184 – Fainéants…

6 juin 2011

D’après Natixis

Les allemands travaillent-ils plus que les européens du Sud ?
Non, ils travaillent beaucoup moins, et pas plus intensément

La chancelière A. Merkel a mis en avant la faible durée du travail des Européens du Sud comme une des sources importantes de leurs problèmes économiques ; en effet, elle avance qu’il faudrait harmoniser la durée des vacances, l’âge de la retraite, pour que les pays du Sud de la zone euro « méritent » le soutien de l’Allemagne.
Nous comparons d’abord la durée du travail en Allemagne et dans les pays du Sud de la zone euro (France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce), sur l’année et sur la vie.
Nous regardons ensuite quels autres facteurs que la durée du travail peuvent expliquer l’écart de situation économique entre l’Allemagne et le pays du Sud de la zone euro : productivité, spécialisation productive, coût du travail, épargne ; qualité de la main-d’oeuvre.
Nous montrons :
- que les allemands travaillent beaucoup moins (sur l’année, sur leur vie) que les européens du Sud ; ils ne travaillent pas non plus, plus intensément ;
- que la performance économique supérieure de l’Allemagne s’explique surtout par l’effort d’innovation et par le taux d’épargne plus élevé des ménages et des entreprises.

Le tableau 1 montre que la durée annuelle du travail est beaucoup plus faible en Allemagne que dans les autres pays (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ; les tableaux 2 a – b montrent que si l’âge légal de la retraite est tardif en Allemagne (65 ans et dans le futur 67 ans), l’âge effectif moyen de départ à la retraite est le même en Allemagne qu’en Espagne, au Portugal ou en Grèce.

Les graphiques 6 a – b montrent que la performance de productivité par tête de l’Allemagne est dans la moyenne des pays du « Sud » ; celle de productivité horaire est au-dessus de la moyenne, mais pas meilleure que celle de la France ou de la Grèce.


159 – Natixis: restructuration dettes publiques… conséquences

19 mars 2011

Issu de Natixis 15 mars 2011 – N°. 205

Qui devra supporter le coût des défauts souverains probables dans la Zone Euro ?

En l’absence de fédéralisme et de transferts de revenus des pays de la Zone Euro ayant des excédents extérieurs vers les pays ayant des déficits extérieurs, il est très probable que les pays en difficulté qui ont des taux d’endettement publics élevés devront finalement faire défaut sur leurs dettes publiques (les restructurer), même si cette échéance est retardée par les mécanismes de soutien mis en place.

En se plaçant volontairement du point de vue de l’efficacité économique, et non de l’équité, est-il préférable que le coût de ces défauts (restructurations) soit supporté par les prêteurs privés (investisseurs institutionnels, banques) ou  de  manière  collective par l’ensemble  des  États  (ce  qui est évidemment une forme de fédéralisme).

Nous pensons que faire supporter le coût par les prêteurs privés (ce qui est clairement la position de l’Allemagne) fera   finalement   intervenir   les   Etats   pour   venir à   l’aide   des intermédiaires financiers,  fait courir le risque  d’une nouvelle  crise économique (perte  de richesse, rationnement du crédit) et ne permet pas de lisser dans le temps le coût du défaut.

Le problème est maintenant bien connu. La spécialisation productive dans les services non exportables de certains pays de la Zone Euro conduit à ce qu’ils aient un déficit extérieur chronique (graphique 1), puisque leur industrie (et leurs services exportables) est devenue de petite taille. S’ils ont un déficit extérieur chronique, il faut qu’un groupe d’agents économiques de ces pays s’endette continument pour financer ce déficit, et il s’agit aujourd’hui du secteur public (graphique 2)


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