228 – A-J Holbecq : soldes budgétaires 1959 -2010

2 février 2012

Dans ma manière de voir la dette publique  je considère comme un préalable que l’Etat ne devrait pas avoir d’intérêts à payer (seuls donc les soldes primaires nous intéressent, nonobstant les ventes ou achat d’actifs qu’il faudrait sans doute intégrer).

Il me semble que nous faisons tous souvent des “arrêts sur image” mais en fait il y a continuation totale des éléments comptables entre le 31 décembre et le début de l’année suivante. Les soldes primaires sont donc “transférés” sur l’année qui suit et de même les années qui suivent. Ils augmentent cette “pelote” s’ils sont positifs et la diminuent s’ils sont négatifs. Le cumul me semble bien montrer quelle serait la “dette réelle” (en fait notre besoin de monétisation cumulé) si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer.

C’est bien la croissance qui a permis à ce solde final négatif de 65 Md€ en 2008 (et de 250 Md€ en 2010) de ne pas être plus important. Disons qu’avec plus de croissance (mais aussi plus d’impôts ou moins de dépenses) il aurait été insignifiant ou au contraire aurait permis le maintiens d’une “pelote”, trésorerie positive des APu.

Venons-en au fait …

Définition: un déficit primaire désigne la situation du budget d’un pays qui enregistre un déficit avant même le paiement des intérêts de sa dette.
On a donc : déficit (besoin de financement) – intérêts = déficit primaire
ou, parce que les budgets ne furent pas systématiquement déficitaires, solde budgétaire (capacité ou besoin de financement) – intérêts = solde primaire

Il est impossible pour le moment de trouver les antériorités de la dette avant 1979 où les données démarrent à 82,8 Md€ courants, soit 243 Md€ constants 2010, et 21% du PIB

L’INSEE fournit par contre les soldes budgétaires depuis 1959 en pourcentage de PIB
D’autres données (qu’on retrouve dans l’étude d’Attac Rhône)  permettent d’approcher le montant des intérêts versés toujours en pourcentage de PIB
De là on trouve facilement le montant des soldes primaires des APu (Administrations Publiques)

Nous essayons de démontrer les cumuls de soldes primaires, c’est à dire les cumuls des soldes des budgets primaires (recettes – dépenses sans intérêts), sont les seuls représentatifs des besoins réels des administrations publiques dans un contexte où l’État ne doit pas payer d’intérêts, soit parce qu’il équilibre les recettes dépenses depuis très longtemps, soit parce qu’il monétise ses besoins de trésorerie.
Voici à télécharger le fichier excel à l’origine de ces graphiques:  soldes budgétaires APU 1959-2010 -22012012(v2).xls

soldes_APu_1959_-_2010.png

Évolution des soldes primaires et du cumul des soldes primaires en euros courants
(il s’agit évidemment de milliards d’euros )

cumul_soldes_APU_1959-2010_-courant.png

En conclusion:

Devant les déficits bruts, nous avons plusieurs choix:

1-  diminuer les dépenses, ce qui équivaut à diminuer la répartition et la solidarité et va nous emmener tout droit dans la récession.
2- augmenter les recettes, mais la France détient le record du monde de taxation sur les revenus du capital ( près de 39,5 % ). Reste l’imposition des autres revenus (salaires
3- s’affranchir du paiement des intérêts de la dette. Il est probable que nous puissions assez vite revenir à un équilibre des soldes primaires en jouant légèrement sur 1 et 2. Vouloir faire une politique d’équilibre et de stabilisation de la dette publique, alors que nous devons trouver (c’est à dire emprunter) chaque année 50 milliards d’euros  rien que pour celà, est une aberration!



184 – Fainéants…

6 juin 2011

D’après Natixis

Les allemands travaillent-ils plus que les européens du Sud ?
Non, ils travaillent beaucoup moins, et pas plus intensément

La chancelière A. Merkel a mis en avant la faible durée du travail des Européens du Sud comme une des sources importantes de leurs problèmes économiques ; en effet, elle avance qu’il faudrait harmoniser la durée des vacances, l’âge de la retraite, pour que les pays du Sud de la zone euro « méritent » le soutien de l’Allemagne.
Nous comparons d’abord la durée du travail en Allemagne et dans les pays du Sud de la zone euro (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce), sur l’année et sur la vie.
Nous regardons ensuite quels autres facteurs que la durée du travail peuvent expliquer l’écart de situation économique entre l’Allemagne et le pays du Sud de la zone euro : productivité, spécialisation productive, coût du travail, épargne ; qualité de la main-d’oeuvre.
Nous montrons :
- que les allemands travaillent beaucoup moins (sur l’année, sur leur vie) que les européens du Sud ; ils ne travaillent pas non plus, plus intensément ;
- que la performance économique supérieure de l’Allemagne s’explique surtout par l’effort d’innovation et par le taux d’épargne plus élevé des ménages et des entreprises.

Le tableau 1 montre que la durée annuelle du travail est beaucoup plus faible en Allemagne que dans les autres pays (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ; les tableaux 2 a – b montrent que si l’âge légal de la retraite est tardif en Allemagne (65 ans et dans le futur 67 ans), l’âge effectif moyen de départ à la retraite est le même en Allemagne qu’en Espagne, au Portugal ou en Grèce.

Les graphiques 6 a – b montrent que la performance de productivité par tête de l’Allemagne est dans la moyenne des pays du « Sud » ; celle de productivité horaire est au-dessus de la moyenne, mais pas meilleure que celle de la France ou de la Grèce.


171 – Balances des transactions en 2010

8 mai 2011

Les graphiques sont ceux de l’excellent site: http://eco-france.over-blog.com/

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La balance des transactions courantes représente les flux d’argents qui rentrent et sortent du pays. On la subdivise en quatre “sous balances” :
1 – balance des échanges de biens (commerce extérieur),
2 – balance des échanges de services
3 – balance des revenus
4 – balance des transferts courants

1 – La balance du commerce extérieur est à -55 milliards d’euros sur un an, avec un secteur industriel sinistré :

Wikipedia

La balance commerciale d’un pays est l’élément de comptabilité nationale qui répertorie et résume ses exportations et importations de biens, et de services marchands (on parle de la balance des biens et services). Toutefois, dans certaines nomenclatures, dont la comptabilité nationale française, le terme de balance commerciale est limité aux échanges de biens, hors services.

Les biens et services marchands peuvent comprendre : biens manufacturés, matières premières, produits agricoles (tous inclus dans la balance commerciale), voyages et transport, tourisme, prestations de sociétés de service et de conseil , (parfois exclus),…

Le solde de la balance commerciale est la différence entre les valeurs des exportations et des importations de biens et de services. Une balance commerciale positive signifie que le pays exporte plus de biens et services qu’il n’en importe : on parle alors d’« excédent commercial » ou de « balance excédentaire ». Quand elle est négative, on parle de « déficit commercial ».

2 – La balance des échanges de services (dite aussi balance des invisibles) la différence entre la somme des services exportés et la somme des services importés. On retrouve par exemple dans cet agrégat les revenus issus du tourisme (logement, transport, etc.), les revenus issus de la vente des licences.

La balance des échanges de service est étroitement liée au secteur tertiaire et ne montre plus qu’un un excédent en baisse à +11,5 milliards d’euros sur un an :

3 – La balance des revenus  permet de mesurer les échanges de revenu (salaires versés ou reçus de l’étranger, revenus tirés des investissements à l’étranger ou versés aux étrangers ayant investi dans le pays).  Elle se redresse (+29,3 milliards d’euros) car certains pays renouent avec la croissance et les investisseurs en profitent :

4 – La balance des transferts courants: l’argent continue de sortir du pays, avec -26 milliards d’euros sur un an pour la balance des transferts courants :

Au global, une balance des transactions courantes déficitaire

La balance des transactions courantes retrouve presque son plus bas de 2008, à -40 milliards d’euros sur un an :

Sur le long terme n’est pas une bonne chose. Cela signifie qu’on doit toujours plus d’argent à l’étranger, et qu’on en devient donc de plus en plus dépendant. C’est toute la différence entre l’Espagne et le Japon. Avec un taux d’endettement incroyablement haut, l’état japonais n’a aucun mal à se financer, car les devises rentrent en masse dans le pays. Au contraire, avec un faible niveau d’endettement (relatif), l’Espagne doit emprunter à l’exterieur à des taux prohibitifs car sa balance des transactions courantes est catastrophique

Balance des transactions courantes en dollars et % de PIB (2008):


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