330 – Philippe Desbrosses

Écoutez !

L’alimentation bio et le rêve de mutation.
Conférence de Philippe Desbrosses lors du salon Breizh Nature, Salon de la Bio & du Bien-être, le 15 janvier 2017 à Quimper

Vidéo | Publié le par | Tagué | Laisser un commentaire

329 – Réponses aux critiques « monnaie pleine »

n
/Réponse CF/21-11-16/Draft 1

INITIATIVE POPULAIRE POUR UNE RÉFORME MONÉTAIRE “MONNAIE PLEINE”

LE MESSAGE DU CONSEIL FÉDÉRAL :
UN CONSTAT D’IGNORANCE OU DE MAUVAISE FOI….
OU LES DEUX À LA FOIS ?

Par Christian Gomez

Ainsi donc, le Conseil Fédéral vient  de recommander le rejet de la Réforme « Monnaie pleine » proposée à la votation du peuple suisse par des citoyens conscients des tares irrémédiables du système monétaire actuel.  Il s’agit là d’un choix éminemment regrettable car la faiblesse des arguments qui appuient cette décision montre la légèreté avec laquelle celle-ci a été prise. Elle parait refléter en effet une grande médiocrité dans une réflexion tétanisée par toute innovation qui l’éloignerait des sentiers battus et la distinguerait d’une pratique usuelle qui, pourtant, a montré tous ses dangers et toutes ses limites durant toute son histoire et, plus particulièrement, dans la dernière crise qui se prolonge encore aujourd’hui, dix ans après son commencement.  Elle montre aussi une soumission aux intérêts en place sans aucune réflexion, aucune distanciation, pour différencier l’intérêt général et les intérêts particuliers, toujours égoïstes et à courte vue.  Elle traduit surtout une incompréhension totale des principes de la réforme et des raisonnements économiques qui la fondent, tels qu’ils ont été élaborés par les économistes les plus brillants de l’histoire de la pensée économique, ce qui invalide les fondements mêmes de la décision prise.

Nous en appelons donc aux représentants du peuple pour qu’ils refusent cette recommandation inepte, dépourvue de bases et contraire à l’intérêt général, et appuient cette refondation du système monétaire propre non seulement à sécuriser l’ensemble de notre système de financement et à réguler plus finement notre évolution économique mais aussi à rendre plus efficace et plus équitable le fonctionnement de notre système économique.

Examinons un à un les principaux « arguments » avancés par le Conseil Fédéral pour en montrer toute la vacuité.

Lire la suite

Publié dans 100% monnaie, Article invité, Gomez, Holbecq, Monétisation, monnaie pleine | Tagué , , , , , | 1 commentaire

328 – Bonne année 2017

Pour changer un peu de l’économie …

c0bbjucxuaai-s

Photo de l’équipage d’Apollo 8 le 24 Decembre 1968

Au 30 décembre de cette année, 3557 planètes extra solaires ont été répertoriées et il en probablement des milliards dans notre Galaxie . Combien portent-elles une vie intelligente?

Gardons toujours en mémoire que sur une échelle sur laquelle seraient réduites les durées, telles qu’un siècle ne dure qu’une seule seconde (afin de rester dans des durées compréhensibles), sur cette échelle, donc où 1 an = 31 536 000 secondes ou « siècles » (environ 3,15 milliards d’années).

– Le « Big Bang »,  c’était il y a 5 ans, sur cette échelle.
– La Terre s’est formée, sans doute par accrétion, il y a 18 mois ( 4,5 milliards d’années ).
– Une « éventuelle planète » (la 12ème ?) aurait frôlé la Terre et arraché notre Lune (du Pacifique ?): Il y a 15 mois.
– Les premières bactéries sont apparues (ensemencées par cette planète?) il y a 14 mois ( 3,6 milliards d’années).
– Les premiers vertébrés marins commencent à nager il y a 2 mois ( 500 millions d’années) – disons le 1 er novembre de cette année.
– Ces vertébrés sortent de l’eau il y a 1,5 mois (380 millions d’années) – vers le 15 novembre.
– Les mammifères commencent à courir la campagne, il y a 25 jours. ( 200 millions d’années ) – le 5 décembre.
– Les primates sont apparus il y a 8 jours ( 70 millions d’années ) – le 23 décembre.
– Les dinosaures ont disparu, sans doute à la suite de la chute d’un astéroïde (Golfe du Mexique ?), ce qui a peut être après tout facilité le développement des mammifères, il y a 7 jours (60 millions d’années) – le 24 décembre.
– L’australopithèque, qui est peut être notre ancêtre, le début de l’hominisation est apparu il y a 12 heures (4 millions d’années) – le 31 décembre, midi.
– L’Homo Habilis, commence à travailler il y a 6 heures (2 millions d’années) – le 31 décembre, 18 heures.
– L’Homo Sapiens sapiens a émergé depuis environ 6 minutes (35 000 ans) – le 31 décembre à 23 h 54 m . Il prend la place de l’Homo Sapiens néanderthalensis (l’homme de Néandhertal) qui disparait rapidement semble-t’il. Vers -8000, selon les historiens, le Sapiens sapiens s’établit au Proche-Orient et il « invente » l’écriture en -3500 ( il y a 35 secondes !)
– Le Christ vient de naître… il n’y a que 21 secondes.
– Notre vie terrestre: une seconde, si nous avons de la chance

Ces quelques chiffres permettent surtout de faire apparaître la « jeunesse » de notre lignée par rapport à l’évolution. Si la vie a pu apparaître sur d’autres planètes, un « décalage » de quelques milliers d’années, mettons 40 000 ans, ne représente que quelques 7 minutes sur cette échelle; soit un rapport de 0, 001%. Pourquoi serions-nous ceux qui auraient évolués le plus rapidement (depuis les bactéries). Et s’il existe un décalage dans l’apparition de cette vie, pourquoi la Terre devrait-elle être le « lieu » où elle est apparue en premier? Il manque aux Terrestres un peu d’humilité!

Et si nous projetons l’évolution de l’homme actuel ? Dans 20 ou 30 000 ans (s’il ne se détruit pas d’ici là) que sera-t’il devenu? Quand on voit sur ce dernier siècle ou même ces quelques dernières décennies l’évolution des progrès techniques et scientifiques, il nous est difficile d’imaginer notre « devenir ». La connaissance spirituelle aura t’elle rattrapé la connaissance technique ?

Bon, vous l’avez compris, c’est une simple manière de vous faire comprendre que même si des années TRÈS difficiles nous attendent, il n’y a pas de raison que l’Homme cesse d’évoluer. A moins que nous ne portions en nous même notre propre volonté d’anéantissement ?

Que l’année 2017 soit, pour vous tous, meilleure que 2016.

Publié dans Histoire, Holbecq | Tagué | 4 commentaires

327 – L’effondrement est-il imminent?

L’effondrement global est-il imminent ?

Une comparaison actualisée des “Limites de la Croissance” avec les données historiques

Article en anglais
Turner, G. (2014) ‘Is Global Collapse Imminent?’, MSSI Research Paper No. 4, Melbourne Sustainable Society Institute, The University of Melbourne.

ISBN: 978 0 7340 4940 7

Traduction Patrick Soulignac

Résumé

Le scénario « modèle standard » (business-as-usual ou BAU) des « Limites de la croissance » (« Limits To Growth », LTG), produit il a environ quarante ans, correspond bien avec les données historiques qui ont été mises à jour pour cet article. Le scénario BAU produit un effondrement de l’économie mondiale et de l’environnement (avec des niveaux de vie qui chutent dramatiquement plus vite que ce qu’ils progressèrent historiquement car les fonctions économiques normales cessent de fonctionner), entrainant une chute importante de la population mondiale. Bien que la baisse de la population modélisée survienne après environ 2030 —avec une augmentation des taux de mortalité à partir de 2020, inversant les tendances contemporaines— le début généralisé de l’effondrement apparait vers 2015 quand la production industrielle per capita commence un déclin rapide. Compte tenu de cette synchronisation imminente, une autre question que pose cet article est de savoir si les difficultés économiques de la crise financière mondiale sont potentiellement liées aux mécanismes de disruption mis en avant par le scénario BAU des « Limites de la croissance ». En particulier, les problèmes contemporains sur le pic pétrolier et l’analyse de l’énergie nette, ou rapport entre l’énergie produite et l’énergie investie, vont dans le sens de la modélisation des contraintes de ressources qui sous-tendent l’effondrement dans les « Limites de la croissance ».

Suite sur http://loic-steffan.fr/WordPress3/leffondrement-global-est-il-imminent/

Publié dans Meadows | Tagué , , | Laisser un commentaire

326 – Sapir: quitter l’euro, reprendre la main sur la Banque de France

Quel programme économique pour la France en 2017 ?

par Jacques Sapir· Publication 29 décembre 2016 · Mis à jour 29 décembre 2016

La situation économique et sociale de la France a atteint aujourd’hui un point critique. Non seulement la désindustrialisation y fait des ravages, mais le chômage de masse menace de faire basculer notre pays socialement dans un retour au XIX siècle (ce qui est même théorisé par certains) et politiquement dans l’anomie. Seule, une forte croissance peut permettre au pays de surmonter les problèmes politiques auxquels il est confronté et d’affronter les défis des prochaines décennies. Car, ces défis sont multiples. Il s’agit à la fois de mettre fin au chômage de masse[1], de préserver notre modèle social hérité de la Libération de 1945 (et qui est attaqué tant par François Fillon que par Emmanuel Macron ou Manuel Valls), mais aussi de réaliser des avancées nécessaires et urgentes dans le domaine écologique. Il faut une croissance forte, mais une croissance qui profite à tous !

Le travail d’un économiste n’est pas celui d’un homme (ou d’une femme) politique. Il consiste à indiquer ce qui est souhaitable en restant dans le cadre de ce qui est possible. C’est en particulier le cas en année électorale. C’est donc le but des lignes qui suivent.

La suite, importante, sur le blog de Jacques Sapir

Publié dans Banques, Débat monétaire, Dette publique, Monétisation, Sapir | Tagué , , , | Laisser un commentaire

325 – Mes articles sur Agoravox

Mes articles publiés en ligne sur « AGORAVOX »

Article publié 10 décembre
Article publié 21 janvier
Article publié 16 juillet 2014
Article publié 12 juin 2014
Article publié 18 mai 2014
Article publié 2 décembre 2013
Article publié
Evolution des patrimoines publics
11 juin 2013
Article publié
Considérant …
10 juin 2013
Article publié
SMART for you…
5 novembre 2012
Article publié
Pour que l’argent serve au lieu d’asservir !
28 juin 2012
Article publié
La monnaie : résumé
25 mai 2012
Article publié
Un extrait des propositions de Maurice Allais exprimées dans « La crise mondiale d’aujourd’hui »
2 mai 2012
Article publié
Pour un système monétaire à réserves pleines
29 mars 2012
Article publié
Soldes primaires des budgets publics
3 novembre 2011
Article publié
Le 123, ça suffit !
17 février 2011
Article publié
Financement de la dette et des investissements nécessaires
24 décembre 2010
Article publié
100% money (système monétaire à réserves pleines)
26 février 2010
Article publié
Comment les orfèvres devinrent banquiers…
22 février 2010
Article publié
On ne peut pas le faire, « ça coûte » trop cher !
10 février 2009
Article publié
Ce qu’il faut au moins savoir sur la création monétaire
26 janvier 2009
Article publié
Une question essentielle à vous poser…
24 décembre 2008
Article publié
Pour que l’argent nous serve, au lieu de nous asservir !
25 novembre 2008
Article publié
Comment pousse la monnaie ?
24 octobre 2007
Article publié
Non, M. Fillon, la France n’est pas en situation de faillite !
25 septembre 2007
Article publié
Les entreprises à mandat sociétal
8 novembre 2006
Publié dans Holbecq | Tagué | 2 commentaires

324 – Conséquences d’une sortie de l’euro

Alexis Feertchak, du FigaroVox, a soumis plusieurs questions à Jacques Sapir, duquel j’ai extrait une question et sa réponse. L’intégralité de l’article est ici (Publication 2 décembre 2016 · Mis à jour 4 décembre 2016)

___________________________

A quoi pourrait ressembler concrètement une sortie de l’euro ? Des citoyens français y perdraient-ils plus que d’autres?

Dans une sortie de l’euro, et ce quel que soit le scénario, nous avons une décision de re-dénominer tous les paiements et tous les comptes de l’euro au franc (ou à tout autre nom donné à la monnaie française). Une personne qui touche 1400 euros par mois, qui paye un loyer de 650 euros, qui s’est endettée pour 10 000 euros, et qui a au total 30 000 euros sur ses divers comptes bancaires, se retrouve du jour au lendemain avec 1400 francs de salaire, un loyer de 650 francs, une dette de 10 000 francs et des avoirs bancaires de 30 000 francs. Autrement dit, pour elle rien ne change.

Si le Franc se déprécie de 30% par rapport à la monnaie allemande, de 10% par rapport ou Dollar des Etats-Unis, mais s’apprécie de 5% par rapport à la Lire italienne que se passe-t-il ? Quand notre personne, si elle a une voiture, passera prendre du carburant à la station-service celui-ci aura augmenté non de 10% (la dépréciation du Franc par rapport au Dollar) mais de 10% sur son prix hors taxes, qui n’est que de 15% du prix total. Le coût du carburant aura augmenté de 1,5%. Admettons que cette personne aille acheter son pain après, elle ne verra aucune différence. Si elle va au supermarché et qu’elle achète des pates italiennes, elle verra une baisse de -5% mais, si elle veut acheter un produit allemand, par contre elle constatera une hausse de 30%. Arrêtons nous à ce problème. Admettons que cette personne envisage de changer de voiture. Elle constatera alors que les voitures allemandes ont fortement augmenté, les voitures françaises sont restées au même prix (pour les modèles fabriqués en France), mais qu’une voiture italienne a légèrement baissé. Veut-elle partir en vacances ? Tout d’abord, rappelons qu’il n’y a que 55% des français qui partent en vacances, et sur ce total environ 25% à l’étranger, soit 14%. Si cette personne veut partir en Allemagne (tous les gouts sont dans la nature…) elle verra que ses vacances sont considérablement plus chères. Mais, si elle se décide à partir en Italie, en Espagne, voire en Grèce (pays qui déprécieraient leurs monnaies plus que Franc ne l’aurait été), elle constatera que ses vacances lui coutent moins chers. Et, si elle se décide à rester en France (comme une majorité de français) elle verra que rien n’aura changé. Cette personne ne sentirait que très faiblement l’impact de cette dépréciation. Par contre, elle pourrait constater assez rapidement que le climat économique a changé, que son voisin a pu retrouver un travail, qu’elle-même, qui se faisait du souci dans son entreprise et qui craignait un plan social, voit désormais l’avenir se dégager.

Cet exemple montre que l’affirmation qu’une dépréciation du franc de 10% se traduirait par une hausse des prix de 10% est absolument fausse et n’a aucune base économique. Les déclarations de Laurent Wauquiez à cet égard confinent au délire[19]. D’abord, les loyers, les prix des transports en commun, de la cantine scolaire (si cette personne a des enfants) ne bougeraient pas. Ensuite, sur les produits importés, il faudrait déterminer d’où viennent ces produits. En cas d’un éclatement de l’euro, certaines monnaies se déprécieraient plus que le Franc. Les prix de ces produits baisseraient. Par contre, le Franc se déprécierait face au Dollar des Etats-Unis, mais surtout face au Mark allemand. La question alors se posera pour cette personne de changer de produits, d’abandonner des produits faits en Allemagne pour choisir des produits faits en France, ou dans des pays dont la monnaie se serait dépréciée plus que le Franc. Si, à la place de cette personne gagnant 1400 euros/francs, nous prenions un cadre un cadre dirigeant, qui gagne 7000 euros/francs par mois, qui roule en Audi ou en Mercédès et qui aime aller se prendre un week-end à New-York, bref un typique représentant de ces élites mondialisées que l’on nous donne en exemple. Pour lui, bien entendu, le cout de sa consommation augmenterait fortement. Mais, de telles personnes représentent 1% de la population active…On constate, à travers cet exemple, qu’une dépréciation de la monnaie est aussi un mécanisme de rééquilibrage entre la partie de la population qui consomme « local » et la (petite) partie de la population qui consomme « mondial ».

Si nous considérons maintenant le problème général des dettes, on verra que l’on est très loin des descriptions catastrophistes qui ont pu être faites. La dette publique, si elle est émise en France est automatiquement re-dénominée en Franc. Or, 97% de la dette publique française est en bons du Trésor émis en France. La dette des ménages est, elle aussi, très largement émise en France et ne bougerait pas. La dette des entreprises est à 33% composée de titres émis sur des places étrangères[20]. Ces titres seraient réévalués (de 10% car ils sont en général émis en Dollars). Mais, ce sont des entreprises multinationales qui émettent ces titres. Or, une société qui vend à l’étranger réalise son chiffre d’affaires dans la monnaie des pays où elle vend. Cela signifie que le chiffre d’affaires réalisé en Allemagne sera réévalué lui aussi de 30%, celui réalisé aux Etats-Unis de 10% et ainsi de suite. La dette des banques et sociétés financières est émise à 40% en titres étrangers ; mais leur chiffre d’affaires est – tout comme pour les entreprises non-financières – largement réalisé dans des pays étrangers. Le risque de dette est ainsi très faible, même s’il faudra regarder avec précision le cas individuel de certaines sociétés financières ou de certaines entreprises.

En ce qui concerne l’épargne des ménages français, une large partie de cette dernière est constituée soit de l’immobilier soit de produits financiers très stables, comme les assurances-vie. Ces produits ne connaîtront pas de changements. La petite part de l’épargne qui est constituée par des actions pourrait connaître, elle, des mouvements contradictoires. Une sortie de l’euro entrainera pendant quelques semaines une baisse de la bourse. Puis, quand les marchés financiers comprendront les avantages que la France tirera de cette nouvelle situation, la bourse se remettra à fortement augmenter. C’est le processus que l’on a vu à l’œuvre au Royaume-Uni après le succès du référendum sur le BREXIT.

A quelques jours de la sortie du film, La Conquête, qui retrace l’ascension de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, André Bercoff publie aux éditions du Rocher « La Chasse au Sarko ».

C’est d’ailleurs ici que se situe en réalité le principal problème qui se posera, à terme, à un gouvernement français. Au fur et à mesure que l’on comprendra qu’une sortie de l’euro avantage considérablement l’économie française, les capitaux internationaux viendront s’investir en France. Si les investissements directs, qui créent de l’emploi, sont une bonne chose, les investissements purement financiers en sont une mauvaise. Ils provoquent des bulles spéculatives et une réappréciation de la monnaie, qui pourrait effacer, au bout de deux ou de trois ans, les bénéfices (ou une partie des bénéfices) d’une sortie de l’euro. Il faudra donc que le gouvernement utilise les contrôles de capitaux pour empêcher ces capitaux spéculatifs d’entrer en France. L’introduction d’un système de contrôle des capitaux est même conseillée par le FMI[21]. En fait, le risque principal qui pourrait faire dérailler l’économie française dans une perspective d’une sortie de l’euro est celui d’une appréciation trop rapide du Franc, à la suite de manœuvres spéculatives. Il faudra donc s’en prémunir.

Cela indique d’ailleurs que le cadre des activités financières ne saurait rester inchangé dans le cas d’une sortie de l’euro. En fait, cette sortie implique des changements importants dans la structuration et l’organisation des activités financières, mais aussi de leurs répercussions sur les entreprises. Ces changements seraient plus efficaces s’ils étaient concertés, si ce n’est dans l’ensemble des pays de la zone euro du moins pour une partie d’entre eux, par exemple entre la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Ici encore, certains de nos partenaires peuvent avoir les mêmes vues que nous, et d’autres non, comme c’est le cas avec l’Allemagne voire les Pays-Bas. A travers cette question de la coopération se redessinera de fait une autre Europe, une Europe structurée par des projets et non par des contraintes ou des règles comme c’est le cas actuellement dans l’Union européenne. Et cela révèle l’un des enjeux d’une sortie de l’euro : aboutir à créer une autre Europe, qui ne soit plus une Europe de la financiarisation et de l’austérité mais une Europe tournée vers la libre coopération des Nations souveraines pour le progrès social des peuples qui la composent. C’est pour cela que la sortie de l’euro est absolument capitale pour le devenir tant de la France et de l’Italie, que des pays qui composent l’Europe en général.

 

Publié dans Article invité, euro, Sapir, Union Européenne | Tagué , , | Laisser un commentaire
%d blogueurs aiment cette page :