270 – Holbecq: que serait la dette publique devenue ?

3 mars 2013

Je souhaite que les lecteurs considèrent ce qui suit comme un brouillon, donc peu vérifié, mis en ligne pour apporter quelques informations (d’une manière très succincte) à la suite du commentaire de Christian Gomez sur l’article 268
A-J Holbecq
Lien vers fichier excel : que serait la dette publique avec le 100% M

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INTRODUCTION:

Nous allons essayer de répondre à la question: que serait la dette publique devenue, depuis 1980 si, toutes choses restant égales par ailleurs, nous avions appliqué la proposition dite du « 100% monnaie » proposée initialement par Irving Fisher et reprise par exemples par Maurice Allais et Christian Gomez. Cette proposition a pour effet de réserver la création monétaire à la Banque de France et équivaut à une croissance équivalente des recettes fiscales

La première alternative s’appuie sur la proposition de Maurice Allais, celle d’une monétisation directe d’un montant annuel de 4,5 % de la masse monétaire élargie (M1 plus environ 20% de M2-M1), monétisation qui est donc considérée comme une recette budgétaire complémentaire. Nous ne considérerons pas la proposition complémentaire de Christian Gomez consistant à profiter de la mise en place du système pour « geler » entre l’équivalent de dette publique correspondant au « M1 élargi » à la mise en place de l’organisation 100% monnaie.

Une seconde alternative est calculée en considérant la cible de la BCE d’une croissance annuelle de la masse monétaire de 4,5% de M3.

COLLECTE DES DONNÉES ET CALCULS:

Colonnes 1 à 4 : année, PIB en milliards d’euros courants, dette constatée en milliards d’euros courants, dette en pourcentage PIB.

Colonne 5 : les montants représentent la dette constatée de l’année N diminué de la dette constatée l’année N-1, et donc les soldes budgétaires constatés (Md€ courants) . C’est donc, dans une approximation suffisante (des ventes ou achat de patrimoine public peuvent avoir un effet en plus ou en moins sur le solde calculé de cette manière, mais cet article considère « toutes autres choses restantes égales par ailleurs ») le montant des soldes des nouvelles ressources emprunté par les APU au cours de l’année, nonobstant le renouvellement des emprunts en cours.

Effet de la monétisation sur la dette publique :

Colonne 6 : le montant de la « monnaie élargie », somme de M1 + 20% de M2 : C’est le montant de « vraie monnaie » selon Allais, celle qui se retrouvera en banque de dépôts (dites aussi CSM : Compagnies de Sureté Monétaire) et qui est couverte par l’équivalent en monnaie centrale.

Colonne 7 : le montant de la monétisation, soit 4,5% de ma colonne 6

Colonne 8 : ce que seraient devenus les soldes budgétaires compte tenu de la monétisation de la colonne 7

Colonne 9 : solde théorique de la dette compte tenue de cette monétisation

Colonne 10 : la dette calculée, en pourcentage de PIB, avec cette monétisation de la colonne 7.

Colonne 11 : suivant la cible de la BCE, monétisation de 4,5% de M3

Colonne 12 : soldes budgétaires avec injection de cette monétisation de la colonne 11.

Colonne 13 : solde théorique de la dette compte tenue de cette monétisation

Colonne 14 : la dette calculée, en pourcentage de PIB, avec cette monétisation de la colonne 11

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GRAPHIQUEMENT

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CONCLUSIONS :

Il est tout à fait apparent qu’en partant d’une dette publique de 21% du PIB fin 1979, et malgré la crise depuis 2008, l’injection monétaire annuelle d’un montant de 4,5% de « M1 élargi » chaque année dans l’économie aurait permis de voir la dette publique rester à des niveaux soutenables de l’ordre de 50% du PIB, et qu’une monétisation de 4,5% de M3 l’aurait laissée quasi stable (26% contre 21% en 1980).

Mais d’une manière générale, est-il justifié qu’un État soit tenu à payer des intérêts sur sa propre monnaie ? Rappelons que si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer la dette cumulée ne représenterait même pas 20% de la dette actuelle.

On peut même se poser la question de savoir si un État, qui, comme l’écrit Lordon « restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… » ne doit pas être maître, au bénéfice du peuple, de l’ensemble de la création monétaire, pour, comme le souhaitent les néochartalistes, être en périodes de récession, le financeur de l’emploi en dernier ressort (ce qui n’impose évidemment pas que les employés soient fonctionnarisés)


263 – le plein emploi !

15 décembre 2012
 J’ai beaucoup apprécié l’article de Pascal-Emmanuel Gobry, paru le 14 décembre sur ATLANTICsous le titre "Le plein emploi : utopie dangereuse, ou solution à la crise ?"

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Aujourd’hui, presque tous les économistes ont oublié l’objectif du plein emploi. Dans un pays, le taux de chômage doit être faible, mais il y a un taux de chômage minimum qu’on aura toujours.

Il y a une logique à ça : un marché du travail doit être fluide. Très peu de gens trouvent un emploi le lendemain du jour où ils quittent le précédent (et on ne veut pas forcément s’y remettre immédiatement). Au niveau macroéconomique, cette fluidité se traduirait par un taux de chômage idéal autour de 5%, selon la plupart des économistes. Si le taux de chômage devient plus faible, c’est au contraire un problème : signe de tension et de surchauffe sur le marché du travail, et peut être de l’économie. Et les économistes ont toujours un peu en tête la fameuse courbe de Philips, infligée aux étudiants d’économie de première année, qui montre une relation entre inflation et chômage. Trop d’emploi, et l’inflation décolle. Et ce alors même qu’on sait depuis la stagflation des années 70 que cette relation est beaucoup plus complexe que cela.

Pourtant, après des décennies de chômage de masse en Europe, et dans une nouvelle année de marasme économique sur le continent, peut être faut-il regarder cette idée poussiéreuse du plein emploi de nouveau.

Pour certains économistes hétérodoxes, le plein emploi est non seulement un objectif atteignable, mais nécessaire. En effet, le plein emploi pourrait empêcher les récessions et les crises économiques.

Après tout, une récession c’est une baisse de la demande dans l’économie, mais d’où vient cette baisse de la demande ? Du fait que les entreprises licencient quand elles perdent de la vitesse. Les gens perdent leurs emplois, et donc ils consomment moins. Ces licenciements provoquent une baisse de la demande, qui provoquent d’autres licenciements, et ainsi de suite dans un cercle vicieux. Si, d’une manière où d’une autre, on pouvait garantir un emploi à chacun qui le perd, cette baisse de la demande serait stoppée nette.

C’est l’idée des économistes néo-chartalistes, qui proposent que l’Etat garantisse un emploi à chacun qui en fait la demande. Ainsi, le plein emploi est garanti, et les récessions sont tuées dans l’oeuf. La politique fiscale et éventuellement monétaire peuvent empêcher le plein emploi de mener à trop d’inflation.

Les objections à cette idée sont plus microéconomiques que macroéconomiques : le problème est que l’Etat n’est pas doué (vraiment pas) lorsqu’il s’agit de trouver des tâches productives à faire aux gens. Si chacun pouvait trouver un emploi public au lieu de travailler dans le secteur privé, on imagine la vaste bureaucratie quasi-soviétique et parfaitement délétère qui en sortirait.

Mais, au 21ème siècle, ne peut-on pas faire mieux ? L’entrepreneur américain Morgan Warstler propose une bourse du travail, administrée et subventionnée par l’Etat, sur le modèle d’eBay. Les employés et les employeurs se notent entre eux, et une assurance est incluse dans le prix du travail. Et chaque heure travaillée est rémunérée par l’Etat en plus du salaire proposé par l’employeur. Autrement dit, mettons que le tarif de l’Etat est à 10 euros de l’heure, et qu’une très bonne babysitter est à 5 euros de l’heure, et une moyenne à 2 euros. Si je veux recruter une bonne babysitter, je paye 5 euros de l’heure, mais elle reçoit 15 grâce à la subvention.

Puisque le coût de l’emploi est très faible pour les employeurs, l’intérêt à recruter est évident : si ça ne vous coûtait que quelques euros pour que quelqu’un vienne faire votre lessive ou votre ménage, ne le feriez-vous pas ? Mais malgré tout, les employés sont rémunérés à un salaire correct. Ces emplois seraient de “vrais” emplois répondant à de vrais besoins, et pas des faux emplois aidés. Le secteur public serait gagnant financièrement puisque ces emplois subventionnés remplaceraient les nombreuses prestations de chômage. Et l’économie connaîtrait le plein emploi.

Il serait intéressant de tester cette idée. Mais plus que l’idée de la bourse du travail, ce qui est intéressant c’est de repenser l’idée du plein emploi et de la malédiction du chômage. Après plusieurs décennies de chômage de masse, il est peut être temps de réfléchir à des idées peu orthodoxes pour relancer l’économie.


262 – Déflation par la dette

27 novembre 2012

La danse de l’euro

26-11-2012

Dans le cadre de la mise en place de l’Union européenne, des quotas stricts en matière de dépense publique furent arrêtés tout en éloignant des États membres toute possibilité et toute tentation d’exploiter les vertus de la création monétaire. Pour ce faire, une Banque centrale européenne fut mise en place selon un modèle en déconnexion totale avec les politiques budgétaires et fiscales des membres. Autiste, la Banque centrale européenne le fut dès le départ. Les fondateurs de cette Europe ultralibérale considéraient (à la suite de Milton Friedman) que l’argent est tellement suspect que son usage doit être strictement surveillé par un organisme sur lequel les États – pourtant souverains – n’auraient aucun droit de regard. L’argent était cette boîte d’allumettes que l’on enlève à l’enfant, non sans le réprimander.

Ce contre-exemple européen est aujourd’hui particulièrement éloquent car on se rend compte que, ce faisant, tous les ingrédients d’une conflagration pire encore que celle de la Grande Dépression furent volontairement mis en place. Alors qu’il est tout à la fois naturel et légitime que l’État use de l’argent comme levier vis-à-vis de l’activité économique, pour subvenir aux besoins de certains groupes sociaux, pour faire payer (ou contribuer) d’autres, ou pour monopoliser des ressources. Cet acte lourd et fondamental de « monétisation » est donc omniprésent dans l’expression de l’État. En période de crise, seul l’État en effet donc nager à contre-courant en affichant plusieurs lignes de défense.

Sa banque centrale peut ainsi accorder des prêts sans limite aux établissements financiers qui subissent une dévalorisation de leurs investissements et des retraits massifs de leurs dépôts. En outre, la banque centrale agit à un autre niveau qui consiste à racheter les actifs à risques et ceux dont plus personne ne veut, jusque-là détenus par les banques et par les entreprises. Le but étant d’éviter le mal absolu qu’est la « déflation par la dette » décrite par Irving Fisher. L’utilisation par la banque centrale de sa monnaie prévient la vente généralisée des actifs, des titres et autres valeurs de la part d’opérateurs en mal de liquidités. Ventes qui provoqueraient une spirale baissière affectant toute la classe des investissements. La banque centrale peut enfin mettre à disposition du Gouvernement les sommes pour assurer la relance de la demande agrégée, avec un impact bénéfique sur la croissance. Seule cette « danse du dollar », pour reprendre l’expression significative de Fisher, étant à même d’assurer la reprise économique.

Pourtant, les États ont été persuadés par les « experts » qu’ils ne pouvaient strictement plus se permettre de dépenser plus. Pendant que les économies dépérissaient et que les gouvernements européens étaient menottés par leurs déficits, les interventions de la BCE se limitaient donc à leur plus stricte expression contre toute attente et en dépit du bon sens. Car une banque centrale n’est restreinte par aucune limite dans sa faculté de création d’argent, quand un gouvernement peut au même moment se retrouver à court de fonds sans être en mesure de sauver son économie. Un État qui refuse de faire appel à sa banque centrale ne peut donc invoquer aucun prétexte légitime le prévenant de redresser son activité économique et de rétablir l’emploi.

C’est pourquoi il est crucial de comprendre comment ce monopole de création d’argent fonctionne et comment il peut – et doit – être mis au service de l’intérêt général. En l’absence de cette détermination, l’action de l’État est inefficace, ou ne l’est que pour une minorité. Ce qui dégénère en « pauvreté au milieu d’abondance », pour reprendre les termes de Keynes, qui illustrait parfaitement son propos en décrivant un contexte « où les maisons viennent à manquer mais où nul ne peut habiter dans celles qui existent par manque de moyens » !

L’État doit donc mettre l’ensemble de ses ressources et de ses possibilités – y compris monétaires, bien sûr – au service de la nation. À cet effet, les déficits publics ne doivent rencontrer aucun obstacle ni aucune limite, si ce n’est l’accomplissement de la raison même d’exister d’un État, à savoir le rétablissement du plein emploi et la stabilité des prix. Les dettes font donc partie intégrante du fonctionnement et du train de vie d’un État.

Extrait de « Splendeurs et misères du libéralisme », éd. L’Harmattan

 


254 – néochartalisme (Marc Lavoie)

31 août 2012

(lien court : http://wp.me/pzMIs-yn )

Le lien entre laspect monétaire et laspect budgétaire du néo-chartalisme:
une
approche critique amicale  (1)

Marc Lavoie – Département d’économie, Université d’Ottawa

Octobre 2011

Traduit de l’anglais par
http://ecodemystificateur.blog.free.fr/
Août 2012, (qui présente ce document sur un article de son blog : " le néochartalisme pour les nuls " )

La crise financière mondiale a révélé les faiblesses de l’économie dominante et a donné un coup de pouce aux théories hétérodoxes, en particulier les théories keynésiennes. L’opinion couramment répandue de la non-pertinence du volontarisme budgétaire a été fortement critiquée et mise en cause par l’utilisation active de la politique budgétaire au beau milieu de la crise financière mondiale, bien que cela ait été suivi par un revirement rapide des économistes traditionnels dès qu’une récession plus profonde que prévu eut engendré d’importants déficits publics et la hausse des ratios de dette souveraine. La crise et la généralisation des médias sociaux, notamment la multiplication des blogs sur l’hyperespace, ont fourni plus de marge de manœuvre aux partisans enthousiastes de théories économiques alternatives. C’est en particulier le cas du néo-chartalisme, souvent appelé théorie monétaire moderne ou MMT, sur de nombreux blogs.

Le développement d’une forte identité néo-chartaliste, par des économistes qui étaient auparavant associés à l’économie post-keynésienne, a conduit certains observateurs à s’interroger sur les liens entre les économies néo-chartaliste et post-keynésienne. Les économistes hétérodoxes, pour ne pas parler des économistes néoclassiques, ont également trouvé quelques-unes des revendications des néo-chartalistes dures à avaler. Le but de cet article est de traiter de ces deux points, l’essentiel de l’analyse se concentrant cependant sur les questions liées au système de compensation et de règlement et à sa relation avec les activités de l’Etat (2). En d’autres termes, les néo-chartalistes ont mis en avant des propositions qui vont au-delà des strictes limites de la politique monétaire, telles que des propositions pour résoudre le problème du chômage tout en préservant la stabilité des prix, mais ces autres propositions ne seront pas discutées ici.

Les grandes lignes de cet article sont donc les suivantes. Dans la partie qui suit, je propose une brève introduction au néo-chartalisme, et je traite de sa relation avec l’économie post-keynésienne. Dans la deuxième partie, je discute de ce que je pense être quelques-unes des déclarations les plus controversées du néo-chartalisme, et qui concernent essentiellement le système de compensation et de règlement. Dans la troisième partie, je montre comment certains de ces points de vue ont été modifiés au fil du temps. Dans la quatrième partie, je discute de la configuration de la zone euro à la lumière du néo-chartalisme. Je conclus en affirmant que le néo-chartalisme fait vraiment partie de l’économie post-keynésienne.

Le néo-chartalisme et ses liens avec le post-keynésianisme

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248 – abc du déficit budgétaire – 3/3

9 juin 2012

Par Bill Mitchell

Traduction et autorisation “Aliena”, avec nos remerciements

Paru sur sur le blog aliena economic hub

21 Fevrier 2009

Bill Mitchell est Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia. 

Les quelques précisions en bleu entre crochet sont de “postjorion”

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L’abc du déficit budgétaire – Troisième partie

 Par Bill Mitchell
Deficit spending 101 – Part 3
2 Mars 2009
Bill Mitchell est Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia.
C’est la troisième partie de l’abc du déficit budgétaire, qui est une série que j’écris pour aider a comprendre pourquoi nous ne devons pas avoir peur des déficits. Dans cet article nous considérons les impacts du déficit sur le système bancaire pour dissiper les mythes récurrents que les déficits augmentent les besoins d’emprunt du gouvernement et qu’ils poussent les taux d’intérêts a la hausse. Les deux arguments sont apparentés.
Les conclusions importantes sont: (a) les déficits introduisent des dynamiques qui mettent une pression à la baisse sur les taux d’intérêts; et (b) l’émission de dette par le gouvernement ne "finance" pas sa dépense.
La dette est émise pour soutenir la politique monétaire qui s’exprime par la volonté de la RBA (banque centrale australienne) de maintenir un taux d’intérêt ciblé.
Dans L’abc du déficit budgétaire – Première partie, (V.O. ici) j’ai fourni un diagramme qui décrivait la relation verticale entre le gouvernement et le secteur non-gouvernemental par lequel les actifs financiers nets (monnaie) entrent et sortent de l’économie.
Quelles sont ces transactions verticales entre le gouvernement et le secteur non-gouvernemental et quel est leur importance dans la compréhension du fonctionnement de l’économie?
Voici un autre diagramme apparenté (pris de mon dernier livre "Le plein emploi abandonné: sables mouvants et échecs politiques") pour aider a la connexion des pièces.

Relations monétaires verticales et horizontales

Vous verrez que ce diagramme comporte plus de détails que le diagramme original de la Première partie, qui montrait les relations essentielles entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental arrangés verticalement.

En vous concentrant d’abord sur la chaine verticale, vous verrez que l’assujettissement à l’impôt se trouve tout en bas du composant vertical, exogène, de la monnaie. Le secteur gouvernemental consolidé (le Trésor et RBA (banque centrale)) est au sommet de la chaîne verticale parce qu’il est l’émetteur exclusif de la monnaie. La section du graphique du milieu est occupée par le secteur (non-gouvernemental) privé. Il échange des marchandises et des services pour les unités monétaires de l’état, paie des impôts, et accumule le résiduel (qui est dans le sens comptable, les dépenses fédérales) sous la forme: d’espèces en circulation, des réserves (soldes bancaires détenues par les banques commerciales à la Banque Centrale) ou des obligations (bonds du Trésor) gouvernementales ou des titres (dépôts; offert par la Banque Centrale).

Les unités monétaires utilisées pour le paiement des impôts sont consumées (détruites) dans le processus de paiement. Étant donné que le gouvernement national peut émettre des unités monétaires papier ou des informations comptables à la Banque Centrale à volonté, les paiements des taxes ne fournissent pas a l’État une capacité supplémentaire (reflux) de dépense.

Les deux branches du gouvernement (le trésor et la banque centrale) ont un impact sur le stock d’actifs financiers accumulés dans le secteur non-gouvernemental et la composition des actifs.
Le déficit gouvernemental (les opérations du trésor) détermine le stock cumulé d’actifs financiers dans le secteur privé. Les décisions de la banque centrale déterminent alors la composition de ce stock en termes de billets et pièces de monnaie (espèces), de réserves bancaires et d’obligations d’État.

Le diagramme ci-dessus montre comment le stock cumulé est détenu dans ce que nous désignons par "la boite a trésor" du Secteur Non-gouvernemental, qui entrepose les stocks de monnaie fiduciaire (fiat), les réserves bancaires et les obligations d’État. J’ai inventé cette analogie de "boite à trésor" pour désabuser le public de la notion que quelque part à Canberra (capitale australienne) il y avait un endroit de stockage où le gouvernement national mettait à part tous ces excédents budgétaires pour une utilisation postérieure — ce qui était l’affirmation principale du régime fédéral précédent. Il n’y a en réalité aucun endroit de stockage parce que quand un excédent est exécuté, le pouvoir d’achat est détruit pour toujours. Cependant, le secteur non-gouvernemental a certainement une "boite a trésor" dans le système bancaire et ailleurs.

Tous les paiements provenant du secteur gouvernemental en direction du secteur non-gouvernemental qui ne finance pas l’assujettissement à l’impôt, restent dans le secteur non-gouvernemental sous forme d’espèces, de réserves ou d’obligations. Donc nous pouvons comprendre le stockage d’actifs financiers dans la "boite à trésor" comme étant l’image en miroir des déficits budgétaires cumulés.

Les impôts sont au bas de la chaîne verticale exogène et vont droit au dépotoir, ce qui souligne qu’ils ne financent rien. Tandis que les impôts réduisent le solde des comptes bancaires du secteur privé, le Gouvernement n’obtient en réalité rien — les réductions du solde sont comptabilisées, mais ne vont nulle part. Ainsi le concept d’épargne faite par un gouvernement émetteur de sa propre monnaie fiat n’a aucune pertinence. Les gouvernements peuvent utiliser leurs dépenses nettes pour acheter les actifs stockés (dépensant les surplus en or par exemple ou, comme en Australie, d’actifs financiers du secteur privé stockés dans le "Future Fund") mais ce n’est pas la même chose de dire que, quand les gouvernements font des surplus budgétaires (les impôts sont en excès par rapport aux dépenses), les fonds sont stockés et peuvent être dépensés dans l’avenir. Ce concept est erroné. Finalement, les paiements résultant de la vente d’obligation sont aussi comptabilisés comme une ponction sur la liquidité, mais vont aussi au "dépotoir".

Les marchés du crédit privés représentent les relations horizontales (décrites par les flèches horizontales) et logent l’activité de crédit par effet de levier par les banques commerciales, entreprises, et ménages (y compris étranger) que de nombreux économistes de tradition Post Keynésienne considèrent être un circuit endogène de la monnaie. La distinction cruciale est que les transactions horizontales ne créent pas d’actifs financiers nets — tous les actifs créés sont compensés par une dette équivalente donc le résultat net de ces transactions est égal a zéro.
Les implications de cela vont être examinées bientôt quand nous considèrerons l’impact de la dépense nette du gouvernement sur la liquidité et le rôle de l’émission d’obligation d’État.

L’autre point important est que l’activité d’endettement privé, dont le résultat net est zéro, n’est pas une partie opérationnelle de la "boite a trésor" ou sont stockés monnaie, réserves ou bons.
Les banques commerciales n’ont pas besoin de réserves pour générer du crédit, contrairement a la représentation populaire faite dans les livres économiques standards.

Les opérations de la banque centrale ont pour but de gérer la liquidité dans le système bancaire, de façon a ce que le taux d’intérêt a court terme corresponde a la cible officielle qui définit la position courante de la politique monétaire. En achevant ce but, la banque centrale peut: (a) intervenir sur le marché interbancaire pour administrer journellement l’offre et la demande de fond;
(b) acheter certain actifs financiers a un taux réduit aux banques commerciales; et (c) imposer un taux de pénalité sur les banques qui requiert des fonds en urgence. En pratique, la gestion de la liquidité est en grande partie achevée a travers (a).
Cela étant dit, la fonction des opérations de la banque centrale existent pour compenser les facteurs opérationnels dans le système bancaire en changeant la composition des réserves, des espèces et titres, et n’altère pas les actifs financiers nets du secteur non-gouvernemental.

Les marchés de capitaux sont la où les banques commerciales (et d’autres intermédiaires) négocient des instruments financiers à court terme entre elles pour satisfaire aux exigences de niveau de réserves légal ou cherchent des fonds pour des fins commerciales. Selon le diagramme, toutes ces transactions sont horizontales et leur résultat net est égal a zéro.

Les banques commerciales maintiennent des comptes a la banque centrale, ce qui permet a leur réserves d’être administrer et aussi, au système de compensation de bien fonctionner. En plus d’établir le taux de prêt (taux d’escompte) la RBA fixe également le taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) qui est payé sur les réserves des banques commerciales.
De nombreux pays (comme l’Australie, le Canada et les zones telles que l’Union Monétaire Européenne) maintiennent un rendement par défaut sur les comptes de réserve en surplus (par exemple, la RBA paie un rendement par défaut égale à 25 points de base, inférieur au taux au jour le jour sur le surplus des comptes de règlement d’échange).
D’autres pays, comme le Japon, ne proposent pas de paiement d’intérêts sur les réserves bancaires ce qui signifie que l’excédent de liquidités persistant pousse le taux d’intérêt à court terme à zéro (comme au Japon jusqu’à la mi-2006) à moins que le gouvernement ne vende des obligations (ou augmente les impôts).
Le taux de soutien devient le taux d’intérêt plancher pour l’économie.

Le taux d’intérêt cible opérationnel, qui représente la position de politique monétaire actuelle, est fixé par la banque centrale entre le taux de soutien et le taux d’escompte. Cela effectivement crée une bande [de variation] ou un écart dans lequel les taux d’intérêts à court terme peuvent fluctuer en même temps que la variabilité de liquidité. C’est cet écart que la banque centrale administre dans ses opérations quotidiennes.
Dans la plupart des nations, les banques commerciales doivent maintenir conformément à la loi des soldes de réserves positifs à la banque centrale, accumulées au cours d’une période spécifique. À la fin de chaque jour, les banques commerciales doivent évaluer le statut de leurs comptes de réserves.
Celles qui sont en déficit peuvent emprunter les fonds requis a la banque centrale au taux d’escompte. Alternativement, les banques qui ont des réserves en excès ne vont gagner que le taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) qui est en-dessous du taux d’intérêt du marché au jour le jour.
Il est clairement profitable pour les banques qui ont des fonds en excès de prêter a d’autres banques en déficit au taux du marché. La compétition entre les banques qui ont un excès de réserves font pression a la baisse sur le taux a court terme (taux au jour le jour) et selon l’état des liquidités globale, peut conduire le taux interbancaire en dessous du taux d’intérêt cible opérationnel (taux de refinancement a la BCE). Quand le système est en excèdent cette compétition fait baisser le taux au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts).
La demande pour les fonds a court terme sur le marché des capitaux est une fonction négative du taux d’intérêt interbancaire puisqu’à un taux plus élevé, moins de banques sont enclines à emprunter a d’autre banques leurs manques de réserves prévus, comparé au risque, à la fin du jour, de devoir emprunter a la banque centrale pour couvrir les prévisions erronées de la position de leur réserves.
L’instrument principal de gestion de cette liquidité sont les opérations de marché, c’est-à-dire acheter et vendre la dette gouvernementale. Quand les pressions compétitives sur le marché de fonds au jour le jour conduisent le taux interbancaire en-dessous du taux cible voulu, la banque centrale draine la liquidité en vendant de la dette gouvernementale. Ces interventions de marché aboutiront donc à une valeur plus élevée pour le taux au jour le jour. De façon importante, nous caractérisons l’émission de dettes comme une opération de politique monétaire conçue pour fournir la maintenance du taux d’intérêt.
C’est en contraste complet avec la théorie orthodoxe qui affirme que l’émission de dette est un aspect de la politique budgétaire et est requise pour financer le déficit.
Le point significatif de cette discussion que nous bâtissons est d’exposer le mythe de l’effet d’éviction en montrant que la dépense nette du gouvernement (déficits) qui n’est pas prise en compte par la banque centrale dans sa décision de liquidité, se manifestera en tant qu’excès de réserves sur les soldes provisoire (réserves bancaires) des banques commerciales a la banque centrale.
Nous appelons cela un excédent a l’échelle du système. Dans ces circonstances, les banques commerciales feront face à un taux de soutien inférieur sur leurs réserves en surplus si elles ne cherchent pas d’échange plus profitables avec d’autres banques qui peuvent être déficiente en réserves. La compétition qui s’ensuit pour se débarrasser de l’excèdent de réserves met une pression a la baisse sur le taux au jour le jour. Cependant, parce que ce sont des transactions horizontales et leur résultat net est nécessairement zéro, l’échange interbancaire ne peut pas se débarrasser de l’excédent qui existe a l’échelle du système.
En conséquence, si la banque centrale souhaite maintenir l’objectif de taux au jour le jour, elle doit donc drainer cette liquidité en excédent en vendant de la dette gouvernementale, qui est une transaction verticale.
Le mythe de l’effet d’éviction
Nous savons maintenant que c’est un mythe pour perpétuer l’idée qu’un gouvernement souverain dans sa monnaie est financièrement contraint. Ce mythe sous-tends les arguments d’économistes orthodoxes qui sont opposés a l’intervention du gouvernement dans la politique macroéconomique. Il y a un autre mythe persistant qui doit être dissipé – que les dépenses du gouvernement évincent les dépenses privées par leurs effets sur le taux d’intérêt.
Nous avons vu que la banque centrale administre nécessairement le taux d’intérêt et n’est pas soumise aux forces directes du marché. L’approche macro-économique orthodoxe soutient que les déficits persistants réduisent l’épargne nationale … [et exigent] … des taux d’intérêt réels plus élevés et réduisent les niveaux de dépenses d’investissement privés.
Malheureusement, les partisans de cette logique qui lie automatiquement les déficits budgétaires avec l’émission croissante de dette, et donc des taux d’intérêt en hausse, échouent à comprendre comment les taux d’intérêt sont fixés et le rôle que l’émission de dette joue dans l’économie.
Clairement, la banque centrale peut choisir de fixer et laisser le taux d’intérêt à zero pour cent, indifféremment, si cela doit être favorable aux taux d’investissement de maturité plus longue.
Tandis que nous avons vu que les fonds que le gouvernement dépense ne viennent de nulle part et la collecte des impôts ne va nulle part, il y a des impacts substantiels de la liquidité issue de la dépense nette du gouvernement. Si les fonds qui achètent les obligations viennent de la dépense du gouvernement, comme la logique de la comptabilité l’impose, alors toute notion que la dépense du gouvernement rationne l’épargne finie qui pourrait être utilisées pour l’investissement privé est un non-sens.

Un expert financier aux États-Unis, Tom Nugent le résume comme cela :

"On peut aussi voir que la crainte de la hausse des taux d’intérêt face a des déficits budgétaires en hausse n’a pas beaucoup de sens quand l’impact de la dépenses du déficit gouvernemental est pris en compte, parce que l’offre de titres du trésor offerts par le gouvernement fédéral est toujours égale aux fonds nouvellement créés. L’effet net est toujours fictif ("wash") et le taux d’intérêt est toujours celui que la Réserve fédérale décide.
Notez qu’au Japon, qui a la dette publique la plus haute jamais enregistrée, déclassée de façon répétée, le gouvernement Japonais émet des bons du trésor à .0001 %! Si les déficits causaient vraiment la hausse des taux d’intérêts, le Japon aurait fermé il y a longtemps! "

Comme je l’ai précédemment expliqué, seule les transactions entre le gouvernement fédéral et le secteur privé changent le solde du système. La dépense du gouvernement et les achats de titres gouvernementaux (bons du Trésor) par la banque centrale ajoute la liquidité et la taxation et les ventes bons du Trésor draine la liquidité. Ces transactions influencent la situation de trésorerie du système sur une base journalière, et pour n’importe quel jour, peuvent aboutir à un excédent (déficit) dans le système en raison de la sortie de fonds du secteur officiel étant au-dessus (au-dessous) de l’afflux de fonds en direction du secteur officiel. La situation de trésorerie du système a des implications cruciales pour la politique monétaire de la banque centrale parce que c’est un déterminant important dans l’utilisation d’opérations de marché (vente et achat de bons) par la banque centrale.

Voici un autre diagramme que j’ai dessiné pour vous aider a faire sens de cette partie de l’argumentation. Je vous suggère de cliquer sur l’image pour l’afficher dans une nouvelle fenêtre et l’imprimer en référence pour rendre l’argumentation plus facile a suivre.

Vous pouvez voir que les fonctions des branches du gouvernement sont résumés: (a) Le Trésor conduit la politique fiscale (budgétaire) que nous résumons par dépense du gouvernement et taxation qui ont un impact sur l’économie — soit par un excèdent (G > T) ou un déficit (G < T); et (b) La banque centrale conduit la politique monétaire en fixant un taux d’intérêt cible. Elle doit aussi administrer le solde de trésorerie a l’échelle du système pour garder le contrôle de son taux cible. Elle fait cela en vendant/achetant de la dette gouvernementale pour influencer les positions des réserves des banques commerciales.
Donc pourquoi le gouvernement émet de la dette si ce n’est pas pour financer ses dépenses? C’est en fait plutôt pour maintenir ces réserves bancaires d’une façon telle, qu’un taux au jour le jour particulier peut être défendu par la banque centrale. Vous pouvez voir sur le diagramme que G ajoute des réserves et T les draine. Donc, a n’importe quel jour particulier, si G > T (un déficit budgétaire) alors les réserves sont globalement en hausse. N’importe quelle banques peut être a court de réserves mais globalement la somme totale des réserves bancaires est en excèdent. En Australie, les réserves au jour le jour rapportent moins que le taux cible (tandis que dans certain pays elles ne rapportent rien).
Donc c’est dans l’intérêt des banques commerciales d’essayer d’éliminer toutes les réserves indésirables a la fin de chaque journée. Les banques en excèdent vont essayer de prêter leur excédent de réserves sur le marche interbancaire. Certaines banques en déficit vont clairement être intéressées par ces prêts pour consolider leur position et éviter de devoir aller a la fenêtre d’escompte de la Banque Centrale qui est plus chère.
Le résultat, cependant, est que la compétition entre les banques en excèdent pour se débarrasser de leurs excès de réserves conduit le taux d’intérêt à court terme a la baisse. Mais, si vous avez compris la discussion ci-dessus au sujet des transactions horizontales (leur résultat net est égal a zéro!) alors vous êtes conscient que le système bancaire non gouvernemental ne peut pas par lui-même (conduire des transactions horizontales entre des banques commerciales – c’est-à-dire emprunter et prêter sur le marché interbancaire) éliminer l’excès de réserves a l’échelle du système que le déficit budgétaire a crée.
Ce qui est nécessaire est une transaction verticale – c’est-à-dire, une interaction entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental. Dans le diagramme vous verrez que les ventes d’obligation peuvent drainer les réserves en offrant aux banques un titre productif d’intérêt attractif (dette gouvernementale) qu’elles peuvent acheter pour éliminer leur excès de réserves.
C’est-à-dire, les ventes d’obligation (émission de dette) permettent a la banque centrale de drainer n’importe quel excès de réserves dans le système et restreindre la pression a la baisse sur le taux d’intérêt. En faisant cela, la banque centrale maintient son contrôle sur la politique monétaire. Point important:*les déficits budgétaires font pression à la baisse sur le taux d’intérêt;*la vente d’obligation maintient le taux d’intérêt cible de la banque centrale;
En conséquence, le concept de monétisation de dette est illogique. Une fois que l’objectif de taux au jour le jour est fixé, la banque centrale devrait seulement échanger des titres gouvernementaux si des changements de liquidité sont exigées pour soutenir cette cible. Étant donné que la banque centrale ne peut pas contrôler les réserves alors la monétisation de la dette est strictement impossible. Imaginez que la banque centrale négocie des titres gouvernementaux avec le trésor, qui alors augmenterait la dépense du gouvernement.
Les réserves en excès forceraient la banque centrale a vendre la même quantité de titres gouvernementaux aux marchés privés ou permettraient au taux au jour le jour de chuter au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE). Ce n’est pas de la monétisation, mais plutôt la banque centrale agissant simplement comme courtier dans le contexte de la logique du fixement du taux d’intérêt pour la politique monétaire.
En fin de compte, les agents privés peuvent refuser de détenir les nouveaux stocks de monnaie ou d’obligations supplémentaires. Sans émission de dette, les taux d’intérêts chuteront au niveau du taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) de la banque centrale (qui peut être zéro).
Il est alors aussi clair que le secteur privé, au niveau microéconomique, peut seulement se débarrasser du solde de trésorerie indésirables, en l’absence de dette gouvernementale, en augmentant son niveaux de consommation (désépargne).
Étant donné la structure fiscale actuelle, cette volonté de réduire l’épargne nette produirait une expansion privée et réduirait le déficit, reconstituant finalement l’équilibre du portefeuille a un niveaux d’emploi privé plus élevé et baisserait le déficit budgétaire requis aussi longtemps que les désirs d’épargne restent bas. Clairement, il n’y aurait aucune volonté de la part du gouvernement pour accroitre l’économie au-delà de sa limite réelle.
Que cela produise de l’inflation dépend de la capacité de l’économie d’accroitre la production réelle pour satisfaire la demande nominale en augmentation. Cela n’est pas compromis par la taille du déficit budgétaire.
Voici un résumé des conclusions principales de cet article.
* La banque centrale  fixe le taux d’intérêt à court terme basé sur ses aspirations de politique monétaire. Du point de vue opérationnel, les déficits budgétaires mettent une pression à la baisse sur le taux d’intérêt contrairement au mythe qui apparaissent dans les livres macroéconomiques au sujet de l’effet d’éviction. La banque centrale peut contrecarrer ces pressions en vendant des obligations d’État, qui sont équivalentes à l’emprunt du gouvernement au public.
* La pénalité pour le non emprunt (par l’Etat) est que le taux d’intérêt chutera en bas de la bande [de variation] prévalant dans le pays et qui peut être zéro si la banque centrale n’offre pas de paiement sur les réserves,
Par exemple, le Japon a pu maintenir une politique de taux d’intérêt zéro pendant des années avec des déficits budgétaires records simplement en dépensant plus qu’il n’emprunte.
Cela illustre aussi que les dépenses du gouvernement sont indépendantes de l’emprunt, avec ce dernier mieux pensé comme venant après les dépenses.
* L’émission de dettes gouvernementales est une considération de politique monétaire plutôt qu’être intrinsèque à la politique budgétaire; et

* Un excédent budgétaire décrit, depuis une perspective comptable, ce que le gouvernement a fait et non pas ce qu’il a reçu.

En bref, nous devrions rejeter toute notion affirmant que les déficits fédéraux émergeants sont destructeurs et endetteront les générations futures. Le gouvernement a choisi de maintenir un taux d’intérêt à court terme positif et cela exige l’émission de dette s’il y a des pressions a la baisse sur ce taux venant du système bancaire.


246 – abc du déficit budgétaire – 2/3

29 mai 2012

Par Bill Mitchell

Traduction et autorisation “Aliena”, avec nos remerciements

Paru sur sur le blog aliena economic hub

21 Fevrier 2009

Bill Mitchell est Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia. 

Les quelques précisions en bleu entre crochet sont de “postjorion”

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C’est le second article de blog sur la série que je suis en train d’écrire pour expliquer pourquoi nous ne devons pas avoir peur des déficits. Dans cet article nous éclaircissons quelques mythes qui entourent le prétendu "financement" des déficits budgétaires. En particulier, je traite le mythe qui affirme que les déficits sont inflationnistes et/ou augmentent le besoin du gouvernement a emprunter. La conclusion importante à retenir est que le gouvernement n’est pas contraint financièrement et peut dépenser autant qu’il le choisit dans la limite des biens qui sont offert à la vente. Il n’y a aucun caractère inévitable que ces dépenses seront inflationnistes et cela ne demande pas nécessairement une augmentation de la dette publique.

La première chose a se rappeler de la première partie est que les dépenses des citoyens privés sont contraintes par la source des fonds disponibles, incluant les revenus de toute origine, la vente d’actif et l’emprunt. Les dépenses du gouvernement, cependant, sont largement facilitées par les chèques émit par le gouvernement et couvert par la banque centrale. L’arrangement que le gouvernement a avec sa banque centrale pour l’expliquer est largement sans importance [en France, la Banque de France gère les comptes du Trésor Public qui a donc cette particularité de recevoir des paiements d'impôts et autres en monnaie de banque - monnaie secondaire - et de la transformer par le jeu des compensations interbancaires en monnaie de base. Ce raisonnement est valable à l'inverse lorsque le T.P. paye ses fournisseurs ou ses fonctionnaires: c'est le système décrit ci dessous par Bill Mitchell] . Quand les bénéficiaires de ces chèques (vendeurs de biens et services au gouvernement) les déposent à leur banque, les chèques sont compensés au travers de la chambre de compensation de la banque centrale (réserves), et un crédit apparait sur ces comptes dans le système bancaire commercial. En d’autre terme, le gouvernement dépense simplement en créditant les comptes bancaires du secteur privé a la banque centrale.
Opérationnellement, ce processus est indépendant de tous revenus antérieurs, y compris de la taxation et l’emprunt. L’approvisionnement des comptes ne réduit ou ne diminue pas les actifs du gouvernement ou sa capacité de dépense.

Alternativement, quand les taxes sont payées par les chèques du secteur privé (ou par transferts bancaires), qui sont prélevés sur les comptes privés détenus par les banques commerciales, la banque centrale débite un compte bancaire du secteur privé. Aucune ressources réelles n’a été transférées au gouvernement. La capacité du gouvernement à dépenser n’a pas non plus été augmentée par le débit de ces comptes privés.

En général, la science économique dominante se trompe en brouillant les différences entre le budget des ménages privés et le budget du gouvernement. Une déclarations comme celle-ci, venant d’un économiste réputé Robert Barro, qui prétend que "nous pouvons représenter l’épargne et la désépargne du gouvernement exactement comme nous représentons l’épargne et la désépargne des ménages" est complètement fausse.

La science économique dominante utilise le cadre de la Contrainte Budgétaire Gouvernementale (CBG) pour analyser trois formes présumées de financement public:

(1) Augmenter les impôts; (2) Vendre de la dette publique porteuse d’intérêts au secteur privé (obligations); et (3) émettre de la monnaie de base (réserves) non porteuse d’intérêt (création de monnaie).

Plusieurs scénarios sont construits pour montrer que tous les déficits sont inflationnistes s’ils sont financés par la monnaie de base (monétisation de la dette), ou compressent la dépense du secteur privé, s’ils sont financés par émission obligataire. Alors qu’en réalité le CBG (contrainte budgétaire gouvernementale) est juste une identité comptable "ex post" (après l’événement), la science économique orthodoxe prétend que c’est une contrainte financière sur les dépenses de gouvernement "ex ante"(avant l’événement).

Le cadre du CBG amène les étudiants à croire qu’à moins que le gouvernement veuille imprimer de la monnaie et causer de l’inflation, le gouvernement doit augmenter les impôts ou vendre des obligations pour trouver l’argent et pouvoir dépenser. Les gens ont cette compréhension erronée que la taxation et la vente d’obligation fournissent de l’argent au gouvernement qu’il utilise pour dépenser. Donc si le gouvernement augmente son déficit (dépense plus qu’il ne taxe) alors il doit augmenter ses ventes d’obligations ou "imprimer de la monnaie", deux solutions jugées indésirable.

Mais la réalité est bien loin de cette conception erronée sur la façon dont le gouvernement conduit son budget.
Premièrement, un ménage, utilise la monnaie, et par conséquent doit financer sa dépense préalablement, ex ante, alors que le gouvernement, qui est l’émetteur de la monnaie, doit dépenser nécessairement en premier lieu (provisionner les comptes bancaire du secteur privé) avant de pouvoir débiter ces comptes privés ultérieurement. Le gouvernement est la source des fonds dont le secteur privé a besoin pour payer ses impôts et épargner (y compris le besoin de maintenir les soldes des transactions). Clairement le gouvernement est toujours solvable quant à sa propre monnaie d’émission.

La science économique dominante donne aussi une image inexacte de ce qu’elle appelle la "création monétaire". Dans le populaire manuel macroéconomique, Olivier Blanchard (1997) dit que le gouvernement:

"peut aussi faire quelque chose qui ni vous ni moi ne pouvons faire. Il peut en effet, financer le déficit par création monétaire. La raison de l’utilisation de la phrase "en effet", et que … le gouvernement ne crée pas de monnaie; la banque centrale crée la monnaie.
Mais avec la coopération de la banque centrale, le gouvernement peut en effet se financer lui-même par la création monétaire. Il peut émettre des obligations et demander a la banque centrale de les acheter.
La banque centrale paye le gouvernement avec la monnaie qu’elle crée, et le gouvernement utilise cette monnaie pour financer le déficit. Ce processus est appelé monétisation de la dette."

C’est ce que les économistes dominants appellent  "imprimer de la monnaie". Cependant, c’est une conception erronée en terme de système monétaire. Monétiser veut dire convertir en monnaie. L’or était monétisé quand le gouvernement émettait des "gold certificates" pour acheter cet or. Monétiser se produit aussi quand la banque centrale achète des devises étrangères.

Acheter des devises étrangères converti (ou monétise), cette devise étrangère dans la monnaie d’émission. La banque centrale offre alors des obligations à la vente, pour permettre aux dollars, qui viennent juste d’être ajoutés au système bancaire, une place où gagner des intérêts. Ce procédé fait référence à la stérilisation. Au sens large du terme, la dette d’un gouvernement souverain émetteur d’une monnaie fiduciaire (fiat) est de la monnaie, et le déficit budgétaire est le processus de monétisation de ce que le gouvernement achète.

C’est en fait évident mais toutes les dépenses du gouvernement impliquent la création monétaire.
Mais ce n’est pas le sens du concept de monétisation de la dette qui est fréquemment employé dans les discussions de politique monétaire, dans les manuels d’économie et dans le débat public en général.
En suivant la conception de Blanchard, la monétisation de la dette fait généralement référence au procédé par lequel la banque centrale achète les obligations du gouvernement directement au Trésor.
En d’autre terme, le gouvernement emprunte de la monnaie à la banque centrale plutôt qu’au public. La monétisation de la dette est le procédé qui laisse entendre qu’un gouvernement est dit qu’il imprime de la monnaie. La monétisation de la dette, toute chose égale, est dite responsable de l’augmentation de la masse monétaire et pourrait mener à une sévère inflation.

Toutefois, la peur de la monétisation de la dette est infondée, non seulement parce que le gouvernement n’a pas besoin de monnaie pour dépenser mais aussi parce que la banque centrale n’a pas l’option de monétiser la dette en cours du gouvernement ou la dette toute nouvellement émise. Dans la troisième partie je montrerai que, aussi longtemps que la banque centrale a le mandat de maintenir une cible pour le taux d’intérêt à court terme, la taille des achats et ventes de dette n’est pas discrétionnaire.
Le manque de contrôle de la banque centrale sur la quantité de réserve met en évidence l’impossibilité de la monétisation de la dette. La banque centrale est incapable de monétiser la dette du gouvernement en achetant des obligations à son gré parce que faire cela causerai la chute du taux d’intérêt à court terme et/ou de tout autre taux de support qu’elle a mise en place pour les réserves excédentaires. Nous allons examiner cela petit à petit dans la troisième partie.

En résumé, nous pouvons conclure de l’analyse ci-dessus, que le gouvernement dépense (introduit des actifs financiers nets dans l’économie) en créditant les comptes bancaires en addition de l’émission de chèques ou d’espèces. En outre, cette dépense n’est pas contrainte par le revenu. Un gouvernement émetteur de sa propre monnaie fiduciaire (fiat) n’a pas de contrainte financière sur sa dépense, ce qui n’est pas la même chose que de reconnaitre les contraintes budgétaires auto-imposées (politiques).

Une fois que l’on réalise que la dépense du gouvernement n’est pas contrainte par les revenus alors nous devons analyser les fonctions de la taxation sous un autre angle. La taxation fonctionne de façon à encourager les offres faites au gouvernement par des individus privés, de biens et services en échange pour les fonds nécessaire à l’extinction de la dette d’impôts.

La conception orthodoxe est que la taxation fournit les revenus au gouvernement qu’il exige afin de pouvoir dépenser. En fait, l’inverse est la réalité. La dépense du gouvernement fournit les revenus au secteur non-gouvernemental ce qui alors lui permet d’éteindre sa dette d’impôt. Donc les fonds nécessaire pour payer ces impôts sont fourni au secteur non-gouvernemental par la dépense du gouvernement. Il s’ensuit que l’assujettissement à l’impôt crée une demande pour la monnaie du gouvernement dans le secteur non-gouvernemental, ce qui permet au gouvernement de poursuivre ses programmes économiques et sociaux.

Cet aperçu nous permet de voir une autre dimension de la taxation qui est perdue dans l’analyse de la science économique dominante. Étant donné que le secteur non-gouvernemental requiert la monnaie fiduciaire (fiat) pour payer ses impôts, dans le premier cas, l’imposition de taxes (sans injection concomitante de monnaie) crée, par dessin, du chômage (des personnes cherchant un travail rémunéré) dans le secteur non-gouvernemental. Les chômeurs ou les ressources inactives du secteur privé peuvent être alors utilisés à travers une injection de demande via la dépense du gouvernement, ce qui équivaut a un transfert de biens et services du secteur non-gouvernemental au secteur du gouvernement.
En retour, ce transfert facilite les programmes socio-économiques du gouvernement. Tandis que les ressources réelles sont transférées du secteur non-gouvernemental sous la forme de biens et services qui sont achetés par le gouvernement, la motivation de fournir ces ressources prend son origine dans le besoin d’acquérir la monnaie fiduciaire pour éteindre la dette d’impôt.

De plus, bien que des ressources réelles soient transférées, la taxation ne fournit pas de capacité fiscale additionnelle au gouvernement émetteur.
Conceptualiser la relation entre les secteurs gouvernemental et non-gouvernemental de cette façon rend clair que c’est la dépense du gouvernement qui fournit le travail rémunéré qui, a son tour, élimine le chômage créé par la taxation.

Donc il est maintenant possible de voir pourquoi le chômage de masse surgit. C’est l’introduction de la Monnaie d’État (que nous définissons par la dépense et la taxation du gouvernement) dans une économie non-monétaire qui érige le spectre du chômage involontaire. En terme comptable, pour que la production totale soit vendue, la dépense totale doit être égale au revenu total (que le revenu actuel généré par la production soit dépensé entièrement ou non sur chaque période).
Le chômage involontaire est la main d’œuvre inactive offerte à la vente mais qui ne trouve pas d’acheteur au prix en cours (salaires). Le chômage se produit quand le secteur privé, globalement, désire gagner l’unité monétaire de compte à travers l’offre de travail mais ne désire pas dépenser tout ce qu’il gagne, toutes choses étant égales. Il en résulte une accumulation involontaire de stocks parmi les vendeurs de biens et services et cela se traduit par une baisse de la production et de l’emploi. Dans cette situation, la baisse du salaire nominal (ou réel) en soi ne fait pas baisser le taux de chômage, à moins que ces baisses arrivent à éliminer le désir d’épargne du secteur privé et de ce fait, augmente sa dépense.

Donc le but de la Monnaie d’État est de faciliter le mouvement de biens et services réels du secteur non-gouvernemental (largement privé) au domaine du gouvernement (public).
Le gouvernement réalise ce transfert premièrement en levant des taxes, ce qui crée une demande notionnelle pour sa monnaie d’émission. Pour obtenir les fonds afin de payer leurs taxes et épargner, les agents du secteur non-gouvernemental offrent des biens et services réels en échange des unités monétaire nécessaires.
Cela inclut, bien sur, l’offre de travail par les chômeurs. La conclusion évidente est que le chômage se produit quand la dépense du gouvernement est trop faible pour accommoder les besoins monétaire nécessaire au paiement des taxes et au désir d’épargne.

Cette analyse pose aussi les limites de la dépense du gouvernement. Il est clair que la dépense du gouvernement doit être suffisante pour permettre aux taxes d’être payées. De plus, la dépense nette du gouvernement est requise pour satisfaire le désir d’épargne du secteur privé (accumuler des actifs financiers).
D’après le premier paragraphe, il est aussi clair que si le gouvernement ne dépense pas assez pour couvrir la taxation et le désir d’épargne du secteur non-gouvernemental, la manifestation de cette déficience sera le chômage. Les Keynésiens ont utilisés le terme de chômage engendré par une demande déficiente. Dans notre conception, les bases de cette déficience sont en tout temps la dépense inadéquate du gouvernement, étant donné les décisions de dépense (épargne) par le secteur privé, à l’œuvre quelque soit le moment particulier.

Pour un temps, ce qui peut apparaitre comme des niveaux inadéquats de dépense publique peuvent continuer sans provoquer l’augmentation du chômage. Dans ces situations, comme le prouvent les États-Unis et l’Australie pendant ces dernières années, la croissance du PIB peut continuer par l’expansion de la dette privée. Le problème avec cette stratégie est que, quand le service de la dette privée atteint un certain seuil du pourcentage des revenus, le secteur privé va "épuiser ses capacités d’emprunt" parce que le revenu limite le service de la dette. Le secteur privé a tendance à restructurer son bilan pour le rendre moins précaire et cela a pour conséquence de ralentir l’expansion de la demande globale et l’économie vacille. Dans ce cas, le "boulet fiscal" [fiscal drag] (niveau inadéquat de dépense publique) commence a se manifester sous forme de chômage.

Le point est que pour une structure d’impôt donnée, si les gens veulent travailler mais ne veulent pas continuer à consommer (et s’endetter plus encore) au rythme précèdent, alors le gouvernement doit augmenter sa dépense et acheter les biens et services produit et le plein emploi est maintenu. L’alternative est le chômage et une économie en récession. Il est difficile d’imaginer qu’un déficit en augmentation soit inflationniste dans une récession parce qu’il y a beaucoup de ressources inutilisées, à la fois en capital et en travail [ce que nous savons depuis Ricardo].

En effet, comme je le fait remarquer continuellement, la première chose que le gouvernement doit faire est d’offrir à toute la main d’œuvre que personne ne veut un emploi et doit les payer le salaire minimum avec tous les droit sociaux additionnels (assurance maladie et retraite).
Par définition, les chômeurs n’ont pas de "prix de marché" parce qu’il n’y a pas de demande pour leur travail. Offrir d’acheter un service pour lequel il n’y a pas de prix n’est pas un acte inflationniste.

Dans la troisième partie, nous considèrerons l’argument selon lequel les déficits publics font monter les taux d’intérêts parce que l’emprunt du gouvernement fait pression sur les fonds disponibles sur les marchés de capitaux. Comme vous le devinez déjà…c’est un autre mythe néo-libéral dont le but est de rendre le gouvernement inactif.


243 – abc du déficit budgétaire – 1/3

6 mai 2012

Par Bill Mitchell

Traduction et autorisation "Aliena", avec nos remerciements

Paru sur sur le blog aliena economic hub

21 Fevrier 2009

Bill Mitchell est Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia. 

Les quelques précisions en bleu entre crochet sont de "postjorion"

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Un grand nombre de personne m’envoient des emails me demandant d’expliquer pourquoi nous ne devons pas être inquiets au sujet des déficits budgétaire et pourquoi ils n’ont pas à être financés par la dette (même si le gouvernement augmente sa dette a partir du moment où il est en déficit).
Donc, dans les prochaines semaines, je vais écrire quelques articles pour expliquer ces choses délicates. Tout d’abord, je vais expliquer comment les déficits se produisent et comment ils ont un impact sur l’économie.

En particulier, nous devons nous détromper de l’idée que lorsque les gouvernements font du déficit budgétaire, ils doivent automatiquement emprunter, ce qui soi-disant met la pression sur les marchés financiers (qui disposent de fonds limités disponibles pour les prêts) et engendre prétendument la hausse des taux d’intérêt qui compresse les dépenses d’investissement privés productives.

Cette chaîne d’argument est absurde et facilement rejetée. Il s’agit donc de l’abc du déficit budgétaire. La prochaine fois je détaillerai la raison pour laquelle la banque centrale émet des obligations (dette publique).
Vous pouvez utiliser le diagramme ci-dessous pour suivre la piste de l’argumentation. Je vous suggère de cliquer dessus pour l’afficher dans une nouvelle fenêtre et l’imprimer pour l’avoir à côté de vous pendant que vous lisez la discussion.

Si vous êtes intéressé par une discussion plus détaillée et académique de ces questions, je vous suggère de lire mon dernier livre "Le plein emploi abandonné: sables mouvants et échecs politiques" (avec Joan Muysken) qui a été publié par Edward Elgar en 2008.

 

Des déficits ou excédents budgétaires se produisent dans une économie monétaire moderne. 

Une économie monétaire moderne et presque toutes les grandes économies mondiales, ont quatre caractéristiques essentielles:

* Un taux de change flottant, ce qui libère la politique monétaire de la nécessité de défendre les réserves de change;

* Les économies monétaires modernes utilisent la monnaie comme unité de compte pour payement des biens et services. Une notion importante est que la monnaie est une monnaie fiduciaire (fiat) [nous utilisons généralement le terme de « monnaie fiduciaire » en la limitant aux espèces (monnaie manuelle) ; il est évidemment question ici de « monnaie centrale » ou « monnaie de base » scripturale] , c’est a dire, qu’elle est convertible uniquement en elle-même et n’est pas légalement convertible en or, par exemple, comme elle l’était sous l’étalon-or.

* Le gouvernement souverain a le droit légal exclusif d’émettre cette monnaie fiduciaire qui est également exigée pour le paiement des impôts ; en ce sens le gouvernement a un monopole sur la provision de sa propre monnaie fiduciaire.

* La viabilité de la monnaie fiduciaire (fiat) est assurée par le fait qu’elle est la seule unité acceptable pour le paiement des impôts et autres exigences financières du gouvernement.

[le paiement des impôts semble être effectué en monnaie scripturale bancaire (vous faites un chèque de banque ou un prélèvement au bénéfice du « Trésor Public »). Mais c'est oublier que le Trésor Public qui est également la banque de l'Etat, va imposer aux banques une compensation en monnaie centrale ]

Le diagramme montre les relations structurelles essentielles entre les secteurs du gouvernement et non-gouvernemental (secteur privé).
Tout d’abord, en dépit de l’affirmation que les banques centrales sont largement indépendante du gouvernement, il n’y a pas de signification réelle à la séparation du trésor et des opérations de la banque centrale [en particulier en France où la Banque Centrale est une propriété à 100% de l'Etat].
Le secteur du gouvernement consolidé détermine l’étendue de la position des actifs financiers nets (libellés dans l’unité de compte) dans l’économie.
Par exemple, alors que les opérations du trésor peuvent offrir des excédents (destruction d’actifs financiers nets), cela pourrait être contré par un déficit (disons de quantité équivalente) résultant des opérations de la banque centrale.
Cette combinaison particulière laisserait une position financière neutre nette. Tandis que le susdit est vrai, la plupart des opérations de la banque centrale ne font que déplacer des actifs financiers du secteur non-gouvernemental, entre réserves et obligations, ainsi la banque centrale n’est pas impliquée dans le changement des actifs financiers nets (parmi les exceptions il faut noter l’achat et la vente de devises étrangères par la banque centrale et le payement de ses propres dépenses de fonctionnement).
Alors que ces transactions au sein du gouvernement se produisent, elles ne sont pas importantes pour la compréhension de la relation verticale entre le secteur consolidé du gouvernement (Trésor Publique et banque centrale) et le secteur non gouvernemental.
Nous examinerons cette affirmation de plus près dans un futur article.

Deuxièmement, étendre le modèle au secteur étranger ne fait pas de différence fondamentale dans l’analyse et à ce titre, les secteurs privés nationaux et étrangers peuvent être consolidés dans le secteur non-gouvernemental, sans perte de sagacité analytique. Les opérations de change sont de nature largement distributionnelle.


Sur l’aspect comptable entre les secteurs, le déficit budgétaire du gouvernement ajoute des actifs financiers nets (s’ajoutant à l’épargne non gouvernementale) à la disposition du secteur privé, et un excédent budgétaire a l’effet inverse. Le dernier point nécessite de plus amples explications car il est essentiel à la compréhension des bases macroéconomique de la monnaie moderne [chartalisme].


Bien que généralement occulté dans les manuels économiques standards, au cœur de la comptabilité du revenu national existe une identité - le déficit (excédent) public est égal à l’excédent (déficit) non-gouvernemental.
Étant donné que la demande effective est toujours égale au revenu national réel, ex post (a posteriori), ce qui signifie que toutes les pertes provenant du flux du revenu national sont compensées par des injections équivalentes, cette identité comptable des flux sectoriels est toujours vraie

(G-T) = (S-I) – NX

où la partie de gauche (G-T) représente le solde public comme étant la différence entre les dépenses publiques G et la taxation [recettes] du gouvernement T.
La partie de droite ((S-I) – NX) indique le solde non gouvernemental, qui est la somme des soldes privées et extérieurs, où S est l’épargne, I est l’investissement et NX sont les exportations nettes.
Avec un secteur privé consolidé comprenant le secteur extérieur, le total de l’épargne privée doit être égale à l’investissement privé plus le déficit budgétaire du gouvernement.
Dans l’ensemble, il ne peut y avoir une épargne nette d’actifs financiers par le secteur non-gouvernemental sans la dépense cumulative du déficit budgétaire faite par le gouvernement.
Dans une économie fermée, NX = 0 et les déficits publics se traduisent dollar-pour-dollar en excédents nationaux privés (épargne).

Dans une économie ouverte, si l’on décompose le secteur non-gouvernemental entre les secteurs privés et extérieurs, alors l’épargne privée totale est égale à l’investissement privé, le déficit budgétaire du gouvernement et les exportations nettes, les exportations nettes représentant l’épargne d’actifs financiers nets des non-résidents.


Il reste vrai, cependant, que l’émetteur en monopole de la monnaie – le gouvernement – est la seule entité qui peut fournir au secteur non gouvernemental les actifs financiers nets (épargne nette) et de ce fait accommoder simultanément le désir net d’épargne (actifs financiers) et par conséquent éliminer le chômage. Il le fait par une dépense (déficit) nette (G> T).


En outre, et contrairement à la rhétorique dominante, mais ironiquement et nécessairement cohérente avec la comptabilité du revenu national, la recherche systématique d’excédents budgétaires du gouvernement (G < T) se manifeste dollar-pour-dollar par la baisse de l’épargne non gouvernementale.
Si l’objectif était de renforcer l’épargne du secteur privé national lorsque les exportations nettes sont en déficit, alors les taxes totales devraient être inférieures aux dépenses totales du gouvernement.
Autrement dit, un déficit budgétaire (G > T) serait nécessaire.

Donc, comment les déficits apparaissent? Comment le gouvernement Fédéral dépense?


Le gouvernement Fédéral a des comptes de trésorerie d’exploitation – pour assurer qu’il peut dépenser (G) sur une base quotidienne et recevoir les recettes fiscales journalières (T).
La Reserve Bank of Australia (RBA) (banque centrale) "offre un mécanisme au gouvernement australien qui est utilisé pour gérer un groupe de comptes bancaires, connu sous le nom de groupe des comptes publics officiels (Official Public Account (OPA) Group), le solde total de ce qui représente la position de trésorerie quotidienne du gouvernement. "(voir détails ici).


Lorsque le gouvernement Fédéral dépense, il débite ces comptes et crédite differents comptes bancaires au sein du système bancaire commercial.
Des dépôts apparaissent donc dans un certain nombre de banques commerciales qui sont le reflet de la dépense du gouvernement.
Le gouvernement peut émettre un chèque et l’envoyer à une personne du secteur privé, apres quoi cette personne déposera ce chèque à sa banque. Cela a le même effet que si ces transactions avaient été faites par voie électronique.

Toutes les dépenses fédérales se passe comme cela. Vous remarquerez que:

* Les gouvernements ne dépensent pas en "imprimant la monnaie". Ils dépensent en créant des dépôts dans le système bancaire privé. De toute évidence, une quantité de monnaie en circulation est "imprimée", mais c’est un processus distinct de la dépense quotidienne et des flux d’imposition;

* Il n’a pas été mentionné d’où viennent les crédits et débits! La réponse courte est que les dépenses ne viennent de nulle part, mais nous devrons attendre un autre article pour pleinement comprendre cela.
Il est suffisant de dire que le gouvernement Fédéral, en tant qu’émetteur en monopole de sa propre monnaie n’est pas limité par ses revenus. Cela signifie qu’il n’a pas à "financer" ses dépenses, a la différence d’un ménage, qui est un utilisateur de la monnaie fiduciaire, et

* Toute émission correspondante de dette publique (obligations) n’a rien à voir avec le "financement" des dépenses du gouvernement – encore une fois cela sera expliqué dans un autre article.

Toutes les banques commerciales ont des comptes avec la RBA (banque centrale Australienne) qui permet que les réserves soient gérées et autorise également au système de compensation de bien fonctionner.
Ces comptes de règlement d’échange ou réserves [Exchange Settlement Accounts or Reserves] doivent toujours avoir un solde positif à la fin de chaque jour, bien que pendant le jour une banque en particulier peut-être en surplus ou en déficit, selon les tendances des entrées et sorties de trésorerie.
Il n’y a aucune raison de supposer que ces flux vont exactement se compenser pour toute banque donnée en particulier à un moment donné en particulier.


En plus d’établir le taux de prêt (taux d’escompte) la RBA fixe également le taux de soutien (taux de rémunération des dépôts pour la BCE) qui est payé sur les réserves des banques commerciales. De nombreux pays (comme l’Australie, le Canada et les zones telles que l’Union Monétaire Européenne) maintiennent un rendement par défaut sur les comptes de réserve en surplus (par exemple, la RBA paie un rendement par défaut égale à 25 points de base inférieur au taux au jour le jour sur le surplus des comptes de règlement d’échange).
D’autres pays ne proposent pas de paiement d’intérêts sur les réserves bancaires ce qui signifie que l’excédent de liquidités persistant pousse le taux d’intérêt à court terme à zéro (comme au Japon jusqu’à la mi-2006) à moins que le gouvernement ne vende des obligations (ou augmente les impôts).
Le taux de soutien devient le taux d’intérêt plancher pour l’économie. Nous allons enquêter sur cela dans un autre article.

Ainsi, les dépenses Fédérales faites par le Trésor, par exemple, n’équivalent a rien de plus que le Trésor débitant un de ses comptes de caisse (par exemple 100 millions de dollars) ce qui signifie que ses réserves détenues a la RBA baisse de ce montant et que le bénéficiaire dépose ce chèque de 100 millions de dollars à sa banque privée et que les réserves de cette banque augmentent de ce montant a la RBA.


La taxation fonctionne exactement en sens inverse. Des comptes bancaires privés sont débités (et les réserves privées baissent) et les comptes publics sont crédités et leurs réserves augmentent. Tout cela est accompli par des écritures comptables uniquement. Les revenus de la taxation ne vont nulle part! Ils ne sont entreposés nulle part et ils ne «financent» certainement pas les dépenses. Le secteur non gouvernemental ne peut pas payer ses impôts tant que le gouvernement n’a pas dépensé! C’est une bonne pratique de penser aux taxes comme un drainage des liquidités du secteur non gouvernemental, reflétant la volonté du gouvernement de réduire la capacité de dépense de ce secteur.


Un exemple simple permet de renforcer ces points. Supposons que l’économie est faite de deux personnes, l’une étant un gouvernement et l’autre étant considérée comme le secteur privé (non-gouvernemental).
Si le gouvernement a un budget en équilibre (il dépense 100 dollars et taxe 100 dollars) alors l’accumulation privée de la monnaie fiat (épargne) est égale à zéro sur cette période et le budget privé est également en équilibre.

Supposons que le gouvernement dépense 120 et les taxes restent à 100, alors l’épargne privée est de 20 dollars, qui peuvent ensuite s’accumuler comme actifs financiers. Les 20 dollars correspondants qui n’ont pas été taxés ont été émis par le gouvernement pour couvrir ses dépenses supplémentaires.
Le gouvernement peut décider d’émettre un bon productif d’intérêts pour encourager l’épargne, mais opérationnellement, il n’a pas à le faire pour financer son déficit. Le déficit public de 20, c’est exactement l’épargne privée de 20.


Maintenant, si le gouvernement continue dans cette veine, l’épargne privée accumulée sera égale au cumul des déficits budgétaires.
Toutefois, si le gouvernement décidait de faire un budget en excédent (par exemple dépenser 80 et taxer 100), le secteur privé devra au gouvernement un paiement de taxe nette de 20 dollars, et aura besoin de revendre quelque chose au gouvernement pour obtenir les fonds nécessaires.
Le résultat est que le gouvernement généralement rachète des obligations précédemment émise et vendue. Les besoins de financement net du secteur non-gouvernemental déclenchent automatiquement la réponse correcte du gouvernement via les signaux sur les taux d’intérêt.


Quoi qu’il en soit, l’épargne privée accumulée est réduite dollar-pour-dollar, quand le gouvernement fait un budget en excédent. Cet excédent a deux effets négatifs pour le secteur privé:
* le stock des actifs financiers (monnaie ou obligations) détenues par le secteur privé, qui représente sa richesse, baisse et
* Le revenu privé disponible s’aligne également avec la taxation nette. Certains peuvent rétorquer que les achats d’obligations par le gouvernement fournit du liquide aux détenteurs privés de richesse.

C’est vrai, mais cette liquidation de richesse est entraînée par la pénurie de liquidités dans le secteur privé découlant de demande d’impôt dépassant le revenu. Le liquide tiré de la vente d’obligations paie la demande de taxe nette du gouvernement.


Dans l’exemple ci-dessus, et en reconnaissant que la monnaie plus les réserves (la base monétaire), plus les titres en circulation du gouvernement, constituent les actifs financiers nets du secteur non-gouvernemental, le fait que le secteur non-gouvernemental dépend du gouvernement pour l’obtention des fonds nécessaire, a la fois sa volonté d’épargne nette et le paiement des taxes, devient une question de comptabilité.

La prochaine fois, je suivrai l’impact qu’un déficit budgétaire a sur les réserves bancaires et dissiperai les mythes sur les taux d’emprunt et taux intérêts (le déficit budgétaire fait (soi-disant) grimper les taux d’intérêt).

(à suivre)

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Si vous ne pouvez plus attendre, vous pouvez lire la seconde et la troisième partie de cet article de Bill Mitchell sur le site d’Aliéna


231 – Mythes et dogmes (1)

20 février 2012

Extrait de l’excellent site d’Aliena  dont voici la présentation

Traductions française des textes de différents économistes de langue anglaise, qui se consacrent a l’étude de la Modern Money Theory (ajout Postjorion: MMT ou "chartalisme")

La différence cruciale entre un système monétaire basé sur une monnaie convertible en or et une monnaie fiduciaire (fiat) est que sous un système étalon-or, le gouvernement national doit émettre de la dette pour couvrir ses dépenses au delà des revenus de l’impôt.
La fin de Bretton Woods fut l’interruption finale entre les matières premières qui ont une valeur intrinsèque et les monnaies nominales.
Depuis ce moment, les gouvernements ont utilisés la monnaie fiduciaire (fiat) comme base du système monétaire.

Une des conclusion fondamentale de MMT est qu’il n’y a pas de différence fonctionnelle (pour un État souverain émetteur en monopole de sa monnaie dans un monde à taux de change flottant) entre un "bon du Trésor" et la "monnaie", sauf en ce qui concerne le terme (intérêts contre aucun intérêt) et la durée. Ainsi, il n’y a pas de différence entre un déficit "financé" par l’émission d’obligations et par la création monétaire directe – les deux sont "inflationnistes" (ou non) dans le sens où ils ajoutent à la demande globale, et les deux ajoutent des actifs financiers nets (monnaie) au secteur privé.
Le croque-mitaine de la "planche à billets" est une relique de l’époque de l’étalon-or, dans lequel la "monnaie" était convertible en or et la "dette" ne l’était pas.
Les ressources réelles peuvent être "imprimées" à la condition qu’il y ait des capacités inutilisées dans l’économie. Si le gouvernement embauche les chômeurs, le travail qui est effectué est un travail qui n’aurait pas été réalisé autrement et représente une production qui aurait été perdue à jamais.

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La mythologie néo-libérale

 Par Bill Mitchell (Professeur de recherche en économie et Directeur du Centre du Plein Emploi et Équité (CofFEE), a l’Université de Newcastle, NSW Australia. [Traduction partielle de Oh to be truly brilliant )

Premier mythe : L’amalgame ménage-gouvernement et l’affirmation qu’ils ont "les mêmes contraintes budgétaires", qui dirige toutes les analyses macroéconomiques dominantes des politiques des gouvernements et conduit toujours a des conclusions erronées.

Comme je l’ai dit plusieurs fois, il n’y a pas d’analogie applicable entre le budget d’un ménage et celui d’un gouvernement souverain dans sa monnaie.

Les dépenses des ménages sont toujours financièrement contraintes parce qu’ils sont les usagers de la monnaie émise. Les agents du secteur privé en général doivent trouver la source des fonds avant de pouvoir dépenser — que ce soit a travers leurs salaires, la vente de biens, leur épargne ou l’emprunt.

Un gouvernement souverain dans sa monnaie n’est jamais contraint financièrement parce qu’il est l’émetteur en monopole de la monnaie. Il n’a ni besoin de taxer ou besoin d’emprunter pour dépenser et logiquement, il doit dépenser avant de pouvoir collecter les taxes ou emprunter des fonds.

Deuxième mythe: L’amalgame des différents niveaux de gouvernement qui démontrent que les analyses macroéconomiques dominantes des politiques des gouvernements sont inapplicable.

Un état ou un gouvernement local n’émettent pas la monnaie qu’ils utilisent et sont donc complètement diffèrent d’un gouvernement national souverain en ce qui concerne ses possibilités et choix fiscaux.

Bien qu’un état/gouvernement local ait accès aux taxes, ses contraintes budgétaires sont les mêmes que celles des ménages parce qu’il doit trouver les fonds avant de pouvoir dépenser.

Troisième mythe : "La bombe a retardement du vieillissement de la population": ce mythe prétend que le gouvernement, qui peut créer des actifs financier nets dénommés dans sa propre monnaie, "n’aura plus d’argent" parce que plus de gens demanderont plus de prothèses de hanches ou plus de retraites dans le futur que ce n’est le cas a présent.

La simple réponse a ce mythe est que le gouvernement national sera toujours capable de "payer" pour les retraites ou fournir d’excellent soins médicaux aussi longtemps qu’il y a la volonté politique de le faire et qu’il y a des ressources réelles disponible pour répondre a la dépense.

Quatrième mythe : "L’excèdent budgétaire crée l’épargne nationale": ce mythe prétend que les gouvernements doivent réduire leur rôle dans l’économie en réduisant ses dépenses, bien qu’il y ait un chômage très élevé et persistent et un immense manque de dépense toujours présent.

On nous dit de façon répété que ce sont des "décisions très difficile a prendre" et que des "sacrifices" doivent être fait pour permettre au gouvernement la création d’un excèdent budgétaire afin d’avoir plus de fonds a dépenser dans le futur.

En réalité, les excédents budgétaires ne fournissent aucune capacité de dépense supplémentaire pour le futur. Un gouvernement souverain dans sa monnaie a une capacité de dépense illimitée. Les contraintes ne sont jamais financière a moins d’être volontaire

Cinquième mythe: "Le gouvernement vit au dessus de ses moyens": ce mythe assimile le déficit budgétaire a une dépense excessive.

Mais en réalité le concept de "moyens" pour un gouvernement national est complètement inapplicable. Le gouvernement a les "moyens de financer" tout ce qu’il désire – infinité moins 1 centime.

Un gouvernement souverain ne peut jamais dépenser au delà de ses "moyens" dans le sens ou Bernanke l’utilise. Le gouvernement peut dépenser trop en relation avec les capacités réelles de l’économie a absorber cette dépense via l’augmentation de la production.

Avec 10 pour cent de chômage aux US, le gouvernement US fait face a un cout d’opportunité très faible (cela dit, en terme réel) en embauchant cette main d’œuvre pour la production dédié au secteur public. Les exemples sont nombreux.

L’histoire nous montre seulement qu’il n’y a que quand les gouvernements poussent la demande nominale au delà de la production réelle qu’ils se heurtent aux barrières de l’inflation.

Les gouvernements ont fait des déficits budgétaires sans interruption pendant des décennies sans rencontrer le type de problème que Bernanke présente comme inévitable.


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