « horizontale ». Ce sont des notions qui ne servent à pas grand-chose sauf à embrouiller les pistes, car leur signification n’est pas toujours la même selon les auteurs.

Ensuite, nous passons sous silence certaines affirmations paradoxales du néo-chartalisme. D’abord, ils affirment vraiment très souvent que les impôts et les emprunts ne financent pas les dépenses du gouvernement, ou encore que « le gouvernement dépense d’abord ». Ces affirmations sont en fait trompeuses, car le Trésor Public, comme tout agent, ne peut payer avec son compte que s’il y a de l’argent dedans. Il doit donc au moins réapprovisionner son compte à la banque centrale, ou obtenir de celle-ci qu’elle le fasse par crédit direct.

Ces déclarations sont facilitées par une disposition presque toujours adoptée par les néo-chartalistes, à savoir la consolidation de la Banque Centrale et du Trésor Public. Outre que cette consolidation n’est pas réalisée aujourd’hui dans les pays du monde réel, elle peut conduire à des formulations hasardeuses. Par exemple un néo-chartaliste bien connu a pu écrire que des déficits permanents sont nécessaires étant donné que le secteur privé veut conserver des réserves. Si on interprète ces réserves du « secteur privé » comme celles des banques sur leur compte à la banque centrale, et si on assimile les paiements de la banque centrale aux banques, quand elle leur paie un actif qu’elle met à son bilan, à des paiements de l’Etat, alors oui. Mais ce n’est pas une conception habituelle du déficit de l’Etat. Si on regarde l’Etat lui-même, nous l’avons dit plus haut, il n’y a aucune règle pour le niveau du déficit, l’optimum de celui-ci dépendant du reste de l’économie.

Ayant expliqué pourquoi certaines déclarations étonnantes des néo-chartalistes doivent être prises avec des pincettes, et pourquoi nous avons voulu réduire la théorie à l’essentiel, nous allons maintenant montrer que les conséquences de ces principes sont tout à fait intéressantes.

Certainement la conséquence la plus importante est qu’un Etat avec une monnaie souveraine ne peut pas faire faillite. Qui plus est, contrairement aux autres agents, en fonction des circonstances, l’Etat doit être en déficit pour le bien de tous. Il peut donc dépenser autant qu’il veut, sauf contraintes auto-imposées par les lois.

Cette capacité du gouvernement de dépenser autant qu’il le souhaite est certainement un aspect frappant de la MMT et en tout cas ce qui effraie le plus un économiste orthodoxe. Cette possibilité de dépenser sans compter est aussi ce qui permet de brocarder fréquemment la MMT et de la présenter comme une théorie qui mène à la catastrophe. Disons donc quelques mots là-dessus.

Certes, le gouvernement peut toujours dépenser pour réaliser un projet quel qu’il soit et n’a pas de contrainte financière réelle. Mais ceci ne veut pas dire qu’il doit toujours dépenser. R. Wray fait un long développement là-dessus[3]. Il liste les raisons qui peuvent empêcher de financer un projet, ou de le financer complètement :

– Dépenser trop peut être inflationniste,

– Dépenser trop peut faire baisser le taux de change de la devise nationale,

– Trop de dépenses par le gouvernement peuvent accaparer trop de ressources utiles au secteur privé,

– Le gouvernement ne peut pas faire n’importe quoi (incitations perverses)

– Le budget, qui limite les dépenses, est un moyen de gestion et d’évaluation des projets.

En fait, on peut résumer tout ça en disant que le gouvernement doit respecter en permanence « l’intérêt général » et toujours réaliser le « bien commun ». Mais on peut tout de même séparer d’une part les objections « techniques », celles qui énoncent qu’un projet doit être « optimisé » pour ne pas gaspiller des ressources inutilement ou à mauvais escient, et d’autre part celles qui disent qu’une dépense excessive peut mettre en péril l’équilibre économique, le danger le plus évident étant le risque d’inflation. Qu’en est-il exactement ? Comment le gouvernement sait-il quand il faut s’arrêter de dépenser ? Les auteurs néo-chartalistes disent que si on est au plein emploi et que l’inflation est trop forte, alors il faut dépenser moins ou taxer plus. Là-dessus la théorie manque de recettes ou de recommandations pour un pilotage plus fin.

Car la position des néo-chartalistes sur l’inflation est également originale. D’abord ils attirent l’attention sur le fait qu’il ne faut pas confondre l’inflation, qui est une hausse générale des prix, avec les hausses ou baisses de prix de certains produits, qui reflètent des ajustements de la valeur relative des biens et services en fonction de l’évolution des coûts, ou un goulot d’étranglement particulier.

Ils estiment que l’Etat, en tant qu’acteur majeur de l’économie a le pouvoir de fixer certains prix qui servent alors d’ancre aux autres prix. Un prix important, et très influent est celui du travail. D’où l’idée que les emplois « auxiliaires » fournis par le gouvernement dans le cadre du « Travail Garanti » peuvent jouer ce rôle tant que le plein emploi n’est pas atteint.

Et pour finir sur l’inflation, l’attitude des néo-chartalistes est beaucoup moins frileuse que celle des économistes traditionnels. Un peu d’inflation ne leur paraît pas être un épouvantail. On peut supposer qu’ils pensent pouvoir l’arrêter en augmentant les impôts. D’ailleurs, ils ont tendance à voir les impôts moins comme une ressource que comme un prélèvement régulateur. Augmenter ou baisser les impôts, c’est retirer ou donner du pouvoir d’achat.

En ce qui concerne le système de règlement et de compensation, il faut d’abord dire que les néo-chartalistes sont, comme les postkeynésiens, pour une monnaie « endogène ». C’est-à-dire qu’ils adoptent la monnaie de crédit et son fonctionnement, on peut même dire qu’ils connaissent très bien ce fonctionnement, et pour certains sur le bout des doigts[4].

Ils ne voient donc pas l’utilité d’une organisation monétaire telle que la « monnaie pleine » ou « 100% monnaie », systèmes dans lesquels les banques secondaires ne créent pas de monnaie, car c’est la banque centrale qui régule cette fois-ci en quantité. Plus exactement certains admettent les motivations des partisans de ces systèmes, mais ne croient pas que ces derniers puissent faire fonctionner une économie monétaire décentralisée, avec les millions ou milliards de décisions par jour qui sont nécessaires.

Cette connaissance du fonctionnement du système, appliquée à leur théorie, leur permet d’arriver à certains résultats intéressants :

  1. Le déficit du gouvernement ne fait pas monter les taux d’intérêt, comme le prétendent certains économistes orthodoxes, il les fait au contraire descendre, car un tel déficit augmente les réserves des banques en monnaie centrale. Ce résultat avait déjà été établi par des postkeynésiens tels que Joan Robinson.
  2. Il n’y a pas d’éviction de l’épargne privée par ce déficit car celui-ci pourrait être financé directement par la banque centrale sans aucune incidence sur l’épargne. Si le gouvernement offre des titres d’emprunt pour mobiliser les réserves des banques générées par le déficit, c’est justement parce que le secteur privé, notamment les banques, est demandeur de titres rémunérateurs. Et il n’y a pas de limite à la création de monnaie par les banques, la banque centrale fournissant toujours les liquidités nécessaires.
  3. Si la banque centrale a un objectif de taux d’intérêt, elle doit absorber les réserves excédentaires en proposant des titres. Sauf en zone euro où c’est interdit, les titres préférés des investisseurs sont les titres d’Etat. Si la banque centrale n’achetait pas de titres, le taux d’intérêt à court terme tomberait à zéro.
  4. La banque centrale ne peut pas régler la quantité de monnaie. La monnaie bancaire est déterminée par la demande de crédits des agents non financiers. Sur la monnaie centrale l’action de la banque centrale est défensive. Elle achète ou vend des titres pour régler le niveau du taux d’intérêt.
  5. Le prétendu multiplicateur monétaire, qui détermine la quantité de monnaie bancaire en fonction de la monnaie centrale, n’existe pas. En fait la causalité est inverse. Les banques accordent du crédit indépendamment de leurs réserves en monnaie centrale, puis elles empruntent ou prêtent la monnaie centrale nécessaire pour ajuster les réserves au niveau voulu par la réglementation des réserves obligatoires ou les demandes de liquidité des agents.
  6. Il n’y a pas de plafond de la dette publique. Si le secteur privé ne voulait plus acheter les titres d’emprunt, la banque centrale pourrait toujours les acheter directement. Qui plus est les titres d’emprunt sont émis pour fournir aux banques un actif plus rémunérateur que des réserves sans rémunération, ou avec une rémunération inférieure.

Pour finir sur ce développement des principes, nous allons parler du commerce extérieur vu par les néo-chartalistes. Il est généralement considéré qu’il est souhaitable de développer les exportations pour créer plus de jobs et plus de revenus. Les néo-chartalistes, au contraire, constatent qu’il n’est pas possible que tous les pays soient excédentaires, et considèrent que les exportations n’ont pas d’intérêt particulier par rapport aux ventes domestiques. Un bien produit dans un pays coûte des ressources, donc s’il est exporté la population du pays ne peut le consommer, ou l’utiliser pour d’autres productions si c’est un bien d’investissement. Du point de vue du bien-être de la nation, il n’est donc pas plus avantageux de produire pour l’extérieur. En résumé les néo-chartalistes pensent qu’il faut donner la priorité à la production pour le marché intérieur. La devise nationale étant flottante, il ne peut y avoir de crise de change.

 

Ayant couvert les différents aspects du néo-chartalisme, nous pouvons conclure que c’est une théorie que nous approuvons au plus haut point.

Certes pour l’instant elle semble incompatible avec la suppression de la monnaie bancaire, donc notamment avec les dispositifs du genre « monnaie pleine », que nous avons défendu sur ce site. Il reste donc au néo-chartalisme à prouver soit qu’il peut après adaptation devenir compatible, soit qu’il dispose d’autres moyens de prévenir les crises monétaires du genre de celle de 2008.

On peut aussi déplorer que ses défenseurs organisés, par des déclarations paradoxales, voire même trompeuses, ne facilitent pas la diffusion de la théorie auprès du public éclairé, et que certains poussent leurs convictions à la limite du dogmatisme.

Mais elle défend un volontarisme budgétaire et une collaboration de la banque centrale qui n’existe pas à notre connaissance ailleurs, et qui semble indispensable pour tirer le monde de la mauvaise situation où il est. Et, ce qui ne gâte rien, elle est soutenue par un mouvement qui a une audience non négligeable.

 

(1) Georg Friedrich Knapp est un économiste allemand, qui a publié « Théorie Etatique de la Monnaie » en 1905. Il est fondateur de la théorie monétaire des Chartalistes.

(2) Rien ne dit que cette indépendance des banques centrales durera éternellement, car des voix commencent à s’élever pour la remettre en cause voir sur ce site « L’indépendance des banques centrales en question ».

(3) L. Randall Wray « Modern Money Theory”, 2nd Ed., 2015,Palgrave Macmillan (page 193, section 7.1)

(4) W. Mossler, une figure marquante du néo-chartalisme, est un ancien trader à Wall Street, il est un excellent spécialiste du fonctionnement du système monétaire des Etats-Unis.

Publié dans Chartalisme, Gabriel Galand, MMT | 1 commentaire

376 – Finance fonctionnelle et monnaie pleine

Pour ma part, je me sens très proche du néochartalisme, mais je considère que jamais, avec un système de création monétaire d’utilisation horizontale de monnaie de crédit bancaire, les Etats pourront régler finement la masse monétaire en circulation. C’est la raison pour laquelle je pense que le néochartalisme ne fonctionnerait pas sans un passage simultané à la monnaie pleine .

Mais d’abord quelques informations:

La Théorie Monétaire Moderne, autre nom du néochartalisme, considère :

  1. d’une part les transaction verticales ainsi appelées toutes les transactions impliquant l’État et éventuellement la Banque Centrale. Peu importe ici que l’autre partie soit nationale ou étrangère, ce qui compte c’est que l’un soit émetteur de la monnaie souveraine, alors que l’autre n’est qu’utilisateur de cette monnaie. De manière inhérente à la construction comptable, la dépense nette de l’État ajoute son montant à la trésorerie de l’utilisateur de la monnaie, et la recette nette de l’État ôte son montant à la trésorerie de l’utilisateur de la monnaie ; on dit que le déficit public est enregistré comme actif net supplémentaire pour les autres secteurs, et qu’à l’inverse, le surplus budgétaire de l’État est enregistré comme diminution des actifs nets des autres secteurs.
    En effet l’équation comptable est que l’épargne privée nette est égale à la somme du déficit public et de la balance courante, donc que le secteur privé ne peut épargner que si un État s’autorise un déficit ou si l’étranger est lui-même en déficit
  2. d’autre part les transactions horizontales entre utilisateurs de la monnaie,. De manière inhérente à la construction comptable, les crédits accordés entre utilisateurs de la monnaie ont un solde global nul : il n’est pas possible de créer une épargne nette par paiement ou par crédit. Le crédit influe uniquement sur la vitesse de la monnaie, sur le nombre de transactions payées avec la même monnaie, exactement de la même manière que le marché à terme peut échanger de nombreuses fois une même matière première depuis son embarquement jusqu’à sa livraison sans qu’elle en soit démultipliée physiquement pour autant.

La « monnaie pleine » (100% monnaie d’Irving Fisher et Maurice Allais) est le système monétaire dans lequel le SEUL émetteur de monnaie est la Banque Centrale, les établissements financiers et banques voyant leur rôle limité à la gestion des comptes de dépôt et des épargnes.  A ce titre elle ne peuvent plus prêter que ce qui leur est confié dans ce but, à l’exclusion de toute « monétisation  » (on appelle monétisation le droit dont dispose les banques de créer de la monnaie en échange d’actifs non monétaires.)


La finance fonctionnelle est est une théorie économique proposée par Abba P. Lerner . Le gouvernement doit s’auto-financer par sa Banque Centrale et non pas par les recettes budgétaires ou les emprunts pour atteindre des objectifs explicites, tels que la maîtrise du cycle économique, la réalisation du plein emploi , la croissance et une faible inflation . De plus le gouvernement doit maintenir un niveau de demande raisonnable en tout temps. S’il y a trop peu de dépenses et, par conséquent, un chômage excessif, le gouvernement réduit les taxes ou augmente ses propres dépenses via le financement par la Banque Centrale. S’il y a trop de dépenses, le gouvernement doit empêcher l’inflation en réduisant ses propres dépenses ou en augmentant les taxes et « gelant » la monnaie excédentaire.

Les principales idées de la finance fonctionnelle croisée avec la monnaie pleine peuvent être résumées comme suit:

1 – Les gouvernements doivent intervenir dans l’économie car celle-ci n’est pas autorégulatrice et ne se réglemente pas elle même

2 – Le principal objectif économique de L’État doit être d’assurer une économie prospère.

3 – La monnaie (« l’argent ») est une émanation de l’état qui doit donc le gérer, via sa banque centrale qui en aucun cas ne doit être « indépendante »

4 – La politique budgétaire doit être dirigée compte tenu de son impact sur l’économie, et le budget géré en conséquence, c’est-à-dire que vouloir équilibrer les revenus et les dépenses n’est pas important; c’est la prospérité qui est importante.

5 – Le montant et le rythme des dépenses publiques doit être fixés en fonction du niveau d’activité souhaité en visant le chômage zéro,

6 – La monnaie investie par l’Etat dans l’économie peut être régulée par les taxes et impôts qui permettront de réguler la masse monétaire

7 – Les principes de budget équilibrés ont un sens pour les individus, les ménages, les entreprises et les collectivités locales, mais ne s’appliquent pas aux gouvernements des États souverains qui peuvent émettre la monnaie nécessaire à leurs objectifs politiques

8 – Si nécessaire, l’Etat peut jouer le rôle d’employeur en dernier ressort à condition qu’il ne s’agisse pas de « contrats à durée indéterminée » (il faut que le secteur privé puisse recruter les éléments dont il peut avoir besoin lors d’une reprise d’activité)

Tout ceci va à l’encontre de l’opinion dominante affirmant que l’État doit rembourser tôt ou tard ses déficits budgétaires dont le cumul forme la dette.

Il faut un déficit pour financer la croissance, et encore un déficit pour financer la croissance de l’épargne du secteur privé . La sottise c’est d’accepter que ces déficits soient couverts par des emprunts au lieu de les couvrir par monétisation directe de la Banque Centrale.

On peut donc dire que si une collectivité a:

1 – un besoin
2 – la volonté de le satisfaire,
3 – les moyens techniques et énergétiques,
4 – un excès de main d’œuvre et le savoir-faire,
… l’impossibilité souvent alléguée du manque de financement est une mauvaise excuse car une vraie richesse résultera d’une création monétaire éventuellement nécessaire pour la réaliser. Il faut évidemment par la suite « détruire » cette monnaie;  l’impôt y pourvoira par remboursement progressif d’une dette sans intérêts  (et donc la destruction des obligations correspondantes) par exemple au fur et à mesure de l’usure, c’est-à-dire de l’amortissement, des richesses dont la production aura été permise par l’émission monétaire.

La démonstration se trouve notamment ici et il peut être résumé par la formule lapidaire : ce n’est pas le fric qui manque !

Etienne Chouard simplifie lui aussi en écrivant  » C’est L’ÉTAT qui DOIT créer l’argent, AVANT qu’on le lui rende en impôts, et PAS LE CONTRAIRE  »

 


Voir aussi les articles suivants:

352 – Lerner, finance fonctionnelle, budget public.

267 – Holbecq : exposé 8 janvier

254 – néochartalisme (Marc Lavoie)

237 – Chartalisme (extraits wikipedia)

27 – Argent et reconnaissance de dette : de faux jumeaux

Ainsi que les articles concernant le 100% monnaie sur ce site et sur le site dédié « monnaie pleine/SMART « 

Voir en anglais les pages consacrées à la finance fonctionnelle, la MMT au chartalisme  et  Abba Lerner

N’hésitez pas à commenter cet article. 


Jean Jégu me fait le plaisir de formuler ainsi la question de l’horizontalité et de la verticalité:

« Quand moi, monsieur X, je reçois une somme de l’état ( pour quelque raison que ce soit  : salaire, subvention, …etc ), c’est l’état ( je préfère la collectivité )  qui dit : « je déclare  X bénéficiaire de S unités de compte, étant entendu que mon engagement est transmissible par lui X à tout autre agent économique Y » . Ainsi toute monnaie naît d’une « création verticale » qui engage  la collectivité et un agent économique bénéficiaire (ou si l’on veut « porteur »). Ensuite cet engagement collectif entame une circulation horizontale dans l’économie réelle, entre agents économiques jusqu’à ce que l’un de ces agents, monsieur Z par exemple, ne soit amené à se tourner à son tour vers la collectivité pour lui apporter sa contribution par consentement à l’impôt. Il déclare donc :  » Je reconnais devoir  s  unités de compte à la collectivité mais compte tenu que celle-ci m’en doit S, merci de prendre acte que la collectivité ne me doit  plus que S – s unités de compte »

Ainsi– la circulation d’une monnaie souveraine pourrait  être décrite par une circulation verticale ( ou sociétale , entre société et citoyen ) de sa création à  sa destruction et, entre temps pendant son existence, par une circulation horizontale ( ou monétaire ) entre les agents économiques. On est bien entendu dans un contexte clairement « 100 % monnaie » qui accorde à la collectivité ( nationale ) la maîtrise directe du volume et de l’affectation de la masse monétaire … ( ce qui risque peut-être de heurter certains banquiers avec qui il faut rester néanmoins très indulgents tant les déformations qu’ils ont subies depuis leur plus jeune âge  – et auxquelles certains d’entre nous ont par hasard échappés – justifient la prise en compte de sérieuses circonstances atténuantes ). »

Publié dans Allais, Chartalisme, finance fonctionnelle, J-B Bersac, Lerner, monnaie pleine, Uncategorized | 10 commentaires

375 – Vidéos par Edouard Cottin

Je tiens à vous signaler cette excellente série de petites vidéos sur l’économie, par Edouard Cottin, auteur de ce livre dont j’ai déjà parlé  » Néolibéralisme versus Etat Providence »

La première des 10 vidéos actuelles est ici…

La page Youtube d’Edouard Cottin est celle ci:
https://www.youtube.com/channel/UCmZCyJW81hmnHXVuLU7qKBw/videos

Publié dans Compléments de "postjorion", Edouard Cottin | 1 commentaire