197 – Résumé explicatif du 100% monnaie

26 juillet 2011

Notre ami André-Jacques Holbecq a écrit un billet paru sur le blog  "Financer l’avenir" de la Fondation pour la Nature et l’Homme,  résumé explicatif du "100% monnaie"
Vous le trouverez ici: http://financerlavenir.fnh.org/billet-invite/la-proposition-cent-pour-cent-monnaie-andre-jacques-holbecq/


132 – La théorie quantitative de la monnaie

26 octobre 2010

Extraits wikipédia

La théorie quantitative de la monnaie est une théorie économique fondée sur la relation de causalité entre la quantité de monnaie en circulation et le niveau général des prix. Cette théorie a été développée par différents auteurs dans différents pays. Les théories monétaires s’opposent sur le rôle de la monnaie dans l’économie. Les classiques et néoclassiques considèrent que la monnaie est neutre, les keynésiens affirment que la monnaie est active et qu’elle peut être utilisée pour améliorer les performances économiques, et les monétaristes pensent que la monnaie est active, mais que son utilisation est surtout nocive à l’économie.

MV = PT

Selon les monétaristes, la vitesse de circulation de la monnaie (V) est constante. De même pour le niveau de production (T) qui est supposé constant du fait de la situation de plein-emploi des facteurs de production dans l’économie. Selon ces deux hypothèses, toute augmentation de la quantité de monnaie (M) entraîne une augmentation des prix (P). Cela amène les monétaristes à penser que l’inflation n’est qu’un phénomène purement monétaire. S’il y a de l’inflation dans une économie, elle ne peut être due qu’à une création monétaire excessive par rapport au niveau de production du pays. La monnaie ne serait qu’un voile, c’est-à-dire que la sphère réelle de l’économie serait séparée de la sphère monétaire. La monnaie n’aurait aucun effet sur le niveau de production d’une économie (dichotomie classique).

Extraits du livre de Dominique Plihon « La monnaie et ses mécanismes »

La théorie quantitative de la monnaie (TQM) explique la hausse des prix par une émission excessive de monnaie par rapport à la production.

Soit M la masse monétaire, P les prix, T les quantités échangées pendant l’année et V la vitesse de circulation de la monnaie (nombre de paiements que chaque unité monétaire effectue en moyenne pendant l’année).

L’équation des échanges MV = PT, énoncée par l’économiste américain Fisher (1867-1947), est une évidence comptable : par définition, la valeur des transactions (c’est-à-dire les prix P multipliés par les quantités T, autrement dit une grandeur qui évolue comme la valeur de la production) est égale à la quantité d’unités monétaires (M, la masse monétaire) multipliée par le nombre moyen de paiements effectués par chaque unité.

La théorie quantitative soutient que :

-  T est exogène (T ne peut atteindre qu’un seul niveau parce que les « lois du marché » sont censées garantir le plein emploi des ressources, notamment du travail) ;

-  V est exogène (dépend des habitudes et des institutions) ;

- dans ces conditions, le niveau de M détermine le niveau des prix P et, si M augmente (par exemple, par suite de la création monétaire des banques), P augmente dans les mêmes proportions.

En conséquence, le niveau général des prix dépend directement et uniquement de la masse monétaire. Pour contrôler l’inflation, il suffit que la banque centrale contrôle l’évolution de la masse monétaire.

Selon la théorie quantitative, la monnaie est neutre : elle n’agit pas sur le niveau de la production et des échanges. Cette théorie correspond à une conception dichotomique de l’économie (séparation des phénomènes réels et des phénomènes monétaires).

Mais en fait la monnaie n’est pas neutre

On peut représenter la circulation de la monnaie dans l’économie par un schéma, comprenant trois pôles (les trois agents principaux : banques, entreprises, ménages) et six flux décrivant les opérations économiques de base qui se déroulent en deux périodes :

- première période (flèches rouges) : les entreprises cherchent à produire ; pour atteindre cet objectif, elles doivent résoudre un problème lié à un décalage inévitable entre leurs dépenses et leurs recettes : il leur faut obtenir des ressources pour engager la production (embaucher des travailleurs) avant de disposer des recettes liées à la vente de leur produit. Le rôle des banques est de prêter (1) aux entreprises pour leur permettre de combler ce décalage entre recettes et dépenses ; puis les entreprises vont payer les salaires (2) aux travailleurs ; enfin, ces derniers laissent leurs revenus en dépôt auprès des banques (3);

- deuxième période (flèches bleues) : les ménages utilisent leurs dépôts bancaires comme moyens de paiement (4) pour acheter des biens de consommation auprès des entreprises (5) ; ces dernières utilisent ces ressources pour rembourser leurs emprunts (6) auprès des banques.

Le circuit monétaire est bien bouclé : la création monétaire initiale, nécessaire pour amorcer le démarrage du circuit économique par la production des entreprises, se traduit in fine par une destruction de la monnaie créée au départ.

Plusieurs conclusions se dégagent de cette analyse en termes de circulation de la monnaie:

- Les banques ont une double fonction essentielle dans l’économie : d’une part, elles financent les agents économiques, et d’autre part, elles gèrent les moyens de paiement. Ces deux fonctions sont simultanées et indissociables, comme l’illustre le célèbre adage selon lequel «les crédits font les dépôts».

- Lorsqu’une banque accorde un crédit à une entreprise, cette opération se traduit immédiatement par deux écritures au bilan de la banque : le prêt accordé apparaît à l’actif, et le montant des liquidités ainsi créées figure au passif de la banque car elles constituent un dépôt dans cette banque sur le compte de l’entreprise emprunteuse ;

- La création monétaire est le privilège des banques : celles-ci créent de la monnaie en «monétisant» leurs créances et en émettant des dettes qui ont la particularité d’être acceptées comme moyens de paiement. La plupart du temps, les créances bancaires correspondent à des crédits : il s’agit de la monnaie de crédit, créée ex nihilo par les banques à l’occasion de leurs prêts.

- La monétisation de leurs créances par les banques ne se limite pas aux crédits bancaires, mais peut également concerner des créances détenues par les banques sous forme de titres financiers (actions, obligations). L’évolution de la masse monétaire résulte du décalage entre la création et la destruction de monnaie lié aux opérations de prêt et de remboursement (de même que la population évolue en fonction de la différence entre naissances et décès).

- Dans une économie en croissance, dépenses et recettes des agents économiques progressent ainsi que leurs besoins de financement, ce qui amène une augmentation de la monnaie de crédit, les nouveaux crédits étant supérieurs aux anciens crédits venant à échéance ;

- La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l’économie : elles sont endogènes l’économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l’offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises). La création monétaire est déterminée par le niveau de l’activité économique. Par leurs prêts, les banques permettent aux entreprises d’anticiper sur leurs revenus à venir. Elles partagent de ce fait les risques pris par les entreprises et qui sont liés à l’incertitude du futur. Les banques et la création monétaire jouent donc un rôle actif dans le développement de l’activité économique : la monnaie n’est pas neutre.

Cette conception de la monnaie et de son rôle dans l’économie est à l’opposé de celle défendue par la théorie quantitative de la monnaie

 

Comme l’écrit Jean Bayard

Mais, enfin, où est l’inflation aujourd’hui dans nos pays dits "civilisés" ? Les banques centrales n’ont jamais déversé autant de monnaie, fabriqué ex-nihilo, pour une inflation et des taux d’intérêt voisins de zéro. Elles ne maîtrisent rien du tout, cela devrait se voir tellement ça crève les yeux. Mais, elles font semblant et ça marche.

Qu’il soit le fait de causes naturelles ou artificielles : tout déséquilibre macroéconomique pouvant exister entre l’offre et la demande est la seule cause d’inflation des prix par l’inflation monétaire.

Par déséquilibre entre l’offre et la demande, il faut entendre déséquilibre entre les moyens de production de l’offre et les moyens financiers de la demande.

En fait, la masse monétaire n’a aucune incidence sur les prix dès lors que l’offre et la demande sont équilibrées, c’est-à-dire quand l’offre fournit la demande. Ce qui est le cas dans nos pays industrialisés où la structure et l’outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante et où l’ajustement entre les quantités demandées et les quantités offertes est rapide sinon quasi-instantané (produits agricoles et matières premières exceptés), en raison de l’existence même de puissants moyens de production et d’habitudes de consommation bien connues et maîtrisées.

Et puis, de quelle masse monétaire s’agit-il ? Là, règne la plus grande incertitude. On sait ce que vaut l’agrégat M3 en tant qu’indicateur, servant de référence et de base à l’objectif chiffré de l’inflation et de la croissance, alors qu’il n’existe aucune corrélation entre eux.

La structure et l’outil de production sont généralement bien adaptés à la demande courante. Les systèmes modernes de perception du marché (études de marché, enquêtes de comportement, etc..) n’y sont pas étrangers.

C’est la rareté d’un produit qui fait son prix. La théorie semble l’oublier.

Dans nos sociétés modernes, la véritable cause de la hausse des prix se trouve plus simplement dans l’attitude des entrepreneurs n’hésitant pas à modifier, qui les tarifs, qui les pancartes, qui les étiquettes pour faire leur profit et améliorer leur pouvoir d’achat. Il s’agit-là pour eux de l’une des deux voies qui conduisent au profit, sans doute la plus directe, la seconde étant la réduction des coûts.

Quel que soit l’environnement économique, que l’offre et la demande soient ou non équilibrées, le comportement de l’entrepreneur est la seule cause d’inflation des prix, en l’absence d’inflation monétaire. Et dans nos pays industrialisés, il y a bien longtemps qu’il n’y a plus d’inflation monétaire. Voilà résumé tout ce que la théorie monétariste de l’inflation est incapable de traduire parce qu’elle ne prend pas en compte la réalité.

Il s’est trouvé par le passé et il se trouve encore des situations économiques critiques dans lesquelles l’émission inconsidérée de signes monétaires produit, à coup sûr, la hausse des prix. Ce n’est pas une raison suffisante pour en faire une règle absolue.

 


119 – A-J Holbecq: 100% monnaie sur wikipedia

16 août 2010

J’ai mis sur wikipedia un petit article " 100% monnaie",  mais vu les réactions de certains administrateurs très "libéraux" (hum!) , je crains qu’il ne disparaisse; je le recopie donc ici…

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Le « 100 % monnaie » (100% money) est une proposition initiale de l’économiste américain Irving Fisher de 1935 qui consiste en un transfert de la création monétaire depuis les banques privées vers la banque centrale, en imposant aux banques commerciales des réserves de 100 % des dépôts monétaires.

Ce projet a été fortement défendu par les économistes Maurice Allais, David Ricardo, Milton Friedman ou Ludwig Von Mises et dans une certaine mesure (narrow banking) par James Tobin pour défendre ce qui devrait être une prérogative de l’État et seulement de l’État : l’émission de toute nouvelle monnaie.

Il s’agit d’une réforme radicale du système bancaire fondée sur la dissociation entre la monnaie et le crédit

Rappel

Dans le monde moderne, il existe plusieurs types de monnaie :

  • la monnaie centrale (monnaie de base), créée par la Banque Centrale et prêtée aux banques commerciales. Elle comprend d’une part les espèces (pièces et billets) ou monnaie fiduciaire, mais aussi les réserves obligatoires que les établissements financiers doivent détenir dans une certaine proportion (2 %, dans la zone Euro) du montant des dépôts qu’elles gèrent. Dans la zone Euro, la BCE (Banque centrale européenne) ne peut prêter qu’aux établissements financiers (le « refinancement »), à un taux d’intérêt qu’elle ajuste en fonction de la conjoncture (de 0,5 % à 1 % actuellement), mais la monnaie centrale peut ensuite être achetée par les agents non bancaires sous forme d’espèces ou monnaie fiduciaire.
  • la monnaie scripturale (monnaie secondaire) créée par les banques commerciales, par simple jeu d’écriture lorsqu’elles accordent un prêt à une administration, un particulier ou une entreprise, et qu’elles inscrivent le montant correspondant sur le compte de leur client, sans disposer nécessairement initialement de monnaie centrale ni de dépôts d’épargne. Cette forme de monnaie représente plus de 92 % du montant total des euros comptabilisés en tant que monnaie (Agrégat M3).

Passage au 100 % monnaie : deux mesures qui doivent être prises simultanément

Séparation des banques en trois types distincts selon les fonctions assurées

a – Banques de dépôts; Gestion des moyens de paiement (ces banques n’auraient la possibilité que de gérer la vraie monnaie en dépôts à vue)

b – Banques de prêts ou de financement; intermédiaires entre les épargnants et les emprunteurs

c – Banques d’affaires ou d’investissements; Proposition supplémentaire de Maurice Allais au plan initial d’Irving Fisher

Notes :

  • Tout rapprochement des trois fonctions serait interdit.
  • Il ne faut pas confondre cette proposition avec le Glass-Steagall Act qui distingue deux métiers bancaires et les déclare désormais incompatibles :
    • la banque dont l’activité est celle de dépôts et de prêts, lesquels sont séparés dans la proposition « 100 % monnaie »,
    • la banque d’investissement (investment banking, en anglais), c’est-à-dire les opérations sur titres et valeurs mobilières.

Couverture à 100 % des dépôts à vue par de la monnaie de base dans les banques de dépôts avec le soutien de la Banque Centrale

Les dépôts à vue dans les banques de dépôts devront être couverts à 100 % par de la monnaie de base. La banque Centrale émettra autant de monnaie de base que nécessaire sous une forme à déterminer (achat d’actifs, prêt, don)

Le rôle des banques de prêts serait limité à la seule intermédiation financière Dans leurs opérations de crédit, les banques devraient trouver des ressources à terme pour les financer

Par rapport à la situation d’aujourd’hui, trois points importants

  • D’une part, les ressources à temps des Intermédiaires Financiers ne devraient pas être confondues avec de la monnaie et se différencieraient des caractéristiques de celles d’aujourd’hui soit par une liquidité moindre (Dépôts à terme), soit par des prix de sortie avant l’échéance plus aléatoires.
  • La transformation financière doit être interdite.
  • Les banques de dépôts n’ayant plus les bénéfices de la création monétaire pour se rémunérer, les services monétaires seront payants. Les soldes de dépôts à vue ne pourront pas être considérées comme une épargne, même temporaire. Elles ont à être traitées comme de la « monnaie stockée » utilisé par les agents économiques pour harmoniser leurs flux d’entrée et de sortie de fonds dans le temps. Elles n’ont aucun besoin d’être rémunérées.

Une telle réforme permettrait

  • À l’Etat, donc au peuple dans son ensemble, de bénéficier intégralement des bienfaits des émissions monétaires, aussi bien concernant le choix de la quantité de monnaie en circulation, sa répartition et les intérêts qui représentent des sommes considérables sur les créances détenues par les banques (environ 100 à 120 milliards d’euros par an, pour la France).
  • De mettre fin au chaos monétaire que nos économies capitalistes subissent depuis des siècles.
  • De détruire le lien artificiel et pervers entre création et destruction de monnaie et le mécanisme de crédit bancaire – De permettre à nos économies de procéder à l’inévitable processus de désendettement public et privé sans passer par une phase destructrice de déflation subie ou d’hyperinflation organisée.
  • Que le taux d’intérêt puisse enfin jouer son rôle autorégulateur sur les marchés financiers et ainsi freiner les phénomènes de boom et de dépression.

Liens externes


96 – Irving Fisher, Sam, Jorion, Alexandre et consorts

23 mai 2010

Extraits ( p. 147 et suivantes) de "Les fondements de la théorie bancaire" de Sylvie Diatkine (chez Dunod)

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LE PLAN DE RÉFORME DE I. FISHER

L’idée essentielle consiste à supprimer le lien entre crédit et monnaie. Les banques devront observer un coefficient de réserves de 100%. Tous les comptes de chèques ne pourront faire circuler que de la monnaie déjà « en caisse ». Le but est d’aligner toutes les formes de monnaie bancaire sur les billets ; aller au-delà des principes de l’Act de 1844 en imposant la même règle aux dépôts qu’aux billets. Fisher pense même que le problème des billets n’est plus important puisque la monnaie est principalement composée de comptes de chèques.

La monnaie sera émise par une commission spéciale et gouvernementale ; elle sera remise aux banques contre la partie de leurs actifs qui correspond à leurs prêts. Elle servira donc de réserves aux banques et ne pourra pas, par elle-même, faire varier la circulation monétaire du pays. Il y aura donc substitution de cette monnaie aux titres des banques et à l’avenir, une fois ce processus terminé, un coefficient de réserves de 100 % sera observé à tout moment. Les dépôts étant entièrement reliés aux réserves, tous les instruments de paiement se comporteraient comme les réserves, comme s’il s’agissait d’une circulation de monnaie manuelle uniquement. On retrouve les propositions de l’Ecole de la circulation : une circulation de papier qui se comporte comme s’il s’agissait d’une circulation métallique (des certificats de métal), comme si les réserves métalliques circulaient. Dans le système proposé par Fisher (« 100 % money » à distinguer du système actuel de « 10 % money »), il n’y a plus de différence entre ce qui est monnaie manuelle (monnaie effective) et instruments de crédit qui circulent.

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93 – Irving Fischer : les rouages vicieux…

9 mai 2010

Extrait du site "Révolution monétaire"

Les rouages vicieux de la création monétaire

Dans 100% Money, en 1935, l’économiste Irving Fisher décrit simplement comment l’argent peut être créé et détruit par le système bancaire dans notre système monétaire et comment cela fragilise le système financier et l’économie dans son ensemble. Bien que le temps ait passé, notre système monétaire est aujourd’hui fondamentalement identique à celui du temps de Fisher.


La Banque d’Amsterdam et l’ancien système 100%

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