129 – Les mesures des “économistes atterrés”…

14 septembre 2010

Voici les mesures préconisées (ça vaut Jorion, non ? ;) ) dans le “Manifeste d’économistes atterrés” que vous trouverez en intégralité sur le site de l’AFEP

__________________________

Mesure n°1: cloisonner strictement les marchés financiers et les activités des acteurs financiers, interdire aux banques de spéculer pour leur compte propre, pour éviter la propagation des bulles et des krachs

Mesure n°2: Réduire la liquidité et la spéculation déstabilisatrice par des contrôles sur les mouvements de capitaux et des taxes sur les transactions financières

Mesure n°3: limiter les transactions financières à celles répondant aux besoins de l’économie réelle (ex.: CDS uniquement pour les détenteurs des titres assurés, etc.)

Mesure n°4 : plafonner la rémunération des traders

Mesure n°5: renforcer significativement les contre-pouvoirs dans les entreprises pour obliger les directions à prendre en compte les intérêts de l’ensemble des parties prenantes

Mesure n°6: accroître fortement l’imposition des très hauts revenus pour décourager la course aux rendements insoutenables

Mesure n°7: réduire la dépendance des entreprises vis-à-vis des marchés financiers, en développant une politique publique du crédit (taux préférentiels pour les activités prioritaires au plan social et environnemental)

Mesure n°8: les agences de notation financière ne doivent pas être autorisées à peser arbitrairement sur les taux d’intérêt des marchés obligataires en dégradant la note d’un État : on devrait réglementer leur activité en exigeant que cette note résulte d’un calcul économique transparent.

Mesure n°8bis : affranchir les États de la menace des marchés financiers en garantissant le rachat des titres publiques par la BCE.

Mesure n° 9: Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus.

Mesure n°10: Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage, logement…) ;

Mesure n°11: accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche, d’investissements dans la reconversion écologique… pour mettre en place les conditions d’une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.

Mesure n°12: redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…)

Mesure n°13: supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi

Mesure n°14: autoriser la Banque centrale européenne à financer directement les États (ou à imposer aux banques commerciales de souscrire à l’émission d’obligations publiques) à bas taux d’intérêt, desserrant ainsi le carcan dans lequel les marchés financiers les étreignent

Mesure n°15: si nécessaire, restructurer la dette publique, par exemple en plafonnant le service de la dette publique à un certain % du PIB, et en opérant une discrimination entre les créanciers selon le volume des titres qu’ils détiennent: les très gros rentiers (particuliers ou institutions) doivent consentir un allongement sensible du profil de la dette, voire des annulations partielles ou totales. Il faut aussi renégocier les taux d’intérêt exorbitants des titres émis par les pays en difficulté depuis la crise.

Mesure n°16: remettre en cause la libre circulation des capitaux et des marchandises entre l’Union européenne et le reste du monde, en négociant des accords multilatéraux ou bilatéraux si nécessaire

Mesure n°17: au lieu de la politique de concurrence, faire de « l’harmonisation dans le progrès » le fil directeur de la construction européenne. Mettre en place des objectifs communs à portée contraignante en matière de progrès social comme en matière macroéconomique (des GOPS, grandes orientations de politique sociale)

Mesure n°18: assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens

Mesure n°19 : compenser les déséquilibres de paiements en Europe par une Banque de Règlements (organisant les prêts entre pays européens)

Mesure n°20: si la crise de l’euro mène à son éclatement, et en attendant la montée en régime du budget européen (cf. infra), établir un régime monétaire intraeuropéen (monnaie commune de type « bancor ») qui organise la résorption des déséquilibres des balances commerciales au sein de l’Europe

Mesure n°21: développer une fiscalité européenne (taxe carbone, impôt sur les bénéfices, …) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies et tendre vers une égalisation des conditions d’accès aux services publics et sociaux dans les divers États membres sur la base des meilleures pratiques.

Mesure n°22: lancer un vaste plan européen, financé par souscription auprès du public à taux d’intérêt faible mais garanti, et/ou par création monétaire de la BCE, pour engager la reconversion écologique de l’économie européenne.


112 – Et si on sanctionnait ?

16 juillet 2010

Je ne puis m’empêcher de recopier ici un commentaire du Blog de Nicolas Dupont-Aignan

Le jeudi, juillet 15 2010, 15:00 par patriote

Et si nous aussi on sanctionnait ?
A l’aube d’une période d’austérité et d’un plan de rigueur pour la France, il peut être intéressant de connaître la liste (non exhaustive, tirée du « Nouvel Observateur » n°359 du 21 Janvier 2010) des personnalités qui ont fui fiscalement le pays pour s’installer en Suisse, ou dans un autre paradis fiscal.
S’ils l’ont fait en toute légalité (achat d’une résidence en Suisse, séjour inférieur à 6 mois sur le sol français), il est par contre inadmissible’ que certains d’entre eux continuent à s”immiscer dans la vie politique française, en participant activement aux campagnes électorales, pour soutenir tel ou tel candidat, ou pire, en étant officiellement investi par l’État pour représenter la France à  l’étranger, comme c’est le cas actuellement pour Alain Delon qui est le parrain officiel du pavillon français à l’exposition universelle de Shanghai.

Parmi les plus actifs dans ce domaine, il y a donc Alain Delon,( de Nationalité SUISSE , disant à Shanghai : il faut que les ” Français “se mettent au travail mais aussi Johnny Hallyday (le premier résidant à Genève depuis 1999 et le second à Gstaad depuis 2006), sans oublier Charles Aznavour (résidant à Genève), Patricia Kaas, Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, Marc Levy et Michel Houellebecq.
Parmi les sportifs on peut citer Alain Prost, Jean Alesi, Richard Virenque, et les tennismen Guy Forget, Richard Gasquet, Henri Leconte, Amelie Mauresmo, Gaël Monfils, Cédric Pioline, et Jo-Wilfried  Tsonga qui payent tous leurs impôts en Suisse.

Moins étonnant, mais encore plus scandaleux, des personnalités des affaires qui exercent actuellement (ou ont exercé récemment) un pouvoir politique économique ou financier en France, parmi eux : Antoine Zacharias (Vinci), Claude Berda (AB groupe, TF1), Daniel Hechter (couturier) et Jean-Louis David (salons de coiffure,cosmétiques).

Mais aussi des rentiers et des héritiers, dont les fortunes ont été créées en France, avec la participation de centaines de milliers dÅouvriers français :
- Eric Peugeot, Jean Taittinger (PDG de la société du Louvre, ancien ministre de la justice et député de la Marne), Philippe Hersant (patron de presse du Groupe Hersant), Corinne Bouyques (héritière de la fortune Bouygues), les familles Defforey (Carrefour), Mulliez (Auchan) et Halley(Promodès), tous résidant à Genève ou aux environs.

Si ces gens n¹aiment pas (fiscalement) la France, qu¹ils la quittent et qu¹ils l¹oublient, et surtout qu¹ils n¹en profitent pas quand ils en ont besoin (comme par exemple pour venir s¹y faire soigner).

A tous les français qui vont se serrer la ceinture dans un proche avenir, nous proposons de boycotter les concerts, les disques et les livres de tous ceux qui ne participeront pas à l’effort de solidarité nationale et aux médias, nous demandons de ne plus offrir de tribunes télévisées (pour la promotion de films et de disques) aux artistes concernés et de ne plus faire de sponsoring aux sportifs exilés.

Aux députés nous demandons d’instaurer une loi pour qu’il ne soit plus possible pour un évadé fiscal de venir se faire soigner en France (dans un hôpital public) ni de représenter officiellement la France à l’étranger.


38 – Les limites de la croissance

7 septembre 2009

Parce que le sujet m’intéresse et que je vois apparaitre deux points de vue, je reprends ici les échanges des commentaires du billet 37.

Je pense qu’avant tout il est important de lire les 2 liens données par “ar.blanc” (les résumés des “rapports Meadows”)

ar.blanc dit :
1 septembre 2009 à 18:47 |

Bonjour Jean Bayard

Vous écrivez “Vous avez mis le doigt sur le plus puissant frein de l’activité économique, que la panne actuelle du crédit précipite vers la récession, dont on n’est pas près de sortir.

Je ne pense pas que le problème du crédit soit le vrai problème… les banques offrent du crédit actuellement, mais tous les intervenants hésitent à s’endetter. Bref, pour moi, on ne manque pas d’argent (non, terme mal venu sur ce blog ;) .. disons “monnaie”)

j’ai écrit justement aujourd’hui sur le blog de Jorion (cette fois mes messages, après “modération” plus ou moins longue ont été acceptés) ” Le problème vient plutôt des « limites de la croissance » comme l’a bien montré Meadows (lire : http://www.societal.org/docs/cdr1.pdf et http://www.societal.org/docs/cdr2.pdf ) et on verra toute tentative de relancer la croissance immédiatement suivie (ou précédée) d’une augmentation conséquente du prix des matières premières, de l’énergie et de l’alimentaire, faisant immédiatement retomber cette velléité de croissance.”

  • Jean Bayard dit :
    5 septembre 2009 à 13:57 |

    Bonjour ar.blanc,
    On se tutoie.
    Si ! De mon point de vue, le vrai problème est le crédit, parce qu’il n’y a pas de croissance sans crédit : rappel de la loi macroéconomique définissant l’allure de marche de toute activité nationale: l’épargne fait effet de frein, tandis que le crédit en est l’accélérateur.
    Je doute que les banques offrent du crédit, car elles craignent de ne pas être remboursées. Mais, les agents économiques hésitent à emprunter, les entreprises parce qu’elles n’investissent qu’à la condition que les affaires marchent (ce qui n’est pas le cas actuellement) et les ménages s’endetteraient plus facilement s’ils le pouvaient.
    C’est peut-être une réponse de Normand, mais c’est ma vision actuelle de l’économie.
    L’inondation de monnaie centrale n’a pas les effets supposés, car elle ne sort pas de l’Institut d’émission où elle est enfermée. Elle ne peut s’échanger qu’entre titulaires de comptes ouverts chez lui.
    C’est tout le problème.
    Amicalement à toi
    jean

    • postjorion dit :
    • 5 septembre 2009 à 17:11 |

      Jean

      je m’immisce dans cet échange. Je serais relativement de l’avis d’ar.blanc: Bien sur il n’y a pas de croissance sans crédit, mais ce qu’il(elle?) veut dire, c’est qu’il n’y a plus de possibilités de croissance, avec ou sans crédit, car les “limites (physiques) de la croissance” comme le fait remarquer Meadows, sont largement atteintes et comme le montre les résumés de ces deux livres cités, sauf “miracle” nous sommes devant de vraies impasses.

      • Jean Bayard dit :
        6 septembre 2009 à 09:48
      • Salut postjorion,
        Je ne suis absolument pas d’accord avec toi, pour 2 raisons :
        - la première est vitale : comment accepter que des gens continuent à souffrir de la misère et du chômage ? ils ont les mêmes droits que ceux comme toi et moi mieux nantis,
        - la seconde est que l’esprit humain disposent de ressources incommensurables pour maîtriser la matière.
        Les projections faites par nos têtes pensantes ne prennent pas en compte les ressources futures, ils ne les connaissent pas !
        Amitiés
        jean

25 – Editorial 2

14 juillet 2009

Dans les commentaires du ” temps qu’il fait ” du 10 juillet 2009, Paul Jorion,  à Oppossum qui écrit plus haut “C’est à dire que la duplication de l’argent a bien eu lieu ! C’est à dire qu’il y a à la fois l’argent des dépôts ET l’argent de emprunteurs.” pose la question suivante…

“Cet argent dupliqué peut-il être dupliqué
1) dans deux portefeuilles distincts (dans deux poches revolver) ?
2) dans un portefeuille et dans une reconnaissance de dette ?
3) dans deux reconnaissances de dette ?”

… et il rajoute

“c’est de l’option 1 qu’il faut que vous me convainquiez.
Et vous chers lecteurs, qu’en pensez-vous ?

Mais aussi: qu’est ce que “l’argent” pour Oppossum et Jorion ? seulement les pièces et les billets comme semble l’indiquer “dans deux poches revolver” ? Auquel cas la question en elle même n’a aucun sens… nous ne sommes pas dans un cas de physique quantique et des expériences d’Alain Aspect


0 – Editorial – Pourquoi ce blog?

11 juillet 2009

Bonjour

L’an dernier je me suis intéressée à la monnaie (et à son origine) et j’ai tenté d’en débattre sur le blog de Paul Jorion.

Comme depuis quelques temps, et sans doute parce que je ne suis pas d’accord avec lui, mes messages sont soit modérés (et apparaissent ainsi plusieurs heures après leur postage), ou pour certains totalement censurés (je ne les vois jamais apparaître), je vais tenter ici de poursuivre avec vous les discussions sur ce sujet qui m’intéresse…

Ah; Jorion précise ” (*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite.

Je le reproduis donc ici une fois pour toutes


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