273 – Evolution des patrimoines publics

20 mai 2013

patrimoines APU 1979-2011

Les dettes en négatif, les patrimoines en positif … en pourcentage de PIB
Entre 1979 et 2011
Ici représentée négativement, la dette au sens de Maastricht (dette brute) est passée de 21% à 86% du PIB (tiretés bleus)
Mais le patrimoine/dette financière nette (dette brute moins avoirs financiers), s’établie en 2011 à 40% du PIB après avoir fluctuée entre 20 et 30% du PIB entre 1994 et 2007 (courbe mauve)
Le patrimoine non financier est resté stable aux alentours de 80 à 90% de 1979 à 1999 et s’est apprécié jusqu’à 135% dans les années 2010 / 2011 (appréciation immobilière)
Le solde net de patrimoine financier a atteint deux points haut en 1980 (72%)  et en 2007 (64%) et un point bas en 1998 (30%). Il est de 48,5% en 2011
Le solde net de patrimoine  (solde de toutes les dettes et avoirs) – courbe rouge -  est passé par deux points hauts en 1980 (72%) et 2007 (64%) et un point bas en 1997 (24%) . Il est de 48,5 % du PIB fin 2011

Evolution du patrimoine des Apu en % PIB-3


272 – Dette publique 1970 – 2012

13 mai 2013

Copie sans vergogne de la page  http://monnaie.wikispaces.com/de 1970 à 2012

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Cet article est la traduction d’une publication d’origine de Simon Thorpe sur son blog, en anglais.
Il faut féliciter et remercier Simon Thorpe pour avoir obtenu de l’INSEE des chiffres antérieurs à 1978 qui nous faisaient défaut, ainsi que pour cette présentation simple et percutante.

J’y ai rajouté trois notes en rouge et le graphique que vous trouverez en bas de page

A-J Holbecq

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Dette du secteur public français et paiement des intérêts – l’histoire complète

J’avais vu des graphiques montrer à quoi la dette publique de la France aurait ressemblé si le gouvernement n’avait pas dû payer les intérêt – voyez par exemple le graphique du livre "Money and Sustainability" de Bernard Leitaer. Mais, d’une manière frustrante, les graphiques avaient toujours 1978, comme origine, et il été dit qu’il était difficile ou impossible d’obtenir les chiffres antérieurs.
Cependant, après qu’une longue série d’échanges avec des personnes à l’INSEE, j’ai pu remonter l’historique complet pour la période à partir de 1970 à aujourd’hui. Initialement l’INSEE m’a dit qu’il n’avait pas ces chiffres mais après un peu de la pression de ma part, l’ensemble complet peut maintenant être révélé au monde ! Les voici.

thorpe 1

Vous pouvez voir que la dette publique de 25 milliard d’euros en 1970 a grimpé jusqu’à 1833 milliard d’euros fin 2012. Ceci correspond à une augmentation en pourcentage du PIB d’environ 20% en 1970 à plus de 90% fin 2012. Intéressant, ce pourcentage a chuté vers 11-12% à partir de 1973 jusqu’en 1977, essentiellement parce que l’économie était en croissance (comme montré par l’augmentation du PIB).
Mais d’autre part, le coût du paiements des intérêts a cru brutalement. En 1973, quand Pompidou et Giscard ont passé leur loi célèbre qui a empêché [ Note 1] l’emprunt de gouvernement de Banque de France, les paiements des intérêts sur la dette publique étaient un petit 0,57% du PIB. Mais ces paiements des intérêts ont coûté de plus en plus tous les ans, atteignant une crête de 3,73% du PIB en 1996. Depuis lors, ce pourcentage a chuté d’un peu – de l’ordre de 2,72% du PIB fin 2011 (j’attends les chiffres officiels pour 2012, c’est pourquoi le chiffre en rouge est juste une évaluation).

Le graphique ci-dessous montre l’augmentation de la dette publique pour la période 1970 -2012 en pourcentage du PIB (voyez la courbe rouge). Mais j’ai pensé qu’il pourrait y avoir une manière amusante de regarder deux autres scénarios possibles. La courbe pourpre montre comment la dette de niveau aurait changé si le gouvernement n’avait pas du payer des intérêts chaque année. Comme vous pouvez voir, bien que le niveau ait augmenté un peu récemment environ à 30% (essentiellement en raison de la crise financière en 2008-9 et du coût du sauvetage des banques), pour presque toute la période de quarante ans, le niveau de la dette publique serait bien resté en-dessous de 20%, avec deux plus bas à 11% en 2001 et environ 13% en 2006-7.

Mais il y a une autre courbe – celle en bleu. C’est ce qui se serait produit si, au lieu de payer des intérêts au secteur bancaire, le même montant d’argent avait été employé pour rembourser la dette publique. Comme vous pouvez voir, si le gouvernement avait fait cela, la dette publique entière aurait été amortie en 1987. Et depuis lors, le gouvernement aurait connu un excédent. Il pourrait avoir coupé les impôts, investissement accru dans l’énergie, transport, logement ou quoi que ce soit. [Note 2]

thorpe 2

Pour moi, ces courbes démontrent la folie complète d’un système dans lequel des gouvernements sont forcés pour emprunter l’argent aux banques commerciales pour payer l’intérêt. Et, n’oubliez pas, les banques commerciales qui prêtent le gouvernement n’ont pas réellement l’argent qu’elles prêtent . Elles le créent juste ex nihilo . C’est folie complète.

Je pense que vous pouvez comparer ce que nous avions fait au cours des quarante dernières années avec un jeune couple qui commencent leur vie ensemble en 1970. Supposons qu’ ils aient gagné autour de 100,000 euros par année. S’ils avaient été raisonnables, ils pourraient avoir acheté une maison et avoir payé leur dette de sorte qu’après 25 ans, la maison ait été à eux. Ils auraient maintenu leurs comptes en équilibre , ils n’auraient jamais laissé leurs factures de carte de crédit s’accumuler, et à la fin de quarante ans, ils pourraient attendre avec intérêt une retraite heureuse.

Le système que nous avions exploité est l’équivalent de dire aux couples – sortez et achetez une maison en utilisant votre carte de crédit. Mais ne vous tracassez pas pour le paiement du prêt. Continuez juste à permettre au niveau de la dette de s’accumuler. Tant que vous ne laissez pas votre niveau de dette personnelle dépasser 60% de votre revenu annuel (c.-à-d. 60,000 euros) tout est très bien.
Bien, oui, c’est très bien. c’ est très bien pour les banquiers qui prêtent les couples l’argent pour payer la maison cette maison qu’ils possèderont jamais réellement. Ils continueront de payer de plus en plus aux banques. C’est un plan fantastique pour les prêteurs. Mais c’est une catastrophe totale pour les jeunes couples. Et c’est également une catastrophe complète pour nos gouvernements élus.
Sûrement, le moment est venu pour un changement de système. Les gouvernements ne devrait simplement pas avoir le droit d’emprunter aux banques commerciales. Et seules les banques centrales devraient avoir la capacité de créer de la nouvelle monnaie.
Simon Thorpe

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[Note 1] En fait cette loi de 1973 n’empêchait pas formellement la Banque de France de prêter à l’État, mais encore fallait-il, avant de présenter ce projet au Parlement, que le Ministre des Finance donc le Premier ministre et le Gouverneur de la Banque de France soient d’accord et souhaitent eux mêmes ce financement direct. Néanmoins cette loi fut précurseur de l’article 104 du Traité de Maastricht qui verrouilla totalement la possibilité des Banques Centrales de prêter directement (donc sans intérêts) aux États

[Note 2] Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le raisonnement qui précède. En fait, pendant toutes les périodes où le budget primaire (solde sans les intérêts) est négatif, on ne peut transférer quoi que ce soit pour rembourser la dette. Il n’y a que les années où les soldes primaires sont positifs qu’il est possible de le faire. Dans l’hypothèse ou nous n’aurions pas payé d’intérêts et que les budgets fussent équilibrés, seule une émission directe de la banque de France aurait permis de rembourser le stock (capital) de dette restante. Pour pouvoir construire cette courbe bleue il faudrait repartir des soldes primaires. C’est ce que j’ai fait ici ; http://monnaie.wikispaces.com/Etude+1959-2010.

[ Note 3] En fait pour la partie de la dette détenue par les agents non bancaires en « seconde main » cette assertion est exacte. Mais pour les achats des banques et sociétés financières, puisque le Trésor Public n’accepte que de la monnaie centrale, en fait les banques empruntent à 1 % à la Banque Centrale et achètent des obligations sur lesquelles les États vont devoir leur payer une commission puisque les taux sont plus élevés

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Notre graphique:
dette 1970-2012

De plus, une grande partie de cette dette calculée sans intérêts aurait pu être monétisée directement par la Banque de France tout au long de ces années, sans plus augmenter la masse monétaire que ne l’ont fait les banques commerciales.

En ce cas, nous n’aurions plus de dettes du tout !


271 – Chomage et monnaie – plan de sortie de crise

12 avril 2013

Un excellent article sur le site "Chômage et Monnaie

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Plan de sortie de crise 2013

8 avril 2013 par Gabriel Galand

Nous avons exposé dans l’éditorial d’Avril 2013 pourquoi la situation exigeait un plan énergique de relance pour sortir de la grave crise dans laquelle nous sommes. Le présent document détaille un tel plan de relance.

Bases théoriques

Les résultats des actions menées sont calculés en utilisant une théorie originale que nous appelons « le multiplicateur global ». Cette théorie prolonge les travaux de J.M. Keynes et ceux qui ont suivi, et en tire toutes les conséquences. On trouvera une description de cette théorie sous la forme abrégée d’une Fiche Technique N° 17, ou dans un document plus complet et plus théorique. En quelques mots, ce modèle s’appuie sur trois idées. La première est que les revenus circulent, donc un revenu créé donne naissance à plusieurs transactions. La deuxième idée est que la création initiale doit être réalisée par un agent économique, soit une entreprise qui investit et dépense dans un projet, soit un ménage qui consomme ou achète un logement, soit l’Etat qui investit et dépense de son côté.

La troisième idée est que si chacun dépense ce que l’autre lui a remis, il n’y a pas de croissance. Si de plus certains épargnent en retirant de la monnaie du circuit, c’est encore pire. Dans l’absolu, pour qu’il y ait croissance, il faut que la création de moyens de paiement nouveaux excède les retraits de ces moyens de paiement par l’épargne. Dans le système actuel, la création monétaire se fait par endettement auprès des banques secondaires. Mais l’Etat peut aussi bénéficier de création monétaire par la Banque Centrale. Chaque fois que nous parlerons de l’endettement pour générer de nouveaux revenus, il pourra s’agir pour l’Etat soit d’endettement classique, soit de fonds en provenance de la Banque Centrale. Dans ce dernier cas nous parlerons de « création monétaire directe » ou CMD.

La suite sur "Chômage et monnaie"


270 – Holbecq: que serait la dette publique devenue ?

3 mars 2013

Je souhaite que les lecteurs considèrent ce qui suit comme un brouillon, donc peu vérifié, mis en ligne pour apporter quelques informations (d’une manière très succincte) à la suite du commentaire de Christian Gomez sur l’article 268
A-J Holbecq
Lien vers fichier excel : que serait la dette publique avec le 100% M

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INTRODUCTION:

Nous allons essayer de répondre à la question: que serait la dette publique devenue, depuis 1980 si, toutes choses restant égales par ailleurs, nous avions appliqué la proposition dite du « 100% monnaie » proposée initialement par Irving Fisher et reprise par exemples par Maurice Allais et Christian Gomez. Cette proposition a pour effet de réserver la création monétaire à la Banque de France et équivaut à une croissance équivalente des recettes fiscales

La première alternative s’appuie sur la proposition de Maurice Allais, celle d’une monétisation directe d’un montant annuel de 4,5 % de la masse monétaire élargie (M1 plus environ 20% de M2-M1), monétisation qui est donc considérée comme une recette budgétaire complémentaire. Nous ne considérerons pas la proposition complémentaire de Christian Gomez consistant à profiter de la mise en place du système pour « geler » entre l’équivalent de dette publique correspondant au « M1 élargi » à la mise en place de l’organisation 100% monnaie.

Une seconde alternative est calculée en considérant la cible de la BCE d’une croissance annuelle de la masse monétaire de 4,5% de M3.

COLLECTE DES DONNÉES ET CALCULS:

Colonnes 1 à 4 : année, PIB en milliards d’euros courants, dette constatée en milliards d’euros courants, dette en pourcentage PIB.

Colonne 5 : les montants représentent la dette constatée de l’année N diminué de la dette constatée l’année N-1, et donc les soldes budgétaires constatés (Md€ courants) . C’est donc, dans une approximation suffisante (des ventes ou achat de patrimoine public peuvent avoir un effet en plus ou en moins sur le solde calculé de cette manière, mais cet article considère « toutes autres choses restantes égales par ailleurs ») le montant des soldes des nouvelles ressources emprunté par les APU au cours de l’année, nonobstant le renouvellement des emprunts en cours.

Effet de la monétisation sur la dette publique :

Colonne 6 : le montant de la « monnaie élargie », somme de M1 + 20% de M2 : C’est le montant de « vraie monnaie » selon Allais, celle qui se retrouvera en banque de dépôts (dites aussi CSM : Compagnies de Sureté Monétaire) et qui est couverte par l’équivalent en monnaie centrale.

Colonne 7 : le montant de la monétisation, soit 4,5% de ma colonne 6

Colonne 8 : ce que seraient devenus les soldes budgétaires compte tenu de la monétisation de la colonne 7

Colonne 9 : solde théorique de la dette compte tenue de cette monétisation

Colonne 10 : la dette calculée, en pourcentage de PIB, avec cette monétisation de la colonne 7.

Colonne 11 : suivant la cible de la BCE, monétisation de 4,5% de M3

Colonne 12 : soldes budgétaires avec injection de cette monétisation de la colonne 11.

Colonne 13 : solde théorique de la dette compte tenue de cette monétisation

Colonne 14 : la dette calculée, en pourcentage de PIB, avec cette monétisation de la colonne 11

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GRAPHIQUEMENT

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CONCLUSIONS :

Il est tout à fait apparent qu’en partant d’une dette publique de 21% du PIB fin 1979, et malgré la crise depuis 2008, l’injection monétaire annuelle d’un montant de 4,5% de « M1 élargi » chaque année dans l’économie aurait permis de voir la dette publique rester à des niveaux soutenables de l’ordre de 50% du PIB, et qu’une monétisation de 4,5% de M3 l’aurait laissée quasi stable (26% contre 21% en 1980).

Mais d’une manière générale, est-il justifié qu’un État soit tenu à payer des intérêts sur sa propre monnaie ? Rappelons que si nous n’avions pas eu d’intérêts à payer la dette cumulée ne représenterait même pas 20% de la dette actuelle.

On peut même se poser la question de savoir si un État, qui, comme l’écrit Lordon « restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… » ne doit pas être maître, au bénéfice du peuple, de l’ensemble de la création monétaire, pour, comme le souhaitent les néochartalistes, être en périodes de récession, le financeur de l’emploi en dernier ressort (ce qui n’impose évidemment pas que les employés soient fonctionnarisés)


269 – Derudder – Holbecq: Manifeste…

24 janvier 2013

Manifeste pour que l’argent serve au lieu d’asservir !

Une Nation souveraine a le pouvoir et la légitimité d’émettre sa propre monnaie. Dette et austérité sont des choix idéologiques.

Savez-vous que:

-  Les intérêts de la dette publique absorbent la totalité de l’impôt sur le revenu !

-  La BCE a prêté 1000 milliards aux banques mais refuse de prêter aux États pour alléger leur fardeau !

-  Le retour du droit de création monétaire par la Banque Centrale au service des États leur éviterait de dépendre de la spéculation et leur permettrait de financer les urgences sociales et écologiques !

Au lieu de cela en Grèce des familles en sont réduites à abandonner leurs enfants. En France des postes sont supprimés dans la fonction publique et les emplois disparaissent dans les entreprises. Vos revenus diminuent, on vous oblige à travailler plus longtemps, on ferme des hôpitaux, des maternités, des tribunaux pour cause de déficit budgétaire. Peut-être vous interrogez-vous, êtes-vous choqué, dépassé ?

Pourquoi sauver les banques et non pas les peuples ?

Pour beaucoup d’entre nous, c’est parfaitement incompréhensible ! Mais c’est malheureusement l’ignorance dans laquelle les populations sont tenues en matière de fonctionnement du système monétaire qui permet de telles aberrations. Bien sûr on peut se dire que tout cela nous dépasse ou que l’on n’y peut rien à notre niveau. Détrompez-vous ! Nous pouvons non seulement résoudre la question de la dette publique, mais en plus nous donner les moyens de financer les immenses chantiers à mettre en œuvre pour permettre à tous une réelle amélioration de la qualité de la vie.

Pure utopie pensez-vous ? Certainement pas !

Contrairement à ce que croient encore certains, ce ne sont pas les États qui émettent la monnaie, mais le système bancaire privé, simplement lorsqu’il accepte une demande de crédit.

-  Depuis longtemps, les monnaies ne sont plus liées à un bien réel, même le dollar dont la convertibilité en or a été supprimée le 15 août 1971, ce qui les rend totalement virtuelles; leurs quantités sont donc potentiellement illimitées et seules les règles définies par les hommes eux-mêmes en limitent l’émission.
-  Depuis novembre 1993, l’article 104 du Traité de Maastricht (l’actuel article 123 du traité de Lisbonne) interdit à la BCE ou aux Banques Centrales nationales d’accorder un quelconque crédit aux institutions ou organes publics. Et toute l’Europe est dans la même situation. Cela conduit les États à s’endetter pour obtenir, au prix fort auprès de la finance privée, la monnaie dont ils avaient, s’ils le souhaitaient, le pouvoir d’émission antérieurement !

-  C’est ainsi que dans notre pays, de début 1995 à fin 2011 la dette a augmenté de 1150 milliards d’euros. Pendant ce temps nous avons payé (et donc dû emprunter), au seul titre de l’intérêt, plus de 815 milliards d’euros.

Aujourd’hui, pour seulement payer les intérêts, c’est un endettement supplémentaire de plus de 130 millions d’euros par jour. Au final, si nous n’avions pas eu à payer d’intérêts, nous n’aurions qu’une dette publique très faible ne dépassant pas 35% du PIB (Produit Intérieur Brut). Mieux, nous aurions pu, sans risque d’inflation, émettre nos besoins annuels de trésorerie et financer ainsi nos déficits, au lieu de laisser les banques commerciales s’en charger contre intérêt !

Ensemble disons « ça suffit ! »

Réclamons qu’au minimum la Banque Centrale Européenne (ou la Banque de France si nécessaire) puisse disposer du droit d’émission monétaire et de crédit au bénéfice des collectivités – État, Régions, Départements et Communes – pour financer les investissements nécessaires et raisonnables décidés démocratiquement par la collectivité. C’est aux instances représentatives de la Société de décider, après avis des organismes publics concernés, du montant d’émission monétaire imposé à la Banque Centrale. En situation de sous-emploi et de pénurie, alors que les compétences humaines, les ressources naturelles et la volonté sont présentes, l’argent, toujours issu d’une simple ligne d’écriture, ne peut et ne doit pas manquer. Dans ce cadre, une émission monétaire n’est pas inflationniste.

Nous demandons donc aux pouvoirs politiques d’accéder aux demandes suivantes : Pour tout ce qui concerne le financement des projets collectifs de l’Eurozone, la Banque Centrale Européenne (BCE) doit pouvoir être contrainte à une émission monétaire centrale, sans échéance et sans intérêts, directement au bénéfice de la collectivité et non à celui des seules banques – en particulier, pour financer la mutation qu’exige le défi technique, social et écologique de notre époque, la recherche, un enseignement ainsi qu’un système de santé de qualité et, en général, pour tout ce qui sera considéré démocratiquement comme nécessaire pour l’amélioration collective durable de la qualité de la vie. Les statuts et la mission de la Banque Centrale Européenne doivent être revus en conséquence.

A défaut de faire aboutir ce projet au niveau européen, le gouvernement français doit opérer une reprise du droit collectif (donc national) d’émettre la monnaie, éventuellement par émission d’une monnaie nationale complémentaire à l’euro, quitte à se mettre en dissidence à l’égard de l’UE, non par anti européanisme mais pour se donner la possibilité de devenir un modèle d’inspiration des autres Nations.

Tous ces points et bien d’autres sont expliqués et développés dans un petit livre (moins de 100 pages) écrit par Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, et que vous trouverez chez votre libraire habituel ou directement aux éditions Dangles 
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Aidez-nous, aidez-vous, aidons nos concitoyens à faire connaître ce manifeste  et ses propositions, afin que le sujet sorte enfin de l’ombre. Pour soutenir cet appel, faites le circuler par tous moyens à votre disposition :

- En premier à tous vos contacts, car si les choses sont ainsi, c’est qu’elles sont totalement ignorées par la plupart d’entre nous. Comment guérir d’un mal dont on ignore la cause ? Ce sujet doit être exposé au grand jour sur la place publique car ce n’est que par la pression populaire que la classe politique bougera.
- En écrivant aussi directement à votre député et à votre sénateur. Notre objectif est que les envois proviennent, nombreux, d’individus, d’associations, de groupes ou d’organismes citoyens. C’est le seul moyen pour que cette question, si importante pour l’avenir des Peuples et de la Planète, soit enfin connue d’eux et qu’ils puissent la traiter.
Pour ce faire vous pouvez :

Soit télécharger le document et l’imprimer pour l’envoyer par la poste


Soit choisir l’envoi par courriel :

  • Si c’est à destination de votre réseau de contacts, transférez simplement ce message en prenant soin de poster «  Cci » afin que les adresses des destinataires ne puissent être téléchargées et utilisées par des personnes malveillantes.
  • Si c’est pour un élu, c’est la même procédure mais seul le manifeste sans l’invitation à action est à mettre en pièce jointe et le texte d’accompagnement proposé est différent : (1) Pour télécharger et enregistrer le manifeste cliquez ici , (2) Pour un courriel, cliquez ici.

Note : Pour les envois aux élus, nous vous recommandons de le faire plutôt par courrier postal.. Mais si vous choisissez de le faire par courriel, vous trouverez les adresses de vos élus par département (députés, sénateurs, eurodéputés) ici. Un simple copier/coller de l’adresse et le message sera prêt à partir.


268 – Loi de 1973 : le mot de la fin ?

11 janvier 2013

Cet article est en fait un commentaire très argumenté signé d’Adrien Abauzit sur le blog d’Étienne Chouard  (commentaire 284  vendredi 11 janvier 2013 à 08:26) à partir de l’article " LOI DE 1973 :
• les aveux de Rocard
• et deux nouvelles pistes pour comprendre l’effet véritable de la loi "

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Loi de 1973 : le mot de la fin ?

« Le jugement éthique porté sur le mécanisme du crédit bancaire s’est profondément modifié au cours des siècles. (…) À l’origine, le principe du crédit reposait sur une couverture intégrale des dépôts. (…) Ce n’est que vers le XVIIe siècle, avec l’apparition des billets de banque, que les banques abandonnèrent progressivement ce principe. Mais ce fut dans le plus grand secret et à l’insu du public » (…) «En abandonnant au secteur bancaire le droit de créer de la monnaie, l’État s’est privé en moyenne d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2 % du revenu national. »Maurice Allais, "Prix Nobel" d’économie 1988, La réforme monétaire 1976

Les récentes déclarations de Michel Rocard au micro d’Europe 1, le 22 décembre 2012, ont relancé une nouvelle fois le débat sur la loi de réforme de la Banque de France de 1973. On ne peut que se réjouir du fait que les citoyens, disons plutôt le pays réel pour être taquin, se soit emparé de la question de la cause de la dette. Qu’en est-il alors réellement ? Cette loi est-elle vraiment la cause de notre dette ? La réponse à cette question est oui. Mais pas pour la raison habituellement invoquée sur ce sujet. Se focaliser sur les avances à taux zéro faites par la Banque de France était une erreur.

Une thèse remarquable de clarté et de précision de Benjamin Lemoine, « Les valeurs de la dette », soutenue à l’École des mines de Paris le 21 décembre 2011, nous aide à comprendre le rôle de la loi de 1973 dans la politique de la dette française.

Le financement du déficit lors de la reconstruction : LE CIRCUIT
Pour comprendre où la loi de 1973 nous a emmenés, il faut d’abord connaître et comprendre les instruments de financement du Trésor au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Contrairement aux idées reçues, le Trésor n’était pas uniquement financé grâce aux avances de la Banque de France. Ce levier n’en était qu’un parmi d’autres.Alors qu’il était en fonction, François Bloch-Lainé, directeur du Trésor de 1947 à 1952, conceptualisa l’idée de « CIRCUIT DU TRÉSOR ».Il s’agissait de construire une véritable « architecture institutionnelle bancaire et financière » pour sécuriser le financement du Trésor, notamment en cas d’insuffisance des avances de la Banque de France (p 73).

Le « circuit » était donc un ensemble de mécanismes conduisant de nombreuses institutions à déposer au Trésor une partie, voire la totalité des ressources collectées. Les institutions concernées étaient appelées « les correspondants du Trésor ». Parmi elles, on trouve les banques nationalisées, la Caisse des dépôts, les Caisses d’épargne, les collectivités locales et les entreprises publiques et semi-publiques.

Ce circuit alimentait le Trésor en liquidité par cinq grands leviers (p 76) :

- La dette à vue : le Trésor pouvait se servir des dépôts qui n’étaient pas à lui, soit ceux de ses « correspondants » ;

- Les avances de la Banque de France ;

- Les bons auprès du système bancaire, dit aussi PLANCHER DE BON : les banques détentrices d’un compte courant de bons du trésor à la Banque de France, sont contraintes d’emprunter auprès de l’État à des taux d’intérêt fixés par l’État lui-même. Compte tenu de l’inflation de l’époque, le risque de contracter des prêts à intérêts négatifs était important. Pour dire les choses simplement, le « plancher » était une souscription obligatoire. Au terme du processus, les fonds transitaient du compte courant (à la Banque de France) de la banque prêteuse au compte courant du Trésor. La Banque de France jouait donc dans cette pratique un rôle majeur (p 83) ;

- Les bons souscrits auprès du public ;

- L’apport de la Caisse des dépôts et consignation.

DE LA SORTE, DONC, LE TRÉSOR ÉTAIT CONTINUELLEMENT IRRIGUÉ ET LE CRÉDIT ÉTAIT LARGEMENT CONTRÔLÉ PAR LE SECTEUR PUBLIC. LE DÉFICIT QUANT À LUI, ÉTAIT RENDU QUASIMENT IMPOSSIBLE.

PAR LA POLITIQUE DU CIRCUIT, FRANÇOIS BLOCH-LAINÉ ACCEPTA DE CRÉER DE L’INFLATION POUR STIMULER L’EXPANSION ÉCONOMIQUE DE LA FRANCE ET, AU PASSAGE, ASSURER SA RECONSTRUCTION.

C’est pourquoi deux économistes, Jean-Pierre Patat et Michel Lutfallah au sujet de la période 1946-1951 diront que LA RECONSTRUCTION FUT « PAYÉE PAR LA MONNAIE ».
Malgré son efficacité, ce système anti-dette ne durera pas longtemps. Il sera progressivement sabordé par une haute administration pantouflarde et une classe politique sous influence.

La suppression progressive du circuit

Comme on pouvait s’y attendre, l’oligarchie française ne percevait le circuit que comme une nécessité et un sacrifice conjoncturel qu’il fallait abandonner à la première occasion.Quatre personnes semblent avoir joué un rôle décisif dans la suppression du circuit : Georges Wormser (directeur de la Banque d’escomptes), Valérie Giscard d’Estaing, Jean-Yves Haberer (haut fonctionnaire, futur directeur du Trésor) et Jacques Rueff (qui en 1959 plaida pour l’abandon du circuit afin de limiter l’inflation).Ces personnalités pesèrent de tout leur poids pour mettre un terme au circuit. Le cœur de leur bataille se porta sur l’abandon du plancher, qui, pour rappel, obligeait les banques à acheter des bons du Trésor dont les taux étaient fixés par l’État et non par le marché.

L’entreprise des réformateurs fut cependant entravée pendant plusieurs années à cause d’un obstacle et non des moindres : Michel Pérouse, le directeur du Trésor de 1960 à 1967.

Celui-ci pensait que le trésor serait mis en péril par l’adjudication (la mise sur le marché de la dette, en somme, les taux d’intérêts seraient décidés par le marché et non plus par l’’État) car «cela provoquerait un renchérissement considérable pour le Trésor du coût de ses opérations et se traduirait du même coup, par un enrichissement sans cause pour les banques». (p 94)

À cette époque de monétarisme conquérant, où la lutte contre l’inflation devint l’objectif des gouvernements, le circuit ne pouvait avoir qu’’une faible espérance de vie.

Dès 1963, l’adjudication fut testée pour les souscriptions volontaires des banques, c’est-à-dire qu’outre la souscription obligatoire de bons dont les taux étaient fixés par l’État, les banques pouvaient souscrire à des bons dont les taux étaient fixés par le marché.

Dans l’histoire de la mise en place de la domination de l’oligarchie financière, cette méthode des petits pas ne nous est pas étrangère…
En 1967, Michel Pérouse doit avaler la pilule : les planchers sont définitivement supprimés. Dorénavant, le marché peut fixer les taux d’intérêts des bons du Trésor. Nous sommes six ans avant la loi de 73. Néanmoins, cette mesure ne produit pas d’effets similaires à ceux de notre époque car les autres branches du circuit sont toujours là pour alimenter le Trésor et parce que sous les 30 glorieuses, les déficits sont moindres que ceux d’aujourd’hui…quand les comptes ne sont pas tout simplement en équilibre.

Jean-Yves Haberer, haut fonctionnaire, futur directeur du Trésor (pour service rendu ?), rapporte cet échange entre lui et Michel Pérouse, le jour de la suppression du plancher (p 99) :

« Mais ma trésorerie, mais comment est-ce qu’on va financer le Trésor ?

-Par les taux ! Vous paierez le taux qu’’il faut. »

Appuyé notamment, par les banques et une partie de la haute administration, Haberer est clair dans ses intentions, il veut « démanteler le circuit » (p 99) : « c’est-à-dire tous ces mécanismes automatiques, qui faisaient que le Trésor sans bouger le petit doigt, était irrigué de liquidités qui lui arrivaient de tous les circuits financiers français. On va peu à peu l’obliger à vivre comme un emprunteur, c’est-à-dire à se poser les questions de l’emprunteur sur le coût de l’emprunt et le service de la dette. »

Les ressources ne doivent plus aller au Trésor, le Trésor doit désormais aller les chercher.

De tout ceci il ressort deux remarques :

- Les >réformateurs< ont DÉLIBÉRÉMENT poussé le Trésor à emprunter avec des intérêts fixés par le marché ;

- Les réformateurs SAVAIENT PARFAITEMENT que l’adjudication conduirait à un renchérissement de la dette.

Les déclarations d’Haberer nous confirment bel et bien qu’il n’a pas fallu attendre le traité de Maastricht pour que l’État aille se financer sur les marchés.

Dès 1969, le Trésor connaît ses premières difficultés de trésorerie, si bien qu’on songe déjà sérieusement à réinstituer le plancher, mais l’administration n’ose pas ce retour en arrière.

Le démantèlement du circuit est lancé, rien ne doit le stopper. En 1969, Maurice Couve de Murville, Premier ministre du général De Gaulle, commande un « rapport sur le marché monétaire et les conditions de crédit » (p 103). Les trois rédacteurs de ce rapport sont Olivier Wormser, Robert Marjolin (économiste) et Jean Sadrin (haut fonctionnaire). Ce rapport est pour les hauts fonctionnaires du Trésor une « révolution paradigmatique ».

Leur conclusion est claire : il faut poursuivre la fermeture progressive du circuit. C’est-à-dire que « mise à part l’existence des avances de la Banque centrale, le Trésor ne disposerait plus que de moyens dits "normaux" ou "monétairement neutres" d’alimentation en liquidité, limités à l’émission de bons en comptes courants par adjudication sur le marché monétaire. »

Ceci est le schéma exact de la future loi de 73. Nous y reviendrons. Notons pour le moment que ce qui gêne les réformateurs n’est pas les avances faites par la Banque de France au Trésor, mais la « dette à vue » et le plancher. Ces deux derniers leviers seront abandonnés de fait dans les années à venir.

Les critiques (dont l’auteur de ces lignes fait partie, mea culpa) et défenseurs de la loi de 73 avaient tout faux sur l’angle d’attaque de la loi. Il était erroné de centrer le débat sur l’opposition avances à taux zéro de la Banque de France/prêts avec intérêt au marché. Le vrai débat était le financement du Trésor par le circuit ou sans le circuit.

Cependant, le fond du problème, lui, était bien cerné, puisqu’était posée la question des conséquences des intérêts imposés par le marché.

La loi de 73 consacre en droit la fin du circuit

Il faudra attendre quatre années, suite au rapport sur le marché monétaire et les conditions de crédit, pour qu’une loi consacre le système de financement du Trésor envisagé dans le rapport (adjudication + avances de la Banque de France). Cette lenteur est due à la mésentente entre Olivier Wormser, gouverneur de la Banque de France, et Valérie Giscard d’Estaing, alors ministre des finances. Comme espéré cependant, la disparition du circuit sera consacrée.

Écoutons l’auteur de la thèse sur le rôle joué par la loi de 73 (p 104) :

« En 1973, quelques années après l’échec du rapport Marjolin-Sadrin-Wormser une réforme des statuts de la Banque de France traduit dans le droit les transformations du fonctionnement de la trésorerie de l’État. » La loi de 1973 est « l’inscription dans le droit d’un changement des pratiques antérieures peu à peu naturalisées.» (p 107)

Ce qu’il est important de bien comprendre, c’est que le vice de la loi de 73 n’est pas de mettre un terme aux avances à taux zéro, elle ne le fait pas, mais de mettre un terme au circuit, soit prioritairement au plancher et à la dette à vue. La focalisation sur les avances de la Banque de France était donc une erreur. On ne peut pas comprendre le changement que transpose la loi 73 si l’on ne considère que la question des avances de la Banque de France.

« La loi de 1973, portant réforme des statuts de la Banque de France, reprend dans l’article 25 une pratique déjà réglée. L’interdiction à l’État de se financer directement, auprès de la Banque de France, en dehors des avances réglementées et rémunérées » (p107).

L’honnêteté intellectuelle oblige à dire que l’interdiction de la dette à vue et du plancher ne figure pas dans la lettre de la loi, qui ne parle que de l’escompte.

Mais Jean-Yves Haberer, lui, associe bel et bien l’article 25 à la fin de la planche à billets (p 109) : «On a fermé cette porte pour l’obliger à vivre plus dangereusement, en empruntant dehors.» La dette est définitivement détachée des mécanismes de création monétaire publics.

Alors pourquoi l’article 25, qui ne parle que de l’escompte, est-il perçu par l’ancien Directeur du Trésor comme la fin de la planche à billets ?

Ici, l’auteur de l’article se risque à une hypothèse. Jean-Yves Haberer ne comprend pas l’usage du terme d’«escompte» dans l’article 25, qui est repris d’une loi de 1936 (p 112). Pour lui ce terme est désuet. L’escompte est de prime abord hors sujet vis-à-vis de l’objet de l’article 25 qui est l’interdiction des grands leviers du circuit.

Ce que votre serviteur suppose, c’est que l’amendement, l’article 25, dont Haberer souhaitait d’ailleurs la suppression car il introduisait une ambiguïté sur les pratiques du Trésor, a été mal rédigé par le sénateur concerné, qui, comme l’étonnement d’Haberer le traduit, n’avait semble-t-il pas une connaissance technique suffisante des mécanismes de finance publique. Ça ne serait pas la première fois que le législateur se trompe.

Très probablement, le sénateur a-t-il voulu interdire à la Banque de France de contribuer au financement du Trésor (hors convention d’avances), ou plus précisément, interdire au Trésor de bénéficier des transferts de fonds de compte courant à compte courant, de comptes de la Banque de France. Pour qualifier ces pratiques dans leur globalité, le sénateur n’a rien trouvé de mieux que le terme d’escompte.

Quoi qu’il en soit, c’est ainsi que cet article a été perçu par la haute administration et la classe politique qui, de toute manière, étaient chacune résolues à ne plus recourir au circuit, soit à un système de financement qui nous avait jusqu’alors prévenu de la dette.

En tout état de cause, la classe politique a trahi

On ne peut pas faire l’impasse sur le fait que la loi de 73, malgré tous ses défauts, conservait encore un levier de financement du déficit à taux zéro : les avances accordées par la Banque de France (article 19), au titre d’une convention conclue entre la Banque de France et le gouvernement. C’était on peut dire un levier du circuit qui était passé à travers les mailles du filet.

Il semblerait que ces avances n’aient pas eu le rôle que les critiques de la loi de 73 leur ont attribué, et que leur importance ait été grossie au détriment de la dette à vue et du plancher. Cependant, il est indiscutable que les avances étaient un moyen de financement possible du déficit. Les gouvernements, d’ailleurs, ne s’en privèrent pas dans la limite des plafonds prévus par la convention.

Après la loi de 73, nos gouvernements pouvaient encore user de ces avances et, avec l’accord de la Banque de France, le plafond de ces avances pouvait être augmenté.

Force est de constater que, si la convention de 1973 a été prorogée, son plafond n’a jamais été rehaussé. Le développement du marché obligataire fut préféré. Notre classe politique est donc d’autant plus coupable, car elle a laissé échapper un mal qu’elle pouvait juridiquement conjurer. Ce moyen juridique disparaîtra définitivement avec l’article 104 du traité de Maastricht, qui deviendra l’article 123 du traité de Lisbonne.

La boucle sera bouclée.
LE CIRCUIT sera entièrement liquidé.

La France avec ?

Adrien Abauzit

Source : http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=909


267 – Holbecq : exposé 8 janvier

10 janvier 2013

Mémo de l’exposé du mardi 8 janvier 2013 à Aix en Provence

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Je vais essayer de vous montrer un point de vue différent de celui communément admis. Mais soyons bien d’accord qu’il est toujours difficile d’affirmer « moi j’ai raison et tous les autres ont tort ». La « science économique » n’est pas une science exacte et chaque économiste oriente ses recherches et ses écrits en fonction de ses convictions morales et politiques.

 

Dette – État – Ménages

Depuis plusieurs années les politiques tentent, avec beaucoup de succès d’ailleurs, de faire considérer l’Etat et en particulier au niveau de la dette, comme un ménage ou une entreprise, parlant de nécessaire équilibre (Raffarin), de faillite financière (Fillon) et d’impossibilité de contrôler la dette publique. Mais un État est différent d’un ménage en ce que :

- il est « immortel »

- il peut faire le choix de ses ressources (augmenter les impôts)

- il peut, s’il le désire, être le maître de sa monnaie et l’émettre

Sur ce dernier point

Nous nous sommes « ligotés » par des dogmes et des traités, mais il est évident que si le Trésor Public français décidait par exemple de dépenser directement ses déficits sans les emprunter sur les marché, la Banque de France qui, rappelons-le, 1) appartient en totalité à l’État seul actionnaire qui à ce titre reçoit dividendes et bénéfices) et 2) tient dans ses livres le compte monétaire du Trésor,  ne pourrait pas dire « non, nous n’émettons pas ce montant , non, nous ne créditons pas notre principal client, nous ne lui faisons pas crédit ! » : le Gouverneur de la BdF serait immédiatement débarqué ; nous ne sommes plus à une période où il fallait trouver de l’or pour garantir la monnaie

Trésor Public et compte Banque de France

Le Trésor Public paye et encaisse en monnaie centrale UNIQUEMENT lors des compensations interbancaires, l’État, avec son Trésor public et sa banque centrale, est l’acteur le plus puissant de son économie : si son Trésor venait à arrêter ses paiements, alors le système bancaire serait vidé très rapidement de ses réserves via l’impôt…

Le Trésor Public crée la monnaie

En fait, il est beaucoup plus simple et clair d’interpréter la relation entre le Trésor, la banque centrale et les banques  commerciales de la manière suivante: le Trésor crée la monnaie lorsqu’il dépense, en créditant le compte en banque du bénéficiaire ; il détruit la monnaie en l’encaissant . Ensuite, les banques complexifient les relations entre les gens et cette monnaie souveraine le plus souvent camouflée via un dédale de crédit qui les rémunère grassement.

(Néo) Chartalisme

Le chartalisme fut théorisé par l’allemand Georg Friedrich Knapp au début du XX ième, et consiste en ces quelques assertions pourtant évidentes :

-  le souverain (l’État) choisit la monnaie dans laquelle il taxe et comment il l’émet

-  le souverain  doit d’abord émettre avant de la taxer c’est-à-dire que ses dépenses financent les taxes et non l’inverse, donc l’émetteur souverain et lui seul peut émettre de la monnaie plus qu’il n’en gagne et sans emprunter.

Une monnaie qui ne s’embarrasse d’aucune contrainte supplémentaire est dite souveraine par les néochartalistes : elle ne s’appuie ni sur l’or, ni sur une autre monnaie étrangère, ni sur un autre métal précieux, ni sur un échéancier prédéfini fixement et arbitrairement à l’avance.

Dans le néochartalisme l’Etat crée la monnaie dont il a besoin et la "mise en circulation"  permettra au contraire aux divers agents de payer les impôts qui, in fine,  ne servent qu’à réguler la masse monétaire. Un Etat n’a pas à se poser la question de savoir s’il y a assez de recettes fiscales, car en fait il n’en a pas réellement besoin.

 

Après tout, une récession c’est une baisse de la demande dans l’économie, mais d’où vient cette baisse de la demande ? Du fait que les entreprises licencient quand elles ralentissent leur activité. Les gens perdent leurs emplois, et donc ils consomment moins. Ces licenciements provoquent une baisse de la demande, qui provoquent d’autres licenciements, et ainsi de suite dans un cercle vicieux. Si, d’une manière où d’une autre, on pouvait garantir un emploi à chacun qui le perd, cette baisse de la demande serait stoppée nette.

 

Fondé sur ces constatations, le chartalisme recommande un budget fortement contra-cyclique, une monnaie fiduciaire dont l’État dispose du monopole d’émission, la taxation en cette seule monnaie, de ne jamais administrer des plans d’austérité en période de crise mais au contraire de la stimuler. Il prône également, pour que les stabilisateurs soient encore plus efficaces, l’instauration d’une agence d’État « employeuse » chargée d’employer à salaire universel fixe tous ceux qui le désirent, ce qui constituerait un stock-tampon d’employés pour le privé autrement plus efficace et plus humain que la masse actuelle des chômeurs… Cette dernière fonction est appelée « Employeur en Dernier Ressort », et il n’y a nulle nécessité que ces employés deviennent tous des fonctionnaires inamovibles, rassurez-vous.

L’actuel choix dogmatique

Si on a décidé de faire appel « au marché » pour combler des trésoreries négatives, c’est un choix purement dogmatique.

Ce ne sont pas les recettes fiscales qui permettent à l’ État de dépenser, mais les dépenses de l’Etat qui  permettent aux citoyens et aux entreprises de payer les impôts (les recettes fiscales) … car l’Etat n’est pas in fine payé en monnaies des banques commerciales (monnaie CA, monnaie BNP, monnaie SG, etc…) , mais – par le jeu des compensations – dans sa propre monnaie, celle de la Banque Centrale (la monnaie de base).

Il en est de même dans l’autre sens : quand l’Etat paye ses fournisseurs ou ses fonctionnaires les banques commerciales reçoivent de la monnaie de base en provenance de la Banque Centrale, ce qui augmente d’ailleurs leurs réserves… mais elles paieront les bénéficiaire avec « leur » monnaie, celle qu’elles fabriquent.

Conclusion: il faut accepter de voir le déficit public augmenter en période de récession: augmenter les impôts ne va qu’augmenter celle ci

L’approche d’Abba Lerner,

Dans les années 1940, il a développé ce qu’il nommait la finance fonctionnelle qui repose sur deux principes :

Premier principe : si le revenu national est trop faible, le gouvernement doit dépenser plus. Le chômage apporte une preuve suffisante de cette situation. L’existence du chômage signifie donc que les des dépenses publiques sont trop faibles.

Deuxième principe : si le taux d’intérêt dans le pays est trop élevé, cela signifie que le gouvernement doit mettre en circulation davantage de monnaie, principalement sous la forme de réserves bancaires.

L’idée est assez simple. Un gouvernement qui émet sa propre monnaie dispose de marges de manœuvre dans ses politiques fiscale et monétaire qui lui permettent de dépenser suffisamment pour ramener l’économie au plein emploi et de fixer le taux d’intérêt directeur là où il le souhaite.  Pour une nation souveraine, la capacité de financement n’est pas un problème. Elle dépense en créditant des comptes bancaires avec ses propres reconnaissances de dettes – sa monnaie – chose dont elle ne peut jamais manquer. S’il existe du chômage, le gouvernement peut toujours se permettre d’embaucher – et par définition, les chômeurs sont prêts à travailler contre rémunération.

Lerner était conscient que cela ne signifiait pas que le gouvernement doive dépenser comme si le « ciel était la seule limite. » Un emballement de ces dépenses serait inflationniste. La question centrale, c’est que Lerner affirmait seulement que le gouvernement devrait utiliser sa capacité à dépenser en ayant en vue de ramener l’économie en direction du plein emploi, tout en reconnaissant qu’il pourrait y avoir à adopter des mesures pour lutter contre l’inflation.

Finances saines ?

Lerner rejetait la notion de « finances saines », selon laquelle le gouvernement devrait gérer son budget comme un ménage ou une entreprise. Il ne voyait aucune raison pour que le gouvernement veuille équilibrer son budget chaque année, ou sur un cycle économique, ou toute autre périodicité. Pour Lerner, des « finances saines » (en équilibre budgétaire) n’étaient pas « fonctionnelle », en ce sens qu’elles n’aidaient pas à la réalisation des objectifs de la société (y compris, par exemple, le plein emploi). Si le budget pouvait à l’occasion être équilibré, ainsi soit-il, mais s’il ne l’était jamais, ce serait tout aussi bien. Il rejetait également toute règle tentant de maintenir le déficit budgétaire en dessous d’un pourcentage spécifique du PIB, ainsi que tout ratio arbitraire de dette par rapport au PIB. Le « bon » niveau de déficit serait celui qui réaliserait le plein emploi.

Superstition.

L’approche de la finance fonctionnelle de Lerner a été pratiquement oubliée depuis les années 1970. En effet, elle a été remplacée dans le milieu universitaire par ce que l’on connait sous l’appellation de « contrainte budgétaire gouvernementale». Cette idée est également simple : les dépenses d’un gouvernement sont contraintes par ses recettes fiscales, sa capacité à emprunter (vendre des obligations) et « imprimer de l’argent ». Dans cette perspective, le gouvernement dépense réellement l’argent obtenu par ses recettes fiscales et emprunte sur les marchés afin de financer un déficit. Si tout cela échoue, il peut faire fonctionner la planche à billet, mais la plupart des économistes détestent cette solution car elle est considérée comme hautement inflationniste.

Ces conceptions économiques  amènent à la vision propagée par les médias et les décideurs politiques : celle d’un gouvernement qui dépense toujours plus que ses recettes fiscales et « vit au-dessus de ses moyens », flirtant avec l’« insolvabilité » parce que finalement les marchés lui « coupent le crédit ». Bien sûr, la plupart des macro-économistes ne commettent pas cette erreur et reconnaissent qu’un gouvernement souverain ne peut pas réellement devenir insolvable dans sa propre monnaie. Ils savent que le gouvernement peut tenir toutes ses promesses lorsqu’elles arrivent à échéance, car il peut utiliser la « planche à billet ». Mais ils tremblent pourtant à cette idée, car cela ferait courir le risque de l’inflation ou de l’hyperinflation.

Comment en est-on arrivé là ? Comment pouvons-nous avoir oublié ce que Lerner avait clairement expliqué et compris ?

La croyance que le gouvernement doive équilibrer son budget à une certaine échéance est assimilée à une « religion », une « superstition », nécessaire pour effrayer la population afin qu’elle se comporte de la manière souhaitée. Sinon, les électeurs pourraient exiger que leurs gouvernants dépensent trop, provoquant ainsi l’inflation. De ce fait, l’idée que l’équilibre budgétaire soit souhaitable n’a rien à voir avec « la capacité de financement » et les analogies entre le budget du ménage et un budget du gouvernement ne sont pas fondées. En réalité, s’il est nécessaire de limiter les dépenses du gouvernement grâce à un « mythe », c’est précisément parce qu’il n’est pas réellement confronté à une contrainte budgétaire.

Pourtant, pendant la crise, la Fed (ainsi que d’autres banques centrales, dont la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon) ont appliqué le second principe de Lerner : fournir plus de réserves aux banques suffit à maintenir le taux d’intérêt interbancaire à un taux quasi nul. Elle l’a fait en acquérant des actifs financiers auprès des banques (une politique dite de « quantitative easing », ou assouplissement quantitatif). Ben Bernanke, le gouverneur de la Fed, a été pressé de questions par le Congrès qui voulait savoir comment il avait obtenu tout cet « argent » pour acheter ces obligations. Il a (correctement) répondu que la Fed l’avait simplement créé en créditant les réserves des banques, et ce en frappant sur les touches d’un clavier d’ordinateur. La Fed ne peut jamais manquer d’ « argent », elle peut se permettre d’acquérir tous les titres financiers que les banques sont prêtes à vendre. Et pourtant, nous avons des politiques qui croient encore que le gouvernement « manque d’argent » ! On « frappe » beaucoup sur les claviers pour acheter des actifs financiers, mais pas pour payer les salaires ou les retrtaites.

Dans un colloque économique début janvier 2013, Leigh économiste au FMI, et Blanchard économiste en chef  ont admis un léger bug dans les calculs. En fait, voyez comme c’est ballot, au FMI, dans un moment de distraction, ils ont mal réglé leurs ordinateurs. Et ils avaient juste sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance. En gros, ils ne pensaient pas que l’austérité assécherait à ce point la demande, et donc l’économie. Ils ne savaient pas qu’en économie, mes dépenses sont tes revenus, et mes revenus sont tes dépenses.

Cela indique à quel point ce mythe est devenu dysfonctionnel.

Enfin rappelons-nous que le 22 juillet 1981 fut déposé sur le bureau de l’Assemblée Nationale, par Monsieur Vincent Ansquer et 45 autres députés, un projet de loi organique enregistré sous le numéro 157, qui s’appuyait sur les travaux de Tovy Grjebine et de Pierre Aunac, qui était ainsi formulée :

Article premier.
Le budget de l’Etat est présenté en trois parties :
1) Un budget fiscal de recettes et dépenses courantes.
Ce budget et obligatoirement équilibré.
Des charges d’investissement peuvent figurer dans les dépenses courantes.
2) Un budget bancaire de prêts de l’Etat à des agents économiques privilégiés.
Ce budget ne peut être financé que par les ressources du Trésor.
Ce budget est affecté à des investissements.
3) Un budget de croissance financé par une création monétaire proportionnelle à la
croissance du PNB.
Ce budget est affecté à des actions d’intérêt général ou participe au financement du premier budget qui comporte dans ce cas une réduction du prélèvement fiscal.

Art. 2.
Pour financer le budget de croissance dans les limites fixées annuellement par la loi de finances, le Gouvernement est autorisé à émettre des bons du Trésor spéciaux. Ces bons sont vendus à la Banque de France par le Trésor.
Ces bons ne rapportent pas d’intérêt et n’ont pas d’échéance.

Art. 3.
Le rapport entre les contreparties nationales ou internationales de la monnaie et les contreparties dues à l’endettement est fixé annuellement par la loi de finances.

Et pour finir, un court extrait de  l’exposé des motifs (que vous pouvez trouver in extenso – 7 à 8 pages – sur le lien suivant  http://monnaie.wikispaces.com/Proposition+de+loi+157  ):

«  La politique de reprise qui résulte de nos propositions n’est pas faite avec une monnaie supplémentaire obtenue par la voie du crédit, comme il était d’usage de faire jusqu’à présent.

La reprise est déterminée en remplaçant une monnaie par une autre dont l’origine est différente. Le remplacement de la monnaie actuelle dû à l’endettement des agents économiques par une monnaie à contrepartie d’Etat, provoque un désendettement de ceux-ci sans pour autant augmenter la quantité de monnaie — d’où l’effet de reprise sans inflation, que le modèle économétrique a noté.
La reprise ne provoque pas de déséquilibre de la balance commerciale parce que cette reprise est dirigée entièrement vers la suppression des importations de pétrole

 

Contrairement à certaines affirmations, la récession n’est pas générale. Plusieurs pays sont en crise comme la France, l’Angleterre et les Etats-Unis, mais la récession est plus faible en Allemagne et elle n’existe pratiquement pas en Autriche ni au Japon. Pourtant ces deux pays dépendent autant du pétrole importé que nous.

L’Autriche est un petit pays; il serait moins vulnérable à la crise? Alors pourquoi d’autres petits pays comme la Belgique sont frappés de plein fouet? En vérité l’Autriche n’est pas en crise parce qu’elle a fait une politique financière totalement contraire à celle que nous avons faite.

Le Japon est un grand pays ; il ne serait pas en crise parce que les Japonais travaillent plus que nous? L’explication est absurde. Ils ne travaillent pas davantage que nous et s’ils le faisaient, la surproduction devrait y être encore plus grave. D’ailleurs, le Japon a eu un début de crise en 1972-1973-1974, mais lui aussi a réagi d’une manière totalement inorthodoxe: des déficits budgétaires énormes de 40%, 42% et 37% sont venus pratiquement changer l’origine de la masse monétaire. Plus de la moitié des bons du Trésor vendus ont été rachetés par la Banque centrale. Ces déficits correspondraient proportionnellement pour la France à 240 milliards de francs de déficit budgétaire. Inutile de dire que sans une révision complète des fondements de la théorie économique on n’aurait pas trouvé beaucoup de parlementaires pour les voter. Les Japonais l’ont fait et leur pays s’est retrouvé en expansion alors que nous sommes en crise.

Les bons du Trésor rachetés par la Banque centrale ne constituent pas une charge — une dette de l’Etat devant l’Etat n’est pas une dette
— les intérêts que paie l’Etat à la Banque centrale lui sont retournés par celle-ci. Les entreprises ont remboursé la majeure partie de leurs dettes, la monnaie créée par ces dettes a été ainsi détruite et remplacée par la monnaie créée par l’Etat. L’économie est repartie en flèche. La compétitivité japonaise est le résultat de l’expansion et pas de la «gestion de la récession».
En somme, il faut obtenir un remplacement de monnaie comme ceux qui ont lieu pendant les guerres mais on n’a pas besoin de guerre pour cela, des actions d’intérêt général suffisent. »


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