293 – Monnaie nationale complémentaire

9 novembre 2014

Une monnaie nationale complémentaire de Bien commun

La crise actuelle (économique, écologique, financière, humaine…) est le fruit d’un conditionnement de la pensée économique :

1 – On traite l’argent comme s’il avait une existence et une valeur propres, comme au temps où il était appuyé sur l’or et donc rare!
2 – Cette conception conduit à croire que le bien commun ne peut qu’être financé par redistribution de la richesse au moyen de l’impôt, présenté comme symbole de solidarité nationale!
3 – On croit enfin qu’une seule monnaie doit circuler dans un espace donné.

Eh bien NON! Depuis 1971, date à laquelle la dernière monnaie encore convertible en or, le dollar américain a abandonné cette convertibilité, la monnaie n’est qu’une unité de compte virtuelle créée par la seule volonté humaine; une convention sociale sans valeur propre et potentiellement « infinie ».

NON, la redistribution par la fiscalité ne se justifie plus. Pourquoi devrait-on aller prendre dans la poche des gens ce que la société elle-même peut créer par simple écriture sous réserve bien sûr de pouvoir détruire la monnaie excédentaire.

NON, une unique monnaie n’a rien d’impératif; l’histoire révèle que l’humanité s’est construite autour d’une diversité de monnaies sur un même territoire.

Par ailleurs, l’économie ne fait pas de distinction entre l’intérêt privé et l’intérêt collectif. Elle obéit au postulat d’Adam Smith qui supposait que l’intérêt collectif découlait de la satisfaction des intérêts particuliers par ruissellement, la prospérité des uns retombant sur les autres qui, à leur tour, redistribuent. Mais n’oublions pas qu’au XVIIIeme siècle la monnaie était matérielle et que la production occupait toute la population y compris les enfants. Pas de protection sociale, pas de retraite, pas de système de santé, pas d’école gratuite. C’est la solidarité au sein des familles et des communautés et la charité pratiquée par l’église et certains riches qui assuraient tant bien que mal le Bien commun. Quoi que le système ait évolué dans ses techniques, entre le XVIIIeme et le début du XXIeme siècle, l’idéologie est restée la même. l’État providence maintenant investi de l’intérêt collectif en conditionne le contenu à ce que les retombées fiscales lui permettent de faire. C’est une dépense dans l’économie, un handicap à la compétitivité.

Tant que la pensée économique n’admet qu’une seule monnaie sur un territoire à fortiori conçue comme si elle était matérielle, le bien commun ne peut qu’être un sous-produit de l’activité marchande toujours remis en question sous la pression des exigences qu’imposent une économie globalisée. Or à ce jour où la production marchande n’offre plus d’emploi à tous et ne peut fonctionner que dans une dynamique de croissance infinie incompatible avec ce que la planète peut soutenir, il ne peut y avoir d’avenir que si la qualité de vie est considérée comme une RICHESSE prioritaire. La nature maintenant dématérialisée de la monnaie rend ce défi possible.

Pour ce faire il « suffit » de DÉCOUPLER le Bien commun de l’activité marchande, en le traitant dans un espace économique nouveau, AUTONOME, complémentaire à l’économie marchande. Ce nouvel espace regroupe les activités dont le contenu n’a pas par nature à être considéré comme une marchandise, tel que la santé, l’éducation, la recherche fondamentale, l’eau, la transition écologique, etc … Il est régi par un statut juridique spécifique et n’a pas pour finalité le profit financier ou l’équilibre comptable mais celle de bénéfice éco-social, c’est-à-dire l’atteinte concrète des objectifs écologiques et sociaux visés pour améliorer la qualité de la Vie.

C’est le débat public, partant du local vers le global, qui détermine ce qui doit relever légitimement de chaque champ, le marchand ou l’éco-social. Quant au financement, et c’est là la clé, il n’est plus assuré par l’impôt, ni par l’emprunt, mais par l’utilisation d’une monnaie de bien commun complémentaire à la devise nationale  dont le nom reste à trouver (le socio?).
Elle est CRÉÉE EX-NIHILO par un organisme public sous mandat et contrôle citoyen, à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés démocratiquement. Ainsi la Nation peut-elle répondre aux enjeux humains et écologiques à la hauteur qu’il convient, sans affecter ni ses relations ni son commerce extérieurs. Certaines conditions pour cela doivent toutefois être respectées :

- La monnaie de bien commun a cours exclusif à l’intérieur du territoire national et n’est pas convertible en devises (sauf dans certaines conditions) pour ne pas affecter leur cours

- Elle a cours légal de sorte que quiconque sur le territoire a obligation de l’accepter en paiement.

- Elle a parité de pouvoir d’achat avec la devise nationale pour faciliter les échanges qui peuvent se faire partout sur le territoire avec l’une ou l’autre monnaie.

- La monnaie de bien commun, à quelques exceptions près, ne donne accès qu’à des biens et services durables produits sur le territoire. Cela peut être perçu comme restrictif et désavantageux pour les personnes dont les revenus seront exclusivement en monnaie complémentaire, mais les enjeux écologiques et la finalité d’amélioration de qualité de vie exigent une consommation responsable. Il est à noter toutefois que cette exigence favorise la relocalisation de productions abandonnées, dans des conditions sociales et environnementales respectueuses. Un avantage pour tous en fin de compte.

- La monnaie de bien commun est exclusivement scripturale. Pas de pièces ni de billets; il est en effet impératif de savoir à tout instant combien il y a de monnaie en circulation pour assurer une fine gestion de la masse monétaire. La population doit être protégée par la loi contre tout risque de flicage et d’utilisation abusive des données.

- Une fiscalité s’applique à ce nouveau champ économique, dont le but n’est pas de constituer une recette redistribuable mais de destruction de cette monnaie afin d’éviter tout risque d’inflation.

Les avantages :

On ne touche pas au système marchand, donc aux intérêts dominants.

Seule la volonté nationale suffit pour mettre en œuvre ce dispositif. Pas besoin de renégocier les traités et accords internationaux. On peut supposer qu’il y aura des « indignations » et des pressions internationales hostiles, mais qui s’apaiseront dans la mesure où le but n’est pas de créer un avantage concurrentiel; il est de donner un exemple à suivre par tous.

La question de l’emploi trouve sa solution. C’est une immense gamme d’activités utiles, rémunératrices et épanouissantes qui s’offre à toutes celles et ceux qui ne se sentent plus à leur place dans le système actuel ou qui en sont exclues ou mis en marge.
La question de la dette publique trouve aussi sa solution car il n’y a plus aucune raison pour que le budget de l’État soit déficitaire. Non seulement le recours à l’emprunt pour financer la politique de Bien commun devient inutile mais il devient possible de rembourser progressivement la dette antérieure.

La pleine reconnaissance d’un espace dont la finalité est purement qualitative tirera naturellement la société vers le haut; le secteur marchand se trouvera entraîné dans cette spirale vertueuse pour répondre à la demande.

Les grandes questions de société comme la santé, l’éducation, l’alimentation, l’énergie, traditionnellement abordés par rapport aux budgets disponibles et aux intérêts économiques dominants pourront être débattus sur le fond sans que les aspects financiers viennent polluer la réflexion en y mélangeant leur logique comptable.

L’économie marchande se trouve libérée de l’impératif de croissance et peut se consacrer à l’exclusive satisfaction des besoins sans plus avoir à les créer artificiellement.

La qualité de vie ne dépend plus des performances de l’économie marchande ni du commerce extérieur. Le modèle s’étendant, des pays dits pauvres peuvent parvenir à un haut niveau de qualité de vie dans le respect de leur culture et de leurs traditions. Les problèmes liés aux mouvements migratoires si cruciaux actuellement trouvent alors une solution naturelle car, quand on est bien chez soi, pourquoi aller chez les autres sauf de le choisir?

Libérées de l’aiguillon de la nécessité et de l’obligation de marchandage, les relations internationales iront vers une pacification.

Le débat public permanent nécessaire pour déterminer les axes d’amélioration de qualité de vie à partir du local, conduira à une meilleure expression de la démocratie.

Il faut donc soutenir l’idée d’une Monnaie Nationale Complémentaire
( de Ph. Derudder et A-J Holbecq -préface de Pierre Rabhi – éditions Yves Michel -
http://www.souffledor.fr/boutique/produits_monnaie-nationale-complementaire-une__3340.html )

UMNC2

Lire aussi l’analyse de ce livre, par  Nicolas BOULEAU, économiste, membre du groupe de travail sur la finance mis en place par la Fondation pour la Nature et l’Homme.


291 – Rendez-nous la monnaie !

10 juin 2014

Signez et diffusez s’il vous plait la pétition ci-dessous « Rendez-nous la monnaie ! » sur http://tinyurl.com/lx79h3p , en soutien à l’initiative Suisse « Vollgeld » (monnaie pleine).
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Depuis maintenant trop longtemps les banques commerciales privées ont obtenu le transfert d’un pouvoir régalien autrefois détenu par la puissance publique: celui de créer par une simple ligne d’écriture informatique toute la monnaie scripturale, monnaie chargée d’intérêts, que les ménages, les entreprises et même les administrations sont dans l’obligation d’utiliser lors de tous les échanges commerciaux.

Négligeant leur rôle premier qui est de financer l’économie (une carence qui explique en partie la gravité de la crise et du chômage), elles spéculent en risquant d’entrainer les déposants dans leur chute. On compte plus de 20 crises financières depuis 1980 dont la dernière de 2007 laisse encore de nombreuses traces ; la prochaine emportera peut être toutes vos économies car la garantie des dépôts ne peut s’appliquer en cas de crise systémique !

Nos voisins Suisses lancent aujourd’hui une « initiative pour la monnaie pleine » dans le but d’obtenir une votation sur ce sujet. Si la votation remportait la majorité, la Banque Centrale (Banque Nationale Suisse) garantirait à 100 % les dépôts à vue et serait seule autorisée à créer toute nouvelle monnaie, sans intérêts.

Hélas, nous en France, ne disposons pas du Référendum d’Initiative Citoyenne (1) qui permettrait d’amener un tel sujet au débat démocratique ; il nous reste cette pétition que nous vous demandons de signer et de faire circuler. Elle se résume en ces mots :
«Donner à la Banque de France le droit exclusif d’émettre toute la monnaie nouvelle au bénéfice de la collectivité, et de garantir les comptes de dépôts»

Cette pétition sera transmise – au moment de la votation Suisse – au Président de la République, au premier Ministre et au Ministre des finances de la France, aux Présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat et à tous les chefs des partis politiques, Pour plus d’efficacité, s’il vous plait, diffusez-là sur vos réseaux.

C’est volontairement que cette pétition est courte et par là même peu détaillée. Vous trouverez plus de précisions sur https://100monnaie.wordpress.com/, où nous pouvons également répondre à vos questions.
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(1) Le référendum d’initiative citoyenne est l’unique revendication de l’association « Article 3 », que vous pouvez soutenir en vous rendant sur son site : http://www.article3.fr/



Objectifs
1. La Banque Centrale créera désormais seule la monnaie scripturale électronique (monnaie pleine).
2. Les banques ne pourront plus elles-mêmes créer de la monnaie scripturale, mais prêter seulement de la monnaie déjà existante sous forme d’épargne qui leur serait confiée.
3. Les dépôts à vue sont transformés en monnaie pleine et passent en hors bilan des banques commerciales
4. La Banque Centrale mettra en circulation chaque année la nouvelle monnaie pleine (sans dette) au Trésor Public, aux Départements ou Régions, ou aux citoyennes et citoyens.
Explications sur http://100monnaie.wordpress.com/


286 – la meilleure vidéo !

22 mars 2014

… que nous devons à Gabriel Rabhi

Publiée le 21 mars 2014

La monnaie fait partie de notre quotidien. Elle est au cœur de nos économies : elle permet les échanges des biens et des services. Pourtant, personne ne sait vraiment qui la fabrique, ni comment elle fonctionne. En partant de ce que tout le monde connait, ce document explique les fondements des systèmes monétaire et bancaire, et en décrypte certaines conséquences. Car c’est bien l’incompréhension du système monétaire par la majorité des citoyens, des journalistes, des politiciens et de nos élites au sens large, qui permet à la finance et aux banques de régner sans entraves.

A diffuser largement sous toute forme utile.

Concepts abordés : la monnaie centrale / la monnaie scripturale / la banque centrale / les banques commerciales privées / le mythe du troc / le crédit à l’époque Sumérienne / l’invention de la monnaie / la monnaie papier et les orfèvres / la couverture partielle des dépôts / la monnaie fiduciaire / lien états – banques / le cours légale / conversion entre monnaie scripturale et centrale / définition d’un dépôt bancaire / transfert intra-bancaire / transfert interbancaire / le règlement bancaires / la compensation / les chambres de compensation / la disparition potentiel des dépôts / le trésor public / le risque systémique / les actifs / les créances / actifs financier, actifs matériels / bilan financier / bilan d’une banque / dépôts au passif / créances à l’actif / la monétisation / le crédit bancaire / la création monétaire ex-nihilo / destruction monétaire / le risque de contrepartie / la circulation de la monnaie / la masse monétaire / la croissance / une système de Ponzi / évolution exponentielle de la masse monétaire / les agrégats monétaires / variation des agrégats monétaires / le refinancement / prise en pension de titres par la banque centrale / le marché interbancaire / l’effet domino / crise de liquidité / crise de 2008 / les saisies bancaires / le sauvetage bancaire / l’assouplissement quantitatif / notions des endettements / l’usure / la concentration des richesses / rôle de la banque centrale / évasion fiscale / l’état et les marchés financiers / les intérêts de la dette / la planche à billet / inflation et déflation / l’hyperinflation / lien entre forces armées et monnaie / la réserve fédérale américaine / la banque des règlements internationaux / démocratie / aristocratie / oligarchie / le gouvernement représentatif / finance et médias / l’union européenne / le lobbying / la destruction de la planète / la décroissance / l’esclavage par la dette / la création de monnaie centrale / la monnaie du futur / intérêt général et intérêt particulier / la dictature parfaite / le conditionnement des peuples / le prêt à penser / les solutions et alternatives.

Que dire de  plus que ces quelques commentaires sur youtube?


« Réalisé par Gabriel Rabhi, ce film va vraiment très très loin, dans la sincérité, la vérité, le progrès de la pensée de tous !
Personne n’avait fait à ce jour une telle synthèse, avec à la fois autant de compétence, de capacité d’analyse et de proposition.
La profondeur et l’étendue à la fois philosophique, historique, logique et économique du message porté par ce film, franchement, c’est du jamais vu.
Il est visible en deux versions, longue et courte, et plusieurs extraits sont visibles sur le site de Gabriel : http://www.inter-agir.fr/
Partagez en masse ! Merci ! »
Le film sur Youtube :
1

Merci pour tout ce travail didactique ! Il y a beaucoup de choses bonnes à prendre.PS: petite faute d’orthographe à 01:56:05 => « tirage au sorT »
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 ·

Après un visionnage de la version longue. Pas besoin d’être économiste ou Trader à Wall Street, pour comprendre ce documentaire et également ce qui se passe depuis des siècles dans notre monde. Nous avons qu’ a regarder l’état actuel de l’Afrique. Ce documentaire est à la fois un cours d’économie qui elle, est dirigée par nos élites oligarque, et à la fois un cours de philosophie. Et pourtant la philosophie est utilisée par certaines têtes pensantes pour de mauvaises propagandes. Pour comprendre le monde dans lequel nous vivons il faut comprendre la circulation de l’argent. Comment des gens fabriquant des bombes peuvent ils être plus riche qu’un homme fabriquant des vêtements, ils ne me semble pas qu’on vive tous à poils, sauf dans une partie du monde !! Un documentaire à partager et à diffuser sans modération.Bravo !
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 ·

Très bon documentaire merci.
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C’EST QUI LE GÉNIE QUI A FAIT UN TRUC DE CE NIVEAU????
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 ·

Un évènement colossal, fruit de SIX MOIS de travail, à diffuser le plus largement possible :
Un film tout nouveau, sorti aujourd’hui même, 21 mars 2014 !
Réalisé par Gabriel Rabhi, ce film va vraiment très très loin, dans la sincérité, la vérité, le progrès de la pensée de tous !
Personne n’avait fait à ce jour une telle synthèse, avec à la fois autant de compétence, de capacité d’analyse et de proposition.
La profondeur et l’étendue à la fois philosophique, historique, logique et économique du message porté par ce film, franchement, c’est du jamais vu.
Il est visible en deux versions, longue et courte, et plusieurs extraits sont visibles sur le site de Gabriel : http://www.inter-agir.fr/
Partagez en masse ! Merci !

AUTRE ACCÈS par  http://www.inter-agir.fr/  AVEC UNE VERSION COURTE  QUE VOICI EN LIEN DIRECT :  https://www.youtube.com/watch?v=JKX76J7j9os&feature=player_embedded

 


274 – CNR Nice

29 mai 2013

Ci dessous, le document photocopié distribué à Nice par A-J Holbecq à l’occasion d’une conférence lors du 70 ième anniversaire du CNR .

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Pour que l’argent serve au lieu d’asservir !

Considérant:

Qu’une monnaie nationale est un des attributs d’un pays souverain  qui doit donc pouvoir émettre sa propre monnaie ;

Que les seuls besoins d’emprunt sur les marchés correspondent aux devises extérieures qu’un pays souverain ne peut produire lui-même et dont il ne dispose pas du fait du solde négatif de sa balance des transferts, intégrant le déficit commercial ; 

Qu’un État souverain ne peut être comparé à un ménage ou à une entreprise. C’est lui qui doit émettre la monnaie permettant aux secteurs privés de payer des taxes et impôts ;

Qu’en conséquence la dette publique (et donc la « nécessité » de la financer sur les marchés) est une totale aberration intellectuelle ou une volonté d’appauvrir les peuples ;

Que tant qu’il existe un besoin (collectivement souhaitable), la volonté de le satisfaire, les moyens techniques, les matières premières et énergétiques,  une  main d’œuvre disponible et qualifié, et le savoir-faire, le Trésor Public doit pouvoir financer les besoins d’investissements du pays ;

Qu’à partir du moment où une communauté a le pouvoir de créer sa propre monnaie, les impôts et taxes ne constituent plus une recette mais un outil de régulation de la masse monétaire, de l’orientation de l’économie, de la contribution de chacun aux dépenses communes et de la répartition entre ses membres ;

Que le dogme de l’équilibre des finances publiques est nocif : il faut que l’État soit en déficit (investisse) lorsque le privé est trop frileux ;

Que les dépenses des uns font les revenus des autres lors des séries d’échanges (« mes revenus sont vos dépenses, mes dépenses sont vos revenus ») ;

Qu’une monnaie démocratique moderne c’est et ce n’est que l’engagement d’une collectivité humaine organisée envers les individus qui la constitue : seule cette collectivité peut s’engager et donc émettre sa monnaie, et nul n’a le droit de le faire à sa place.

 

Nous demandons:

Que soit reconnu un champ économique  dont la finalité n’est pas le profit financier mais le bénéfice social et sociétal (amélioration de la qualité de vie).

Le retour aux monnaies nationales non convertibles si ce n’est dans une Unité de Compte Commune avec les pays voulant éventuellement participer à cette « monnaie commune » ;

La  mise en place du 100% monnaie (SMART / Système Monétaire A Réserve Totale) suivant la ligne Allais/Gomez (les banques doivent éclater en 3 entités), mâtiné d’une « philosophie » néochartaliste et post keynésienne afin d’éradiquer le chômage autant que faire se peut, en considérant que lorsque la production privée est en panne c’est la production publique qui doit prendre le relais ;

La fin de l’indépendance de la Banque de France, en donnant au Parlement et au Gouvernement, sous contrôle démocratique, leurs prérogatives souveraines; celles de décider, lors du vote du Budget, de l’émission au bénéfice exclusif du Trésor Public (la collectivité) de la monnaie nécessaire pour satisfaire aux besoins collectifs et de l’utilisation de cette nouvelle monnaie.

 

CNR 2 – Nice le 25/05/2013

A-J Holbecq

 

Auteur (ou co-auteur avec Philippe Derudder) de :
– «Un regard citoyen sur l’économie » -« Une alternative de société :l’écosociétalisme »  – « Les 10 plus gros mensonges sur l’économie » – « La dette publique, une affaire rentable » – « Argent, dettes et banques »- « Une monnaie nationale complémentaire » « Pour que l’argent serve au lieu d’asservir ! ».


269 – Derudder – Holbecq: Manifeste…

24 janvier 2013

Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir !

Une Nation souveraine a le pouvoir et la légitimité d’émettre sa propre monnaie. Dette et austérité sont des choix idéologiques.

Savez-vous que:

-  Les intérêts de la dette publique absorbent la totalité de l’impôt sur le revenu !

-  La BCE a prêté 1000 milliards aux banques mais refuse de prêter aux États pour alléger leur fardeau !

-  Le retour du droit de création monétaire par la Banque Centrale au service des États leur éviterait de dépendre de la spéculation et leur permettrait de financer les urgences sociales et écologiques !

Au lieu de cela en Grèce des familles en sont réduites à abandonner leurs enfants. En France des postes sont supprimés dans la fonction publique et les emplois disparaissent dans les entreprises. Vos revenus diminuent, on vous oblige à travailler plus longtemps, on ferme des hôpitaux, des maternités, des tribunaux pour cause de déficit budgétaire. Peut-être vous interrogez-vous, êtes-vous choqué, dépassé ?

Pourquoi sauver les banques et non pas les peuples ?

Pour beaucoup d’entre nous, c’est parfaitement incompréhensible ! Mais c’est malheureusement l’ignorance dans laquelle les populations sont tenues en matière de fonctionnement du système monétaire qui permet de telles aberrations. Bien sûr on peut se dire que tout cela nous dépasse ou que l’on n’y peut rien à notre niveau. Détrompez-vous ! Nous pouvons non seulement résoudre la question de la dette publique, mais en plus nous donner les moyens de financer les immenses chantiers à mettre en œuvre pour permettre à tous une réelle amélioration de la qualité de la vie.

Pure utopie pensez-vous ? Certainement pas !

Contrairement à ce que croient encore certains, ce ne sont pas les États qui émettent la monnaie, mais le système bancaire privé, simplement lorsqu’il accepte une demande de crédit.

-  Depuis longtemps, les monnaies ne sont plus liées à un bien réel, même le dollar dont la convertibilité en or a été supprimée le 15 août 1971, ce qui les rend totalement virtuelles; leurs quantités sont donc potentiellement illimitées et seules les règles définies par les hommes eux-mêmes en limitent l’émission.
-  Depuis novembre 1993, l’article 104 du Traité de Maastricht (l’actuel article 123 du traité de Lisbonne) interdit à la BCE ou aux Banques Centrales nationales d’accorder un quelconque crédit aux institutions ou organes publics. Et toute l’Europe est dans la même situation. Cela conduit les États à s’endetter pour obtenir, au prix fort auprès de la finance privée, la monnaie dont ils avaient, s’ils le souhaitaient, le pouvoir d’émission antérieurement !

-  C’est ainsi que dans notre pays, de début 1995 à fin 2011 la dette a augmenté de 1150 milliards d’euros. Pendant ce temps nous avons payé (et donc dû emprunter), au seul titre de l’intérêt, plus de 815 milliards d’euros.

Aujourd’hui, pour seulement payer les intérêts, c’est un endettement supplémentaire de plus de 130 millions d’euros par jour. Au final, si nous n’avions pas eu à payer d’intérêts, nous n’aurions qu’une dette publique très faible ne dépassant pas 35% du PIB (Produit Intérieur Brut). Mieux, nous aurions pu, sans risque d’inflation, émettre nos besoins annuels de trésorerie et financer ainsi nos déficits, au lieu de laisser les banques commerciales s’en charger contre intérêt !

Ensemble disons « ça suffit ! »

Réclamons qu’au minimum la Banque Centrale Européenne (ou la Banque de France si nécessaire) puisse disposer du droit d’émission monétaire et de crédit au bénéfice des collectivités – État, Régions, Départements et Communes – pour financer les investissements nécessaires et raisonnables décidés démocratiquement par la collectivité. C’est aux instances représentatives de la Société de décider, après avis des organismes publics concernés, du montant d’émission monétaire imposé à la Banque Centrale. En situation de sous-emploi et de pénurie, alors que les compétences humaines, les ressources naturelles et la volonté sont présentes, l’argent, toujours issu d’une simple ligne d’écriture, ne peut et ne doit pas manquer. Dans ce cadre, une émission monétaire n’est pas inflationniste.

Nous demandons donc aux pouvoirs politiques d’accéder aux demandes suivantes : Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l’Eurozone, la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, sans échéance et sans intérêts, directement au bénéfice de la collectivité et non à celui des seules banques – en particulier, pour financer la mutation qu’exige le défi technique, social et écologique de notre époque, la recherche, un enseignement ainsi qu’un système de santé de qualité et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l’amélioration collective durable de la qualité de la vie. Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être revus en conséquence.

A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, le gouvernement français doit opérer une reprise du droit collectif (donc national) d’émettre la monnaie, éventuellement par émission d’une monnaie nationale complémentaire à l’euro, quitte à se mettre en dissidence à l’égard de l’UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir un modèle d’inspiration des autres Nations.

Tous ces points et bien d’autres sont expliqués et développés dans un petit livre (moins de 100 pages) écrit par Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, et que vous trouverez chez votre libraire habituel ou directement aux éditions Dangles 
manifeste-pour-que-l-argent-serve-au-lieu-d-asservir-de-philippe-derudder-926297297_ML

Aidez-nous, aidez-vous, aidons nos concitoyens à faire connaître ce manifeste  et ses propositions, afin que le sujet sorte enfin de l’ombre. Pour soutenir cet appel, faites le circuler par tous moyens à votre disposition :

- En premier à tous vos contacts, car si les choses sont ainsi, c’est qu’elles sont totalement ignorées par la plupart d’entre nous. Comment guérir d’un mal dont on ignore la cause ? Ce sujet doit être exposé au grand jour sur la place publique car ce n’est que par la pression populaire que la classe politique bougera.
– En écrivant aussi directement à votre député et à votre sénateur. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d’individus, d’associations, de groupes ou d’organismes citoyens. C’est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l’avenir des Peuples et de la Planète, soit enfin connue d’eux et qu’ils puissent la traiter.
Pour ce faire vous pouvez :

Soit télécharger le document et l’imprimer pour l’envoyer par la poste


Soit choisir l’envoi par courriel :

  • Si c’est à destination de votre réseau de contacts, transférez simplement ce message en prenant soin de poster «  Cci » afin que les adresses des destinataires ne puissent être téléchargées et utilisées par des personnes malveillantes.
  • Si c’est pour un élu, c’est la même procédure mais seul le manifeste sans l’invitation à action est à mettre en pièce jointe et le texte d’accompagnement proposé est différent : (1) Pour télécharger et enregistrer le manifeste cliquez ici , (2) Pour un courriel, cliquez ici.

Note : Pour les envois aux élus, nous vous recommandons de le faire plutôt par courrier postal.. Mais si vous choisissez de le faire par courriel, vous trouverez les adresses de vos élus par département (députés, sénateurs, eurodéputés) ici. Un simple copier/coller de l’adresse et le message sera prêt à partir.


264 – Un message de Philippe Derudder

17 décembre 2012

Je vous transmets un message de Philippe Derudder

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Bonjour toutes et tous

Depuis quelques années, j’ai pris l’habitude de partager avec vous quelque chose pour célébrer la fin de l’année et le commencement de la nouvelle; une réflexion, un texte… Cette année je veux vous offrir un film sur lequel je travaille depuis un an avec l’aide précieuse de quelques amis.
Ce film s’intitule : « La monnaie, du pouvoir d’achat au pouvoir d’être« 
Vous savez que depuis 20 ans j’ai consacré une bonne partie de ma vie à tâcher de comprendre pourquoi l’humanité, en dépit des connaissances et technologies phénoménales dont elle dispose aujourd’hui, reste toujours incapable à établir des conditions de vie de suffisance et de dignité pour tous. Pire, que ce XXIéme siècle s’ouvre sur une crise majeure dont on ne peut encore mesurer l’ampleur des souffrances qu’elle engendrera, est une insulte à l’intelligence.

Sans prétendre détenir la vérité, je partage dans mes livres, conférences et ateliers le fruit de mes recherches et celui de mon propre cheminement; mais cela reste limité. L’idée m’est donc venue d’offrir dans un film une synthèse de ce que j’ai identifié comme étant le fond du fond des problèmes actuels débouchant sur le constat enthousiasmant que tout est là pour réaliser ce monde de suffisance et de dignité, si nous le voulons.
Mais une chose me semble certaine: Pour le moment, l’impasse se referme sur nous car la classe dirigeante mondiale fait tout pour maintenir en place ce qui assure son pouvoir et sa fortune tandis que les peuples s’agitent pour dénoncer ce qu’ils ne veulent plus, sans toutefois savoir  vraiment ce qu’ils veulent, tant le conditionnement qu’ils ont subi étouffe l’imaginaire. Ceci me pousse à croire que la solution est entre les mains des citoyens de ce monde, à condition de les aider à se libérer du conditionnement qui les tient prisonniers

C’est pourquoi mon objectif est que ce film soit le plus possible regardé afin d’informer et d’aider à comprendre que nos problèmes, pourtant vitaux, n’ont que l’épaisseur d’une pensée. Ainsi ai-je choisi de le diffuser gratuitement sur youtube et en trois langues : français, anglais et espagnol.

Pour le moment, seule la version française est disponible. Les deux autres ont encore besoin d’un peu de travail. Toutes les personnes qui l’ont déjà vu l’ont hautement apprécié, mais comme il est riche en informations, elles m’ont conseillé de le découper  en séquences d’une dizaine de minutes chacune. Vous le trouverez donc sous forme de 7 séquences

1/7 –

2/7 –

3/7 –

4/7 –

5/7 –

6/7 –

7/7 –

… je vous invite à le regarder, à votre rythme, et si vous estimez que les informations et messages contenus peuvent contribuer utilement à relever le défi qui est le nôtre, alors merci d’en diffuser le lien à tous vos réseaux et connaissances. Dès que les versions espagnoles et anglaises seront prêtes je vous le dirai aussi pour que vous puissiez prévenir les contacts que vous avez dans les pays parlant ces langues. Ce faisant, pensez à demander à vos contacts  d’en diffuser le lien à leur tour afin que l’effet boule de neige puisse agir.

Maintenant si vous avez envie d’acquérir  la vidéo (contenant le film sous deux formes : séquencée et non séquencée), vous pouvez le commander en ligne sur le site aises.
http://aises-fr.org/260b-liv-monnaie-FR%20achat.html
Il est libre de tous droits de sorte que vous avez l’autorisation de le projeter en public si vous le souhaitez.
Comme vous le comprendrez, nous ne  demandons que le paiement des frais de fabrication, d’emballage et de poste.
Nous apprécierons toutefois une adhésion  ou un don à notre association (bien sur facultatifs) pour nous aider à poursuivre notre action.
http://aises-fr.org/104-adhesion.html

J’espère que ce film contribuera à ouvrir vos horizons. 2012 s’achève. On parle bcp de fin du monde, ou de fin d’un monde. Si l’ancien monde se meurt effectivement, un nouveau est en train de naitre, et beaucoup d’entre nous, souvent sans le savoir, en sont déjà les accoucheurs. J’espère que ce film facilitera cet accouchement.

Bonne fin d’année, joyeuses fêtes et mes meilleurs vœux pour la nouvelle année qu’il nous appartient de rendre belle, chacun à notre niveau.


262 – Déflation par la dette

27 novembre 2012

La danse de l’euro

26-11-2012

Dans le cadre de la mise en place de l’Union européenne, des quotas stricts en matière de dépense publique furent arrêtés tout en éloignant des États membres toute possibilité et toute tentation d’exploiter les vertus de la création monétaire. Pour ce faire, une Banque centrale européenne fut mise en place selon un modèle en déconnexion totale avec les politiques budgétaires et fiscales des membres. Autiste, la Banque centrale européenne le fut dès le départ. Les fondateurs de cette Europe ultralibérale considéraient (à la suite de Milton Friedman) que l’argent est tellement suspect que son usage doit être strictement surveillé par un organisme sur lequel les États – pourtant souverains – n’auraient aucun droit de regard. L’argent était cette boîte d’allumettes que l’on enlève à l’enfant, non sans le réprimander.

Ce contre-exemple européen est aujourd’hui particulièrement éloquent car on se rend compte que, ce faisant, tous les ingrédients d’une conflagration pire encore que celle de la Grande Dépression furent volontairement mis en place. Alors qu’il est tout à la fois naturel et légitime que l’État use de l’argent comme levier vis-à-vis de l’activité économique, pour subvenir aux besoins de certains groupes sociaux, pour faire payer (ou contribuer) d’autres, ou pour monopoliser des ressources. Cet acte lourd et fondamental de « monétisation » est donc omniprésent dans l’expression de l’État. En période de crise, seul l’État en effet donc nager à contre-courant en affichant plusieurs lignes de défense.

Sa banque centrale peut ainsi accorder des prêts sans limite aux établissements financiers qui subissent une dévalorisation de leurs investissements et des retraits massifs de leurs dépôts. En outre, la banque centrale agit à un autre niveau qui consiste à racheter les actifs à risques et ceux dont plus personne ne veut, jusque-là détenus par les banques et par les entreprises. Le but étant d’éviter le mal absolu qu’est la « déflation par la dette » décrite par Irving Fisher. L’utilisation par la banque centrale de sa monnaie prévient la vente généralisée des actifs, des titres et autres valeurs de la part d’opérateurs en mal de liquidités. Ventes qui provoqueraient une spirale baissière affectant toute la classe des investissements. La banque centrale peut enfin mettre à disposition du Gouvernement les sommes pour assurer la relance de la demande agrégée, avec un impact bénéfique sur la croissance. Seule cette « danse du dollar », pour reprendre l’expression significative de Fisher, étant à même d’assurer la reprise économique.

Pourtant, les États ont été persuadés par les « experts » qu’ils ne pouvaient strictement plus se permettre de dépenser plus. Pendant que les économies dépérissaient et que les gouvernements européens étaient menottés par leurs déficits, les interventions de la BCE se limitaient donc à leur plus stricte expression contre toute attente et en dépit du bon sens. Car une banque centrale n’est restreinte par aucune limite dans sa faculté de création d’argent, quand un gouvernement peut au même moment se retrouver à court de fonds sans être en mesure de sauver son économie. Un État qui refuse de faire appel à sa banque centrale ne peut donc invoquer aucun prétexte légitime le prévenant de redresser son activité économique et de rétablir l’emploi.

C’est pourquoi il est crucial de comprendre comment ce monopole de création d’argent fonctionne et comment il peut – et doit – être mis au service de l’intérêt général. En l’absence de cette détermination, l’action de l’État est inefficace, ou ne l’est que pour une minorité. Ce qui dégénère en « pauvreté au milieu d’abondance », pour reprendre les termes de Keynes, qui illustrait parfaitement son propos en décrivant un contexte « où les maisons viennent à manquer mais où nul ne peut habiter dans celles qui existent par manque de moyens » !

L’État doit donc mettre l’ensemble de ses ressources et de ses possibilités – y compris monétaires, bien sûr – au service de la nation. À cet effet, les déficits publics ne doivent rencontrer aucun obstacle ni aucune limite, si ce n’est l’accomplissement de la raison même d’exister d’un État, à savoir le rétablissement du plein emploi et la stabilité des prix. Les dettes font donc partie intégrante du fonctionnement et du train de vie d’un État.

Extrait de « Splendeurs et misères du libéralisme », éd. L’Harmattan

 


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